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Nom série  Charlotte Impératrice  posté le 17/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nury au scénario, et Bonhomme au dessin, a priori voilà de quoi attirer le lecteur que je suis, y compris ici, vers un sujet qui ne me passionnait pas de prime abord.
Après un départ un peu lent qui a failli me refroidir, je me suis laissé captiver par cette histoire, pour laquelle les deux auteurs ont réussi du bon travail.

Le parti-pris de Nury est de placer au centre Charlotte, qui, de victime naïve offerte en sacrifice (son mariage) va se révéler à elle-même et aux autres – avec l’aide à un moment de son frère – et finalement faire de son mari, Maximilien, sa marionnette (il est vrai que tout le monde semble vouloir l'utiliser ainsi !). Ce qui va les entrainer dans une situation ubuesque, lorsque ce dernier accepte de jouer le guignol au Mexique.

Je me fiche personnellement de savoir ce que Nury a modifié de la réalité ou de la personnalité des protagonistes, ce n’est pas une étude historique, et l’Histoire n’est ici qu’un prétexte je crois.

Quant au dessin de Bonhomme, il est comme toujours classique et bon, du franco-belge semi-réaliste qui aide clairement à fluidifier la lecture.

A voir ce que vont en faire les auteurs. Mais pour le moment, c’est un pari globalement réussi. Et je serai là pour la suite. Et réévaluerai sans doute ma note (3,5/5).

Nom série  Meder  posté le 17/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Réédité chez L’Association – dont il était un pilier, cet album avait connu une première édition chez Futuropolis en 1988. C’est d’ailleurs sans doute l’une des premières publications, si ce n'est la première de Jean-Christophe Menu.

Meder est le personnage principal, le héros d’histoires courtes (d’une page le plus souvent, de deux pages parfois). Les aventures ou mésaventures qu’il vit s’enchaînent, j’allais dire s’empilent, tant Menu semble ici donner dans une sorte de surenchère, confinant parfois au défouloir.

Le ton est à l’humour noir, avec pas mal de scato, de trash pour enrober le tout (après tout, Meder est bien l’anagramme de merde…). C’est un genre que j’apprécie d’habitude, et j’ai aimé quelques-unes de ces petites histoires. Mais la plupart d’entre elles m’ont laissé un peu froid – alors même que le dessin de Menu n’est pas de ceux qui me touchent.

C’est une petite curiosité, à réserver je pense aux fans de l’auteur.

Nom série  Coco, Facho and Co.  posté le 17/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Trois tomes ont semble-t-il été publiés en Espagnol (si j’en crois le quatrième de couverture), mais à ma connaissance (malgré la mention ici de premier tome), seul cet album a fait l’objet d’une publication en Français.

Il rassemble une grosse vingtaine d’histoires courtes (de deux pages chacune) qui dénoncent généralement par l’absurde et un humour souvent noir, le fascisme et les dictatures (Gimenez vise ici évidemment – mais pas seulement – le Franquisme), mais aussi la suffisance et la violence sociale imposées par certains patrons aux classes sociales « inférieures ».

On l’a compris, sous couvert de faire rire, l’auteur produit là un album engagé. Ou alors souhaite-t-il, sous couvert de ces marqueurs politiques, nous faire rire. Toujours est-il que c’est globalement réussi. Par forcément hilarant, mais le côté caustique de Gimenez (que l’on connait déjà dans d’autres séries, comme les Paracuellos) fait souvent mouche.

Et son dessin, jouant parfois sur la caricature, d’autres fois sur un classique franco-belge, est vraiment efficace et très bon (et dans un bon Noir et Blanc, contrairement à ce que la couverture pourrait laisser supposer).

Nom série  Les Droits de l'Homme  posté le 17/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après une introduction rappelant les articles de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, chacun des six auteurs (Palacios, Gimenez [Juan], Eisner, Manara, Goetzinger et Breccia) illustrent d’une histoire courte (une dizaine de pages généralement) l’un des articles emblématiques de cette Déclaration.

L’objectif – sensibiliser les lecteurs et plus largement les citoyens à ces droits et les pousser à les défendre – est très louable. Reste que cet album, si on ne l’évalue que pour ses qualités « BD » est plutôt décevant.

En effet, chaque auteur n’a que peu de place pour développer son idée. Et le télescopage des styles peut aussi perturber (entre Palacios, Manara ou Breccia par exemple, il y a quelques différences !).

C’est ainsi que la plupart de ces histoires sont décevantes : seules celle sur la torture m’a paru convaincante. L’histoire de palacios est ultra courte (il illustre le droit d’avoir un procès par l’exemple du Christ et de Ponce Pilate), mais j’ai trouvé (comme souvent avec lui) son dessin très beau (c’est mon préféré dans ce domaine dans cet album hétéroclite.

Une curiosité à emprunter à l’occasion, mais qui ne satisfera sans doute que les afficionados des auteurs participants – ou les collectionneurs compulsifs de tout ce qui touche à la défense des droits de l’homme (cause évidemment éminemment défendable et sympathique).
Note réelle 2,5/5.

Nom série  De Profundis  posté le 15/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le dessin de Michaud (que j’avais découvert sur Le Pays Miroir) est plutôt chouette, même s’il laisse l’impression d’avoir été insolé, comme si parfois l’encrage manquait.

L’intrigue démarre sur un postulat accrocheur : l’assèchement de la retenue d’un barrage, qui avait englouti un village et quelques secrets, fait revenir à la surface le passé, l’héroïne cherchant à en savoir plus sur son père – officiellement suicidé, mais… Rapidement l’histoire s’embarque dans un décorticage des mœurs politiques, une mise en lumière – et au pilori- de ce microcosme d’ambitieux.

Reste que le déroulement est trop lent à mon goût, cela manque singulièrement de rythme. De plus, je suis admiratif et surpris par la relative impassibilité de cette héroïne devant les événements qui accompagnent sa quête : les morts s’accumulent sans que cela ne la perturbe outre mesure. Et je suis au moins aussi surpris par la facilité avec laquelle les deux tueurs dézinguent à tour de bras sans être trop inquiétés – par la police par exemple…

Par ailleurs le texte en voix off, relativement abondant, gêne un peu la lecture en parallèle des dialogues (d’autant plus que ce texte use d’une police franchement minuscule !).

Comme pour Le Pays Miroir, du même duo, je trouve que l’histoire ne tient pas les promesses du début. Ici, assez rapidement, je me suis lassé, malgré quelques rebondissements, et j’ai fini l’histoire un peu à reculons.
Note réelle 2,5/5.

Nom série  Marijuana à Tijuana  posté le 12/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Rand Holmes est un auteur de l'underground nord-américain intéressant et quelque peu original. En effet, son dessin est à la fois classique et relativement soigné, ce qui le distingue de la majorité de ses collègues.

Pour le reste, à part cet aspect là, nous sommes bien ici dans une ambiance underground, mais aussi datée. On retrouve dans cette histoire loufoque ce qui faisait le sel de la contre culture des années 1960-1970: le sexe décomplexé, la drogue, les voyages (y compris virtuels à l'aide de substances illicites). Holmes baigne dedans et fait de ses personnages des vecteurs de ce message: rien n'est tabou, et les règles sont là pour être transgressées.

Sinon, l'intrigue qui sert de fil rouge à ce petit défouloir gentiment trash est assez simpliste. Empêtré dans quelques mouises, le héros se retrouve embarqué dans un trafic de drogue. Tout n'est pas réaliste, loin s'en faut, et le second degré et l'humour font plus qu'affleurer. Mais la lecture est sympathique.

A noter que j'ai lu cette histoire dans l'album "anthologique" paru aux éditions du Triton quelques années plus tard (dans lequel elle est reprise avec d'autres, que je vous recommande), à savoir Chères Fraîches.
C'est une curiosité datée, mais qui a gardé sa fraicheur, et qui devrait contenter certains lecteurs curieux.

Nom série  Pan ! T'es mort !  posté le 12/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà un album qui intéressera les amateurs d’humour noir, puisque les strips en sont imprégnés. Tout tourne autour de la mort. Non pas en tant que personnage, mais plutôt dans la manière de la donner, de l’attendre, ou de la recevoir contre son gré.

On retrouve l’humour typique de Terreur Graphique, ici accompagné d’un dessin brut de décoffrage de Guerse. Pas de fioriture donc, que ce soit pour les mots et les images.

Comme souvent dans ce genre d’entreprise, c’est inégal, mais globalement c’est réussi, et j’ai bien aimé ma lecture, le sourire, voire plus aux lèvres.

Du bon humour noir (note réelle 3,5/5).

Nom série  The End  posté le 10/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Zep continue à sortir périodiquement de sa zone de confort chez Glénat (autour de Titeuf et autres séries plutôt dédiées à un jeune lectorat) pour publier – chez Rue de Sèvres entre autres, comme ici, des albums plus ambitieux et plus tournés vers un lectorat adulte.

Le titre de l’album renvoie à la fois à la passion d’un personnage pour les chansons des Doors (ce titre très beau est pour moi lié au générique d’ « Apocalypse Now ») et au déroulé de l’intrigue, qui fait mine de nous amener à une fin du monde.

C’est une sorte de fable écolo, mâtinée d’une sorte d’enquête quasi policière qui, comme toute bonne enquête, nous emporte sur de multiples fausses pistes. Ici sur un rythme assez lent, doux, planant – et l’habillage, avec cette colorisation usant d’une sorte de bichromie, accentue ce côté à la fois étrange, inquiétant et nébuleux de l’histoire.

Cela se laisse lire, assez rapidement malgré l’importante pagination, car le texte n’est pas abondant. Je regrette toutefois des personnages à la personnalité juste effleurée, et une fin un peu abrupte et manquant de vraisemblance (sans trop spoiler : pourquoi ce type survit, pourquoi ce point de rendez-vous des survivants, que tous rejoignent « instinctivement ?).

A emprunter à l’occasion.

Nom série  A la recherche de Peter Pan  posté le 10/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le démarrage est un peu lent, mais la suite de l’histoire – sans que le rythme ne s’accélère trop d’ailleurs – est assez captivante. Cosey a su bâtir une histoire intéressante, sur des faits presqu’anodins. Il n’y a pas d’esbroufe ici, c’est même assez bucolique, parfois. Presque une affaire d’ambiance, davantage qu’une intrigue.

Le personnage principal – double de l’auteur ? – observe la nature, les habitants de ce coin reculé des montagnes suisses, cherchant à objectiver, lier les détails qui sortent de l’ordinaire. Cela lui permet de retrouver son frère – du moins de mieux le connaître – et de faire connaissance avec ceux qui se cachent, et constituent en fait le vrai côté vivant de ces montagnes. Il découvre tous les secrets en même temps.

Les deux albums se laissent lire facilement, agréablement et rapidement, mais il faut être réceptif à cette aventure quasi contemplative. J'avoue avoir été un peu laissé sur le côté parfois par cette histoire nonchalante.

Le dessin de Cosey, à la fois classique et personnel, usant d’un trait efficace, gras, rend très bien les paysages – diurnes et nocturnes – de ces Alpes suisses.
Reste que je ne sais pas si j’y retournerais…

Nom série  Ikar  posté le 09/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tiens, étrange série que celle-ci, avec une entame classique pour de l’héroïc fantasy, assez sanglante, pour présenter les différents peuples et les guerres qui les opposent. Mais avec aussi un ton qui se veut humoristique, second degré, l’ensemble hésitant souvent entre les deux (les noms des personnages, très longs et quasi imprononçables, et qui me font parfois penser à des termes médicaux, accentuent le côté « pas très sérieux »).

Cela se laisse lire, mais tourne trop souvent à la bataille rangée, à l’empilement de scènes où des barbares s’écharpent (c’est aussi le cas des époux qui dirigent le camp des « gentils », qui eux pimentent leurs relations amoureuses avec des échanges de coups).

Sans doute aurait-on pu aller vers quelque chose de plus varié, genre La Quête de l'Oiseau du Temps. Le bestiaire présent dans ce diptyque pouvait rapprocher les deux séries. Mais ce n’est hélas qu’un regret de ma part.

Quant au dessin, il est correct, voire bon sur certains passages. Mais les décors sont quasi absents, et le dessin lui-même, mais aussi et surtout la colorisation font très vieillot, terne – je ne sais si cet effet était recherché.

Au final, ces albums peuvent offrir une lecture plaisante, mais je ne me vois pas les acheter. Un emprunt m’a suffi.

Nom série  Haut de gamme  posté le 08/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Binet fait avec cette série une de ses rares infidélités à Fluide Glacial (Dargaud devait lui faire du pied depuis longtemps pour l’avoir à son catalogue je pense), sur un thème nouveau pour lui, à savoir la musique, en tout cas celle que souhaite jouer des amateurs (pas toujours éclairés !) et enseigner des passionnés déclassés (déprimés et au bord du renoncement).

Des décors quasi absents, un dessin en Noir et Blanc avec une sorte de lavis, des personnages rondouillards, assez statiques, mais avec des tronches souvent très expressives (jouant plus sur le renfrogné, le râleur, le dégoûté que sur la joie de vivre), on est bien là en terrain connu pour le lecteur de Binet.

C’est certes inégal, mais globalement j’ai bien aimé, et la majorité des historiettes, des gags m’ont au minimum fait sourire. En tout cas, même si ce n’est pas du niveau de sa série phare Les Bidochon, c’est quand même une lecture agréable.

Il faut dire que je n’ai que très rarement été déçu par Binet (l’ai-je déjà été d’ailleurs ?, moi qui aime beaucoup cet auteur).
Note réelle 3,5/5.

Nom série  Tower  posté le 08/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voilà une série que j’ai découverte assez récemment, dans laquelle je me suis plongé assez facilement, mais que j’oublierai sans doute tout aussi aisément.

La trame générale de l’intrigue est des plus classiques, pour ne pas dire déjà vue – très souvent, au ciné ou en BD. A savoir un ancien membre d’une cellule terroriste de l’IRA, retiré des affaires, et que son passé rattrape. Il doit alors éclaircir certains vieux secrets, et solder certains comptes, pour rompre définitivement avec ce passé – et ses anciens camarades (ou adversaires) – qui le poursuivent.

Pas très original donc, et le traitement ne l’est pas beaucoup plus. En effet, les « rebondissements », s’ils entretiennent un peu l’action, ne renouvellent pas le genre et font ronronner cette série. Le troisième album est d’ailleurs le moins intéressant, avec une bagarre qui occupe presque cinq pages, assez révélatrice du peu de consistance de l’ensemble – et ce d’autant plus que les révélations principales ont déjà eu lieu.

Surtout, ce dernier album est clairement raté graphiquement. En effet, si dans les deux premiers le dessin classique et daté passait encore (et surtout pour les décors, car les visages sont souvent ratés, avec des changements de physionomie regrettables), ce troisième et dernier album montre un dessin bâclé, franchement moche, avec des personnages dont les traits diffèrent de ceux des albums précédents. Ce dessin raté accentue donc le manque d’intérêt engendré par l’histoire elle-même, et me fait arrondir à deux étoiles.

Ce qui aurait pu être une histoire de genre, bien menée mais sans âme, se révèle au final décevante et dispensable.

Nom série  Zélie nord-sud  posté le 08/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est une sorte d’album de commande, avec tout ce que cela peut sous-entendre, c’est-à-dire que l’auteur est forcément bridé – même si visiblement le projet tenait à cœur à Cosey. En effet, cet album fait partie d’un projet humanitaire (incluant des kits d’information à destination de scolaires) et a pour but d’illustrer l’aide humanitaire apportée par un organisme officiel suisse à certaines régions d’Afrique, en l’occurrence ici au Burkina-Faso.

Nous suivons donc le retour d’une jeune Burkinabaise, Zélie donc, qui avait été adoptée par un couple suisse, qui revient dans son pays, et qui, avec l’aide d’un humanitaire suisse, traverse les régions déshéritées. C’est l’occasion de voir, l’une après l’autres, toutes les actions humanitaires mises en œuvre, qui ont toutes pour but de placer les habitants du pays au cœur des décisions, et cherchent à leur laisser une certaine autonomie.

L’action est évidemment louable, comme l’est l’histoire narrée par cet album. Mais hélas, les bons sentiments ne font pas forcément de grandes histoires. Et celle-ci, si elle se laisse lire, n’est pas très intéressante, captivante en elle-même. La trame est indigente, et l’ensemble ne vaut que pour l’énumération des actions humanitaires, et pour le rappel de la situation qu’affrontent certaines populations (Zélie elle-même devenant peu à peu un élément du décor, s’effaçant derrière les actions humanitaires visitées).

Le dessin de Cosey est de qualité, mais ne suffit pas pour rendre cet album plus intéressant qu’une belle brochure d’une ONG (j’exagère sans doute, mais c’est un peu le ressenti que j’ai eu).
Note réelle 2,5/5.

Nom série  Petit Verglas  posté le 07/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Corbeyran signe ici un récit à la fois doux et dur, intimiste et universel, assez éloigné de certaines de ses surproductions. En tout cas son scénario ne surjoue pas le côté fantastique, qui est justement dosé pour pimenter le récit, d’une beauté étrange et dérangeante.

Le sort de « Petit Verglas » pauvre cobaye au service de l’ambition scientifique froide et hypocrite d’un homme, est assez bouleversant. Même si Corbeyran ne nous rend pas forcément attachante la jeune fille. Et même si la vedette lui est presque volée par un autre compagnon d’infortune et de détresse : les deux useront finalement de moyens différents pour « guérir » leur entourage.

Le dessin de Sattouf est surprenant, en tout cas différent du style que je lui connaissais. Ici c’est plus semi réaliste, avec quelques défauts, mais un rendu dont la maladresse – feinte ou pas – colle très bien au récit, aux tâtonnements de celui-ci.

Un triptyque qui se lit vite (beaucoup de cases muettes – surtout dans le premier tome) et plutôt agréablement, malgré la gravité du sujet. Les longs passages en patois, lorsque la servante s'exprime, sont toutefois un peu gênants pour la fluidité de la lecture.
Série à redécouvrir en tout cas.

Nom série  Après la Bombe  posté le 06/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
« Après la bombe « est assez difficile à trouver – en tout cas j’avais mis du temps à mettre la main dessus. C’est que, attiré par l’humour noir, je ne pouvais que m’intéresser à cette œuvre de Bonvi.

En effet, on est là dans un monde post-apocalyptique, visiblement quelques temps après les ravages du feu nucléaire, et Bonvi nous présente, en quelques histoires courtes – qu’il nomme chroniques – la lutte pour la survie des êtres ayant échappé à la mort. Chroniques qui se lisent très vite (peu de cases, très peu de dialogues).

Et là on ne sait plus qui représente la « normalité », l’humanité, des bonnes femmes cherchant à sauver leur môme ou des gosses ayant muté. C’est un « struggle for life » bien cradingue, avec des décors simples mais qui font la part belle à la bouillie, aux ruines, dans lesquelles des restes d’humanité dézinguée disputent aux rats les morceaux de barbaque disponibles.
Gamins anthropophages, humains devenus proies des rats, Bonvi développe ici un univers désespéré et glauque (évidemment dans un dessin usant du Noir et Blanc !), avec un humour noir intéressant – même si je l’attendais un peu plus trash.

C’est en tout cas à redécouvrir.
Note réelle 3,5/5.

Nom série  Golden City  posté le 05/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà une série qui remplit le cahier des charges de la collection Série B, c’est-à-dire de l’aventure pas prise de tête, menée tambour battant, sans trop s’encombrer de psychologie ou d’épaisseur – de l’intrigue ou de la personnalité des protagonistes.

Un complot pas forcément original : on cherche à remplacer le magnat qui dirige une grosse société, mais le plan ne se déroule pas comme on l’attendait, quelques grains de sable faisant dévier la machination et l’histoire. Des rebondissements pas forcément surprenants parsèment l’intrigue. Une série de genre formatée et bien fichue, un bon petit plat industriel, qui réjouit artificiellement et temporairement nos papilles.

Le dessin est à l’unisson, relativement basique et efficace – même s’il n’est pas vraiment ma tasse de thé. L’Arrière-plan Science-Fiction (quelques accointances avec Aquablue parfois) ne fait que donner de l’exotisme à une intrigue pas forcément très originale.

C’est une série que l’on peut emprunter, pour un moment de détente, qui se laisse lire, mais qui se laisse tout aussi vite oublier hélas.
Note réelle 2,5/5.

Nom série  Vic Valence  posté le 04/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est une série que j’ai découverte sur le tard. J’avais eu l’occasion d’avoir un album entre les mains, et le dessin m’avait alors rebuté et j’avais refermé l’album sans aller plus loin. Une nouvelle occasion s’est présentée, et j’ai finalement lu les trois tomes.

Je dois dire que le dessin d’Autheman n’est pas de ceux qui m’attirent. Assez original pourtant, mais ce trait gras, un peu brouillon, pas forcément bon – mais jouant sûrement sur cet aspect fragile – ne m’a pas aidé à entrer dans l’histoire.

Mais j’ai insisté, et finalement, cela se laisse lire assez facilement. C’est de l’aventure assez classique (un peu de « Tintin », un peu de Théodore Poussin, une touche de Conrad, etc) du genre poisseuse –, et du coup le dessin s’apprécie sans doute davantage sous cet éclairage.

Quasiment tous les personnages – des principaux aux plus secondaires, voire même les simples figurants – sont borderline, vivent à l’écart des normes ou de la loi, que ce soient des paumés, des révolutionnaires et autres fonctionnaires corrompus. La moiteur de la jungle ou l’isolement insulaire les autorisent à s’inventer une vie marginale. Toute la noirceur, la crasse, la ruine des illusions – et les moyens illicites de les entretenir, s’étalent le long des pages de ce triptyque.

Au milieu de tout ça, Vic Valence traverse ces aventures avec un certain flegme. Chaque tome, s’il suit bien une trame commune, peut d’ailleurs presque se lire indépendamment.
De la bonne aventure crasseuse, nonchalante, sans prétention, mais qui m’a finalement assez plu, alors même que j’étais réticent au départ de ma lecture.

Nom série  Le Rêve prolongé de Monsieur T.  posté le 03/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Etrange album que celui-ci. Dans lequel j’ai eu un peu de mal à entrer, comme un sommeil que l’on cherche, et que l’on finit par trouver, sans savoir ce qui nous a donné la clé. Etrange et envoutant donc, cette histoire de rêves, dans laquelle on entre, sans savoir si c’est justement un rêve, ou si la réalité nous joue des tours.

C’est une sorte de mise en abimes, de poupées gigognes qui s’emboîtent, les liens qui les unissent n’apparaissant que tardivement. Mais si au départ cela semble obscur, Max retombe sur ses pieds finalement. Et nous avec lui.

Son dessin est vraiment chouette, dans un style semi réaliste agréable, et une utilisation du Noir et Blanc très intéressante.

Une histoire originale, bien menée et agréablement dessinée : voilà donc de bonnes raisons de jeter un coup d’œil sur cet album, injustement oublié semble-t-il.

Nom série  Midway  posté le 02/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Delitte n’est ici qu’au scénario – on est c’est vrai loin de la marine à voile qu’il affectionne – et traite ici pour la deuxième fois de la marine moderne japonaise (après Tsushima). Et c’est avec le même dessinateur, qui fait honnêtement son travail. Sans plus serais-je tenté de dire, mais c’est peut-être affaire de goût.


Toute la longue – trop longue – partie amenant à la bataille elle-même se laisse lire, mais si le rapide rappel de l’attaque de Pearl Harbor s’impose, il y a là beaucoup trop de remplissage. Surtout que la bataille est un peu trop vite expédiée – mais cela devient un peu récurrent dans la collection ! Et d’ailleurs, comme toujours dans ce théâtre d’opération, ce n’est pas vraiment une bataille navale – tout au moins est-ce une bataille aéronavale, les avions jouant là un rôle majeure, les navires les plus importants – dont la perte joua en défaveur des Japonais – sont des porte-avions. Trop vite expédiée, et même plus, puisque j’ai eu l’impression à la fin que c’était bâclé (voir les réflexions des sous-mariniers japonais, qui se demandent quel navire américain torpiller – question laissée sans réponse, puisque l’album se termine brutalement…

Reste que le dossier final est intéressant, et replace bien dans le contexte cette bataille – et la guerre du Pacifique en général. Un premier coup d’arrêt pour les Japonais, la bataille – terrestre cette-fois ci de Guadalcanal, le Verdun du Pacifique, entérinant l’échec nippon, et sonnant le début de la fin.

Note réelle 2,5/5.

Nom série  Texel  posté le 02/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Delitte poursuit son travail dans cette collection qu’il dirige, et à laquelle il participe, parfois seulement au dessin. Ici il est seul maître à bord. Et c’est en tout cas un album où il y avait un peu plus d’attente de ma part, car il s’attaque ici à sa période préférée je pense, la marine à voile des XVIème-XVIIIème siècle, puisque l’intrigue se déroule essentiellement à la fin du Grand Siècle, en 1694, une flotte menée par Jean Bart récupérant une importante cargaison de blé en défaisant une flotte hollandaise.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en effet il a un sacré coup de crayon pour nous présenter les navires de guerre de cette période, au point que du coup je suis assez frustré par la rapidité avec laquelle il traite la bataille elle-même, ne s’attardant pas sur cette guerre de ligne.

Si le long préambule plante bien le décor (et situe l’importance de cette bataille, alors que le royaume craint la famine, et que cela commence à craquer, même si les armées de Louis XIV restent quand même puissantes), j’aurais aimé qu’il prenne plus son temps pour la bataille elle-même, se concentre davantage encore sur le personnage de Jean Bart (et moins sur les petits complots sans intérêt qui animent artificiellement cette exposition), qu’il ne fasse pas l’impasse sur les manœuvres d’approche, la bataille elle-même se résumant ici à un violent abordage.

Mais cela reste quand même un album intéressant, avec comme souvent dans cette collection, un dossier final bien fichu, et qui équilibre ici l’ensemble.

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