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Avis posté par Erik Infos posteur le 20/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est un gros pavé que voilà. J’ai quand même mis 3 jours pour en venir à bout. La lecture ne m’a pas posé trop de problème au niveau de la compréhension. On suit la vie de la mère d’une actrice française faisant partie de la génération Bardot à savoir Mylène Demongeot. Il est vrai que pour moi, cela n’évoque pas grand-chose étant plus accès sur un cinéma moderne en accord avec mon temps. Et pourtant, elle a joué dans près de 70 films depuis les années 50. Je me rappelle vaguement de la femme de Fantômas ou encore du rôle de Milady dans les 3 mousquetaires.

Maintenant, je trouve toujours intéressant de lire des témoignages de gens qui ont traversé des épreuves. On va beaucoup voyagé : l’Ukraine, la Sibérie, Shanghai, Porquerolles… Il y a également deux ambiances graphiques bien différentes selon que l’auteur traite de la vie de la mère ou de la fille plus brièvement.

On nous dit que c’est un récit d’émancipation de la femme. Je veux bien mais sans vouloir porter un jugement hâtif, on suit le parcours d’une femme Claudia qui n’aime pas les hommes, qui se sert de leur condition et de leur rang pour y arriver socialement et qui se débarrassera d’un homme qui l’a vraiment aimé. Que dire également lorsqu’elle jette son dévolu sur le frère de son mari ? Personnellement, je n’aime pas du tout ce genre de femmes arrivistes et manipulatrices sans coeur. Je suppose que c’était sans doute son seul moyen d’éviter la famine dans la Russie de Staline qui a fait des millions de morts dont ses parents.

Maintenant, d’un point de vue objectif, c’était plaisant à lire et à découvrir. C’est plutôt riche et rythmé. Le romanesque est plutôt mon genre. C’est un portrait de femmes fortes qui est bien réalisé.

Avis posté par Branchés Culture Infos posteur le 16/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mylène Demongeot, actrice de BD et de vie sous le crayon de Bouilhac et Catel.

Comment conquérir la liberté ? Vaste question, qu’on soit issu du petit peuple ou qu’on appartienne au monde du star-système. Mylène Demongeot, elle, est passée des deux côtés du miroir, d’une enfance pas facile à la gloire apportée par des films tels les Sorcières de Salem, Bonjour Tristesse ou plus récemment (et en second élan après une pause), 36, Quai des Orfèvres et Camping. Adieu Kharkov, c’est l’histoire de sa vie et, surtout, de celle de sa maman, mise en cases, en dialogue et en perspectives par deux auteurs bourrées de talent, Catel et Bouilhac qui donnent une réelle puissance au(x) récit(s) qu’elles racontent.

« Raconte-moi, Maman… (…) » « D’accord, mais en échange, tu dois me promettre quelque chose, Micha… TU ÉCRIRAS MON HISTOIRE.« Sur le coup, Micha, devenue Mylène Demongeot pour le cinéma, est interloquée et ne sait pas sur quel ton prendre l’ordre que vient de lui donner sa mère, Klaudia. Une maman vieillissante, clouée sur un lit d’hôpital par un cancer coriace. Le comble quand, comme elle, on a eu une vie brinquebalée dans une enfance ukrainienne et enhardie par les coups durs. Mais bien sûr que Mylène accepte d’écouter et retranscrira son histoire près d’un quart de siècle plus tard.

De là, découlent de longues heures de récits dans une complicité quasi-retrouvée, entre les neiges de Kharkov en 1910, la révolution bolchévique, deux guerres mondiales, les cris d’une mère battue et les coups sourds d’un papa souvent trop saoul que pour savoir se contenir. C’est clair, la vie de Klaudia aurait pu commencer bien mieux, mais ce n’était que le début d’un long chemin de pénitence gratuite. D’un combat pour être instruite à l’abandon par ses parents, en passant par l’obligation de trouver de quoi se sustenter dans les poubelles de la ville, Klaudia va nourrir cette envie de liberté et de réussite à tout prix quitte à se sacrifier à l’amour non-exclusif et à connaître les désillusions de celui qui se veut exclusif, lui. Une vie de roman riche en voyages qui accoucha d’une vie de cinéma.

Au départ, il y a une formidable idée comme celles que la fantastique collection Aire Libre peut faire naître: une vision à quatre mains d’une petite partie de la vie de Mylène Demongeot et, surtout, l’histoire de sa maman. Claire Bouilhac pour se charger de mettre en images la vie – les aventures, même – de Klaudia, globetrotteuse au caractère aussi bien trempé que ses cicatrices de l’enfance sont visibles; et Catel Muller pour donner vie à une Mylène Demongeot encore bien jeune en 1985 et, la plupart du temps, au chevet de sa maman ou au bras de son mari, Marc Simenon (oui, oui, le fils de). Le tout dans une diversité des traits (plus froid et rugueux du côté de Bouilhac, plus rayonnant chez Catel, époques différentes obligent) qui n’a d’égal que la grande cohésion qui s’en dégage au final. Le travail des couleurs, différent sur les deux parties de ce roman graphique, renforce encore plus la beauté évidente de cet ouvrage, qui est bien plus qu’un récit de vie.

Ce théâtre de la vie et de papier parle finalement peu de la carrière de la belle blonde (qui partait pourtant fortement handicapée, dans son enfance, par un fort strabisme) tout en croisant quand même un ignoble Montand (comme celui dépeint par Marlène Jobert dans son autobiographie) et un toujours sympathique Pierre Richard – qui signe d’ailleurs la préface. Bien plus que la vie publique de Mylène Demongeot, Adieu Kharkov nous invite vraiment, comme au cinéma, dans l’intimité, à être au plus près de la vie de ces deux femmes d’exception, de leurs secrets, de leurs misères et chagrins comme de leurs joies et réussites. Une vraie réussite et du magnifique boulot, l’Histoire par la petit lucarne ouverte par un visage bien connu et les crayons de deux auteurs qui n’ont pas fini de faire parler d’elles !

Avis posté par Ro Infos posteur le 02/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Adieu Kharkov est une double biographie à six mains.
Adaptant en partie son roman, les Lilas de Kharkov, l'actrice Mylène Demongeot (Les Sorcières de Salem, Fantômas, 36 Quai des Orfèvres...) y raconte la vie de sa mère, née en Ukraine avant de parcourir le monde pour échapper à la misère, à la Révolution Russe et aux deux Guerres Mondiales. En parallèle, en s'associant à Catel et Claire Bouilhac pour l'adaptation en bande dessinée, elle nous dévoile une partie de sa propre vie et de sa carrière.

Catel dessine les passages relatifs à la vie de Mylène Demongeot elle-même tandis que Claire Bouilhac met en scène celle de sa mère. Leur trait et leur encrage se rapprochent suffisamment pour que les planches de l'une et de l'autre se fondent ensemble harmonieusement même s'il se dégage une ambiance sensiblement différente entre elles. Du côté de Catel, nous avons des planches colorées et vivantes pour un récit proche du roman graphique moderne. Tandis que du côté de Claire Bouilhac, nous sommes dans l'atmosphère visuelle d'un récit d'aventure historique aux couleurs plus sobres et dé-saturées.

Et c'est bien par le terme d'aventure historique que l'on peut résumer la jeunesse de la mère de Mylène. De 1910 à la seconde guerre mondiale, d'Ukraine à la France en passant par la Sibérie, la Chine et l'Indochine, elle aura subi la misère et une enfance difficile, avant de prendre peu à peu sa revanche sur la vie, avec plus ou moins de réussite. C'est une intéressante et dépaysante vision de la vie dans une partie du continent Asiatique puis en France dans les années 20. C'est aussi et surtout le récit du combat d'une femme forte décidée à prendre sans complexe ce que la société patriarcale ne lui offrait pas d'elle-même.
Cette femme, il est possible de ne pas s'y attacher, d'être rebuté par la froideur de sa vision du monde et la façon dont elle use des hommes comme de simples barreaux sur l'échelle sociale, les appréciant quand ils réussissent et sont riches et les rejetant quand ils échouent ou la déçoivent. Néanmoins il faut saluer sa force spirituelle, l'originalité de sa vie et l'objectivité de son récit, sans manichéisme.
Quant à la narration, elle est plutôt agréable et claire malgré la complexité de cette biographie. Certains passages sont abordés de manière un peu superficielle et il faut parfois deviner qui est tel ou tel proche ou prétendant de l'héroïne, mais l'essentiel est bien présent et intéressant.

Concernant maintenant la vie de sa fille, Mylène Demongeot elle-même, son récit entrecoupe et encadre celui de la mère. Cette fois, elle est mise en scène de manière beaucoup moins linéaire et chronologique, éludant beaucoup de choses pour se concentrer sur certains moments, certaines anecdotes. Les auteurs considèrent à priori que les lecteurs connaissent déjà la majorité de la biographie officielle de cette actrice française. Cependant, le lecteur non-cinéphile risque de trouver ce récit plus superficiel, de ne saisir qu'une vision d'ensemble et pas le déroulé complet de la jeunesse puis du début de carrière de la fameuse actrice.
On comprend que la réussite de la fille concrétise l'aboutissement des ambitions que la mère n'avait pas su atteindre elle-même. Mais on constate aussi une incompréhension voire un léger conflit entre elles du fait d'une philosophie de vie différente, la fille étant plus tournée vers l'amour et la confiance dans les hommes tandis que la mère reste enfermée dans l'armure sociale qu'elle s'est bâtie.

Au-delà de l'aspect instructif et intéressant sur la plan historique et psychologique, j'aurais aimé me sentir plus proche des deux héroïnes, l'une m'étant apparue trop froide et manipulatrice pour m'être attachante, tandis que l'autre est présentée d'un peu trop loin et brièvement. Je n'ai pas ressenti beaucoup d'émotions, mais quand même un sincère intérêt et une certaine curiosité.
Adieu Kharkov, qui en définitive ne montrera quasiment rien de la fameuse Kharkov, est l'intéressante biographie croisée de deux femmes pleines de personnalité, qui s'achève sous la forme d'une complémentarité, la fille ayant finalement atteint de nos jours la sérénité qui aura manqué à sa mère depuis son enfance.

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