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Nom série  Moby Dick (Chabouté)  posté le 30/05/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je connaissais de nom Chabouté, mais je n'avais rien lu de cet auteur ; bon c'est peut-être pas le meilleur essai que j'ai tenté car il s'agit d'une adaptation d'un livre que je connais par coeur pour l'avoir lu dans mes jeunes années, relu une fois adulte, puis j'ai vu 4 ou 5 fois le film de Huston, bref c'est dire si je connais cette quête obsessionnelle de la baleine blanche par un capitaine Achab dévoré par la vengeance, et dressé de toute sa haine et sa folie contre un animal maudit. Son combat contre Moby Dick symbolise le combat de l'homme contre la nature.

Au vu de ce diptyque, je m'aperçois que l'auteur a énormément compressé l'histoire, il est évident que pour retranscrire la richesse de ce récit et son dialogue inspiré , il aurait fallu 3 ou 4 albums ; de plus, je ne suis guère habitué à ce format d'album, préférant le grand format habituel ou celui des albums classiques du Lombard ou de Dargaud. Mais ceci n'est qu'un détail, je vois quand même que la progression dramatique est pas mal élaborée, la restitution du dialogue original se retrouve même en de nombreux endroits, on y retrouve sa richesse et la façon imagée de Melville pour décrire la narration d'Ismaël, le jeune garçon qui s'enrôle sur le Pequod. Je suis plutôt surpris qu'on le perde en cours de récit, il est vrai que dans la seconde partie, tout est vu sous l'angle d'Achab et de monsieur Starbuck.

Mais même si je ne me suis pas véritablement ennuyé, je n'ai tiré aucun plaisir de cette lecture, ça vient sans doute du fait que je connais trop l'histoire et que rien ne pouvait me surprendre. En plus, je dois bien avouer que lire ce récit en prenant conscience qu'il y a plein de passages manquants, c'est assez frustrant pour moi, je préfère encore relire le bouquin qui possède une telle force évocatrice pour décrire cette époque de chasse à la baleine. Dans le film de Huston, ça allait mieux parce qu'au cinéma, même si on élague des passages, on en ajoute d'autres, et son film était fidèle au bouquin en cernant mieux sa narration, alors qu'ici, en BD, je sens qu'il manque quelque chose, ça amoindrit donc légèrement la force du récit.
Ceci dit, c'est bien de l'avoir lu, si ça peut tenter les lecteurs curieux pour lire le roman, tant mieux, mais honnêtement, ce n'est pas un ouvrage que j'aurais envie de posséder pour les raisons que j'ai évoquées, je préfère le roman. Un mot quand même sur le dessin : c'est un beau noir & blanc, avec de belles compositions de pages, je m'attendais à un dessin à la Baru que je déteste, mais non, c'est bien, ça sert même parfaitement le récit qui est tragique au final.

Nom série  Le Coeur des Amazones  posté le 22/05/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai lu l'édition luxe de ce one-shot, gros album de plus de 160 pages avec en annexe un court récit complémentaire sur Hélène de Troie, et des pages hors-texte. En tant que passionné de Mythologie grecque, je ne pouvais que m'y intéresser, les Amazones restant un mythe, un mystère, un fantasme sur lesquels on associe presque toujours un aspect sensuel par leur allure de guerrières et cavalières quasi nues, capable de se battre et de tirer à l'arc comme des hommes, par leur caractère farouche, et par leurs lois qui les empêchaient d'aimer, de s'attacher à des hommes, ceux-ci servant uniquement à la copulation et à la reproduction, les enfants mâles nés de ces unions étant tués d'office. On connaît tous ces légendes.

Rossi et sa scénariste choisissent quelques variantes qui s'écartent des récits mythologiques : les Amazones qui normalement vivaient en Colchide, ou en Asie mineure voire plus sûrement en Scythie (actuel sud de la Russie), vivent ici près de Troie (sans doute parce qu'elles étaient redevables au vieux roi Priam, elles tuèrent d'ailleurs de nombreux Grecs pendant la guerre de Troie), on y voit leur organisation sociale muter puisque certaines femmes commencent à se lasser de cette "guerre des sexes" et qu'il est temps de revenir à une vie normale en fondant un foyer. Et surtout, Achille le héros grec et la reine des Amazones Penthésilée, connaissent une extase alors que dans la Mythologie et le récit d'Homère sur L'Iliade, Achille tuait accidentellement Penthésilée et la voyant nue et morte, il tombait amoureux de son corps. Ces changements ne sont absolument pas gênants, et les auteurs ont bien fait de ne pas suivre à la lettre les récits connus.

Malgré ça, je n'ai pas éprouvé plus que ça de passion pour ce récit, c'est une belle histoire, bien contée, avec une bonne progression dramatique mais par endroits, il y a un manque évident de rythme, des longueurs, bref ça s'étire parfois un peu trop inutilement, d'où 160 pages qui auraient pu sans désagrément être ramenées à une centaine. D'un autre côté, c'est bien de s'écarter du format habituel et d'être libre, mais il ne faut pas non plus que ça soit creux ou vide, or là, j'ai un peu l'impression qu'il y a des sous-intrigues qui ne servent pas à grand chose (je ne vois pas l'utilité de la présence du centaure Chiron qui réapparait sous forme de fantôme), et des dialogues souvent inutiles.

Du coup, le côté épique qu'on était en droit d'attendre d'un tel récit s'estompe un peu, il n'y a que peu de combats, mais on y voit quand même les farouches guerrières capturer des hommes et le reste se limite à leur vie sociale au sein de leur village au fond d'une profonde forêt, avec par moments un zeste d'interrogation existentielle, lorsqu'elles s'interrogent sur la vie qu'elles mènent depuis qu'Artemis la déesse leur a intimé l'ordre de s'affranchir de la tutelle masculine. Les états d'âme percent dans ce coeur des Amazones, le plaisir, la reproduction, la liberté, c'est parfait, mais sans les sentiments, au bout d'un moment, c'est frustrant. On pourrait comparer aussi ce récit à une sorte de western mythologique, les Amazones ont une reine comme un chef indien, une guérisseuse comparable à un chaman, des rituels, une glorification du corps, et sacrifient des prisonniers qu'elles capturent.

Si on y regarde de plus près, "le Coeur des Amazones" est aussi une histoire d'amour car l'amour est plus fort que tout, la haine de l'homme est un moteur, mais l'énergie ultime, c'est l'amour. Alors le ton féministe qui est encore plus d'actualité à notre époque, plaira sans doute à certaines lectrices, mais moi j'y vois avant tout un récit d'amour ou d'amour-haine plutôt, en mutation, car la fin du récit laisse voir un changement profond dans la vie de ces femmes.

Ce réalisme s'appuie heureusement sur un dessin sublime et puissant de Rossi qui n'était pas le premier venu pour illustrer un récit aussi fort. Il excelle à rendre sensuelles ces femmes avec leurs combats au corps à corps dénudés ou leurs bacchanales dans leur village, mais aussi et surtout par son choix de la couleur, mélange de couleur directe et de trait esquissé où son utilisation du brou de noix rend une colorisation de sépia du plus bel effet, avec des teintes qui virent vers le jaune. Les arrière-plans dessinés au feutre meublent l'image et donnent une profondeur de champ, les images sont belles, variées, avec de grands cadrages, des pleine-pages. C'est donc un résultat impressionnant pour cette saga de charme et de sang.

Nom série  Texas Jack  posté le 14/05/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Que je suis content de retrouver le personnage du marshall Sykes dans ce nouvel épisode des mêmes auteurs, même si celui-ci est en fait un prequel à Sykes. J'avais été tellement enthousiasmé, pour moi, il n'était pas possible d'en rester là, Armand et Dubois devaient remettre le couvert.

Le principe du personnage d'attraction de cirque m'a fait penser à celui incarné par Tom Cruise dans le film le Dernier samouraï, où ce dernier quittait son emploi de tireur d'élite de cirque pour remplir une mission au Japon. Mais ça s'arrête là, ici on reste dans le Far West sauvage pour ce que l'on croit être une mission suicidaire. Le scénario est peut-être moins abouti que dans Sykes, et utilise une trame relativement classique vue dans quantité de westerns. Si Sykes rendait hommage aux westerns récents du genre Impitoyable, Tombstone ou Appaloosa, ici c'est clairement inspiré des westerns à l'ancienne, mais avec un traitement un peu plus moderne (dans le langage notamment) et une dose massive de violence sanglante, avec de nombreux gunfights. Ce sentiment est aussi perceptible dans le personnage de Gunsmoke, le méchant absolu, le salopard ultime dont on voit les atrocités en début d'album, parce des méchants aussi noirs, il n'y en avait guère dans le western à l'ancienne, il faudra attendre le western crépusculaire des années 70 pour en voir d'aussi ressemblants.

Ceci m'amène à un constat curieux : le type de mise en scène fomenté par Gunsmoke (suite à un retournement de situation vers la fin) m'étonne un peu parce que ce genre d'outlaw ignoble et cruel semble mener un jeu pour en faire un spectacle, or ce genre de mec ne se souciait pas trop de tant d'égards, il tuait pour tuer et ne se posait pas de questions. Et là, on apprend qu'il a tout manigancé en réalité pour attirer Texas Jack et ses partenaires dans un piège ; je n'en dis pas plus pour laisser la surprise, mais moi ça m'a un peu surpris.

Le marshall Sykes est ici en guest star de luxe, bien qu'il ait un rôle très important, pour permettre de laisser la place au héros Texas Jack. Je trouve que ce dernier semble léger au niveau du profil face à Sykes ou même Gunsmoke, de plus j'aime beaucoup le personnage de Greed, le genre de mec qui a un passé chargé semble-t-il et qui sait tirer, il m'a beaucoup rappelé le calme olympien de Red Dust dans Comanche. Mais dans l'ensemble, on peut dire que tous les personnages principaux sont bien campés, pas un n'est sacrifié au profit d'un autre. Après, le final, je l'aurais aimé autrement, mais bon, c'est ainsi.

Au niveau graphique, c'est du lourd, je retrouve avec joie le dessin de Dimitri Armand qui m'avait enchanté dans l'album précédent, un trait épais et appliqué, qui soigne certains détails et accessoires, propose de belles images, des cadrages cinématographiques et des pleines pages de qualité qui débouchent sur une double page grandiose de massacre collectif ; il y a beaucoup de personnages et c'est un plaisir de la scruter en détail, une page de cette nature a dû prendre du temps à dessiner, c'est du good job !
Au final, on est encore devant un grand western en BD, un peu trop bavard peut-être pour un western, quoique dans Comanche et Blueberry déjà, Greg et Charlier faisaient beaucoup parler leurs personnages, donc moi ça me convient et j'en redemande.

Nom série  Conan le Cimmérien  posté le 30/04/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'avoue avoir été un peu surpris en voyant cette adaptation européenne d'un des plus grands héros de fantasy US. Mais après tout, les Américains n'ont pas le monopole de l'adaptation, alors pourquoi pas ? quand on voit comment ils bousillent notre Histoire de France à l'écran dans certains films, c'est à pleurer, au moins chez nous on respecte le matériau d'origine, et ici je trouve que Robert Howard est bien servi. Je précise que je n'ai lu que les 2 premiers tomes.

Pour moi, Conan en BD, c'est évidemment les comic books Marvel dont je lisais les adaptations dans les années 70 en albums brochés grand format édités par Lug ou en petit format édités par Arédit. Mon dieu, c'était bien évidemment John Buscema qui a donné une telle vigueur à ce personnage, un côté plus musculeux et un cerveau aussi avec un Conan moins bourrin que ne l'avait imaginé Roy Thomas et Barry Smith. Ensuite, il y eut le film de Milius en 1982 faisant de Schwarzenegger une vedette, mon héros de jeunesse prenait vie avec ce gars à la carrure adéquate. La tâche des auteurs de cette collection s'avérait donc ardue, car il fallait faire oublier les adaptations dessinées par le crayon talentueux et aiguisé de Buscema aux mecs de ma génération ou d'un peu après qui ont trempé dedans (voir Anthologie de Conan le barbare).

Bon ben dans ce que j'ai lu, il y a du bon et du moins bon, c'est pourquoi je note 3. J'ai particulièrement apprécié dans le tome 1 la bonne adaptation de Morvan qui reprend toute la mythologie conanienne avec un dialogue riche aux formules à la fureur poétique et très évocatrice, en brassant aussi tous les noms-gimmicks des nouvelles de Robert Howard : Cimmérien, Aquilonien, Hyborien, Hyrkanien, Stygien, le lotus noir, le dieu Crom etc, tout y passe, c'est autant de noms que connait tout bon amateur des nouvelles d'Howard. J'ai relevé aussi pas mal de clins d'oeil au film de Milius (que je connais par coeur, étant fan absolu). Par contre, le dessin d'Alary passe moyen, même si j'ai bien apprécié les décors et les scènes de combat féroces dans une mise en page moderne ; mais les gueules des personnages, j'aime pas des masses. Par endroits, c'est même un peu laid.

Le tome 2 m'a semblé meilleur dans son approche graphique, même si je ne connaissais pas le dessinateur ; au départ, je tiquais et puis au final c'est passé. Mais j'ai moins apprécié le scénario qui m'a paru plus faible et trop déjà vu. D'autre part, je trouve que le personnage de Conan est un peu trop grosse brute dans le tome 1, alors d'accord Howard l'a conçu plus ou moins ainsi, mais j'avais perdu l'habitude de le voir comme ça parce que dans les comics, il avait plus de profondeur, il était plus nuancé et réfléchissait. A ce titre, le personnage est trop bourrin dans le tome 1 et plus réfléchi dans le tome 2, donc ça fait un équilibre, reste à savoir comment les autres auteurs s'y prendront, je pense que je lirai les autres dès que je le pourrai. Mais en gros, c'est une adaptation correcte qui part d'un bon concept.

Nom série  Hombre (Clair de Lune)  posté le 24/04/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On m'a prêté cet album, et j'ai bien fait de m'y intéresser car c'est un western totalement inconnu car jamais publié en France, j'en avais juste entendu parler dans mon bouquin sur le western en BD qui en disait du bien. Il faut donc remercier l'éditeur Clair de Lune qui a eu la bonne idée de faire découvrir cette Bd avec une édition propre et bien présentée, comme ils l'avaient fait pour Tex.

Il s'agit d'une bande réalisée pour l'Allemagne, dans le magazine Yps entre 1975 et 1980, qui était l'équivalent allemand de notre Pif-Gadget, sauf que l'âge du lectorat n'était pas celui de jeunes gamins comme je l'étais quand je lisais Pif, mais plutôt adolescent, car le ton semble plus abouti que Teddy Ted diffusé dans Pif-Gadget, qui lui était plus bon enfant. C'est encore l'histoire d'un justicier solitaire au passé trouble, et qui côtoie le danger, de ce côté là, rien d'original, les récits ressemblent beaucoup à ceux des bandes italiennes qui sévissaient dans les pockets de mon adolescence, genre "Buck John", "Kekko Bravo", "Carabina Slim" et autres "Larry Yuma" (tous étant inédits en albums).

La différence c'est que le dessin est d'une exceptionnelle qualité pour un magazine allemand, et pour cause, Rafael Mendez faisait partie de l'équipe de dessinateurs espagnols des éditions Impéria dans les années 70, sur des séries de pockets comme "Kalar", "Sandor" (aventure), "Tenax", "SuperBoy" (SF), "X-13", "Marouf" (guerre), "Buck John", "Kit Carson" et "Tex Tone" (western)... il a appris le métier à la dure dans un contexte concurentiel constant chez cet éditeur français Impéria, spécialiste du pocket à bon marché, et qui il faut le dire n'employait pas des branleurs au dessin, tous avaient un bon niveau et devaient être capable de dessiner la plupart des personnages qu'on leur demandait.
Mais lorsqu'un talent se remarquait, Impéria pas vachard, confiait à un seul dessinateur une série qui marchait bien, un dessinateur de cette écurie pouvait donc avoir parfois une série attitrée. Beaucoup de séries étaient mineures voire médiocres, mais d'autres valaient vraiment le détour, c'est le cas ici, bien que les histoires soient inégales en qualité. En tout cas, il ne faut pas mépriser ce genre de BD car souvent de grands noms sont sortis de là après s'être améliorés, c'est le cas de Mitton ou de José Ortiz...

Mendez fut donc remarqué par ce magazine allemand Yps pour dessiner cette série qui est à découvrir, même si c'est très classique et dans un état d'esprit propre aux années 70, je n'y ai rien vu de réellement ennuyeux.

Nom série  On Mars  posté le 24/04/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'avais découvert le dessin de Grun sur Metronom' et d'emblée j'avais été conquis par ce graphisme clair, net et précis, avec de grandes perspectives et des cadrages larges, je suis totalement fan de ce type de dessin qui me rappelle certains classiques franco-belges de mes jeunes années.

Après Metronom', il replonge dans une histoire de SF avec cette saga martienne, et apparemment c'est aussi captivant. J'aime bien et même j'accroche un max parce que c'est pas de la SF spatiale bourrée d'aliens qui m'ennuie genre Universal War One ou Kookaburra, et encore moins de la SF métaphysico-jodorowskienne genre Les Technopères que je trouve insupportable. Je préfère ce genre de SF en mode anticipation, quand ça évolue entre Terre et une autre planète, comme ici Mars, où l'atmosphère prend le pas sur les combats galactiques. Ici, ce bagne martien ou camp de travail c'est comme on veut, me rappelle des films comme Outland, Moon 44, voire même Alien 3 avec son bagne de l'espace, où des détenus bossent pour l'humanité. Après, je sais pas, mais n'étant pas assez connaisseur en romans de SF, peut-être que ce genre de sujets n'est pas neuf, mais en attendant ici, ça marche pour moi.

La mythologie martienne est fascinante, et les récits, romans, BD et films abondent sur ce décor, je retiendrais simplement Total Recall qui pour moi est non seulement un des meilleurs films de SF de ces dernières années, un chef-d'oeuvre de Verhoeven, mais aussi qui montrait beaucoup de choses sur Mars, avec un visuel attrayant. Je remarque un truc dans cette Bd, c'est que les personnages féminins sont assez nombreux alors que ce genre d'univers était plutôt habituellement un truc de mecs, on voyait rarement de femmes dans ce genre d'histoires, même si les douches collectives, ça a déjà été vu dans Starship Troopers (encore Verhoeven, décidément), mais bon tout ça est aussi un phénomène de mode depuis quelques années pour que les femmes aient plus d'importance à l'écran et en BD.

Runberg et Grun reprennent donc ici des éléments piochés sans doute à plusieurs rateliers (comme je disais, je suis pas expert, d'autres que moi sur BDT sont plus qualifiés), et surtout ils ouvrent de nombreuses pistes et sous-intrigues qui dès le tome 1 s'avèrent passionnantes, et ça continue dans le tome 2 de belle façon, mais au vu de tout ça, y'aura-t-il assez de place dans le tome 3 pour conclure ce récit ? on verra, en tout cas, cette Bd est très bien élaborée, et le dessin de Grun convient parfaitement à cet univers, j'adore ses grandes cases détaillant le décor pierreux et rocheux de Mars, les cellules, les unités de vie, les drones bref tout ce monde un peu poussiéreux et sale, loin des décors aseptisés des sagas spatiales où tout est clean; l'atmosphère du camp de travail est également très réussie, tout comme les personnages bien travaillés.

Nom série  Pur-Sang  posté le 23/04/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n'avais aucunes dispositions particulières pour lire cet album, n'étant aucunement passionné ni même intéressé par les courses hippiques, je trouve même les courses de steeple chase cruelles et totalement irrespectueuses pour les chevaux, tout ça pour satisfaire l'ego de propriétaires fortunés imbus d'eux-mêmes qui ont payé des fortunes certains étalons ou juments, et qui les exploitent pour gagner encore plus d'argent, je me demande s'ils aiment vraiment les chevaux pour permettre de telles courses, et en tant que défenseur des animaux, je ne peux que les condamner.

Les chevaux ne me passionnent pas plus que ça, je ne les apprécie surtout que dans les westerns, mais il se trouve que j'ai trouvé cet album cette année à Angoulême à un bon prix, de plus Franz avec qui j'avais eu des lectures au début difficiles lors de sa reprise de Jugurtha, m'a ensuite séduit avec Lester Cockney et surtout Poupée d'Ivoire, donc niveau dessin déjà, c'est du top, rien à dire ; certes il dessine bien les chevaux, même si je préfère ceux dessinés par Derib, mais en gros, c'est du beau travail.

Il s'agit de 9 récits courts parus dans le journal Tintin au début des années 80, la plupart ont de 4 à 5 planches, 2 d'entre eux sont un peu plus longs, tel le premier qui en plus utilise Lester Cockney sur scénario de Duchâteau ; le personnage est vieilli et changé, ou simplement transposé du XIXème siècle à une époque plus récente, c'est assez amusant, en tout cas ce 1er récit sympathique m'a aidé à lire les suivants. Certains sont poignants, il y en a 1 ou 2 moins intéressants, mais je n'ai pas été pour autant déçu, c'est l'essentiel. J'ai vu Pur-sang la légende de Seabiscuit, film qui m'avait bien plu, aussi je me suis surpris à apprécier certains de ces récits qui ont surtout pour un néophyte des chevaux comme moi, un aspect documentaire et instructif non négligeable.

De plus, je trouve que le cheval est un superbe et noble animal, je respecte beaucoup le cheval pour ce qu'il est en tant qu'animal, j'ai visité il y a longtemps à Chantilly, le Musée vivant du cheval, et j'y avais trouvé de l'intérêt, mais je le répète, le monde chevalin des courses me laisse indifférent, ce qui importe ici, c'est que Franz laisse parler sa passion pour le cheval, donc par cet album, il lui rend un très bel hommage.

Nom série  Les Invraisemblables Aventures d'Istérix  posté le 03/03/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'ai eu cet album gratis dans une de mes boutiques parisiennes parce que j'avais acheté plusieurs Bd et qu'on m'a reconnu, et heureusement parce que c'est d'un niveau très moyen. Je n'ai pas vu encore l'autre parodie d'Astérix, Uderzo croqué par ses amis, mais ça m'a l'air d'être inférieur, je suis déçu qu'une bande aussi célèbre que Astérix n'ait pas eu droit à quelque chose de plus soigné ou plus drôle. Remarquez, quand on voit Baston Labaffe, il n'a guère été mieux gâté.

Donc voila, cet album rassemble de petits récits complets de plusieurs auteurs, j'en connais peu, mais je n'aime pas trop certains dessins sur la plupart des récits, le tout n'est guère joli, mis à part celui de Coyote avec ses couleurs flashy et son crayon bien appuyé. Au niveau humour, c'est très inégal comme dans beaucoup d'oeuvres de cette catégorie, encore une fois, le récit de Coyote, intitulé le Concours m'a plu, ainsi que celui de Merezette intitulé It's a long way to typerarum... les autres m'ont laissé indifférent ou m'ont semblé faibles. Il y a aussi des pages de dessin humoristique en forme de panel. La plupart des récits utilisent des personnages de l'univers d'Astérix (comme les Pirates ou César) et envoient les héros au Moyen Age, dans l'espace, pendant la Seconde guerre mondiale ou encore dans un western.

Le plus intéressant dans tout ça, ce sont l'invention de certains noms rigolos (Grasdunombrix, Omahabrix, Supertrampix, Druidjedaï...) et surtout de multiples petits clins d'oeil au hasard de certaines cases qu'on ne voit pas forcément du premier coup, des clins d'oeil soit à Astérix, soit à d'autres Bd, soit à des films, bref c'est ce que j'ai trouvé de plus amusant dans cette tentative foutraque, mais je regrette qu'on ne voit pas certains personnages comme Falbala ou d'autres qui auraient pu avoir du potentiel.

Nom série  La petite histoire des armes à feu  posté le 28/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n'avise que le tome 1 "la Petite histoire des armes à feu" que j'ai trouvé cette année à Angoulême chez nos amis belges de Forbidden Zone, je l'avais repéré depuis longtemps lors de mes furetages dans les colonnes de BDT, mais j'ignorais qu'il y avait un tome 2.
De Jacques Devos, je connaissais surtout pour en être fan, son Steve Pops dont j'ai aussi trouvé à Angoulême le tome 1 Steve Pops contre le Docteur Yes, en édition originale Casterman en moyen format en bon état et à un prix dérisoire, j'en étais même étonné.

Si sur Steve Pops, le dessin de Devos était très soigné, sur cet album, ce dessin est plus léger on va dire, moins fignolé, mais ça reste d'un bon niveau, c'est un dessin alerte qui favorise de petits personnages et nombre d'engins et d'armes à feu, car c'est le sujet qui est important, Devos ayant fait de nombreuses recherches. C'est une rétrospective édifiante depuis les premières armes à poudre puis à boulets jusqu'aux tanks les plus redoutables, avec une partie textuelle un peu envahissante parfois, mais la gravité du sujet est désamorcée par un aspect humoristique et des situations amusantes.

J'avoue que je préfère les 15-20 premières pages, sur les premières arquebuses, mousquets et autres pistolets à silex, parce qu'elles sont plus illustrées par des pages de vraie bande dessinée, le reste et surtout la fin se résumant à des dessins plus techniques mais bien reproduits sur nombre de fusils et revolvers de toutes les époques, en délaissant les bandeaux à cases, et la partie texte finit par gaver un peu, bref cette partie est moins intéressante, mais l'ensemble reste très instructif et très plaisant, c'est de la vraie BD éducative, et je suis content d'avoir trouvé cet album dont il faut saluer quand même le côté très documenté.

Nom série  L'An 40 (Curé la flûte)  posté le 28/01/2019 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai trouvé cet album dans une de mes boutiques d'occase parisiennes, je ne le cherchais pas vraiment, mais le prix était abordable (cet avis vise l'album L'An 40 uniquement).
C'est l'une des premières Bd importantes de Laudec en 1979 lorsqu'il intègre le journal Spirou, scénarisée par Mittéï et intitulée "les Contes de Curé-la-Flûte", ces petits récits courts et d'autres plus longs seront éditées en albums dont celui-ci est l'un plus réussis. C'est pas transcendant mais c'est très sympathique et amusant, destiné peut-être plus à un jeune lectorat, car il n'y a pas vraiment de scénario construit, c'est une suite de saynètes sur de bons Belges et Français contre de méchants Allemands, surpris par le début de la guerre 39-40 et qui cherchent à rejoindre la France par Dunkerque.

Les gags sont rares, l'humour est très bon enfant, mais ce qui est drôle, c'est plutôt les péripéties et l'ambiance donnée à la série. A cette époque, le dessin de Laudec est très inspiré de Mittéï, il est attrayant et vif, je le préfère largement au style qu'il adoptera lorsqu'il se lancera dans sa série Cédric, les couleurs sont chouettes, les décors et les fonds de cases sont très soignés et remplis, ce qui était assez rare sur les séries humoristiques. Avec ce genre de bande, Laudec fait partie de ces auteurs qui au long des années 80, ont su perpétuer et renouveler ce que l'on appelait l'esprit Spirou. Un album très sympa.

Nom série  L'Aventure Cousteau  posté le 30/12/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai eu l'occasion de lire 5 albums de cette série aujourd'hui quasiment oubliée, et c'est peut-être dommage, mais il faut bien avouer que c'est faible pour faire rêver les jeunes lecteurs, même déjà dans les années 80, si je l'avais découverte à ce moment, cette Bd ne m'aurait pas intéressé des masses. La raison en est simple : ce qui est passionnant dans un documentaire filmé, c'est les images et l'impression qu'on a de suivre cette équipe du commandant Cousteau, mais sur papier, ça ne passe pas. Je raffolais des émissions du commandant, et là je n'ai retrouvé qu'une toute petite sensation.

Toutefois, je ne souhaite pas enfoncer cette Bd qui se ramasse déjà assez de mauvaises notes, personnellement, ce que j'ai lu m'a suffit et je n'en lirai pas d'autres, mais je tiens à souligner le travail accompli par les auteurs qui inscrivaient cette série dans le courant des Bd éducatives des années 70-80, en rapportant dans le détail les voyages du célèbre commandant au bonnet rouge, elle est très réaliste, et l'absence d'éléments de dramaturgie n'enlève rien au caractère didactique du récit. En plus, c'est bien dessiné, avec un trait qui se rapproche des premiers travaux de Juillard ou Denayer, bref on sent que ce dessin ressemble à beaucoup de graphismes réalistes de cette époque, et le héros est avant tout l'océan.
Une entreprise sympathique et courageuse, mais qui semble démodée de nos jours.

Nom série  Gigantik  posté le 24/12/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette bande espagnole est parue en France dans le magazine Super As en 1979, je me souviens l'avoir aperçue dans quelques numéros qui me tombaient sous la main, mais je l'ai vraiment redécouverte grâce à un prêt d'albums très opportun ; je n'ai lu que 3 albums édités par Novedi (de 1981 et 82) mais c'est suffisant pour se faire une idée.

C'est un space opera très caractéristique de son époque de parution (les derniers albums sont parus en 1984), de la SF classique dramatique et sérieuse, jalonnée par des épisodes amusants et un peu d'humour, on y reconnait le style de Victor Mora qui avait écrit aussi les scénarios de Dani Futuro dessinée par Carlos Gimenez dans les années 70. Il n'est donc pas étonnant qu'on ressente une petite impression de déjà vu car c'est très inspiré de Dani Futuro avec des composants assez proches : immense vaisseau spatial commandé par un scientifique, un couple de héros, 2 petits robots rigolos, une puissance maléfique etc...). Même le dessin s'inspire du trait de Gimenez (que je préfèrais dans Dani Futuro car plus peaufiné), mais il est suffisamment attrayant pour me plaire.

On peut aussi trouver quelques ressemblances avec Valérian ou Tärhn, prince des étoiles, autres bandes de SF de la même période dont les graphismes ont peut-être aussi inspiré Cardona. Cette science-fiction là, je la comprend mieux que celle qui viendra bien plus tard dans les années 90 et 2000, car elle est simple et facile à capter, s'il n'y avait pas le décor spatial, ça pourrait tout aussi bien être une bande d'aventure.
Je sais pas si c'est très connu mais cette lecture ne fut pas désagréable, les récits sont assez conventionnels mais plaisants, bref c'est une découverte intéressante, même si ce n'est pas marquant.

Nom série  Boskovich  posté le 23/12/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai découvert Cossu sur Le Marchand d'Idées où il faisait équipe avec Berthet, et si j'avais moyennement apprécié le récit, j'avais bien accroché à ce type de dessin. Ici, il est l'auteur à part entière de cette Bd où il crée un univers fantastique futuriste étonnant, un monde robotisé et un état policier et informatique qui va se trouver déréglé. La série installe une atmosphère onirique et impose son originalité par ses qualités inventives en renouvelant la BD juvénile.

Lorsque la série créée furtivement en 1979 a rallié le journal Spirou en 1983, elle s'est en effet démarqué du reste de la production du journal, rompant avec la tradition classique qui y règnait, sans pour autant se détourner du lectorat habituel. Avec ces curieuses aventures, Cossu a réussi à faire de ce personnage de Boskovich, petit besogneux discret, un héros très différent des autres personnages de chez Spirou. Certains auteurs comme Foerster par exemple, ont apporté dans l'hebdo une écriture nouvelle et un graphisme moins académique, c'est le cas pour Cossu, j'aime bien ce dessin très expressif, qui privilégie les à-plats noirs, et aux cases assez remplies. En plus, l'univers est original, dommage que la Bd n'aie pas continué.

Nom série  Armalite 16  posté le 23/12/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'ai découvert récemment, donc tardivement cette Bd dont je n'avais qu'un vague souvenir pour l'avoir vue dans les pages de Métal Hurlant en 1979 ; comme quoi c'est bien de revenir sur des traces perdues parfois. A cette époque, la SF m'intéressait encore moins qu'aujourd'hui, je n'avais pas lu cette saga, et là même aujourd'hui, je n'en retire guère de plaisir.

C'est un univers post-atomique, situé dans un futur relativement proche grâce à plusieurs détails semés ça et là dans le décor qui est celui des Alpes. C'est un monde à l'abandon où règnent l'insécurité, la peur et la méfiance, mais l'auteur ne nous dit pas la raison de ce chaos, les circonstances ayant amené cet état arbitraire et désolé restent obscures. C'est un récit édifiant qui permet de constater que même après un cataclysme, les hommes commettent les mêmes erreurs, il correspond à une prise de conscience écologique et politique très à la mode en cette fin d'années 70, c'est pourquoi ça me rappelle énormément Simon du fleuve en moins bien. L'ensemble ne m'a pas captivé, Crespin installe une ambiance mais tout ceci est lent, et aucun personnage ne se démarque.

Le dessin pourrait à la rigueur me plaire, surtout dans les 2 premiers albums, dans un style proche de Claude Auclair ou André Beautemps, mais à partir du tome 3, le style couleurs directes qui permet à Crespin d'exprimer son talent d'aquarelliste, ne me convient pas vraiment... dommage, une série qui fut intéressante à découvrir mais qui ne m'a pas séduit comme je l'aurais voulu.

Nom série  Ogre  posté le 16/12/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce recueil de 13 courts récits en N/B et couleurs reste assez mythique, je le cherchais depuis longtemps, mais à chaque fois je reculais devant le prix élevé, mais lors d'un récent séjour à Paris, je l'ai dégoté à la librairie Aapoum Baapoum en version cartonnée édition originale de 1979 parue aux Humanos, et contenant les 13 récits (et non 6 comme indiqué sur la la fiche), à un prix conforme à celui de la cote officielle.

C'est un recueil fidèle au ton de l'auteur de Den qui aborde comme souvent chez Corben, les domaines de la fantasy, de la SF et du fantastique, le tout saupoudré d'un érotisme discret mais bien présent, avec pour point commun cette poésie particulière de conte de fée gothique, une sorte de poésie de l'horreur où gravitent des magiciens fous, des monstres, des hommes-bêtes ou des bêtes devenues quasi humains dans un univers souvent impressionnant, avec toujours cette obsession du corps et du thème de la belle et la bête que Corben retourne dans tous les sens. Ces petites histoires lui permettent de dessiner des femmes nues aux formes toujours exagérées, soumises aux pires turpitudes ; on l'a compris, c'est le reflet des fantasmes de l'auteur.

Le côté immoral ou injustement cruel, le fatalisme baignent ces histoires, et sur le plan graphique, on peut constater l'évolution du dessin de Corben, notamment sur celles publiées aux Etats-Unis en 1971 ou 72, le dessin était encore assez primaire voire peu esthétique, on voit nettement l'amélioration avec les récits de 1975 ou 1977 avec leur explosion des couleurs et la plastique musculeuse des personnages.

Autant le dire, ce recueil n'est pas le meilleur de Corben, mais il est quand même indispensable pour tout fan, c'est pourquoi je le voulais. Dans ces histoires de longueur inégale, il y en a qui ne sont pas terribles, et dont les chutes sont banales. D'autres sont vraiment excellents, personnellement j'ai bien aimé Cidopey et le Temple qui sont une sorte de relecture du mythe d'Adam et Eve ; d'autres comme la Cité morte de la peur, le Bonheur de Benoit boiteux, ou Bug sont des fables cyniques et violentes typiques de Corben. Quant à Ogre qui donne son titre au recueil, c'est un récit qui mêle la technique expérimentale que Corben essayait à l'époque, à savoir un montage d'images photographiques et de dessin à l'aérographe, le récit en lui-même est assez moyen, mais ce qui éblouit, c'est l'audace de la mise en page avec ses cases de tous formats.
Un recueil graphiquement marqué par son époque, intéressant à lire, presque un essentiel.

Nom série  Fort Wheeling  posté le 25/11/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ayant eu l'opportunité de lire cette Bd dont j'ai repoussé longtemps la lecture, j'en retire une semi-satisfaction. J'hésitais à la lire pour différentes raisons : Pratt n'étant pas un auteur que j'affectionne particulièrement, son dessin me laissant assez indifférent, et aussi la longueur du récit en forme de gros pavé (j'ai lu une des intégrales en N&B éditées par Casterman).
Je me suis aperçu que c'était une Bd assez ancienne puisque Pratt l'a publiée entre 1962 et 1964 en Argentine et qu'il l'a conclue peu avant sa mort, mais qu'elle n'est parue en France qu'en 1976 aux Humanos puis en 1981 chez Casterman.

C'est un récit fleuve, trop fleuve justement et dont la lecture fut longue et laborieuse, c'est carrément un roman graphique à la fois historique et romanesque où s'affrontent Indiens de 3 tribus, soldats et colons avant de chercher à cohabiter. Ce n'est donc pas un western mais un récit historique, puisque l'action démarre en 1774.

Mon impression de lecture fut marquée par une certaine lassitude, sans doute parce que j'ai lu des Bd qui traitaient de ce thème des guerres au XVIIIème siècle et des colons face aux Indiens dans un pays encore sauvage et rude. J'en fus d'autant plus étonné que j'avais bien aimé Sitting Bull, récit aussi dense de Marijac en 2 gros albums, sauf que là c'était un vrai western. Mais dans le même style, on peut rapprocher de "Fort Wheeling" le récit de Ramaïoli, Bas de cuir qui m'avait bien plu aussi. L'ensemble se situe donc dans un récit proche du Dernier des Mohicans de Fenimore Cooper, avec la même ambiance et les mêmes composants : des hommes des bois face à des Indiens souvent féroces, au milieu du conflit entre Français et Anglais qui se disputaient les territoires de ces riches contrées d'Amérique du Nord.

Bon attention, j'ai pas dit que je détestais, mais j'ai mis un petit 3, disons que ça correspond juste à 2,5/5 ; c'est juste un récit qui ne m'a pas plus accroché que ça. C'est bien documenté, mais le dessin est trop simpliste, voire peu joli, souvent avec des cases petites, et dépouillées de tout décor superflu, et la narration s'égare un peu trop par endroits, avec une fin un peu expédiée. Néanmoins, ça reste une oeuvre intéressante, un récit ample et linéaire bien que trop verbeux au début, reflet de son époque de première parution.

Nom série  New York trilogie (Big City)  posté le 31/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
On m'a prêté le tome 1 de l'édition de 1985 chez Albin Michel / Comics USA, lorsque la série s'appelait "Big City", et je vois que tout ceci a été réuni dans une intégrale, mais je ne peux aviser que ce tome 1 n'ayant la possibilité de lire les autres.
Bof comment dire ? c'est pas trop ma tasse de thé, n'ayant jamais été tellement attiré par Will Eisner, je n'ai d'ailleurs jamais trop compris l'engouement qui entourait cet auteur, je n'avais lu jusqu'ici que Le Spirit que je n'affectionnais pas tant que ça, mais j'admirais quand même le graphisme virtuose, et ici, c'est aussi le cas, bien que le dessin soit par endroits plus dépouillé, moins appliqué, Eisner se lâche et se détend. Il me semble que j'avais dû apercevoir des extraits de cette série lorsqu'elle fut publiée dans l'Echo des Savanes en 1984, mais ça ne m'avait pas accroché.

Sinon, il s'agit de petites tranches de vie exposées sous forme de saynètes, certaines sont plaisantes mais pas transcendantes. A travers une foule de personnages et de petites histoires souvent très courtes, Eisner s'y livre à une sorte de glorification de la ville avec un grand V, de New York dépeinte avec amour et dans tout son foisonnement à l'époque où il a débuté comme jeune dessinateur, explorant ses souvenirs lorsqu'il grandit à Brooklyn, avec une multitude de personnages savoureux, en proie au racisme et à la violence. On sent son amour de New York même s'il n'hésite pas à décrire aussi ses travers au moyen d'une certaine poésie dramatique et désespérée et d'un remarquable don d'observation.
Tout ceci ne m'a pas véritablement emballé, juste intéressé et amusé, bien qu'on n'esquisse avec cet album que de vagues sourires, mais je suis quand même content d'avoir découvert une autre facette du talent d'Eisner que je ne connaissais surtout qu'à travers Le Spirit.

Nom série  Kookaburra  posté le 07/01/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Quand ça passait dans Lanfeust Mag entre 1997 et 98, j'y jetais un oeil distrait, le visuel me plaisait mais l'aspect SF me rebutait plus ou moins, n'étant pas fan de ces univers. Et puis, je me suis décidé enfin à me lancer dans cette série, même si la perspective de me farcir 8 albums de ce genre ne m'emballait pas des masses, mais bon, c'est une série connue, je voulais quand même voir de quoi il retournait.

Bof, c'est un sujet qui lorgne un peu vers Dune, avec une prophétie, des enfants aux pouvoirs étonnants à trouver, une petite équipe d'aventuriers aux tempéraments fougueux, et une histoire de guerre galactique et de recherche de pouvoir aux 4 coins de la galaxie, bref un space opera drôle et mouvementé qui mêle humour, action et mysticisme, en somme un space opera à la Star Wars, sauf que pour moi ça passe mieux en film qu'en BD. Ce genre d'histoire peu originale et même vue et revue, n'est pas assez puissante pour me retenir.

Certes, Crisse imagine un futur imaginatif en laissant libre cours à sa créativité visuelle et à la richesse de ses univers imaginaires ; le traitement et les péripéties sont assez bien élaborés, mais au bout d'un moment j'en ai déjà assez, je tiens le coup sans doute à cause du dessin de Crisse, égal à lui-même que j'ai toujours bien aimé depuis Atalante, série que je préfère de lui, même si ce dessin a toujours été maniériste et trop "gadget" à mon goût, mais c'est vrai que c'est joli, c'est un style très esthétique, mignon et très séduisant. Surtout qu'après le tome 3, il passe le relais à Mitric. Son dessin n'est pas mauvais, mais le changement est surprenant, on peine à reconnaitre certaines têtes, et le coeur n'y est plus. Et encore je n'ai pas eu à attendre 6 ou 7 ans entre les 3 albums de Crisse et le tome 4 de Mitric, puisque j'ai pu tout lire à la suite, mais le délai est vraiment trop long, si j'avais lu à cette époque, je crois que j'aurais laché.

C'est finalement ce que j'ai fait, j'ai laché après le tome 5, ça m'a suffit ; le point commun avec toutes ces Bd modernes, c'est l'envie de toujours rallonger , de toujours en faire plus pour gagner plus, au bout d'un moment, la sauce ne prend plus, ça s'étire et ça se répète ou ça ne surprend plus, et ça m'ennuie, sans compter les raccourcis scénaristiques qui deviennent fréquents. Il n'est donc pas question que je lise les séries dérivées soit disant complémentaires comme Kookaburra Universe, ça n'en finit jamais, et je crois qu'il faut vraiment accrocher ou être fan pour s'intéresser à tout ça. Je suis quand même content d'avoir essayé.

Nom série  El Nakom  posté le 31/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Passionné de civilisations précolombiennes, Jean Torton alias Jéronaton n'a cessé de publier des Bd sur cet univers, on se souvient de la série les conquérants du mexique parue dans le journal Tintin au début des années 70 (voir mon avis), puis sous son pseudo de Jéronaton, de Champakou notamment. Il a aussi dessiné de nombreux récits complets sur les Aztèques et sur les Incas dans le cadre des Histoires vraies du journal Tintin au cours des années 60.

Dans cet album, il se penche à nouveau sur le cas de Guerrero qu'il a déjà illustré dans un récit complet des Histoires vraies du n° 815 du journal Tintin, sous le titre de "Guerrero, le défenseur des Mayas" en 1964. Il racontera encore cet épisode dans un one-shot de la collection Histoires de l'Histoire en 1991 : Guerrero - La flèche et le feu, mais ce récit n'était pas une réussite (voir mon avis).

Guerrero est réellement devenu un chef respecté après s'être intégré au mode de vie maya et en aidant ce peuple à repousser ses propres compatriotes venus envahir le Mexique. Cette histoire est romancée pour mieux passer le support BD, mais Jéronaton ne néglige pas l'aspect documenté et en traitant sérieusement le sujet.

Son dessin est toujours aussi beau et soigné, j'ai toujours apprécié son trait, j'ai même eu des dédicaces de lui, c'est un dessin classique qui pourra sans doute déplaire à certains lecteurs plus jeunes, mais moi j'aime ça. La différence avec ses précédents travaux sur le personnage de Guerrero, c'est que le dessin est en couleurs directes, ce qui donne un visuel plus éclatant et bien coloré.

Par ce récit bien conduit, Jéronaton réussit à immerger totalement le lecteur dans la richesse de cette civilisation maya, en soignant la beauté des décors de pierre, les parures exotiques et la jungle luxuriante. Un dossier historique complète cet album conçu en diptyque, et si la suite tient ses promesses, ça peut donner une très belle aventure, classique mais de bonne facture, il est même très probable que je monte ma note qui pour l'instant est provisoire. Il me tarde déjà.

Nom série  Azrayen'  posté le 25/12/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le sujet n'avait rien pour m'attirer, mais ce diptyque me faisait de l'oeil depuis trop longtemps dans plusieurs médiathèques, j'ai fini par me décider à le lire.
C'est un récit qui démontre avec force qu'on peut en BD s'atteler à un sujet sensible et dérangeant ; tout réside dans la façon dont Giroud conte cette guerre d'Algérie, conflit si longtemps tabou qu'on n'ose pas aborder de peur de réveiller de vieux démons.

C'est l'enquête menée par des militaires français pour retrouver une compagnie mystérieusement disparue au coeur des montagnes kabyles. A première vue, le récit possède un petit côté "Soldat Ryan", le film de Spielberg étant aussi basé sur la recherche d'un GI par un petit groupe de soldats. Mais cette intrigue donne naissance à un récit qui stigmatise l'absurdité et l'horreur de la guerre en général, mais c'est surtout un terrible réquisitoire contre la vacuité de cette guerre d'Algérie. Giroud raconte la confrontation quotidienne entre les militaires français et la population locale, le doute qui gagne les esprits, la violence aveugle qui s'installe, les atrocités commises dans les 2 camps, jusqu'au constat final d'une défaite inéluctable.

Tout ceci est fait avec intelligence et tact, le sujet étant délicat et impopulaire, c'est un véritable travail de mémoire accompli par Giroud, très documenté en s'appuyant sur le petit carnet où son père qui avait servi dans l'armée française durant le conflit, notait ses réflexions. Lax apporte son éclairage graphique à cette oeuvre âpre et grave, et en même temps instructive. Pourtant je n'aime pas des masses son dessin, je l'aimais à ses débuts, il était plus policé lorsqu'il dessinait dans Vécu, mais il a changé souvent de style, et ici il fait partie de la période que je n'aime pas trop, je n'arrive pas à me faire à ses visages souvent "mal foutus" et disgracieux. Même dans L'Aigle sans orteils, c'était limite. Tranchant et plein d'acuité sur les paysages et objets, il compose cependant des personnages bien campés malgré quelques clichés, avec des "gueules" correspondant souvent aux caractères.

Voici donc une lecture intéressante, je suis content de l'avoir lue, mais honnêtement, c'est pas un sujet que je relierai, cette gravité me déprime.

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