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... a posté 1112 avis et 288 séries (Note moyenne: 3.18)

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Nom série  SHI  posté le 07/08/2017 (dernière MAJ le 17/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Quand deux auteurs de talents du moment se retrouvent pour la première fois pour une nouvelle série, forcément, ça laisse rêveur... Restait à savoir ce que le duo Zidrou/Homs allait nous concocter.

SHI nous entraîne dans un récit où la vengeance et les femmes mènent la danse. L'histoire qui nous est présentée se situe à deux périodes distinctes ; on commence par un attentat chez un fabricant d'armes aujourd'hui, pour revenir en plein milieu du XIXe siècle, toujours en Angleterre, au moment de la grande Exposition Universelle de Londres de 1851, période phare du grand Empire Britannique. Là, suite à un événement tragique au cours de la visite de l'exposition, deux jeunes femmes que tout oppose vont nouer des liens et construire un destin commun qui fera le lien entre les deux périodes de cet album.
Le récit est juste haletant, prenant, on n'a pas le temps de souffler, et cette Angleterre coloniale que Zidrou nous fait redécouvrir est captivante, malgré les horreurs qui en découlent.

D'autant que le dessin de Homs fait aussi des merveilles. Il n'a pas son pareil pour nous rendre les ambiances des bas fonds du Londres de cette période ou par contraste les ors de la noblesse et bourgeoisie qui mènent cet empire. Finesse et justesse des détails dans ces décors variés, que ce soit l'architecture ou les costumes, tout concourt à nous immerger dans cette histoire.

Ce premier tome introductif est donc une vrai réussite qui laisse encore pour l'instant beaucoup de questions en suspens... Il ne nous reste donc qu'à prendre notre mal en patience pour connaître la suite du destin de ces deux jeunes femmes...

*** tome 2 ***

Voilà un deuxième tome comme je les aime : le soufflé ne retombe pas, loin de là, le rythme est toujours aussi soutenu, l'intrigue avance bien, et le dessin est toujours aussi magnifique.

Zidrou enfonce le clou et nous dévoile de nouveaux pans de son intrigue et des machinations qui s'installent au plus haut niveau dans ce Londres de la fin du XIXe. On comprend également mieux l'origine de ce mouvement, le SHI, que nos deux jeunes protagonistes vont créer et qui va perdurer jusqu'à aujourd'hui. Car c'est le deuxième point important dans cet album, la partie contemporaine du récit occupe plus de place...
Quant au dessin de José Homs, il reste toujours un régal pour les yeux, tant dans l'expressivité de ses personnages, des décors qu'il plante ou de tous les détails qui y fourmillent. Certaines planches sont tout bonnement magiques !

Vivement la suite !

Nom série  Betty Boob  posté le 07/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’avais découvert le talent de Julie Rocheleau avec l’excellente série « La Colère de Fantômas » scénarisée par Olivier Bocquet et j’étais donc assez impatient de retrouver son coup de crayon si singulier. C’est cette fois-ci sur un scénario de Vero Cazot qu’elle laisse libre court à son savoir-faire et c’est de nouveau plus qu’une réussite !

« Betty Boob » aborde pourtant le thème difficile du cancer du sein mais de façon intelligente et subtile. Fi d’un pathos qui aurait pu plomber le sujet, Vero Cazot réussit le tour de force de nous faire rire d’un sujet grave et d’une façon plus générale de traiter de la différence et de son acceptation sociale, le tout sans un mot ! Vive la magie des BD muettes quand tout cela est conduit avec brio !

C’est là que le talent de Julie Rocheleau rentre en jeu, il n’y a qu’à voir cette magnifique couverture qui donne le ton. Et la suite n’est pas en reste ! Que se soient les découpages, les trouvailles graphiques pour souligner le propos ou l’expressivité des personnages, tout concoure à une fluidité narrative des plus efficace et ravit nos mirettes ! Et puis quel bonheur de retrouver ce style si particulier de Julie. J’adore son trait et son utilisation et la palette de couleurs qu’elle manie qui donnent à son dessin un style si particulier et une identité graphique reconnaissable au premier coup d’œil.

Bref, c’est une nouvelle fois conquis que je sors de cette lecture que je ne peux que chaudement vous recommander !

Nom série  Traquemage  posté le 23/04/2016 (dernière MAJ le 06/11/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec "Traquemage", Lupano et Relom nous la jouent pizza trois fromages !

Prenez une belle pâte prête à modeler en la personne de Pistolin, notre berger aspirant chevalier (bon, ok, y'a du boulot...), une bique acidulée répondant au nom de Myrtille et ajoutez une fée plus Pochette que Clochette tant son penchant pour la boutanche la rend ridiculement efficiente. Saupoudrez de hordes de monstres à la solde de sorciers se livrant bataille sans se soucier le moins du monde du reste du monde. Touillez très fort, et n'oubliez surtout pas une laaaarge rasade d'humour pour pimenter le tout ! Y'a plus qu'à enfourner et servir chaud !

Ce savant mélange labellisé "Rural Fantasy", s'il peut paraître surprenant expliqué comme ça se laisse plutôt bien digérer à la lecture. Cela tient en grande partie à la brochette des personnages plutôt truculents imaginés par Lupano qui évoluent dans un univers bien pensé ; ajoutez à cela son sens du dialogue bien rôdé et vous avez tout pour passer un très bon moment de lecture.
Surtout que tout cela est très bien mis en image par Relom dont je ne connaissais pas le travail. Son trait précis et son sens du détail dans les décors donnent à cette aventure foutraque l'élan et la subtilité nécessaire pour que la farce prenne et donne corps à cette recette improbable.

Reste à voir ce que la suite de cette série donnera après un démarrage sur les chapeaux de roue !

*** Tome 2 ***

Et voici le tome 2 tant attendu ! Oui, car après un premier tome parti sur les chapeaux de roues, cette suite se faisait cruellement attendre.

Et c'est ma fois un bel essai de transformé. Car si trop souvent les deuxièmes tomes de séries démarrées en trombe on parfois tendance à jouer les soufflés foireux, ici rien de tout ça. Alors oui, on pourra toujours dire que l'effet de surprise n'y est plus (et encore)... mais l'esprit reste et c'est ce qui compte ! Car ce qui fait le sel de cette série c'est la galerie truculente de personnages tous plus déjantés les uns que les autres, les dialogues aux p'tits oignons, et les rebondissements de cette quête farfelue de notre bon Pistolin.
Car celui-ci va devoir affronter son premier mage... chaud les marrons ! Mais je vous laisse découvrir tout ça et je l'espère passer un très bon moment de détente et de rigolade !

Vivement la suite !

Nom série  Chansons de Barbara en bandes dessinées  posté le 26/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est avec curiosité que je me suis lancé dans la lecture de cet album car si je n’ai jamais été un fan de Barbara, l’un de ses titres passant, on se retrouve comme tout un chacun sans s’en rendre compte à chantonner un bout de refrain ou de couplet qu’on a intégré malgré soi. On connaît tous un petit peu Barbara à l’insu de notre plein gré comme dirait l’autre, et cet album était donc l’occasion d’essayer d’en apprendre un peu plus sur le personnage.

Sorti à l’occasion des 20 ans de la disparition de Barbara, cet album nous propose 11 chansons illustrées par un collectif d’artistes, avec entre chaque titre une double page documentaire sur un moment de la vie de Barbara.

Si pour être franc je n’ai pas été plus emballé que ça la mise en image des chansons de Barbara, j’ai par contre apprécié ces pages documentaires qui m’ont permis d’appréhender l’univers de cette chanteuse, son parcours et ses expériences douloureuses. Car ce sont des clés indispensables pour comprendre ses chansons, dont la mise à plat sans musique de cet ouvrage valorise les textes.
Reste que si les dessins des différents auteurs sont de qualité je n’ai pas trouvé qu’ils apportaient grand-chose aux textes de notre diva. En même temps, dur d’imposer un visuel sur des chansons aussi évocatrices et qui ont déjà une place aussi importante dans notre culture commune.

Petit bonus intéressant : un flash code permet d’accéder à une play-list deezer de Barbara pour profiter de sa lecture au son des titres illustrés.

Nom série  Le Cas Fodyl  posté le 25/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec "Le cas Fodyl" Lomig continue de poser son regard acéré sur notre société et ses absurdités. Après Vacadab et ses vendeurs d'aspirateurs, Magic Dream Box et ses vendeurs de rêve, c'est sur le chômage et le regard de la société à son égard qu'il pose le doigt.

Et il appuie fort ! Dans le monde qu'il nous dépeint, être chômeur est devenu une tare sociétale majeure : Ceux qui ne peuvent ou ne "veulent pas" travailler sont envoyés aux travaux forcés. Le travail est devenu une denrée rare et tout est bon pour garder sa place ou piquer celle de l'autre. Cette vision extrême de notre société pourra sembler caricaturale à certains, mais à bien y réfléchir, elle pourrait très bien n'être que le prolongement de ce que nous vivons. Maintenir une base populaire dans une dépendance profonde à cette société de consommation et son monde du travail. Travailler pour consommer ; éradiquer ceux qui ne rentrent pas dans le moule ou le remettent en question...

Si le propos n'est pas nouveau il est plutôt efficace et bien réalisé. Fodyl, notre personnage principal incarne bien cette charnière qui peut lâcher à tout moment. Le dessin de Lomig est quant à lui efficace et le choix de la colorisation monochrome gris/bleu renforce l'effet oppressant de la société que nous dépeint son histoire.

Voici donc une critique efficace de notre société à venir si on se laisse moutonnement glisser sur les pentes qu'on nous savonne...

Nom série  Dark Museum  posté le 24/02/2017 (dernière MAJ le 02/10/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
En voilà une bonne surprise que cette nouvelle série chez Delcourt ! Ce premier tome de "Dark Museum" m'aura en tout cas pleinement convaincu !

Moi qui affectionne l'art et les illustrations, cette idée d'imaginer l'histoire qui se cache derrière un tableau est tout simplement géniale. Et je ne pouvais être mieux servi que par ce premier opus basé sur la tableau "American gothic" de Grant Wood, qui m'a toujours impressionné depuis que je l'ai découvert lors de mes lointaines études d'histoire de l'art. L'autre point fort de cette série c'est que chaque tome propose une histoire complète et peut donc se lire indépendamment.

Gihef et Didier Alcante ont tout simplement trouvé LA bonne idée, LA bonne histoire, avec toute la noirceur et la rancœur que m'ont toujours inspiré les deux personnages de ce tableau. Et le coup de crayon de Stephane Perger ainsi que sa magnifique mise en couleur à l'aquarelle donnent toute la force et le saignant imaginé par notre duo de scénariste. Certaines planches sont tout bonnement magnifiques malgré l'horreur représentée...

Alors j'en re-veux, et du même tonneau ! Avec une telle version, l'histoire de l'art n'aura bientôt plus de secrets pour personne :p

*** Tome 2 ***

Après le premier album tiré du tableau « American Gothic » qui m’avait vraiment botté et qui était pour moi une vraie réussite, voici venir « Le cri » d’Edvard Munch. On retrouve Alcante & Gihef au scénario, mais c’est Luc Brahy qui se colle cette fois au dessin.

Si le premier opus s’était « limité » à imaginer l’envers du tableau « American Gothic », Alcante et Gihef impliquent dans cet album le peintre en tant que personnage central. Après le décès de son père, Edvard Munch déjà fragile est interné pour des accès de rages incontrôlés. Une de ses amies intervient pour essayer de remédier à son mal en faisant intervenir un jeune médecin ouvert aux nouvelles théories psychanalytiques naissantes. Après avoir semble-t-il percé l’origine du traumatisme, ils décident d’embarquer tout le monde pour l’Indonésie afin de confronter Edvard Munch à la source de son cauchemar…

Le récit est plutôt bien amené et mené, surtout que le dessin réaliste de Luc Brahy est du genre efficace et tend parfaitement à rendre l’ambiance de cette fin XIXe. C’est juste l’extravagance de ce voyage en Indonésie qui m’a fait tiquer… Voilà une personne enfermée plus ou moins secrètement pour son comportement violent et dangereux et qu’on embarque faire un p’tit tour à l’autre bout du monde… Ok c’est pour le soigner, et il est encadré mais vu les connaissances psychanalytiques de l’époque, le temps que représente un tel voyage et son coût, tout cela m’a semblé peu probable… et je ne vous parle pas de l’explication du mal qui ronge notre cher Munch pour ne pas spoiler, mais dans le genre capilotracté, là on va chercher loin. Autant je suis amateur de fantastique et de science-fiction, ce n’est donc pas le genre qui me rebute et je suis ouvert à toute proposition malhonnête pour peu qu’elle soit bien amenée et me fasse triper, autant là j’ai vraiment eu du mal à rentrer dans l’explication et ce voyage.

Du coup forcément, mon appréciation s’en ressent, et même si l’album se laisse lire tranquillement et peut faire passer un agréable moment de lecture, on est loin de la qualité du premier album qui m’avait vraiment scotché.

Nom série  Doggybags présente  posté le 07/04/2014 (dernière MAJ le 02/10/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
*** Tome 1 South Central Stories ***

C'est bien du Ankama, c'est bien du Label 619, même format et codes graphiques que le Doggybags... mais ce n'est pas du Doggybags. C'est du "Doggybags présente", ok ?! Tout le monde suit ?!

"South Central Stories", entièrement réalisé par Neyef, avait tout pour rentrer dans un Doggybags classique, si ce n'était la très bonne trame scénaristique qui demandait plus qu'un bon tiers d'album que propose le concept habituel. Qu'à cela ne tienne, RUN emballé par le projet lance cette déclinaison du concept pour permettre à Neyef de nous proposer un récit complet et plus que réussi ! C'est comme si habitués à une excellente collection de courts métrages, vous passiez au format long. "Enlarge your Comics !" sic.

Avec "South Central stories" on plonge dans le L.A. des street gangs. Une fashion week assez peu recherchée sur les codes couleurs, des conflits de voisinages récurrents pour des bouts de trottoirs, des pharmacies particulières aux normes hygiéniques déplorables et des mômes très bruyants : South Central, c'est pas particulièrement "Ze Place 2 Be" si t'es pas né là-bas, que t'es un pâle de peau ou simplement si tu ne rentres pas dans le dichotomique code couleur local : rouge ou blanc ; 66 ou slain. Vouloir échapper à cette sordide réalité tient plus du miracle ou du vœu pieux et se paie chaque jour comptant comme le vérifiera Jacob, l'un des personnages centraux du récit.
Je ne rentrerais pas plus dans les détails de l'intrigue pour vous en préserver les bonnes surprises qui jalonnent ce récit. Je dirais juste que Neyef a su très malicieusement mêler ce bouillonnant univers du street gang avec un des ressorts classiques de la littérature, le tout de la plus belle des façons... On est dans le drame en trois actes rondement mené et digéré.

Graphiquement, Neyef s'en donne aussi à cœur joie ! Son style bien particulier, très inspiré par Guillaume Singelin ou Run quand même, a de la gueule et de la tenue.
Il prend de l'assurance par rapport au dernier Doggybags auquel il avait contribué. Il sait donner à son histoire toute l'énergie que requiert la violence et l'horreur qu'il nous balance. Un trait faussement simpliste et hyper expressif au niveau des personnages, rehaussé d’onomatopées et de codes graphiques souvent très bien trouvés lui permettent de nous faire claquer ses planches pleine poire ! Ajoutez à cela une mise en couleur que j'ai adoré. Il sait parfaitement jouer sur les palettes qu'il propose pour gérer les ambiances en fonction des séquences de son récit : juste parfait !

Alors, plus d'excuses pour les amateurs du Label 619 qui n'auraient pas encore plongé dans ce "Doggybags présente" ! "South Central Stories" c'est du tout bon ! A acheter les yeux fermés pour les amateurs de la collection et une très belle manière de rentrer dans l'univers de Doggybags pour ceux qui ne connaitraient pas encore.

*** Tome 2 Heart Breaker ***

2e opus de la série « Doggy bags présente », « Heart Breaker » s’inscrit dans la suite du 6e opus de « Doggy Bags ». Reprenant le personnage de Celyna, alias Heart Breaker, l’album composé de trois nouveaux récits s’ouvre sur la suite directe du tome 6 qui nous avait fait la découvrir.

Petite déception à mon gout déjà, car ce que j’avais apprécié avec le premier « Doggy Bags présente » c’était justement de ne proposer qu’UN récit mais plus long et approfondit par rapport au format classique des courtes histoires cinglantes et sanglantes de « Doggy bags » tout court. D’autant que là, pas de chance, aucun des trois graphismes des auteurs qui ont participé à l’aventure ne m’a vraiment transcendé.

Si le premier de Hasteda et Sourya est celui qui m’a le moins déplu, je trouve qu’il manque quand même d’assise. Pour un dessin s’inspirant du manga, je comprends cette volonté de mettre en avant le mouvement pour souligner l’action ; mais le reste manque de précision et donne au tout un petit côté flottant qui ne sert pas forcément le récit.

Le second scénarisé par Run avec Chariospirale au dessin m’a encore moins convaincu. Ok, le trait a de la personnalité, j’aime ce qui sort du cadre et me faire surprendre, mais là, bof, vraiment pas accroché, d’autant que l’histoire en elle-même ne casse pas des briques et n’apporte pas grand-chose à la trame scénaristique qu’on suivait jusque-là.

Le dernier volet enfin scénarisé par Céline Tran avec Maria Llovet au dessin reprend la trame scénaristique principale : Celyna veut retrouver celui qui l’a transformé en ce qu’elle est devenue. L’encrage est très épais et le trait minimaliste pour un rendu pourtant réaliste ; là, c’est l’ancrage et la colorisation qui ne sont pas ma tasse de thé. Autant en peinture je peux aimer la matière, là, le rendu est assez étrange et un brin grossier. Et si j’arrive parfois à passer par-dessus mes réticences question graphisme, il faut que le scénario soit raccord avec ce qu’on me propose et qu’il m’accroche vraiment. Là, on est loin de tout ça.

Moi qui suis plutôt fan du genre et du concept, j’avoue que là c’est une réelle déception. Je vous renvoie plutôt au 1er tome de « Doggy Bags présente », « South Central Stories », qui lui tient toutes ses promesses.

Nom série  La Horde du contrevent  posté le 02/10/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ahhhh la Horde ! Terrible roman d’Alain Damasio qui a fait beaucoup de bruit quand il est sorti en 2004, ne laissant de marbre aucun de ses lecteurs : ils ont adoré… ou détesté ! Pour ma part je rentre dans la première catégorie, plaçant même l’auteur dans mon trio français des meilleurs auteurs de SF. Car ce qui à mon sens donne toute sa puissance à ce roman c’est autant son jeu et sa précision sur le fond que sur la forme. La richesse de cette œuvre tient à l’équilibre subtil entre ce souffle épique d’une force brute et un jeu avec la langue que je n’avais jamais trouvé dans ce genre d’ouvrage.

Alors quand on me dit adaptation de ce genre de référence ça fait à la fois rêver et tiquer… Car même si une adaptation réussie n’est pas chose impossible, tout est question d’appropriation et de retranscription de l’auteur, l’écueil de la langue concernant ce roman me semblait quand même des plus ardu à surmonter… A moins de trouver le Golgoth de la BD apte à relever ce défi ?

Et notre apprenti Golgoth est ici en l’occurrence Eric Henninot qui s’attaque de front au dessin et au scénario. S’il n’en est pas à ses débuts pour le dessin, c’est par contre sa première scénarisation. Môôôssieur semble aimer les défis… les GROS défis ! Et alors je parle, je parle, mais ça donne quoi ce premier tome !!!???

Hébé… Pour faire concis, je dirais pas mal mais pas transcendant. Mes appréhensions concernant l’adaptation du travail d’écriture d’Alain Damasio se sont rapidement vérifiées ; mis à part quelques rappels au niveau du vocabulaire dans les dialogues, l’énorme force du langage que véhiculait le roman s’est pris un gros coup de furvent… Dommage à mon sens car, si la Horde a besoin de tous ses éléments avec chacun ses aptitudes pour garder force et équilibre pour remonter à la source du vent, cette œuvre complète en demande autant à mon sens sur le fond et la forme. Ici, on part déjà avec un handicap…

Alors peut-être que mon erreur ou ma frustration tient à ce besoin de comparaison qui n’a peut-être pas lieu d’être, mais quand un roman vous fait si forte impression, dur de ne pas s’y plier.
Car pourtant sorti de cet aspect, l’album se tient très bien. Le dessin d’Eric Henninot fait plus qu’assurer le travail et nous propose le portrait d’une Horde qui tient parfaitement la route. Que ce soit les nombreux personnages qui la composent ou les décors qu’ils traversent, on se laisse assez facilement embarqué dans l’aventure. Comme dans le roman il faut un certain temps pour apprivoiser les personnages, mais on s’y plie assez vite. Concernant la narration, c’est aussi plutôt réussi, même si j’ai eu l’impression que cela allait un peu vite par rapport au roman (mais ma lecture de ce dernier remonte à plus de 10 ans, alors me trompe-je peut-être sur ce point…).
Alors au final, et bien on se laisse embarquer par la force épique de ce récit soutenu par un dessin agréable et réussi, mais pour moi la comparaison s’arrête là. On ne compare pas la petite bise matinale au furvent…

Mais ça ne m’empêchera pas de suivre la suite par curiosité et attention 

Nom série  La Grande Ourse  posté le 20/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Toujours dans la même verve, creusant du côté de l’esthétique et de l’étrange, la collection Métamorphose de chez Soleil nous invite cette fois-ci à affronter une de nos peurs primaire : la mort.

Louise est une jeune femme à qui tout semble sourire : jeune, jolie, un amoureux… Pourtant, elle reste insensible à toute joie de vivre et le départ de son compagnon qui en a marre de chercher en vain à percer sa carapace va conduire notre Louise à rencontrer un bien étrange personnage. Elle qui voit des fantômes dans tous les objets où les lieux et qui se réfugie dans les étoiles quand elle cherche des réponses, va voir débarquer un beau soir par sa fenêtre Phekda, une des étoiles de la Grande Ourse. Cette « bonne fée » va embarquer Louise dans un voyage extraordinaire au cours duquel elle va rencontrer des créatures fantastiques et même… la mort.

Ce conte initiatique aux allures « Miyazakiene » se laisse lire tranquillement mais n’a pas réussi à me transcender plus que ça. Peut-être ne suis-je pas non plus le cœur de cible de cet album qui semble plus être destiné à un public ado et féminin… Dommage, car le dessin a du caractère, le bestiaire croisé est assez original, mais pour moi la trame de fond est restée assez convenue et prévisible.

Nom série  Daddy Cool  posté le 20/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Pacco, ancien directeur artistique chez les Humano, puis agent de communication et auteur de BD nous revient avec un album sur sa vie de famille. Plutôt qu’un récit, il s’agit d’un enchainement de planches d’une case par page sur ses déboires, fous rires ou réflexions quotidiennes autour de sa famille.

Autant j’ai apprécié son trait et la mise en couleur, autant le fond m’a plutôt laissé perplexe… Ok, roule pour un gag ou deux dans un journal ou sur un blog, mais de là à en faire un album, chez moi ça fait plutôt un bide. Si j’ai souri à 4 ou 5 gags sur les 128 pages que compte l’album c’est bien le bout du monde…

Bref, pas fan du tout de ce genre d’humour auto-centré.

Nom série  La Dynastie Le Pen  posté le 20/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A l’heure où le FN bouillonne et est en pleine remise en question, ce petit coup dans le rétroviseur sur l’histoire de la famille Le Pen est des plus intéressant et instructif.

Ambitions, opportunisme, idéologie nauséeuse, trahisons, famille… tous les ingrédients sont là pour produire une matière brute idéale pour nous raconter une « belle histoire ».
C’est d’ailleurs sur ce ton que le journaliste Renaud Dély scénarise cette histoire de la famille Le Pen, en imposant notre Jean-Marie national comme conteur à sa petite fille Olympe (la fille de Marion Maréchal Le Pen). Côté dessin c’est Fred Coicault qui s’y colle avec son trait tout en caricature qui sied parfaitement au genre.

Toute l’histoire de la dynastie Le Pen nous est donc relatée sur le ton décalé de l’humour, mais en traitants de faits bien réels, depuis les débuts du militantisme de Jean-Marie jusqu’à son exclusion du parti par sa fille et sa nièce. Ca balaye parfois un peu vite d’une période à l’autre, mais cela a au moins l’avantage de conserver un rythme narratif soutenu, un peu à l’aulne du caractère impétueux de Jean-Marie Le Pen et de coller au style franco-belge de Fred Coicault ; les scènes de baston pour du poisson pas frais ne sont pas loin ^^

Nom série  Sept macchabées  posté le 20/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voilà sans doute un des albums de la série qui m’aura le moins convaincu.

Plutôt adepte du fantastique, je partais plutôt confiant, mais là… non. Quand le pitch de départ ne vous convainc pas d’emblée, dur de raccrocher les wagons derrière une fois le récit lancé. Et là c’est ce qui s’est passé avec cette histoire de personnes ramenées à la vie par le gouvernement britannique après avoir retrouvé l’ancestrale technique du Dr Frankenstein pour les envoyer conquérir le pôle avant les Allemands…

Un pitch qui ne prend pas déjà ça part mal, et les personnages composant cette équipée macabre ne m’ont pas plu non plus. Entre un père pleurnichard et suicidaire accompagné de son fils, une brute épaisse et je ne sais quel autre usurpateur d’identité, je me suis vite lassé. J’ai fini l’album histoire de, mais sans aucun réel plaisir. Mauvaise pioche…

Nom série  Arthus Trivium  posté le 13/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Mouais mouais mouais...

Ok, c'est joli, ok ça dépote, ok y'a des gros monstres pas gentils et des héros vanneurs à gueules d'ange. Ok on donne dans le fantastique ésotérique avec une simili trame historique comme béquille... Mais non, ça fait pschitt pour moi, surtout dans le 2e tome avec cette histoire de porte vers un autre monde & co.

Bref, savoir faire de beaux dessins et maîtriser sa couleur ne font pas tout, encore faut-il que l'histoire tienne la route. Et là j'ai pas accroché du tout, surtout dans le 2e opus. Déjà que le premier avait peiné à me convaincre, le second tome a soufflé le maigre château de cartes qui tenait brinquebalant jusque là.

La suite se fera sans moi

Nom série  Manifest destiny  posté le 27/06/2016 (dernière MAJ le 13/09/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est en partant d'une des expéditions mythiques et fondatrices des Etats Unis au début du XIXe siècle que va s'inscrire cette histoire. On prend les personnages historiques Lewis et Clark mandatés par le président Jefferson de la toute jeune Amérique, et c'est parti pour une mise en image de cette aventure !

Sauf qu'histoire de pimenter un peu le tout, une grosse dose de fantastique vient s'immiscer dans cette avancée vers l'Ouest et que les "terribles" Indiens de l'époque ne sont au final que le cadet des soucis de notre expédition comparés aux créatures auxquelles ils vont être confrontés, ainsi que cette épidémie qui transforme toute forme vivante en espèce de zombie végétal...
Le pitch est plutôt original et intéressant, même si j'ai au début eu un peu peur de retomber dans un énième "zombie like" gratuit, histoire de surfer sur la mode du moment. Mais heureusement non. On a bien ce côté zombie, mais cette forme végétale maléfique trouve un écho intéressant dans ce Grand Ouest inconnu à défricher.

Après, c'est plus le dessin qui par moment m'aura fait tiquer. Autant j'ai apprécié le talent de Matthew Roberts dans ses décors, le soin accordé aux détails, autant je ne suis pas fan du style de ses personnages ; ou plutôt je le trouve assez irrégulier dans sa façon de les représenter. Mais bon, le tout reste de bonne facture et se lit très bien grâce à une narration efficace épaulée par un découpage en chapitres d'une vingtaine de pages propre à beaucoup de comics.

J'attends donc de lire la suite pour voir comment évolue cette aventure et peaufiner ma note ; en attendant ça sera un 3.5/5

*** Tome 2 ***

Après un premier tome intrigant me laissant partagé, j'attendais ce second tome avec curiosité histoire d'essayer de mieux percevoir où notre duo d'auteurs voulait nous entrainer.

Le premier tome imposait des plantes et une faune des plus terribles et menaçants, ce second tome intitulé "Amphibiens et insectes" suggèrait déjà tout un programme, vu ce que nous avions découvert avec le début de ce périple ! Et effectivement, côté bestioles, on est pas déçu ! Je ne m'étendrais pas davantage pour vous laisser le plaisir de la surprise, mais Matthews Roberts a le don pour représenter des bouffioles qu'on aimerait tout sauf croiser ! Ca, c'est le côté "plaisant" de la série.
Mais sorti de là, je trouve que tout cela piétine tranquillement, un peu comme leur bateau bloqué sur le fleuve. Je pourrais résumé ce tome en trois faits marquants ; ils coincent leur bateau et on va passer ce tome à trouver une solution pour repartir avec les péripéties qui vont aller de pair ; ils rencontrent des indiens ; on apprend le pourquoi et le comment de l'embrigadement de ces chers Lewis et Clark par le président Jefferson pour mener à bien cette mission. Le reste est plutôt prétexte à nous présenter un bestiaire monstrueux. Et même si celui est plutôt des plus réussi, le pourquoi de cette affaire reste encore bien ténébreux.

Je ramène donc ma note à 3, car si tout cela reste convenable, il manque un petit je ne sais quoi pour placer cette série au dessus du lot. Je lirais tout de même la suite avec attention, histoire de satisfaire ma curiosité.


*** Tome 3 ***

Demandez le programme ! Demandez le programme !!! Alors, y'a quoi au menu cette fois-ci ? Chiroptères et carnivore. On change de bouffioles et on ressort les couverts !

Ce troisième opus de "Manifest Destiny" poursuit donc sa lancée dans l'exploration de ce vaste inconnu américain infesté de créatures toutes plus démentes et dangereuses les unes que les autres. Notre équipage commence sérieusement à partir en morceau, décimé par la tripotée de monstres qu'ils croisent sur leur chemin.
Du coup, tout ça commence à manquer un peu de piment, même si l'originalité des créatures rencontrées vaut son pesant de cacahouètes. Heureusement que notre équipe de choc est composée de vrais salopards pour relever tout ça. Reste que si on apprend au compte goutte des informations sur les personnages clés de ce récit, le mystère reste épais sur ces créatures et ces arches gigantesques qui jalonnent le parcours de nos soldats...

Nom série  James Bond  posté le 14/12/2016 (dernière MAJ le 13/09/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Et revoilà James ! Je ne vous ferait pas l'affront de faire les présentations, ici nous sommes dans une adaptation des plus classiques du personnages de Ian Flemming.

Notre beau gosse au flegme et à l'humour tout britannique se retrouve en mission à Berlin pour tenter de démanteler un réseau de trafic de drogue plus que suspect et qui dépasserait se simple délit... Et effectivement, ce qui se cache derrière est de toute ampleur...

J'ai apprécié de retrouver dans ce James Bond un personnage plus sombre et violent que ce que le cinéma avait pu nous donner à voir. Warren Ellis nous sert un James Bond où l'efficacité prime, quels que soient les moyens nécessaire pour mener à bien sa mission. N'attendez pas non plus d'extravagances, l'histoire est dans la lignée classique du personnage traditionnel et j'ai même regretté le manque certain d'un petit grain de folie qui aurait pu relever le tout.

Côté dessin, Jason Masters joue aussi dans l'efficacité. Son James Bond est plutôt fidèle à l'image qu'on se fait du personnage. Son découpage est efficace et tient bien le rythme du récit. Dommage par contre que ses décors soient un peu "vides" et la colorisation de Guy Major trop en aplat à mon goût ne fait que renforcer ce sentiment.

Au final, les inconditionnels du personnage devraient s'y retrouver et passer un bon moment de lecture en faisant abstraction des quelques défauts soulignés.

*** tome 2 ***

Dans ce 2e opus, c'est une guerre intestine entre le MI 6 (Affaire extérieures britanniques) et le MI5 (Affaires intérieures) qui va guider les balles de note serviteur de sa majesté.

En effet, le MI5 semble mettre beaucoup d'énergie à contrecarrer les pouvoirs du MI6 sur le territoire britannique. Heureusement, notre 007 n'est pas du genre à s'en laisser compter et va éclaircir ce qui se trame derrière tout ça de façon toujours aussi délicate et expéditive

On retrouve sous la plume de Warenn Ellis un Bond brutal, à la gâchette facile, qui rend honneur au personnage sombre des romans de Ian Flemming. Reprenez les ingrédients conspirationnistes traditionnels, le retour du Spectre et quelques jolies demoiselles, et les amoureux du personnage ne pourront qu'apprécier.

Reste le dessin de Jason Masters dont je ne suis pas fan. Je le trouve un peu raide et figé (dommage pour une série d'action...), les décors sont un peu trop tirés au cordeau, et gros point faible à mon goût : la colorisation. Cette mise en couleur informatique à coup d’aplats et de dégradés manque furieusement de nuances et de chaleur.

Alors, en faisant abstraction de cette remarque (oui je sais c'est pas évident), on passe un moment de divertissement somme toute agréable quand on reste comme moi un fan du personnage.

(2.5/5)

Nom série  Cléopâtre, la reine fatale  posté le 13/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dans la collection "Les Reines de sang" voici venir Cléopâtre. La famille Gloris et leur goût prononcé pour l'histoire leur font continuer l'aventure avec ce nouveau grand personnage historique féminin, avec cette foi-ci au dessin Joël Mouclier que je découvre.

Ce premier tome installe tranquillement ses pièces sur l'échiquier autour de notre grande reine d'Egypte. Car c'est qu'il y en a du monde à évoluer autour d'elle, à commencer par son jeune frère Ptolémée, avec qui les tensions familiales vont monter crescendo. Ajoutez à cela un empire romain lui aussi déchiré entre Pompée et César mais qui tient l'Egypte par les bourses et vous allez pouvoir sortir le pop corn pour profiter d'une partie pas toujours fine qui ne donnera pas forcément dans la dentelle...

Ce qui marque d'emblée c'est l'ambiance qui nous est retranscrite de cette Egypte du Ier siècle avant J.C. Joël Mouclier a le don de nous immerger dans cette période historique grâce à la qualité de son dessin et de sa mise en couleur. Faste, chaleur, architecture démesurée, chatoyance des maquillages ou des décors, on s'y croirait.
Mais derrière les fards, c'est aussi une période sans pitié où la mort et les complots ponctuent le quotidien de ces grands de l'Histoire. Et c'est tout cela que notre Cléopâtre va polariser autour d'elle, menant sa barque tant bien que mal dans ce vortex dangereux.

Les grandes lignes sont maintenant posées avec ce premier opus, reste à suivre dans les prochains tomes l'évolution de cette femme bien trempée !

(3.5/5)

Nom série  Holy Wood - Portrait fantasmé de Marilyn Monroe  posté le 13/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est à Angoulême que j'ai craqué pour cette BD dont j'avais lu des avis plutôt élogieux. Tommy Redolfi étant présent sur le stand de la Boîte à Bulles, je n'ai pas hésité longtemps.

Ce qui frappe avant tout quand on ouvre cet album c'est la touche personnelle de l'auteur dans son graphisme. Que ce soit ce côté un peu caricatural des traits de ses personnages ou les couleurs utilisées, tout est fait pour nos faire vibrer, pour exacerber notre ressenti vis à vis de ce récit fantasmé de Marilyn. Ses personnages m'ont renvoyé au style de Grazia La Padula (qui dessine avec Tony Sandoval) que j'apprécie beaucoup aussi, et les touches de fantastique qui fleurissent de-ci de-là ne sont pas étrangères à ce sentiment non plus.
Tout cela donne à l'ensemble un petit parfum Lynchien à cette histoire (en même temps, pas étonnant, Lynch a déjà bien donné côté Hollywood...) avec son lot de personnages étranges et dérangeants, et une esthétique singulière, avec au centre Marilyn et la forge de sa légende... et de sa déchéance.

Dur de parle de l'histoire sans trop en dévoiler, je vous laisse donc ce plaisir pour profiter pleinement du talent de Tommy Redolfi qui a su construire un récit intrigant et prenant sur une personnalité hors norme

Nom série  Rapport sur la torture  posté le 11/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cet album est l'adaptation en BD d'un vrai rapport réalisé par le Sénat américain sur les agissements de la CIA et du gouvernement américain suite aux attentats du 11 septembre 2001. Sous couvert de récupérer des informations sur Ben Laden ou de prochains attentats, la CIA a petit à petit bafoué tous les règlements et accords internationaux sur le traitement des prisonniers, et s'est affranchit des droits de regards du Sénat, allant même jusqu'à pirater leurs ordinateurs pour couvrir ses agissements et effacer les traces de ce rapport.

Si le sujet est grave et mérite d'être mis en lumière, surtout en ces temps où le terrorisme fait encore trop parler de lui, si la BD semble un medium intéressant pour rendre un rapport administratif moins indigeste et être vulgarisé, j'ai trouvé que le résultat était plutôt raté.

Tout d'abord le dessin de Ernie Colon est assez moyen et on peine parfois à reconnaitre les personnages. Ensuite, c'est la narration graphique qui est assez mal foutue ; je me suis perdu de trop nombreuses fois dans les bulles ou cases de voix off de planches car le sens de lecture était tout sauf logique. Enfin, même si ce rapport a déjà du être condensé pour arriver à ce résultat, la matière première est sans doute trop aride pour réussir à donner un élan suffisant à l'ensemble ; répétitions, listes de lieux et de protagonistes reviennent trop souvent pour étayer ces tristes révélations.

Alors, OUI, cette BD mérite d'être lue pour comprendre l'étendue de la compromission de la CIA et des politiques de l'époque dans cette banalisation de la torture, sans que des résultats signifiants soient trouvés. Par contre, il faut s'accrocher et ne pas y chercher une quelconque esthétique ni une narration agréable.

un petit 2.5/5

Nom série  Breizh : histoire de la Bretagne  posté le 16/04/2017 (dernière MAJ le 11/09/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Moi qui me suis longtemps pris d'affection pour la mythologie celtique et les légendes bretonnes (proximité oblige), j'étais curieux de voir ce qu'allait donner cette nouvelle série se proposant de retracer l'histoire de la Bretagne (Petite et Grande), le tout annoncé en 5 volumes.

Et bien ce premier tome m'a plus qu’assommé qu'autre chose... Non pas à cause d'un dessin mauvais, le trait de Daniel Brecht est tout à fait correct même s'il ne fait pas preuve d'une grande originalité ; les faits relatés semblent relativement objectifs ; c'est la quantité par page d'informations qu'on nous demande d'assimiler ou de connaître qui pour moi tue la narration ! Désolé mais quand je lis les 3 bulles suivantes, j'ai vraiment l'impression de regarder une série Tchétchène sous-titrée en thaïlandais :
- "La Legio II Augusta Britanica tint tête aux germains sur le Limes. Sous le Haut-Empire, on la trouvait à Villa Brittanorum, l'actuelle Bretzenhaim, près de Mayence."
- "La cohorte III Britannorum protégeait la région d'Abusia, en Rhétie, près de Ratisbonne."
- "Les Britonnes seniores veillaient sur l'Illyrie... et l'Ala Quarta Britonum était stationnée à Isius, en Thébaïde, aux confins de l'Ethiopie d'aujourd'hui, autant dire au bout du monde"
Ouais !!! Je connais l'Ethiopie !

Bref, malgré une volonté certaine de remettre à jour et de vulgariser l'histoire de tous ces peuples qui finiront par former la culture bretonne, j'ai eu l'impression de nager en plein océan où de trop rares îlots me permettaient de reprendre pied pour comprendre de quoi on me parlait. A moins de s'adresser à des passionnés d'histoire, je pense que cette trop grande richesse d'informations ou de précisions ne rend pas service à cette pourtant très honorable aventure. D'autant qu'il faut en plus jongler entre les nombreux Asterix et les renvois en fin d'album... Autant dire que la narration déjà pénible prend définitivement du plomb dans l'aile. J'ai donc survolé la moitié de ce premier album trop indigeste pour moi pour arriver en fin d'album à une période que je connaissais un peu mieux, celle du roi Arthur.

C'est donc une réelle déception pour ce premier tome, mais je lui laisse la chance du second pour espérer reprendre pied, en espérant que des périodes historiques moins éloignées me permettent de m'y retrouver plus facilement.

*** tome 2 ***

Bon bon bon, comment dire... Déjà que le premier tome m'avait assez fatigué voir soulé par ses tartines de références historiques absconses pour le néophyte que je suis (et pourtant, j'avais l'impression d'avoir quelques références...), là je n'ai même pas fini ce second tome...

Bref, pour moi, pas la peine d'aller plus loin, et c'est pourtant assez rare que je ne finisse pas une album... Là franchement c'est pour moi imbuvable au niveau références et narration.

Ya basta, je passe à autre chose

Nom série  Georges Frog  posté le 12/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est avec l'édition intégrale parue chez Soleil dans la collection Métamorphoses que je découvre cette série précédemment sortie chez Carabas. Fan de cette collection pour le soin apporté à l'objet c'est de nouveau une très belle édition que Soleil nous propose : grand format, couverture très réussie et papier de qualité. Miam !

"Le Petit rêve de Georges Frog" nous relate la vie de Georges, pianiste fan de jazz dans l'Amérique de la grande dépression du début du XXe siècle. C'est ce que j'ai apprécié dans ce récit : d'une part cette réflexion sur la création artistique ou comment vivre de son art en faisant ou non des concessions, et d'autre part la toile de fond de cette Amérique en pleine tourmente qui donne encore plus de force à ce questionnement. Faut-il jouer la musique que l'on aime, souvent incomprise, et vivre misérablement ou se plier à la demande plus commerciale qui vous permet du coup de vivre plus confortablement en vous coupant de ce que vous aimez véritablement ?

Phicil, l'auteur, que je découvre avec cet album a un style particulier. Personnages animaliers au trait simple, épais mais très expressif, décors assez fouillés par contraste, et colorisation en aplat. Son style donne au final une ambiance singulière qui rend à merveille la vie américaine de cette période, et si j'ai été un peu surpris au début de ma lecture je me suis très vite adapté et j'ai fini par en apprécier toute la subtilité.

Une belle série très bien remise en valeur avec cette intégrale bien pensée et réalisée !

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