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... a posté 600 avis et 105 séries (Note moyenne: 3.3)

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Nom série  Helios  posté le 16/04/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien) Découvrez toutes les séries « coup de coeur du moment » de BDTheque! Coup de coeur
Dans un monde à l'origine inconnue, le Soleil se meurt et reste figé au crépuscule. Afin de conjurer ce mauvais sort, un roi précédé de tout son peuple décide d'aller au devant de l'astre dans une odyssée sans retour.

Issu des Arts Décoratifs de Strasbourg, Etienne Chaize convoque tout son talent créatif au service d'un album atypique.
Atypique par le grand format et la reliure cousue dite "à la Suisse" permettant d'ouvrir complètement l'ouvrage pour apprécier les doubles pages de son récit.

Sans aucune parole malgré une courte préface résumant la situation de départ, on est vite subjugué par la beauté de ces planches gigantesques fourmillant de détails divers (forêt, désert, nécropole, cités en ruine, océan) et où se perdent ces petits personnages confrontés à divers dangers.

"Helios" est une œuvre multiple mélangeant dessins traditionnels au lavis et retouches Photoshop étincelantes. Ces décors offrent un éclairage lumineux hypnotique jouant sur les contrastes et offrant un rendu sur papier surprenant. L'histoire se dévoile par strates et reste bien plus accessible que Saccage de Peeters dans un registre équivalent.

On n'a de cesse de faire de multiples allers-retours entre les pages afin d'y suivre l'évolution de certains personnages facilement repérables par leurs habits ou symboles visuels. Etienne Chaize s'est peut-être beaucoup inspiré de la légende d'Icare ou du jeu vidéo poétique Journey mais s'en distingue par quelques trouvailles éblouissantes.

La conclusion reste peut-être en retrait par son classicisme mais certaines clés sont dissimulées dans les pages de garde finales incitant immédiatement le lecteur à de nouvelles relectures.

"Helios" est une expérience unique et accessible aux multiples interprétations mais surtout un livre qu'il faut tenir et voir pour y croire.

Nom série  Le Collège Noir  posté le 15/04/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
De retour après la trilogie Kairos révélant le talent hors pair d'un jeune auteur prometteur, Ulysse Malassagne, le voici de retour dans une nouvelle trilogie fantastique à destination des adolescents dans un monde oscillant entre les livres de la collection "Chair de Poule" et Scooby-Doo.

C'est l'été dans ce pensionnat perdu au milieu d'une forêt en plein Cantal où résident uniquement 5 ados et leur surveillante Lena.

En sauvant l'âme d'un camarade disparu, la fine équipe va éveiller le courroux d'une sorcière qui n'aura de cesse d'envoyer chaque nuit une armada de créatures maléfiques à leurs trousses.

Ce "Scooby-Gang" d'infortune devra repousser chacune de leurs attaques tout en mettant à profit leur complicité pour anéantir définitivement les forces nocturnes du mal.

Mission réussie ? Tout à fait mon Amiral si on prend bien en compte que cette trilogie est en tous points remarquable et ne considère jamais le public cible pour des gogos.

En effet Malassagne, fidèle à lui même ne perd pas de temps en imprégnant un rythme effréné dès les premières pages.
Le ton est sombre et le restera jusqu'à la conclusion au prix d'un découpage dynamique et d'une succession de scènes d'actions réussies.

Le prédécoupage en chapitres courts (Le Collège Noir était d'abord pré-publié dans GEO Ado) fragmente intelligemment le récit et permet aux jeunes lecteurs de reprendre leur souffle.

Malassagne simplifie son dessin en abandonnant les hachures de ses autres œuvres. Si les héros sont représentés par des traits presque naïfs et comiques, les nombreuses créatures rencontrés sont bien plus travaillées et terrifiantes pour un jeune public.

Les plus âgés se régaleront d'une histoire certes classique mais si bien écrite qu'il est difficile de lever le nez de ces petits bouquins cartonnés.

En développant un bestiaire proche de Lovecraft et autres croquemitaines connus ou inédits, Malassagne sait parfaitement où il veut en venir jusqu'à une conclusion parfaite. Loin d'être aussi répétitif et prévisible que prévu, ce Collège Noir est une petite pépite à lire sans modérations.

Nom série  Showtime  posté le 10/04/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
M le Magicien est un célèbre illusionniste capable des tours les plus prestigieux et démesurés. C'est pourtant un homme mystérieux dont le passé et l'histoire personnelle sont connus de peu.
Après avoir mis sa carrière entre parenthèses suite aux retombées "scandaleuses" de sa dernière illusion, le Maître convoque son public dans la ville de Ronin pour son nouveau spectacle évènement qu'il promet comme le plus abouti de toute sa carrière.

Un journaliste l'ayant bien connu se décide à prendre la route pour interviewer l'artiste. Chemin faisant, il prend à son bord 3 autres personnes tombées en panne. La route étant longue, le journaliste va détailler par de longs flashbacks toute l'histoire du Magicien...

Showtime est une œuvre unique en son genre par une construction en cascade des nombreux souvenirs du journaliste.

Construit sous un angle qui rappellera au lecteur d’autres œuvres comme Madumo premier, seul & unique de Fabrice Erre ou Usual Suspects de Brian Singer, Antoine Cossé retient facilement l'attention par de petites tranches de vie d'un personnage fantasmé.

Les différentes strates s'articulent toutes autour du Magicien jusqu'aux révélations finales avec une certaine poésie et de nombreuses suggestions.

Suivant une structure de narration non linéaire et plombé par certains dessins charbonneux, Showtime fait parti de ces bouquins qui ne marquent pas spécialement lors de leur lecture initiale à l'instar du récent Saccage de Peeters mais dont certaines images rémanentes imprègnent la rétine de nombreuses heures après.

En reprenant les mécanismes du Prestige de Christopher Nolan, Antoine Cossé publie un récit audacieux et pertinent dont on déplore les traits grossiers et certaines pistes non explorées l'ajustant en dessous de toutes les autres œuvres, bd ou films, citées précédemment.

Nom série  Saccage  posté le 05/04/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Attention oeuvre OVNI !
Réalisé entièrement au stylo Bic et conçu comme une suite d'illustrations muettes de manière équivoque, cet étrange album raconte une histoire simple ou complexe selon la concentration et l'implication du lecteur sur la déliquescence de notre monde contemporain.

Contemporain, oui et non tant Peeters s'amuse à brouiller constamment les pistes par une superposition de différentes époques et civilisations convergeant immuablement vers le chaos.

En prenant comme témoin et repère un curieux personnage jaune fluo qui va traverser un monde post apocalyptique, Peeters reprend le principe du "Marabout, Bout de Ficelle" pour justifier cette écriture automatique de paysages dévastés par la seule présence de l'homme dans son environnement.

Les dessins sont superbes. Le choix des couleurs permet de s'y retrouver par de subtils allers-retours d'une planche vers une autre. Conçu comme le 5ème tome muet de sa série culte Aâma, l'auteur nous délivre un message peut être trop manichéen sur l'écologie mais également trop cryptique pour pouvoir être apprécié lors d'une première lecture.

Le pouvoir d'attraction est tel qu'on aimera s'y replonger ultérieurement par petites touches et y passer du temps, le talent de dessinateur prenant réellement le pas sur un scénario étouffé par trop de références. D'ailleurs la préface et les clins d’œil à d'autres auteurs permettent un peu de s'y retrouver tel un livre où il faudrait retrouver Charlie.

Les lecteurs de bandes dessinées plus traditionnelles risquent d'être confrontés à un mur d'incompréhensions et de n'y trouver qu'un livre sans aucune clé ni âme.

Conçu pour ne pas plaire au plus grand nombre, il s'agit probablement de l’œuvre la moins accessible du prolifique auteur mais elle mérite amplement la peine de s'y perdre pour peut-être mieux s'y retrouver.

Dans tous les cas, le plaisir graphique décuplé par le format à l'italienne idéal en fera forcément un indispensable pour tous les fans de l'auteur.

Nom série  Apocalypse sur Carson City  posté le 29/12/2010 (dernière MAJ le 03/03/2019) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
"Je suis venu en paix, ben tu vas nous la foutre la paix !" C'est déjà par le rappel de la seule tirade intéressante du film Z Dark Angel avec Dolph Lundgren que Griffon a interpellé mes sens... Et voilà la réussite formelle de ce feuilleton : extraire tout le coté ringard de ces récits d'outre tombe pour n'en garder que le meilleur !!!

N'y allons pas par 4 chemins : Carson City est un pur chef d'oeuvre de culture geek, pulp et pop !
Je m'en explique rapidement tant l'empressement de faire apprécier ce qui est devenu à mes yeux aussi indispensable qu'un Mutafukaz voire plus est grand !

Griffon est le dessinateur talentueux et déjà unique d'un Billy Wild de grande envergure par des dessins en noir et blanc de toutes beautés. Son style est parfaitement inimitable et unique à ma connaissance. Il s'agit de dessins uniquement noir & blanc présentant des personnages difformes extrêmement détaillés et finement ciselés dans des décors qui ne sont pas en reste...

Là où "Bill Wild" n'était qu'un essai réussi sur fond de western spaghetti/ambiance fantastique, j'avais déjà noté que le bonhomme ne pouvait que progresser affranchi d'un scénario somme toute classique et Carson City vient remettre de l'ordre dans tout cela car Griffon ose enfin passer la seconde et exposer son amour tarantinesque des codes narratifs (histoire décomposée en plusieurs chapitres et autant de protagonistes, allers & retours dans le temps ménageant suspens et tension, unité de lieu etc...) pour nous offrir un maestria de purs bonheurs adolescents coupables comme je les aime et dont chaque dialogue est amené à devenir culte.

Sur base d'un postulat vaguement Z avec invasions zombies et expérimentations de scientifique fou, Griffon rend hommage à toutes les oeuvres ayant excité son imaginaire en y ayant parfaitement compris ce qui rendait à la fois populaire et captivants les oeuvres de Tarantino citant à la fois Pulp Fiction et Une nuit en enfer. Les deux tomes déjà écrits et publiés en un temps record dénotent davantage d'un travail de perfectionniste soucieux d'offrir le meilleur et rien que le meilleur à ses lecteurs que d'un travail baclé sans queue ni tête car la force justement de l'auteur est de nous prouver qu'il sait parfaitement vers où il se dirige sans balbutiements inutiles. Ici on rentre dans le lard et chaque chapitre peut presque se lire de façon individuelle, le tout s'imbriquant parfaitement dans la trame principale.

Alors il s'agit d'une ènième série de zombies, de portraits de petites frappes sans grande envergure et sans héros principal ? Certes mais à aucun moment on a envie de décrocher de la lecture se délectant à la fois de tirades vraiment poilantes ou de s'extasier sur un découpage quasi parfait et de planches qui savent attiser l'oeil.

Dieu reconnaîtra les siens paraît-il ? Après avoir lu l'intégralité des 7 tomes, les amateurs de bisseries eighties vont totalement se reconnaître dans cette série qui utilise les artifices cinématographiques (présentation désopilante des protagonistes/acteurs sous forme d'arrêt sur l'image et à l'avenir incertain et ironique) et qui restera dans les annales de la bande dessinée européenne underground, à n'en pas douter...

L'ajout de quelques personnages savoureusement kitch et populaires et pas mal de sous intrigues continuent d'enrichir constamment les quelques 600 pages. En se réappropriant des lieux et situations déjà vues et revues mille fois ailleurs mais sous un oeil avisé, Griffon renouvelle le genre par une maîtrise hors norme des scènes d'action mais surtout de dialogues amenés à devenir cultes.

Hilarant et rythmé tout en ne ressemblant à aucune autre oeuvre, Carson City devrait faire date tout en exposant la générosité d'un auteur qui n'aura cessé d'évoluer.

Recommandé et recommandable ? Non indispensable !!! ;-)

Nom série  Ralph Azham  posté le 24/03/2011 (dernière MAJ le 03/03/2019) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Un nouveau Trondheim ne se refuse pas…

Euh mais comme tous mes avis sur ses œuvres commencent toujours par ce même et unique dicton, il va sans dire qu’il faudrait un peu étayer ce genre d’arguments. En plus Trondheim n’aide pas à la transparence puisqu’un coup d’œil sur la seule couverture suffit à nous en rappeler le bon souvenir des Donjon !

Passé cette fausse impression, on entre comme toujours chez Trondheim vers un univers dont lui seul possède la saveur avec ses codes de l’absurde et de l’ordinaire dans un univers d’Heroic Fantasy dont pas mal d’éléments sont absents.

Ralph est un paria au sein de sa communauté et dont le seul tort est de ne pas être l’élu tant désiré du village qui les aidera à repousser une horde d’étrangers belliqueux. Non en lieu et place d’un super pouvoir qui pourrait rebouter les vilains, Ralph a le seul don de connaître si la personne en face de lui va avoir des enfants ou non. Une piètre qualité pour un supposé sauveur que les notables ne vont guère lui pardonner… pour notre plus grand plaisir !

Trondheim se lâche et nous sort un florilège de corniauds bien pensants… et si le premier opus a un peu de mal à décoller il pose parfaitement la base de tout ce joli monde par le truchement de flashbacks bien mis en scène aux moments clés qui nous en révèlent un peu plus…

La couleur est un peu plus travaillée qu'à son habitude avec de très jolis rendus pastels par Brigitte Findakly et sans sortir des registres du label Trondheim, cela apporte un peu de diversité et de nouveauté…

Par un mélange d'improvisation mais tout en conservant une grande maîtrise des évènements, Trondheim surprend et mène son récit sur l'ascension d'un loser tout en en développant un "lore" aussi conséquent que cohérent sur l'origine des Bleuis (ces personnages dotés d'un don après la conjonction des deux lunes de cet univers) ou des artefacts magiques.

Ce mélange inhabituel de poésie et de fantasie condense l'humour absurde et l'évolution particulière d'un exclu cynique dans le style unique d'un auteur prolifique.

Ralph Azham ne fait que monter en puissance au fil de ses cycles et synthétise peut être enfin ce qu'on apprécie le plus chez Trondheim, seul maître à bord de cet univers qui lui ressemble et nous plait tant. La recette de la maturité sans aucun doute.

Nom série  La Terre des fils  posté le 01/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est une lecture très personnelle sur des thèmes aussi rabâchés que le "Post-Apo" que Gipi propose avec La Terre des fils.

Pas réellement attendu sur un terrain propice aux déclinaisons série B voire Z, Gipi abandonne bien vite les artifices du fantastique pour livrer un poignant récit de deux frères inexpérimentés en terre inconnue. La curieuse relation qu'ils entretiennent avec un père cruel et bourru en rappelle plein d'autres et sur différents médias : La Route de McCarthy pour son style épuré mais également le jeu vidéo "The Last of Us" ou "Le Livre d'Eli" des frères Hughes.

Pour autant qu'on accroche au style épuré et hachuré en noir et blanc si typique de l'auteur, La Terre des fils laisse entrapercevoir quelques signes d'un espoir dans un monde vidé de toute substance vivante et où le dialogue est absent ou même carrément simplifié.

L'ensemble se laisse lire avec une facilité déconcertante tant les pages s’enchaînent rapidement. Il n'y a pourtant peu de scènes dites d'action ou de suspens car Gipi s'attarde à écrire un quotidien somme toute banal malgré une jolie brochette de personnages violents ou dérangés.

Le cahier d'annotations laissé par le Père conservera même une grande partie de ses mystères une fois le livre refermé. Cela aurait pu laisser un sentiment mitigé mais il est en réalité bien difficile de ne pas tout lire d'une traite. Pas forcément convaincu d'y trouver néanmoins du plaisir à la relecture, La Terre des fils reste un récit atypique bien plus original qu'il n'y paraîtrait. Une curiosité.

Nom série  Peter Pank  posté le 01/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Équivalent ibérique de l'Écho des Savanes après de longues années de censure dues au Franquisme, la revue "El Víbora" était perçue comme un renouveau de la bande dessinée espagnole pour adultes.

C'est dans cet esprit que Francesc Capdevila plus connu sous le pseudo de Max ou Alphamax développa dans les années 80 une parodie de Peter Pan sous un œil délibérément provocateur et déjanté.

Ici l'adolescent rebelle de J.M. Barrie devient un Punk hystérique et junkie, les sirènes des courtisanes nymphomanes et son plus vieil ennemi le Capitaine Crochet un clone de Dick Rivers.

S'il ne fallait retenir qu'un point véritablement positif de tout Peter Pank dont les éditions Rackham publient ici l'intégralité de ses histoires dans un très joli recueil, c'est véritablement son style de ligne claire proche de Yves Chaland indéniablement réussi.

Les histoires ne sont prétexte qu'à revisiter l'histoire d'origine sous un angle décalé avec quelques scènes trash essentiellement tournées en dessous de la ceinture. La suite relèvera un peu le niveau avec d'autres intrigues pas forcément plus épatantes mais un peu plus constructives.

Le souci c'est qu'à l'exception du dessin franchement réussi et d'une lecture relativement aisée, on ne rit pas ou peu aux aventures No Future d'un héros franchement pas attachant. Le rythme périodique se ressent énormément et l'intérêt est trop rapidement dilué pour en faire encore aujourd'hui un instrument subversif. C'est un peu le souci de ce style de bd qui dégaine ses cartouches dès les premières pages sans en renouveler le stock comme l'avait fait également Ranxerox de Liberatore.

Nom série  Boule de Feu  posté le 01/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Pendant que le public amateur de bons mots et d'Héroic Fantasy déjantée se réjouit du retour improbable de Donjon, d'autres récits du même acabit arrivent sans crier gare et pourraient même tirer la couverture à eux.

Cette "Boule de feu" réalisée à 4 mains en est un excellent exemple. Qui aurait pu jauger d'une collaboration improbable entre deux auteurs aux univers distincts et aux techniques si différentes ? Et pourtant on tient ici un petit bijou d'humour absurde dont le contraste des personnages rigolos d'Anouk Ricard se fond parfaitement dans les décors lumineux et inspirés créent une atmosphère hypnotique unique.

En partant d'un pitch relativement simple où il est question de rapatrier du monde des humains un Magicien capable de sauver une contrée lointaine d'envahisseurs par la fameuse Boule de Feu du titre, Anouk Ricard développe une jolie bande de bras cassés pour le plus grand plaisir du lecteur.

Fernando n'est guère motivé par sa quête et le Mage Patrix proclamé comme grand sauveur a tout oublié de ses origines ésotériques. L'équipe est bien mal barrée pour sauver le village d'autant plus que le retour ne se fera pas au bon endroit et qu'il leur faudra braver différentes contrées inhospitalières dans un délai imparti.

La suite ne sera qu'une succession de fous rires et de réparties hilarantes tout au long de leurs rencontres hasardeuses.

Et si on rit souvent des bons mots des personnages grotesques d'Anouk Ricard, nos rétines s'attardent souvent sur les décors travaillés d'Etienne Chaize qui renvoient directement à son magnifique travail sur sa précédente oeuvre Hélios.

La technique n'est pas nouvelle et a déjà été employée en incrustant personnages dessinés sur décors photoshopés avec beaucoup moins de succès que par cette Boule de Feu. Ici tout se mêle dans un naturel confondant sans oublier de développer une histoire drôle mais également parfaitement équilibrée.

Il est également à noter que si le prix pour 70 pages reste élevé, les éditions 2024 ont une fois de plus réalisé un livre de grand format et de grande qualité qui ne risquera pas de prendre la poussière dans votre bibliothèque.
Boule de feu est un excellent antidote contre la morosité et en tous points un pari réussi. Incontournable.

Nom série  Pacifique  posté le 08/02/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dans la catégorie des beaux livres attirant l'attention, Pacifique aurait tout à fait sa place avec son format atypique à l'italienne et sa jolie couverture représentant un sous-marin et plus précisément un U-Boat bravant une écume ressemblant à des livres ?

Bienvenue dans l'univers poétique de Trystram et Baudy qui ont conçu dessins comme scénario à 4 mains pour tisser un hommage à "Das Boot" de Wolfgang Petersen tout comme à 2001 l'Odyssée de l'Espace de Kubrick.

Il n'y a pas de véritable héros à proprement parler et si le lecteur suit la destinée de Udo, jeune soldat affilié au poste radio dont c'est la première mission en mer, c'est pour porter un regard tout aussi vierge sur l'univers hermétique que constitue une vie sous les flots pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Un grand soin est apporté à la reconstitution minutieuse du U-Boat. Les auteurs expliquent d'ailleurs avoir choisi le format à l'italienne pour retrouver l'horizontalité du Submersible. De jolies couleurs ocre jaune, bleu et rouge rythment la vie de l'équipage entre calme, tempête et batailles navales.

La présence de plus en plus imposante d'un livre interdit (Rappelons l'autodafé des nazis) va semer le trouble au sein de l'équipage et apposer une touche fantastique dans une histoire qui n'en avait pas nécessairement besoin. C'est le choix des auteurs et à vrai dire cet élément n'entrave en rien la jolie fin poétique dont on vous laissera la surprise tout en maugréant qu'elle aurait du être un peu plus percutante pour laisser une empreinte indélébile.

Nom série  Traquemage  posté le 07/02/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Retour aux affaires pour Wilfrid Lupano qui se lance dans une sombre vengeance médiévale : Pistolin rêve en effet d'occire tous les mages du royaume qu'il considère pour responsable de la mort de son troupeau de brebis avec l'aide d'une petite fée alcoolique.

Attendez ! Mais ce n'est pas sombre du tout cette histoire ! Les auteurs se vantent d'avoir inventé le "Rural Fantasy" ni plus ni moins. Il s'agit pour l'heure d'une vaste blague avec ce berger téméraire mais naïf qui n'a plus rien à perdre après l'hécatombe de son troupeau à l'exception de sa biquette Myrtille, probablement le personnage le plus sympathique du lot !

Après avoir tenté d'éliminer la fée Pâquerette pour premier fait d'arme, cette dernière complètement bourrée décide de le guider vers cette quête ultime : éliminer toute la magie sur terre !

Sans y aller par 4 chemins, voici une trilogie sympathique mais pas exempte de défauts. Relom pourtant si à l'aise avec son cultissime Andy & Gina où il était seul aux commandes semble bien seul avec un travail plus que correct mais sans grande originalité. Beaucoup d'arrière-plans sont vides et la colorisation est un peu terne.

Là où "Donjon" et Spoogue font des miracles en termes d'idées ou de détails cachés sur des thèmes similaires, Traquemage prête davantage à sourire poliment qu'à en rire franchement.

Il y a bien sur quelques séquences irrésistibles avec Myrtille et quelques trouvailles originales (la visite du "Grimoire") mais rien d'aussi fou que Sept Nains du même Sieur Wilfrid.

Enfin étonnamment les auteurs décident de tout précipiter dans un troisième et ultime tome là où rien ne laissait présager une série aussi courte. L'intrigue comme l'univers se prêtaient pourtant à davantage de rebondissements et si la conclusion n'est pas si décevante, un peu de rab n'aurait pas -pour une fois- été un mal, bien au contraire.

Traquemage n'est donc pas si vilain mais bien en deçà de l'intérêt suscité d'où une légère déception. Les aventures de Pistolin et de Myrtille restent tout à fait fréquentables le temps d'une soirée et/ou d'un emprunt.

Nom série  Célestin Gobe-la-lune  posté le 06/02/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Envie d'une série légère et divertissante sertie de jolis dessins accessibles et de sourires coupables ?
Bienvenue alors dans les tribulations de Célestin Gobe-la-lune, gentil illuminé du XVIIIème siècle promu à un noble avenir dans un futur qu'il souhaite proche mais bien plus occupé à trousser toute jolie bourgeoise et ravir enfin un titre digne de son rang et à fuir toutes les autres responsabilités de son rang actuel.
Car oui, Célestin n'est qu'un gueux oisif régulièrement poursuivi par des maris cocus ou des frères voulant laver l'honneur de leur famille bafouée par les tentatives lubriques de ce vil coquin.

Lupano nous sert sur un plateau une histoire pétrie de qualité dont la principale est de nous faire passer un très joli moment entremêlé de sourires et de bonne humeur. En portant son dévolu sur une princesse pimbêche, Célestin va se retrouver bien malgré lui au milieu de complots divers, de philtres magiques et pourquoi pas même d'une révolution civile ?

On a souvent comparé à tort ou à raison cette aventure à celles de Garulfo ou des mousquetaires de Alain Ayroles. Si le cadre et les quelques vers détournés peuvent prêter à confusion, l'histoire se rapproche davantage d'un Fanfan la Tulipe ou des Fourberies de Scapin dont on y conserve le rythme parfait d'une vaudeville.

Yannick Corboz dont on a critiqué souvent l'encrage ou même le dessin doit être réhabilité pour un dessin expressif et parfaitement découpé. Le travail s'améliore même sur le second tome mais il serait injuste de ne pas parler des décors travaillés avec de majestueuses cités détaillées ni de la jolie colorisation rappelant l'aquarelle.

Le tour de force vient également de Lupano qui arrive à conclure rapidement une histoire en deux tomes par un tour de force historique et plutôt malin.

Que de plaisir à lire les aventures de Célestin, un des rares héro franco-belges se promenant la plupart du temps défroqué. Mais même cela trouvera son explication. Incontournable.

Nom série  Tokyo Ghost (Urban Comics)  posté le 06/02/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est par une préface aussi intrigante que touchante et signée du scénariste Rick Remender que la curiosité du lecteur sera happée s'il lui prenait l'envie pour une fois de la lire avant de commencer l'oeuvre.

L'auteur déplore ce qui est advenu de notre société de consommation et de technologie par un fait aussi simple que courant : combien de conversations sont interrompues par l'absorption d'une personne par son smartphone ?

Il est temps effectivement de déconnecter car l'introduction de Tokyo Ghost est dynamique en s'ouvrant par une course poursuite entre un couple d'agents motorisés traquant un pirate terroriste dans un New Los Angeles surpeuplé et déshumanisé.

L'issue de cette mission va aussitôt les renvoyer à Tokyo où la technologie n'a pas encore de prise sur l'homme en 2089 pour y déceler les dernières ressources naturelles. Ce qu'ils vont y découvrir va bouleverser leur existence....

Qu'il est difficile de chroniquer une telle oeuvre... Certains y verront une fable écologique futuristes calquée sur Princesse Mononoke de Miyazaki, d'autres une variation hardcore sur Judge Dredd... Les intentions ne manquent pas dans ce diptyque dessinée d'une main de maître par le talentueux Sean Murphy qui offre plusieurs cases mémorables dans ce qui commençait comme un actioner violent pour se métamorphoser en histoire d'amour tragique.

C'est bien l'abus de technologies qui est au coeur du débat comme l'indiquait funestement la mise en garde de Remender dans sa préface : Led Dent est une machine de guerre coupée de toute réalité par l'abus d'implants l'isolant du monde réel pendant que sa compagne de toujours, la sensible Debbie, est restée réfractaire à toute modification sensorielle et veille à le sevrer de ses démons.

Dans un monde où l'abrutissement de masse à la Wall-E est devenue le principal argument pour y survivre, la découverte d'un havre de paix dans ce Néo Tokyo semble être le dernier eden terrestre. Mais les vieilles adictions refont surface pour Teddy redevenu Led par une sombre manipulation et la retraite paisible s'effacera vite à la seule solution possible : la violence.

Remender use d'un scénario finalement classique et manichéen pour donner vie à ce monde pessimiste. Dommage néanmoins qu'il n'y ait pas davantage la subtilité d'un Urban de Brunschwig car l'overdose de violence dans les derniers actes tempère les bonnes intentions d'origine.

On en prend régulièrement plein les mirettes grâce au travail exemplaire de Sean Murphy qui sait temporiser la narration par de superbes doubles planches.

C'est donc avec le sentiment d'avoir frôlé de près ce qui aurait pu être un chef d’œuvre qu'on referme le dernier tome. Les fans des deux artistes se régaleront mais il n'est pas exclu qu'un peu plus de subtilité aurait amoindri le message initial.

Nom série  Daredevil - Renaissance (Justice aveugle)  posté le 01/02/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Avocat le jour, justicier la nuit, Matt Murdock constitue un héros Marvel atypique dans le sens où il s'agit d'un aveugle ayant développé de façon exponentielle ses 4 autres sens.
Évoluant dans le quartier défavorisé de Hell's Kitchen à New York, Daredevil est un vigilante partagé entre ses doutes, sa foi et ses convictions. Délibérément moins fun que Spider-Man, il n'en est pas moins intéressant avec quelques zones d'ombre que les scénaristes vont parfaitement savoir exploiter.

Miller et Mazzucchelli sont reconnus pour avoir redonné un coup de fouet aux comics dans les années 80 par leur contribution respective et notamment avec deux arcs célèbre : Batman Year One et Daredevil Born Again.

Cet arc Daredevil Born Again est considéré encore aujourd'hui comme étant l'un des meilleurs du Diable de Hell's Kitchen. Pourtant si le travail de Mazzucchelli est incontestable avec un dessin sobre et stylé, l'histoire prend des airs de rédemption interminable en racontant la descente aux enfers d'un Matt Murdock anéanti par son ennemi Wilson Fisk alias le Caïd (Ou Kingpin en VO) qui a eu vent de sa véritable identité et compte bien le lui faire payer.

Frank Miller malmène son héros comme peu ont du le faire auparavant ce qui a du surprendre nombre de lecteurs décontenancés par tant de noirceur. Si le dessin n'a guère vieilli, il est difficile d'en dire autant de la narration pesante d'un Frank Miller en quète de renouveau et qui sera plus en verve sur d'autres oeuvres de cette époque.

Il ne s'agit presque pour ainsi dire plus d'une aventure de Daredevil que l'on aperçoit finalement très peu mais bien plus de Matt Murdock qui va subir les coups durs.

D'une lecture déstabilisante et assez maladroite sur la longueur, cet arc n'est finalement pas à conseiller pour les néophytes. Par chance la maîtrise de Matzzucchelli accouplée à un découpage souvent astucieux rythme quelque peu un récit de plomb. La résolution un peu trop rapide et pas assez crédible achève d'en faire une oeuvre dispensable au profit d'autres arcs bien plus intéressants. Le diable de Hell's Kitchen le mérite bien.

Nom série  Vanille ou chocolat ?  posté le 01/02/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le principe des livres jeux "Aventures dont vous êtes le héros" a connu récemment un renouveau par le 9ème art et notamment les éditions Makaka avec une collection destinée pour le jeune public rencontrant un certain succès.

En effet le principe limité mais séduisant permettant au lecteur d'orienter sa lecture selon ses choix et constitue un atout ludique non négligeable.

Vanille ou chocolat de Jason Shiga offre un principe similaire mais basé sur les univers propres de l'auteur à savoir une bonne dose de méta d'une part et d'autre part une fascination pour la mort à l'instar de son dernier pavé Démon.

Sur base de ses dessins rigolos et simplistes et d'un premier choix cornélien pour la saveur d'une glace (vanille ou chocolat ?), Shiga va entrainer Jimmy (donc le lecteur) dans une aventure rocambolesque chez un savant fou qui lui proposera au choix de voyager dans le temps ou de détruire le monde.

Le début est extrêmement verbeux comme souvent avec cet auteur ce qui rebutera d’emblée les jeunes lecteurs qui se lasseront vite du concept pour rallumer leurs consoles.

Les plus curieux (et donc plus âgés ^^) vont suivre les différentes pistes offertes par le livre lui-même relié entre ses diverses illustrations non pas par des numéros mais un système de cables tout à fait astucieux pour une lecture atypique.

L'auteur tient compte des allers et retours dans le temps où Jimmy pourra même être surpris d'y croiser son double temporel. Cela en devient même vicieux avec quelques fourberies dont l'auteur a le secret et on imagine aisément l'enfer de réalisation d'un tel ouvrage.

Vanille ou Chocolat est donc plus une curiosité qu'un véritable jeu et comblera aisément les fans de cet auteur atypique mais peut également décevoir tout lecteur non avisé.

À noter également que ce livre/jeu existe dorénavant également à moindre coût en application pour les smartphones mais que l'édition de Cambourakis est exemplaire avec des pages plastifiées pour les nombreuses manipulations puisque Shiga en compterait 3856 sur 80 pages. L'intérêt risque d'être malgré tout de plus courte durée due aux incessants effets de répétition.

Nom série  Colville  posté le 01/02/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Située dans la petite ville de Colville de l'Ontario du Canada, David est un adolescent à problèmes en conditionnelle suite à un cambriolage raté.
Il lui faudrait un dernier coup pour changer sa vie de ce bled pourri et s'enfuir loin d'ici avec sa petite amie Tracy. Une seule issue pour éditer le comics qu'il a lui même dessiné et changer enfin de vie : accepter une dernière embrouille en volant une moto cross au hells angels local et la revendre au plus vite pour empocher 1000 dollars salutaires.
Mais rien n'est rose à Colville et rien ne va se dérouler comme prévu...

À l'origine de ce récit noir, Steven Gilbert est un fan absolu de comics et surtout un autodidacte. Le récit entamé il y a plus de 20 ans ne faisait que 64 pages et restait en soi inachevé malgré une conclusion déjà bien sombre et plus de nouvelles de l'auteur devenu libraire entre temps.

Un éditeur italien convaincu de la qualité de cet ouvrage raviva les espoirs de Steven Gilbert qui le compléta d'une centaine de pages additionnelles. C'est aujourd'hui cette édition intégrale augmentée que le tout nouvel éditeur Revival propose au public francophone.

Restons honnêtes, si la couverture et les premières pages n'attirent guère l'attention par un dessin noir et blanc hachuré et aux proportions de personnages non respectées, l'intérêt grandit au fur et à mesure. Les cases bien souvent muettes trouvent davantage de saveur dans l'exposition de décors silencieux couvrant la petite ville de Colville. Gilbert parvient à trouver un souffle salvateur dans la description d'un quotidien de paille au travers de personnages perturbés et perturbants trahissant ses influences, le Blue Velvet de David Lynch n'est jamais loin ainsi que les influences assumées de Charles Burns et de Daniel Clowes.

Sans en égaler le talent, Colville ne manque aucunement de qualité pour qui acceptera volontiers de s'immerger dans un récit dont l'issue semble fatale dès les premières pages. Il s'agit avant tout d'une question d'ambiance et de points de vue au travers de sombres personnages qui vont se révéler au fur et à mesure du récit...

Hommage également à Nick Cave dont le récit partage la mélancolie et à Brian de Palma pour ses histoires à tiroir, Colville rappelle les années 90 sans jamais les dénaturer (voir l'utilisation du téléphone dans des cabines qui revient plusieurs fois dans le récit) mais propose également de nombreuses scènes violentes à ne pas mettre devant tous les yeux par le biais d'un psychopathe amateur de snuff movies.

La fin n'en sera que plus cruelle malgré une toute petite lueur d'espoir disséminée dans les dernières planches.

Pourvu de décors écrasants et d'un éclairage étouffant, Colville se révèle comme une bien belle surprise dans un registre pourtant bien représenté dans le 9ème art.
Davantage COLDville que COOLville, le récit sort clairement des sentiers battus et mérite grandement d'être découvert ou redécouvert.

Nom série  Bloodborne  posté le 08/11/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Hit incontesté du jeu vidéo depuis sa sortie en 2015, Bloodborne n'est pourtant pas à considérer comme un titre grand public fédérateur. En incombe son ambiance horrifique particulière bercée par un mélange d'influences lovecraftiennes et victoriennes mais surtout une attention de tous les moments tant sa difficulté légendaire a pu repousser plus d'un joueur occasionnel.

L’assistanat n'étant pas de mise dans sa prise en main, le monde décrit dans Bloodborne n'est pas en reste avec une histoire des plus cryptiques et aux interprétations les plus diverses.

Il s'agit en condensé d'une chasse aux monstres dans une nuit de pleine lune sans fin où se côtoient humains infectés belliqueux et entités surnaturelles proches des Grands Anciens.

Résolument très gore et brutal dans ses affrontements, le sang joue un rôle essentiel dans le sens où il s'agit à la fois d'une malédiction qui avilit les âmes humaines et leur permet également de côtoyer les divinités.

Est-ce la réalité ? Un rêve permanent ou un cauchemar ? Ales Kot, grand fan du jeu, s'est battu pour s'attribuer les droits de cette adaptation officielle qui se veut davantage une vision personnelle de cet univers bien particulier qu'une parfaite adaptation ou d'un énième produit dérivé.

Et c'est peut-être là où le bat blesse car tout lecteur séduit par cet univers se sentira irrémédiablement perdu dans une histoire truffée de références aux joueurs et dont il faudra surmonter les premières pages énigmatiques pour mieux s'en détacher par la suite et offrir un récit mélancolique transcendé par le travail graphique exemplaire d'un Piotr Kowalski en état de grâce.

Bloodborne raconte la nuit de cauchemar éternelle d'une chasseuse dont on ignorera jusqu'au nom et presque jusqu'à sa propre apparence masquée sous ses oripeaux de guerrière.

Ignorant même son propre passé, la Chasseuse se contente de survivre à une nuit de massacre sans fin en acceptant même sa propre mort pour apprendre de ses erreurs et recommencer sa tâche : guider une enfant élue à la peau blafarde et aux pouvoirs psychiques surnaturels vers un monde meilleur.

Exit donc les superbes massacres des premières pages vers une ballade nous entrainant aux confins de la solitude dans d'écrasants décors sans vie.
En reprenant le style romantique de Caspar David Friedrich, Kowalski propose de superbes planches dont la menace sourde ou invisible n'est jamais très loin.

De cette histoire sans fin (comme le film du même nom), Kot s'approprie un jeu video pour en faire sien son univers: il y a quelque chose d'hypnotique et de hautement séduisant dans cette histoire aux contours aussi flous qu'effrayants.

Sans disposer volontairement de toutes les clés pour en saisir toutes les subtilités, il est fortement conseillé de s'abandonner à cet univers très sombre pour n'en retenir que les qualités, Bloodborne plaira davantage finalement aux amateurs de Lovecraft qu'aux férus de Playstation et ce n'est pas forcément pour nous déplaire.

Nom série  La Cité des Chiens  posté le 28/04/2015 (dernière MAJ le 24/10/2018) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Dans un univers médiéval sombre et violent, une jeune femme emploie ruses et manigances pour faire tomber le règne de son oncle tyrannique… Voici le premier tome d’un diptyque s’annonçant féroce et intriguant…

Le récent succès télévisé de Game of Thrones a donc relancé certaines attentes sur ce que je considère comme « Dark Fantasy ». Cette époque a toujours été sujette pour souvent le meilleur à des récits cruels et sans concessions et ce n’est pas l’aridité de cette Cité des Chiens qui viendra me contredire.

De très convenu avec l’arrivée d’Enora dans des marais hantés, on reste rapidement happé par un récit qui se construit par strates et flashbacks avec ce qu’il faut de suspens et de surprises pour continuer la lecture…
L’histoire de Volas devenu maitre de la Cité des Chiens par la trahison et le sang est non seulement plausible mais passionnante. Radomski use de surenchère pour décrire un parfait salopard qui n’hésitera pas à mettre à mort ses proches pour régner sans partage et établir sa dynastie sur le reste de cet univers régi par d’autres cités et vassaux.

Pour autant, il ne s’agit pas de son histoire mais de celle de sa nièce Enora avide de vengeance et désireuse de remplacer son oncle sur ce trône par pur instinct de survie. Ce choix a également un prix dont on mesurera la cruauté…

Tableau pessimiste d’une humanité qui s’éteint et ne survit que dans le sang et le stupre, La Cité des Chiens a bien des qualités… mais également des défauts. Malgré quelques planches absolument parfaites (ici une bataille, ailleurs un marais macabre), je ne suis pas un grand fan du dessin de Rebelka que je trouve disproportionné par endroits. Et pourtant le tout reste très lisible grâce à une colorisation informatique qui ne plaira pas à tout le monde mais donne des éclairage tantôt blafards tantôt mauves ce qui donne une ambiance particulière tout à fait appropriée au récit.

Et l’histoire racontée prend des proportions inattendues avec quelques renversements de situation qui devraient plaire aux amateurs de coups fourrés.

Hélas les enjeux se prennent royalement les pieds dans le tapis dès sa seconde partie par un surplace évident et une résolution simplissime de l'intrigue.
Il y avait pourtant de quoi faire en développant davantage aussi bien l'intrigue que l'univers que de capitaliser sur des sous intrigues de personnages secondaires sans réel intérêt sur la trame principale.

Tant et si bien finalement qu’on peut à juste titre se demander si les 120 pages de ce récit étaient amplement suffisantes alors qu'un pénible sentiment de frustration se développe.

Les ventes du premier tome n'étaient pas à la hauteur, Akileos nous a néanmoins gratifié d'une belle édition grand format toilée pour une intégrale en noir et blanc.

Ce choix éditorial peut intriguer car les couleurs initiales faisaient grandement partie du charme de cette œuvre, on y perd autant en lisibilité pour certaines scènes clairement pensées telles quelles mais c'est à présent le seul et unique recours pour lire La Cité des Chiens dans son intégralité.

Nom série  Histoires de Pebble Island  posté le 17/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Premier ouvrage de Jon McNaught, il s'agit également de son récit le plus court et le plus petit en terme d'édition.

Ayant vécu une partie de son enfance sur les iles Malouines, Jon McNaught a voulu reproduire une partie de ses souvenirs le long de ces plages désertes ou l'ennui le dispute à des panoramas saississants.

Et c'est d'autant plus réussi en ce sens que son style emprunté à Chris Ware et doté d'une palette réduite aux bleus de l'Océan reproduisent plutôt bien ce sentiment de solitude et de pleine mélancolie.

Il est question ici de 3 histoires dont la centrale n'occupe que 2 pages et se contente de lister quelques lieux communs de Pebble Island sans autre précision.

La première est la plus intéressante avec des jeux d'enfants sur la plage consistant essentiellement à exploser un jouet Godzilla à l'aide d'un pétard.

La dernière s'attarde sur la journée d'un autochtone préférant regarder Indiana Jones que d'admirer son paysage maritime.

Effectivement exprimé ainsi ces histoires n'ont aucun relief. C'est surtout la mise en scène qui fera toute la différence mais le format est beaucoup trop petit pour profiter hélas des vignettes et sa lecture amorcée en moins de 5 minutes risque d'en refroidir plus d'un.

D'autant plus dommage que les autres oeuvres de l'auteur Automne et Dimanche soient calquées exactement sur la même thématique. Il serait fortement judicieux de compiler l'ensemble pour le rendre un peu plus attractif car une balade d'ennui à 12 euros les 300 secondes risquent d'orienter le lecteur de l'ennui à l'agacement.

Nom série  Dimanche  posté le 17/10/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Seconde oeuvre de Jon McNaught, Dimanche est à l'instar de Histoires de Pebble Island et de Automne un récit muet essentiellement constitué de petites vignettes muettes sur la solitude.

Dimanche est souvent considérée notamment en poésie comme une journée récréative où il ne se passe strictement rien et où les journées s'étirent lentement. Du moins c'est la perception de l'auteur qui installe l'ambiance dès la couverture avec cette reproduction à l'infini de maisons de banlieue.

On y suit deux ados perchés sur le toit à regarder le paysage et à y écouter la nature, guettant toute occasion de percer leur ennui et d'attiser leur imagination.

Le format du livre est minuscule et se lit en quelques minutes sans y développer d'autre ambition que d'y exposer un quotidien pesant dans un cadre magnifique : celui d'une petite bourgade élégamment mise en scène par 3 simples couleurs et quelques formes géométriques.

Le souci c'est que Jon McNaught n'a rien à raconter et serait bien plus à l'aise dans des illustrations isolées que dans une succession monotone de situations absconses. D'autant plus que toutes ses oeuvres ne parlent de rien d'autre que de cet ennui mortel qui gagne vite le lecteur.

Ennui d'autant plus dommage que l'essai est périlleux, graphiquement réussi mais il est fort possible que ce soit la réaction souhaitée par l'auteur, hélas le lecteur aurait aimé en avoir un peu plus de son temps comme de son argent.

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