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Nom série  Les Apprentissages de Colette  posté le 05/06/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je connais l'autrice depuis l'enfance, mes parents avaient Casque d'Or dans un coin, et aussi une histoire de marcheuse autour du boulevard de ceinture. Cela fait plus de 20 ans, donc ce n'est pas une débutante, loin de là.
Pourtant, la douce aquarelle, un peu sage pourrait faire penser que c'est le travail d'une jeune fille... Les visages et les toilettes, les redingotes et les architectures sont justes mais un peu figées dans leur perfection documentaire

La vie de Colette y est contée bien chronologiquement, sans rien qui accroche .
C'est sans doute une qualité, mais cela donne quelque chose d'assez scolaire, alors qu'il s'agit d'une vie hors du commun et pleine d'aventures...

Bref c'est instructif mais un peu barbant.

Nom série  L'Aimant  posté le 08/05/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Comme tout le monde je rends hommage à l'éditeur, qui nous met dans les mains un objet original avec ses images bicolores et texturées, dans un format généreux, un peu plus large que d'habitude. Bref on se sent bien accueilli.

Un beau dessin, stylisé, mais qui utilise des contrastes forts de valeur. Un sorte de ligne claire, mâtinée d'une atmosphère années 30 (alors que l'intrigue se passe aujourd'hui) où les ombres prendraient une place cruciale dans le scénario. L'architecture très géométrique des termes de Vals contribue à ce charme art déco (ceux qui ont déjà vu les photos anciennes des villas du Corbusier, ou les courbes des voitures en bois garées devant, semblant faire partie de l'architecture, me comprendront). Je rapprocherai l'esthétique de celle du récent Bonjour tristesse.

Une intrigue mi-policière, mi fantastique au milieu des montagnes, qui rappelle L'Homme gribouillé. Avec une chose étrange qui se produit périodiquement. Ce n'est pas une intrigue bavarde, mais suffisamment bien servie par des dialogues sobres et des personnages attachants.

Lecture très confortable pour un jour de pluie.

Nom série  Septième étage  posté le 06/05/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tellement vrai.

Asa, jeune Suédoise, se teint les cheveux en noir, le contour des yeux aussi, elle se trouve laide. Forcément, il suffit qu'un beau crétin manipulateur vienne lui dire qu'elle est extraordinaire pour qu'elle croie le grand amour arrivé....

Cette adolescente lambda ressemble assez à celle des derniers tomes de Persepolis. Le dessin aussi, noir et blanc, sans gris. Mais c'est un témoignage qui nous vient du froid, sans voile, avec un trait fin et sans nuance, et peu d'humour. Le mode est résolument tragique, peut-être à cause du parainage d'Amnesty international ?

Pour autant, c'est un livre salutaire, à mettre dans les bacs de toutes les bibliothèques : que les jeunes hommes, surtout, le lisent : de quel droit ce pouvoir masculin qui s'autolégitime dès le plus jeune âge ?

Nom série  Popeye - Un homme à la mer  posté le 16/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ne vous laissez pas rebuter par une couverture un peu brouillon qui ne fait pas envie. Dedans, c'est bien chouette !

Une histoire pleine de sensibilité avec des dialogues savoureux et des personnages attachants. Ce brave marin a un faux air de Gabin, dans son jeune temps.
Fils d'alcoolique, nourri de boîtes d'épinards, faute de mieux, il a tendance à la castagne. L'Olive essuie les verres au fond du café et n'est pas très commode.

Question dessin, c'est au poil aussi : sous l'apparence d'un croquis assez fouillis, Lelis parvient à une grande précision dans l'expression. Les visages, les corps en général, sont ombrés par un logiciel mais par un gars qui maîtrise bien l'aquarelle, cela donne un aspect léger, transparent, très réussi. Le trait contourné, tremblant, est repêché, contenu, par ces ombres bien dosées.

C'est assez mystérieux mais l'image sur un fond sali, imitant le papier non blanchi, m'a presque bouleversée.
Bravo donc, j'ai ce Lelis à l'œil (c'est le cas de le dire...)

Nom série  Paris 2119  posté le 10/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Élégant mais manque un peu de travail de construction d'une vraie histoire.

Le dessin garde la sensualité chic de ghost money. Les personnages sont très réussis physiquement, (même si certains trouveront le filon un peu cliché) y compris les rares seconds rôles.

Là où ça pêche c'est le scénario. Le pitch pourrait fonctionner avec cette esthétique un peu classieuse qui fascine : comment imaginer une société ou la téléportation est devenue monnaie courante, et quel problème biologique cela pose. Mais nos personnages ont trop peu d'épaisseur, ils sont si peu nombreux qu'ils n'ont que peu d'interactions. Dommage vraiment, parce que c'est agréable à regarder, et une certaine ambiance malgré tout reste en mémoire.

Nom série  Les Grands Espaces  posté le 31/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pour réconcilier nature et culture !

Petite histoire de fille qui a suivi ses parents dans le retour à la terre cultivé (le retour, pas la terre, quoi que ...). Poésie et jardinage, politiques d'aménagement du territoire et pulvérisation de pesticides, inauguration de parc à thème et émissions télévisées, toutes les étapes d'une vie rurale bien remplie sous l'aile d'une mère littéraire et d'un père en bleu de travail.

c'est rafraichissant, je m'y suis retrouvée dans le rôle de la mère qui impose à ses enfants des modes de vie légèrement en grand écart (la société de consommation d'un coté et les grands espaces de l'autre), et cela m'a fait l'effet d'un bon documentaire, drôle, plaisant, sincère. Les personnages en particuliers y sont pleins de vérité.

Pour le dessin et la couleur, c'est proche du dessin de presse... un coté rapide et expressif, qui fatigue un peu sur la durée.

Nom série  La Plus Belle Femme du Monde - The Incredible Life of Hedy Lamarr  posté le 31/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Belle histoire vraie, dessin inventif, volume confortable, mais le tout laisse un peu sur sa faim.

Le destin d'une autrichienne qui, poussée hors de son pays par le nazisme, deviendra une star du cinéma américain. La particularité d'Hedy Lamarr, qui a fait rêver le monde entier à la grande époque d'Hollywood, est qu'elle est la co-inventeuse d'un système de codage militaire : inattendu pour une femme de son époque ! Trop inattendu puisqu'elle ne sera pas reconnue pour cette intelligence pragmatique, au moment où elle aurait pu servir.

Cet exemple de manque de clairvoyance masculine du pouvoir politique, n'est pas pour nous étonner. Mais que fallait-il faire de plus pour qu'il nous indigne, nous émeuve, au point que la bande dessinée en restât gravée dans nos mémoires ? Je ne sais pas.

Le dessin me plait : couleurs élégantes, papier mat, peu de traits, beaucoup de surfaces. j'avais déjà apprécié la fraîcheur des personnages de Sylvain Dorange dans ses contes de l'Estaque...

Bref, je vieillis, tout simplement...

Nom série  La Vie est bonne  posté le 25/11/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Payot Graphic n'existe pas dans le répertoire BDthèque : soit c'est leur premier essai en matière d'édition BD (et dans ce cas il est encore temps d'abandonner cette idée) soit j'aurais peut-être du éviter de l'y faire entrer...

Les situations sont très statiques, les dialogues caricaturaux et sans saveur. Quant aux personnages : pour moi ils restent du domaine de l'abstrait. Des milieux sociaux qui essayent d'être variés, des grands bourgeois aux adolescents illétrés, ne parviennent pas à surprendre. Les scènes de sexe assez nombreuses n'ont vraiment rien d'excitantes, un coup à rendre frigide.

Bref, c'est une sorte d'adaptation branchouille de l'esprit de Michel Houellebèque. Un monde dominé par des désirs sexuels mal assouvis, une famille impossible, des rapports de couple atones, bref la déprime totale. J'ai classé ça dans humour, parce que je suppose que c'était l'objectif...

Je sauverai quand même le dessin.
Faisant preuve d'une certaine recherche graphique (soit dit sans snobisme aucun !), Lucie Caron (alias Lucy Macaroni) réalise des groupements de pages répétitives où la situation varie très peu mais varie tout de même. Une variation graphique sur une situation.
Les personnages sont segmentés en parties délimitées par des contours colorés, et d'autres en aplats sans contours. Cela donne une sorte de caractère abstrait aux personnages qui deviennent le morceau d'une composition générale très chiadée, et équilibrée. Peu de couleurs, très vives, à la limite du violent mais avec cet rigueur du peintre moderne. La modernité du début du XXème siècle revisitée avec les moyens informatiques.

Je pense que le seul moyen de lire cette BD c'est d'enlever le contenu des phylactères... Comme un catalogue d'exposition de Juan Miro ou de Fernand Léger... A réserver aux initiés, sortis des Beaux-Arts donc... Et de préférence ne parlant pas français.

Nom série  Les Danois  posté le 25/07/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Génétique fiction.

Si une maladie génétique ne faisait naître sur toute la planète que des "danois" blond aux yeux bleus? C'est ce dispositif de scénario que les auteurs essayent d'explorer. Leur vision est à la fois anxiogène au niveau global et confortable au niveau des destins individuels des personnages. J'aurais plutôt imaginé l'inverse, mais pourquoi pas ....
Les personnages sont plutôt attachants. La famille musulmane n'est pas caricaturale, le voile n'est pas montré comme un signe de retardement mental, mais comme une habitude culturelle assumée.
Mais il manque quand même une certaine diversité d'approches, c'est assez univoque.

Le dessin laisse un goût d'inachevé, c'est élégant, net, simplifié.... Mais justement un peu trop lisse. C'est une sorte de mix entre XIII et One piece. Si je pense à XIII c'est parce que dans le scénario il y a aussi des types armés en costard qui manigancent des choses autour des personnages.

Manque un peu de temps je pense, pour avoir montré plus d'épaisseur dans le scénario et dans le dessin.

Nom série  Monsieur Coucou  posté le 25/07/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Belle histoire, triste.

Le dessin est vraiment réussi, et le visage de la première page montre tout le savoir-faire du dessinateur (Kyungeun Park), c'est un plaisir de le regarder. Précision et sensibilité des visages et des émotions. En revanche, pour l'intérieur de l'album, c'était peut-être un dessin fait pour le noir et blanc... la couleur m'a moins plu. Elle donne un coté fermé, pas de blanc ou de fusion de surfaces dans lesquelles le dessin pourrait s'échapper : cela fait un peu coloriage. Dommage.

Pour l'histoire, c'est tragique et réaliste. Il faut supporter les deux. Notre monde occidental confortable, qui ne supporte ni la maladie, ni la vieillesse. Et un monde oriental, hiérarchisé, religieux et organisé autour de la mort violente et de ses traces qui ne s'effacent pas... Dans les deux, les rapports de fratrie, les liens avec la mère, le père, ou plutôt pas de père.

Donc, c'est dur et inconfortable, parce que c'est très vrai.

Nom série  Histoire dessinée de la France  posté le 20/07/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Non, ce n'est pas une bonne histoire.
Pour le premier tome, la ballade nationale : c'est un jeu.

Ceux qui n'ont pas un cadre historique bien charpenté ne comprendront rien à ce dispositif rigolo, où les époques et les lieux se télescopent allègrement en toute camaraderie, et c'est en partie mon cas. Beaucoup m'a échappé.
Ceux qui aiment Davodeau se laisseront forcément entrainer dans ce manège enfantin et sans vraisemblance où les personnages sont touchants dans leurs maladresses. (et je suis de ceux-là).

Bref, c'est un livre à se garder sous le coude qui met en scène une appropriation 2018 du passé de notre pays. Mais ce livre n'est qu'un chapitre d'ouverture (une petite bluette apéritive) pour une série d'albums qui s'attacheront à démystifier nos connaissances historiques acquises à l'école.
Mettre nos clichés à jour des connaissances historiques actuelles.

Bonne idée, attendons la suite !

Ensuite, j'ai lu l'enquête gauloise.
Là, c'est vraiment du documentaire. Alternant des pages BD et des pages de rédactionnel illustré. C'est instructif, mais pas sûr ici que la BD apporte quelque chose. On voit le scénariste et le dessinateur qui déambulent au milieu des chantiers archéologiques , des musées mais discutent aussi avec Poséidonios d'Apamée ou Jules césar. Parfois au contraire c'est Diviciac et Cicéron qui reviennent du passé nous montrer nos musées

Le fond est intéressant mais le fait même de devoir passer par des pages de texte m'agace.

Nom série  L'Année du Lièvre  posté le 04/12/2016 (dernière MAJ le 11/07/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Édifiant.

La prise de pouvoir des Khmer rouges, le 17 avril 1975, racontée par une famille de Phnom Penh. Plongée dans le doute, compte tenu des premières actions de ses nouveaux maîtres du pays, elle décide de tout abandonner, et de fuir vers le nord sans réelle certitude sur ce qui les attend...

C'est ce quotidien d'une famille, soudée et assez nombreuse, qui nous est raconté avec simplicité et efficacité, on s'identifie très bien à cette inquiétude qui oblige à des choix rapides, les rencontres qui vous sauvent , ou pas...

Le dessin au trait, avec des aplats colorés aux couleurs douces, contraste joliment avec le caractère dramatique de l'histoire : ce n'était pas la peine d'en rajouter, on serait tombé dans le pathos, ici pas du tout: on recherche l'identification maximum et c'est réussi. Le fait que l'auteur soit l'enfant qui naît 3 jours après ce 17 avril , pendant la fuite, est sans doute pour quelque chose dans le sentiment d'urgence et de réalité qui nous envahit.

Un document précieux à avoir sous la main.

Après lecture des trois tomes, je reste sur mes trois étoiles : sujet intéressant mais qui manque d'une construction dramatique plus complexe. Les rapports entre les gens ne sont pas rendus d'une manière assez forte pour qu'on s'identifie vraiment (physionomies très proches et vêtements aussi, anecdotes qui se succèdent sans que l'on ressente un lien réel entre les protagonistes, mais cela reflète sans doute une certaine réalité : la peur de s'attacher à quelqu'un qui pourrait se retourner contre vous, ou mourir le lendemain. Peut-être faudrait-il le rendre plus clairement alors, le dire en voix off?). La peur du méchant reste le principal ressort, qui finit par s'émousser au fur et à mesure de l'histoire...

Nom série  Pepe Carvalho  posté le 17/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Roboratif.

Pepe Carvalho est un héros de polar dans la catégorie des privés hard-boiled. Son réseau de prostituées, d'anciens espions lui sert à faire avancer ses enquêtes, non sans quelques coups de poing, donnés ou encaissés suivant le rapport de force...

Bref rien de très original dans le scénario, ce qui peut susciter la curiosité c'est que ce Pepe est un fin gourmet, et ne cesse de parler de bouffe à chaque tournant de page.

Son apparence pas vraiment séduisante: le menton gris qu'ont parfois certains sud-américains, la tête régulière et la peau un peu luisante, l'oblige à recourir à d'autres moyens pour inspirer confiance. La succession de ses interrogatoires peut sembler un peu monotone, mais la variété des personnages et des lieux l'emporte. De Barcelone à Amsterdam, on voit du pays. Mais c'est assez long, je l'ai lu en plusieurs fois.

Le dessin, la mise en page, les cadrages sont réussis. Un trait plutôt épais, souligné par des ombres un peu charbonneuses, le tout coloré avec un logiciel. Les scènes de bagarres sont particulièrement bien rendues (on comprend vraiment ce qui se passe).

Nom série  Bonjour tristesse  posté le 17/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'avais lu le roman original, il y a peut-être 20 ans, mais le seul souvenir que j'en avais était une sorte d'ennui et de lenteur.

C'est l'histoire d'une machination née du désœuvrement et du sentiment d'abandon d'une adolescente. Ici nous assistons au déroulement de cette belle mécanique.

Il y a beaucoup de classe dans le dessin, peu de traits, peu de couleurs. L'architecture moderniste, simplifiée à l'extrême, dans un monde sans électroménager ni rien qui pourrait rappeler notre quotidien, joue très bien son rôle de décors pour drame à l'antique. C'est un huis-clos ouvert sur la mer.

Le visage de la jeune héroïne avec sa coupe garçonne, et tous les autres visages aussi ne laissent transparaître que peu d'expression, seuls les dialogues expriment cet espèce de vide bourgeois dans lequel évoluent les personnages. Il n'ont pas grand chose à se dire, mais une sorte de reproche froid sourd de toutes les conversations.

Cette adaptation était vraiment casse-gueule sur le papier mais je la trouve réussie, dans son genre. Tout ce qu'on pourrait lui reprocher serait à adresser à Sagan directement.

Nom série  Ceux qui restent  posté le 22/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Intrigant

L'histoire raconte le calvaire de parents qui voient leur enfant disparaître puis réapparaitre quelques mois plus tard en racontant une histoire incroyable ; ils vont s'apercevoir qu'ils ne sont pas les seuls dans ce cas...

Le dessin est particulièrement original. Les traits sont en gris-brun, si bien que la lumière semble venir de tout coté, dans une lueur automnale perpétuelle. Les visages, plutôt réalistes, ont des traits (souvent interrompus, donnant l'aspect du papier froissé) rassemblés au centre, un peu comme ceux d'un chiwawa. Les vêtements et décors semblent sortir d'un esprit nostalgique, les costumes des messieurs, les longues robes aux drapés élégants pour les dames, les voitures années 20, et la télévision. Une sorte de steam punk très doux.

Pour le scénario, il pose une question vraiment intéressante : que sommes nous prêts à croire ? Notre monde rationnel serait-il prêt à prendre en compte ce qui ne va pas dans le sens commun ? En revanche si la question est soulevée, la réponse n'a pas autant de cohérence qu'elle pourrait, cela reste à la surface des choses.

Bref , c'est très original dans l'ambiance, mais le mode tragique choisi manque un peu de construction dans le scénario, et reste lent dans le déroulement. Par ailleurs, les dialogues ne sont pas très convaincants.

Nom série  Red Ketchup  posté le 28/03/2016 (dernière MAJ le 10/04/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je viens de lire Red Ketchup contre Red Ketchup, éditions Dargaud 1992, et j'avoue que c'est très sympathique.

J'approuve tous mes prédécesseurs: entre le scénario déjanté et la classique ligne claire, le mortier prend.

La première page avec ses rouquins musclés endormis dans des sortes de cabines téléphoniques remplies de liquide, et un savant à blouse blanche et mâchoire de métal qui poursuit un cravaté à révolver... cela rappelle le savant fou au deuxième degré de Palmer (le nom me revient: Supermarketstein!), ou ceux de Tardi dans Adèle Blanc-sec, bref un petit goût seventies.

Par ailleurs je trouve que la ligne claire est un peu enrichie de décors est de gueules assez bien observés, sociologiquement j'entends. L'enquêteur rescapé des camps ou la rombière, femme de nazi qui a sauvé les meubles en 45 en émigrant aux états-Unis ont des visages très évocateurs. Les dents prennent une place insoupçonnée chez Tintin, par exemple.

Les ressorts dramatiques sont un peu datés, les savants fous et leurs hommes nouveaux, les méchants nazis contre les bons juifs, mais ça ne se prend pas au sérieux: Red Ketchup peut aussi faire penser à Dirty Harry, dans son cynisme dévastateur. Voire aux personnages de Jules, le héros d'Emile Bravo qui, cadrés dans leur ligne claire, se permettent d'autres genres de transgressions, familiales, sociales, voire scientifiques .

Après lecture de 4 ou 5 tomes supplémentaires, dans cette édition à la couverture en toile qui en rajoute dans le kitch, je confirme mon plaisir, et rajoute une étoile pour la bonne tenue dans la durée !
L'apparition de sa sœur et avec elle d'un passé du héros, casse le moule du héros des 30 glorieuses, et fait entrer Red Ketchup dans le XXIème siècle. Mais cette parenté ne réussit pas tout-à-fait à nous le rendre humain. La seule personne à qui on puisse réellement s'identifier est le patron du FBI qui essaye de se débarrasser de cette recrue ingérable au fur et à mesure des épisodes, sans jamais y parvenir...

Libre et divertissant.

Nom série  MeRDrE - Jarry, le père d'Ubu  posté le 08/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un sacré personnage !

Non pas Ubu, mais Jarry. Dandy punk né du XIXème siècle, cycliste toujours armé d'un pistolet, petit, maigre et désargenté, extrêmement brillant intellectuellement mais revenu de tout, son parcours provocateur et désespéré a de quoi soulever une certaine frustration, tant son œuvre est peu reconnue.

Cette Bédé a choisi un sujet vraiment plein de ressources qui sont déjà (trop?) décrites dans l'avis de Blue boy et en particulier grâce aux nombreuses célébrités qui ont côtoyé ce trépident Alfred. La rencontre qui a vraiment aiguillonné ma curiosité est Rachilde. Une femme écrivain, dont je n'avais jamais entendu parler, qui a tenu salon durant les débuts du XXème siècle et donc encouragé et nourri nombre d'artistes de cette époque si fertile.

Le sujet donc : super ! On apprend plein de choses sur cette période charnière.
Pour la BD : elle est si triste...
Le dessin au trait noir sait croquer des personnages, dans leur posture et leur verbe haut mais les décors sont sabotés de hachures irrégulières et maladroites et la couverture est précisément merdrique.
La construction de l'histoire rend un sentiment d'absurde, épuisés que nous sommes sous les gags parfois sidérants, et qui se suivent jusqu'à la mort du personnage et son enterrement sous les rires voisins des guinguettes, en présence de tout le gratin des écrivains grinçants : Guillaume Appolinaire, Octave Mirbeau, Jules Renard, tristan Bernard, Paul Léautaud, Rachilde....

Nom série  Crache trois fois  posté le 02/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un chouette pavé.

Un village d'Italie après la seconde guerre mondiale, des ados sans avenir qui trainent, une famille de tziganes qui est montrée du doigt et vit de l'autre coté du pont dans une ferme abandonnée, un champ labouré qui laisse revenir à la surface toute sorte d'objets...

Des événements décousus qui semblent toucher du doigt la grande histoire autant que les hontes et les fiertés de l'adolescence. C'est assez noir. Le dessin en noir et blanc est assez déroutant, comme l'enchaînement des scènes, sans qu'on puisse comprendre où commence le fantasme et où s'arrête la réalité.

Le trait fin et multiple virevolte en masses floues. Tout le travail semble montré (pas de première ébauche au crayon, qu'ensuite on repasse à l'encre sur un calque), et du flou sort parfois des visages extrêmement précis qui semblent vous regarder depuis derrière la page. Le sujet dur et le dessin qui se met à vous observer créent une inquiétude chez le lecteur que je trouve rare et précieuse.

Cependant il manque une construction de la narration plus tenue, pour que mon enthousiasme soit total.

Nom série  L'Homme gribouillé  posté le 02/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Attachant et rondement mené.

Le dessin a quelque chose qui rappelle ceux de Catel (la technique au feutre peut-être...) mais avec des fonds sombres ou gris sur une grille clairement délimitée. Le format aussi: 328 pages quand même. Le fait que les femmes y sont le sujet principal... Bref il y a une parenté.

Mais ça s’arrête là. C'est une fille qui se trouve obligée de retourner vers ses origines. Sa mère est dans le coma, et elle mène l'enquête avec sa propre fille sur cette mère qui semble de plus en plus mystérieuse à chaque pas. Un écrivain raté et obsédé sexuel, un rabbin qui porte les lunettes d' Yves Mourousi (il n'y a que les vieux qui peuvent comprendre), un créature ailée qui traverse le ciel de Paris, des tremblements de terre inexpliqués dans le Jura, des sectes de scientifiques pluridisciplinaires, et une ado qui n'a pas peur des chiens...

Si vous aimez les belles brunes en pull rayé, si vous n'êtes pas rebuté par le Paris pluvieux et étrange d'Adèle Blanc-sec, si les dialogues de Zazie dans le métro vous réjouissent, si vous avez lu quelques lignes sur les mythes fondateurs du judaïsme, une BD de Sfar par exemple (sans même l'avoir appréciée, cela n'est pas nécessaire), alors vous aimerez cet homme gribouillé.



Laissez-vous aller

Nom série  Giant  posté le 11/03/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Belle histoire.

Contrairement à mes collègues, je n'ai pas apprécié le dessin et surtout la couleur qui m'ont paru un peu démodés et trop neutres. Je pense qu'on peut faire largement mieux, à la fois dans le contraste et dans l'expression des visages. Le lavis sale utilisé aurait pu marcher, mais avec un trait plus agile, ici le trait est un peu brouillon et anguleux : de mon point de vue, il lui manque de la sensualité et de la décision.

En revanche la narration et les dialogues m'ont paru très justes et habiles. Le pitch de ce nouvel arrivant sur un chantier de gratte-ciel qui doit faire son trou dans un milieu où les dangers sont quotidiens et la fatigue reine, est bien servi. Le personnage du grand taiseux qui le prend sous son aile de manière totalement inexpliquée, donne le titre à la série, suscite admiration et curiosité, et sera le pivot de l'histoire.

Le caractère un peu misérabiliste et dramatique, façon Dickens, s'efface devant l'humanité des dialogues et le déroulement de l'intrigue qui nous tient en haleine. Les conditions de vie précaires, la présence de la pègre italienne, les situations vertigineuses des chantiers de construction métalliques, surtout aux vues des conditions de sécurité demandées en France aujourd'hui, donnent un aperçu documenté pour regarder avec recul notre monde d'aujourd'hui. Mais n'attendez-pas d'humour, c'est très premier degré...

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