Accueil de BD-theque : bande dessinée, comics, manga, forum BD, actualité BD...  
Accueil de BD-theque : bande dessinée, comics, manga, forum BD, actualité BD...
Accueil de BD-theque : bande dessinée, comics, manga, forum BD, actualité BD... Actualité BD, manga, comics, dates de sortie, rumeurs... Les immanquables BD, manga et comics Les thèmes BD Les interviews BD, comics et manga Les forums BD, comics, manga, loisir hors BD...   Ajouter une série !
0 A B C D E F G H I J K L M
N O P Q R S T U V W X Y Z
Cliquez pour rechercher une série
Recherche avancée
A propos du site :
Message de bienvenue
L'aide en ligne
Les stats du site
Le blog
Le groupe Facebook
 
A voir aussi :
Les liens BD
Le dictionnaire BD
BD-Theque de poche
La boutique en ligne
L'annuaire comics
Les trophées BD

... a posté 313 avis et 36 séries (Note moyenne: 3.18)

Voir mes avis Voir mes avis
Voir graphs Voir mes graphs
Voir mes coups de coeur Voir mes coups de coeur
Comparez vos goûts! Comparez vos goûts !
Mes nouveautés Mes nouveautés
Mes trophées Mes trophées

Afficher ces séries dans la liste du menu Afficher ces séries dans la liste du menu
Tri : Afficher :

Nom série  Nains  posté le 15/03/2016 (dernière MAJ le 17/09/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Nains est une série spin off se déroulant dans le même univers que Elfes, autre série de Fantasy éditée chez Soleil. Sans trop m’étendre la-dessus (voir mon avis pour cela), je n’ai pas réussi à apprécier Elfes qui fonctionne trop sur courant alternatif à mon sens. Entre parenthèses, les scenarii écrit par Jarry sur Elfes sont presque les seuls que j’ai pu encadrer.

Enfin bref, je n’ai pas eu cette appréhension craintive en abordant Nains qui propose quelque chose de rassurant pour une personne comme moi qui aime l’uniformité et la cohérence, avec un seul scénariste officiant sur les cinq albums de la saison une. Et pas n’importe quel scénariste, car Nicolas Jarry connaît son sujet avec déjà plusieurs histoires sur cette race (Nains ! Les Rois Forgerons), on sent aussi le gars qui a passé des nuits blanches sur Warhammer et autres jeux de rôliste, c’est un expert du nanisme qui se présente ici !

Tome 1 Redwin de la forge

Avec Redwin la série Nains démarre sur les chapeaux de roue. Je commence à le remarquer maintenant, Nicolas Jarry écrit des histoires profondément humanistes et touchantes que n’auraient pas reniées certains de mes écrivains favoris comme David Gemmell ou Anthony Ryan. Redwin de la forge est une tragédie familiale chargée d’émotions fortes où les reproches, les humiliations, la haine aveugle, l’orgueil, mais aussi la rédemption et l’amour, sont au programme. C’est une histoire entre un père surdoué dans son art mais à la philosophie dérangeante et méprisé car pacifiste, et son fils talentueux lui aussi mais aux idéaux contraires ; et de leur impossibilité à communiquer et donc se comprendre naîtra une défiance. Avec le temps et la maturité, Redwin comprendra-t-il la sagesse et les choix de son père avant qu’il ne soit trop tard, ou bien choisira-t-il la voie de la rancœur et de l’obscurité ?
Je ne suis pas un père mais cette histoire m’a beaucoup émue, c’est typiquement le genre de récit que j’aime lire en Fantasy avec des personnages extrêmes dans ce qu’ils sont, ce qui cause leur perte; ainsi que des émotions fortes, du sang et des larmes, des sacrifices courageux et un héros sauvé (ou pas) de la damnation.

Une bien belle saga superbement mise en image par Pierre-Denis Goux que j’avais déjà aperçu sur Mjöllnir (sympa mais sans plus (d’ailleurs on re-pompe les duels dans une arène)). Je pense qu’il a eu plus de temps qu’à l’accoutumé pour réaliser ce tome 1 car je ne saurais trop expliquer comment, je trouve le rendu plus « fini » que sur Mjöllnir. Il y a des dessins qui font vraiment baver comme la scène contemplative de Redwin devant l’académie de l’ordre de la forge, et surtout ce duel contre le mage noir qui vaudrait presque à lui tout seul qu’on dépense nos talions. La mise en scène des combats dans l’arène m’a bien fait « triper » avec ce côté « hokutonokeniesque » et les grosses giclées de sang. Vraiment, très bon choix de dessinateur. Et pour une fois je n’ai pas à râler sur les couleurs de Digikore Studios qui ont fait du bon boulot.

En complément d’information pour connaître les moindres détails :
- Pierre-Denis Goux a dessiné les couvertures des trois premiers tomes.
- Jean-Paul Bordier et Nicolas Demarre ont respectivement dessiné la leur.
- Le coloriste serait Diogo Saito même s’il y a un doute comme quoi Olivier Heban en aurait colorié quelques unes.
- Les décors des illustrations de couvertures des tomes un et cinq sont directement réalisés tandis que les illustrations des tomes deux, trois et quatre sont tirés des pages des albums.

Tome 2 Ordo du Talion

Dans ce second opus Nicolas Jarry poursuit sa croisade « fuck the system » avec un personnage élevé, torturé, formaté pour servir de bras armé à un ordre qu’il méprise pour lui avoir volé sa vie, mais dont la toute puissance dans les coulisses de la société naine empêche toute velléité de révolte. Jusqu’à ce qu’un soir Ordo trouve le moyen de faire d’une pierre deux coups en renversant le système établi et assouvir sa vengeance par la même occasion. Il monte une équipe constituée d’Héba sa rivale maître-assassin et de Panham le sang-mêlé roi de la voltige pour ce qui s’apparente comme le casse du siècle, cependant que l’ordre du Talion a des nains tapis dans chaque coins d’ombres ce qui risque de corser la difficulté de cette mission suicide. Encore une fois une chouette histoire sur le libre-arbitre et un héros repenti qui démontre qu’il n’est jamais trop tard pour faire le bien.

On pourra néanmoins pinailler sur certains aspects qui font tâches comme Ordo : sixième fils né le sixième jour de la sixième lune et cédé à la loge noire le jour de ses six ans. Argh… oh non, pourquoi placer un tel cliché ? C’était vraiment inutile. On pourra aussi se dire « encore une histoire d’assassin en Fantasy », car le genre a suffisamment cumulé ces trente dernières années les récits mettant en scène des Assassin’s Creed adorant prendre la pause accroupi sur le toit d’un édifice le regard tourné vers la cité grouillante. Mais bon, quand c’est bien écrit il n’y a pas trop lieu de se plaindre, seulement que ça casse un peu l’excitation de départ. D’autant plus que cela a déjà été fait dans le cinquième tome de Elfes alors que l’on nous avait promis de la nouveauté et de ne pas céder au facile copier-coller…

Le point qui divise le plus c’est malheureusement le dessin. On aime ou on n’aime pas Stéphane Créty, et même si j’ai plutôt apprécié ce qu’il a fait sur Masqué, c’est plus au niveau de ce choix de dessinateur que je m’interroge car c’est un dessinateur qui a un style très inspiré des comics américains. Le trait est épais, les cadrages sont serrés, la morphologie des personnages se montre indécise, les visages au second plan sont indistincts, et les décors dépouillés de fantastique. C’est un peu l’essence même du comics de faire dans la sobriété mais moi cela ne me fait pas fantasmer ce type de graphisme. Pierre-Denis Goux n’y est peut être pas étranger non plus car il est crédité à la conception graphique mais comme je ne sais pas qui fait quoi exactement ici, je me dis que les idées viennent principalement de Créty. Je pense que cela vient aussi des couleurs de Digikore Studios qui la pour le coup font vraiment informatique tellement elles aplatissent le dessin.

Une impression mitigé mais j’ai plutôt passé un agréable moment Fantasy.

Mise à jour 04/04/16
Tome 3 Aral du Temple

Lorsque Nicolas Jarry puise chez Tolkien et Lovecraft cela donne Aral du Temple, l’épisode le plus ésotérique de la saga Nains. Tolkien pour sa référence évidente au Hobbit car il y a chez Aral comme chez Bilbo ce côté récit initiatique et découverte de soi-même, ainsi que la grande aventure, au travers d’une expédition archéologique ici. Quant à Lovecraft, Jarry a décidé de ne pas jouer la carte de la subtilité lorsque est évoqué « celui qui patientait dans les ténèbres » dont on a presque envie de compléter la formule « Dans sa demeure d’Abu’kazan la morte, le gardien attend en rêvant ». Mais comme encore une fois tout cela est très bien écrit dans un one shot de 56 pages, on pardonne à l'auteur ces gimmicks littéraires.

J’ai beaucoup apprécié ce mélange des genres avec Aral qui débute son histoire tel un Adso (Christian Slater) dans le Nom de la Rose en rédigeant ses mémoires. Tout de suite on sent qu’il y a anguille sous roche et que le bonhomme nous prépare une autobiographie des plus pessimistes. Une histoire qui commence sept siècles dans le passé et la découverte par un groupe de miniers d’un artefact renfermant un savoir proscrit. Mais en mettant à jour ce qui aurait dû resté oublié pour l’éternité, les nains ont par la même réveillé un mal ancien qui remonte aux origines de leurs ordres.

Toujours beaucoup de références très cool pour meubler ce récit comme la course poursuite dans la cité possédée et cette échappée dans le téléphérique qui m’a rappelé au bon souvenir d’Indiana Jones et le temple maudit ainsi que la scène très jacksonienne en plan-séquence du Hobbit : Un voyage inattendu, avec les nains s’échappant du royaume des gobelins. On pensera de même très fortement à la partie de cache-cache entre Smaug et les nains dans les forges de la montagne solitaire. Le fan service est donc remplie et très bien mis en image par Paolo Deplano dont j’ai apprécié la technique d’encrage, assez profonde, tandis que sa mise en scène demeure efficace mais sans rien de bien spectaculaire (cela manque sévèrement de dessins en pleine page!). J’apprécie beaucoup ce que réalise la coloriste Elodie Jacquemoire chaque fois que je l’ai vue créditée sur une série, et même si ici le travail est bon, je me demande si cela ne serait pas plus agréable en noir et blanc. De quoi me demander si je ne vais pas tenter de me procurer l’édition spéciale à 500 exemplaires tirée à l’occasion du festival d’Angoulême.

Cela dit, comme dans les précédents numéros, le plus kiffant reste le message délivré par Nicolas Jarry qui dénote par rapport aux autres. Cet Aral dans son parcours et sa conclusion se pose comme un antagoniste à Redwin qui balançait entre deux chemins pour finalement choisir la voix du côté lumineux. Deux fins opposées mais un même message utopique : que le bonheur est à notre porte alors cessons de courir après le « dragon »(comprenez une chimère). C’est la fameuse quête de Tanelorn de Michael Moorcock abordée dans son multivers et le Chaland d’or ! Que voilà de jolies références philosophiques.

Vraiment une superbe histoire. Continuez comme ça monsieur Jarry.

Mise à jour 05/06/2016
Tome 4 Oösram des Errants

Avec ce tome 4 Nicolas Jarry a peut être écrit son scénario le plus abouti ou en tout cas le plus percutant. Comme toujours en toile de fond il aborde une de ses thématiques chérie, celle du père et de la relation filiale et de la transmission de certaines valeurs humanistes.

Mais à travers l’histoire d’Oösram, ce n’est plus un personnage en contestation contre le système mais toute une frange de la population naine qui sème les graines de la révolte. Oösram est bien placé pour savoir que rien ne changera jamais et que ceux situés en haut de la pyramide ont tout à gagner à maintenir le statu quo, lui qui fût un des leurs, gagné par l’avidité, l’ambition et l’obstination, jusqu’à ce qu’il trahisse son roi et par conséquent soit banni au rang des Errants, qui valent moins que des serfs alors qu’ils constituent le gros de la population. Et pourtant, c’est parmi ces sans-dents qu’Oösram apprendra à apprécier la simplicité de la vie, à aimer sa famille et être enfin en paix avec lui-même.

Cependant, les Errants ne vivent pas en vase-clos et les abus dont ils sont victimes sont quotidiens, il en a toujours été ainsi. Alors lorsque l’injustice touche un membre de sa famille et qu’un drame se produit, Oösram le fermier, le père aimant, laisse tomber sa pioche pour s’armer de sa hache et déclarer la guerre aux quatre ordres régnant. C’est du grand Braveheart que nous offre là Nicolas Jarry ! Un vent de liberté souffle sur ce récit, on cite Churchill, et on jette des clins d’œil toujours nombreux à Tolkien et Warhammer (le soldat nain enfourchant un sanglier comme monture est typique de l’imaginaire Warhammer). Et un final modèle de bravoure et de sacrifice en hommage aux trois cents de Léonidas. Après cela, les jours de la ploutocratie naine sont comptées ! Vivement la saison 2 et la Révolution naine !

Quant au dessin de Jean-Paul Bordier, il est très net, riche, les paysages sont variés et collent parfaitement à l’esprit de ce que sont les Errants. Et le dessin sur la dernière planche, je ne sais pas si cela est volontaire ou non, mais la hache plantée dans le sol en gros plan est un formidable hommage à Didier Graffet et Druss la légende. Je regrette juste comme presque à chaque fois que les couleurs soient réalisées sous « ‘toshop », ce qui a tendance à rabaisser la qualité graphique tandis qu’avec une couleur directe on attendrai le must.

Mise à jour 14/09/2016
Tome 5 Tiss du Bouclier


Nains - Season Final !

Nicolas Jarry clos son cycle par là où il avait commencé avec une saga familiale, du sang et des larmes. Le tome 1 racontait la rancune d’un fils, son imperméabilité face aux bons mots et la sagesse du père, jusqu’à la délivrance et la rédemption. Cette fois-ci les rôles sont inversés, c’est la fille qui donne la leçon au père.

Lorsque suite à un drame son dernier né Dohan devient un boitard et qu’il comprend qu’il ne pourra jamais servir dans le noble ordre du Bouclier, le capitaine Brahm tombe dans l’alcoolisme et la haine aveugle. Sa fille Tiss qu’il a toujours ignorée, est triste pour son jeune frère mais voit également là un moyen de redorer le blason familial et de montrer ce qu’elle vaut à son père et par la même occasion à toute cette société naine phallocrate.

Tenir ou Périr !

Une fois de plus l’auteur démontre qu’il maîtrise les ficelles pour séduire les easy readers fantasy et nous offre moments épiques sur moments d’émotions entre : la strong independant woman qui bataille plus que les autres pour réussir jusqu’à devenir un modèle pour ses frères d’armes, les petits soldats insignifiants qui deviendront des valeurs sûres, la formation d’une ligue des vieux briscards cabochés et des estropiés sur le retour pour le décompte final, l’indéboulonnable classique mais efficace Fort Alamo fantasy (remember Légende de David Gemmell ? La bataille du Gouffre de Helm chez J.R.R. Tolkien ? ). Et l’auteur kiffe toujours autant 300 pour mon plus grand plaisir (remember Léonidas et ses derniers hoplites pour l’ultime percée ? Ou bien sont-se les 300 polonais de la bataille de Wizna ? ^^ ). Sur Nains c’est presque un album sur deux qui se termine en tragédie, p’tain, j’en ai presque chialé. Mais toujours l’histoire se termine sur une note d’espoir.

Bien aimé le dessin de Nicolas Demare, surtout sur les paysages et les décors forestiers. Question de goût mais je regrette que ce ne soit pas un brin davantage détaillé. Mon plus grand regret reste ces couleurs informatisée de Digikore Studios dont je n’arriverai décidément jamais à me faire. Peuvent pas faire à cela à l’ancienne chez Soleil ? On atteindrai le truc d’exception.

Mise à jour 14/02/2017
Saison 2 - Tome 6 Jorun de la Force


Les choses bougent tout en conservant la même formule. Pour entamer cette nouvelle saison on reprend là où tout a commencé avec une histoire de père en écho à celle des forgerons Ulrog et Redwin, cette fois-ci entre Redwin et son fils cadet Jorun.

Toujours les mêmes ressentiments de colère qui virent à la haine, de regrets, de remords et de fierté mal placée qui donne une impression de redite qui ne ferait pas beaucoup avancer l’histoire. Mais c’est là qu’on se trompe car si le tome 1 racontait l’antagonisme de deux êtres doués dans leur art et qui finissent pas se retrouver, cette suite se penche sur un perdant qui n’est pas du tout à l’image de son père.

Jorun est un raté, moins doué que son frère aîné dans la forge des armes, il ne se trouve aucun talent et finit par se déconsidérer. C’est l’histoire d’un nain qui, ne parvenant à marcher dans les pas de son père, essaie tant bien que mal (et plutôt mal) de suivre sa propre voie. Mais comme il porte le poids de ses échecs comme un boulet, il entraîne tous ceux qui l’approche vers un néant auquel il aspire inconsciemment. Nicolas Jarry l’explique bien à un moment donné, Jorun est incapable de donner. Incapable de donner, il ne peut donc recevoir. On aurait envie de lui citer ces mots de la résistante Germaine Tillion, histoire de le guider : « Il n’existe pas de gens médiocres, mais seulement des êtres qui n’ont pas rencontrés les événements qui les auraient révélés ».

Jorun trouvera un salut temporaire parmi les mercenaires de la Légion de Fer où il pourra s’appuyer sur le pilier Orss, la fidèle Fey, le sage Gurdan ou encore le guide Fodhron. Autant de bouées de sauvetage qui l’empêcheront de couler au moment du grand final. Redwin sauvera-t-il son fils de l’autodestruction tout comme Ulrog son père l’avait fait en son temps en un ultime sacrifice ? Comme je l’ai dit en introduction, les événements se répètent mais Jarry est suffisamment malin pour ne pas tomber dans le doublon inutile et le récit s’achève sur des destinées contraires. L’air de rien Jorun est probablement le personnage de l’univers Nains que j’ai trouvé le plus intéressant et complexe.

Le dessin de Pierre-Denis Goux est du même bock que celui de la première saison. Ces compositions très détaillées en mettent plein la vue dans les scènes d’action. Toujours beaucoup de changements de décors, gros travail de recherche graphique, bref, visuellement le dessinateur est au rendez-vous et nul doute que les amateurs de fantasy y trouveront leur compte.

Quelques remarques cependant, car l’œuvre parfaite n’existe pas : si on entend souvent parler des limites de la sacro-sainte pagination en 48 planches, je constate également les limites sur la pagination en 64 planches car j’ai senti que parfois le récit méritait davantage de développement mais qu’en raison de ces contraintes, on a droit à une ellipse ou un truc condensé en une page. On bascule un peu trop vite à mon sens des années d’apprentissage de Jorun vers la défense d’un village qui manque de mise en contexte. J’ai l’impression parfois qu’il faut avoir lu Elfes pour tout comprendre des invasions des royaumes nains. La relation amoureuse entre Jorun et la naine Siblis aurait également mérité quelques pages supplémentaires, histoire que ça touche au plus profond, que là ça manque de passion et d’intérêt. De même qu’on aurait aimé voir la retraite courageuse de Redwin vers la forteresse, et plus que 3 planches consacrées à la défense de ladite forteresse (même si c’est très beau encore une fois).

Ultime remarque qui rejoint ce problème de pagination : autant je parvenais à comprendre les ressentiments de Redwin sur le tome 1, le cheminement de ses pensées sombres, le comment du pourquoi, autant j’ai eu du mal sur le caractère de Jorun qui est d’emblée dans son personnage de gros connard alors qu’il n’est encore qu’un marmouse.

Ceci étant dit, c’est une très bonne entame, sur le devenir de Redwin on a déjà envie d’être à la saison 3 !

Mise à jour 11/05/2017
Tome 7 - Derdrh du Talion


« On ne change pas une équipe qui gagne » dit le proverbe, ni même qui perde… Déjà lors de la première saison le binôme Jarry – Créty était celui qui fonctionnait le moins bien à mon sens, question de goût, mais les dessins d’inspiration comics et les sempiternels couleurs informatiques dégueulasses qui vont de pair n’ont jamais été ma tasse de thé. Bis repetita donc : le trait est pâteux, les graphismes n’ont rien d’enivrant (un défaut majeur pour une bd fantasy), idées assez bateau, service minimum, ce n’est assurément pas dans ce genre de bd que j’investirai mes brousoufles.

Un scénario difficile à la comprenette, nettement plus bavard et usant qu’à l’accoutumé. Jusque là les intrigues étaient riches, pas dénuées de réflexions tout en nouant avec des sentiments sincères et s’écoulant de manière fluide dans mon esprit. Ici j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois pour essayer de saisir les enjeux et la mécanique du complot qui se trame. Le scénariste ne nous avait pas habitué à un tel niveau de complexité et sincèrement, je n’ai pas tout capté, mais les dessins peu avenant ne m’ont pas invité à revenir sur mes pas.

Sinon l’histoire en elle-même est plutôt intéressante et résonne avec l’actualité. On avait évoqué en fin de saison 1 les prémisses d’une révolution par le bas à venir. Cependant ici on traite de la « révolution » par le haut avec une tentative de renversement des ordres en faisant basculer le pouvoir nobiliaire et royal en faveur d’une ploutocratie nouvelle (inspirée de la Révolution française ? ). Corruption, sombre tractation, pacte de non-agression éphémère, coups-bas… quels que soient les coups tordus et techniques d’étrangleur ottoman, c’est toujours la banque qui gagne !
Les retournements sont bien amenés à tel point qu’on en oublie que l’album ne s’intitule pas « Ordo », du nom du protagoniste de la saison 1 de l’ordre du Talion ici sur le retour ; mais Derdhr, la plus grande des salopes manipulatrices. The Rains of Castamere !

Mise à jour 26/09/2017
Tome 8 Sriza du Temple

De retour dans la section épouvante / sorcery de la série Nains. Sriza est un nain qui mène une double vie : au quotidien c’est un prêtre au grand cœur et bon conseiller avec ses ouailles, mais il demeure cependant celui à qui le Temple fait appel lorsque les forces obscurs remontent sur le monde depuis l’enfer de Hej. À ce moment Sriza troque sa tunique de ministre du culte pour celle d’exorciste. On lorgne doucement du côté de L’Exorciste, cependant que Sriza a des méthodes plus musclées et n’est pas du genre à psalmodier des incantations le nez dans un bouquin lorsqu’il est confronté au démon. On se rapproche davantage des méthodes de traque et de pistage d’un Van Helsing. Action et aventure sont garantis au programme.

En même temps que se déroule une histoire de chasse au démon, on est plongé par petits flash-back sur l’enfance du personnage principal et ses années d’apprentissage. Et lorsqu’on mélange enfance et horrifique cela déboule sur une histoire classique mais néanmoins bien menée de croque-mitaine qui poursuit le héros durant toute sa vie. Des gamins traumatisés par un épouvantail qui devront y faire face à l’âge adulte, tout de suite on pense à Ça de Stephen King (les choses sont bien faites avec le film qui vient de sortir). Mais également à l’inénarrable Berserk, chef d’œuvre de la dark fantasy, lorsque la Bête a déposé sa marque sur le front de Sriza, tout comme Guts, lui rappelant inlassablement que les créatures de la nuit viendront sans cesse le chercher et que son combat n’aura de fin qu’à sa mort.

Nicolas Jarry poursuit la construction de son univers en procédant de la même façon que les précédents tomes en rappelant les anciens de la saison 1, qu’il adore maltraiter visiblement. Après un Redwin qui termine façon Roi Liche dans Warcraft III, un game over pour Ordo qui l’a eu dans l’os, il rappelle Aral dont je lui trouve graphiquement un petit côté Luke Skywalker SW7 et qui… mais vous connaissez déjà son sort si vous avez lu le T3.

Toujours plein de petites références fantasy, de clins d’œil sympa et de personnages dont on se demande s’ils ne sont pas tirés de la réalité comme le cinglé Orban qui œuvre seul à la reconstruction d’une ancienne forteresse. Personnage à mi-chemin du Radagast de Tolkien et, ce n’est que mon ressenti, de Justo Gallego Martinez. Ce vieux moine autodidacte a entrepris seul en 1961 la construction d’une cathédrale dans sa ville natale de Mejorada. Une entreprise pharaonique ! Il y a aussi cet ours polaire géant utilisé comme « chien de traîneau », tout droit inspiré des Panserbjornes de À la croisée des Mondes de Philip Pullman.

Graphiquement toujours aussi beau je trouve. Paolo Deplano est peut être l’artiste que je préfère sur cette série. J’aime son encrage (qui mérite bien encore une fois une édition N&B), ses idées (même si par Yjad cela manque de dessins en pleine page ! ), mentions spéciales pour la forteresse p. 29, le backstab p. 53 et le combo magique p. 54.

En revanche, parce qu’il faut apporter un bémol, ça fait toujours aussi chier les limitations de la pagination française comme ce moment que je trouve hyper épique p. 42, avec la confrontation ultime entre Sriza et Ar’Az’Erm qui est complètement passée en ellipse. Alors qu’il y avait tout dans cette scène avec le lettrage façon enluminure lorsque Sriza récite les mots consacrés. Une ch’tite page en plus pour montrer le duel n’aurait pas été de refus. Autre critique : je trouve qu’avec les phases « apprentissage à la dure » du héros, on commence à tourner en rond. On a déjà vu cela, album après album, et je trouve que ce serait pas mal si le scénariste pouvait, je ne sais pas, proposer autre chose que l’histoire en flash-back du personnage qui en a bavé et tout…

Mise à jour 25/10/2017 Tome 9 Dröh des Errants

Des années ont passé depuis le sacrifice d’Oösram pour son peuple et même si le statut des Errants a sensiblement évolué, ceux-ci n’en demeurent pas moins une classe sociale défavorisée et méprisée par le reste de la société naine. Dröh, le fils d’Oösram, est de retour parmi les siens après avoir roulé sa bosse, parcouru le monde, appris le métier des armes, et tel le William Wallace de Braveheart les raisins de la colère grondent toujours en lui. Les chiens ne font pas des chats. Cependant les révolutions d’antan sont oubliés, trop de sang a été versé et les plaidoyers guerriers ne sont plus de mode parmi les Errants. Janssen, le beauf de Dröh, est davantage un partisan de la négociation, plus lente mais aussi plus paisible. Ses ambitions étant trop grandes et dangereuses pour ce microcosme paysan, Dröh part jouer les Renaud en mode Germinal sur un chantier d’autoroute, un terreau plus propice aux révoltes avec sa main d’œuvre bon marché facilement remplaçable.

L’air de rien cette branche de la série Nains est celle que je préfère sur le plan scénaristique. Une fantasy très politique, avec des intonations révolutionnaires, on n’a pas souvent l’habitude de lire ça. Notre Dröh est un sacré baroudeur et il fera ici des rencontres inattendus, je dois bien avouer que j’ai été surpris par la tournure du scénario qui part un moment donné sur autre chose de complètement différent. D’une histoire qui démarre sur une quête d’égalité et de justice, on termine sur un récit hyper introspectif et une quête de soi, une ébauche d’histoire d’amour qui s’écoule à travers les vies et les âges, une dénonciation de la guerre perpétuelle entretenue par la folie des êtres (comme briser cette putain de roue ?! ), en passant par un duel judiciaire (big up à Tyrion Lannister) et un classique blockhaus style Fort Alamo/Dros Delnoch/Gouffre de Helm. C’est très bien écrit, les textes sont beaux dans le sens touchant et sages.

« Ne sois pas triste, Nain, si je n’ai changé qu’une âme… alors mon combat n’aura pas été vain... »

C’est néanmoins un peu dommage de faire durer le plaisir sur ces digressions alors qu’on nous promettait les grands soirs fin du tome 4 et de la saison 1 en général. Espérons de ne pas devoir attendre 8 saisons pour qu’enfin… Bref, vivement la saison 3 avec Dröh en mode David Carradine dans Kung Fu.

Les dessins de Jean-Paul Bordier sont plaisant mais accrocheurs que par intermittence (ça manque de pleine et double-page), comme la bonne idée du mont Rushmore orc, très cool. En ce qui me concerne, toujours la même rengaine contre les couleurs numériques de Digikore Studios…

Mise à jour 28/01/2018 Tome 10 Abokar du Bouclier

Oh non ! Pas ça Nicolas Jarry, il nous refait le coup du mur d’Hadrien. Défendu par les rebuts de l’armée naine : les courtards, les déserteurs, les têtes brûlés, les lâches, les voleurs, les assassins, et les ennemis au-delà de la barrière sont des nains sauvageons, n’en jetez plus, c’est le Mur du Trône de Fer quoi… Je n’ai rien contre le TdF mais j’en ai un peu marre de ces références là. Certes, le TdF n’a pas le monopole du dernier rempart à défendre mais là la ressemblance est frappante. Peut-être est-il temps de conclure la série dans la saison 3 avant que cela ne devienne un long fleuve tranquille sans surprises qui ne ferait que singer les classiques.

Dohan, un capitaine boiteux de bonne volonté mais trop bonne poire sert de bouc émissaire suite à la mort de leur général Abokar lors d’une bataille décisive face aux hordes orcs. Sauf qu’Abokar n’a pas trépassé, il a choisi de disparaître pour ne pas pas que ses hommes remarquent sa dégénérescence physique et mental qui le gagnait. C’est Dohan qui paye les pots cassés en se montrant fidèle au général : à ce dernier une gloire immortelle, pour l’autre l’opprobre et l’exil. Mais en fin de compte le destin pourrait décidé de refaire se croiser les deux officiers pour un ultime baroud d’honneur…

L’histoire est sympa, c’est un truc pour les bonhommes. On est dans un récit très militaire où ça cause disciple, mater les récalcitrants à coups de taloche, tactique, expédition, reconnaissance, mais aussi d’honneur perdu… Et puis soudain on bascule dans l’ésotérisme type T3 et T8 consacré au Temple, et ce n’est pas la première fois que Jarry prend les lecteurs à contre-pied. J’ai adoré les idées apportées dans cette seconde partie : on dirait du Pacific Rim fantasy . En bref, c’était plutôt cool, avec quelques clins d’œil en prime, il y a du suspens avec ce général aussi taré que Nivelle frisant l’irresponsabilité d’un Grouchy mais doté du génie stratégique de Turenne ; mais au-delà du simple divertissement je ne vois pas ce que ça apporte à l’univers Nains. C’est vrai on retrouve Dohan, souvenez-vous, c’est le frère de Tiss du Bouclier (Tome 5), et son histoire très touchante agrandi la toile de l’univers Nains mais c’est au niveau de l’histoire en général qu’on ne progresse plus je trouve.

Les dessins : « mmmmouais, ok » ça fait le taf mais les couleurs, toujours pareil : « c’est fait à l’informatique et ça se voit ». Grrrrrrrrr !

Mise à jour 17/09/2018
Saison 3

Tome 11 Torun de la Forge

Avec Torun de la Forge s’achève la trilogie Redwin (quoique…). Les thèmes demeurent les mêmes, se référencer à mes avis des tomes 1 et 6 pour les connaître. Un album passionnant malgré le phénomène de répétition. Lorsqu’un journaliste faisait remarquer à Angus Young, guitariste solo du groupe rock AC/DC, qu’ils avaient sortis 10 albums mais qu’on ne pouvait pas les différencier les uns des autres, Angus lui répondit : « Faux ! Nous avons déjà 11 albums qui sonnent comme un seul. » Les albums de la série Nains fonctionnent à mes yeux un peu de la même façon, c’est toujours plus ou moins la même chose, mais c’est tellement bon qu’on en redemande.

Ce numéro est toutefois intéressant car on ne fait que s’attarder sur l’enfance du héros. Cette-fois l’histoire entière est consacrée à celle-ci. Du coup on se demande un peu pourquoi l’illustration de couverture montre un Torun dans la fleur de l’âge alors que le récit se déroule durant sa 13ème année. Mais plus intéressant encore on se demande si Torun est le véritable héros de cette histoire, tout comme Anakin Skywalker / Darth Vader est le véritable personnage principal de Star Wars, car à travers lui c’est le dernier baroud d’honneur de Redwin qui nous est raconté ici. Le dernier ? Cela reste à voir, mais pour une fois on aimerait tellement que les choses se terminent bien, laissons-le finir sa vie du bon côté de la Force, lui que l’on avait laissé en héritier du Roi Liche à la fin du tome 6.

Plutôt bien apprécié les graphismes de Pierre-Denis Goux, surtout dans la deuxième moitié du livre, lorsqu’il y avait plus d’action et de combats. Y a pas à dire, ce mec sait donner de la vie et du rythme à son dessin. Le combat titanesque entre le plus grand guerrier nain de son temps et le plus grand guerrier nain de tous les temps est époustouflant, mode serious business. Moins séduits en revanche par les tronches cartoonesques et de manière générale de l’héritage « comics » dans son trait. Mais bon… question de goût.

Je me demande ce que nous réserve les Héritiers de la Forge (huhuhu ! ) dans la quatrième saison.

Nom série  Conan le Cimmérien  posté le 02/05/2018 (dernière MAJ le 15/09/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
« Ses textes ont forgé les codes de la fantasy. Ses personnages (Conan, Kull, Solomon Kane, Red Sonja, Bran Mak Morn, El Borak, Agnès le noire...) ont marqué des générations de lecteurs. Depuis une quinzaine d’années, Robert E. Howard connaît une véritable résurrection littéraire. Débarrassée des interférences de ceux qui se l’ont appropriée après sa mort, son œuvre fondatrice est désormais accessible dans toute sa force grâce à des éditions respectueuses de son travail. » Patrice Louinet, éminent spécialiste de Robert E. Howard.

En 2007 la maison d’édition Bragelonne a entrepris la compilation sous la forme de 3 intégrales des nouvelles de l’écrivain texan sur le barbare le plus connu au monde. Patrice Louinet et d’autres ont effectué un véritable travail d’archéologie littéraire, retraduisant parfois à partir des tapuscrits originaux lorsque ces derniers étaient disponibles. Ayant pour ma part ingurgité les précédentes versions en Livre de Poche lorsque j’étais plus jeune, le héros cimmérien ne m’avait pas laissé une très forte impression, ni même la plume de son créateur, bien que reconnaissant l’immense héritage laissé par ce personnage phare d’un genre que l’on nommera plus tard Heroic Fantasy. Avec ces livres j’ai pu revoir mon jugement et découvrir par la même occasion la plume d’un écrivain à part entière, éloigné de l’image de tâcheron et de fou que les médisants lui ont forgé au fil des décennies.

Un bref rappel sur le sujet en question : Conan est né aux États-Unis en 1932, dans le magasine Weird Tales, sous la plume de Robert E. Howard, suicidé en 1936. Il faudra attendre 1968 et sa réédition en ouvrages de poches, aux couvertures signées Frank Frazetta, pour que le succès soit au rendez-vous. Adopté par le comics deux ans plus tard, puis par le cinéma, la télévision, les jeux de plateau…, « Conan » est devenu un mythe qui a rapidement franchit les frontières américaines. Né dans la légendaire Cimmérie, l’imposant guerrier parcourt des contrées sauvages - rencontre d’autres peuples, affronte des créatures maléfiques, lutte contre les tyrans, croise la route de jolies femmes – « pour fouler de ses sandales les trônes constellés de joyaux de la Terre »… ^^

Le projet ambitieux affiché par Glénat est ni plus ni moins que d’adapter sous papier glacé ces fameuses nouvelles originales respectueuses des écrits de leur concepteur. Adapter Conan, le vrai, pas celui qu’on a appelé Conan le Barbare, c’est un rêve de geek qui se réalise aujourd’hui, c’est noël avant l’heure ! Douze nouvelles sont annoncées au calendrier de l’éditeur. Douze dessinateurs accompagnés par un scénariste, ou en solo. Pour déclencher les hostilités l’éditeur cogne fort avec la parution de deux albums la même date, dont le premier est certainement une des histoires les plus connues et appréciées des fans :

La Reine de la côte noire
(scénario : Jean-David Morvan dessin : Pierre Alary couleur : Sergio Seydas)

Autant se l’avouer, dans le tas il y aura des albums que l’on appréciera plus ou moins selon les graphismes ou la teneur de l’histoire. Ici j’avais clairement plus d’appréhension sur le dessin cartoonesque d’Alary que sur le scénario de Morvan qui ne pouvait que difficilement se rater vu le potentiel de la nouvelle. Alors nos deux auteurs sont-ils parvenus à ménager le problème cimmérien de la chèvre, du chou et le loup ? Plusieurs bons points pour Alary : le chara-design de Conan passe, enfin nous nous éloignons de l’image « slip à fourrure » qui lui collait à la teub, le personnage apparaît dans toute sa splendeur. Une gueule quelconque mais un attirail témoignant de sa vie et ses aventures passées : casque du Nordheim, cape d’Ophir, épée d’Aquilonie, etc. En revanche pour Bêlit, ça passe moyen. Comme dans les meilleurs histoires de Conan, ce dernier n'est pas au centre des attentions mais n'est souvent que simple spectateur. Bêlit est ici l'égal du barbare, elle partage l'affiche à ses côtés. Il ne fallait donc pas se louper, à travers elle Howard a écrit le seul personnage féminin un tant soit peu badass de la série. L’écrivain imaginera d’autres héroïnes sexy, strong independant woman, par la suite mais avec Bêlit on peut dire qu’il nageait à contre-courant et qu’il fût un des seuls à mettre en avant une femme guerrière à l’époque. Pour le coup, je trouve qu’elle manque de prestance ici, elle ne parvient à soulever mon enthousiasme. Je me l’imaginais davantage sexy, la peau d’albâtre et touti quanti. Je préfère les versions de Xavier Colette ou Adrian Smith en comparaison. Elle a ici un côté reine de Saba qui pour le coup s’éloigne de l’esprit « 100 % Howard » que cherche pourtant à renvoyer l’éditeur. D'un autre côté, il s'agit aussi d'une adaptation, donc accepter le fait que chaque auteur vienne avec ses idées, son style. Pour le reste Alary compense avec un découpage dynamique et une mise en scène jalonnée d'idées ingénieuses. Certains arrières plans sont riches en détails et font leur effet. Sergio Seydas assure à son tour avec une coloration très chatoyante. Sinon, brillante idée que de commencer le cycle par cette nouvelle qui plante tout de suite le décor et qui permet au lecteur profane de saisir le caractère de Conan : l’histoire s’ouvre sur un meurtre commis par celui-ci qui est pourchassé par des gardes. Il parvient à s’enfuir en forçant le capitaine d’un navire commerçant à le prendre à son bord contre son gré. Les péripéties s’enchaînent entre course-poursuite, massacres, actes de pirateries, sexe, romance, chasse au trésor, terreur dans les bois, l’empreinte horrifique lovecraftienne y est même perceptible.

« La nuit dernière, dans une taverne, un capitaine de la garde royale a fait violence à la compagne d'un jeune soldat, et naturellement ce dernier a embroché le capitaine. Mais il semble qu'il existe une satanée loi interdisant de tuer des gardes, aussi le garçon et la fille ont-ils pris la fuite. Le bruit s'étant répandu que l'on m'avait vu en leur compagnie, on m'a donc traîné aujourd'hui devant un tribunal. Un juge m'a demandé où avait fui le garçon. J'ai répondu que, comme c'était un ami, il m'était impossible de le trahir. Le juge s'est mis en colère et m'a tenu un grand discours où il était question de mon devoir envers l'État, la société, et d'autres choses auxquelles je n'ai rien compris, et m'a prié de lui dire où mon ami s'était réfugié. À ce moment, je commençais moi aussi à être furieux, car j'avais clairement expliqué ma position. Mais j'ai ravalé ma colère et j'ai gardé mon calme. Le juge a repris de plus belle, braillant que j'avais fait offense à la cour et que je devais donc être jeté dans un cachot pour y moisir jusqu'à ce que je dénonce mon ami. Comprenant alors qu'ils étaient tous fous, j'ai sorti mon épée et j'ai fendu le crâne du juge en deux. » ^^

Nihiliste, épicurien, une philosophie de vie à la « carpe diem », telle est la conception du monde de cet aventurier à l’irrépressible bougeotte. C’est un condensé du meilleur de Conan qui est ici mis en image et qui constitue une formidable mise en bouche avant d’entamée les hors-d’œuvre.

Le Colosse noir
(scénario : Vincent Brugeas dessin et couleur : Ronan Toulhoat)

Autre temps, autre lieu, et nouvelle équipe donc avec un duo d’auteurs qui a fait ses preuves dans plusieurs genres en s’étant illustré dernièrement dans l’aventure historique de Ira Dei. Logique de penser que ces deux-là étaient programmés pour réaliser une histoire Hyborienne. D’ailleurs si on en juge par le physique du cimmérien, Ronan Toulhoat semble nostalgique de la coupe mulet (déjà avec Tancrède sur Ira Dei…), à moins qu’il ne soit tout simplement fana comme moi de Mel Gibson dans Braveheart ou des héros burnés comme Silvester Stallone dans Rambo III. De bonnes inspirations comme souvent avec cette artiste (La princesse Yasmela serait physiquement inspiré de Gemma Arterton dans Prince of Persia que cela ne m'étonnerai pas ^^. L’histoire n’est clairement pas la plus profonde du cycle, écrite davantage parce que « faut bien manger » on va dire. Néanmoins elle est idéalement destinée à un artiste généreux dans le dynamisme et les scènes d’action car c’est ce vers quoi l’histoire est principalement tournée : du divertissement pur. Malgré la mise en route sympathique, le cœur du récit se situe dans la bataille dont Conan est la clé de voûte qui en décidera l’issue. C’est une histoire que j’apprécie moins car elle fait doublon avec une autre nouvelle, La Citadelle écarlate, qui est autrement plus épique et fantastique à mon sens et dont l’adaptation est aussi à venir. Cependant si on est admirateur du duo Toulhoat / Brugeas, on est forcé d’apprécier cet album qui témoigne encore une fois de la montée en régime de ces deux compagnons de route. R. Toulhoat possède un encrage bien sombre dynamité par une mise en scène très cinématographique, sa mise en couleur est "spéciale", je l'aimais déjà bien sur Ira Dei, tandis que V.Brugeas fait parler sa magie arcanique des dialogues et a bien su poser le personnage (bien que ce ne soit pas son meilleur rôle. La fin est aussi branlante en BD qu'en nouvelle).

« Dans ce monde les hommes luttent et souffrent en vain, trouvant du plaisir seulement dans la folie ardente de la bataille; une fois morts, leurs âmes pénètrent dans un royaume gris, nuageux et parcouru de vents glacés, où ils errent sans joie, pour l'éternité. » Conan.

Mike Moorcock évoquait l’adaptation BD d’Elric, son cycle majeur par Glénat, comme de la meilleure jamais conçue, les auteurs français ayant parfaitement su capter la tonalité ambiante et la psychologie de l’anti-héros. Je pense, j’imagine, que si Howard était encore de ce monde, il aurait approuvé le bel hommage que lui rendent les auteurs de Glénat. Who knows ? Après tout, Crom s’en moque. Oubliez Schwarzenegger, oubliez Momoa (même s’il incarnait bien mieux le perso que le précédent bodybuildé), oubliez John Milius, oubliez John Buscema et Roy Thomas. Revenons aux fondamentaux, à Robert E. Howard, gardons en tête les illustrations évocatrices de Frank Frazetta et la musique emblématique de Basil Poledouris, et… To Be Continued…

https://www.youtube.com/watch?v=EAFtiUoq6TE

Au-delà de la rivière noire

Nombre d’amateurs et de spécialistes de Howard considèrent Au-delà de la rivière noire comme la meilleure nouvelle de toute sa carrière. J’ai personnellement une préférence pour quelques autres mais oui, incontestablement cette nouvelle fait partie du top 5 de Conan et de Howard. Si dans un projet d’adaptation l’éditeur choisit de faire appel à Mathieu Gabella, auteur du désormais culte La Licorne, et accompagné au dessin par l’artiste ayant officié sur la même série, Anthony Jean, alors n’en jetez plus. Au-delà de la rivière noire collection Glénat est l’album dont j’attends le plus impatiemment la sortie car il réunit récit d’importance et haletant, en même temps que des graphismes forcément flamboyant.

Pour être honnête je ne saurais dire si cette adaptation est fidèle à la nouvelle de l’auteur texan, je l’ai lu il y a quelques temps et ne m’en rappelle plus dans les détails, et… la flemme, quoi. Mais d’après les dires d’un « potonautes », le rôle de Balthus y est ici un peu amoindri alors qu’il avait une position plus héroïque et son propre POV dans la nouvelle. La faute a cette saleté de pagination à 48 planches dont décidément les éditeurs franco-belges n’arriveront jamais à se passer… On pense aussi au cabot Slasher, vite introduit mais vite disparu, dommage. Mais mis à part ce menu détail (à mes yeux), toute la violence, le gore et la terreur que parvenait à renvoyer la nouvelle, exsude sur chacune des planches d’Anthony Jean. Cela n’arrête pas, de la baston et du macabre de bout en bout. Pour moi le contrat est rempli, malgré la limitation des pages, le rythme du récit n’en souffre aucunement, les dialogues sont clairs et le décor est bien planté, on retrouve (ouf!) les punch lines devenues cultes.

Est-ce que j’ai dit que graphiquement c’était magistral ? Pour les deux précédents albums je ne voyais pas l’intérêt d’une version noir et blanc. L’encrage d’Alary n’est pas suffisamment prononcé pour faire aimer une version N&B et son dessin passe beaucoup mieux avec de la couleur, tandis que l’album de Toulhoat a clairement été pensé pour être vu en couleur (l’introduction). Là, c’est du très très haut level, je sais pas, les mots me manquent, on se tait et on admire, juste.

Une œuvre emblématique qui expose la vision de son auteur sur les limites de la civilisation et qui reprend habilement le spectre américain de la « frontière ». Il y a eu d’autres « Fort Alamo » Fantasy, mais celui-ci est le premier et principal à retenir.

« La barbarie est l’état naturel de l’espèce humaine. La civilisation n’est pas naturelle. Elle résulte d’une fantaisie de la vie. Et la barbarie finit toujours par triompher. » Un trappeur anonyme à Conan.

Nom série  Biankha  posté le 03/09/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
De base, j’ai été très attiré par le synopsis ainsi que par le contexte géographique et culturel dans le lequel se déroule les péripéties de Biankha. Le fait que la série fut fort malheureusement abandonnée dès le premier numéro n’a rien avoir avec la (médiocre) notation que je lui attribue, (je critique une série dans son ensemble, qu’il y ait un ou cinquante albums), le gros point faible sur lequel je n’ai pu détourner les yeux provient de la narration, ainsi que de l’histoire en elle-même, que j’ai trouvé laborieuse et décevante. Mais revenons d’abord aux aspects alléchants :

Biankha est une princesse d’Égypte, fille fictive du pharaon Akhenaton et de Néfertiti, un des couples royaux les plus célèbres de tous les temps. C’est une époque de grand bouleversements religieux, pharaon s’est détourné des anciens rites pour vénérer le dieu unique Aton, et en allant jusqu’à interdire à son peuple de prier ses dieux ancestraux, il commet un des plus grand sacrilège. Les dieux élisent sa fille Biankha pour l’avertir et le sommer de revenir à l’ancienne voix, la seule à détenir la vérité, sinon son âme ira nourrir Âmmout, le dieu-crocodile dévoreur.

Tout de suite quand on voit les caractéristiques de l’héroïne : jeune, athlétique, de sang noble, sexy, forte et indépendante, maniant l’épée mieux que les meilleurs guerriers, dans un contexte d’Heroic Fantasy, on pense tout de suite à Red Sonja, personnage phare de l’écrivain Robert E. Howard. L’hommage appuyé qu’à voulu rendre le scénariste Pat Mills au célèbre écrivain texan paraît d’autant plus évident quand il construit son récit un peu sous la forme d’une rétrospection, car tout commence au Moyen-Âge dans un monastère en Écosse où Aemon un jeune moine copiste tombe follement amoureux de Biankha dont il retranscrit la biographie. Cette dernière lui apparaît alors dans ses rêve, « comme par magie », pour lui raconter sa vie et ses exploits. Les connaisseurs d’Howard se souviendront que celui-ci déclarait qu’à une époque, écrire les aventures de Conan le Cimmérien lui était tellement facile, les idées jaillissaient à son esprit avec une telle aisance, que c’était comme si le fantôme de Conan siégeait à ses côtés pour lui conter sa vie. Les mauvaises langues ont par la suite déformé ces propos en les prenant au pied de la lettre mais… ce n’est pas le sujet, et en bref, la filiation avec le maître et père fondateur de l'Heroic Fantasy ne fait aucun doute.

Pour accentuer sur les références, on pourrait même se demander si Pat Mills n’a pas été se fournir chez plus ancien encore que Howard, du côté d’Abraham Merritt et son roman chef-d’œuvre La Nef d’Ishtar où un archéologue contemporain, John Kenton, reçoit une sculpture babylonienne représentant le vaisseau de la déesse Ishtar. Une étrange magie s’en dégage et Kenton plonge à travers un gouffre de six mille années sur le pont de la nef ensorcelée. Il est mis en présence d’une femme d’une divine beauté : Sharane, la prêtresse d’Ishtar. Troublant comme ressemblance, non ?

J’ai été aussi, et surtout, très emballé par l’aspect Heroic Fantasy d’inspiration Égypte antique car franchement hormis Papyrus, ça ne cours pas les rues ce genre-ci, en roman comme en bd.

Le dessin de Cinzia Di Felice tout pareil, est nickel de chez nickel. Je suis de prime abord plus branché par les ouvrages avec un encrage fourni mais le style réaliste, et sa presque parfaite maîtrise dont fait preuve l’artiste, est sincèrement bluffant. Je dis « presque » car il y a bien quelques petits accrocs comme le personnage Armée qui a l’air de prendre un peu trop la pause, ses mouvements paraissent moins naturels que ceux des autres, et je n’ai pas trouvé que son design faisait guerrier scythe. Il ressemble plus à un proto-Conan version dreadlocks.
Et puis il y a ces couleurs façon pastel ! Mama mia que c’est beau ! Ah ouais là on tape dans du lourd, niveau Cécil sur le tome 1 du Réseau Bombyce. Si seulement le scénar’ avait été au niveau…

Venons-en aux points qui fâchent : le côté « chronique » n’est pas un problème en soi, les histoires n’ont cependant ni queue ni tête puisqu’on commence par une histoire de sombre présage avec Biankha qui doit ramener son père sur la voie de la raison dans une période que tout amateur d’Histoire sait combien elle est périlleuse pour l’Égypte et la dynastie régnante. Biankha découvre que son père est manipulé par de sombre force maléfique puis, patatras ! On se mange dans la poire une grosse ellipse puis on passe à complètement autre chose avec Biankha quelque part en Grèce avec ses compagnons de fortune, à la recherche d’un prophète androgyne qui va lui révéler sa destiné. « WTF » j’ai envie de dire.

J’ai eu le sentiment que dans ce premier (et donc unique) volet les scénaristes (Biljana Ruzicanin est à créditée également) ont cherché à caser de l’action et des références sans trop savoir de quoi ils allaient parler ni comment ils allaient l’amener. Car on ne comprend pas trop pourquoi on se retrouve dans les dernières pages à se farcir les dialogues d’une… femme médecin (qui est-elle?) et d’un… officier de pont (?) qui sont attaqués par des créatures dégénérées descendants des atlantes, avant d’être sauvés par Biankha et ses acolytes au charisme de chaussette sale. Un moment de flibusterie qui bien évidemment rappellera Conan (La Reine de la côte noire et cie) ou même La Nef d’Ishtar.

Vraiment j’ai trouvé cela très mal rythmé, très mal construit, alors qu’à la base il y avait le matos. Les dieux apparaissent à Biankha en songe : ok, elle ne se pose pas de question, tranquille normal, elle se tape un barbecue avec eux tous les week-end. Akhenaton est sous l’emprise d’un faux-dieu qui petit à petit le transforme en créature reptilienne : bof, passons à autre chose, zappons quelques années plus tard quand Biankha partait à la recherche d’un prophète LGBT. D’ailleurs Biankha est apparemment capable de télépathie, comme ça ouech, ça lui prend de temps en temps. Néfertiti commande aux Hittites une armée de mercenaire avec armes de sièges pour très cher : les Hittites lui envoi un type nommé… « Armée » (haha, hohoho, trop drôle la blague). Entre parenthèse, le bouffon hittite se fait laminer au combat par Biankha qui passait par là au hasard et s’est permise de rabattre son caquet à Armée parce que ce dernier lui plottait le cul (devant sa mère la reine et toute la cours royale, cela va de soi, comme c’est un cliché de gros neu-neu barbare à la Conan… soupir).

En conclusion : la montagne a accouché d’une souris. Dommage, gros potentiel. Je la garderai pour les dessins mais j’éviterai de lire les phylactères.

Nom série  L’Atelier des Sorciers  posté le 19/08/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une belle surprise et forcément un petit coup de cœur pour compenser mon manque de foi pour ce manga dont je n’attendais rien de spécial. Je l’avais noté dans un coin de ma tête lors de sa parution début 2018 mais sans trop y prêter attention car j’avais flairé l’aspect Harry Potter – like qui n’est pas ce que je préfère en Fantasy, pourtant mon genre de prédilection. Néanmoins, en vue de l’offrir à une de mes connaissances très fan du plus célèbre binoclard de Poudlard, je me suis dit que je pourrais le lire au passage. Et bien m’en a pris car sans révolutionner le genre, j’ai passé un super moment de détente, un plaisir un peu coupable comme sur les 3 – 4 premiers films d’Harry Potter où on ne se prenait pas la tête en se laissant porter la magie ambiante.

Déjà je ne pense pas que je l’aurai acheté si je n’avais pas été séduit par les graphismes de Kamome Shirahama au trait fin, très détaillé, découpé bien comme il faut. Il n’y a pas tous ses petits traits qui donnent un effet de vitesse, ou ces arrières plans bâclés qu’on retrouve dans pas mal de Shônen. Là c’est plutôt pausé, l’auteur prend le temps de construire son récit, du coup on a parfois de superbes planches, malgré le petit format des éditions Pika. Il existe pas mal de mangas de Fantasy, mais tomber sur une mangaka qui a suffisamment de talent pour être à la hauteur du genre (qui demande souvent une certaine maîtrise pour dessiner tout un tas de décors, créatures et costumes improbables), c’est assez rare pour être souligné.

Après au niveau de l’histoire, cela commence comme du très grand classique avec la quête de l’orpheline élue d’une prophétie, la fameuse quête du héros aux mille et un visages, le tout nappé à la sauce Harry Potter. Vite résumé cela donne : la jeune Coco rencontre un monsieur se disant sorcier et qui lui apprend qu’elle aussi est une sorcière, donc elle quitte sa famille pour entrer dans une école de... sorciers, où elle rencontre l’alter ego féminin de Ron Wesley, une clone de Luna Lovegood, et un mixe entre l'intello "mademoiselle je-sais-tout" Hermione Granger et la peste Drago Malefoy. Elle se rend même dans une ville spéciale pour y faire des achats, etc. Bref, vous avez vu les films vous aussi.

J’ai bien aimé le système de magie où les sorciers ne manipulent pas une baguette mais ont recours au pinceau, au dessin et des glyphes pour lancer des sorts. Une jolie mise en abîme car aux yeux de Shirahama le dessin représente une forme de magie. J'ai de même apprécié l'aspect Shônen au féminin dans la tonalité du récit. Ce n’est pas un Shojo, attention, mais bien une histoire qui reprend les codes du Shônen mais écrit et dessiné par une femme avec des personnages essentiellement féminins, sans être forcément pour autant destiné à un public exclusivement féminin. Il y a un humour où effectivement cela fait très fille, « girly », mais c’est plutôt un bon point, et cela permet de retrouver certains faciès humoristiques propres au style graphique japonais. J'ai trouvé qu’il y avait un bon compromis entre la légèreté du Shônen au féminin avec tous ses bons sentiments, la positivité qu’il se dégage de son héroïne, et un ton parfois plus sérieux, un fond d’intrigue dont on perçoit déjà la complexité et les futurs enjeux dramatique. Jamais on ne bascule dans la niaiserie cul-cul-la-praline.

Je ne m’y attendais vraiment pas et je me surprends à attendre impatiemment le troisième volume.

Nom série  The Kong Crew  posté le 19/08/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Encore une belle trouvaille du côté des éditions Caurette, petit éditeur aux trésors insoupçonnés, avec ce fameux The Kong Crew du désormais très connu Eric Hérenguel, déjà auteur du recueil Kiliwatch chez le même éditeur. Encore aussi une idée farfelue de base sortie d’un rêve du bonhomme, mais qui prend ensuite la forme d’un scénario intriguant et curieux.

The Kong Crew est une uchronie de fiction se basant sur le film culte King Kong de 1933 et partant du principe que Kong n’est pas mort dans sa chute de l’Empire State Building à la fin du film (spoiler ! Mais on me pardonnera 80 ans plus tard), mais qu’au contraire et mieux encore, il s’est accroché à la vie et a vaincu ses ennemis. Nous sommes en 1947, Manhattan est devenu une jungle hostile dont le maître et roi du domaine est le singe géant. D’autres créatures mystérieuses peuplent cette flore sauvage et préhistorique. Pourquoi, comment ? C’est ce que se demandent le biologiste Jonas Parker et le journaliste Irvin Stone qui bravent l’interdit et atterrissent incognito sur l’île qu’ils pensent alors inhabitée par l’homme. En parallèle nous suivons le jeune pilote américain Virgil, aux faux-air de Han Solo (la dégaine vestimentaire, « What’d ya do with my wings ? It’s a ruin ! », et membre du Kong Crew, équipe d’aviateurs casse-cou chargée de sécuriser le périmètre autour de l’île, en mission pour retrouver les 2 explorateurs. Mais aussi une belle infirmière blonde qui fait tourner la tête de ces messieurs, et Spit le teckel (qui a surement un très grand rôle à jouer ^^).

Ce dernier segment de l’intrigue ravira fortement les fans de Top Gun, de la team Maverick, Iceman, Goose, Viper et cie, et de la jolie Kelly McGillis (Charlie), tant on retrouve toutes les gimmicks et comportements de gros machos des mecs du film. Pour ceux plus intéressés par la grosse bête à poil, qu’ils se rassurent, elle fait son apparition, de façon brève mais c’est bien le but d’un premier volume de teaser le public. Le comics, parce que c’est bien d’un comics qu’il s’agit ici : petit format agrafé, 26 planches, langue en anglais ; est d’autant plus génial qu’il est dessiné par un Eric Hérenguel au sommet de son art. Que ce soit Manhattan façon I am a Legend ou les bestioles géantes préhistoriques, c’est juste un pur régal en noir et blanc.

Dommage qu’il n’existe pas de version en couleur pour ce format-là mais pour une fois j’ai pu admirer le travail de l’artiste dans sa version encrée. Cependant, c’est à charge de revanche ! Puisque la VF en couleur de 72 pages sortira début d’année prochaine !

We need you ! Now ! Join The Kong Crew !

Nom série  Kiliwatch  posté le 29/07/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Kiliwatch est un projet un peu dingo sorti de l’imaginaire d’Eric Hérenguel ("Légende de Troy - Nuit Safran", "Krän", Ulysse 1781, etc.) qui a brodé cette histoire au fil du temps et si l’idée de départ et les premiers dessins émanent de lui, petit à petit le projet ressemblent à celui d’une bande de potes qui se font plaisir en débridant leur imagination.

Les petites saynètes sont très simples à comprendre, les différents auteurs misent à 100% sur l’action et les dialogues fendards. L’histoire met en scène Kili, une héroïne héritière des Tank Girl et personnages féminins badass à la Sigourney Weaver, affublée de son acolyte droïde de guerre, Banjo. Un duo façon Riggs et Murtaugh, les Thelma et Louise de Paul Verhoeven, qui évoluent dans une sorte de western déjanté post-apo au XXIème siècle.

Franchement, je me suis bien marré, c’est cool, pas de prise de tête, pas de tromperie sur la marchandise. Bon après, la qualité fluctuant selon l’histoire abordée, le prix n’en vaut probablement pas la chandelle. En tout cas pas au prix neuf vendu en ligne, mais en occasion cela vaut le coup.

- La première histoire sert à planter les personnages, et encore… Une histoire de vidange d’huile avec Banjo qui a des petits soucis d’incontinence… Cela ne vole pas bien haut, on dirait une histoire écrite sur un coin de table. Passons.
- La seconde est sans doute ma favorite. Peut être inspirée par la première et dernière scène du film Pulp Fiction, un braquo dans un dinner américain qui tourne mal. Chez Tarantino ça s’arrange avec des palabres, chez Hérenguel ça s’arrange à coup de .45 Magnum. ^^
- La troisième très sympa parce que toujours écrite et dessinée par Hérenguel dont on perçoit l’évolution graphique. Certaines histoires sont totalement anecdotiques, d’autres retiendront l’attention avant tout pour leurs dessins (bien aimé Thim Montaigne et Jaek Wang Park). J’ai pris néanmoins plaisir à suivre ce duo de braqueurs qui vivent au jour le jour, les couilles en bandoulières.

PS : Quelle erreur ! Dans la nouvelle « Mariollo », Kili et Banjo ne peuvent pas jouer à Mario Kart sur Nintendo monsieur Lefévère, puisque le premier Super Mario Kart est sorti sur Super Nintendo. Ah la la… Faut connaître ses références !

Nom série  Questor  posté le 11/07/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Quand j’ai lu le quatrième de couverture, forcément je me suis dit qu’il y aurait de l’humour, mais j’étais loin de penser qu’on pencherait autant dans ce sens. Le récit s’ouvre sur le saccage de la mythique cité de Troie où deux grecs, le puissant héros Idoméneus Decalionide et son porte-bouclier Aeson, lassés du conflit et dégoûtés du massacre qui s’ensuit, décident de tourner le dos à la guerre et de poser les armes pour servir la justice et ainsi racheter leurs fautes passées. Curieux de se rendre compte que la guerre c’est mal tout ça après 10 ans de conflit, mais enfin passons…

Après cette introduction j’ai cependant été très vite décontenancé car on fait un saut dans le temps de 20 ans ! Nos deux questeurs (enquêteurs) sont déjà célèbres, fortunés et pensent déjà à une retraite bien méritée dans leur villa où tous les soirs c’est soirée bacchanales avec les filles de joie du coin. Jusqu’au soir où la farouche mais rondement jolie (quel cul ! ) étrangère Klytië ne leur propose un dernier contrat que les deux vétérans devenus bedonnant entre-temps, ne peuvent refuser.

Décontenancé je suis, car je m’attendais à lire une sorte de buddy movie où les histoires et enquêtes de nos deux larrons se dérouleraient juste après Troie. Ils parcourraient le monde Grec et au-delà à la recherche de fortune, gloire et justice, feraient des rencontres, affronteraient des créatures mythologiques, etc. Vous vous rappelez la série télé Hercule, avec Kevin Sorbo, affublé de son fidèle acolyte Iolas, ou encore Xéna la guerrière et Gabrielle ? Et ben je m’attendais un peu à lire ce genre d’histoire, avec en plus un humour made in Soleil.

Bon là on est juste 23 ans plus tard, ce qui fait que nos héros ont de la bedaine, se sont bien empâté, et leurs idéaux de justice se sont envolés depuis un bail, ce qui permet de bien joué sur le registre humoristique du coup. Humour qui ne plaira pas à tout le monde : énormément de calembour made in Soleil (du cul, jeux de mots un poil lourdingue parfois), mais j’ai plutôt apprécié. Jean-Luc Sala a de l’imagination, ne jouons pas les pisse-froid. J’ai plus été choqué par les anachronismes du type « civilisation grecque », « démocratie athénienne » (à l’époque de Troie?!), mais comme c’est de la Fantasy pour de rire ça ne sert à rien de juger cette série sur le registre du sérieux. Il faut prendre ce récit à la déconnade malgré l’once de drama et de violence bien dosée.

J’avais déjà découvert Nicola Saviori dans le, hélas, abandonné Akron le Guerrier, et déjà j’avais apprécié son trait tout en rondeur mais aussi riche visuellement, propre, sans bavure. Je trouve que son dessin est tout à fait approprié à la maison Soleil tant on sent le gars qui aime dessiner de grandes épopées fantastiques, et en même temps se faire plaisir avec de jolies pépés à poil ("A poil Kyltië ! À poil la reine Xanthe ! À poil la princesse !" ^^ Raaaaaaah Lovely ce tome 3 !…), ainsi que des trombines qui frisent la caricature.

Une suite et un tome 4 sont normalement prévus. Mais en lisant cette trilogie comme une intégrale, car il n’y a ici qu’une seule et même enquête (d’ailleurs, youhoooouu Soleil ! Ce serait cool une intégrale), j’ai passé un chouette moment. Cette série ne pète pas plus haut que son cul, l’humour est particulier, on adhère ou pas, mais ce n’est pas dénué de sentiments ou de moment épiques, et le duo Saviori-Bassini fait plus que le taf, ces deux-là possèdent une patte visuelle bien reconnaissable. Comme point faible je retiens l’intrigue en elle-même, cousue de fil blanc et sans suspens, on aurait aimé quelque chose de plus consistant (parce que là on a que le gras d'Idoméneus ^^).

On veut la suite ! Moïra ! Moïra ! Moïra !

Nom série  Le Château des étoiles  posté le 02/10/2014 (dernière MAJ le 04/07/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
"Le Château des étoiles", voilà une histoire que Jules Verne aurait certainement très appréciée, lui qui a émerveillé bon nombre de petits et grands avec ses récits imaginaires décomplexés. Une sorte de Voyage au centre de la Terre inversée, direction la conquête de l’espace au moyen de cette substance qu’on appelle l’éther et dont serait composé le vide spatial et qu’une grande majorité de scientifiques du XIXème siècle croyaient réelle. Partir du principe que dans cette époque de révolution industrielle on découvre l’existence de l’éther et que des nations colonisatrices telles que la Prusse de Bismarck vont tenter de s'approprier cette découverte, c’est le parti pris de cette nouvelle grande aventure signée Alex Alice.

Une histoire qui n’est pas tout à fait ce qu’on peut nommer comme une uchronie car Alice s’amuse à incorporer à son récit fictif des éléments historiques véridiques ainsi que des personnages ayant bien existé. Ainsi on verra apparaître furtivement le compositeur Richard Wagner, l’architecte royal Christian Jank chargé de réaliser la structure de l’astronef, Élisabeth « Sissi » impératrice d’Autriche, et dans un rôle de premier plan le roi Ludwig de Bavière. La passion de ce dernier pour les contes et le mythe du Graal et des chevaliers de la table ronde sont tout à fait authentiques. De même que le château où se déroule la grande majorité de l’intrigue n’est ni plus ni moins que le château de Neuschwanstein qui est un des mes préférés dans le monde. Il est majestueusement dépeint ici aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Quel talent de la part de l’auteur ! Il sait comment vendre du rêve (plus que celui de Disneyland qui est lui aussi inspiré de Neuschwanstein pour la petite anecdote).

Pour en revenir à la BD, on peut dire que j’ai pris mon pied pour faire court. Pour la version longue, j’ai trouvé cette BD très intéressante également pour les lecteurs fans d’Alex Alice. On arrive à déceler des points communs dans chacune de ses œuvres. Je soupçonne Alice d’avoir un gros faible pour les jolies rousses, après Elisabeth d’Elsénor dans Le Troisième Testament et la Walkyrie dans Siegfried, c’est la ravissante Sophie qui reprend le flambeau. C’est même un combo de rouquine si on y ajoute Claire Dulac et Sissi impératrice. D’ailleurs en parlant de Sissi, la ressemblance physique du duo très proche Sissi-Ludwig est quasi similaire à celle du couple la Walkyrie et Siegfried, comme si ces derniers étaient de lointains ascendants aux deux autres. Je ne sais pas si c’est voulu ou non mais je suis très tenté de le croire, c’est très cool et ça apporte une certaine profondeur. C’est comme si les œuvres d’Alice étaient imprégnées d’une continuité, l’histoire comme un éternel recommencement. Même le cadre est identique, la mythologie germanique face à la romantique Bavière.

L’histoire de cet « intégrale 1 » se veut plus qu’introductive car elle fait aussi la part belle à l’action et les complots de couloirs. L’auteur fait monter la pression petit à petit et cela devrait atteindre son point culminant dans le deuxième intégrale. C’est un peu l’équivalent d’un Objectif Lune chez Tintin.

Le dessin est majestueux comme je l’ai dit plus haut, tout en esquisse, on peut utiliser n’importe quel superlatif juste pour dire que c’est du grand art. Alice s’essaye pour la première fois à la couleur directe et je pense qu’on peut dire que le pari est gagné, on en prend plein les mirettes.

Alors, y a-t-il tout de même quelques défauts ? Personnellement rien ne m’a dérangé, si, aller, quelques situations ne paraissent pas très crédibles mais à partir du moment où on envisage la théorie de l’éther comme crédible on fait un peu fi de la crédibilité, place à la magie (ce qui est paradoxal vu que le récit se repose beaucoup sur la science).
Le physique de Hans et son aspect « cartoonesque » peut décontenancer plus d’un lecteur car il apparaît en plus assez tardivement dans l’histoire mais cela ne m’a moi pas dérangé car il apporte une caution humoristique enfantine. Le Nibelung Mime avait déjà un peu le même rôle dans Siegfried avec un rôle plus sarcastique. J’y vois là une volonté de plaire aux enfants car cette série peut tout aussi bien s’adresser à un public adulte (le langage scientifique n’est pas à la porté de tout le monde), ou de grands enfants. L’esprit « julesvernien » est donc respecté.

En attendant les prochaines aventures de Séraphin et ses amis chevaliers de l’éther, je souhaite à ce premier volume de conquérir les étagères des bédéphiles.

Le Château des étoiles – 2ème diptyque – 3ème année Les Chevaliers de Mars !

Les plus impatients peuvent d’ores et déjà embarquer à bord de la suite. Deux mois avant la sortie de la gazette numéro 7, Rue de Sèvres sort un coffret comprenant ladite gazette plus un almanach calendrier de belle facture avec des hommages de grands artistes, plus la maquette du Cygne des étoiles à monter soi-même pour ceux qui ont gardé leur âme d’enfant.

La 2ème année mettait en scène l’alunissage de nos aventuriers, leur exploration et la révélation des mystères de l’astre. La tonalité enfantine du premier livre perdait peu à peu de son innocence pour rentrer davantage dans le mythe arthurien avec cet émouvant adieu du roi Ludwig à Séraphin qui lui fît promettre de partager la connaissance de l’éther pour le bien des peuples, tel le roi Arthur désignant Perceval comme son meilleur disciple et successeur, avant de partir pour Avalon d’où il ne revint jamais. Et ainsi une fois revenu sur Terre, ce deuxième chapitre se concluait sur un formidable message d’espoir, de tolérance et d’appel à la fraternité entre les peuples.

Si je lui trouvais des allures d’Objectif Lune au tout début de l'aventure, Les Chevaliers de Mars débute sous des auspices dignes de L’Île Noire. L'intrigue prend pour cadre celui d’une Bretagne idyllique et campagnarde avec beaucoup de dessins représentants Océan, phare, plage, village typique du coin… dans une ambiance inquiétante où les personnages cherchent à se faire peur. Il se murmure de sombres rumeurs dans les tavernes parmi les pedzouilles mal débourrés dont certains auraient aperçu un albatros monstrueusement géant (ces derniers n’ayant jamais entendu parler de l’éthernef). Et lorsque se ne sont pas ces béotiens, c’est cet indécrottable trouillard d’Hans qui s’y colle, croyant dur comme fer à ces légendes celtes.

Au premier plan, nos champions vont être forcés de sortir de leur retraite : le père de Séraphin a disparu, ses modèles paternels disparaissent les uns après les autres, et le doute commence à s’installer dans son esprit, d’autant plus que les relations avec ses frères chevaliers n’est pas au beau-fixe. Le temps joue contre eux car si la publication des plans de l’éthernef a permis dans un premier temps de couper l’herbe sous le pied de Bismark, ce vampire assoiffé de conquête et qui s’imagine bien tel le dieu de la guerre, n’a pas dit son dernier mot et Mars pourrait bien être la clé de voûte ouvrant la voie à la conquête de toute la galaxie !

Admiratif des graphismes des deux premiers tomes, la suite demeure du même tonneau. Alex Alice nous offre des compositions qui laissent d’abord médusé puis rêveur : il n’y a pas de mot pour décrire le fog londonien et ce plan sur Big Ben en contre-plongée, ou cette vision fantasmagorique de Mars la rouge surplombant cette petite île de Bretagne entourée d’une eau bleue sombre où nos héros se sont installés.

Grand enfant ou vieil amateur nostalgique d’Edgar Rice Burroughs, Les Chevaliers de Mars constitue un événement à suivre et à ne surtout pas manquer.

Mise à jour 04/07/2018
4ème année - Fin du deuxième diptyque

Le Château des étoiles, 2ème diptyque, gazette n°12, c'est déjà fini ! Que le temps passe... on ne voit pas nos héros Séraphin, Sophie et Hans grandirent et pourtant il y a de légères nuances dans les traits faciaux, un brin plus adolescent, moins enfantins qu'aux débuts... et que d'aventures parcourus, que de dangers mortels évités !
Ces Chevaliers de Mars a tenu toutes ses promesses, c'était digne du grand Edgar Rice Burroughs. Alex Alice délaisse dans sa deuxième partie l'action pour davantage d'exploration mais comme encore 12 gazettes sont prévus à la programmation, un petit temps peut faire du bien. Je retiens surtout l'aspect graphique parce que c'est... whoua, il n'y a juste pas de mot pour décrire ces visuels époustouflants en grand format. C'est du niveau Miyazaki quoi. Avec cette série Alice rentre dans la cour des grands, des très grands (il y était déjà selon moi mais là, il n'y a plus de doute possible).
Désormais, la guerre des mondes est déclarée. Vivement la suite !

Nom série  The Witcher  posté le 02/07/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je n’ai jamais joué aux jeux vidéo The Witcher, ni même lu les romans de la saga Le Sorceleur d’Andrzej Sapkowski dont ils sont inspirés. Néanmoins, une histoire quand elle est bien racontée doit pouvoir se suffire à elle-même, sauf s’il est précisé qu’il s’agit d’un récit à lire en complément du jeu ou du roman. Ce n’est pas le cas ici. Nous avons dans un préambule un bref résumé des évènements survenus dans les jeux vidéos qui permettent grosso modo de planter le décor et de tout de suite enchaîner sur cette Malédiction des Corbeaux.

Sincèrement, je suis extrêmement déçu par ce que je viens de lire. Je ne vais pas m’attarder sur l’avant-propos qui pète plus haut que son cul, où en gros on compare Sapkowski à Tolkien et Howard et la trilogie du Sorceleur au Trône de Fer ou encore la Roue du Temps de Robert Jordan, en terme de renommée. J’en ai entendu parlé de ce Sorceleur, c’est plutôt connu dans le milieu des littéros Fantaisistes, mais tout de même, il y a des comparaisons à ne pas faire sous peine de passer pour un gros prétentieux. Mais passons…

Bon c’est… c’est mou quoi. Il n’y a absolument rien d’exaltant ou d’épique dans cette histoire, et je ne pense pas que les scénaristes aient été à la hauteur de ce qu’ils ont écrit pour les jeux vidéos. Cela ne vole pas plus haut qu’un Hansel & Gretel Witch Hunters. Plus de 120 pages de chasse à la Strige (et non, ce n’est pas au pluriel) d’une lenteur assommante. Le plus hallucinant c’est qu’il y a bien, aller, au moins une quarantaine de pages consacrées à la prise de bain. Oui oui, c’est dingues les mecs passent leur temps à prendre des put@!4 de cure thermales tout au long des cinq chapitres, c’est juste d’un ennui mortel.

Si les jeux vidéo sont pareils, ça ne donne pas du tout envie. Sinon à part des prises de bain, beaucoup de dialogues à base de sous-entendu de cul, des flash-back qui ralentissent le rythme, ainsi que de nombreuses mini-quêtes totalement superflues qui entrecoupent la quête principale (une chasse à la Strige). On se croirait dans un JDR romancé. Je reviens sur l’avant-propos, désolé, mais quand j’y lis que The Witcher peut prétendre figurer au panthéon de la Dark Fantasy, je me marre comme une baleine. Relisez Berserk les gars, ça vous fera dégonfler les chevilles. Je n’ai rien trouvé de particulièrement sombre, gore ou flippant dans la tonalité de cette histoire.

Je suis assez déçu également par les graphismes de Piotr Kowalski qui m’avait habitué à beaucoup mieux, notamment sur le western Badlands. Ici on dirait qu’il salope son trait que je sais pourtant capable d’être plus fin, plus précis ; pour que cela corresponde aux goûts américains et rentrer dans la norme du comics random. Des fois c’est plutôt sympa à regarder mais la plupart du temps le trait est pâteux et les visages grossiers. C’est pareil pour le traitement de la couleur : ça été fait sous Paint ou quoi ?!

Je réserve et conseille ce comics seulement aux fans de Geralt de Riv qui apprécieront peut-être ce Bonheur est dans le pré Fantasy. Pour les autres, il y a carrément mieux à lire.

Nom série  Le Château de ma Mère  posté le 25/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pour Le Château de ma mère la critique sera courte car mon impression, très bonne, rejoint celles que j’ai déjà livrées sur La Gloire de mon Père et Le Temps des Secrets auxquelles je vous renvoie.

Morgann Tanco ainsi que Sandrine Cordurié gardent le cap et livrent une œuvre de toute beauté, très lumineuse et raccord avec le ton du récit. En attendant la conclusion du Temps des Amours, nous tenons là une série égale et constante, tirant vers le haut du panier du point de vue graphique.

Je ne sais pas quelle partie du cycle des Souvenirs d’Enfance de Pagnol je préfère, peut-être la première, mais ce Château... a une saveur particulière pour moi. La bande dessinée m’a fait la même impression que déjà le film d’Yves Robert vu étant petit : très prenant, plein de nostalgie, des senteurs, des paysages, etc. Mais un épilogue atroce, dur à encaisser quand on est jeune. Le décès d’Augustine, la mère de Marcel, survenu cinq ans après les évènements du Château, m’ont toujours fait froid dans le dos. De même que la mort annoncée de Lili, tué durant la 1ère guerre mondiale d’une balle en pleine tête. Le film si je me souviens bien ne disait pas quel Paul, le frère cadet des Pagnol, était décédé lui aussi très jeune, à 30 ans seulement. Tant de joies pour une conclusion si triste… Tout le monde meurt un jour mais il se dégage un tel bonheur, une telle joie de vivre de ces récits d’enfance, que parler d’un sujet comme la mort de façon aussi sec et brève, c’est dur.

Nom série  Harley Quinn Rebirth  posté le 24/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Harley Quinn Rebirth… Bon déjà il y a publicité mensongère sur le produit car le principe du Rebirth c’est bien celui de remettre les compteurs à zéro, de faire fi des évènements passées écrits par d’autres auteurs, de renouveler le mythe du personnage à travers un nouveau regard. Alors pourquoi dans ce put@!4 de comics les personnages ne cessent de faire des allusions à des péripéties s’étant déroulées dans des précédents numéros d’autres collections centrées sur la même Harley Quinn ?! Hein ? Donc déjà : foutage de gueule.

Je tiens à préciser au passage qu’on m’a offert le livre. J’adore tout ce qui tourne autour du Dark Knight mais je reste très sélectif concernant mes choix de lectures, histoire de ne pas être déçu. Ce livre comprend 3 mini-histoires où Harley Quinn incarne l’héroïne. J’aime bien l’ancienne girlfriend du Joker depuis sa première apparition dans l’animé des années 90, Batman the animated serie, mais passé le potentiel physique sexy du personnage je n’ai jamais trop compris ce qui pouvait attirer les fans chez elle au point qu’on lui consacre un film, Suicide Squad. Et qu’a-t-elle de beau à raconter cette jolie délurée qui lui vaille une série éponyme ? Bah, rien. Honnêtement je n’ai pas vu ou compris l’intérêt de ces récits : une attaque de zombies infestés par un parasite alien, une mission d’infiltration au sein d’un groupe punk-rock braqueur de fourgon postier, avant de terminer sur une vendetta en Inde où Harley en a gros contre un riche actionnaire d’une compagnie de télécom parce que… elle est folle-dingo, et au passage elle se bat contre un robot mécha géant piloter par un bébé indien. (…) Voilà voilà…

Les scénarii concoctés par Conner et Palmiotti ne possèdent aucune profondeur ni même de message ou de thématique intéressante, hormis peut-être un vague militantisme pour la cause vegan dans la première histoire de zombies, mais pour le reste c’est d’un vide abyssale. Harley Quinn est un personnage de l’univers Batman mais nous ne sommes clairement pas à Gotham City ici mais bien dans l’univers rose bonbon de l’ancienne psychiatre. Seuls demeurent à la surface des choses l’humour très américain bien gras, à base de caca, de « prout », d’allusions érotiques lourdingues. Je ne veux pas être méchant mais ça vole à peine plus haut qu’une histoire écrite au fur et à mesure par des adolescents boutonneux en pleine digestion de leur première cuite.

Les graphismes de Chad Hardin puis de John Timms n’ont pas réussi à relever mon intérêt pour cette série. C’est du comics random quoi, un trait sans personnalité, le truc bien mainstream quoi, je vous fais pas le dessin. Evidemment les couleurs pétaradantes à l’informatique suivent derrière. C’est hyper moche.

Je revends si quelqu’un est intéressé.

Nom série  Star Wars - Capitaine Phasma  posté le 22/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Notes introductives au comics : « (…) Il est particulièrement intéressant de voir comment Phasma, qui n’apparaît que peu à l’écran, a su conquérir le public, notamment grâce à son look si particulier (...) ».

Ha ! Haha ! Hahahahaha ! Ah putain, ils savent comment déconner chez Marvel ! ‘Z’ont pas peur du ridicule, eux. Non mais plus sérieusement, quel fan de Star Wars peut croire à cette propagande grossière ? Le capitaine Phasma est un des personnages les plus détesté de la saga, pas loin derrière Jar-Jar Binks, on n’en est pas encore là, mais pas loin… Le personnage est une erreur en lui-même, une aberration, une tentative maladroite de réintroduire un personnage taciturne et impitoyable calqué sur le modèle de Boba Fett. Un essai ratée de part son absence de charisme dans l’épisode VII, sa complète inutilité dans l’épisode VIII, et puis avouons-le, son design n’est pas d’une folle originalité. Mais bref, peut être que le comics réussira a redorer son blason ? Passons à la critique du bouquin donc :

L’intrigue n’est pas très folichonne mais a le mérite de planter la psychologie du personnage, ce qu’aucun des deux réalisateurs n’a réussi à faire en 2 films… Juste après les évènements survenus dans l’épisode VII et la destruction de la base Starkiller, Phasma traque un lieutenant du Premier Ordre ayant lui aussi échappé à sa destruction. Cet officier est en effet en possession d’information compromettantes pour Phasma : il sait que c’est elle qui a abaissé le levier du bouclier permettant aux vaisseaux de rebelles de s’infiltrer et ainsi porter une attaque fatal au Premier Ordre. Phasma révèle ainsi sa vraie nature : avant d’être un bon chien de garde du Premier Ordre, elle est avant tout une survivante qui œuvre pour sa propre pomme. Prête à partir à l’autre bout de la galaxie juste pour être certaine de ne laissant aucune trace compromettante. C’est ainsi qu’elle et une jeune femme pilote se retrouve sur une planète hostile où leur cible s’est réfugié.

C’est assez maigre d’un point de vue scénaristique mais au moins c’est honnête. On est là pour parler un peu de Phasma et on saisi déjà un peu mieux les traits de sa personnalité ainsi que son background. Si on est pas fan de la saga c’est clairement une lecture dispensable, et si on l’est, bon… ce n’est pas désagréable.

Heureusement j’ai envie de dire qu’il y a les graphismes photo-réaliste de l’italien Marco Checcetto, déjà aperçu dans d’autres comics de la collection 100 % Star Wars. Pour moi c’est l’artiste le plus plaisant à regarder des nouveaux titres Star Wars publiés par Marvel, avec John Cassaday. Le trait est propre, net et sans bavure. Cela manque un peu de personnalité c’est sûr, mais personnellement ça me change du comics random. Et puis il y a les illustrations très cool du français Paul Renaud aussi. Les couleurs sont à l’informatique « et ça se voit », comme d’hab’ quoi, dommage…

Lecture agréable qui se lit en complément des films. Pas le pire ni le meilleur.

Nom série  Le Château des Animaux  posté le 12/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Qui n’a toujours pas lu La ferme des animaux de George Orwell ? Court roman devenu un classique dénonçant le stalinisme et de façon plus générale les régimes totalitaires au travers d’une fable animalière où ces derniers après avoir renversé les humains qui les exploitaient, devenaient à leur tour les despotes de leurs congénères, l’oppressé d’hier devenant ironiquement l’oppresseur de demain.

Très clairement Le Château des animaux ne renient pas cette influence orwellienne et ce jusqu’à son introduction très similaire à quelques détails près : pour une raison inconnue les humains du château sont partis, laissant les animaux présents sur place à leur libre destinée, ceux-ci ayant très vite basculé dans un régime tyrannique qui ne dit pas son nom, à moins qu’il en est été ainsi depuis le début. Au sein de ce microcosme bestial, c’est la loi du plus fort qui règne en réalité : l’égalité n’est même plus une utopie, le partage des richesses n’est qu’un leurre, les valeurs d’entraide un mirage, tandis que la terreur règne au sein de la basse-cour. La masse composée des frêles lapins, canards, poules, moutons et autres vertébrés dociles, est dispersée. Faibles individuellement, ces derniers ne se rendent pas compte qu’ensemble en unissant leur volonté, ils peuvent déplacer des montagnes et pourquoi pas, renverser le joug implacable de celui qui incarne l’autorité, le « Duce », le taureau Silvio, entouré qu’il est de ses sbires, les chiens de garde du système, et du coq collabo figure du « vox princeps ». L’étincelle rallumant la flamme de l’indépendance viendra t-elle de l’oie Adélaïde, voix de la colère, d’Azelar le rat vagabond et séditieux, ou bien de Miss B la chatte mère-courage ?

Une histoire prenante, bien que n’ayant parcouru pour le moment que 24 pages du récit, pleine de passions et de dramaturgie. C’est peut être là que se joue la différence avec la fiction d’Orwell car là où La Ferme... se « limitait » un peu à l’allégorie politique, Xavier Dorison la poule aux œufs d’or de la bd franco-belge, romance tout cela en y injectant des personnages bien campés, classiques dans leur genre mais néanmoins efficaces et attachants, du drama, un bon sens du rythme, ainsi qu’une tonalité réaliste et violente à ne pas mettre entre toutes les pattes. Pour illustrer cette rébellion, c’est vers un jeune espoir que s’est tourné Dorison, en la personne de Félix Delep. Inconnu au bataillon, ce jeune artiste n’est pas pour autant un lapin de six semaines tant ses dessins impressionnent sur tous les aspects par leur maturité et la maîtrise qu’il s’en dégage. Un trait semi-réaliste absolument nickel, dans la lignée des maîtres de l’anthropomorphisme que sont Juanjo Guarnido (Blacksad) ou Willem (L'Épée d'Ardenois) à la différence que les animaux d’ici n’ont pas une morphologie humaine, se sont juste des animaux à 2 ou 4 pattes capables de communiquer entre eux et d’interagir avec les éléments du décor. Le travail à la couleur directe façon aquarelle, le soin apporté aux décors, des cadrages alternant les différentes prises de vue, sans oublier le format gazette en 29,7 x 41,8 cm qui en met plein les mirettes, viennent parachever la bonne impression d’ensemble. Une vraie réussite pour le peu qu’on puisse en juger.

« Vous ne pouvez pas avoir une révolution si vous ne la faites pas pour votre compte ; une dictature bienveillante, ça n’existe pas ».
George Orwell.

Nom série  Il faut flinguer Ramirez  posté le 07/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Musique : AC/DC - Back in Business

Dans les remerciements de fin d’album, Nicolas Pétrimaux rend hommage à quelques grands noms de la bd comme Lupano et Dorison, des auteurs qui ont déjà bourlingué dans le même registre que Il faut flinguer Ramirez. J’ai souvenir d’une bande-annonce déjantée so 70’s de Xavier Dorison pour la sortie du mitigé Red Skin ; l’histoire de Ramirez par Pétrimaux qui est ici auteur complet se situe un peu dans la même veine des récits hommages à une décennies et toute la culture populaire qui s’y rattache.

Ici on baigne en plein dans les folles années 80, beaucoup y ont vu une influence tarantinesque dû à la violence du récit avec des fusillades « en veux-tu en voilà » traitées avec une certaine légèreté et un humour de soudards qui ponctuent leurs phrases à coup de punch lines parodiques (MDR le flic qui se la joue Horacio Cane des Experts : Miami), mais personnellement j’y ai davantage perçu des accointances avec l’univers des frères Coen. Cela se déroule quelques part entre un Big Lebowski pour l’imbroglio autour de l’identité réelle de Jacques Ramirez qui est recherché par des mafieux chicanos dont la connerie frôle parfois celle des teubés de la salle de gym du film Burn after Reading, et le plus sérieux No Country for old men dans lequel on aurait introduit le nettoyeur (c’est le cas de le dire) ultra-efficace, Léon.

J’ai trouvé cela vraiment très cool, bourré de références et clins d’œil qui vont de Thelma et Louise à Magnum et bien d’autres trop longs a énumérer, et en même temps intelligemment écrit puisqu’on est capable d’allier l’agitation effrénée des action-movies des John McClane et Martin Riggs à la connerie ambiante des bureaux façon The Office et Caméra Café. De plus le discours n’est pas dénué de fond puisque l’auteur ne se gêne pas pour se foutre des masses qui cours après un consumérisme excessif déshumanisé (aujourd’hui Ramirez bosserait au S.A.V. de chez Apple), les grosses pointures de WallStreet qui se goinfre du système soutenu par des pantins médiatiques qui se prétendent journaliste (oui, oui, il y a aussi de tout ça dans Ramirez).

Graphiquement ce n’est pas spécialement ma came de premier choix mais la mise en page hyper cinématographique (rien que la couv’ on dirait une affiche de ciné) avec le nombre de pages nécessaires à ce genre de projet (plus de 120), les couleurs éclatantes ainsi que le découpage explosif, ont fini par emporter mon adhésion. Franchement on tient quand même entre les mains un livre-objet de qualité on ne va pas faire les fines gueules.

Le récit se conclue sur un twist des plus intriguant, c’est le moins qu’on puisse dire. Du suspens, de l’action, de jolies pépés, des courses-poursuites à la GTA, de la loufoquerie, une violence décomplexée, des questionnements et une suite d’ores-et-déjà très attendue…il y a même une histoire d’amour en filigrane quoi ! Please, ne flinguez pas le pauvre Ramirez, lisez-le plutôt.

Nom série  Star Wars - Han Solo  posté le 03/06/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Depuis la reprise de Lucasfilm par Disney et l’exploitation de la licence Star Wars en BD par la filiale Marvel, je trouve que celle-ci marque une certaine constance graphique avec des artistes arborant plus ou moins un même style réaliste très propre, bien carré. Le seul point avec lequel je ne serais probablement jamais en phase, c’est sur le choix de coloration « à l’informatique et ça se voit ». Pour les histoires écrites par les rédactions conjointes de Marvel-Lucasfilm, ce n’est pas si mal dans l’ensemble, avec du bon, du moins bon et du passable. J’en avais donc un peu ma claque du nouveau Star Wars made in Disney, pas très palpitant, jusqu’à ce que je tombe complètement par hasard sur une édition unique de Han Solo en noir et blanc, grand format. C’est apparemment une opération spéciale et un premier test, de proposer au lectorat de SW une édition prestige à un prix raisonnable, et comme l’éditeur semble satisfait du résultat, des ventes et de la critique, l’opération est amenée à être renouvelée sur d’autres numéros à venir de la saga.

Malgré une présence dans la collection 100 % Star Wars, ce Han Solo 23,7 x 35,7cm est davantage une histoire à réserver à un public connaisseur. Ce n’est pas un Star Wars classique avec son lot de fusillades au blaster, de combat au sabre laser avec la musique trépidante de John Williams en fond sonore. Cette histoire, bien qu’évidemment centrée sur le contrebandier le plus célèbre de la galaxie, n’est même pas une sorte d’anthologie sur le personnage résumant sa vie, ce qu’il est, à quoi il pense, etc. C’est plus une transition entre le Han Solo de l’épisode IV et celui du V, où Han s’interroge sur sa place dans le jeu d’échec galactique : doit-il rester neutre en suisse, continuer de se voiler la face en faisant comme si seul son intérêt personnel comptait, ou révéler sa vraie nature de good guy ? Une ch’tite histoire ma foi rondement bien menée par Marjorie Liu qui a le mérite de proposer quelque chose d’un peu plus profond dans cet univers où bien trop souvent on reste à la surface des choses et aux simples tirs de blasters « piou piou piou ! ». Mais aimer Han Solo et son comparse Chewbacca ne suffira pas : il faut avant tout être un inconditionnel du Faucon Millenium car on passe les 3/4 des 112 pages dans le cockpit du tas de ferraille le plus rapide de la galaxie.

Une autre grande Force du livre provient des graphismes de Mark Brooks assisté de Dexter Vines à l’encrage (saluons-le lui aussi). Je l’ai souvent dit ici et ailleurs, je trouve que de l’autre côté de l’Atlantique on pète souvent plus haut que son cul en pensant avoir la crème de la crème des artistes alors que dans la réalité, le 9ème art américain ne fait bien souvent malheureusement que proposer la même soupe fade et uniformisée : toujours les mêmes styles cartoonesques, les mêmes colorations dégueulasses à l’informatique, les mêmes histoires de super héros, et « merde » à Stan Lee. Mais pas Mark Brooks, non, ce gars-là est un orfèvre du style réaliste, un perfectionniste qui instille d’infimes détails dans chacune de ses planches, là où d’autres se contenteraient d’un fondu tout en noir. Vraiment « respect », même l’éditeur n’y va pas avec le dos de la cuillère en affirmant que c’est la plus belle BD Star Wars qu’il ait sorti depuis la reprise de la franchise. Il y a des planches en double-page fantastiques comme celle de la traversée du cimetière spatiale avec le défilement des 12 heures façon cadran horloger.

Je ne regrette assurément pas mon achat. Mais maintenant j’attends la série ou le one-shot Star Wars culte que tout fan est en droit d’attendre depuis le temps (j’ai un temps cru à Star Wars - Clone Wars mais… trop irrégulier).

May the Force be with you, Han Solo.

Nom série  Arale  posté le 17/05/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Arale, rien à voir avec le personnage créé par Akira Toriyama dans Dr Slump. Arale est une histoire d’uchronie de fiction fantastique imaginée par Tristan Roulot dans laquelle l’auteur se pose la question : et si la révolution bolchevique avait échoué en octobre 1917, que serait-il advenu de l’empire russe et de la guerre ? Mais le scénariste ne s’en tient pas à cette seule hypothèse. Il introduit dans son uchronie une grosse dose de fantastique et de science-fiction en faisant du conseiller Raspoutine un Gandalf « maléfique » manipulant son monde et suivant ses propres projets géopolitiques grâce à des pouvoirs, dirons-nous « magiques », accordés par une mystérieuse vieille femme.

Je vous sens un peu paumés, hein ? Ben dites-vous que ça ne va pas s’arranger par la suite parce que c’est là le gros point faible de cette histoire : son créateur veut raconter beaucoup de choses en seulement 62 pages, cependant de grosses zones d’ombre resteront en l’état puisque, apparemment, il s’agit d’un « stand alone », un et unique tome est prévu. Bon… ce n’est pas mal, il y a des idées. Cela pioche du côté d’Inception pour la descente du héros Kyril dans l’esprit nébuleux du tsar, du côté de Pacific Rim et de la « dérive » pour expliquer le processus neuronal reliant le tsar à Kyril, du côté de La Guerre Éternelle et du roman Fatherland pour l’aspect état de guerre perpétuel que vit la Russie, etc.

Si l’histoire se termine vraiment ainsi et qu’aucune suite n’est prévue au programme, on ne peut pas dire que ce soit très « jouasse » comme récit. C’est même carrément pessimiste tendance dystopie. Pas de problème avec cet aspect mais le plus gênant est qu’il demeure moult questions restées en suspens. On ne parle pas ici de petites zones d’ombre scénaristiques qui donnent du grain à moudre aux lecteurs qui peuvent ensuite de leur côté spéculer et s’amuser à imaginer le pourquoi du comment. Non là il y a carrément de gros segments de l’intrigue qui sont laissés dans le vague, sans qu’aucune esquisse de réponse ne soit abordée, ce qui est assez stupéfiant. On est là, on se dit « oui, et ? C’est tout ? Pourquoi ceci et pourquoi cela ? ». C’est frustrant.

Les dessins de Denis Rodier sont agréable avec ce trait presque crayonné mais en même temps appuyé par un encrage solide et profond. Je n’ai pas été enthousiasmé en revanche par les couleurs pâlottes de Bruno Tatti qui font franchement vieillot.

J’ai vraiment eu ce sentiment de « bof, sans plus ». À trop vouloir caser tel ou tel élément fantastique ou SF, et laisser en plan telle ou telle piste narrative, les auteurs ont fini par me perdre dans les limbes de leur imagination un poil trop intrigante pour un simple one shot.

PS: note et avis à réviser si suite il y a...

Nom série  Légendes de Troy - Nuit Safran  posté le 17/05/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un cycle court de Fantasy assez plaisant à parcourir mais sans véritable point fort marquant les esprits. On reconnaît de suite l’atmosphère « arlestonienne » de part l’humour adolescent parsemant le récit de gags enfantins rigolos et de traits qui oscillent vers le graveleux et la braguette, typique d’une « lanfeusterie » je dirais.

Sachant que l’histoire se déroule dans le monde de Troy, qu’on ne présente plus aux lecteurs, avec la légèreté de ton que l’on sait, et qu’elle se tient sur 2 albums, il ne faudra pas s’attendre à quelque chose de bien fouillé niveau suspens. C’est un grand classique de la Fantasy ou même plus simplement du récit héroïque chevaleresque, condensé pour tenir dans un format court, avec ses avantages et ses inconvénients. L’intrigue est très simple / basique : une fraîche et sexy héroïne de sang noble aux caractéristiques de garçon manqué (genre Mérida dans le film d’animation Rebelle de Disney) tente de sauvegarder la paix entre sa baronnie et le duché voisin rival immémorial qui rêve de s’en emparer. Elle devra pour cela déjouer les plans d’un frère aîné qui l’a contrainte à l’exil. Celui-ci est traître, avide de pouvoir et d’argent, et « of course » méchant et immature. Évidemment elle se retrouve seule contre tous, ou à peine n’est-elle entourée que par une poignée d’amis utiles restés loyaux : un jeune frère doté d’un super pouvoir, d’un brave chevalier bodyguard de service, d’un fantôme bisaïeul invincible, et d’un ancien héros de guerre sur le retour. Il se passe quelques péripéties, des courses poursuites, une bataille finale, etc. et il arrive ce que tout le monde s’attend à ce qu’il arrive…

C’est simple, rapide et ma foi efficace. Une fantasy politique (un Trône de Fer simpliste en accéléré) avec ces mêmes histoires de gens de la Haute et leurs petites guéguerres intestines pour le pouvoir. Dommage que l’intrigue soit limitée à la sacro-sainte pagination à 48-50 planches qui empêche tout développement psychologique des personnages, élargissement des intrigues et montée en puissance du rythme. C’est de la série vite consommée comme on n’aimerait ne plus en lire de nos jours. J’ai vachement apprécié le pouvoir de Moustik d’être capable de ramener les morts dans le monde des vivants sous une forme spectrale, l’auteur comme souvent a le cul entre deux-chaises en tendant vers le sérieux et l’armée des Morts de la Montagne Hantée (Tolkien, Le Retour du Roi), ce qui donne lieu à une chouette bataille ; et penchant en même temps vers le burlesque type Casper le gentil fantôme. Car rien de tout cela n’est à prendre au sérieux avec la légèreté de ton de Christophe Arleston. Passé un certain âge on a du mal à se prendre au jeu.

Eric Hérenguel est un dessinateur dont j’admire le dessin et sa progression constante au fil des années. Entre ce qu’il pouvait faire à l’époque de Nuit Safran et ce qu’il fait de nos jours sur Ulysse 1781 par exemple, il y a comme un inter-monde d’écart. On reconnaît bien la griffe de l’auteur de "Krän", une autre série de Fantasy « pour de rire », capable d’offrir des cases profondes et riches en détails, tout en étant capable de donner l’impression sur une case suivante que le boulot n’a pas été fini. Je ne vais pas dire « bâclée » parce qu’après tout, qu’est-ce que j’y connais ? ; mais j’ai parfois eu l’impression que le dessin restait nébuleux au second et troisième plan, comme un voile qui rendrait flou décors et personnages. Encore aujourd’hui sur Ulysse 1781, Hérenguel laisse les dessins au troisième plan dans le vague, mais ici j’ai trouvé que c’était plus flagrant donc moins appréciable. Cela-dit globalement j’ai trouvé les dessins plutôt chouettes, on va pas chipoter. Je dresse le même constat concernant les couleurs de Lamirand, partenaire d’Hérenguel depuis…

À conseiller aux lecteurs de Fantasy profanes qui veulent se faire un p’tit fast-food.

Nom série  San-Antonio chez les gones  posté le 13/05/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
San-Antonio, je connais surtout de nom. Quand on est amoureux des films mis en dialogue par Michel Audiard, des poètes tripailleurs à la François Villon, de la plume stylée de Céline, ou bien encore des Pieds Nickelés, on a forcément entendu parler un moment ou un autre de la conséquente série littéraire écrite par Frédéric Dard, un autre prince de l’argot.

Je me suis bien marré et je pense avoir atteint là l’essentiel. Je ne sais plus qui disait que l’argot, c’est le latin de la racaille. Le langage métaphorique argotique est ici omniprésent et que ce soit au travers du flic San-Antonio ou de son acolyte, un vrai bœuf celui-là. L’intrigue en elle-même et divertissante, dans l’ambiance des polars à l’ancienne, assez éloignée des thrillers glauque d’aujourd’hui. C’est plutôt décontracté du gland pour dire les choses franchement. Elle est presque tellement second degré, qu’on se croirait dans un Scooby-Doo paillard. Le dessin de Michaël Sanlaville est très à propos avec la teneur du récit et il ne se gêne pas pour caricaturer des Eric Zemmour, Dominique Straus-Kahn ou Gérard Depardieu parmi les affreux.

Une enquête au langage "fleuri" super moment de détente.

Nom série  Fédération (Soleil)  posté le 10/05/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ah ! Une enquête policière dans un décorum urbain futuriste cosmopolite, une ambiance noire cyberpunk, un imper long col relevé… l’ombre du Blade Runner plane au-dessus de Fédération, adaptation d’un polar SF des années 90, La Mâchoire du Dragon.

Le récit est plutôt divertissant, basique dans le fond puisqu’il s’agit d’un thriller économique comme on a pu en voir ou lire des dizaines de fois, mais étendu à l’échelle galactique. Imaginez que la Terre soit considérée comme un petit pays du tiers-monde, le trou du cul de la voie lactée (un peu comme dans la série télé Farscape), faisant la joie d’escrocs, requins et contrebandiers alien qui viennent profiter des lieux pour pas cher comme ces cochons de touristes qui vont foutre le boxon à Pattaya ou Cancun ; et un formidable terrain de chasse financier pour les entités politiques extraterrestres (la « Fédération ») soi-disant « évoluées » qui profiteraient des vides juridiques de cette zone spatiale pour se livrer à des trafics en tout genre.

L’enquête en elle-même est fort-sympathique avec pas mal de rebondissements plus ou moins prévisibles, ça grimpe crescendo, un scénario en compte-à-rebours bien rythmé, on ne s’ennuie pas. Entre les desiderata des humains cherchant à regagner la confiance Alien après avoir loupé leur entrée dans le bloc, et le jeu de dupe auquel ils se livrent avec les Hittites (qui me font penser aux Aschens dans Stargate SG-1), c’est un sac de nœud que l’on peut dénouer en partie sur ce seul album. D’autres sont à suivre mais celui-ci peut presque se lire seul. C’est de la nouvelle SF pulp du 21ème siècle avec des extraterrestres parlant notre langue, avec un niveau technologique supérieur au nôtre, et qui nous le font bien sentir, à la civilisation plus évoluée mais rendant toutefois les échanges économiques et culturels possibles. Une SF qui ne plaira pas à tout le monde mais qui personnellement me change du snobisme de certains auteurs Hard-Science.

Le dessin de Janolle est ma foi plutôt plaisant, tendance comics je trouve, dans la branche d’Olivier Vatine l’aspect gueule carré en moins. Les décors sont grandioses et font plus que le taf. Quant aux couleurs d’Elvire de Cock, toujours un peu dans une tendance comics à l'informatique, je les ai trouvé agréable.

Quality Control : Approved !

Nom série  Exilium  posté le 09/05/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mmmmmmh… Intéressant, mais je pense avoir encore été victime de l’illustration de couverture qui déchire mais ne reflète pas la qualité d’ensemble. Je ne découvrais que maintenant le dessin d’Eric Stalner malgré une bibliographie en bande dessinée longue comme le bras. Je n’ai pas été déçu, c’est le type de dessin qui rentre tout à fait dans mes cordes avec un encrage soutenu, trait semi-réaliste, des trombines distinctives, une certaine richesse dans les décors et quelques plans qui claquent bien. La coloration maîtrisée de Florence Fantini participe à la grandeur du voyage spatial et apporte un vrai plus.

Non en fait ça pêche plutôt du côté scénario avec des personnages un brin stéréotypés à la psychologie très en surface des choses. Les dialogues constituent le gros bémol selon moi : ils ne sont pas très inspirés, rien d’exaltant, pas de punch lines. La construction du récit manque de liant, de montée en puissance avec une tension grimpante. Les choses ne sont pas très bien amenées, elles sont même carrément forcées (la scène de luc, gratuite, les pétages de plomb…), c’est assez linéaire et donc inéluctablement « plat ». L’histoire en elle-même est en revanche assez intrigante : qui, quoi, comment, pourquoi ? Beaucoup de questions demeurent en suspend et sachant que la trilogie complète est prévue pour l’année civile 2018, cela vaut le coup de patienter sans balancer de jugement définitif à l’emporte-pièce. Les influences SF sont cool mais faciles, où ça pioche vachement du côté du Cycle de Fondation d’Isaac Asimov et la quête du Mulet. Le Mulet étant affilié à Koïos, être cherchant à étendre son pouvoir sur l’ensemble des mondes connus. La planète où le vaisseau spatial s’est échoué est une sorte de Gaïa du même cycle (Fondation Foudroyée, Terre et Fondation), planète vue comme un super-organisme pensant, avec comme de par hasard une fille qui la comprend et s’en fait la défenseure : Joie chez Asimov, Luz chez Cédric Simon. Quant au voyage en hibernation de colons terriens vers un avenir plus prospère, c’est un grand classique de la SF (Alien Covenant etc.).

Ce fut un moment agréable mais je m’attendais à mieux je ne le cache pas. D’ailleurs je ne comprends pas l’accroche de l’éditeur, « Sur Terre, l’homme a réussi à dominer la nature. Ici, c’est plutôt l’inverse ». Rien à voir, le rapport hostile homme vs nature sauvage n'est pas aussi intense comme il pouvait l'être sur Six Saisons sur IlO dans Le Cycle de Cyann par exemple. Il n'est pas vraiment question de cela ici, ou si peu...

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 16 Page Suivante Page suivante 

www.bdtheque.com - Contact - Ce site nécessite l'utilisation de cookies - Flux RSS
Lien destiné au référencement du site : Liste des séries BD de BD-Theque