C'est une de mes séries préférées. Non seulement le dessin de Liberge est fantastique (ah! ces effets poudrés! qui a dit poudre aux yeux?), mais le contexte de l'histoire est lui-même des plus originaux, pour ne pas parler de l'intrigue béton.
Alors bien sûr, c'est un peu difficile à suivre, tant rien ne ressemble plus a un squelette qu'un autre squelette. Mais je ne crois pas qu'une bonne BD doive forcément être facile à suivre... Moi quand je ne comprends pas, je relis (sauf si en plus le dessin me répugne, ce qui est loin d'être le cas ici), et relire Mardi-Gras est toujours un plaisir, tant l'histoire est touffue et l'auteur inventif (le Septuagésime, le relai des Psycho-Pompes, le coup du café...).
Bref, pour peu qu'on ait pas peur de s'investir au moins un peu dans ses BD (qui en général vous le rendent bien), et qu'on ne soit pas trop effrayé par le noir & blanc (oulala ya moins de couleurs que dans Lanfeust...), Monsieur Mardi-Gras Descendres est à lire de toute urgence.
Seul Point(e) Noir : j'aimerais beaucoup que la série cesse d'être rééditée dès qu'un album sort, ça devient gonflant (le premier tome a déjà été réédité 3 fois en deux ou trois ans - maison d'édition qui coule, lettrage de la couverture pas top et que sais-je encore...). D'avance merci.
L'histoire de la famille du Méta-baron, perso secondaire dans l'Incal, est violente, délirante et superbement illustrée par Gimenez. Ca commence malgré tout à tirer un peu en longueur et j'ai vraiment du mal à voir où Jodo veut nous amener. Huit albums pour savoir pourquoi le Méta-Baron, guerrier invincible (et du coup pas particulièrement sympa), a une cicatrice sur le sourcil... mouais.
Et ça devient de plus en plus gore et immoral... Cela ne va pas plaire à tout le monde ça... Bon, enfin, je conseille quand même l'achat ne serait-ce que du premier tome, parce qu'il s'agit effectivement d'une série fleuve de la SF en bande-dessinée. Et puis les dessins sont vraiment somptueux (encore que des fois ça se relâche un peu).
Mais mieux vaut à mon avis se payer l'intégrale de l'Incal.
Superbe album de Bilal, profond et original. On pourrait vraiment parler d' "oeuvre" pour une BD pareille. J'espère qu'il n'a pas oublié de faire une suite parce que même si l'album pourrait limite être un one shot, c'est supposé être le début d'une nouvelle trilogie. Excellent début !
Que ce soit clair : pour moi, Aquablue s'arrête au tome 5 ! J'ai vaguement parcouru les albums suivant à la fnac, beuârk c'est banal, ça n'a aucun charme, et le dessin de Tota est inexpressif au possible, bref : 1/5.
Ceci étant dit, le premier cycle, c'est d'la bombe ! Une référence dans la BD de SF. C'est vrai que le premier tome a un peu vieilli graphiquement, mais les dessins vont monter en puissance jusqu'au tome 4, le fabuleux Corail Noir, dans lequel Vatine (au dessin) et Blanchard (au design des véhicules) déploient tant de talent qu'ils seront choisis par Lucas pour illustrer l'Héritier de l'Empire (l'épisode 7 de Star Wars, paru en France chez Dark Horse puis chez Delcourt). D'ailleurs Aquablue fait beaucoup référence à Star Wars, le Stromboli n'étant pas sans rappeler un certain Faucon Millenium. En général, il me paraît même difficile d'accrocher à Aquablue si on n'aime pas le style Star Wars.
Enfin bref Vatine et Cailleteau s'engueulent (justement au sujet de cet album sur Star Wars, d'après ce que j'ai lu sur un site) et on nous colle Tota pour le dernier album, celui de la "révélation" finale, qui, sans être tonitruante, est plutôt pas mal. Le scénar' de la série ayant acquis suffisamment "d'inertie" dans les premiers tomes, j'ai lu avec beaucoup de plaisir ce dernier (j'insiste) album, malgré le trait "honnête-mais-sans-plus" de Tota.
Presque culte, donc, mais on ne peut que regretter que les auteurs aient choisi de poursuivre la série, en vain.
Il est écrit en 4ème page (grosso modo) : "merci à William Gibson, notre maître à tous". Alors déjà je trouve ça nul comme dédicace (mais bref...), mais elle a au moins le mérite d'annoncer la couleur. W. Gibson est l'auteur du livre "Neuromancien", qui est plus ou moins à l'origine du "cyberpunk". C'est un bouquin assez riche en idées, mais assez compliqué et honnêtement j'ai pas compris tout ce qu'il se passait. Enfin, j'en ai retenu suffisamment pour avoir la forte impression que cette BD n'en est que l'adaptation illégitime. Oh tiens comme c'est bizarre dans le bouquin le crackeur rencontre aussi une ronin, ça alors quelle coïncidence. Entre autres... Alors déjà que j'ai trouvé l'adaptation BD de l'Héritier de l'Empire (Star Wars n.7) assez décousue, autant dire que "l'adaptation" de Neuromancien, c'est vraiment pas clair. Oh et puis de toute façon j'ai AUSSI trouvé ça moche. Cependant, je me suis arrêté au premier tome, donc j'imagine qu'il doit rester possible de sauver les meubles avec la suite (et là je suis bon prince). Sans moi en tout cas.
J'ai bigrement accroché aux trois ou quatre premières aventures de Lapinot, et donc à l'humour... euh... décalé de Trondheim, qui est cependant loin de plaire à tout le monde (ça saute moins au nez que dans Donjon notamment). Mais depuis que Lapinot est macqué et qu'il vit une vie à peu près pèpère, ses formidables aventures sont un peu devenues les :
"Aventures Moyennement Formidables de Lapinot et surtout de Richard qui fait l'abruti pour distraire un peu le lecteur"
Ca reste honnête (parce que Richard est balèze faut dire), mais ça n'a plus le charme des premiers albums. Heureusement que "l'accélérateur atomique" a l'air de renouer avec les débuts bien débiles.
Loisel revisite de manière sombre et magistrale (et solitaire!) le mythe de Peter Pan. La première chose qui frappe, bien sûr, c'est la réalisation graphique et la mise en couleurs qui m'ont vraiment plongé dans l'atmosphère de l'île (des enfants perdus?). Et après tout, qu'est-ce que cette histoire sinon une affaire d'atmosphère ? Je lis (ici ou là) que c'est lent, que ça manque d'action... ben je ne suis pas sûr que ce soit le but principal de cette BD : Londres est sale et immorale, l'Opikanoba est effrayant, la vie sur l'île (de Nevermore?) est plutôt langoureuse (d'où les temps morts?) et tout est très bien rendu. Accessoirement, j'ai été ravi d'apprendre pourquoi Peter Pan s'appelait comme ça, comment Crochet avait VRAIMENT perdu sa main et qui était en fait Jack l'Eventreur !
Je considère (avec d'autres) qu'il s'agit de l'oeuvre majeure de Loisel, mais j'attends la fin pour mettre 5/5.
J'en viens à considérer chaque nouveau Lanfeust comme un album d'Astérix un peu trash et dont l'histoire se suivrait sur plusieurs tomes. J'en entends qui hurlent, mais pourtant, sans Lanfeust, je ne me serais pas remis à lire des BDs. En plus sur le coup j'avais vraiment trouvé ça chouette, ça ne ressemblait à rien de ce que je connaissais à l'époque. Bon maintenant avec le recul, bien sûr, c'est loin d'être la meilleure série du monde entier, comme s'époumonent à le dire une bonne partie des posteurs. N'empêche que Lanfeust est pour moi devenu un classique : c'est vraiment pas prise de tête et c'est très agréable à lire, en tout cas moi ça me fait toujours marrer. Comme quoi, des fois, c'est drôlement sympa d'être bon public !
Je vais tenter de faire bref. Donc. Euh... par où commencer ? Tout d'abord ce n'est sans doute pas, comme l'a affirmé le NY Times, la BD la plus achevée de tous les temps, loin s'en faut (et Tintin au Tibet alors???). Cependant, je considère que Jimmy Corrigan est une sorte d'achèvement, car je ne vois vraiment pas ce qui pourrait se faire de mieux, dans le même genre (et là chacun pour soi pour essayer de trouver à quel genre appartient cette BD). Même si la narration est un peu déroutante au début (je n'ai par exemple toujours pas compris ce que Jimmy foutait dans un avion p.13), je trouve que ça se lit très bien, et d'une manière qui m'a moi même surpris : pendant mes 6h non-stop de lecture, j'ai eu l'impression de ré-apprendre à lire une BD, sensation très agréable au demeurant. Car (pour moi) Ware est as de la découpe scénographique, notamment sur les transitions très habiles entre les différentes histoires (à différentes époques). Bon j'ai pas le bagage technique pour juger sur les effets utilisés, mais au final je trouve que ça rend vraiment bien, avec mention spéciale pour les ptites schématisations généalogiques, excellentes. Et le point fort, c'est que tous ces passes-passes graphiques sont AU SERVICE de l'histoire (l'"explication généalogique" de la fin, un grand moment), je n'ai pas trouvé qu'il s'agissait là de pure esbrouffe, pour reprendre l'expression de quelqu'un.
Et bien entendu je ne mettrais pas 5/5 si l'histoire ne m'avait énormément plu. Et pourtant on ne peut pas dire que ce soit haletant, ni même folichon. Je dois même dire qu'on finit vraiment par trouver ce crétin de Jimmy hautement agaçant, tant il est incapable ne serait-ce que de répondre à une question simple. Mais je me suis laissé porter. L'histoire de son grand-père est par exemple particulièrement émouvante. Un autre point que j'ai remarqué sans doute parce que je vis aux Etats-Unis, c'est que l'Amérique profonde est vraiment bien rendue : la ville ultra-morne de Waukosha, les vieux fast-food, les gros amerlocs qui vont aux fraises, c'est saisissant de vérité ! (brrrr... mais bon toute l'Amérique n'est pas comme ça heureusement) D'ailleurs pour en finir avec l'Amérique, la VO de cette BD (même format que l'édition Delcourt) vaut environ 23$ sur amazon.com (faut voir combien coûte la livraison jusqu'en France). De plus ils viennent de sortir une nouvelle édition souple à 17$ (avec deux pages en plus à la fin ouah c'est du bonus comme dans les DVD). Peut-être que ça arrivera en France à un prix plus abordable. C'est tout le mal que je souhaite à cette BD d'exception.
Désolé j'ai oublié de faire bref.
Bon j'avoue, je n'aurais sans doute pas prêté beaucoup d'attention à cette BD si je n'avais auparavant lu des critiques dithyrambiques sur des sites que je ne nommerai pas. Mais je crois avoir sincèrement accroché dès que je me suis retrouvé le nez à moins de 20 cm du premier tome (oui je suis myope). Je trouve que Blain a un trait vraiment particulier, simple mais qui arrive à charrier beaucoup d'émotions (Isaac a quand même une bonne tête rectangulaire). Un mot étrange me vient à l'esprit : je dirai qu'il a un trait "appuyé", parce que les contours sont bien marqués et que ses dessins me restent dans la tête longtemps après avoir refermé l'album (ou alors je suis un peu trop fatigué pour rechercher des qualificatifs).
Enfin bon bref, moi ce qui m'a surtout plu dans les deux premiers tomes, c'est qu'à aucun moment je n'ai relevé la tête pour me dire "comprend pas" ou "mouais" ou même "tiens sympa ça". Non ! J'étais vraiment dedans. L'histoire est simple ? Je ne crois pas et pis j'm'en fous, je veux être un pirate ! (copyright G.Threepwood)
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Monsieur Mardi-Gras Descendres
C'est une de mes séries préférées. Non seulement le dessin de Liberge est fantastique (ah! ces effets poudrés! qui a dit poudre aux yeux?), mais le contexte de l'histoire est lui-même des plus originaux, pour ne pas parler de l'intrigue béton. Alors bien sûr, c'est un peu difficile à suivre, tant rien ne ressemble plus a un squelette qu'un autre squelette. Mais je ne crois pas qu'une bonne BD doive forcément être facile à suivre... Moi quand je ne comprends pas, je relis (sauf si en plus le dessin me répugne, ce qui est loin d'être le cas ici), et relire Mardi-Gras est toujours un plaisir, tant l'histoire est touffue et l'auteur inventif (le Septuagésime, le relai des Psycho-Pompes, le coup du café...). Bref, pour peu qu'on ait pas peur de s'investir au moins un peu dans ses BD (qui en général vous le rendent bien), et qu'on ne soit pas trop effrayé par le noir & blanc (oulala ya moins de couleurs que dans Lanfeust...), Monsieur Mardi-Gras Descendres est à lire de toute urgence. Seul Point(e) Noir : j'aimerais beaucoup que la série cesse d'être rééditée dès qu'un album sort, ça devient gonflant (le premier tome a déjà été réédité 3 fois en deux ou trois ans - maison d'édition qui coule, lettrage de la couverture pas top et que sais-je encore...). D'avance merci.
La Caste des Méta-barons
L'histoire de la famille du Méta-baron, perso secondaire dans l'Incal, est violente, délirante et superbement illustrée par Gimenez. Ca commence malgré tout à tirer un peu en longueur et j'ai vraiment du mal à voir où Jodo veut nous amener. Huit albums pour savoir pourquoi le Méta-Baron, guerrier invincible (et du coup pas particulièrement sympa), a une cicatrice sur le sourcil... mouais. Et ça devient de plus en plus gore et immoral... Cela ne va pas plaire à tout le monde ça... Bon, enfin, je conseille quand même l'achat ne serait-ce que du premier tome, parce qu'il s'agit effectivement d'une série fleuve de la SF en bande-dessinée. Et puis les dessins sont vraiment somptueux (encore que des fois ça se relâche un peu). Mais mieux vaut à mon avis se payer l'intégrale de l'Incal.
Le Sommeil du Monstre
Superbe album de Bilal, profond et original. On pourrait vraiment parler d' "oeuvre" pour une BD pareille. J'espère qu'il n'a pas oublié de faire une suite parce que même si l'album pourrait limite être un one shot, c'est supposé être le début d'une nouvelle trilogie. Excellent début !
Aquablue
Que ce soit clair : pour moi, Aquablue s'arrête au tome 5 ! J'ai vaguement parcouru les albums suivant à la fnac, beuârk c'est banal, ça n'a aucun charme, et le dessin de Tota est inexpressif au possible, bref : 1/5. Ceci étant dit, le premier cycle, c'est d'la bombe ! Une référence dans la BD de SF. C'est vrai que le premier tome a un peu vieilli graphiquement, mais les dessins vont monter en puissance jusqu'au tome 4, le fabuleux Corail Noir, dans lequel Vatine (au dessin) et Blanchard (au design des véhicules) déploient tant de talent qu'ils seront choisis par Lucas pour illustrer l'Héritier de l'Empire (l'épisode 7 de Star Wars, paru en France chez Dark Horse puis chez Delcourt). D'ailleurs Aquablue fait beaucoup référence à Star Wars, le Stromboli n'étant pas sans rappeler un certain Faucon Millenium. En général, il me paraît même difficile d'accrocher à Aquablue si on n'aime pas le style Star Wars. Enfin bref Vatine et Cailleteau s'engueulent (justement au sujet de cet album sur Star Wars, d'après ce que j'ai lu sur un site) et on nous colle Tota pour le dernier album, celui de la "révélation" finale, qui, sans être tonitruante, est plutôt pas mal. Le scénar' de la série ayant acquis suffisamment "d'inertie" dans les premiers tomes, j'ai lu avec beaucoup de plaisir ce dernier (j'insiste) album, malgré le trait "honnête-mais-sans-plus" de Tota. Presque culte, donc, mais on ne peut que regretter que les auteurs aient choisi de poursuivre la série, en vain.
Zentak
Il est écrit en 4ème page (grosso modo) : "merci à William Gibson, notre maître à tous". Alors déjà je trouve ça nul comme dédicace (mais bref...), mais elle a au moins le mérite d'annoncer la couleur. W. Gibson est l'auteur du livre "Neuromancien", qui est plus ou moins à l'origine du "cyberpunk". C'est un bouquin assez riche en idées, mais assez compliqué et honnêtement j'ai pas compris tout ce qu'il se passait. Enfin, j'en ai retenu suffisamment pour avoir la forte impression que cette BD n'en est que l'adaptation illégitime. Oh tiens comme c'est bizarre dans le bouquin le crackeur rencontre aussi une ronin, ça alors quelle coïncidence. Entre autres... Alors déjà que j'ai trouvé l'adaptation BD de l'Héritier de l'Empire (Star Wars n.7) assez décousue, autant dire que "l'adaptation" de Neuromancien, c'est vraiment pas clair. Oh et puis de toute façon j'ai AUSSI trouvé ça moche. Cependant, je me suis arrêté au premier tome, donc j'imagine qu'il doit rester possible de sauver les meubles avec la suite (et là je suis bon prince). Sans moi en tout cas.
Les Formidables Aventures de Lapinot
J'ai bigrement accroché aux trois ou quatre premières aventures de Lapinot, et donc à l'humour... euh... décalé de Trondheim, qui est cependant loin de plaire à tout le monde (ça saute moins au nez que dans Donjon notamment). Mais depuis que Lapinot est macqué et qu'il vit une vie à peu près pèpère, ses formidables aventures sont un peu devenues les : "Aventures Moyennement Formidables de Lapinot et surtout de Richard qui fait l'abruti pour distraire un peu le lecteur" Ca reste honnête (parce que Richard est balèze faut dire), mais ça n'a plus le charme des premiers albums. Heureusement que "l'accélérateur atomique" a l'air de renouer avec les débuts bien débiles.
Peter Pan
Loisel revisite de manière sombre et magistrale (et solitaire!) le mythe de Peter Pan. La première chose qui frappe, bien sûr, c'est la réalisation graphique et la mise en couleurs qui m'ont vraiment plongé dans l'atmosphère de l'île (des enfants perdus?). Et après tout, qu'est-ce que cette histoire sinon une affaire d'atmosphère ? Je lis (ici ou là) que c'est lent, que ça manque d'action... ben je ne suis pas sûr que ce soit le but principal de cette BD : Londres est sale et immorale, l'Opikanoba est effrayant, la vie sur l'île (de Nevermore?) est plutôt langoureuse (d'où les temps morts?) et tout est très bien rendu. Accessoirement, j'ai été ravi d'apprendre pourquoi Peter Pan s'appelait comme ça, comment Crochet avait VRAIMENT perdu sa main et qui était en fait Jack l'Eventreur ! Je considère (avec d'autres) qu'il s'agit de l'oeuvre majeure de Loisel, mais j'attends la fin pour mettre 5/5.
Lanfeust de Troy
J'en viens à considérer chaque nouveau Lanfeust comme un album d'Astérix un peu trash et dont l'histoire se suivrait sur plusieurs tomes. J'en entends qui hurlent, mais pourtant, sans Lanfeust, je ne me serais pas remis à lire des BDs. En plus sur le coup j'avais vraiment trouvé ça chouette, ça ne ressemblait à rien de ce que je connaissais à l'époque. Bon maintenant avec le recul, bien sûr, c'est loin d'être la meilleure série du monde entier, comme s'époumonent à le dire une bonne partie des posteurs. N'empêche que Lanfeust est pour moi devenu un classique : c'est vraiment pas prise de tête et c'est très agréable à lire, en tout cas moi ça me fait toujours marrer. Comme quoi, des fois, c'est drôlement sympa d'être bon public !
Jimmy Corrigan
Je vais tenter de faire bref. Donc. Euh... par où commencer ? Tout d'abord ce n'est sans doute pas, comme l'a affirmé le NY Times, la BD la plus achevée de tous les temps, loin s'en faut (et Tintin au Tibet alors???). Cependant, je considère que Jimmy Corrigan est une sorte d'achèvement, car je ne vois vraiment pas ce qui pourrait se faire de mieux, dans le même genre (et là chacun pour soi pour essayer de trouver à quel genre appartient cette BD). Même si la narration est un peu déroutante au début (je n'ai par exemple toujours pas compris ce que Jimmy foutait dans un avion p.13), je trouve que ça se lit très bien, et d'une manière qui m'a moi même surpris : pendant mes 6h non-stop de lecture, j'ai eu l'impression de ré-apprendre à lire une BD, sensation très agréable au demeurant. Car (pour moi) Ware est as de la découpe scénographique, notamment sur les transitions très habiles entre les différentes histoires (à différentes époques). Bon j'ai pas le bagage technique pour juger sur les effets utilisés, mais au final je trouve que ça rend vraiment bien, avec mention spéciale pour les ptites schématisations généalogiques, excellentes. Et le point fort, c'est que tous ces passes-passes graphiques sont AU SERVICE de l'histoire (l'"explication généalogique" de la fin, un grand moment), je n'ai pas trouvé qu'il s'agissait là de pure esbrouffe, pour reprendre l'expression de quelqu'un. Et bien entendu je ne mettrais pas 5/5 si l'histoire ne m'avait énormément plu. Et pourtant on ne peut pas dire que ce soit haletant, ni même folichon. Je dois même dire qu'on finit vraiment par trouver ce crétin de Jimmy hautement agaçant, tant il est incapable ne serait-ce que de répondre à une question simple. Mais je me suis laissé porter. L'histoire de son grand-père est par exemple particulièrement émouvante. Un autre point que j'ai remarqué sans doute parce que je vis aux Etats-Unis, c'est que l'Amérique profonde est vraiment bien rendue : la ville ultra-morne de Waukosha, les vieux fast-food, les gros amerlocs qui vont aux fraises, c'est saisissant de vérité ! (brrrr... mais bon toute l'Amérique n'est pas comme ça heureusement) D'ailleurs pour en finir avec l'Amérique, la VO de cette BD (même format que l'édition Delcourt) vaut environ 23$ sur amazon.com (faut voir combien coûte la livraison jusqu'en France). De plus ils viennent de sortir une nouvelle édition souple à 17$ (avec deux pages en plus à la fin ouah c'est du bonus comme dans les DVD). Peut-être que ça arrivera en France à un prix plus abordable. C'est tout le mal que je souhaite à cette BD d'exception. Désolé j'ai oublié de faire bref.
Isaac le pirate
Bon j'avoue, je n'aurais sans doute pas prêté beaucoup d'attention à cette BD si je n'avais auparavant lu des critiques dithyrambiques sur des sites que je ne nommerai pas. Mais je crois avoir sincèrement accroché dès que je me suis retrouvé le nez à moins de 20 cm du premier tome (oui je suis myope). Je trouve que Blain a un trait vraiment particulier, simple mais qui arrive à charrier beaucoup d'émotions (Isaac a quand même une bonne tête rectangulaire). Un mot étrange me vient à l'esprit : je dirai qu'il a un trait "appuyé", parce que les contours sont bien marqués et que ses dessins me restent dans la tête longtemps après avoir refermé l'album (ou alors je suis un peu trop fatigué pour rechercher des qualificatifs). Enfin bon bref, moi ce qui m'a surtout plu dans les deux premiers tomes, c'est qu'à aucun moment je n'ai relevé la tête pour me dire "comprend pas" ou "mouais" ou même "tiens sympa ça". Non ! J'étais vraiment dedans. L'histoire est simple ? Je ne crois pas et pis j'm'en fous, je veux être un pirate ! (copyright G.Threepwood)