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20 ans ferme

Note: 3.38/5
(3.38/5 pour 8 avis)

Entre humiliations, bagarres, sévices, séjours répétés au mitard, absence d’intimité, gardiens obtus, et loi du plus fort, 20 ans ferme, raconte avec force, la vie quotidienne d’un taulard en France. Basé sur le témoignage d’un ancien détenu, Sylvain Ricard et Nicoby proposent une oeuvre forte et dérangeante qui interpelle sur l’état des prisons en France.


Documentaires Les prix lecteurs BDTheque 2012 Prisons

1985. Après avoir participé à un braquage, Milan est arrêté par la police. C'est le début d'une longue descente en enfer. Milan supporte mal la promiscuité de la prison, l'entassement, la sensation d'être moins bien traité qu'une bête qui va à l'abattoir. Il va donc régulièrement remettre en cause les pratiques souvent arbitraires en cours dans les prisons. Les révoltes et les bagarres le conduisent au quartier disciplinaire. Sa réputation de mauvais garçon grandit. Milan est constamment conduit d'une prison à l'autre, à son grand désespoir et celui de sa fiancée. Les moments d'accalmies, où Milan arrive à avoir des activités constructives en prison, sont systématiquement mis à mal par ses perpétuels déménagements. Condamné à 20 ans ferme, Milan trouvera cependant le moyen de calmer sa révolte et finira par être libéré pour bonne conduite quelques années avant la fin de sa peine. Texte : Editeur.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 08 Mars 2012
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série 20 ans ferme

02/03/2012 | Alix
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Par Yann135
Note: 2/5
L'avatar du posteur Yann135

Je vais sans doute recevoir une volée de bois vert de la part des lecteurs de BDthèque mais avec cet album qui dénonce les conditions de détention de nos prisonniers au sein des établissements pénitentiaires français, les auteurs ont choisi délibérément de ne présenter que le regard des prisonniers. Ce parti pris m’horripile. Voilà donc le récit du gentil prisonnier Milan – qui se prend quand même 20 ans aux assises – et les méchants gardiens aux pratiques douteuses. Je ne nie pas la surpopulation chronique, la vétusté, l’insalubrité des établissements, l’hygiène défaillante, l’absence d’intimité générant violences et tensions, les carences d’activités… D’ailleurs je crois que la cour européenne des droits de l’homme a dénoncé certaines situations et a invité les établissements épinglés à prendre des mesures radicales. Cela me gène ce témoignage sur des conditions du siècle dernier avec la volonté de mettre en avant ce « pauvre » prisonnier sans se préoccuper d’expliquer pourquoi il a pris 20 ans. Ce n’est pas un enfant de cœur. Il est là parce que la justice des hommes l’a condamné pour ses fautes. Et il n’est pas envoyé au club Med. Oui la vie est difficile derrière les barreaux. Oui il est pénible d’être privé de liberté. Et alors ? Les prisons françaises ne sont pas des lieux complétement déshumanisés comme le laisse entendre Sylvain Ricard et Nicoby. Ces hommes derrière les barreaux ne sont pas des bêtes et leurs conditions doivent être dignes mais là s’arrête ma mansuétude. Je m’égare. Revenons à cet album. Le trait est dur et un peu gras, sans fioriture. Visuellement ce n’est pas génial mais curieusement cela ne m’a pas déplu. La colorisation un peu blafarde permet de créer une atmosphère glauque et sordide du milieu carcéral. Plutôt pas mal. Globalement cette BD se lit bien et rapidement. Je n’ai pas accroché au prisme utilisé mais cela va plaire très certainement aux lecteurs contestataires de notre système carcéral.

07/04/2021 (modifier)