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... a posté 40 avis et 4 séries (Note moyenne: 3.23)

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Nom série  Le Père La Houle  posté le 30/04/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une note assez généreuse, parce que j'ai passé un moment sympathique, mais il n'y a rien là d'incontournable.
Macherot nous offre là une histoire comme il aime les écrire, au ton naïf et simple, la plupart des péripéties n'étant là que pour introduire une bonne dose de gags. Ceux-ci sont plus ou moins réussis, parfois assez prévisibles, mais parfois très drôles, comme en témoigne une hilarante scène de corrida. Le scénario n'a donc rien de particulièrement génial, mais ses grandes lignes, quoique classiques, sont suffisamment efficaces pour tenir la route.
Pour les deux histoires courtes que j'ai lues ("Le Père La Houle va à la pêche" et "Promenade en mer"), tout repose sur des gags assez sympathiques (signés par René Goscinny pour "Promenade en mer) dont on n'attend rien de plus que ce qu'ils ont à proposer.
Du côté du dessin, c'est typiquement du Macherot, donc un dessin sans grande finesse, mais qui correspond parfaitement à la simplicité du récit.
Rien d'exceptionnel, donc, mais rien de détestable non plus. Les amateurs de pépites oubliées des années 50-60 y trouveront leur compte.

Nom série  Blake et Mortimer  posté le 29/04/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
J'avoue être surpris en découvrant la moyenne sur ce site, moi qui m'attendais à découvrir au moins 4 étoiles... En ce qui me concerne, cette BD est culte de chez culte, et j'ose même dire que c'est une des sagas (LA saga) qui a le mieux survécu à son auteur.

Chez Jacobs, tout est là pour faire de ses tomes successifs des modèles du genre aventure et science-fiction : deux personnages au caractère bien forgé, au background développé et attachants dès le début, du mystère omniprésent, un des méchants les plus classes et les plus intéressants que j'ai jamais vu dans une oeuvre littéraire, une ambiance et des thèmes qui se renouvellent de tome en tome (la guerre mondiale, l'Egypte antique, l'Atlantide, les voyages temporels, la Japon et la haute technologie, les espions russes et la guerre bactériologique, la décolonisation de l'Inde, etc, etc...).
Pour moi, il est littéralement impossible de ne pas se laisser emporter dans l'une ou l'autre aventure, tant l'atmosphère est prenante, et le scénario réfléchi de bout en bout. Rarement une BD m'aura permis de me plonger aussi intensément dans un récit aux côtés même des personnages, essayant de percer le mystère avec eux, partageant leurs joies, leurs douleurs, leurs émotions.

Il faut dire que le talent de dessinateur de Jacobs y est pour beaucoup : son trait rigoureux, réaliste et toujours fluide, provoque une immersion totale, et participe au dynamisme de l'ensemble, garanti par un rythme soigneusement entretenu par un dosage parfait des péripéties et des retournements de situations qui ne lâchent jamais nos héros.
En ce qui me concerne, Blake et Mortimer a véritablement dicté les critères de l'aventure telle que je la conçois, que ce soit à la lecture ou à l'écran. D'ailleurs, il serait temps qu'au lieu de ressasser constamment les mêmes super-héros sur grand écran, on s'intéresse davantage à ces héros "old-school", qui pourraient, devraient être au cœur de très grands films.

Certes, la BD revêt par moments un air légèrement désuet qui pourra rebuter, notamment par le fait d'une narration un peu trop présente (parfois les dialogues aussi) ou d'une absence presque totale de personnages féminins, mais pour moi, c'est aussi ce qui participe au charme de la série : ça sent bon les années 50, mais sans jamais basculer dans le kitsch ou le grotesque.

A noter que les successeurs de Jacobs ont fait un travail d'une immense qualité. Si la saga post-Jacobs a connu certains coups de mou (c'était déjà le cas du vivant de l'auteur, mais un peu moins), l'ambiance est toujours aussi rigoureusement la même.
On pourrait reprocher à Yves Sente de vouloir bannir tout mystère du passé des héros, pourquoi pas ? On pourra en vouloir à Van Hamme de partir parfois un peu trop loin dans ses délires spielbergiens (que j'aime). Mais on ne pourra leur dénier un réel talent pour immerger à nouveau leur lecteur dans les années 50 jacobsiennes : certains de leurs scénarios sont brillants (à mon sens, La Machination Voronov est un sommet de la saga, toutes époques confondues) et rendent toujours un bel hommage au créateur de la saga sans tomber dans un fan-service lourdingue.

Donc quand je dis que cette saga est cultissime, je fais bien sûr référence à tous les tomes, de 1949 à aujourd'hui. Et même s'il y a eu quelques ratés bien légers, cette durabilité impressionnante montre une chose : Blake, Mortimer et Olrik sont bel et bien des durs à cuir, ils sont capables de travers les pires péripéties, même la pire d'entre elles. La mort de leur père...
Alors ayons confiance : cette saga a écrit les plus grandes heures de la bande dessinée, et elle n'a pas fini sa tâche !

Nom série  Les Divagations de Mr Sait-Tout  posté le 06/04/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Dans la catégorie des pépites méconnues de Goscinny, Les Divagations de Mr Sait-tout ne sont pas loin du sommet. Juste en-dessous de La Potachologie, chef-d'oeuvre oublié du grand René, pour être précis. Et il est la preuve qu'on n'aura décidément jamais fini de découvrir le génie de cet auteur hors-normes.

Avec l'aide du dessinateur Martial, Goscinny entreprend donc de réécrire l'Histoire de manière complètement loufoque. A la croisée d'Astérix (les anachronismes et le jeu sur les clichés liés à chaque nationalité), d'Iznogoud (les calembours à toutes les sauces) et Les Dingodossiers (la forme de courtes rubriques explicatives), ces Divagations de Mr Sait-tout sont un pur moment de bonheur.
Les gags hilarants s'enchaînent, et d'autant plus efficacement qu'on ne s'y attend jamais, alternant entre toutes les formes de comique possible (de dialogue, de situation, de répétition, etc, etc...), ce qui permet au lecteur de ne jamais s'ennuyer, et donne à chaque récit une incroyable densité. En effet, comme souvent chez Goscinny, tout le sel de l'album réside dans les plus petits détails, qui montrent que l'auteur n'a rien négligé dans ses histoires. Maniant l'absurde avec une bonne humeur communicative, René Goscinny nous fait éclater de rire à presque chacune des pages de l'album, d'une richesse insondable.

Même s'il n'a pas le génie d'un Uderzo ou d'un Greg, Martial nous offre toutefois un dessin extrêmement réussi, d'un trait clair et précis, qui met bien en valeur les expressions des personnages. Ces histoires sont en outre l'occasion pour le dessinateur, à la suite du scénariste, de varier les plaisirs en changeant de cadre du tout au tout à chaque nouveau récit, nous faisant voyager du Moyen-Âge français ou britannique aux Esquimaux en passant par la Chine, l'Italie ou l'Amérique du sud. Une exploration déjantée à laquelle on se prêt sans hésiter un seul instant, et qui, au gré de ses neuf histoires, paraît décidément bien trop courte...
Pas grave, arrivé à la fin, on n'a qu'à recommencer l'album à la première page. C'est de toute façon impossible de s'en lasser !

4,5/5

Nom série  Martin Milan  posté le 30/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Alors que Godard s'est plutôt spécialisé dans l'humour durant les années 50-60 (Les Missions de l'Agent secret É-1.000, Tim et Anthime), collaborant notamment avec Goscinny pour un résultat souvent hilarant ("Pipsi", Tromblon et Bottaclou), il se tourne plus franchement vers l'aventure lorsqu'il lance "Martin Milan". Certes, l'humour est toujours présent (pas toujours de la manière la plus subtile, d'ailleurs), mais il n'est plus le ressort principal du récit.

Cette fois, plus question de s'appuyer sur des personnages transparents ou sans motivation (ce qui est excusable tant qu'on est dans le pur domaine de la comédie). Godard nous propose donc une galerie de personnages plus travaillés que ce qu'on a pu voir dans son oeuvre jusqu'alors, et c'est très réussi. La qualité des scénarios est certes inégale (même si je n'en ai encore lu aucun de mauvais, mais je suis loin d'avoir tout lu !), mais les personnages secondaires sont souvent très bien écrits, et apportent tous une vraie plus-value au récit.
Le plus fort, c'est quand Godard s'autorise même quelques envolées plus poétiques et ouvre quelques pistes de réflexion, parfois discrètes mais toujours bien présentes, sur l'homme et sa nature destructrice. Il parvient même à distiller un fort parfum d'émotion dans certains de ses albums, ce qui peut leur donner un ton parfois assez amer (d'autant que Milan revêt de plus en plus l'apparence du héros désabusé), mais qui s'intègre assez bien à l'ambiance de la saga, lui donnant un ton somme toute assez unique.

Au niveau du dessin, là encore, c'est dans l'ensemble une réussite. La saga commence dans le pur style Tim et Anthime ou Tromblon et Bottaclou, avec un trait fin et précis mais qui laisse la place à une certaine exubérance et des décors très complets qui ne surchargent jamais l'image. Ensuite, elle s'oriente vers un style davantage réaliste qui, à mon sens, colle un peu moins à l'ambiance de la saga, d'autant que le format trois strips par page (contre quatre) au début, tend à trop enlever en densité à l'intrigue.
Mais dans l'ensemble, ça reste beau et très agréable à lire, de par la qualité du dessin et de l'écriture des personnages. Pas du Godard incontournable, mais du Godard en grande forme quand même. Je recommande.

3,5/5

Nom série  Astérix et ses amis  posté le 28/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Alors là, vraiment, je reste sans voix... Ce n'est pas un hommage, c'est un massacre !
Bon, le concept est amusant, et même s'il ne peut certainement pas donner naissance à un chef-d'oeuvre, il revêt un certain potentiel. Le problème, c'est que demander à 34 auteurs de BD de faire des histoires d'une à quatre pages, ç'aurait pu donner quelque chose de très potable, voire de génial... il y a 50 ans ! Mais là, non.
Le problème, c'est qu'au lieu de chercher à adapter son style aux personnages créés par Goscinny et Uderzo, chaque auteur cherche à adapter lesdits personnages à son style. Parfois, c'est relativement réussi (Arleston, Van Hamme, Achdé et Gerra, notamment, font moins pire que les autres), mais le plus souvent, c'est catastrophique (Zep, Manara, Beltran, Brösel...). Au lieu de se glisser un temps dans l'esprit de la saga, ils préfèrent insuffler de manière jamais subtile l'esprit de leurs sagas dans Astérix, et ça ne prend absolument pas.

C'est sans doute aussi dû au format : comment créer un vrai scénario en 2 ou 4 pages ? Aujourd'hui, visiblement, c'est devenu impossible. Pourtant, il y a une époque où on savait le faire : Goscinny, Godard, Franquin, Will, Peyo, etc... s'y entendaient très bien pour nous proposer un scénario qui tenait en quelques pages, voire en quelques cases. Et la meilleure manière de leur rendre hommage aurait été de bosser un peu son sujet pour essayer d'imiter un tant soit peu leur génie.
Mais non, la paresse est ici maîtresse, et hormis une toute petite poignée de scénarios, aucun n'est là pour sauver l'autre.

Finalement, le seul intérêt de cet album, c'est d'illustrer involontairement la déchéance de la BD contemporaine, ou plutôt d'une certaine BD contemporaine, par rapport à celle d'il y a 50 ans. Parce que bon, quand on y pense, peut-être qu'avec des noms comme Ayroles, Masbou, Alice, Le Gall, on aurait eu quelque chose qui se serait tenu. Mais non, ces auteurs sont sans doute trop prestigieux et sensés pour éviter de s'impliquer dans un projet pareil... Bref, c'est un "non" catégorique, pour ma part. A fuir !

Nom série  Papyrus  posté le 23/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Si "Papyrus" n'est certes pas du grand art, c'est pour moi une saga qui réussit néanmoins tout-à-fait à atteindre son but. S'adressant essentiellement à un jeune public, De Gieter sait pourtant y faire pour insuffler à ses récits suffisamment de rythme et de péripéties pour qu'on ne s'y ennuie pas plus que de raison, même en étant adulte.

Il faut bien avouer, malheureusement, que les histoires sont très inégales. En fait, le principal problème de "Papyrus", c'est qu'il y a trop de tomes. Mais il est pourtant difficile de ne pas trouver son compte à un moment où à un autre, tant l'auteur s'ingénie à varier le cadre et le fil directeur de chacune de ses histoires.
S'appuyant sur une connaissance assez documentée et en tous cas très crédible de l'Egypte antique, "Papyrus" séduit surtout par son exotisme et sa remise au goût du jour de la mythologie égyptienne, toujours aussi fascinante. Les personnages ne sont certes pas les plus originaux que l'on ait jamais vus, mais ils fonctionnent bien, et les jeunes lecteurs n'auront aucun mal à s'identifier aux uns ou aux autres pour s'impliquer dans l'histoire.

Au gré de la ligne claire de De Gieter, jamais révolutionnaire, mais efficace et plutôt élégante, on trouve donc son plaisir sans problèmes dans cette bande dessinée qui a peu d'ambition, sinon celle nous faire passer un agréable moment, d'un exotisme charmant. Et à ce niveau, la mission est clairement remplie.

Nom série  Monsieur le Président  posté le 17/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
S'il s'est surtout spécialisé dans la bande dessinée historique et les vies de saints, Alain d'Orange savait faire preuve d'humour, comme il le prouve avec cette bande dessinée, rétrospective de deux siècles de République française qu'il nous raconte à travers la narration des déboires que connurent les principaux présidents que connurent les Français.
C'est dire qu'on ne trouvera rien de très sérieux dans cet album, ça n'en est pas le but. Pour autant, Alain d'Orange n'invente rien et, s'il n'est pas impossible que certaines anecdotes qu'il nous propose soient légèrement embellies par la légende, la plupart d'entre elles sont authentiques.

Ainsi, l'auteur-dessinateur s'amuse à envisager ces deux siècles de présidents très divers uniquement par le petit bout de la lorgnette, en cherchant à compiler toutes les anecdotes qui prêtent à sourire qu'ils ont pu vivre, parfois à leur plus grande honte et à celle du peuple français. Pourtant, "Monsieur le Président" n'est pas un portrait à charge de ces différents hommes qui ont tenté de faire la France, il est plutôt un portrait amusé qui porte un regard finalement assez tendre sur ces hommes qui, pour être à la tête d'un pays, n'en étaient pas moins des hommes avec leur caractère et leurs faiblesses.

Sur la forme, "Monsieur le Président" est assez bon, même si le fait de ne raconter qu'une succession d'anecdotes concernant divers personnages empêche l'album d'avoir un réel fil directeur. Il n'empêche que cette BD historique et humoristique se suit parfaitement grâce à un habile montage, chaque page nous proposant quelques jolies idées de mise en scène (j'ai un faible pour la page sur De Gaulle, qui ne nous présente que des morceaux du président, l'homme étant trop grand pour pouvoir figurer sur une page complète...), qui renouvellent constamment l'intérêt au fil de la lecture.
Dommage que la période des années 80-90 soit traitée plus rapidement, comme si l'auteur n'avait plus rien à dire sur les présidents de cette époque, ou qu'il avait envie de terminer rapidement sa BD.

Le dessin, enfin, est très correct et a une patte bien caractéristique, quoiqu'il lui manque parfois la petite étincelle qui rendrait pleinement vivants ses personnages. C'est toutefois un tout petit reproche, car il n'en est pas moins plutôt joli et dynamique dans l'ensemble, et surtout que l'album se lit avec un plaisir certain.
Une lecture pas incontournable, donc, mais je conseille quand même.

3,5/5

Nom série  Tim et Anthime  posté le 25/02/2019 (dernière MAJ le 11/03/2019) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Du Godard des tout débuts, presque inconnu aujourd'hui, qui n'est pas sans évoquer Les Missions de l'Agent secret É-1.000, qu'il dessinera quelques années plus tard.
Ici, on retrouve le goût de Godard pour les quiproquos en tous genres et les situations un peu rocambolesques, particulièrement dans la 2e histoire de l'album, qui est grand jeu de passe-passe entre différents objets et différents personnages, dans le plus pur esprit goscinnyen. Hilarant.

Au niveau des personnages, on retrouve le duo masculin classique, à la Spirou et Fantasio, le héros et son pendant comique, dont l'alchimie fonctionne assez bien, même si Godard aurait sans doute pu leur donner plus de caractère (mais peut-être l'a-t-il fait en-dehors de cet unique album édité, qui ne recense que deux histoires). De Spirou et Fantasio, on retrouve également cette ambiance de village, si chère à la bande dessinée franco-belge des années 50-60, et c'est toujours un délice de s'y replonger.
Quant au dessin, il est net, clair et précis, dans la lignée d'un Greg, même si Godard y élabore déjà son propre style, qui fera merveille dans Norbert et Kari ou Martin Milan. Très léger et plus épuré que ce que Godard fera par la suite, mais on sent déjà la naissance du trait caractéristique de Godard.

Bref, tous les ingrédients de la réussite sont déjà présents dans ce Godard en formation, qui n'a certes rien d'exceptionnel, mais porte en lui un vent de fraîcheur que l'on adore toujours sentir souffler sur nous.

3,5/5

Nom série  Green Manor  posté le 09/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une belle réussite que cette série ! Si j'ai trouvé le tome 2 un peu en-deçà des deux autres, l'ensemble est une jolie pépite dessinée...
Le dessin de Bodart est bon, même s'il lui manque l'élégance d'un Maïorana dans D (puisque le cadre est sensiblement le même), mais le trait s'affine un peu dans le troisième tome, à mon sens le plus agréable à l’œil.

Mais la vraie réussite de cette série tient avant tout aux scénarios de Vehlmann. Il s'immisce (et nous avec) à merveille dans le Londres victorien, avec une aisance déconcertante. Ces recueils de petites histoires dessinées rendent parfaitement hommage à la fois au roman policier britannique, à la Conan Doyle ou Dickson Carr, sans doute les deux influences policières les plus évidentes, mais aussi au roman gothique voire fantastique à la Edgar Poe.
Avec un humour noir qui ne bascule jamais dans l'excès, Vehlmann nous propose une flopée de scénarios très intelligents, qui basculent parfois un peu dans la facilité (surtout dans le tome 2, je trouve), mais fonctionnent très bien, et décrivent avec une plume au vitriol les milieux de la haute société victorienne et leur hypocrisie, ici meurtrière.

C'est donc avec un vrai plaisir qu'on lit chacune des petites pépites proposées ici, où l'on disserte sur le crime comme s'il s'agissait d'un art à part entière, et où l'on recherche comment effectuer le crime parfait. Ce qui est très fort, c'est que Vehlmann s'ingénie à instaurer une ambiance surnaturelle, mais à laquelle il donne toujours une résolution réaliste, ne s'amusant à glisser un soupçon de fantastique que sous forme de clins d’œil.
Et surtout, fidèle au vieux dicton latin "in cauda venenum", le scénariste, même quand la narration de l'histoire est un peu plus faible ou attendue que les autres (il a parfois exagérément recours au procédé du flashback), parvient à toujours relever la sauce par une chute savoureuse, d'une ironie amère mais pleine de sel.

Bref, un petit plaisir quasi-malsain, mais qui fait vraiment du bien, et qui réussit le prodige de ne nous proposer pour ainsi dire que des personnages antipathiques tout en nous accrochant de la première page du premier tome à la dernière page du troisième tome. A lire sans trop de modération.

Nom série  Greetings from Hellville  posté le 09/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Un peu déçu de ne pas avoir accroché, parce que le dessin est vraiment très réussi. Il dégage une vraie force, qui crée une ambiance immersive, très noire mais toujours captivante. Et je dois bien dire que rien que pour sa réussite graphique, je ne regrette pas d'avoir mis le nez dans ce "Greetings from Hellville".

Le problème, c'est que les histoires muettes sont assez confuses, je trouve. L'idée de tout faire passer par l'image sans avoir recours au texte est bonne, mais personnellement, je n'ai pas compris tous les scénarios. Il y a un côté étrange et onirique assez agréable, mais tout ça paraît assez inachevé, je trouve qu'à chaque fois, il manque une vraie conclusion.
Il faut dire aussi que le côté gore, ça n'est pas trop mon truc, mais bon, il en faut bien pour tous les publics. Une curiosité à tenter quand même, mais je ne conseille pas de l'acheter sans l'avoir testée au préalable.

Nom série  Astérix  posté le 08/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Il y a des rencontres apparemment anodines qui scellent le sort d'un monde... Indéniablement, celle entre René Goscinny et Albert Uderzo est de celles-ci.
La rencontre entre un petit bonhomme à la bouille rondouillarde et un grand dadais au visage carré peut prêter à sourire. Le duo naissant semble tout droit sorti de l'imagination d'un scénariste de bande dessinée. Leur rencontre est la plus commune qui soit, deux grains de sables qui se rencontrent dans la vaste plage du monde.

Mais l'alchimie parfaite qui voit le jour entre les deux est celle qui va leur dicter toute leur oeuvre. Le génie du dessin mis au service du génie du scénario, à moins que ce ne soit l'inverse. Tous les deux fortement influencés par l'art américain (n'oublions pas que René Goscinny était parti aux Etats-Unis dans le but de travailler pour Walt Disney, tandis que l'influence américaine est omniprésente dans le "Arys Buck" d'Uderzo), ils vont ironiquement créer un nouvel art français de chez français.
Peut-être le vrai génie dans l'affaire est-il en fait Jean-Michel Charlier, qui les mit en contact, ayant sans nul doute un flair unique pour discerner le talent là où il se cache. En attendant, c'est grâce à lui que nos deux compères vont écrire plus de 25 ans de l'histoire de la bande dessinée, et - osons le dire - de l'Histoire tout court...

La carrière commune d'Albert et René est une longue escalade jusqu'à ce point culminant qu'est "Astérix". Jehan Pistolet, Luc Junior, Benjamin et Benjamine, "Bill Blanchart", "Poussin et Poussif", "La Famille Cokalane", Oumpah-Pah, tout cela devait irrémédiablement mener au grand chef-d'œuvre... Dans les uns, on voit s'affirmer une rigueur d'écriture impressionnante, tant Goscinny y révèle un sens de la narration à toute épreuve, dans les autres, c'est l'humour qui s'affirme, et dans tous, c'est le trait d'Uderzo qui s'affine et se dessine dans la forme définitive qu'on lui connaîtra.

Ainsi, "Astérix", c'est l'apothéose d'une carrière prolifique. Il a failli être réduit à une adaptation du "Roman de Renart", qui aurait été forcément savoureuse, mais n'aurait sans doute pas permis aux deux auteurs de voler de leurs propres ailes. Avec le petit gaulois, la liberté est totale. Si le trait d'Uderzo n'est pas encore tout-à-fait achevé dans ses premiers albums, il est déjà d'une limpidité qui en dit long sur le génie du dessinateur, tandis que Goscinny met tout son cœur et toute son âme dans un scénario parfaitement troussé, où l'humour touche la maturité qui caractérisera toute la saga.
Tout Goscinny est là-dedans : la finesse des dialogues, l'amour du calembour, l'art de l'anachronisme et de l'allusion bien placée, l'art du stéréotype (car le stéréotype peut être un art, la preuve !) et des personnages hauts en couleurs... Autant d'éléments qui feront florès durant la saga entière, dont chaque tome réussira le tour de force de renouveler constamment l'intrigue, tout en réutilisant les mêmes gimmicks géniaux et en faisant voyager nos héros sans jamais basculer dans le récit capillotracté ou le racisme de mauvais aloi.

Le plus grand génie de Goscinny, c'est sans nul doute de réussir à parler à toutes les générations en même temps. Enfant comme adulte, on a tous les mêmes réactions devant "Astérix". Mieux, René Goscinny accompagne toute notre croissance en nous faisant découvrir de nouveaux éléments à chaque lecture...
Le tout au gré d'un dessin qui s'arrondit pour le mieux lors des premiers albums, déformant à loisir ses personnages, mais en gardant toujours un sens des proportions inouï dont seul Uderzo avait le secret.
Et au fur et à mesure des albums, on apprend à mieux faire connaissance avec ces gens qui deviendront comme des amis, comme une famille : les sanguins forgeron et vendeur de poisson, le barde déconnecté, le chef dépassé par les événements, les femmes qui ne sont pas en reste... Tous ces gens au milieu desquels on apprend à vivre de tome en tome, et dont on a plus de mal à se séparer à chaque fois.

Heureusement, la saga vivra assez longtemps pour qu'on ne puisse pas épuiser le filon. Il y a bien trop de tomes pour que l'on puisse se lasser de cette série.
Malheureusement, après la mort de Goscinny, la saga continuera à vivre de manière tout-à-fait décente pour s'amenuiser petit-à-petit jusqu'à sombrer dans le gouffre que l'on connaît (des extraterrestres dans Astérix ? Où avez-vous vu ça ? En tous cas, moi, jamais entendu parler...). Être un génie du dessin ne fait pas de nous un scénariste hors-pair pour autant...
Ferri et Conrad parviendront plus ou moins à redresser la barre, mais qu'on le veuille ou non, l'heure d'Astérix est passée. C'est toujours une bonne saga, mais elle est devenue une BD comme les autres.

Non, ce qui est immortel, c'est bel et bien la période Goscinny, ces 20 durant lesquels la BD française connut son heure de gloire, durant lesquels la littérature française trouva un de ses sommets là où on ne l'attendait pas. Et c'est bien ce qui fait d'Astérix une saga aussi géniale : que ce soit en 1959 ou en 2019, elle constitue pour ses lecteurs émerveillés une éternelle surprise, gravée à jamais dans le marbre de la mémoire collective, et dans celui de l'Histoire...

Nom série  Orfi aux enfers  posté le 08/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J’aime Dino Buzzati. Je me suis laissé emporter par la magie envoûtante et désespérée du "Désert des Tartares", j’ai ri, j’ai eu peur, j’ai pleuré tour à tour à la lecture du "K et autres nouvelles". J’aime Dino Buzzati pour son sens aigu de la narration, sa maîtrise du langage littéraire, la poésie qui se dégage de ses œuvres.
Par conséquent, vous n’imaginez pas ma joie quand j’ai découvert qu’il avait écrit une BD, la seule de sa carrière d’écrivain. Une relecture moderne du mythe d’Orphée, cela avait de quoi être alléchant… C’est peu dire que la déception est à la hauteur de mes attentes.

Dernière œuvre narrative de Dino Buzzati (il continuera à peindre pendant les trois années qui lui resteront à vivre), "Orfi aux enfers" renoue avec ses thèmes de prédilection, et particulièrement celle qui sous-tendra tout son parcours : l’angoisse de la mort. Dino Buzzati nous en propose une vision très propre à son imaginaire : l’angoisse de la mort est essentielle à la vie, elle est ce qui lui donne tout son sel. Une belle idée, plus pleine d’enthousiasme qu’on ne pourrait le croire, et qui donne lieu aux pages les plus poétiques de cette bande dessinée.

En effet, c’est lorsqu’il illustre la confrontation entre le monde des vivants (incarné par le jeune Orfi) et l’au-delà, que l’auteur nous offre quelque chose de captivant. Bercés par les chansons d’Orfi, les morts redécouvrent quelle était la beauté de la vie, ses surprises, ses sentiments, ses sensations, sa douleur. En un mot, ce sentiment rassérénant de pouvoir sentir, donc de pouvoir vivre.
Dans le monde des morts, le plaisir n’est plus. Le désir est là. L’amour, non. Le monde des Enfers, c’est le monde de l’érotisme débridé, de l’obscénité outrancière, mais d’une obscénité dénuée de toute fin. Jamais le désir n’est assouvi. Le plaisir est si éphémère qu’il n’existe plus qu’à l’état de souvenir. L'amour en a été banni. Il n’y aucune place aux Enfers pour un amour aussi pur que celui d’Orfi et d’Eura.

Bon, tout ça a l’air plutôt prometteur, alors qu’est-ce qui ne fonctionne pas ? C’est très personnel, mais pour moi, tout le reste. Je n’adhère pas au dessin de Buzzati, très influencé par l’art surréaliste et le pop art. Dali, De Chirico, Magritte, Warhol… On pourra juger si l’on veut ces influences très bonnes, mais j’avoue qu’on est très loin de mes goûts et de mes centres d’intérêt.
Évidemment, il ne faut pas s’attendre à lire une bande dessinée classique en ouvrant cet ouvrage, ni même à un récit au sens strict du terme. "Orfi aux enfers" est un poème (son titre italien est d’ailleurs "Poema a fumetti"), un poème illustré des mains même du poète.

Ce faisant, Buzzati se place dans la lignée d’un art ésotérique qui me rebute et dont je n’ai jamais souhaité percer les codes. Pour moi, c’est bavard, c’est prétentieux et vain.
On pourra légitimement me contredire, cet avis est évidemment purement personnel, et "Orfi aux enfers" ne s’adresse tout simplement pas à moi. Mais je dois dire que je suis déçu de voir Dino Buzzati sombrer dans cette tendance qui représente tout ce que je déteste dans l’art du XXe siècle. On fait quelque chose d’abscons uniquement pour le plaisir de perdre son spectateur, et d’introduire dans son œuvre une fausse profondeur, qui ne serait pas accessible à tout le monde. Pour moi, c’est tout bonnement une démarche élitiste à laquelle je refuse de souscrire.

Bref, "Orfi aux enfers" pourra plaire. On pourra y trouver un monument de poésie, de surréalisme, une œuvre unique en son genre, et je ne peux pas dire que ce sera faux. Mais en ce qui me concerne, ça ne marche pas. J’ai besoin de me repérer dans une œuvre quelle qu’elle soit. J’aime m’y perdre tant que je perçois toujours un fil directeur, une cohérence interne qui me mène quelque part. Ici, ça n’est pas le cas. Dino Buzzati nous perd dans des brumes abstraites, censément poétiques, mais sans aucune colonne vertébrale. Le texte est souvent joli, le dessin n’est pas d’un style que j’aime, mais il est intéressant.
Cela dit, je pense que j’aurais bien plus adhéré si Buzzati s’était contenté d’un texte pur, non illustré. Il aurait du faire davantage confiance à son lecteur et à la capacité de ce dernier à transcender les limites apparentes des mots et à se créer ses propres images. Là, Buzzati nous impose ses propres images, et me laisse par conséquent sur le carreau.

N’hésitez pas à tenter le coup, vous apprécierez sans doute bien plus que moi. En ce qui me concerne, je crois fermement que les vrais chefs-d’œuvre naissent avant tout de la simplicité. Et Dino Buzzati, malgré lui, ne fait que me conforter dans cette idée.

Nom série  Ring Circus  posté le 07/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Un beau gâchis que cette série... L'ambiance y est vraiment sympathique. En plus d'être vraiment original, le cadre du cirque est bien valorisé au fur et à mesure du récit, et on prend plus ou moins de plaisir à s'y glisser.

En ce qui concerne le dessin, force m'est de reconnaître que c'est plutôt bon. Ce n'est clairement pas mon style, et j'ai trouvé le trait souvent trop anguleux pour les personnages, mais ça se laisse regarder, on peut s'y habituer assez facilement, et les décors sont jolis, rehaussés par de belles couleurs. Donc quoique déconcertant de prime abord, l'ensemble est visuellement assez convaincant.

C'est-à-dire qu'il l'aurait été s'il y avait eu du fond. Le problème, c'est que j'aurais davantage apprécié l'aspect visuel de la BD s'il avait accompagné quelque chose de consistant. Là, c'est le néant total. Déjà, je n'ai jamais réussi à m'attacher aux personnages et à leurs motivations. Je veux bien les suivre, mais à condition qu'il leur arrive quelque chose d'intéressant. Et finalement, les péripéties n'ont que rarement de réel intérêt, on attend le moment où ça va décoller, et ça ne vient jamais. Pire, ça s'aggrave de tome en tome...
L'humour est parfois agréable, mais il n'y a rien qui donne spécialement envie de se rouler par terre non plus, dommage.
Mais surtout, il n'y a aucun suspense, donc ç'a été difficile pour moi d'avoir envie de continuer la saga. Le scénario erre beaucoup trop, on ne sait jamais où il veut nous emmener, et le pire, c'est qu'à la fin du 4e tome, on ne sait toujours pas où il a voulu nous emmener... C'est bien d'introduire du mystère et d'ouvrir des pistes, mais c'est mieux d'y répondre et de fermer les pistes, ou au moins quelques-unes.
Là, on dirait presque qu'on a changé de scénariste en cours de route, ou que le scénariste s'est désintéressé de ses personnages et de son intrigue en plein milieu. C'est dommage quand même, le climax aurait pu faire basculer mon avis.

En ce qui me concerne, pas grand-chose à sauver de cette série décevante, donc. Je comprends qu'on puisse adhérer au style visuel et s'intéresser à l'intrigue, mais avec moi, la sauce n'a pas pris. Essayez toujours histoire de faire votre avis, mais je ne conseille pas spécialement cette saga.

Nom série  Sälem la noire  posté le 07/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cette série ne partait pas trop mal, avec son premier tome trop discret, mais qui avait un certain potentiel, si les tomes suivants avaient gagné en ampleur. Au lieu de quoi, on reste toujours dans du parfois plaisant, mais toujours anecdotique.

Le dessin est très correct, et les décors dégagent une assez jolie ambiance, donc on a envie d'y croire, malheureusement, le récit avance cahin-caha, sans jamais trouver l'idée qui le fera décoller. On a déjà vu ces personnages ailleurs, mais en mieux, on a déjà lu cette intrigue ailleurs, mais en mieux, on s'est déjà plongé dans ce monde ailleurs, mais en mieux... Quant à l'humour, quelques piques sont amusantes, mais rien de vraiment transcendant non plus.
Bref, il n'y a rien là de particulièrement insupportable, on arrive à lire un tome sans décrocher, mais c'est plat et on a du mal à s'impliquer dans l'histoire, alors même qu'il y avait un vrai potentiel. Je ne déconseille pas spécialement, mais c'est franchement dispensable.

2,5/5

Nom série  Bone  posté le 07/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Il y a des BD, comme ça, qu'on découvre totalement par hasard, et qui deviennent cultes d'un seul coup. "Bone" est de celles-là. Je l'ai tenté sans grande motivation, uniquement poussé par le fait qu'Alain Ayroles était lié indirectement à cette BD, puisqu'il a participé à la traduction des premiers tomes, ce qui me paraissait tout de même une garantie relativement solide, mais pas franchement sûre.
Et bien m'en a pris : dès les premières pages, je suis tombé amoureux de cette saga.

Au début, on se demande un peu dans quoi on s'embarque et si c'est bien de notre âge, tant on a l'impression d'avoir plongé le nez dans un vieux numéro de "Picsou". Même les personnages nous rappellent ceux de notre enfance : on a l'intrépide naïf et débrouillard, l'escroc cupide prêt à tout pour de l'argent et le simplet mais attachant imbécile heureux, qui aime à se fourrer dans les pires situations possibles. Là où le lecteur adulte va se rassurer très vite, c'est dans le monde que crée Jeff Smith autour d'eux. En fait, cette saga, on pourrait la résumer par ce concept simple : Que se passerait-il si Mickey, Picsou et Dingo se retrouvaient projetés dans le monde du "Seigneur des Anneaux" ?
C'est ce que Jeff Smith nous offre. Sur un plateau en or...

En or, "Bone" l'est sûrement. Déjà, par son extraordinaire travail sur la forme. Le trait de Jeff Smith est tout bonnement incroyable : allant du pur cartoonesque au réalisme, il allie différents styles de dessin avec un étonnant brio, créant un résultat visuellement enchanteur, que l'édition en couleurs de chez Delcourt ne trahit en rien. La réussite de "Bone" tient sans nul doute pour moitié au génie du dessin.
Ce dessin plein de vie ne serait rien sans un montage dynamique qui le met en valeur, et c'est bien ce que nous propose l'auteur-dessinateur ici. Chaque page est un plaisir pour les yeux, tant l'action est toujours lisible malgré le désordre qui y règne dans l'intrigue, et l'on suit avec un intérêt constant les aventures déjantées de nos personnages.

Mais, bien évidemment, le scénario et les personnages suivent. Smith réussit à brosser des caractères fort bien développés en partant de stéréotypes connus (voir ci-dessus), et en leur donnant de plus en plus d'épaisseur au fur et à mesure que l'intrigue avance. Si "Bone" commence comme une pure comédie, on comprend rapidement que la noirceur va peu à peu envahir le récit pour le tirer vers la tragédie. Et ce mélange des genres est parfaitement maîtrisé. Si l'humour n'est pas toujours hilarant, il compense à merveille le ton sombre que revêt le récit au fur et à mesure de son avancée.
En outre, Jeff Smith a eu l'intelligence de mêler ses personnages fantaisistes à des personnages humains, bien plus réalistes, qui, eux, assurent plutôt la partie sombre de la saga. Ainsi, dès leur introduction, on peut se rattacher à des points de repère forts, chacun de ces personnages ayant de vraies motivations, que l'on comprend et qui le rendent véritablement vivant.

A côté de ça, le scénario global est très bien mené, l'auteur introduisant dès le début une certaine part de mystère qui va s'épaissir pour se dissiper à l'approche de la fin, ce qui assure une immersion totale au lecteur. Il faut bien avouer que tous les fils de l'intrigue ne sont pas très faciles à débrouiller à la première lecture, mais on retrouve assez facilement ses petits (contrairement à RASL, du même auteur), et les lectures suivantes nous aident à éclaircir une intrigue aussi dense que complexe.

Bref, s'il fallait résumer "Bone", je décrirai cette saga simplement comme une immixtion du cartoon dans un univers d'heroic fantasy, mais avec un respect total des codes de ces deux genres apparemment antinomiques. Là où l'un et l'autre auraient pu s'autodétruire, ils sont au contraire parfaitement mis en valeur l'un par l'autre, et permettent à Jeff Smith de construire un univers fascinant, dans lequel on se plonge volontiers pour n'en sortir qu'à regret. Si tant est qu'on arrive à en sortir un jour...

Nom série  The Promised Neverland  posté le 06/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je lis assez rarement des mangas, non que j'y sois hermétique, mais j'y prends souvent moins de plaisir qu'à mes bonnes vieilles BD franco-belges des années 60, et la déclinaison d'une même histoire en un nombre parfois incalculable de tomes a en général tendance à me refroidir...
Mais là, au vu de l'engouement de cette série et de son intrigant point de départ, j'ai quand même voulu tenter l'expérience et bien m'en a pris.

Déjà, au niveau du dessin, ç'a été une excellente surprise. Le trait assez arrondi est très efficace, et les personnages sont bien croqués : on s'y attache rien que par le dessin, ce qui est déjà très fort. A côté de ça, les cadres sont aussi très soignés, et l'interaction entre les personnages et le décor sont bons. En fait, c'est avant tout par son visuel accrocheur que "The Promised Neverland" convainc qu'il est une série à lire.

Mais évidemment, tout ça ne serait rien si le scénario était à la ramasse... Ce n'est jamais le cas. Ecrit avec une intelligence assez bluffante, cette histoire d'enfants surdoués qui tentent d'échapper à l'emprise de démons qui veulent les dévorer est brillante. Sachant prendre son temps pour développer les caractères de ses personnages et les placer dans des situations réfléchies et bien écrites, mais aussi pour les en sortir, l'auteur Posuka Demizu effectue un travail remarquable, réussissant à nous plonger littéralement dans l'esprit de ces enfants qui réfléchissent à 200 à l'heure et cherchent désespérément comment survivre dans un monde hostile. A chaque fois, le scénario nous immerge complètement dans la situation, le lecteur étant aussi paumé que les personnages, et cherchant avec eux quelle solution pourrait être la meilleure.

A côté de ça, la qualité d'écriture de chacun des personnages fait qu'on ne lit pas seulement ce manga, mais qu'on le vit. On cerne parfaitement la mentalité de chacun, et ce sans aucun manichéisme, les "méchants" ayant le droit à un beau développement aussi qui nous permet de comprendre comment ils en sont arrivés là, et on devient tout aussi paranoïaque que les personnages, en même temps qu'eux...
A ce titre, l'arrivée de chaque nouveau personnage dans la série est toujours incroyablement maîtrisée, tant il est impossible à chaque fois de déterminer si l'on a affaire à un adjuvant ou à un opposant.

En ce qui me concerne, alors que je n'en attendais rien de particulier, "The Promised Neverland" s'est donc avéré un incroyable manga, haletant et captivant de la première à la dernière page. On aimerait juste pouvoir accélérer le rythme de publication pour avoir enfin le fin mot de l'histoire... Une vraie réussite.

Nom série  3 Secondes (3'')  posté le 03/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Si, un jour, vous avez 3 secondes à perdre, penchez-vous donc sur cet album de Marc-Antoine Mathieu, sans doute un des auteurs de bande dessinée les plus originaux aujourd'hui, auteur de l'excellente série Julius Corentin Acquefacques, ou de l'intelligent et étonnant Dieu en personne.

Avec celui-ci, l'auteur nous mène dans un délire visuel et cérébral encore plus impressionnant.
Tout le récit se déroule sur 3 secondes uniquement. Alors comment tenir 72 pages sur un tel laps de temps ? En nous glissant dans la peau d'un photon, tout simplement...
Dans cet hallucinante expérience, Marc-Antoine Mathieu nous fait en effet suivre la trajectoire de la lumière, voguant d'une surface réflexive à l'autre. Par un découpage extrêmement régulier et rigoureux, l'auteur nous offre donc une succession de zooms à l'intérieur de reflets d'une scène donnée, d'une maîtrise véritablement incroyable.

Le plus fort est que, si l'expérience menace parfois de tourner à l'exercice de style un peu vain, on voit néanmoins se dégager un vrai scénario avec ses fausses pistes et ses indices disséminés au fur et à mesure de l'oeuvre. Comme à son habitude, Marc-Antoine Mathieu opère une déconstruction du scénario au profit de mises en abyme proprement époustouflantes, mais celui-ci existe bel et bien. C'est simplement au lecteur de tenter de recoller les morceaux éparpillés tout au long de l'oeuvre, à condition d'être prêt à se plonger dans un casse-tête aussi fascinant que complexe.

Et si vous tentez l'expérience, non seulement la lecture de l'ouvrage vous prendra bien plus que 3 secondes, mais vous verrez apparaître une enquête policière extrêmement bien goupillée qui voit se croiser plusieurs fils scénaristiques, qu'il faudra au moins deux lectures attentives pour identifier clairement... Et une bonne dizaine de lectures supplémentaires pour commencer à y voir clair dans cette enquête !
A noter qu'une fois qu'on aura lu et relu la bande dessinée, il existe une version numérique qui complète admirablement la version papier (le mot de passe se trouve à l'intérieur du livre) :
http://www.editions-delcourt.fr/3s/index.php?page=numerique

Quoiqu'il en soit, Marc-Antoine Mathieu nous offre encore une expérience unique en son genre, qu'on peut adorer ou détester, mais face à laquelle il sera impossible de rester indifférent.

Nom série  Jehan Pistolet  posté le 01/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série occupe une place assez importante dans l'histoire de la bande dessinée, puisqu'elle marque la première collaboration sur une bande dessinée entre les immenses René Goscinny et Albert Uderzo. Ces derniers se sont rencontrés dans les bureaux de la World Press, où ils ont mis en forme leur toute première collaboration, rubriques d'articles humoristiques sur la vie quotidienne du couple (un sujet favori de Goscinny) intitulés "Sa Majesté mon mari".

Ce n'est qu'après un bon nombre d'article que les deux auteurs passent au format de la bande dessinée avec "Jehan Pistolet", simultanément à "Bill Blanchart" et Benjamin et Benjamine. C'est en quelque sorte la fin de la transition dans le style d'Uderzo : on y retrouve certains aspects du dessin réaliste de Belloy allié au style plus léger et arrondi de Benjamin et Benjamine ou d'Oumpah-Pah (voire d'Astérix, mais on en est quand même encore assez loin). Visuellement, c'est donc plutôt convaincant, mais on sent qu'Uderzo hésite encore. Le dessin s'améliorera nettement au fur et à mesure des histoires, d'ailleurs.

Quant au scénario, c'est du pur Goscinny. Pas le meilleur, mais du Goscinny qui s'amuse à multiplier les situations rocambolesques, pour son plus grand plaisir et celui du lecteur. Les personnages, comme toujours, sont très hauts en couleur et constituent la principale source d'humour des différents tomes. Humour qui s'avère d'ailleurs légèrement inégal, rarement hilarant et parfois prévisible, mais qui met toujours le sourire aux lèvres.
Au bilan, "Jehan Pistolet" reste sans nul doute une BD très mineure dans la carrière de Goscinny comme d'Uderzo, mais ça n'en est pas moins une saga très plaisante à lire, ne serait-ce que pour assister à l'évolution des deux auteurs. Pas incontournable, mais éminemment sympathique.

Nom série  Dessous (Bones)  posté le 01/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Même pour un premier album, c'est franchement raté.
Le dessin n'a aucune finesse, et on peine à reconnaître chaque personnage. Peut-être le trait anguleux plaît-il à certains mais clairement pas à moi : il n'y a aucune vie là-dedans, aucune fluidité, c'est terriblement statique, et surtout très inharmonique. En plus de ça, tout est noir pour nous empêcher de distinguer le moindre détail, ça pourrait dégager une certaine ambiance, mais non, là, rien... Subsistent bien quelques idées de mise en scène (les plans d'ensemble sont souvent assez beaux), mais ça ne va guère plus loin.
Et c'est d'autant plus rageant que lorsqu'on voit les crayonnés en fin d'album, c'est beau, il y a du relief et un fort potentiel : mais non, tous ces aplats noirs et ces couleurs informatiques viennent tout gâcher visuellement en privant le dessin de relief et de finesse.

Au niveau du scénario, c'est tout autant le néant. Mêler la Première Guerre Mondiale et un récit fantastique à base de monstres qui envahissent les sous-sols du monde, pourquoi pas ? Mais ç'aurait été mieux d'en faire quelque chose d'un tant soit peu original. Là, on a TOUS les clichés du genre, du scientifique qui voit que c'est dangereux mais qui veut quand même aller au plus près des monstres pour les étudier, à la hiérarchie qui veut utiliser les monstres pour gagner la guerre. On ne nous épargne rien, à tel point que ça en devient gênant, tant on a vu ça partout ailleurs... Le deuxième tome s'améliore un peu à ce niveau-là, mais son méchant reste trop caricatural pour convaincre.

Il semblerait que cette série se réclame aussi de Lovecraft. Alors si on veut, il y a quelques vagues rapprochements, mais ça ne contentera que ceux pour qui Lovecraft se résume à un tas de monstres tentaculaires qui veulent dominer le monde. Pour ceux qui voient un plus de profondeur dans Lovecraft, le lien s'arrête là, c'est faible.
Parce que, pour moi, le principal intérêt de Lovecraft, c'est son sens aigu de la narration, sa capacité à faire vivre tout un univers par un simple mais savant choix de mots. Ici, comme la narration ne passe plus avant tout par le texte, mais par l'image, il aurait fallu mieux assurer le dessin. Or, ce dernier devient confus à la moindre scène d'action, ce qui n'aide pas à rentrer dans l'ambiance...

Bref, au bilan, ça reste un essai honorable pour une première saga, mais qui ne convainc ni par la force du texte, ni par celle du dessin. Il y a pas mal de bonnes idées, mais qui restent malheureusement cantonnées au rôle d'idées, et ne seront jamais concrétisées. Un beau gâchis.

Nom série  Babiole et Zou  posté le 27/02/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au vu du nombre de BD signées Greg, il est logique qu'une bonne part d'entre elles aient sombré dans l'oubli. On ne peut pas toujours en tenir rigueur au public, et dans le cas de "Babiole et Zou", on pourra même trouver ça assez logique. Mais bon, pour les inconditionnels de Greg (auxquels j'appartiens), c'est toujours un plaisir de découvrir une nouvelle BD de sa part, et celle-ci ne déroge pas à la règle.

Le dessin est extrêmement proche de celui d'un Achille Talon, ce qui permet au lecteur de prendre ses repères très rapidement, et de lui offrir la garantie d'un trait toujours plein de vivacité. Une vivacité qui se retrouve dans le scénario, très (trop) classique, mais toujours frais et amusant, où Greg ne s'encombre pas de ramifications complexes pour faire durer le suspense.

Incontestablement, ça manque trop d'ambition, et ces aventures seront à réserver aux vrais fans de Greg, mais ces derniers trouveront sans nul doute leur plaisir dans cette série certes très oubliable, mais éminemment plaisante à lire.

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