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Nom série  L'Aventure Cousteau  posté le 30/12/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai eu l'occasion de lire 5 albums de cette série aujourd'hui quasiment oubliée, et c'est peut-être dommage, mais il faut bien avouer que c'est faible pour faire rêver les jeunes lecteurs, même déjà dans les années 80, si je l'avais découverte à ce moment, cette Bd ne m'aurait pas intéressé des masses. La raison en est simple : ce qui est passionnant dans un documentaire filmé, c'est les images et l'impression qu'on a de suivre cette équipe du commandant Cousteau, mais sur papier, ça ne passe pas. Je raffolais des émissions du commandant, et là je n'ai retrouvé qu'une toute petite sensation.

Toutefois, je ne souhaite pas enfoncer cette Bd qui se ramasse déjà assez de mauvaises notes, personnellement, ce que j'ai lu m'a suffit et je n'en lirai pas d'autres, mais je tiens à souligner le travail accompli par les auteurs qui inscrivaient cette série dans le courant des Bd éducatives des années 70-80, en rapportant dans le détail les voyages du célèbre commandant au bonnet rouge, elle est très réaliste, et l'absence d'éléments de dramaturgie n'enlève rien au caractère didactique du récit. En plus, c'est bien dessiné, avec un trait qui se rapproche des premiers travaux de Juillard ou Denayer, bref on sent que ce dessin ressemble à beaucoup de graphismes réalistes de cette époque, et le héros est avant tout l'océan.
Une entreprise sympathique et courageuse, mais qui semble démodée de nos jours.

Nom série  Gigantik  posté le 24/12/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette bande espagnole est parue en France dans le magazine Super As en 1979, je me souviens l'avoir aperçue dans quelques numéros qui me tombaient sous la main, mais je l'ai vraiment redécouverte grâce à un prêt d'albums très opportun ; je n'ai lu que 3 albums édités par Novedi (de 1981 et 82) mais c'est suffisant pour se faire une idée.

C'est un space opera très caractéristique de son époque de parution (les derniers albums sont parus en 1984), de la SF classique dramatique et sérieuse, jalonnée par des épisodes amusants et un peu d'humour, on y reconnait le style de Victor Mora qui avait écrit aussi les scénarios de Dani Futuro dessinée par Carlos Gimenez dans les années 70. Il n'est donc pas étonnant qu'on ressente une petite impression de déjà vu car c'est très inspiré de Dani Futuro avec des composants assez proches : immense vaisseau spatial commandé par un scientifique, un couple de héros, 2 petits robots rigolos, une puissance maléfique etc...). Même le dessin s'inspire du trait de Gimenez (que je préfèrais dans Dani Futuro car plus peaufiné), mais il est suffisamment attrayant pour me plaire.

On peut aussi trouver quelques ressemblances avec Valérian ou Tärhn, prince des étoiles, autres bandes de SF de la même période dont les graphismes ont peut-être aussi inspiré Cardona. Cette science-fiction là, je la comprend mieux que celle qui viendra bien plus tard dans les années 90 et 2000, car elle est simple et facile à capter, s'il n'y avait pas le décor spatial, ça pourrait tout aussi bien être une bande d'aventure.
Je sais pas si c'est très connu mais cette lecture ne fut pas désagréable, les récits sont assez conventionnels mais plaisants, bref c'est une découverte intéressante, même si ce n'est pas marquant.

Nom série  Boskovich  posté le 23/12/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai découvert Cossu sur Le Marchand d'Idées où il faisait équipe avec Berthet, et si j'avais moyennement apprécié le récit, j'avais bien accroché à ce type de dessin. Ici, il est l'auteur à part entière de cette Bd où il crée un univers fantastique futuriste étonnant, un monde robotisé et un état policier et informatique qui va se trouver déréglé. La série installe une atmosphère onirique et impose son originalité par ses qualités inventives en renouvelant la BD juvénile.

Lorsque la série créée furtivement en 1979 a rallié le journal Spirou en 1983, elle s'est en effet démarqué du reste de la production du journal, rompant avec la tradition classique qui y règnait, sans pour autant se détourner du lectorat habituel. Avec ces curieuses aventures, Cossu a réussi à faire de ce personnage de Boskovich, petit besogneux discret, un héros très différent des autres personnages de chez Spirou. Certains auteurs comme Foerster par exemple, ont apporté dans l'hebdo une écriture nouvelle et un graphisme moins académique, c'est le cas pour Cossu, j'aime bien ce dessin très expressif, qui privilégie les à-plats noirs, et aux cases assez remplies. En plus, l'univers est original, dommage que la Bd n'aie pas continué.

Nom série  Armalite 16  posté le 23/12/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'ai découvert récemment, donc tardivement cette Bd dont je n'avais qu'un vague souvenir pour l'avoir vue dans les pages de Métal Hurlant en 1979 ; comme quoi c'est bien de revenir sur des traces perdues parfois. A cette époque, la SF m'intéressait encore moins qu'aujourd'hui, je n'avais pas lu cette saga, et là même aujourd'hui, je n'en retire guère de plaisir.

C'est un univers post-atomique, situé dans un futur relativement proche grâce à plusieurs détails semés ça et là dans le décor qui est celui des Alpes. C'est un monde à l'abandon où règnent l'insécurité, la peur et la méfiance, mais l'auteur ne nous dit pas la raison de ce chaos, les circonstances ayant amené cet état arbitraire et désolé restent obscures. C'est un récit édifiant qui permet de constater que même après un cataclysme, les hommes commettent les mêmes erreurs, il correspond à une prise de conscience écologique et politique très à la mode en cette fin d'années 70, c'est pourquoi ça me rappelle énormément Simon du fleuve en moins bien. L'ensemble ne m'a pas captivé, Crespin installe une ambiance mais tout ceci est lent, et aucun personnage ne se démarque.

Le dessin pourrait à la rigueur me plaire, surtout dans les 2 premiers albums, dans un style proche de Claude Auclair ou André Beautemps, mais à partir du tome 3, le style couleurs directes qui permet à Crespin d'exprimer son talent d'aquarelliste, ne me convient pas vraiment... dommage, une série qui fut intéressante à découvrir mais qui ne m'a pas séduit comme je l'aurais voulu.

Nom série  Ogre  posté le 16/12/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce recueil de 13 courts récits en N/B et couleurs reste assez mythique, je le cherchais depuis longtemps, mais à chaque fois je reculais devant le prix élevé, mais lors d'un récent séjour à Paris, je l'ai dégoté à la librairie Aapoum Baapoum en version cartonnée édition originale de 1979 parue aux Humanos, et contenant les 13 récits (et non 6 comme indiqué sur la la fiche), à un prix conforme à celui de la cote officielle.

C'est un recueil fidèle au ton de l'auteur de Den qui aborde comme souvent chez Corben, les domaines de la fantasy, de la SF et du fantastique, le tout saupoudré d'un érotisme discret mais bien présent, avec pour point commun cette poésie particulière de conte de fée gothique, une sorte de poésie de l'horreur où gravitent des magiciens fous, des monstres, des hommes-bêtes ou des bêtes devenues quasi humains dans un univers souvent impressionnant, avec toujours cette obsession du corps et du thème de la belle et la bête que Corben retourne dans tous les sens. Ces petites histoires lui permettent de dessiner des femmes nues aux formes toujours exagérées, soumises aux pires turpitudes ; on l'a compris, c'est le reflet des fantasmes de l'auteur.

Le côté immoral ou injustement cruel, le fatalisme baignent ces histoires, et sur le plan graphique, on peut constater l'évolution du dessin de Corben, notamment sur celles publiées aux Etats-Unis en 1971 ou 72, le dessin était encore assez primaire voire peu esthétique, on voit nettement l'amélioration avec les récits de 1975 ou 1977 avec leur explosion des couleurs et la plastique musculeuse des personnages.

Autant le dire, ce recueil n'est pas le meilleur de Corben, mais il est quand même indispensable pour tout fan, c'est pourquoi je le voulais. Dans ces histoires de longueur inégale, il y en a qui ne sont pas terribles, et dont les chutes sont banales. D'autres sont vraiment excellents, personnellement j'ai bien aimé Cidopey et le Temple qui sont une sorte de relecture du mythe d'Adam et Eve ; d'autres comme la Cité morte de la peur, le Bonheur de Benoit boiteux, ou Bug sont des fables cyniques et violentes typiques de Corben. Quant à Ogre qui donne son titre au recueil, c'est un récit qui mêle la technique expérimentale que Corben essayait à l'époque, à savoir un montage d'images photographiques et de dessin à l'aérographe, le récit en lui-même est assez moyen, mais ce qui éblouit, c'est l'audace de la mise en page avec ses cases de tous formats.
Un recueil graphiquement marqué par son époque, intéressant à lire, presque un essentiel.

Nom série  Fort Wheeling  posté le 25/11/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ayant eu l'opportunité de lire cette Bd dont j'ai repoussé longtemps la lecture, j'en retire une semi-satisfaction. J'hésitais à la lire pour différentes raisons : Pratt n'étant pas un auteur que j'affectionne particulièrement, son dessin me laissant assez indifférent, et aussi la longueur du récit en forme de gros pavé (j'ai lu une des intégrales en N&B éditées par Casterman).
Je me suis aperçu que c'était une Bd assez ancienne puisque Pratt l'a publiée entre 1962 et 1964 en Argentine et qu'il l'a conclue peu avant sa mort, mais qu'elle n'est parue en France qu'en 1976 aux Humanos puis en 1981 chez Casterman.

C'est un récit fleuve, trop fleuve justement et dont la lecture fut longue et laborieuse, c'est carrément un roman graphique à la fois historique et romanesque où s'affrontent Indiens de 3 tribus, soldats et colons avant de chercher à cohabiter. Ce n'est donc pas un western mais un récit historique, puisque l'action démarre en 1774.

Mon impression de lecture fut marquée par une certaine lassitude, sans doute parce que j'ai lu des Bd qui traitaient de ce thème des guerres au XVIIIème siècle et des colons face aux Indiens dans un pays encore sauvage et rude. J'en fus d'autant plus étonné que j'avais bien aimé Sitting Bull, récit aussi dense de Marijac en 2 gros albums, sauf que là c'était un vrai western. Mais dans le même style, on peut rapprocher de "Fort Wheeling" le récit de Ramaïoli, Bas de cuir qui m'avait bien plu aussi. L'ensemble se situe donc dans un récit proche du Dernier des Mohicans de Fenimore Cooper, avec la même ambiance et les mêmes composants : des hommes des bois face à des Indiens souvent féroces, au milieu du conflit entre Français et Anglais qui se disputaient les territoires de ces riches contrées d'Amérique du Nord.

Bon attention, j'ai pas dit que je détestais, mais j'ai mis un petit 3, disons que ça correspond juste à 2,5/5 ; c'est juste un récit qui ne m'a pas plus accroché que ça. C'est bien documenté, mais le dessin est trop simpliste, voire peu joli, souvent avec des cases petites, et dépouillées de tout décor superflu, et la narration s'égare un peu trop par endroits, avec une fin un peu expédiée. Néanmoins, ça reste une oeuvre intéressante, un récit ample et linéaire bien que trop verbeux au début, reflet de son époque de première parution.

Nom série  New York trilogie (Big City)  posté le 31/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
On m'a prêté le tome 1 de l'édition de 1985 chez Albin Michel / Comics USA, lorsque la série s'appelait "Big City", et je vois que tout ceci a été réuni dans une intégrale, mais je ne peux aviser que ce tome 1 n'ayant la possibilité de lire les autres.
Bof comment dire ? c'est pas trop ma tasse de thé, n'ayant jamais été tellement attiré par Will Eisner, je n'ai d'ailleurs jamais trop compris l'engouement qui entourait cet auteur, je n'avais lu jusqu'ici que Le Spirit que je n'affectionnais pas tant que ça, mais j'admirais quand même le graphisme virtuose, et ici, c'est aussi le cas, bien que le dessin soit par endroits plus dépouillé, moins appliqué, Eisner se lâche et se détend. Il me semble que j'avais dû apercevoir des extraits de cette série lorsqu'elle fut publiée dans l'Echo des Savanes en 1984, mais ça ne m'avait pas accroché.

Sinon, il s'agit de petites tranches de vie exposées sous forme de saynètes, certaines sont plaisantes mais pas transcendantes. A travers une foule de personnages et de petites histoires souvent très courtes, Eisner s'y livre à une sorte de glorification de la ville avec un grand V, de New York dépeinte avec amour et dans tout son foisonnement à l'époque où il a débuté comme jeune dessinateur, explorant ses souvenirs lorsqu'il grandit à Brooklyn, avec une multitude de personnages savoureux, en proie au racisme et à la violence. On sent son amour de New York même s'il n'hésite pas à décrire aussi ses travers au moyen d'une certaine poésie dramatique et désespérée et d'un remarquable don d'observation.
Tout ceci ne m'a pas véritablement emballé, juste intéressé et amusé, bien qu'on n'esquisse avec cet album que de vagues sourires, mais je suis quand même content d'avoir découvert une autre facette du talent d'Eisner que je ne connaissais surtout qu'à travers Le Spirit.

Nom série  Kookaburra  posté le 07/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Quand ça passait dans Lanfeust Mag entre 1997 et 98, j'y jetais un oeil distrait, le visuel me plaisait mais l'aspect SF me rebutait plus ou moins, n'étant pas fan de ces univers. Et puis, je me suis décidé enfin à me lancer dans cette série, même si la perspective de me farcir 8 albums de ce genre ne m'emballait pas des masses, mais bon, c'est une série connue, je voulais quand même voir de quoi il retournait.

Bof, c'est un sujet qui lorgne un peu vers Dune, avec une prophétie, des enfants aux pouvoirs étonnants à trouver, une petite équipe d'aventuriers aux tempéraments fougueux, et une histoire de guerre galactique et de recherche de pouvoir aux 4 coins de la galaxie, bref un space opera drôle et mouvementé qui mêle humour, action et mysticisme, en somme un space opera à la Star Wars, sauf que pour moi ça passe mieux en film qu'en BD. Ce genre d'histoire peu originale et même vue et revue, n'est pas assez puissante pour me retenir.

Certes, Crisse imagine un futur imaginatif en laissant libre cours à sa créativité visuelle et à la richesse de ses univers imaginaires ; le traitement et les péripéties sont assez bien élaborés, mais au bout d'un moment j'en ai déjà assez, je tiens le coup sans doute à cause du dessin de Crisse, égal à lui-même que j'ai toujours bien aimé depuis Atalante, série que je préfère de lui, même si ce dessin a toujours été maniériste et trop "gadget" à mon goût, mais c'est vrai que c'est joli, c'est un style très esthétique, mignon et très séduisant. Surtout qu'après le tome 3, il passe le relais à Mitric. Son dessin n'est pas mauvais, mais le changement est surprenant, on peine à reconnaitre certaines têtes, et le coeur n'y est plus. Et encore je n'ai pas eu à attendre 6 ou 7 ans entre les 3 albums de Crisse et le tome 4 de Mitric, puisque j'ai pu tout lire à la suite, mais le délai est vraiment trop long, si j'avais lu à cette époque, je crois que j'aurais laché.

C'est finalement ce que j'ai fait, j'ai laché après le tome 5, ça m'a suffit ; le point commun avec toutes ces Bd modernes, c'est l'envie de toujours rallonger , de toujours en faire plus pour gagner plus, au bout d'un moment, la sauce ne prend plus, ça s'étire et ça se répète ou ça ne surprend plus, et ça m'ennuie, sans compter les raccourcis scénaristiques qui deviennent fréquents. Il n'est donc pas question que je lise les séries dérivées soit disant complémentaires comme Kookaburra Universe, ça n'en finit jamais, et je crois qu'il faut vraiment accrocher ou être fan pour s'intéresser à tout ça. Je suis quand même content d'avoir essayé.

Nom série  El Nakom  posté le 31/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Passionné de civilisations précolombiennes, Jean Torton alias Jéronaton n'a cessé de publier des Bd sur cet univers, on se souvient de la série les conquérants du mexique parue dans le journal Tintin au début des années 70 (voir mon avis), puis sous son pseudo de Jéronaton, de Champakou notamment. Il a aussi dessiné de nombreux récits complets sur les Aztèques et sur les Incas dans le cadre des Histoires vraies du journal Tintin au cours des années 60.

Dans cet album, il se penche à nouveau sur le cas de Guerrero qu'il a déjà illustré dans un récit complet des Histoires vraies du n° 815 du journal Tintin, sous le titre de "Guerrero, le défenseur des Mayas" en 1964. Il racontera encore cet épisode dans un one-shot de la collection Histoires de l'Histoire en 1991 : Guerrero - La flèche et le feu, mais ce récit n'était pas une réussite (voir mon avis).

Guerrero est réellement devenu un chef respecté après s'être intégré au mode de vie maya et en aidant ce peuple à repousser ses propres compatriotes venus envahir le Mexique. Cette histoire est romancée pour mieux passer le support BD, mais Jéronaton ne néglige pas l'aspect documenté et en traitant sérieusement le sujet.

Son dessin est toujours aussi beau et soigné, j'ai toujours apprécié son trait, j'ai même eu des dédicaces de lui, c'est un dessin classique qui pourra sans doute déplaire à certains lecteurs plus jeunes, mais moi j'aime ça. La différence avec ses précédents travaux sur le personnage de Guerrero, c'est que le dessin est en couleurs directes, ce qui donne un visuel plus éclatant et bien coloré.

Par ce récit bien conduit, Jéronaton réussit à immerger totalement le lecteur dans la richesse de cette civilisation maya, en soignant la beauté des décors de pierre, les parures exotiques et la jungle luxuriante. Un dossier historique complète cet album conçu en diptyque, et si la suite tient ses promesses, ça peut donner une très belle aventure, classique mais de bonne facture, il est même très probable que je monte ma note qui pour l'instant est provisoire. Il me tarde déjà.

Nom série  Azrayen'  posté le 25/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le sujet n'avait rien pour m'attirer, mais ce diptyque me faisait de l'oeil depuis trop longtemps dans plusieurs médiathèques, j'ai fini par me décider à le lire.
C'est un récit qui démontre avec force qu'on peut en BD s'atteler à un sujet sensible et dérangeant ; tout réside dans la façon dont Giroud conte cette guerre d'Algérie, conflit si longtemps tabou qu'on n'ose pas aborder de peur de réveiller de vieux démons.

C'est l'enquête menée par des militaires français pour retrouver une compagnie mystérieusement disparue au coeur des montagnes kabyles. A première vue, le récit possède un petit côté "Soldat Ryan", le film de Spielberg étant aussi basé sur la recherche d'un GI par un petit groupe de soldats. Mais cette intrigue donne naissance à un récit qui stigmatise l'absurdité et l'horreur de la guerre en général, mais c'est surtout un terrible réquisitoire contre la vacuité de cette guerre d'Algérie. Giroud raconte la confrontation quotidienne entre les militaires français et la population locale, le doute qui gagne les esprits, la violence aveugle qui s'installe, les atrocités commises dans les 2 camps, jusqu'au constat final d'une défaite inéluctable.

Tout ceci est fait avec intelligence et tact, le sujet étant délicat et impopulaire, c'est un véritable travail de mémoire accompli par Giroud, très documenté en s'appuyant sur le petit carnet où son père qui avait servi dans l'armée française durant le conflit, notait ses réflexions. Lax apporte son éclairage graphique à cette oeuvre âpre et grave, et en même temps instructive. Pourtant je n'aime pas des masses son dessin, je l'aimais à ses débuts, il était plus policé lorsqu'il dessinait dans Vécu, mais il a changé souvent de style, et ici il fait partie de la période que je n'aime pas trop, je n'arrive pas à me faire à ses visages souvent "mal foutus" et disgracieux. Même dans L'Aigle sans orteils, c'était limite. Tranchant et plein d'acuité sur les paysages et objets, il compose cependant des personnages bien campés malgré quelques clichés, avec des "gueules" correspondant souvent aux caractères.

Voici donc une lecture intéressante, je suis content de l'avoir lue, mais honnêtement, c'est pas un sujet que je relierai, cette gravité me déprime.

Nom série  L'Heure du Loup  posté le 25/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Depuis le temps que je lorgnais sur cet album que je voyais chez un oncle, j'ai enfin pu le lire, et j'en suis ressorti satisfait.
Il s'agit d'un recueil de 5 récits complets parus dans le magazine A Suivre entre 1978 et 1980, quelques souvenirs me sont revenus durant la lecture, j'avais dû en lire quelques-uns à l'époque dans A Suivre. C'est une des premières Bd de Ferrandez avec son complice Rodolphe, alors qu'ils avaient déjà à peine commencé "L'Homme au bigos", premier récit de leur série Commissaire Raffini.

Ces 5 récits abordent différents genres et sont d'un très bon niveau à peu près égal, même si j'ai un petit faible pour le premier, la Maison aux volets clos qui est dans un ton fantastique, avec une ambiance assez proche de la série Commissaire Raffini, de même que le dessin de Ferrandez est dans le même style et me plait beaucoup avec son trait en noir & blanc plutôt épais et précis qui hésite un peu entre les styles de Tardi et Giardino, ce qui donne une Bd superbe graphiquement. Ferrandez ne changera de style graphique que quand il abordera sa grande série, Carnets d'Orient. Seul le dernier récit est en couleurs, j'avoue que je n'étais pas habitué à voir de la couleur chez Ferrandez, je préférais carrément son noir & blanc.

En tout cas, voici un album assez rare et peu connu, c'est bien qu'un petit éditeur ait rassemblé ces récits dans un album, je le recommande, même si je crois qu'il sera assez difficile à trouver en occase.

Nom série  Green Manor  posté le 24/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
"Encore un petit meurtre avec votre thé, my dear ?"
C'est par cette phrase d'allure très britannique que l'on pourrait symboliser cette Bd jubilatoire. Après avoir lu Fog, je reste dans l'ambiance anglaise, et je précise que j'ai lu les albums réédités dans la collection Expresso de Dupuis.

Je suis donc servi moi qui aime les atmosphères et l'ironie british, avec ces petits contes délicieux dans la lignée de Conan Doyle. Les auteurs offrent des intrigues machiavéliques où les membres d'un club très sélect de l'Angleterre victorienne décrivent le crime parfait.
C'est un exercice de style brillant et d'une grande virtuosité, assaisonné d'un humour très noir comme il se doit. La façon dont Vehlmann parvient en si peu de pages à boucler ces récits courts est d'une précision d'horlogerie tout à fait remarquable, c'est assez rare, car souvent dans ce genre d'exercice, le ton est inégal, mais ici le niveau reste élevé, il y a bien 2 ou 3 histoires un peu plus faibles que les autres, mais c'est du tout bon, et avec des chutes très réussies, souvent savoureuses et bien amenées.

En même temps, c'est un véritable hommage à la littérature policière à énigme anglo-saxonne, j'ai cité Conan Doyle, mais j'aurais pu aussi bien citer John Dickson Carr, le spécialiste des énigmes en lieu clos, ou encore Dorothy Sayers (connue pour son héros Lord Peter) et Agatha Christie... Les auteurs hissent l'assassinat au rang d'un art raffiné, on tue avec une cordelette en soie entre 2 collations, on verse du poison dans le thé traditionnel, bref la plupart des intrigues sont ingénieuses, et le dessin plein de verve de Bodart ajoute une élégance. Il est beaucoup moins fouillis que sur ses anciennes bandes comme Nicotine Goudron, il est plus stylé pour illustrer l'ambiance anglaise tout en gardant un aspect humoristique qui désamorce la violence de certaines situations. Une belle réussite.

Nom série  Fog  posté le 23/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Depuis que j'entendais parler de cette Bd policière qui soi-disant possède des qualités, j'arrive enfin à me lancer dedans.
A travers des personnages d'inspecteurs de Scotland yard, on pénètre dans le Londres de la fin du XIXème siècle, entouré d'un brouillard tenace, ville tentaculaire et mystérieuse, où suintent le crime abominable, la terreur dans les docks, les tueurs fous, les sociétés secrètes et la loi des puissants qui écrasent les petites gens. Mais les vrais héros sont en fait un couple d'amis, la jeune Mary et le journaliste Rupert Graves qui font preuve d'une plus grande perspicacité.

C'est un polar savamment construit qui mise beaucoup sur son ambiance, très imprégnée de Conan Doyle et inspirée par Sherlock Holmes, j'avoue que je me suis rapidement laissé prendre par cette ambiance dont je raffole, cette vieille Angleterre, véritable dépositoire du crime et du mystère. On sent bien que le crime étend une ombre persistante sur la ville, la peur est obsédante, et la nuit est d'une noirceur impénétrable, tout ceci participe au folklore morbide et graveleux de ce pays qui avant Jack l'Eventreur connait déjà une forme de terreur, l'action se situant dans les années 1870. Les récits sont bien conduits et bien élaborés, avec des rebondissements propres à ce type de bande, le tout est maîtrisé avec un bon contexte anglais qui m'a rappelé certains épisodes de Sherlock Holmes dans la collection Soleil 1800.

J'ai un peu plus de mal avec le dessin de Bonin ; j'ai déjà dit ce que j'en pensais dans d'autres avis. Sur certaines Bd, ça passe relativement pas trop mal, mais là c'est plus difficile, je n'aime pas vraiment ce style, le trait est trop irrégulier et pas joli sur les visages un peu anguleux et trop ressemblants, il faut parfois faire un effort supplémentaire en scrutant les cases pour pas se tromper de personnage. Mis à part ça, j'apprécie assez ses décors et surtout ses couleurs souvent blafardes qui créent instinctivement une atmosphère spéciale mais aussi une sorte de malaise.

C'est du polar victorien comme je l'aime, aux accents surnaturels et où la ville de Londres avec ses bas-fonds sordides est vue carrément comme un personnage à part entière. Je crois que cette Bd a inspiré d'autres auteurs, et le scénariste Seiter lui-même en reprendra des aspects très voisins dans sa série Special Branch. Le fonds de mystère parfois un peu glauque et l'aspect fantastique rappellent aussi fortement les Sherlock Holmes de la collection 1800.
Pour l'instant, je n'ai pu lire que le 1er cycle des 4 albums, mais je ne sais pas si je pourrai lire les autres, on dirait que cette série qui n'est pas si ancienne que ça, déserte les bibliothèques puisque la grande bibli de Bordeaux vient de les retirer de ses collections, je n'ai pu lire ce 1er cycle que dans une petite médiathèque de quartier...

Nom série  Iron Fist - L'intégrale  posté le 25/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je suis content de voir enfin Iron Fist figurer dans la base de BDT, car c'est un héros sympathique et attachant mais tellement méconnu du grand public. Pourtant, je ne peux pas dire que j'en étais fan absolu comme je le fus pour des héros comme Spiderman ou Batman, mais je lisais avec intérêt ses aventures parues en France dès 1978 dans le pocket Titans, publication Lug qui épaulait Strange, revue croulant sous les récits de Spidey , Iron Man et Daredevil, les 3 grosses vedettes du magazine. C'était donc une belle époque qui me rappelle de bons souvenirs d'ado en cette fin d'années 70, et revoir enfin ce personnage de Iron Fist bénéficiant d'une intégrale propre comme ses autres confrères, me réjouit, et pour paraphraser un slogan célèbre, je peux dire "parce qu'il le vaut bien".

A une époque où les arts martiaux étaient très à la mode aux Etats-Unis, suite aux films de Bruce Lee (Opération Dragon sorti en 1973 venait de battre des records au box-office), apparait ce super-héros essentiellement tourné vers ce domaine, crée en 1974 par Roy Thomas, sous la supervision de Stan Lee, alors responsable éditorial chez Marvel. Iron Fist peut être considéré comme l'un des derniers super-héros "à la Stan Lee", correspondant à ses critères de justicier, car dès 1972, l'intrusion de héros comme Conan, Killraven ou Dracula n'avaient plus rien en commun dans la firme qui vit naître les 4 Fantastiques, Spiderman, Iron Man ou Hulk... tous inventés par Lee.

Daniel Rand, orphelin très jeune, a été soumis pendant 10 ans à une formation intensive en arts martiaux dans les montagnes du Tibet, au sein de la légendaire cité de K'un Lun, dont il a étudié les techniques et les fondements philosophiques. A l'âge de 19 ans, après avoir terrassé le dragon Shou-Lao, dont la marque est tatouée sur sa poitrine, Daniel acquiert le pouvoir du "Poing d'Acier", canalisant ainsi dans son poing droit ses énergies spirituelles qui le rendent dur comme l'acier ; ce pouvoir lui permet de fracasser tous types de matériaux. Daniel met en application sa formation à New York où il se lance d'abord à la recherche du meurtrier responsable de la mort de ses parents, il sympathise avec Luke Cage qui devient son partenaire dans l'entraide des opprimés. Ses adversaires sont souvent de féroces têtes brûlées ou des exaltés sûrs de leur force. Mais la routine et l'ennui s'installeront un peu car le héros combattra des flopées de ninjas, personnages eux aussi à la mode à cette époque.

Je n'ai pas lu entièrement cette intégrale, mais je l'ai parcourue et j'y ai retrouvé des épisodes lus dans le magazine Titans, il y a une alternance de bon et de moins bon, Chris Claremont qui a succédé à Thomas, est sans doute l'auteur des meilleurs récits, à tendance mystique, qui donne à son héros un look oriental, et ce qu'il y a de bénéfique pour ce comics, c'est qu'il fut dessiné par John Byrne, ce qui est le cas dans ce volume, un dessinateur toujours performant qui s'est souvent inspiré du style de Kirby ; il dessina "Iron Fist" de 1974 à 1977 dans son propre comic book, puis dans d'autres magazines, et le dessin fut ensuite repris par Dan Atkins, Frank Chiaramonte et Gil Kane entre autres.
Une intégrale idéale pour découvrir ce super-héros beaucoup moins célèbre que Spiderman ou Iron Man, et dont les récits sont plus tournés vers un côté social, propre à son époque de création.

Nom série  Vértigo  posté le 15/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Un genre d'environnement brutal et violent assez peu courant dans cette collection Troisième Vague du Lombard, c'est un récit assez compliqué qui ne m'a absolument pas passionné. On est dans les arcanes du banditisme latino, dont une partie se passe en taule, avec de nombreux flashbacks. J'ai l'impression d'avoir déjà vu ce genre d'histoire dans des Bd comme Cuervos qui ne m'avait guère attiré non plus, ou dans Rio que j'avais préféré.

Bref, c'est le genre de Bd qui ne m'intéresse pas outre mesure, ce type de sujet m'ennuie, j'ai juste lu pour avoir une idée de ce que pouvait présenter cette Bd dans cette collection plus habituée aux séries policières péchues dans un décor américain et utilisant la technologie moderne. J'en ressors donc indifférent. Le dessin est sans génie mais il est de bonne facture, en s'améliorant au cours de l'album. Cette fois-ci, j'ai fait court, mais cette Bd ne m'inspire pas grand chose, désolé...

Nom série  Henriquet, l'homme-reine  posté le 11/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Richard Guérineau donne une suite à son Charly 9, je crois que c'était inévitable. Et comme j'avais apprécié l'ensemble sans en cautionner tous les aspects, ici en revanche je suis pleinement satisfait. Guérineau se lâche tout seul sans scénariste derrière lui, et use d'un dialogue beaucoup plus conforme avec un beau français d'époque, sans qu'il soit pour autant pesant et pénible.

Le plus étonnant, c'est qu'il a parfaitement respecté tout l'aspect historique qui sert de fond à son récit, tout est vrai, c'est une période de l'Histoire de France très critique, Charles IX ayant légué à son frère Henri III un royaume malade des guerres de Religion et d'une Saint-Barthélémy funeste qui a fait rejaillir sur la monarchie un vent de cruauté sanglante. Ce roi, le plus intelligent des 3 fils de Catherine de Médicis ayant régné, a dû affronter bien des vicissitudes, des difficultés et des complots contre sa politique, qu'il lui a été houleux de diriger le pays. Je connais parfaitement cette période, je l'ai beaucoup étudiée pour savoir que ce dernier Valois a fait tout ce qu'il a pu pour obtenir la paix et apaiser les tensions entre huguenots et catholiques. Mais il y avait trop de forces contre lui, le poids était trop lourd.

Je crois que Guérineau a su bien faire sentir tout ça au lecteur, il donne un aperçu très complexe du royaume de cette époque. Si on est passionné comme moi par cette période, on est aux anges, mais si on est peu connaisseur, on risque d'être un peu largué tant les rouages de la politique sont compliqués et tant il y de protagonistes que Guérineau fait défiler, tous pourtant très connus... entre Catherine la reine-mère, la soeur Margot, François d'Alençon le frère gênant, Henriot qui n'est encore que roi de Navarre, Henri de Guise, les Mignons Joyeuse, O, Epernon, Quélus etc et bien d'autres encore, ça fait beaucoup de monde. Les événements ou faits sont rapportés assez fidèlement, tels l'assassinat du duc de Guise ou la bataille de Coutras...

Je trouve que Guérineau a été beaucoup plus sérieux dans son traitement que sur Charly 9 qui suivait le bouquin de Teulé ; ici, il est libre d'interpréter l'Histoire à sa façon mais en la respectant beaucoup plus. D'ailleurs il use de procédés identiques vus dans Charly 9, notamment les styles graphiques différents (j'adore la parodie de l' Histoire de France en Bandes Dessinées) et un certain humour. Il ne peut éviter 1 ou 2 parodies graphiques un peu limite, mais dans l'ensemble, le résultat est plus intéressant que dans Charly 9.

Sur la personnalité du roi, on a beaucoup exagéré son côté maniéré, ses "mignardises " et sa soi-disant homosexualité, alors qu'il était un roi sans doute précieux, peut-être légèrement efféminé mais aimant aussi les femmes. On sait qu'il a honoré plus d'une fois la reine Louise pour qui il avait une réelle affection, et d'ailleurs celle-ci le lui rendra après sa mort, conservant un deuil sincère et durable.
Guérineau sacrifie donc à 2 ou 3 reprises sur quelques tenues excentriques, mais c'est pour amuser la galerie, Henri étant plus porté sur une certaine élégance, il n'y a qu'à voir les tableaux le représentant toujours fardé mais impeccable et en habit d'homme, au contraire du futur Henri IV qui lui sentait l'écurie et avait des frusques parfois négligées.

Guérineau inclut aussi des mots historiques apocryphes ou les détourne de façon amusante, il en oublie aussi de plus fameux. Bref, son approche de ce règne et d'un roi qui commence à être réhabilité par les historiens, est fort subtile. Je m'attendais à plein de dérives un peu connes comme il l'a fait sur Charly 9, à une exagération gratuite sur l'homosexualité et les Mignons, mais point, à part 2 ou 3 trucs sans importance. L'ouvrage est de bonne facture sur le plan historique, c'est ce qui me réjouit.

Au niveau graphique, c'est également très agréable, j'aime ce dessin semi-réaliste qui reproduit bien les personnages connus et les édifices avec une bonne dynamique dans la mise en page. L'épilogue dessiné dans un style caricatural imité de Dick Browne, est jubilatoire avec Montaigne et Pierre de l'Estoile qui "arrangent" le dernier mot d'Henri lors de son assassinat par le moine fanatique Jacques Clément. C'est en effet ce mot qui a traversé la postérité, et je gage que beaucoup d'autres en divers siècles ont été enjolivés de même façon.

Au final, même si Guérineau a donné sa vision personnelle de ce roi, il a quand même suivi de belle façon l'Histoire de France et n'a pas détourné grand chose, il a même oublié les anachronismes et a non seulement atténué le côté homosexuel du roi, mais a aussi introduit des détails intéressants sur de petits éléments réels (les braguettes, le bilboquet etc..). C'est donc un ouvrage plus sérieux tout en ayant recours aux mêmes recettes qui ont fait le succès de Charly 9, qui déboulonne la mauvaise réputation de ce roi, un subtil équilibre entre le biopic historique et le ton décalé propre à l'auteur.

Nom série  Urban  posté le 08/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Depuis le temps que j'entendais des gens parler de cette série comme d'un truc génial, je suis allé voir de quoi il retournait, sans trop de conviction.
D'emblée, l'univers implanté par les auteurs est mis en place rapidement, on comprend vite qu'on est dans un monde concentrationnaire, contrôlé, réglementé strictement et ultra surveillé, un monde grouillant et sordide peuplé d'une faune pittoresque et hétéroclite, où tous les travers de nos sociétés se retrouvent. A ce niveau là, ça me plaisait, le truc était bien cerné.

Si Luc Brunchwig a voulu faire une critique amère de notre monde, c'est donc pas trop mal réussi, même si ce n'est pas nouveau en BD. Honnêtement, ça n'a rien de bien original car j'ai l'impression d'avoir déjà vu tout ceci dans des films de science-fiction ; Luc a picoré un peu partout pour construire cet univers : un peu de Blade Runner, un peu de Soleil vert, un peu de Mondwest, un peu de Judge Dredd, un peu de 1984... et il mélange le tout en agitant bien pour créer un récit d'anticipation un peu déprimant et au ton amer qui mêle la critique sociale au polar.

En fait, ça part bien dès le tome 1, et si ça avait continué ainsi, j'aurais noté plus haut, mais vers le dernier tiers, ça commence à se diluer un peu trop ; l'épisode avec le gamin n'apporte rien, d'autres personnages n'ont que peu d'intérêt, il y en a trop, de même que le personnage de Overtime qui sert de double imaginaire à Zach, ne sert à rien. Tous ces personnages en trop rendent le scénario brouillon, et je n'arrive pas à rentrer là-dedans ; le tome 2 se repose un peu sur le bon démarrage du tome 1 et stagne un peu, bref après 3 tomes, j'en ai assez. J'aurais carrément préféré que le récit reste centré un peu plus sur Zach sans trop s'éparpiller, ces fils narratifs prennent trop de place, et ça manque ensuite pour expliquer clairement certaines séquences.

Je ne retiens finalement que le dessin de Ricci qui est superbe et qui correspond bien à ce monde grouillant, j'aime bien les ambiances qu'il crée, le visuel donné à cet univers urbain futuriste, avec des cases très remplies et regorgeant de détails à scruter et de petits clins d'oeil. Dommage que le scénario ne s'accorde pas, il manque le petit plus qui me ferait adhérer à ce monde, comme l'avait fait une autre Bd d'anticipation telle que Metronom'.

Nom série  Ashrel  posté le 07/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n'ai pas envie d'accabler cette Bd car je sens une certaine recherche pour développer un univers intéressant mais qui n'innove pas dans ce monde très encombré de l'heroic fantasy. On retrouve en effet plein d'éléments propre aux Bd de fantasy, l'intrigue fait appel au merveilleux et au fantastique, le décor est bien élaboré comme le montre la carte de ce monde en pages de garde (comme on le voit dans beaucoup de bandes du même genre). Cependant, rien n'est vraiment surprenant ou très original, il y a beaucoup de personnages et le scénario parait assez touffu. C'est pourquoi ce n'est pas qu'une fantasy pour ados, il y a pas mal de trucs à retenir.

La lecture n'est pas clairement désagréable, mais on a vite l'impression d'avoir vu les situations ailleurs, d'autre part, parmi certains défauts, des actions sont rapidement expliquées ou pas toujours montrées, si bien qu'il faut deviner, et certains personnages surgissent sans trop de crédibilité, sans compter certains épisodes un peu dispensables qu'on dirait rajoutés pour gonfler les péripéties (le Gullygrim est un peu grotesque). Enfin, le final m'a semblé un peu plat et trop bref.

Le dessin n'est pas trop dans mes goûts, il n'est pas foncièrement vilain, mais je le trouve un peu trop simple, c'est pas parce qu'il est destiné à un public plutôt jeune qu'il doit être fait à la va-vite, or il m'a semblé un peu bâclé par endroits ; c'est joli, coloré et tout, mais c'est trop stylisé sur les visages et il manque d'épaisseur. Seuls les décors sont bien conçus et soignés.
Au final, une Bd tous public mais plutôt destinée à des ados un peu poètes, qui ne se démarque pas de la production du genre.

Nom série  Métropoles  posté le 06/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'ai eu ces 3 albums à un prix très intéressant au dernier Festival de Rochefort-en-Bulles, parce que cette Bd est totalement méconnue et qu'elle m'a semblé intéressante. Mais en vérité, c'est tout le contraire. Chaque album est indépendant.

Il s'agit d'une aventure policière un peu trop fantaisiste qui se donne des airs sérieux, mettant en vedette les propres créateurs de la Bd, ils sont les héros de péripéties assez foutraques, où abondent maladresses, erreurs, manque de continuité, invraisemblances, facilités scénaristiques, ellipses à tout va, bref un travail qui aurait pu avoir un certain intérêt de par le côté pittoresque de ces récits où les personnages se déplacent dans plusieurs villes ou endroits différents, mais qui au final arrive à lasser le lecteur par cet aspect bordélique et mal foutu. De plus, certaines scènes sont inutiles et stupides, et auraient pu faire gagner de la place pour développer les personnages qui sont aussi creux qu'une barrique vide de bon Bordeaux, de même que les tomes 2 et 3 ont des fins hyper rapides qui vous arrivent dessus sans crier gare.

Il semble que cette Bd parue à partir de 1989 en album, n'ait eu aucun succès, je comprend pourquoi, c'est pas du tout captivant, et j'ai encore la désagréable impression que c'est un sujet gâché qui présentait une originalité, mais on dirait que c'est une Bd de débutants qui n'ont pas su élaborer un récit crédible, on se demande comment un éditeur comme le Lombard a pu se laisser embarquer là-dedans, mais il est vrai qu'à cette époque, ce risque se pratiquait encore, ce serait maintenant, aucune chance. Le dessin n'est pas désagréable, au trait fin, avec un encrage fin, très détaillé, avec de jolis décors bien reproduits et précis, et quelques petites erreurs de proportions mais rien de bien grave, donc doublement dommage.

Nom série  L'Usine  posté le 01/11/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
C'est avec cette courte série que je découvrais en 1979 le monde orgasmique de Georges Pichard, véritable moule érotique et coït visuel qui m'a forgé un intérêt vers la BD érotique, mais qui en même temps m'en a un peu rendu méfiant. La faute à cet ouvrage paru d'abord en 2 tomes mais que j'avais découvert dans le magazine Circus entre 1979 et 80 ; je n'ai lu Marie-Gabrielle de Saint-Eutrope et Ulysse que bien après.

"L'Usine" m'a d'abord montré comment un dessinateur reconnu par ses pairs dessinait des femmes nues, il n'était plus question ici de petits pockets brochés achetés en kiosques dessinés sous le manteau par souvent des auteurs qui se défoulaient. Ici, Pichard était un auteur qui avait déjà publié dans des magazines célèbres comme Pilote, des bandes sans érotisme, il donnait libre cours à ses fantasmes les plus fous, mais surtout je trouvais alors que ça ne menait à rien, parce que je ne comprenais pas son propos. Il se servait de l'érotisme et de femmes nues pour dénoncer des trucs et faire dans la critique sociale, c'était latent dans Blanche Epiphanie, ça sera encore plus exacerbé dans Marie-Gabrielle de Saint-Eutrope.

"L'Usine" parle de femmes plantureuses et de locomotives superbes, association étrange qui sert en fait à Pichard pour dénoncer les excès du féminisme alors très à la mode à cette époque. Les héroïnes Fadette et Violette, proies d'un vieux fou obsédé de morale, subissent des châtiments terribles, la nudité, l'humiliation de bosser nues à pousser des chariots dégueulasses... le sujet est tellement con quand on y réfléchit bien, il y a un voisinage d'absurde, de surréalisme et d'érotisme qui surprend ; plus de l'érotisme d'ailleurs que de la pornographie, car on ne voit pas d'actes sexuels. Mais les femmes pichardiennes sont caractéristiques de son style graphique : aux poitrines très généreuses, aux fesses rebondies, opulentes et aux lèvres gourmandes, bref des filles bien en chair au trait souligné par des pointillés, qui font qu'elles sont reconnaissables au premier regard. En contrepartie, les hommes chez Pichard sont toujours laids et sans intérêt.

Relu aujourd'hui par cet album qui regroupe les 2 récits d'origine, j'avoue que ça ne me dit plus rien de voir ces bonnes femmes toutes à poil pour une raison stupide, c'est un peu du voyeurisme, et cet étalage de chairs m'a fait comprendre que des auteurs de BD comme Pichard ne projettent que leurs fantasmes machistes dans leurs oeuvres, des fantasmes sérieusement tordus, et l'absence d'un scénario consistant et linéaire qui justifierait une telle nudité se fait cruellement sentir, ça me manque vraiment, je ne suis donc pas tellement client de cette Bd, préférant plus la vision fantastique de Ulysse ou certains autres délires pichardiens.

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