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Nom série  Luisa, Ici et là  posté le 12/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce one shot est assez réussi, je l'avoue. Avec une idée originale (l'héroïne, Luisa, fait la rencontre de son double, adolescente), bien que Taniguchi, avec son Quartier lointain ait déjà esquissé cette hypothèse, Carole Maurel nous offre un récit touchant, drôle en jouant sur les sentiments amoureux ambi gus de Luisa.
Au cours de ces 270 pages, on ne s'ennuie pas une seule minute en découvrant la vie actuelle de Luisa, et les espoirs, parfois déçus de le jeune Luisa, qui assiste à ce qu'elle deviendra dans les années à venir.
C'est intelligent,avec des dialogues bien enlevés.
Pour ma part, je l'ai lu deux fois depuis sa sortie, gage d'une bonne qualité de cette bande dessinée. En outre dessins et couleurs sont de bonne fracture.
Passé le décalage entre les techniques des années 1995 et celles de 2013 qui nous offre quelques moments drôles (les francs, la télécarte...),nous avons là une réflexion sur la vie, ses espoirs et ses regrets, sans autant verser dans le pessimisme, bien au contraire, le ton adopté étant ici assez enjoué.

Ce pavé de 270 pages se lit malgré tout assez rapidement, et avec plaisir

Nom série  Ziyi  posté le 11/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Derrière ce récit qui se lit assez rapidement, se cache une fable cruelle.
Dans un monde post apocalyptique, nous suivons les aventures d'un étrange personnage, le tout découpé en seize chapitres très courts, sur un mode muet. D'ailleurs inutile de dialogues ou de mots pour deviner les sentiments d'horreur ou de dégoût ressentis par le personnage principal dans un monde sans foi ni loi.
Au vu de la couverture, on aurait pu s'attendre à un livre pour enfant, il n'en est rien, en revenant à la case départ, c'est une réflexion quasiment philosophique que nous livre là Jean-Luc Cornette, le tout servi par un magnifique dessin en noir et blanc de Jûrg, qui m'a penser à celui de Charles Burns, sur certaines pages.
C'est un récit violent, dérangeant où même toute humanité semble absente...bref terrifiant.

Nom série  Homicide - Une année dans les rues de Baltimore  posté le 09/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Sans le jury auquel je participe pour désigner la meilleure BD de l'année, je n'aurai sans doute pas prêté une attention particulière à cet album.

Le pitch en quatrième de couverture souligne que ce récit policier est très éloigné des feuilletons américains que l'on connait. Je n'ai pas ressenti cette impression, au contraire. Au travers de ce documentaire en BD, j'ai retrouvé les stéréotypes des séries américaines policières : du policier chevronné et sage (Addario) au flic de terrain aguerri (Landsman), en passant par le pistonné (Pellegrin) qui se révèle un excellent enquêteur, rien de neuf sous le soleil de Baltimore.

Le dessin de Squarzoni est très bon, voire un peu froid. En prenant le parti d'une voix off quasiment tout au long du récit, l'aspect documentaire et froid est accentué.

Bref, je suis sans doute passé à côté de quelque chose, mais en tout cas je n'ai pas envie de connaître la suite.

Nom série  L'Inversion de la Courbe des Sentiments  posté le 07/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n'ai lu que quelques livres de Jean Philippe Peyraud, parmi lesquels le somptueux Le Désespoir du Singe.
Avec "L'inversion de la courbe des sentiments", je découvre une autre facette de cet auteur, à la fois sur le style que sur le ton.
J'ai immédiatement pensé à la série Love song de Christopher, en découvrant le dessin assez épuré de Jean-Philippe Peyraud sur cet album mais aussi par les thèmes abordés.
Ce récit se veut à la fois intimiste (avec des histoires d'amours qui se font et se défont), drôle (avec le père de Robinson) mais aussi plus dramatique (comme la liaison de Gaspard avec une femme mariée), autour d'un personnage , Robinson. Personne complexe, d'une quarantaine d'année,assez blasé mais toujours à la recherche de l'amour , même sur internet
Auprès de lui, gravitent moult personnages, qui comme dans La Ronde de Max Ophüls, finissent par se rejoindre.
Les dialogues font mouche et cette comédie douce amère (parfois tragique-voir l'épisode de la barque-) est très agréable à lire.

En tout cas la chute finale, dans tout les sens du terme, est bien amenée

Nom série  L'Odeur des garçons affamés  posté le 15/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Autant j'avais adoré il y a quelques années le Prestige de l'uniforme (qui est réédité ce mois-ci), autant je pense être passé à côté du scénario de Loo Hui Phang.
Certes le dessin (sans oublier les couleurs) de Peeters sert parfaitement ce western presque chamanique mais il m'a manqué quelque chose pour que j'accroche vraiment à l'histoire, où il faut l'avouer, il ne se passe pas grand chose sur presque 110 pages. L'irruption du fantastique vient un peu ternir cette aventure.
Un album graphiquement réussi mais dont j'ai eu du mal à comprendre les motivations des principaux personnages dans cette expédition (en particulier celles de l’ingénieur Stingley).

Un album moyen, à mon goût

Nom série  La Loterie  posté le 10/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
J'avais découvert Miles Hyman avec Le Dahlia noir scénarisé par Matz et David Fincher (d'après le roman de James Ellroy). Véritablement tombé en admiration devant ses planches (même si certains trouvaient ses personnages "figés"), je me suis précipité sur son art-book intitulé "Drawings" édité en 2015 chez Glénat. On pouvait y découvrir de somptueux dessins, d'illustrations de couverture de romans ou d'articles de presse. Un régal !
Avec "La loterie", Miles Hyman adapte une nouvelle de sa grand-mère, Shirley Jackson, qui avait fait scandale à l'époque, en 1948.
Ce livre de 140 pages fait une part belle aux formidables dessins de Hyman (avec en moyenne 3 vignettes par planches). Ce qui permet au lecteur d'admirer le travail du dessinateur. Malgré la montée du suspense et la noirceur du récit au fil des pages, on ne peut que saluer la luminosité des planches.
Miles Hyman nous offre des gros plans de visages assez percutants et des pleines pages qui permettent au lecteur de prendre son temps, de découvrir cette loterie quasiment en temps réel.
Car outre la population du village, le temps est pour moi un des principaux personnages de cet ouvrage.
Je ne vous dévoilerai pas l'enjeu de cette loterie, car cela nuirait au plaisir de cette lecture.
Pour ma part, dès avoir lu cet album, j'en ai repris la lecture pour voir quels étaient les signes avant coureurs de cette conclusion.
Un dessin formidable, des planches lumineuses sur un scénario étonnant, bref une très belle bande dessinée que l'on peut lire aisément plusieurs fois.

Nom série  Les Voyages d'Ulysse  posté le 03/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Depuis plusieurs années, j'achète les yeux fermés les ouvrages de mon compatriote breton, Emmanuel Lepage.
Ses derniers ouvrages Voyage aux îles de la Désolation, La Lune est blanche et Un printemps à Tchernobyl font partie des ouvrages que je lis et surtout que je relis, gage d'une qualité certaine, quasiment tout les ans. Car Emmanuel Lepage, avec le temps, nous offre plus qu'une bande dessinée mais de véritables tableaux à chaque vignette, ce qui se vérifie avec le présent album.

Avec " les voyages d'Ulysse", c'est une véritable invitation au voyage, au sens de Baudelaire, que nous offre Lepage. Finies les aventures autobiographiques ici, mais place aux aventures de Toulet, un des personnage aperçus dans "Les Voyages d'Anna", paru il y a plusieurs années chez Daniel Maghen (2005)-qui fera l'objet d'une réédition en novembre 2016- . D'ailleurs, je m'interroge sur le choix du nom de Toulet, (non le peintre mais le poète) auteur des "Contrerimes" , aventurier, marin ayant navigué jusqu'à l’extrême Orient, poète et écrivain qui, de Jean d'Ormesson à Jean Dutourd en passant par Jacqueline de Romilly, n'a de cesse de nous rappeler à nous ses souvenirs.
"Les voyages d'Ulysse" nous offrent un formidable voyage maritime mais aussi un merveilleux voyage dans le temps. En mêlant habilement l'Odyssée d'Homère et le parcours de Salomé, Lepage nous livre là un véritable chef d’œuvre aussi bien scénaristique que graphique. En intégrant dans son récit certaines planches de Follet (auteur que j'adore, mais malheureusement trop méconnu), Lepage compose ainsi un album d'une élégance rare : hommage aux textes fondateurs grecs, hommage aux dessinateurs plus âgés (Follet), le tout servi sur un scénario d'une beauté fatale.
Cet album est certainement un des albums incontournables de cette année, aussi bien par son ampleur que pour sa qualité graphique.

Pour l’anecdote, ma fille commence cette année en fac, en lettres modernes à la Sorbonne, et Homère est évidemment au programme. Je compte lui prêter cet album de Lepage, qui ne manque pas de faire référence à Homère, que ce soit au niveau graphique comme à travers les pages de l'Odyssée distillées ici ou là sur les pages de cette bande dessinée.

Nom série  Shangri-La  posté le 14/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
J'ai mis pas mal de temps à lire ce pavé.
C'est vrai que les visages se ressemblent un peu dans cette bande dessinée, mais je me suis beaucoup attardé sur la beauté des planches surtout celles qui se déroulent dans l'espace (les couleurs sont superbes !).
Le chapitre introductif est remarquable et nous donne une autre vision de cette aventure, une fois l'ouvrage lu.
Le scénario offre de multiples rebondissements, certes avec parfois certaines redondances, notamment sur le lancement à peine voilé d'un iphone qui ressemble étrangement au battage médiatique que l'on connait actuellement.
Il faut souligner la qualité de l'édition qui, à presque 20 € malgré plus de 200 pages, est tout à fait remarquable. Un rapport qualité prix qui devrait faire réfléchir d'autres éditeurs.
Je remercie vivement mon libraire de m'avoir fait découvrir cette œuvre de SF, genre qui n'est pas trop, habituellement, mon domaine de prédilection.

En tout cas , une très belle lecture pour cette rentrée.
Et je n'hésiterai pas à me replonger dans la lecture de cet ouvrage.
Bref, à lire et à relire.

Nom série  Le Rapport de Brodeck  posté le 18/04/2015 (dernière MAJ le 21/06/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Tome 1

Après le très sombre mais réussi Blast, Manu Larcenet nous revient avec un récit noir, dur adapté du roman éponyme de Philippe Claudel.
Tout d'abord, en ouvrant cet ouvrage (judicieusement édité sous un format à l'italienne), j'ai eu une claque, une claque graphique. Quelle maîtrise du noir et blanc, quelle maîtrise de l'espace où les planches muettes sont toutes aussi, voire plus, expressives que les pages commentées par Brodeck.
Certaines pages sont difficiles à supporter: celles consacrées aux camps de concentration par exemple. Le dessin de Larcenet, encore plus réaliste que celui qu'il avait adopté sur Blast, fait de ce premier volume le livre incontournable de cette année.
Le parti pris de l'auteur (peu de dialogues, un récit à la première personne, et des planches muettes) est si bien dosé que je n'ose pas, et c'est un comble, découvrir la suite rapidement en lisant le roman, de peur d'être déçu.

Une plongée très réussie dans les méandres de la noirceur humaine.

PS: l'éditeur aurait dû prévoir un étui plus aisé à retirer !!!


Tome 2

Dès la sortie du premier volume, j'avais souligné la beauté des planches, le plus souvent muettes. Changement de registre avec ce second volume, avec des dialogues beaucoup plus nombreux mais le talent de Manu Larcenet reste, heureusement, ici, intact.
Alors que les paysages champêtres étaient légions dans le précédent volume, Larcenet se recentre ici autour de deux personnages, ou plutôt de deux destins, qui, en apparence sont différents, mais qui au final se rejoignent, celui de Brodeck évidemment, et celui de l'autre, dit "l'anderer".
Larcenet, au fil des pages, réussit à nous transmettre une ambiance de plus en plus étouffante de ce village situé, situé où au fait... au cœur d'une Europe meurtrie par une guerre. Cela pourrait se dérouler en Pologne par exemple.
A travers ce rapport, on en apprend autant sur cet "étranger" que sur Brodeck (et sa famille), qui n'est pas loin non plus d'être un étranger au village.
Graphiquement Manu Larcenet est ici à son meilleur niveau, encore au dessus de ce qu'il nous avait livré pour Blast.
Les planches en n&b sont sublimes à tel point que l'on se demande, après le formidable Blast et ce diptyque inoubliable, ce que nous réserve l'ami Larcenet l'année prochaine.
Un sentiment étrange me traverse au travers de la lecture de ce second volume. Autant, je n'avais pas envie de connaître la conclusion de ce récit à l'issue du premier volume, en me plongeant dans le roman de Claudel, autant, après avoir lu ce second tome, je pense lire le roman éponyme de Claudel pour voir la plus-value que Larcenet a apporté à ce récit.

Un second volume très sombre, très riche, illustré de façon magistrale, d'après un roman, il ne faut pas l'oublier, de Philippe Claudel...bref une bd indispensable !
J'ai dévoré les deux volumes ce week-end mais je ne cesse d'y retourner pour admirer les superbes planches de Larcenet.

Un album à lire, à relire et à admirer...on est proche du chef d’œuvre, non?

Pour l'anecdote, les éditions Dargaud ont tenu compte des critiques sur la présentation du premier volume en offrant aux lecteurs un étui plus facile à retirer pour ce second volume !

Nom série  Les Carnets secrets de Guillaume Bianco  posté le 19/05/2014 (dernière MAJ le 17/06/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
tome 1: les seins

Je ne connaissais pas du tout Guillaume Bianco et c'est presque par hasard que je suis tombé sur son carnet sobrement intitulé "Les seins" ("édition Delcourt, collection Shampoing").
Intrigué par le titre et très intéressé par le sujet (je possède d'ailleurs pas mal d'ouvrages dédiés à ces superbes attributs féminins, j'en ai d'ailleurs peut-être parlé ici ou là), je me suis rué vers sa lecture.
Et je me suis beaucoup amusé et j'ai vraiment ri aux déboires de Guillaume Bianco. Ses souvenirs sont très drôles, sentent le plus souvent le vécu -on l'aimerait bien en tout cas-.
Avec ces carnets, on est certes bien loin de la bd pour adultes et Guillaume Bianco évoque sur un ton très humoristique ses rapports avec la poitrine, le plus souvent opulente, de la gente féminine depuis sa plus tendre enfance, le tout entrecoupé d'interventions assez cassantes d'un certain Lewis Trondheim, directeur de collection de je ne sais plus quel éditeur....

Amusant, sans prétention aucune mais d'une lecture très divertissante, je manquerais à tout mes devoirs si je ne vous conseillais pas ce petit ouvrage.

tome 2 : les femmes sont folles !(de moi)

J'avais beaucoup aimé le premier volume de ces carnets qui était consacré exclusivement aux seins, c'était drôle, bien enlevé et percutant.
Avec ce second volume, Guillaume Bianco se disperse un peu. Il manque une cohérence scénaristique à ce carnet, qui devient plus un journal à la Sfar, qu'un carnet portant sur un thème précis.
J'ai parfois eu l'impression de lire un catalogue d'expériences sans queue (oups! pas fait exprès) ni tête. Dommage que l'auteur se disperse autant sur ce volume.


Néanmoins, j'ai bien ri à certaines situations cocasses vécues par l'auteur.

Nom série  L'Héritage du Diable  posté le 12/04/2009 (dernière MAJ le 10/06/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tome 1

Curieux de tout ce qui touche à l'abbé Saunière, j'ai été intrigué par le titre de ce premier opus "Rennes-le-château".
Pourtant, on est très loin de la légende et du mystère qui plane sur cette ville depuis plus d'un siècle.

Plus proche d'Indiana Jones que de l'enquête historique, cette bande dessinée multiplie les points négatifs :
- anachronisme : l'abbé Saunière est toujours vivant en 1938 !
- aberrations : les visages tuméfiés par la torture de Constant et de sa compagne d'infortune redeviennent normaux en une seule case !
- manque d'originalité : encore de la catholic-fantasy se surprend-on à dire dès les premières pages
- invraisemblances et grosses ficelles : pourquoi Constant descend-il à la cave page 24 ?

Et pourtant... cela marche,
J'ai été littéralement happé par l'histoire et par le dessin. Le héros est candide et nous avons le droit à une belle garce de vamp dans le camp ennemi.

C'est plaisant, distrayant, et vraiment cela m'a fait songer à Indiana Jones, référence rappelée par les auteurs, dans l'édition de luxe, que je ne peux que vous recommander (aux éditions "canal BD")

Bref une histoire qui m'a ravi.
Vivement la suite.

tome 2
Après deux années d'attente , voici enfin dans les bacs le tome 2 de cette trilogie.
Malgré un grand nombres d'incohérences historiques et scénaristiques, j'étais tombé sous le charme du premier tome. Et bien cet opus ne dément pas tout le bien que je pensais du précédent. Derrière une superbe couverture soignée, nous assistons à une très belle aventure assez proche de l'univers d'Indiana Jones.
On voyage beaucoup dans cette histoire, en voiture, en zeppellin.
Certes l'ésotérisme est très présent dans cet album mais j'ai passé un moment de lecture très agréable.
Le dessin est réussi, les dialogues font mouches, l'intrigue est prenante...que demander de plus à part de ne pas attendre deux ans de plus pour connaitre la fin!

tome 4

Hasard de mes lectures, je viens à la fois de découvrir Dilemma de Clarke et enfin d'achever avec ce tome 4 la série "L'héritage du diable "de Felix & Gastine, qui peu ou prou se situent sur la même période (l'immédiate avant-guerre de 39), avec une approche assez philosophique pour l'ouvrage de Clarke, contre une vision plutôt ésotérique pour "l'apocalypse" qui vient clôturer "L'héritage du diable".
Cette série est assez proche d'une aventure d'Indiana Jones, d'ailleurs pas mal de codes s'y rapprochent : les nazis, un trésor, les tenues des héros, des rebondissements et des traîtres à chaque page etc. Pourtant depuis le début de cette série, beaucoup d'incohérences chronologiques subsistent (si on se tient à titre d'exemple, à la simple apparition de l’abbé Saunière dans les années 30) mais l'histoire fonctionne. C'est vraiment bien foutu. Tout y est : ésotérisme, légende -avec le mystère de Rennes-le-Château-, traîtrises et amours désespérées bref un scénario aussi improbable qu'il en devient jubilatoire!
Avec ce tome 4, s'achève enfin cette aventure.
Ce volume est très, voire trop riche sur le plan scénaristique et mérite avant tout de lire les 3 précédents volumes. C'est un véritable tour de force que Jérôme Félix a accompli pour boucler en un seul volume l'ensemble des pistes ouvertes sur les 3 précédents volumes. Il faut en effet prendre son temps pour lire ces dernières 54 pages, qui sont assez denses. Le dessin de Paul Gastine a d'ailleurs gagné en précision depuis le premier volume.
J'attendais avec impatience la fin de cette aventure, et je n'ai nullement été déçu. Autant j'ai été lassé par les bd consacrées à l'ésotérisme au début des années 2000, autant cette série qui est basée sur l'histoire avec un grand H, et la mythologie prend ici un côté plaisant voire complètement dépaysant lorsque l'on découvre les mystères cachés derrière le pentacle de l'Aude. On reste alors pantois sur l'imagination du scénariste d'avoir pu concocter une telle machination, car sans spoiler le lecteur, c'est un véritable hold-up de l'Histoire auquel on assiste avec ce dernier opus. On ne sait plus on se situe le bien et le mal au final.
N'hésitez pas à lire la dernière page (le post-scriptum qui permet au lecteur d'avoir un autre regard sur la conclusion de cette série).
Très bonne conclusion.
Histoire hautement improbable, mais prenante donc qui mérite toute votre attention.

Bravo aux auteurs de m'avoir tenu en haleine depuis 4 albums

Nom série  Dilemma (Clarke)  posté le 07/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Depuis, quelques années, je privilégie les one shot, donc cet album rentrait dans mes critères. Par le fruit du hasard, j'ai lu la même semaine L'Héritage du Diable et cet album qui peu ou prou abordent le même thème.
Avant tout , il faut souligner que le travail de Clarke est aussi bien réussi sur le plan scénaristique que sur le plan graphique. Les scènes antiques et les scènes dans l'Allemagne d'avant guerre sont très bien dosées.
J'ai lu cet album d'une traite, tant on a envie de connaitre la fin de l'histoire.
L'album mêle habilement plan philosophique antique et histoire avec un grand H à travers le destin de Michaël Dorffman, archéologue allemand qui va se retrouver au cœur des luttes d'influences au sein du IIIème Reich.
Au fur et à mesure de la lecture, on sent le poids qui pèse sur le héros, qui l’amènera à faire un choix cornélien à la fin de l'album.
La seule chose regrettable de l'album réside dans le choix éditorial des éditions du Lombard de ne pas avoir proposé aux lecteurs sur un même album les 2 fins alternatives. Il est dommage d'avoir recours, au mieux, à internet ou, pire, à l'achat de la seconde version pour connaître la fin alternative (5 planches de plus alternatives n'entraînaient pas un coût exorbitant pour l'éditeur, à mon humble avis). Cela plombe un peu la lecture avec cette option mercantile.

Nom série  Old Pa Anderson  posté le 30/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cela faisait un moment que je n'avais pas lu un album d'Hermann & d'Yves H, pourtant depuis leur première collaboration (Liens de Sang) je suis assez fan de leur travail. Il aura fallu l'incompréhensible Zhong Guo pour que le charme n'opère plus.
Depuis, seule Une nuit de pleine lune avait trouvé grâce à mes yeux.
Ici, je retrouve un Hermann en pleine forme, avec un superbe dessin qui nous plonge dès les premières planches dans l'ambiance du Mississippi des années 50. Même les scènes de nuit sont lumineuses. Personnages, paysages, voitures...le dessin est vraiment réussi.
Quant au scénario, très sombre, très violent, d'Yves H, il est d'une fluidité exemplaire, pour une fois! C'est simple, bien amené. Le thème de la vengeance, doublé d'une chasse à l'homme est parfaitement maîtrisé.

Pour comprendre cette atmosphère du Mississippi, n'oubliez pas de lire la post-face signé Yves H., c'est effrayant !

Un bon album qui me réconcilie avec le duo père-fils.

Nom série  Arthus Trivium  posté le 17/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La première chose qui frappe lorsque l'on ouvre cette bande dessinée, est la qualité et la beauté du dessin de Juan Luis Landa, qui nous en met plein la vue, comme le souligne Enrico Marini dans sa préface. Jetez un coup d’œil à la première page, et vous comprendrez !
J'ai été lassé par l'ésotérisme, tant les bd sur ce thème ont été légion depuis quelques années mais là, j'ai été séduit par le sujet. Outre la vie de Nostradamus, nous suivons les aventures de ses trois jeunes disciples, beaux parleurs, courageux et mystérieux, pris dans la tourmente d'histoires ténébreuses entre religion et fantastique.

Le scénario est certes violent, sanglant mais aussi prenant. Je ne me suis pas ennuyé une seconde en lisant ce premier volume, même si certaines expressions sont anachroniques (mettre dans la bouche d'un des personnages du 16ème siècle le terme de " Moyen- Age" me semble inapproprié).

Ce premier tome d'introduction ouvre tant de portes que j'ai hâte de lire la suite.

Nom série  L'Homme qui tua Lucky Luke  posté le 31/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
L'homme qui tua Lucky Luke M. Bonhomme

Avant tout, je vais m'attirer les foudres de certains bédéphiles,en avouant ne posséder dans ma bibliothèque que cinq voire six albums de la série Lucky Luke de Morris & Goscinny, même si j'en ai lus une bonne trentaine, mais je n'ai jamais vraiment accroché aux aventures du pauvre cow-boy solitaire.
Depuis quelques mois, dans le monde de la bd, le western revient en force, avec Undertaker, Sykes ou encore Stern, trois albums de qualité.
En reprenant cette série, Matthieu Bonhomme prenait un risque énorme, celui de la comparaison avec le créateur de la série. A l'image de Ferry avec sa reprise (pour moi réussie) d'Astérix, les critiques des puristes allaient fuser.
N'étant pas un spécialiste de Lucky Luke, je dois dire que j'ai tout de suite été séduit par l'histoire. Bien évidemment le titre choisi fait référence au superbe film, encore inégalé, de John Ford, "l'homme qui tua Liberty Walance" (de nombreuses scènes de cette bd renvoient explicitement à des films de John Ford) D'ailleurs, dès les premières pages, nous sommes plongés dans un western digne d'un John Ford, réalisateur que j'adore. Tout les codes du western sont en effet présents, du saloon au shérif lâche en passant par une puissante famille tenant la ville, rien n'est omis.
Même les légendes de l'Ouest, avec un certain Doc Wednesday, qui n'est pas sans rappeler le célèbre Doc Holliday, sont présentes dans cet album.
Même si l'histoire est assez sombre, l'humour reste toutefois présent, notamment avec le running gag du tabac que recherche désespérément Lucky Luke.
Au niveau scénario, cette reprise ou plutôt ce "Lucky Luke vu par Matthieu Bonhomme" ( à l'image des Spirou vu par...., série qui malheureusement est très inégale) tient la route.
Quant au dessin, rien à dire. Je suis un grand admirateur de Matthieu Bonhomme. Possédant déjà l'intégrale en noir et blanc du Marquis d'Anaon, j'ai donc opté pour l'achat de la version en noir et blanc de canalbd pour en apprécier encore plus le trait. J'ai feuilleté la version couleur, et j'avoue qu'elle est très belle également, et je me demande même si je ne vais pas l'acheter aussi.

En tout cas, cet album se révèle une très bonne surprise et j'ai été littéralement bluffé par le talent de Matthieu Bonhomme au dessin et au scénario.

Nom série  Rosa  posté le 24/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sur un sujet aussi scabreux, on aurait pu s'attendre au pire.
Dans la campagne normande du début du 20ème siècle, Rosa doit, à la suite d'un pari d'argent entre hommes, départager le meilleur amant, afin de financer l'hospitalisation de son mari, beaucoup plus âgé qu'elle.

Si l'histoire met un peu de temps pour se mettre en place, elle permet surtout à François Dernault de nous livrer une galerie impressionnante de portraits ou plutôt de trognes que n'auraient certainement pas renié Guy de Maupassant ! Sur ce premier volume, on découvre le caractère de ces candidats au titre du meilleur amant, tout en suivant le parcours de Rosa, femme de tête qui au fil des pages, devient la vraie maîtresse de ce jeu, édictant elle-même ses conditions, ce qui n'est pas banal pour une femme de ce début de siècle !

Les dessins soignés de Dernault sont superbes, et malgré le sujet, n'y cherchez aucun dessin scabreux.
Une histoire très intéressante qui se conclura avec un second album.

Nom série  Le Chant des Runes  posté le 14/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cela faisait un moment que je ne m'étais replongé dans une bande dessinée ésotérique voire fantastique. Mis à part Le Chant des Stryges, je ne lis plus guère ce style de série, sans doute par lassitude.
C'est donc presque par hasard que je suis tombé sur cette bd à la médiathèque. Et bien m'en a pris. Je ne me suis pas ennuyé une seconde à la lecture de ce premier volume (l'histoire se composera de deux volumes) qui se déroule à Stockholm, en Suède, très à la mode dans les romans policiers ces dernières années. En outre, les principaux protagonistes sont, pour une fois, des femmes (flics, artistes de variétés) alors que les personnages plus ambigus sont ici des hommes (manager, le mystérieux Josef Wörg, ou d'autres encore...). Une seule chose m'a gêné dans la lecture des dialogues, c'est le tutoiement intempestif entre les personnages, à tel point que je pensais qu'il y avait une erreur dans la typographie jusqu'à ce que je tombe sur cet avertissement en page de garde: "la notion d'égalité est centrale dans la société suédoise, le tutoiement est donc systématique et cet usage a été respecté dans le récit".
Ce premier opus est donc très séduisant et se situe entre un bon polar, légendes nordiques et roman fantastique, avec un dessin soigné de Jean-Charles Poupard, appuyé par des couleurs sombres de Johann Corgié qui ajoutent à l'atmosphère de plus en plus angoissante du récit.
La dernière case, qui donne furieusement envie de connaitre la suite, m'a tout de même fait songer à l'univers du "chant des stryges"

Nom série  Tungstène  posté le 07/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Tout auréolé de son prix Fauve d'Or du polar du festival d'Angoulême 2016, j'ai emprunté ce one shot à la médiathèque. Je m'attendais à un superbe polar, vu les bonnes critiques lues dans la presse (de "Livre hebdo" à "DBD", en passant par "CaseMate" ou encore "Télérama") mais j'avoue avoir été très déçu.
Certes, le scénario sur le destin croisé de 4 personnages (un flic, sa femme, un ancien militaire et un petit dealer) à Salvador de Bahia, est assez bien ficelé mais toute cette violence déversée autour d'une banale pêche interdite ne m'a guère convaincu. Du militaire à la retraite caricatural au flic qui dégaine à tout va, je n'y ai pas cru une seconde.
On est loin de la définition du polar que j'attendais pour une bande dessinée.
J'ai eu l'impression de lire plus un règlement de compte entre voyous, entre mari et femme, entre dealers, qu'à une enquête policière.
Bref, une grosse déception...dommage car la belle couverture intrigante donnait vraiment envie de découvrir ce qui se cachait sur cette plage.

Nom série  Une vie à écrire (Hollywood Boulevard)  posté le 29/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Hasard de mes lectures, peut-être que non, je venais d'achever le récit de Kenneth Anger "Hollywood Babylone", quand j'ai découvert ce one shot remanié "Une vie à écrire" de Liman et Felix
Fort bien documenté, ce récit retrace l'ascension d'un scénariste et d'une starlette dans le monde impitoyable du cinéma d'Hollywood des années 30. A travers la recherche d'une nouvelle star pour incarner Cléopâtre, on retrouve l'obsession du génial David O. Selznick pour la recherche, à travers tout le pays, de sa Scarlett O'Hara, future héroïne de son film mythique "Gone with The Wind", mais on trouve aussi dans cet album des procédés plus sordides pour attirer des jeunes filles dans les griffes des producteurs d'Hollywood.
D'ailleurs ce récit mêle, tout au long de la lecture, fiction et réalité : entre le procès véridique d'Errol Flynn et la séparation de Clark Gable avec Carole Lombard (faux car il était amoureux fou de sa femme et son accident mortel en avion rendra Clark Gable inconsolable), nous oscillons dans un monde où le mensonge l'emporte souvent sur la réalité.
Derrière une superbe couverture, se cache une histoire fort bien dessinée et qui renvoie vers un univers tout de même très intriguant.
Une lecture assez agréable.

Nom série  Ici  posté le 05/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L'intérêt du Festival d’Angoulême est de donner un éclairage sur des œuvres que je n'aurais sans nul doute jamais lues. Par le passé, j'avais découvert "5000 kilomètres par seconde" de Manuele Fior ou encore Pinocchio de Winshluss, que j'avais adoré.
Malgré mes nombreuses lectures, je n'avais pas encore entendu parler de Ici de Richard McGuire,qui a obtenu le fauve d'Or cette année.
Je me suis donc précipité chez mon libraire pour découvrir ce véritable OVNI. Est-ce une bande dessinée ou un exercice de style qui s'étend sur près de 300 pages ? Au lecteur de juger.
Dans cet ouvrage, pas de personnage principal mais un lieu (un séjour), pas d'intrigue mais le temps, le temps qui passe, de la création de la terre à l'an 2300, ce qui n'est pas pour rappeler un livre comme "Alpha...directions".
En découvrant au fil des pages l'évolution de cette pièce à travers les âges, je ne me suis pas ennuyé une seconde. C'est habilement amené, et en n'optant pas justement pour un ordre chronologique, Richard McGuire joue avec le lecteur.
Les dessins sont certes tirés cordeau et rappellent un peu ceux de Chris Ware.
Un album très original, qui peut se relire à l'infini tant les détails changent presque à chaque page (un tableau, le papier peint, le mobilier etc.)
J'avoue que cet ouvrage ne trouvera pas un large public, mais je vous invite à le découvrir tant il tranche avec la production actuelle.

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