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... a posté 8 avis et 5 séries (Note moyenne: 3.5)

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Nom série  7 Seeds  posté le 02/06/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La plupart des auteurs de mangas réputés n’ont qu’un seul chef d’œuvre dans leur carrière, l’histoire qui est vue comme étant la meilleure de leur travail. Yumi Tamura peut de son côté se targuer d’en avoir deux. Après la fin de son autre succès Basara, l’autrice passe quelques années à produire des histoires courtes, dont Chicago, une histoire en 2 tomes. En 2002, 7 Seeds a commencé à être publiée dans le Betsucomi (de Shogakukan), avant de passer dans le magazine Flowers quelques mois plus tard ; la publication de la série s’est achevée en 2017 et est compilée en 35 tomes plus un tome bonus sorti en janvier 2018 au Japon.

Si vous n’avez pas aimé Basara, vous pouvez quand même tenter de lire cette série, car elles n'ont aucun rapport entre elles, certaines personnes n’ayant pas aimé Basara adorent 7 Seeds et inversement ; ici il s'agit un survival-horror dans un monde post-apocalyptique où la civilisation a disparu. Dans les premiers tomes nous sont présentés les différentes équipes (au nombre de cinq), qui se réveillent de leur cryogénisation pour faire face au nouveau monde habitable (ou presque habitable). Mais les équipes ne sont pas réveillées en même temps, certaines le sont trois ans ou même quinze ans avant les autres, et la cryogénisation ne se passe pas bien pour tout le monde ; certains personnages restent dans le coma alors que d’autres n’ont simplement pas survécu au processus. Par exemple on ne sait même pas si Arashi et Hana se sont réveillés à la même époque ; si ce n’est pas le cas cela pourrait donner des moments déchirants par la suite.
Un travail colossal est effectué sur la psychologie des différents personnages et leur manière d’appréhender ce nouveau monde, et le scénario en lui-même est très mystérieux et ambitieux. A la lecture du tome 1 on ne sait pas vraiment vers quoi l’histoire se dirige, et c’est appréciable, cela change des récits qui nous offre toute l’intrigue sur un plateau dès le début. Il y a également des moments surprenants, effrayants, des morts, des larmes. Trois flashbacks parsèment les 10 premiers tomes de la série et ils sont tous très tristes, préparez vous à verser des larmes. 7 Seeds est une aventure colossale qui vous prend aux tripes et vous écrase par sa grandeur. On peut presque sentir le monde meurtri grondant à travers les pages.

Concernant la publication en France, elle est chaotique : Pika a publié les 10 premiers tomes entre 2008 et fin 2010, sans faire la moindre publicité, puis a mis la publication en sommeil pendant des mois avant d’annoncer l’arrêt de publication de la série en mai 2012, rendant les lecteurs de la série très mécontents. Honteux de la part d’un éditeur qui possède des mastodontes du marché comme Fairy Tail et qui avait donc largement les moyens de poursuivre une série aux ventes pas assez élevées à leur goût. De plus même si la traduction est bonne, le reste de l’édition de la série est exécrable, avec un papier de mauvaise qualité très fin et qui jaunit à la vitesse de l’éclair. L’autre erreur de l’éditeur a été de travestir la série en seinen alors qu’il s’agit d’un shojo, soit-disant pour augmenter les ventes, mais cela n’a contribué qu’à rendre la série invisible en librairie (et perpétuer le cliché selon lequel les shojos parlent uniquement d’amour ou d’histoires de lycéens). De son côté au Japon la série a eu un grand succès et s’est terminée avec 35 tomes plus un tome bonus contenant des histoires annexes (mais si vous connaissez Yumi Tamura, vous savez que ses histoires annexes ne sont jamais du remplissage et sont d’aussi bonne qualité que l’histoire principale).

La série est de nouveau dans l’actualité car une adaptation animée du manga va sortir sur Netflix le 28 Juin 2019. Espérons que cette adaptation donne envie à un éditeur français de reprendre la série, et d’enfin lui réserver le traitement qu’elle mérite. En tout cas, si vous tombez par hasard sur ces dix tomes, prenez-les et lisez-les, vous ne le regretterez pas. Ils forment en fait une introduction à la série en présentant les vies, les psychologies et les drames de ceux qui seront les différents acteurs de l’histoire. C’est une expérience qu’il faut vivre, même si elle est incomplète dans nos contrées.

Nom série  Basara  posté le 20/05/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Basara est un manga de Yumi Tamura (et l’un des plus grands succès de l’autrice, qui s’était fait connaître avec la série Tomoe Ga Yuku ! quelques années plus tôt), publié dans le magazine Betsucomi de l’éditeur Shogakukan entre 1990 et 1998. Cette bande dessinée est un classique du manga des années 90 et a eu un énorme succès au Japon. Le manga a été publié en France entre 2001 et 2006 par Kana ; il s’agit historiquement du tout premier shojo publié par l’éditeur.
Si l’on devait résumer Basara en un mot, ce serait : épique. En effet ce manga mélange à merveille les deux mondes : les intrigues politiques et grandes batailles d’un violent monde post-apocalyptique, et le savoir-faire du shojo, c’est-à-dire une psychologie très fouillée de chaque personnage et de leurs sentiments, notamment amoureux, mais pas que. Si vous pensez que les shonens sont épiques, dites vous que Basara est encore plus épique qu’eux.

La plupart des gens ont du mal à passer le cap du premier tome, mais j’ai tout de suite trouvé la série intéressante, pour ensuite devenir addict dès le tome 2. Si un sentiment de déjà-vu et de cliché peut survenir dans le premier tome, c’est parce que Basara EST le manga ayant pavé la voie pour le reste des shojos d’aventure des années 90, son influence est considérable. Plus on avance dans la série et plus l’histoire se complexifie, et je trouve qu’elle évite toujours les clichés et le manichéisme, pour mon plus grand plaisir. Sarasa, qui prend l’identité de son frère mort Tatara pour maintenir la rébellion contre le souverain et les différents rois gérant les régions du pays, se rend vite compte qu’un soulèvement a besoin d’une figure forte pour les porter, mais que cela ne suffit pas, chaque personne est essentielle pour changer les choses. Le fait de devoir maintenir une fausse identité lui causera également des soucis, car elle a l’impression de se perdre, elle a dû « tuer » Sarasa pour devenir l’espoir du peuple libre ; il n’y a que lorsqu’elle est avec Shuri qu’elle peut être elle-même. Concernant le Roi rouge (qui est en fait Shuri), ennemi mortel de Tatara, sa position n’est que le fruit des événements, et il effectuera tout un travail sur lui-même pour changer son état d’esprit et faire oublier ses crimes passés. Exemple en est d’une scène impressionnante vers le tome 11, où Shuri a une crise existentielle en se demandant pourquoi il veut vraiment chasser le souverain du trône et être Empereur.
La relation amoureuse entre les deux personnages principaux, qui ignorent leurs vraies identités, est un point important de l’histoire mais n’en est pas le point central, aussi la romance est très peu présente, cela rassurera ceux qui n’en sont pas très friands.
Concernant le dessin, il soulève parfois des réactions hypodermiques peu compréhensibles : oui, il est spécial et daté, certains diront approximatif mais d’autres auteurs comme Yoshihiro Togashi ont un style tout aussi approximatif sans que personne y trouve à redire. Et puis certains passages un peu embrouillés sont compensés par des magnifiques doubles pages, et des choix de mise en scène où Yumi Tamura démontre tout l’étendue de son talent. Quoi qu’il en soit, on reconnaît son trait entre mille, ce qui est l’apanage des grands artistes.

Je ne peux pas trop en raconter sans dévoiler des pans de l’intrigue, mais Basara soulève tout au long de ses 27 tomes (25 tomes d’histoires principale plus deux tomes d’histoires bonus d’excellente qualité) des questionnements très intéressants sur la liberté, la démocratie, la volonté, la sexualité, la guerre, la liberté des journalistes, etc. Basara est une œuvre complète qui mélange de l’aventure, de l’action, de l’amour, du drame, de la violence, de l’humour, avec une grande agilité.
Ce qui fait également le sel de ce manga est son impressionnante galerie de personnages (plus d’une centaine) ayant tous une personnalité bien définie, aucun n’est laissé de côté dans le déroulement de l’histoire. Pour ma part, j’aime beaucoup Chacha, la chef des pirates rencontrée dans le tome 3, et également Sarasa/Tatara qui est un personnage très fouillé ; elle est forte et déterminée, mais elle se donne le droit de douter, de pleurer, de faire des erreurs, car elle est humaine. Mais mon personnage favori est sans conteste Papillon de Nuit (Ageha en VO), un être fascinant, tantôt homme tantôt femme, guerrier du désert et premier allié de Tatara/Sarasa, partisan de la démocratie, sans pitié avec les ennemis de la paix, un observateur du monde aspirant à devenir acteur de celui-ci. Il a aussi une relation trouble avec Shido, le bras droit du Roi Rouge, qui ajoute du drame et du piment à son personnage. C’est probablement l’un des plus beaux personnages tout mangas confondus pour moi.

Au final, lire Basara a été une si belle expérience que cela m’a redonné envie de lire des mangas alors que je les avais délaissés depuis plusieurs années. Un souffle indescriptible traverse cette grande aventure, si bien que le dernier volume fermé, les yeux humides, on a l’impression de revenir d’un long et merveilleux voyage.

Nom série  Celle que je suis  posté le 10/01/2019 (dernière MAJ le 18/03/2019) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Après la fin du manga Eclats d'âme en décembre 2018, les éditions Akata sortent un nouveau titre avec une thématique LGBT . Ici le sujet est très intéressant car on parle de transsexualité, thème qui n'a quasiment jamais été abordé de manière sérieuse dans les mangas (les seuls contre-exemples qui me viennent à l'esprit sont certains passages de Family Compo ou bien le tome 29 de Young GTO) et même dans la BD en général. Les séries soient disant «engagées » évitent même très souvent le sujet des personnes trans en se focalisant uniquement sur les personnes homosexuelles, par défaut d'information ou d'intérêt. J'ai acheté ce premier tome d'un diptyque car je me demandais si le sujet allait être bien traité ou pas (le titre français très cliché « Celle que je suis » était en tout cas inquiétant – le titre japonais se traduit plus comme « il n'y a pas d'espoir pour cet amour »).

Alors, que vaut cette série ? Eh bien, c'est un bilan positif. Cela me fait beaucoup penser à Eclats d'âme, dans le sens où au niveau du dessin, la transcription des émotions flirte parfois avec l'onirisme. On pourrait croire qu'il s'agit des mêmes auteurs d'ailleurs mais non. Mais là ou Eclats d'âme pouvait être parfois irritant à la lecture avec certains de ses personnages en déni, Celle que je Suis joue la carte de la révélation et de l'acceptation de soi de manière moins déprimante. Bien sûr, parler du parcours personnel d'une personne trans en tout début de transition n'est pas très original car la plupart des médias ne parlent que de cette période, comme si les personnes en question cessaient d'exister une fois leur changement de sexe effectué. Mais ici il y a un autre élément qui ajoute de l'intérêt, car outre la découverte progressive de Manase, le personnage principal, il est également question du fait que Manase aime son meilleur ami en secret. D'ailleurs j'ai trouvé la scène de la cigarette dans la fiole de verre très jolie, symbolisant cet amour à sens unique. Pourra t-il en être autrement ? Je l'espère, mais nous le verrons dans le prochain tome. Si cette relation pouvait se concrétiser, ce serait bien l'une des premières fois qu'une relation entre une femme trans et un homme hétérosexuel serait dépeinte dans une bande dessinée, du moins à ma connaissance. En tout cas, les scènes durant lesquelles Masane décrit les sentiments ressentis à la vue de son « crush » ou du simple fait d'être en contact avec lui sont très réalistes, quiconque ayant déjà ressenti ce genre de sentiments pourra donc s'y identifier.

On découvre également la famille de Manase, ses amis, ils font des sorties, suivent leurs cours, participent à un club d'écriture de leur école (je ne sais pas si ils sont au lycée ou à la fac d'ailleurs, ce n'est pas très clair), tout cela est vivant et montre que Manase est un personnage à part entière et pas juste une femme trans unidimensionnelle qui n'est définie que par cet état de fait. Les relations entre deux des personnages se compliquent vers la fin, alors que Manase se fait un ami qui parvient à la comprendre. À la fin de ce tome, elle comprend qu'elle n'est pas seule à vivre ce besoin de changement.
Le second tome de la série, qui sort en mars, sera décisif pour savoir exactement si Celle que je suis vaut le coup. J'espère que l'on aura droit à de jolies scènes entre les personnages, et surtout un happy-end. Assez d'histoires sordides ou se finissant dans la souffrance pour ce type de personnages. Que la bande dessinée puisse être un moyen de comprendre que sortir de la norme n'est pas une fatalité...
(Avis de la semaine Bdtheque du 14 janvier 2019)

Mise à jour après lecture du tome 2:

Je baisse ma note de deux points pour la série. il s'est passé exactement ce que je craignais. Après un volume 1 prometteur, le tome 2 est bâclé. Pourtant le début commençait bien, avec des parallèles entre les différents personnages et leurs situations, et de jolies références à la littérature française, mais la suite se vautre dans le pathétique. Je ne peux pas trop en dire sans trop spoiler, donc attention SPOILER: mais l'histoire se termine en queue de poisson pour notre héroïne. J'ai trouvé la scène dans le bar d'une violence inouïe, surtout pour une série se voulant "militante"! Jouer la carte du tragique et de la souffrance, de l'absence d'espoir, de la frustration d'un rêve inatteignable, ce n'est pas original lorsque l'on traite un tel sujet, et c'est même probablement insultant, ce qui est original serait d'avoir au moins une seule oeuvre avec un personnage trans qui se termine bien. Le personnage de la tenancière de bar en est un exemple parlant: son discours teinté d'auto-détestation est dangereux, car il n'y a aucune opinion contraire dans le récit pour le contrebalancer. Elle prononce des phrases que j'ai même trouvées choquantes pour un titre se disant "militant". Peut-être que c'est le marketing français qui a donné une fausse impression (le titre japonais n'est pas "celle que je suis" mais "il n'y a pas d'espoir pour cet amour", ce qui laisse supposer plus une série sur l'amour à sens unique par le biais des rêves que l'on cherche à atteindre, et une réflexion sur la féminité, ce qu'est en fait cette série) mais en définitive je ressors de cette lecture avec une intense déception. Le livre m'est presque tombé des mains à la fin: c'est tout? Mais les auteurs se moquent du monde! Et concernant les sentiments du personnage principal pour son meilleur ami c'est la même chose, aucun espoir n'est permis. Il se délecte même du fait que l'héroïne l'aime encore un an après alors qu'il lui a dit qu'il ne voudrait jamais sortir avec, à ce niveau on atteint la psychopathie.

Enfin bref, lisez Family Compo, de Tsukasa Hojo. C'est parfois une beaufferie, mais qui nous offre souvent des moments de grâce. Celle que je suis n'est de son côté qu'une énième fiction ratée sur le sujet.

Note finale : 1,5/5

Nom série  Jojo's Bizarre Adventure - Phantom Blood  posté le 31/12/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Jojo's Bizarre Adventure, c'est quoi ? C'est un manga fleuve qui a commencé sa publication le 2 décembre 1986 dans le Weekly Shonen Jump, toujours en cours, très célèbre au Japon (un peu moins ailleurs). Sa particularité ? On suit la famille Joestar sous plusieurs générations, à différentes époques, et avec différents héros. On peut donc tout à fait lire une saison de la série sans avoir lu les autres. De nos jours le manga est publié dans le mensuel japonais Ultra Jump.
Qu'en est il de sa publication en France ? Elle est chaotique. J'ai Lu a édité les 46 premiers tomes (correspondants aux parties 1 à 4 de la série) de 2002 à 2005, avant d'arrêter la publication. En 2007, Tonkam récupère la série et la poursuit pour faire plaisir aux fans, en éditant les parties non éditées: Golden Wind (partie 5 de la série, tomes 47 à 63 de l'édition originale) et Stone Ocean partie 6 de la série).
En 2013, avec la publication de la 7ème saison, Steel Ball Run, qui débute, Tonkam décide de rééditer les 4 parties épuisées depuis plusieurs années. Elles seront éditées en saison séparées, comme des séries à part entière (comme cela a été fait pour les saisons 5 et 6). L'éditeur commence avec la partie 3, la plus célèbre, avant d'enchaîner avec la partie 1 (Phantom Blood), la 2, puis la 4. Les tomes bénéficient d'une nouvelle traduction. Oubliez donc les anciens tomes de J'ai Lu.

Ce qui frappe en premier lieu lorsqu'on ouvre le premier tome de la série, c'est le dessin : il n'a plus rien à voir avec le style actuel de l'auteur ! On sent une inspiration de Tetsuo Hara (Hokuto no Ken), typique des années 80, mais il y a un plus, qui fait qu'on reconnaît tout de suite le trait d'Araki: les personnages ont des poses très originales, dignes de gravures de mode, et c'est un aspect qui sera accentué tout au long de la série, comme pour les tenues extravagantes (les personnages, au départ très musclés, deviendront peu à peu plus androgynes).
Le scénario ? C'est très étonnant pour un début de shonen. En effet, quasiment pas de fantastique, ou de combats avec des techniques ancestrales. On voit simplement au début une cérémonie aztèque mettant en scène le masque de pierre, artefact emblématique de cette première saison. Mais ensuite pendant le reste du tome suit pour l'instant le duel psychologique entre le héros, Jonathan Joestar, et Dio, son frère adoptif qui en veut à son héritage. Dio est vraiment machiavélique et ne recule devant rien pour parvenir à ses fins. Il est considéré, à juste titre, comme un des méchants de mangas les plus marquants. L'ensemble fait un peu soap opera, avec plein de rebondissements, mais c'est voulu, pour planter le décor et les personnages. L'ambiance changera petit à petit, pour devenir plus horrifique.
Et un autre point intéressant, c'est que ce tome et cette première partie de la série acquiert une nouvelle dimension lorsque qu'on la lit après avoir lu les saisons suivantes (la 2ème et la 3ème par exemple). En effet il y a une généalogie entre les héros des différentes saisons de la série, et des personnages qui réapparaissent dans plusieurs saisons.

A partir du deuxième tome l'histoire bascule tout à fat dans le shonen inspiré des films d'horreur, avec une ambiance glaçante qui sera une caractéristique de tout le reste de la saison. On a affaire au premier grand affrontement entre Dio et Jonathan. On apprend que Dio a assassiné Dario Brando, son père biologique, et qu'il compte en faire de même avec le père de Jonathan, son père adoptif. Mais notre héros comprend à temps ce qu'il a prévu de faire et ramène la police dans le manoir. Dio, acculé, décide d'utiliser le masque aztèque, présent dans le manoir Joestar depuis des années. Et c'est à ce moment que tout bascule.
Le reste du tome est consacré à cet affrontement, qui est vraiment très prenant, et encore plus quand on sait que cette partie a plus de 25 ans! Le dessin s'est un peu amélioré, ce sera une caractéristique de l'auteur de modifier petit à petit son dessin tout au long de cette longue série.

Le tome trois fait apparaître la technique de l'Onde, ou respiration ondulatoire. Ce genre de force spéciale est typiques des shonens mais dans Jojo elle a une dimension plus originale et je dirais même parodique, vu le bizarre assumé des situations.

Le tome 4 est à fond dans les combats, le héros progresse, et on a un échantillon de ce que sera le Jojo's moderne, car les combats ne sont pas basés uniquement sur la force mais aussi et surtout sur la réflexion.

Mais le dernier point qui rend Phantom Blood culte, c'est le tome 5, et son étonnante et triste fin, qui a dû faire un sacré choc aux lecteurs de l'époque, qui rebat les cartes et montre que Jojo's est, et sera une série surprenante qui n'a pas peur de sortir des sentiers battus! J'étais personnellement au bord des larmes lorsque j'ai lu cette partie pour la première fois.

Au final, une ambiance horrifique, du gore à ne plus savoir qu'en faire, du kitsch, un splendide dessin old-school, des personnages aux postures qui défient les lois humaines et aux accoutrements très travaillés... un mélange très bizarre, mais qui fonctionne du tonnerre. Cette saison reste accrocheuse, même plus de 25 ans après sa sortie, et est personnellement ma saison de Jojo's préférée.

Nom série  Billy the cat  posté le 29/12/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Billy The Cat est une série créée par Colman et Desberg dans les années 80, puis véritablement lancée à l'aube des années 90. Au premier abord, on peut penser qu'il s'agit d'une énième série de BD d'humour comme celles qui pullulent dans le journal Spirou. Pourtant, si vous connaissez ce journal et son histoire vous savez qu'il a abrité de véritables joyaux dans ses pages, et Billy The Cat en fait partie. J'ai découvert la série en 2006 lorsque j'avais dix ans, avec la publication du tome 10 (qui a été réalisé par Peral et Janssens, qui ont remplacé les premiers auteurs à partir du tome 7). j'avais trouvé ça lisible mais sans plus. Puis j'ai emprunté le tome 3 de la série, et là, grosse claque ! Mais... le dessin est beaucoup plus joli et nerveux ! Le scénario est bien ficelé, triste et noir ! Car derrière la façade humoristique, j'avais trouvé à l'époque la série vraiment déchirante. Billy est devenu un chat, il a été séparé de sa famille, sa nouvelle condition l'empêche de pouvoir retrouver sa vie d'avant. À l'époque j'avais pleuré en lisant les tomes 3 et 6 par exemple. Les six premiers tomes sont vraiment exceptionnels, alternant les moments drôles et tristes, montrant la dureté du monde, sa cruauté, sa cruauté envers les animaux (et aux personnes différentes au sens large), à travers un dessin très expressif. Certaines cases de nuit, dans des ambiances inquiétantes, sont tout bonnement impressionnantes. Les décors fourmillent de détails et c'est un plaisir de se plonger (ou se replonger dans les albums, comme je l'ai fait avec l'intégrale parue il y a quelques temps). Cette BD a été l'une des plus marquantes de mes lectures de jeunesse, par cet habile mélange d'émotions, cette double lecture possible lorsque l'on lit la série adulte, et ce très joli dessin. Mes tomes préférés sont probablement le troisième, axé sur l'émotion, et le cinquième, qui se passe totalement de nuit avec une intrigue presque effrayante pour une BD jeunesse. J'aime aussi le deuxième, qui est très drôle et met en place un road trip entre animaux qui est une vraie invitation au voyage. Le quatrième tome jongle entre le côté humoristique et doux-amer, par une confrontation entre une ancienne victime de Billy dans sa vie de garçon, qui devient ensuite bourreau de Billy le chaton. La tendance s'inverse et Billy doit se repentir pour ses mauvaises actions passées.

Après Le Choix de Billy, le sixième tome, les premiers auteurs s'éclipsent peu à peu pour laisser place à Peral et Janssens. Et c'est pour moi le début de la fin pour cette série. L'ambiance entre les six premiers tomes et les cinq derniers est totalement différente, mis à part pour le tome 9 que j'ai bien aimé car il « boucle » l'intrigue principale de la série, sur demande de Desberg. Dans les tomes 7 (qui comprend deux histoires des anciens auteurs, que j'ai bien aimées tout de même) à 11, il n'y a plus d'enjeux, plus de mystère, plus d'émotions, le dessin est générique et ennuyeux et manque de caractère. Où est passée la profondeur, le côté noir qui me plaisait tant dans les premiers tomes ? Le tome 8 s'essaie même à réécrire ce qu'il s'est passé dans le tome 1, mais en version ennuyeuse, sans l'onirisme de l'au delà, et sans les ambiances de Décembre oppressantes. Donc, comme vous le voyez j'ai découvert la série avec un tome « tardif » mais j'ai ensuite bien vite choisi mon camp.

La série est arrêtée depuis 2008, et c'est probablement pour le mieux, les deux derniers tomes n'ayant plus aucun lien avec le début de la série. Billy semble se plaire dans sa condition de chat, il n'y a plus de dilemme existentiel, plus de dysphorie liée à sa nouvelle enveloppe de chat, plus de tension, même l'humour ne fait plus mouche.

En conclusion, si vous voulez découvrir la série, je vous conseille les six premiers tomes plus le tome 9, qui constituent une sorte d'histoire à suivre sur le dilemme de Billy, qui apprend à vivre comme un chat, se fait des amis et vit de grandes aventures, en gardant l'espoir infime de redevenir un garçon un jour. Oubliez le reste (c'est également ce qu'à fait Dupuis, car seuls les tomes de Colman et Desberg sont parus en intégrale).

L'instant couvertures: la couverture du tome 1 de l'intégrale est incroyable, et retranscrit très bien l'aspect oppressant de la ville pour le jeune Billy, garçon dans la peau d'un chat.

Nom série  Ken le transporteur  posté le 11/11/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ken est un transporteur, c'est à dire qu'il transporte tout sauf des armes et de la drogue. Les différents colis qu'il devra transporter (cela est la plupart du temps un objet mais peut aussi être une personne). Son métier lui permet de voyager dans tous les pays du monde et de vivre plein d'aventures.
Je voyais cette série trôner depuis des années dans les rayons destockage des librairies, j'ai donc décidé de l'acheter car il n'y a que quatre tomes. Le premier tome met en scène Ken dans deux grandes aventures, une à Bali et une en Afghanistan. L'ensemble se lit bien, et est étonnamment assez dense au niveau de la retranscription des lieux visités, on voit que l'auteur est un passionné de voyages et qu'il a tenu à ce que son dessin retranscrive bien l'ambiance voulue. Parlons-en, du dessin, il est efficace, les personnages sont dessinés de façon réaliste, mais avec un twist un peu cartoonesque, et avec des décors jolis quand il y en a. Il y a plusieurs références aux travestis et aux personnes transsexuelles dans le tome 1 (notamment avec la présence des deux femmes de main jumelles qui travaillent pour la famille Wong, que l'on reverra dans les tomes suivants), je ne comprenais pas vraiment pourquoi, mais l'auteur finit par expliquer à la fin du tome qu'au départ il voulait que le personnage de Maria, dans la seconde histoire du tome 1, soit en fait un travesti, voulant explorer la situation d'une telle personne dans la société afghane. Il n'a finalement pas mené le projet à bien (probablement à cause d'un refus d'éditeur je pense), mais c'est dommage car cela aurait été très intéressant et aurait permis à la série de sortir du lot, d'autant que Ken a une relation avec Maria dans l'histoire, donc on aurait pu se pencher un peu plus sur les mécanismes d'une telle relation, d'autant plus qu'il ajoute qu'il n'était pas rare que des hommes hétérosexuels sortent avec des personnes travesties pendant la monarchie. Une occasion manquée, donc.

Le tome 2 permet de découvrir des nouveaux personnages, comme Yuri, une habitante de Bali amoureuse de Ken, et Papa, un gangster désigné comme efféminé (décidément) de Bangkok. Outre Bali, que l'on visite deux fois (avec une histoire très intéressante sur un oiseau qui accompagne les défunts), on voyage également en Thaïlande, au Vietnam et au Népal. On apprend des choses sur la culture de tous ces pays, la cuisine, et on découvre des objets de valeur de ces pays, que ce soient des statuettes, des poissons, des assiettes, des oiseaux ou des sculptures en bois parfumé.

Dans le tome 3, on revoit Papa (qui pour l'anecdote révèle qu'il est homosexuel), l'une des jumelles qui travaillent pour la famille Wong, et on voyage de nouveau dans plein de pays : dans la province du Yunnan en Chine, à Katmandou au Népal, à la frontière mexicaine aux Etats-Unis, à Bangkok en Thaïlande, et au Cambodge dans le massif des Cardamomes. Une grande partie de ce tome se passe en Thaïlande, Ken effectue plusieurs missions là-bas, et il revient du Cambodge avec Leuat, une jeune femme et nouveau personnage récurrent de la série. Ce tome est très agréable à lire, j'ai commencé à m'attacher aux personnages de la série, et c'est toujours super cool d'apprendre des choses : sur la Thaïlande, sa cuisine et les coins étranges de Bangkok, sur les sangsues des Cardamomes ou sur la fabrication des moules pour créer des statues en or de la déesse Kannon.

Le dernier tome, plus long que les autres, contient une longue histoire sur plusieurs chapitres, durant laquelle Ken fait face à son passé, puis une histoire de transporteur « «classique » en Inde, et enfin une dernière histoire durant laquelle on revoit la plupart des personnages récurrents de la série. À la fin du tome, on trouve une cinquantaine de pages d'histoires courtes mettant en scène l'auteur et ses amis dans plusieurs pays comme le Cambodge, la Thaïlande ou l'Indonésie, et on comprend alors que les voyages de l'auteur ont inspiré la création du manga ; même si on s'en doutait déjà vu le côté didactique de la plupart des histoires. Par contre ces histoires courtes ne sont pas intéressantes (elles le sont rarement en général), et en plus par deux fois l'auteur reparle de façon insultante de personnes travesties et personnes transsexuelles, mais c'est pas possible il en est totalement obsédé à ce niveau-là !

Au final, j'avais commencé la lecture de cette série à reculons, mais c'est un bon manga sans prétention, divertissant, sans prise de tête. Ce n'est pas la série du siècle mais j'en garderai globalement un bon souvenir.

Moralité : ce n'est pas parce qu'une série est en arrêt de commercialisation et qu'elle se retrouve dans les librairies déstock que cela veut dire que c'est une mauvaise série !

Nom série  Tango  posté le 29/09/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Est em est une auteure de mangas reconnue au Japon, elle a d'ailleurs été choisie par Tsukasa Hojo pour dessiner le spin-off de City Hunter consacré à Umibôzu. Alors, que vaut Tango, seul manga d'Est Em disponible en France ? Eh bien, c'est une très bonne surprise.

Tout d'abord, réglons le problème du titre : je ne sais pas pourquoi il s'appelle « Tango » en français vu que le titre japonais est Show Ga Hanetara Aimashou, ce qui correspond au titre de la seconde nouvelle du recueil , cela peut se traduire à peu près par « Séduis moi lorsque le show se termine ». Le one-shot ne parle pas de danse au premier degré (même si il en est question dans la première histoire), mais plutôt de la danse entre des personnages ayant peur de se dévoiler l'un à l'autre.
Venons en au dessin : Est Em a un trait très particulier, semblable à celui de Nastume Ono (Gente), inspiré de la BD européenne ; le mélange d'influences donne un trait agréable à regarder et original, et très facilement reconnaissable. Le dessin participe également à l'ambiance du titre : en effet, Est Em, c'est d'abord de l'onirisme et de la poésie, le fait que les histoires soient courtes ou «peu développées » est voulu. Dans toutes ces histoires, on assiste à des instants volés, des secondes d'éternité, des jeux entres personnages perdus dans leurs vies. J'ai beaucoup aimé l'histoire dans un style fantastique « Néro » qui est une bonne surprise, et est la seule, avec Monochrome (mettant en scène les mêmes personnages), qui ne parle pas d'une relation entre deux hommes. J'ai également bien aimé « Des Cigales le long d'une route d'été », qui est une jolie petite histoire sur un amour perdu. Il reste cependant impossible de parler d'Est Em sans évoquer l'homosexualité masculine, qui fait partie intégrante de ses travaux, et, à contre-courant total du reste des publications «boys love » actuelles, privilégie les sentiments et une mise en scène très étudiée aux scènes de sexe faciles. De plus, tous les personnages sont adultes, ce qui change du cliché de la romance lycéenne. Il y a une seule scène de sexe dans « une fois le spectacle terminé » (suite de la première histoire « lever de rideau ») très soft et bien dessinée.

Ce qui ressort le plus de ce recueil d'histoires courtes c'est le côté presque abstrait des relations entre les personnages et la narration déstructurée, ceci est renforcé par les évocations à l'art et certaines planches très jolies, comme la scène de Carmen au début de « lever de rideau », ou le jumeau cherchant sa moitié disparue dans « Néro ».
Au final, c'est un manga agréable à lire avec un dessin original, je le recommande, et pas seulement à ceux qui aiment la romance. Avec un peu de chance, peut-être qu'un jour les autres mangas de l'auteure comme « Equus » seront édités en France ?

Nom série  Zetsuai 1989  posté le 22/09/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Zetsuai 1989 est un manga très célèbre au Japon, mais est surtout connu en Occident par le biais de son OAV qui était culte dans les années 90 (et qui est d'ailleurs toujours considéré comme un classique du genre dans lequel il s'inscrit). Alors, Zetsuai, c'est quoi ? En voyant les très jolies couvertures, sans connaître l'histoire, je m'attendais à un seinen un peu sombre avec des anges qui se battent. En fait ce n'est rien de tout ça, Zetsuai est un shojo (car publié dans le magazine japonais Margaret de 1989 à 1991) mettant en scène une relation homosexuelle entre deux jeunes hommes. Ce n'est donc pas à proprement parler du boys love (ou du « yaoi » comme c'est parfois appelé vulgairement), même si lors de sa sortie en France la série est parue dans la collection Yahoi (sic) puis Boys Love (lors de la réimpression de 2004) de Tonkam. Zetsuai1989 est historiquement la première série de type "boys love" parue en France, en 2000. Notons que la série reste très soft et ne comporte pas de scènes de sexe à proprement parler. L'auteure elle-même refuse catégoriquement que son œuvre soit considérée comme un yaoi ou un Boys Love, pour elle il s'agit bien d'un Shojo.

Je n'avais jamais lu de manga mettant en scène une relation (plus ou moins) amoureuse entre deux hommes, et j'ai donc voulu tester en commençant par ce qui est considéré aujourd'hui comme une vieillerie (j'adore les vieilleries, à l'âge de 10 ans, il y a dix ans environ, je ne jurais que par les BD de Spirou des années 40 à 70, alors bon). Même si Zetsuai est un classique du manga traitant d'homosexualité et qu'il a inspiré plein de séries postérieures, force est de reconnaître qu'il accuse un peu le poids des années. Le dessin tout d'abord est très marqué années 80, avec plein de cases vides et assez approximatif (les hommes ont des mains gigantesques qui ressemblent à des bouts de pâte à modeler collés, et le héros a 16 ans et mesure déjà un mètre 90 avec un visage d'homme mûr), et la narration est hasardeuse : parfois les textes sont tellement mélangés, avec des phrases qui commencent sans se finir, ou qui se finissent 3 pages plus loin, qu'on ne sait même plus qui parle. Pour ce dernier point, je pense que c'est à cause de la traduction française, mais c'est à vérifier. En 2000, la publication manga en France, ainsi que moi-même, n'en étions qu'à nos balbutiements. Étrangement, ce défaut n'est présent que dans le tome 1. Le tome 2 est beaucoup plus intéressant, le scénario avance, et le dessin devient même plus assuré. C'est intéressant de suivre la relation entre Koji Nanjo et Takuto Izumi car elle se base sur le côté autodestructeur de l'amour : ils ne veulent pas être amoureux l'un de l'autre mais ils ne peuvent pas s'en empêcher. Mais au fur et à mesure des tomes, on se rend compte qu'il n'y a vraiment que Koji Nanjo qui est amoureux, à un aucun moment Izumi ne cède à ses avances, ce qui rend d'ailleurs leur relation un peu malsaine. Le tome 3 met en scène Koji en cours dans la classe d'Izumi, et sonne l'apparition du cliché de la romance lycéenne. Le tome 4 remonte le niveau de la série et son côté dramatique est bien installé. Durant tous ces tomes le dessin progresse et devient plus assuré. Vu que l'un des personnages est un joueur de foot on a beaucoup de scènes de match, je ne m'attendais pas à ce que ça soit si présent (l'auteure est fan de Captain Tsubasa, et a commencé sa carrière avec des doujinshi- fanzines parodiques de cette série).

Vu que ce manga date de la fin des années 80 il sert presque de rappel historique pour montrer qu'au Japon à l'époque, même si des mangas comme Banana Fish avaient un grand succès, l'homosexualité, et d'autant plus masculine, était très mal acceptée. Durant les tomes de la série les personnes apprenant la relation entre les deux protagonistes réagissent avec dégoût (il n'y a bien que Katsumi Shibuya, manager de Nanjo, qui est plus compréhensif et apporte une bouffée d'air frais). Enfin Zetsuai est aussi célèbre pour être un manga très sombre et dramatique, nos deux héros souffrant de leur amour sont de vraies drama queen, alors ne vous étonnez pas de trouver parfois des scènes un peu (beaucoup) exagérées, mais elles agissent comme symboles de la force des sentiments qui unissent les deux hommes. Ça saigne de la bouche sans raison, ça se fait renverser par des camions, ça se blesse volontairement avec du verre, ça se fait agresser... tout y passe ! Ce cocktail fonctionne mais le trop plein de mélodrame sombre un peu trop dans le comique dans le dernier tome, qui gâche un peu toute la série avec ses rebondissements alambiqués et cette fin en eau de boudin (l'auteure avoue elle-même dans sa postface que l'histoire lui a échappé durant l'écriture, elle tentera de corriger le trait avec la suite du manga : Bronze). Zetsuai veut dire « amour absolu » en japonais, moi je l'aurais plutôt appelé « amour sordide ». Je pinaille mais le tout est tout de même agréable à lire, on ne s'ennuie pas durant la lecture, et on tourne les pages frénétiquement pour savoir la suite, que l'on prenne le drame de l'histoire au sérieux ou bien qu'on lise la série pour rire d'un scénario qui frise l'abracadabrantesque parfois. Même si cette série a des défauts j'ai une certaine tendresse pour elle.

Si vous voulez découvrir un manga important dans l'histoire du shojo et de son pendant le boys-love, et que vous aimez les histoires excessivement dramatiques typique des années 80-90, alors cette série est faite pour vous. Par contre elle n'est plus éditée, donc vous ne pourrez la trouver qu'en occasion (j'ai trouvé les 5 tomes pour 18 euros dans une boutique d'occasion, ce qui est une affaire car la tendance est à la spéculation sur les sites d'achat en ligne avec les mangas en arrêt de commercialisation).

La série est une véritable licence au Japon, avec plusieurs suites (non publiées en France, mais sorties en Allemagne) : Bronze (14 tomes), Bronze : The Last Chapter (one-shot), et le recueil d'histoires courtes Bad Blood (que j'ai lu et que je possède, il est dans un format plus grand que les autres livres). Côté animé, deux OAV, adaptant Zetsuai et les premiers tomes de Bronze, sont sortis. L'adaptation est plus soft et supprime les scènes durant lesquelles Koji ne respecte pas vraiment le consentement d'Izumi dans le manga. Pour finir il y a la compilation de clips Cathexis (car Koji est un chanteur de J-Pop connu, il se doit donc d'avoir des clips de ses chansons), j'ai trouvé l'idée très bonne et j'ai bien aimé cette compilation.
Anecdote : dès sa suite Bronze les cheveux de Koiji passeront de blanc à noir, afin qu'il ressemble à Atsushi Sakurai, chanteur de Buck-Tick, dont l'auteure est une fan absolue.

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