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Nom série  Air America  posté le 18/02/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Des années 50 à la fin des années 70, Air America était le nom d'une compagnie aérienne américaine de fret et de transport de passagers derrière laquelle se cachaient les opérations secrètes de la CIA. La compagnie était en réalité la façade civile leur apportant le soutien logistique aérien dont les agents secrets avaient besoin pour entrer ou sortir discrètement de pays étrangers sans impliquer l'Air Force américaine.

Dans cette BD, nous suivons deux aviateurs à l'époque de la Guerre du Vietnam. L'un d'eux, choqué par la mort de nombreux civils qu'impliquent les bombardements aériens qu'il a menés sur ordre de l'armée, décide de démissionner et de retourner à la vie civile tout en restant vivre en Indochine. Il se fâche avec son ami qui, lui, reste sagement dans l'armée. Pour ne pas sombrer dans la déprime et l'alcoolisme, il finit par trouver un nouvel emploi dans une compagnie aérienne, mais il découvre bien vite qu'avec elle, il n'a pas réellement arrêté de servir plus ou moins indirectement les sombres desseins du gouvernement américain. D'autant que les opérations qu'il réalise désormais sont liées à une enquête que son ancien ami mène de son côté au sein de sa garnison où il se passe également des choses peu avouables.

Avec cette série, nous sommes dans une ambiance qui rappelle initialement celle d'un bon vieux Buck Danny, mais avec l'humour en moins. Entre opérations dans l'armée et opérations faussement civiles, on est en effet quelque part entre les Tigres Volants et Top Secret. Sauf que là où Buck et ses amis mettent en exergue une armée américaine saine de corps et d'esprit, Air America en montre les côtés sombres, la corruption et les opérations secrètes illégales.

Le graphisme de Julien Lepelletier est impeccable pour ce qui est des scènes aériennes et des avions bien évidemment. Réaliste et soigné, on sent le travail du passionné. Ses personnages sont par contre plus raides, et on y sent moins de maîtrise et d'aisance.
La narration elle aussi n'est pas parfaite. Un bon premier tiers de l'album est un peu confus tant qu'on n'a pas bien pris connaissance des personnages et qu'on n'a pas encore appris à les reconnaître et comprendre. On saute d'un lieu et d'une date à une autre sans trop s'y retrouver.
Mais quand finalement la mayonnaise finit par prendre, on se retrouve face à un scénario assez intelligent, tenant bien la route et qui donne envie de savoir la suite.

Nom série  Portrait d'un buveur  posté le 18/02/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album raconte l'histoire d'un homme, plus particulièrement d'un poivrot complet, un alcoolique sans aucune morale vivant aux alentours du 18e siècle. Commençant son récit comme un clochard aviné, jeté hors des bars car agressif, perturbateur et sans gêne aucune, il assassine crapuleusement un riche bourgeois et doit s'engager comme charpentier à bord d'un navire commercial pour échapper à la justice. Quand celui-ci se fait aborder par des pirates, le pochard, non sans avoir au préalable commis quelques méfaits supplémentaires, réussit à se faire intégrer dans l'équipage de coupe-jarrets.

On y suit un véritable anti-héros. Le gars est détestable : égoïste, assassin, voleur et amoral. On le suit avec une certaine fascination pour savoir si une quelconque Justice Divine va enfin éventuellement s'abattre sur lui. Ou s'il va finalement se repentir, faire quelque chose de bien, de valable de sa vie. Ou s'il va continuer à s'enfoncer dans sa médiocrité haïssable.

Olivier Schrauwen et le duo Ruppert et Mulot le mettent en scène dans une ambiance semi-onirique, avec les âmes des victimes du buveur qui continuent à l'observer et à commenter ses actes depuis les rideaux de la réalité. Ou bien encore quand ses hallucinations de délirium tremens en viennent à se mêler à la réalité.
Sur le plan graphique, c'est un surprenant mélange des styles des trois auteurs, car on a parfois l'impression de lire du pur Schrauwen et parfois du pur Ruppert et Mulot. Contrastant avec des mises en page travaillées, les planches semblent juste croquées, volontairement laissées sans finition, avec des personnages aux visages souvent vidés, n'offrant régulièrement rien d'autre qu'une bouche voire rien qui ne puisse leur donner une âme. Mais de ces choix graphiques et de couleurs des auteurs se dégage une esthétique poétique surprenante.
De même sur le plan de l'ambiance, nous sommes là encore dans un cocktail où l'on retrouve les univers des trois auteurs. Au réalisme poisseux et un peu halluciné du premier se mêlent le cynisme et l'acidité des deux autres.

C'est une lecture étrange, un peu dérangeante, où l'on suit un personnage malsain qu'on se prend rapidement à détester. C'est aussi une lecture tristement réaliste derrière son voile hallucinatoire, et une histoire à la conclusion pragmatiquement déprimante.

Nom série  Walter Appleduck  posté le 18/02/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Walter Appleduck, c'est du Western pour de rire. C'est l'histoire d'un cow-boy stagiaire qui débarque dans une ville du Far-West bien déjantée.

Dès les premières pages, j'ai pensé aux œuvres de Jacovitti, et notamment Coccobill qui fait elle aussi dans le western délirant. Comme Jacovitti, Fabrice Erre et Fabcaro entament chacun des chapitres de leur histoire par un grand dessin d'introduction empli de détails humoristiques intégrés dans le décor. Le rapprochement est d'autant plus amusant que tout comme ces deux auteurs ont produit une autre BD du même type sur Zorro, Z comme don Diego, Jacovitti en avait produit une lui aussi : Z comme Zorry Kid.
Mais Jacovitti, c'était un niveau au-dessus dans le délire, presque trop extravagant pour être facilement digeste.

Ce n'est pas le cas de Walter Appleduck qui en comparaison parait presque sage et offre des gags percutants, pleins d'absurde et de dérision, sans sombrer dans la folie totale.
L'album est scindé en petits chapitres de quelques pages qui abordent chacun une trame narrative différente. Car une fois le jeune héros débarqué à Dirtyoldtown, il va s'intégrer à la population et s'imprégner de leur délire et de leurs relations loufoques.
C'est amusant, agréablement dessiné et ça se lit comme un bonbon acidulé qui amène le sourire grâce à son récit léger et pas prise de tête.

Nom série  La Passion des Anabaptistes  posté le 17/02/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Située au début du 16e siècle en Allemagne , l'histoire raconte en grande partie la révolution sociale et religieuse qu'a représentée à l'époque l'oeuvre de Martin Luther et tout le bouleversement que lui et d'autres penseurs et hommes d'église de l'époque ont engendré en ces temps troublés où l'Eglise Catholique gardait le peuple enfoncé dans la misère tandis que ses prélats jouissaient parfois des pires vices. Et toute cette période complexe va amener à l'épisode des anabaptistes de Münster, tentative de créer une théocratie protestante dans cette ville allemande. Cette épisode, dont je ne savais rien, est assez saisissant car il donne l'impression d'une ville qui sombre dans la folie alors que le mouvement initial qui l'a engendré avait des raisons sensées.

L'histoire est intéressante sur le fond.
Mais la BD elle-même m'a déplu.
Le dessin fait preuve d'esthétisme mais il est très sombre, parfois difficile à déchiffrer, et en tout cas il rend obscur la compréhension de ce qu'il est sensé raconté.
La narration elle-même n'aide pas du tout.
Il n'y a pas véritable description narrative permettant de bien comprendre le contexte. Au lieu de ça, ce sont de grandes pages de textes, présentées comme des copies d'écrits de l'époque, qui sont sensés aider le lecteur à comprendre ce que raconte l'album. Dans mon cas, heureusement que j'avais lu il y a peu une biographie de Luther sans quoi j'aurais eu bien du mal à m'y retrouver. D'autant plus que ce texte présente l'agaçante utilisation à l'ancienne de f à la place de s, comme dans les textes médiévaux fi difficiles à déchiffrer fi vous ne connaiffez pas le principe. Au-delà de ces pages de textes, les passages dessinés sont entrecoupés de dialogues placés sous les dessins plutôt que dans des bulles, là encore comme dans les très vieilles BD ou les histoires illustrées. C'est là encore pénible car cela gâche complètement la fluidité de la lecture.

Pour tout dire, arrivé à un peu de la moitié de l'album, j'en ai eu ras-le-bol et j'ai rapidement survolé le reste jusqu'à la fin. C'est trop sombre, trop difficilement compréhensible, trop embrouillé dans la narration.

Nom série  Billy Wild  posté le 17/02/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une série Western Fantastique qui détonne par le ton sombre et en même temps un peu léger de son histoire et par son graphisme très particulier.

Ce graphisme, en noir et blanc avec des aplats de noir intenses, est étonnant. Les personnages sont un peu déformés, un peu caricaturaux, avec des angles agressifs et des figures menaçantes. C'est un style très personnel, et j'apprécie cette originalité. Ceci étant dit, au-delà du fait qu'il sorte des sentiers battus, ce n'est quand même pas un dessin que j'apprécie énormément.

L'histoire, quant à elle, est aussi relativement originale. C'est celle d'un jeune homme devenu cow-boy et un véritable tueur désabusé depuis qu'un démon l'a rendu immortel. Mais il veut se libérer du joug de ce dernier et compte bien se venger de lui.
L'histoire est correcte et pas désagréable mais elle se lit un peu vite.

Nom série  L'Argent fou de la Françafrique  posté le 31/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La Françafrique, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est la manière déguisée dont l'Etat Français a gardé la main-mise sur la plupart de ses anciennes colonies africaines après leur Indépendance. Dans le fonctionnement, c'est une entente entre trois parties. Il y a d'abord les dirigeants Français, avec l'aide des services de renseignement et de l'armée, qui soutiennent des gouvernements Africains spécifiquement choisis, la plupart du temps pour la façon dont ils maintiennent l'ordre dans leur pays mais surtout pour la protection qu'ils amènent aux intérêts économiques français sur place. Il y a ensuite de grosses entreprises françaises mais surtout et essentiellement Elf qui exploitent très avantageusement les ressources de ces pays et paient de généreuses commissions aux chefs d'Etat africains en question, mais aussi aux partis politiques français qui les soutiennent. Et enfin il y a ces fameux chefs d'Etat africains qui récupèrent à leur profit la quasi totalité de l'argent versé par les sociétés françaises et en reversent eux aussi une bonne part pour mettre les hommes politiques français dans leur poche. Et comme ça, tout le monde en sort gagnant !... Sauf les populations des pays africains concernés qui vivent en majorité dans la misère alors que leurs dirigeants vivent des vies de monarques absolus dans une richesse écoeurante...

Etant membre d'une association qui essaie de combattre ces procédés, notamment en cherchant à faire confisquer les Biens mal acquis par ces dirigeants et leurs familles pour les rendre aux populations de leurs pays, le scénariste de cette BD sait de quoi il parle. Et il nous retranscrit dans cette BD le plus gros des informations et faits qu'il détient, pour dénoncer au grand jour et expliquer clairement cette structure mafieuse.
La Françafrique, je connais bien puisque j'ai vécu 16 ans en Afrique dont le plus gros dans ces fameuses anciennes colonies. Là-bas, à l'époque, elle n'avait rien d'un secret. Tout le monde savait que les présidents roulaient sur l'or et vivaient comme des rois en gardant le pouvoir souvent depuis des décennies uniquement grâce au soutien permanent des différents gouvernements français.
Et de nos jours, quand on parle du financement libyen de la campagne de Sarkozy, on semble omettre que ces types de financement et de corruption d'hommes politiques français est très loin de ne concerner que la Libye et que Sarkozy. Il serait facile de dire "tous pourris" mais c'est probablement proche d'être le cas car, comme cette BD le montre, les témoignages sont très nombreux pour indiquer que tous les hommes politiques un tant soit peu connus, de tous les partis, ont touché des sommes parfois extravagantes.
Bref, écœurant, c'est ce qui ressort de cette BD. Écœurement auquel s'ajoutera la frustration de se dire que si le système a à peu près servi jusqu'à présent les intérêts de la France ou en tout cas de ses multinationales, l'attaquer pour de bon en justice maintenant est probablement trop tard puisque la Chine entre autres a déjà largement commencé à prendre la relève en Afrique.

Voilà pour ce qu'il en est du contenu de cet album.
Sur la forme, le dessin de Julien Solé est très bon. Mais cette BD se base bien davantage sur son texte que sur le dessin. Ce dernier ne vient qu'essayer de rendre un peu plus digeste un récit très bavard et très détaillé. Cela marche plus ou moins car à plusieurs moments j'ai trouvé la lecture un peu indigeste, trop documentaire. Beaucoup d'informations, beaucoup de témoignages, c'est un peu fastidieux et parfois aussi un peu redondant. Ce n'est pas le genre d'album à lire le soir trop tard sous peine d'être un peu assommé par sa densité et son sérieux.

Concrètement, cette BD est intéressante, bien documentée, convaincante et soutenue par un agréable dessin. Mais il faut pour cela faire l'effort de la lire et de ne pas décrocher sous peine d'être noyé par le côté didactique et journalistique de son contenu.

Nom série  Vogue la valise  posté le 29/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
A moins de m'être fait berner, Vogue la valise est un récit autobiographique, celui de la jeunesse franchement peu engageante de l'auteur. Cela commence avec le récit relativement rapide (presque une centaine de pages quand même) du parcours du père du héros, de sa rencontre avec sa mère, et surtout de son alcoolisme qui va détruire inévitablement chaque portion de sa vie familiale et professionnelle. Et quand le point de non-retour sera franchi, ce sera le récit de la vie de ses enfants, dont le héros principal, alter ego de l'auteur, quand ils vont être confiés à différentes familles d'accueil. Et en ce qui concerne ce dernier, la famille dans laquelle il sera finalement amené à passer la plus grande partie de sa jeunesse ne sera vraiment pas pour lui une partie de plaisir, au point qu'il aurait pu en être détruit.

L'histoire se déroule au Canada, en majorité au Québec. Tous les dialogues sont donc écrits en Québécois avec beaucoup de mots et tournures de phrase du parler local. Pour qui y est habitué, ce n'est pas compliqué mais ça peut déstabiliser les lecteurs franco-français qui ne connaissent pas.

Le dessin est un peu basique, avec un petit côté underground américain, d'inspiration fanzine amateur. Je n'en raffole pas et ce n'est pas lui qui pourrait me donner envie de lire l'album.

Quant à l'histoire, non seulement elle n'est pas drôle, mais en plus elle est racontée de manière un peu décousue d'une part et aussi très dense d'autre part. L'intégrale est épaisse, 350 pages, et elle m'a ennuyé régulièrement. En outre, j'en venais assez rapidement à être agacé par la dérive alcoolique récurrente du père et par le caractère plaintif du jeune héros : "Pourquoi moé ? C'po juste..." C'est vrai que sa jeunesse a l'air d'avoir été un vrai calvaire et que la famille d'accueil où il a finalement échoué était vraiment pourrie. Mais ce n'est que sur la toute fin, l'épilogue plusieurs années après, que j'ai enfin ressenti une certaine empathie envers le héros et narrateur. Avant cela, je suis resté en retrait de son récit, entre ennui et léger agacement.

Je salue la retranscription autobiographique sincère et la façon dont elle plonge le lecteur dans un Québec des années 60 et 70 parfois peu reluisant. Et j'imagine que produire cette oeuvre intime où il dévoile les côtés sombres de sa famille et de sa jeunesse, fut une sorte d'exorcisme pour son auteur. Mais sa lecture ne fut pas pour moi un plaisir.

Nom série  Tamara de Lempicka  posté le 28/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A ma grande honte, j'avoue que je ne connaissais pas la peintre Tamara de Lempicka. Je n'associais vaguement ce nom de famille qu'à la marque de parfum quasiment homonyme.
C'est grâce à cette BD que j'ai découvert qu'il s'agissait d'une peintre ayant connu son heure de gloire dans le Paris des Années Folles. Exilée de Russie avec son mari comte et leur fille, c'est elle qui fait vivre le couple grâce à la vente de ses peintures et portraits. Elle mène une vie très délurée, voire scandaleuse, affichant notamment ouvertement sa bisexualité. Elle fait partie des femmes de caractère de ces années là, prônant une égalité et une même liberté pour les hommes et les femmes, trouvant l'inspiration pour son art dans les rencontres d'un soir ou les rares à plus longue échéance, tandis que forcément d'un autre côté son couple bat de l'aile.

Sur le plan du contenu, ce fut une lecture instructive puisque je ne connaissais rien d'elle. On a également droit à quelques représentations de ses œuvres majeures ce qui m'a permis de les découvrir.
Sur la forme, le dessin est doté d'une personnalité intéressante quoique les personnages offrent des poses assez figées. Le nez très prononcé d'une majorité de visages féminins et leur mâchoires carrées sont aussi un peu déroutants, mais sans doute est-ce là une manière d'appuyer sur leur force de caractère. En tout cas, j'aime l'ambiance des couleurs jouant sur un minimum de couleurs contrastées, presque à la limite de la bichromie dans l'esprit. Je trouve cela très élégant.

Maintenant, cette BD n'est qu'une biographie, une parmi beaucoup. Même si le personnage raconté est intéressant, rien ne se dégage vraiment de la narration ni du récit. C'est un peu plat et si l'on ressort plus instruit, on n'en ressort pas forcément touché.

Nom série  Bolchoi arena  posté le 27/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un récit d'anticipation se déroulant vers le milieu du 21e siècle, à une époque où les jeux en réseau sont devenus suffisamment évolués pour y plonger totalement les joueurs à la manière d'une réalité virtuelle avancée à la Ready Player One où chaque joueur y a son avatar personnalisé au gré de son imagination. LE jeu à ce moment là se nomme Bolchoi. C'est en fait un univers, notre univers pour être plus précis puisqu'il utilise les lois de la physique pour simuler le système solaire tout entier et les systèmes alentours et permettre aux joueurs de s'y promener et de s'y affronter, au combat ou dans les affaires, tout en leur permettant de tester des avancées technologiques comme par exemple la tentative de terraformation de Mars.
Au début de ce récit, l'héroïne, jeune thésarde en astrophysique, vient de découvrir le jeu et son monde spatial et va se passionner pour lui. Et elle va rapidement y faire preuve de compétences supérieures à la normale.

Sur le plan des idées, on est dans une vision au goût du jour de concepts déjà utilisés. Je parlais déjà du film Ready Player One. Le jeu Bolchoi en lui-même rappelle une vision fantasmée des jeux en réseau existants Star Citizen ou Elite Dangerous. Et ce concept de BD autour des jeux virtuels en réseau a déjà été utilisé, parfois depuis pas mal d'années, notamment dans les séries Convoi ou Horde pour citer celles datant d'il y a plus de 20 ans, et ensuite dans pas mal d'autres dont beaucoup de mangas.
Mais j'aime l'ambition et l'envergure du récit de Boulet. On sent un beau potentiel dans l'univers virtuel qu'il imagine, et il y a un quelque chose de cohérent et de réaliste dans son imaginaire et son intrigue qui donne l'impression de davantage de concret et de possibilités que certains récits plus anciens.

Le dessin est très bon. J'aime beaucoup celui de Boulet mais j'imagine qu'il ne pouvait pas produire des planches de cette qualité en telle quantité dans un temps suffisamment réduit pour permettre la publication des tomes de la série dans les temps. Du coup, il a passé la main à Aseyn. Ce dernier nous offre un style différent de celui de ses albums complets précédents, un style ici plus typé manga dans la veine de Katsuhiro Otomo (Akira) avec parfois une épure d'influence Moebusienne, style dont il avait fait preuve seulement dans quelques histoires courtes comme celle publié dans le recueil We are the 90's. J'aime beaucoup et cela donne une grande fluidité à la narration.

J'ai aussi bien apprécié les quelques clins d'oeil aux jeux vidéos des années 80/début 90 avec les posters accrochés chez les héroïnes : Beyond the Ice Palace, Obliterator, Bitmap Brothers... C'est ma jeunesse ça, ma bonne dame. Je réalise là que Boulet et moi sommes de la même génération. Et j'imagine que c'est aussi le cas de Aseyn puisque c'est lui qui avait déjà publié un album nommé Le Palais de glace sur le thème des jeux vidéos également. Ça ne nous rajeunit pas !
Et en même temps, cela contraste fortement avec le côté très moderne et actuel du monde virtuel mis en scène dans Bolchoi Arena.

Tout ça pour dire que ce premier tome actuellement paru est très chouette. Un bon divertissement, prenant, et doté de pas mal de bonnes idées et surtout d'un potentiel qui donne envie de lire la suite.

Nom série  Supers  posté le 22/02/2018 (dernière MAJ le 26/01/2019) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Note : 3.5/5

Supers, c'est l'histoire de 2 frères et une soeur dotés de super-pouvoirs. En effet on apprend très vite que ce sont des enfants extraterrestres naufragés sur Terre après que leurs parents aient été arrêtés par la police galactique. Ils vivent donc seuls et essaient de s'intégrer discrètement parmi les enfants humains de leur âge, allant à l'école comme tout le monde et cachant autant que possible leurs pouvoirs. Mais ce n'est pas évident du tout quand on est aussi jeunes, notamment comme le plus petit d'entre eux qui n'a pas la maturité nécessaire pour rester vraiment discret et ne pas profiter de ses capacités.

C'est une série sympa mais j'ai eu un peu de mal à cerner le public visé. La tranche d'âge 10-13 ans parait la plus appropriée globalement mais il y a certains aspects un peu faciles comme "ouais on va devenir des super-héros" qui s'adressent à un lectorat plutôt jeune et en même temps le ton du récit et certains éléments des intrigues sont nettement plus mûrs et s'adressent à des adolescents voire parlent même à des adultes. La situation du plus jeunes des frères dans le tome 4 notamment est franchement sombre, et on se demande comment ça va tourner s'il continue sur cette voie. Et la relation amoureuse entre le plus grand des frères et son amie collégienne est notamment assez compliquée, loin d'une petite romance banale. En outre le rythme narratif est également un peu lent, avec relativement peu d'action.
Mais en même temps la situation des personnages évolue au fil des tomes, et arrivé en fin de tome 4, le dernier paru à ce jour, on a très envie de savoir la suite. Quant au dessin, il est plutôt mignon (ce qui là encore semble s'adresser plutôt à un jeune lectorat) mais tout à fait plaisant et efficace pour tous publics.

C'est dans l'ensemble une plutôt chouette série, avec juste un peu de lenteur dans son déroulé qui pourrait empêcher de tomber totalement sous le charme, mais hormis cela elle a beaucoup de qualités.

Nom série  L'Ours-Lune  posté le 24/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Si le premier tome de ce diptyque pose bien son ambiance, il se lit un peu trop vite pour se suffire à lui-même. Mais à l'inverse, le second tome m'a moins enthousiasmé car j'ai trouvé son récit plus basique, moins prenant.

J'ai bien apprécié l'ambiance de ce fort coupé du monde, sous la neige et dans le froid. Et le mystère autour de ce capitaine devenant soudainement berzerk et des indiens à sa poursuite donnait une bonne accroche.
Mais dans le second tome, le récit tourne trop à l'action, avec surtout beaucoup trop de morts à mon goût. Non pas que je sois réticent aux récits violents avec beaucoup de cadavres, mais encore faut-il que l'intrigue le justifie vraiment. Là, on a des indiens qui se jettent en sacrifice pour tuer encore plus de tuniques bleues, et tout le monde se massacre à qui mieux mieux.
Sans parler du méchant particulièrement manichéen (je ne parle pas ici du shaman indien) qui ajoute encore à la violence et aux morts gratuites, pour des objectifs mesquins et sans envergure.

J'ai vu dans ce récit un simple divertissement qui commence bien mais dont la conclusion ne me convainc qu'à moitié. Et surtout c'est une intrigue qui ne sort pas tellement des sentiers battus du récit d'action et fantastique donc elle ne marquera pas vraiment les mémoires.

Nom série  Spirou - L'espoir malgré tout  posté le 23/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L'Espoir malgré tout est une bonne bande dessinée et une suite cohérente au très bon album "Le journal d'un ingénu". Pourtant je l'ai moins appréciée que ce dernier.

L'intrigue place Spirou et Fantasio, respectivement adolescent et jeune homme, dans le cadre de la seconde guerre mondiale en Belgique et peut-être au-delà de ses frontières par la suite. On y suit le jeune Spirou encore tout secoué et amoureux de sa rencontre avec la jeune Kassandra, inquiet de ce qu'elle a pu devenir après avoir été renvoyée dans l'Allemagne nazie alors qu'elle est juive et son père communiste. Mais alors qu'il désespère d'obtenir de ses nouvelles, c'est la guerre qui s'invite à Bruxelles et le force à fuir tout d'abord avec son ami Fantasio, puis à s'adapter au contexte étrange de la Belgique occupée.

Malgré quelques tentatives de légèreté et d'humour avec le comportement extravagant de Fantasio et quelques naïvetés de Spirou, c'est une histoire que j'ai trouvée nettement plus sérieuse que celle du Journal d'un ingénu. On est parfois à la limite du pur récit historique voire même de la fable moralisatrice quand on voit les leçons de morale justement apportées au cours de nombreux dialogues au fil des rencontres de notre héros. C'est instructif, c'est plein d'informations judicieuses et d'une philosophie pleine de sagesse, mais ce n'est pas bien drôle. D'autant que je n'ai pas accroché aux gags liés à Fantasio qui y joue pour moi un personnage plus agaçant qu'attachant. Sans parler du comportement de Spirou, certes conforme à sa devise "Spirou ami, partout, toujours" mais qui est parfois un peu pénible de bien-pensance, même si ce n'est heureusement pas trop appuyé car on le voit souvent réaliser de lui-même qu'il est loin de tout comprendre et tout maîtriser.

Voilà, j'ai indiqué là les reproches qui font que j'ai moins apprécié le début de cette série que le Journal d'un ingénu. Mais ça n'en fait pas moins une bonne bande dessinée et une plaisante lecture.
Le dessin d'Emile Bravo est toujours aussi agréable. Et si je ne suis pas très fan de son Fantasio (car je n'étais déjà pas très fan de celui de Jijé), je trouve son dessin de Spirou très bon. Et d'ailleurs j'ai beaucoup aimé le passage où il est habillé façon Tintin.
Si l'histoire ne m'a pas complètement accroché, elle est quand même intelligente et pleine de bonnes idées et de bons personnages secondaires. Et puis elle est bien racontée.
Alors peut-être que je rehausserai ma note si la suite offre une intrigue un peu plus posée et plus captivante.

Nom série  Nymphéas noirs  posté le 22/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Nymphéas noirs est à l'origine un roman à succès de Michel Bussi publié en 2011. C'est Fred Duval (Travis, Carmen Mc Callum, ...) qui va prendre soin de l'adapter au format bande dessinée, avec l'aide de Didier Cassegrain (Tao Bang, Code Mc Callum, ...) au dessin.

C'est un polar ayant pour cadre la petite ville de Giverny, bourgade normande où Claude Monet avait fait construire ses fameux jardins et son bassin aux Nymphéas. L'histoire tourne autour de trois femmes : une dame âgée vivant en solitaire, une belle institutrice et une fillette douée pour la peinture. Cela commence par un meurtre, celui d'un notable de la ville, et par l'enquête d'un fringant policier décidé à trouver le coupable, et peut-être avant cela d'éventuels témoins. Avec lui, nous allons évoluer dans cette petite ville et son univers presque en huis-clos, marqué par l'empreinte du célèbre peintre impressionniste mais aussi par un drame issu du passé.

Le dessin de Didier Cassegrain est proprement superbe. J'aime la façon dont il rappelle en permanence par son ambiance, sa lumière et ses couleurs les œuvres impressionnistes de Monet tout en conservant son propre style pour les personnages. Il le fait de manière suffisamment discrète pour ne pas gêner le récit, en conservant une narration impeccable, tout en plongeant le lecteur dans l’atmosphère des tableaux du maître. Et quand il fait véritablement une référence directe au contenu de ces tableaux, comme dans sa représentation de la Cathédrale de Rouen, je ne peux qu'admirer la beauté de son dessin et de sa peinture.

Portée par ces belles planches, l'histoire coule avec plaisir. L'enquête policière en prend la plus grand part mais on suit en parallèle également l'histoire plus légère et artistique de la jeune fille et celle énigmatique de la vieille dame qui semble tout savoir et manipuler son monde dans l'ombre. L'intrigue est complexe et le lecteur se pose dès le départ la question de comprendre le lien entre les trois femmes et ce fameux meurtre, pour découvrir qui est le coupable. Les indices sont disséminés peu à peu mais plongent régulièrement dans la perplexité car les pièces du puzzle semblent ne jamais vouloir complètement s'imbriquer.

Cette perplexité va être levée d'un coup dans l'épilogue de l'album. Et là j'ai réalisé que je m'étais fait avoir comme un bleu ! Le retournement final est tel que je suis allé vérifier toutes les planches précédentes pour voir s'il y avait une incohérence. Mais non ! Tout est réalisé à la perfection, et je suis complètement tombé dans le panneau. C'est fait de manière excellente, impeccable ! Je tire vraiment mon chapeau aux auteurs pour avoir réussi ce tour de force dont je ne peux évidemment rien révéler sous peine de gâcher la surprise.

Superbe album ! Des planches de toute beauté, une ambiance excellente, une triple histoire prenante, une enquête qui tient la route, et surtout donc ce twist final qui sublime d'un coup l'oeuvre dans son ensemble. Chapeau !

Nom série  La Page blanche  posté le 22/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un album qui part d'une idée originale et plutôt bien exploitée : celle d'une jeune femme qui prend conscience qu'elle a complètement oublié qui elle était et de quoi est faite sa vie. Elle va alors enquêter sur elle-même pour tenter de retrouver la mémoire et comprendre qui elle est, qui elle était ou bien si elle est bien celle qu'elle semble avoir été.

J'ai bien accroché à la plus grosse partie de l'album. Le dessin de Pénélope Bagieu convient bien pour raconter l'aventure intime de cette jeune urbaine proche de son propre personnage dans son blog. On sent l'imaginaire de Boulet dans la mise en scène de ce récit sur une base de fantastique discret.
Cependant, j'ai trouvé que le récit tirait un peu en longueur. J'ai commencé par trouver bizarre cette manie de l'héroïne de vouloir comprendre toute seule sans rapidement chercher l'aide de la médecine et sans expliquer avant un moment son problème à qui que ce soit. Et quand elle le fait enfin, je continuais à trouver bizarre qu'elle tienne à conserver autant que possible son secret et à mettre autant de temps à suivre la piste familiale.
Et puis évidemment dans un tel type de récit, on a hâte de comprendre la clé de l'énigme. Ce qui fait que j'ai été un peu déçu par la fin un peu en queue de poisson. Mais forcément, il aurait été probablement difficile de faire autrement.
Malgré ces quelques reproches, ce fut une lecture sympathique et bien menée.

Nom série  Les Zindics Anonymes  posté le 20/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les Zindics Anonymes, ce sont les jeunes Tom et Lilia, et accessoirement aussi un peu la petite sœur de Tom. Pourquoi ce pseudonyme ? Car le père de Tom est capitaine dans la police judiciaire et le jour où Tom découvre qu'il a peut-être les moyens d'aider son père dans une grosse enquête en cours, il souhaite le faire sans qu'on sache que cela vient de lui, pour ne pas s'impliquer d'une part mais également pour ne pas se mettre en danger, lui et ses proches. C'est ainsi qu'avec Lilia, ils vont mener leur enquête de leur côté, avec leurs moyens d'adolescents débrouillards et faire en sorte de communiquer l'essentiel vers la police avec les moyens modernes à leur disposition pour ne pas se faire reconnaître.

C'est plutôt bien fait car les auteurs jouent la carte du réalisme. Technologies actuelles sont mises à profit, parfois même de manière plutôt didactique, comme on le retrouve notamment dans la page d'avertissement contre les dangers d'Internet en fin d'album.
Le dessin est moderne, avec une légère influence manga pour les expressions des visages notamment (quoique certains sourires me fassent aussi beaucoup penser à ceux de Didier Tarquin pour Lanfeust et sa clique).
Cette influence du manga, j'ai eu aussi l'impression de la retrouver dans le découpage du récit. L'accent est en effet beaucoup mis sur les dialogues entre les protagonistes, et leur découpage est réalisé avec peu d'ellipses et donc occupe parfois plusieurs planches à la suite, d'où peut-être une pagination sensiblement plus grosse que les classiques 48 pages des récits tous publics habituels.
Le récit est bien mené et l'attention du lecteur ne se relâche pas. Il y a un soupçon de facilité parfois qui rappelle que l'intrigue s'adresse également au jeune public mais l'ensemble tient bien la route.
C'est sympa. Je suis curieux de voir d'autres enquêtes de ces jeunes Zindics Anonymes et voir s'ils peuvent se renouveler.

Nom série  Kid Noize  posté le 20/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Derrière le pseudo Kid Noize se cache un véritable DJ et compositeur electro-pop belge que je ne connaissais pas (mais je viens d'écouter plusieurs de ses musiques sur Youtube, et ce n'est pas mal du tout !). Celui-ci a la particularité de masquer en permanence son visage derrière un faciès simiesque, façon Planète des Singes. Et c'est donc ce fameux DJ qui s'est associé au scénariste Kid Toussaint et au dessinateur Otocto pour entamer une série qui le mettrait lui-même en scène dans un univers issu de son imaginaire, et dont le clip de sa chanson Océan ressemble d'ailleurs à une mise en bouche.

C'est la première BD d'Otocto et je dois dire que j'aime beaucoup son graphisme. Son trait est moderne, dynamique et efficace. Et forcément, l'ambiance electro et le visage de chimpanzé de Kid Noize y rappelleront un peu l'influence de Gorillaz.

L'histoire est un peu légère mais assez sympathique au final. Longtemps on se demande ce que sont ces bizarres livreurs venus d'une sorte de monde parallèle étrange et si tout cela n'est pas que de l’esbroufe, à l'image du comportement un peu trop débonnaire du héros Kid Noize. Mais quand le contenu des boites à livrer est finalement révélé, l'idée n'est pas mauvaise et plutôt jolie.
Je ne sais pas s'il y a vraiment matière à en faire toute une série, mais ce premier tome est en définitive bien agréable et m'a permis de découvrir à la fois ce DJ et son dessinateur.

Nom série  Deathfix  posté le 20/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Derrière une couverture qui ferait plus penser à un album d'humour se cache un polar dans le milieu du foot Russe, avec matchs truqués, homophobie et mafia chinoise.

Même si le ton reste léger, c'est un véritable thriller et un plutôt bien ficelé qui plus est. Il prend pour héros l'entraîneur hollandais de l'équipe du Moscou SC. Celui-ci est tiraillé entre les manigances du président de son club, ami intime de Poutine qui joue avec les résultats de son équipe au gré de ses arrangements avec ses autres amis oligarques, et les Chinois qui veulent eux aussi truquer ses matchs à coups de pots-de-vins et de menaces. Le jour où son homosexualité va être découverte par les Chinois, l'entraîneur va se retrouver dans une situation aussi délicate que mortelle.

C'est un récit prenant et qui ne manque pas d'une petite touche d'humour. Le style du dessin rappelle celui de Riad Sattouf et permet d'alléger une histoire qui autrement aurait quelques côtés plutôt sombres. C'est un album assez épais mais qu'on lit d'une traite sans s'en rendre compte car la narration est accrocheuse, l'idée originale et le récit bien mené. Et le pire c'est que l'intrigue reste assez réaliste malgré ses quelques extravagances.

Nom série  Champignac  posté le 19/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L'album Enigma met en scène un comte de Champignac à priori dans la trentaine ou quarantaine, en pleine Seconde Guerre Mondiale. On le retrouve souriant et débonnaire, avec son petit côté fantasque et sa passion pour la science et les champignons. Derrière sa moustache ici encore brune, on retrouve bien le personnage des aventures de Spirou, juste en un peu plus jeune.
Il devra ici quitter son château annexé par les soldats nazis et rejoindre l'Angleterre et plus précisément le site de Bletchley Park où se déroulent en secret les tentatives anglaises de décryptage des communications de l'armée Allemande. Il côtoiera alors une part de la Grande Histoire, auprès du fameux Alan Turing notamment. Et il y fera aussi la rencontre d'une jolie écossaise, à l'esprit aussi vif et curieux que le sien, dont il tombera vite sous le charme.

Ceux qui connaissent un peu le parcours du décryptage du Code Enigma et la vie d'Alan Turing ne seront pas dépaysés. Le scénario comporte bien des points communs avec celui du film The Imitation Game, avec Benedict Cumberbatch, ou encore avec le roman de Neal Stephenson, Cryptonomicon. J'ai néanmoins pris plaisir à l'explication bien plus didactique et claire du fonctionnement du décryptage et de la machine Enigma en particulier que celle du-dit Cryptonomicon où à l'époque de ma lecture je n'avais pas compris grand chose. L'explication avec des dessins permet de bien mieux comprendre.
Cette partie didactique très présente lors de la première moitié de l'album et qui peut surprendre laisse cependant heureusement vite la place à un récit plus léger, mêlant aventure, humour et une part de romance. Et le fameux Alan Turing n'est ici qu'un personnage secondaire car c'est bien le souriant et aimable Champignac que l'on suit avant tout, et ce avec plaisir.

D'autant plus que le dessin est proprement superbe. Les planches sont travaillées, belles, élégantes et dynamiques à la fois. Et la couleur est suffisamment sobre pour nous rappeler qu'il s'agit d'un récit s'inscrivant en partie dans la réalité historique, et joyeuse pour ne pas oublier que c'est une histoire légère et propre à amener le sourire.

Je ne regrette que quelques clins d'oeil un peu trop lourdement appuyés, notamment celui à Ian Fleming. Mais j'imagine que c'est un choix réalisé dans l'optique d'un lectorat grand public pas forcément au courant du nom de l'auteur de James Bond.

J'ai beaucoup aimé cet album. Champignac est annoncé pour le moment comme un one-shot mais si une suite pouvait être de cette qualité, j'apprécierais volontiers que cela devienne une série.

Nom série  Noragami  posté le 03/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Noragami est un shonen mettant en scène les divinités du folklore japonais évoluant sur Terre et côtoyant certains humains capables de les voir. Nous allons suivre en particulier un trio composé de Yato, divinité mineure qui voudrait se faire adorer des humains malgré son caractère trop direct et son manque apparent d'empathie, Hiyori, jeune fille qui après avoir échappé à la mort peut voir les créatures du monde surnaturel, et Yukine, fantôme d'un adolescent que Yato a accueilli à ses côtés pour qu'il lui serve d'arme vivante contre les forces du Mal. Puis au fil des tomes, les personnages que vont côtoyer ces trois là vont devenir de plus en plus nombreux tandis qu'on en apprendra peu à peu davantage sur le passé des protagonistes et le mystère de leurs relations compliquées.
Et ce seront les conflits et les manigances des uns contre les autres qui formeront le coeur des intrigues des différents arcs narratifs. Car la série se compose d'arcs de 3 à 4 tomes chacun avant de prendre davantage son envol en un arc plus long et non encore achevé à partir du numéro 14.

L'auteur, Adachitoka, est en réalité un duo composé de deux femmes mangaka. Leur influence féminine se ressent dans le côté davantage sentimentale et tourné vers les relations entre les protagonistes plutôt que vers l'action. On le retrouve aussi dans le fait d'axer une grande partie de leur intrigue sur la découverte du passé et l'évolution en profondeur des protagonistes.
Le dessin est très bon en ce qui concerne les personnages. Les décors sont plus rares et souvent réduits au strict minimum mais ils ne sont pas laids du tout pour autant. Le seul reproche que je pourrais faire concernerait la clarté relative de certaines scènes d'action, mais rien de bien grave.

Ce n'est pas un manga que je qualifierais de vraiment prenant. L'intrigue prend beaucoup de temps à se mettre en place et son accroche n'est pas exceptionnelle. C'est plutôt le genre d'histoire destinée à ceux qui vont s'attacher aux personnages. Ça n'a pas été véritablement mon cas même si je ne les ai pas trouvés désagréables, à part peut-être en ce qui concerne Yukine avant la fin du 3e tome. Mais c'est une lecture agréable, et peu à peu les intrigues deviennent plus accrocheuses même si cela demande beaucoup de tomes avant d'y parvenir.

Nom série  Le Procès (Actes Sud)  posté le 03/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cette BD est l'adaptation du roman de Franz Kafka du même nom. Il s'agit d'un récit typique de l'auteur d'où provient l'adjectif Kafkaïen, un récit absurde, plus ou moins onirique, présentant une société loufoque et oppressante au milieu de laquelle se débat misérablement un héros qui est la personnification de son auteur. Celui-ci, nommé Joseph K. dans cet ouvrage, est un beau jour mis en accusation sans savoir de quoi on l'accuse et il doit se rendre à son propre procès sans savoir contre quoi ou qui il doit se défendre tandis que le monde entier semble devenu fou et ligué contre lui, à moins qu'il soit lui-même son pire ennemi.

L'adaptation est sans doute trop fidèle. Sa lecture est très dense, avec beaucoup de texte narratif directement issu du roman. Ça en devient vite assommant.
A la complexité et la confusion du récit original s'ajoute celle d'un dessin et d'une mise en scène où avant-plans, arrière-plans et éléments ajoutés se mélangent dans un embrouillamini qui alourdit encore plus la lecture. D'autant plus que le graphisme en lui-même n'est guère attrayant, avec un style réaliste austère et des visages aux expressions figées comme des masques de cire, qui semblent comme une succession de copiés-collés posés les uns après les autres sur l'image sans souci d'une intégration naturelle avec le reste du décor.

Concrètement, je n'ai pas réussi à lire cet album. Il m'a trop vite ennuyé, trop vite assommé. Arrivé au bout d'une trentaine de pages, je me suis mis à le survoler, m'attardant sur certains passages suivants au gré de ma curiosité et sur la fin évidemment mais sans jamais y trouver davantage d'attrait et en m'étonnant qu'autant de pages de bande dessinée aient pu être produites sur un tel canevas.

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