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Par sloane
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Dracula (Bess)
Dracula (Bess)

Grandiose, magnifique, chef d’œuvre Oui je sais je commence de manière dithyrambique et avec ces termes il est vrai que je place la barre très haut. Mais excusez du peu, librement inspiré du grand roman gothique Dracula et Georges Bess au dessin il y a de quoi s'enflammer. Pour moi cet album est au delà du chef d’œuvre, tout concourt à en faire un incontournable de la BD de cette année, si Georges Bess recevait le grand prix à Angoulême l'an prochain pour l'ensemble de son œuvre et en particulier ce ne serait pas volé. Dracula ou si l'on préfère de son nom complet, VladIII, Tépes, Comte Orlok, Nosferatu, Comte Dracula, Prince de Valachie est un roman épistolaire qui date de 1897 écrit par Bram stoker. Celui-ci n'a pas inventé la figure du vampire, il lui a juste donné sa forme moderne en en faisant la figure qu'aujourd'hui tout le monde connait au travers des nombreuses adaptations cinématographiques. Avec ce personnage Stoker s'inscrit dans la lignée des écrivains gothiques de son temps que sont R.L. Stevenson avec "L'étrange cas du docteur Jekyll et de Mister Hyde" mais également d'O.Wilde et "Le portrait de Dorian Gray" et des textes antérieurs de Sheridan Le Fanu, le docteur Polidori et Marie Shelley. Pour rendre justice au texte de Stoker, texte d'ailleurs repris en grande partie du moins dans la première moitié de l'ouvrage et qui donne un ton fin XIX ème juste parfait, de même l'emploi de ce texte parfois suranné loin d'être plombant ajoute du gothique au gothique. Ce texte donc est sublimé par le dessin de G. Bess qui avait déjà abordé le thème du vampire dans sa trilogie Le Vampire de Bénarès. Ici le trait se fait acéré, les encrages sont surpuissants, de grandes lignes partent à l’assaut des planches pour nous envouter avec des paysages gothiques de châteaux, de montagnes, le romantisme affleure dans un mélange de noirceur comme l'âme du comte, mais ces lignes peuvent aussi être d'une grande douceur lorsqu'il s'agit de décrire la vie Post victorienne du bord de mer où vivent Mine et Lucy, femmes rendues évanescentes par le génie du dessin. Ce dessin en noir et blanc arrive à vous prendre aux tripes tant il semble comme le comte doté d'un pouvoir hypnotique, ensorcelant. La figure même de Dracula n'en devient que plus complexe qu'il n'y parait, oscillant entre le monstre sanguinaire et pervers que beaucoup y ont vu et en fait une victime représentative d'une société engoncée dans un carcan de certitudes morales. Qu’ajouter de plus les mots me semble superflus et bien pauvres pour vous décrire cette fabuleuse bande dessinée dont j’ai fait mon coup de cœur, j'aurais aimé que l'avis de la semaine existe encore avec la V3 afin d'y être nommé pour cet avis, non pour ma gloriole personnelle mais pour qu'il soit lu par le plus grand nombre et la BD donc achetée. Je n'ai aucune action chez Glénat et ne suis pas ami avec l'auteur.

23/10/2019 (modifier)
Par Jetjet
Note: 2/5
Couverture de la série Comment réussir
Comment réussir

Et hop un petit livre au format carré qui se veut être un tutoriel de l'absurde sur l'absurde par l'absurde. Pour se faire une idée générale du présent ouvrage, on peut se remémorer le guide polémique des Requins Marteaux "Cruelty to Animals" où les méthodes pour torturer de pauvres bêtes innocentes a surtout permis de constater l'effroyable bêtise d'un monde pas encore si ouvert à la déconne (menaces de mort pour l'auteur comme l'éditeur et appel au censure/boycott alors que le but "in fine" de ce livre était d'en délivrer l'exact message inverse). Pas de risque de polémique cette fois avec le bouquin de Geoffroy Monde qui souhaite inculquer 50 méthodes complètement débiles pour réussir par eemple à dresser un pokemon, gagner aux échecs, poser des faux cils ou donner des orgasmes à une femme (NDLR : pour ce dernier point, mesdames merci de me contacter en MP ahem). Par des strips de 6 cases, l'auteur s'efforce d'imposer un humour bien particulier rappelant les oeuvres de Pierre la Police qui arrivait à mélanger le plus grand n'importe quoi et faire rigoler. Sauf qu'ici on rigole pas des masses, voire pas du tout. Je reconnais un certain talent graphique avec une jolie ligne claire sérieuse contrastant avec le texte mais bien souvent ça tombe à plat comme une conférence de Spooky sur "Jésus-Christ notre Seigneur à tous" (si, si) alors qu'il serait plus à même d'en mener une sur le Seigneur des Anneaux (il est grand fan de Tolkien et vous collera sur tout sujet de Hobbits). Trève de plaisanteries absurdes, si certaines idées prêtent à sourire et que c'est loin d'être vilain à regarder, les chutes sont si plates ou éloignées des sujets initiaux que l'humour tombe complètement à plat. Le meilleur gag est le premier (Bravo Delcourt qui a su appâter intelligemment le chaland) : comment réussir à gagner 900 000 euros soit gratter des tickets gagnants et...... Et la suite est dans la galerie car il faudrait quand même pas vendre la mèche même si j'ai eu beaucoup de mal à tout finir d'une traite (mais le format n'incite pas à une lecture dite traditionnelle). Bref j'ai surtout compris comment réussir à occuper mon temps aux toilettes en lisant ce petit bouquin qui pourra peut-être vous faire sourire ou bailler et dont on n'entendra malheureusement plus trop parler ici ou ailleurs après rédaction de la présente chronique.

23/10/2019 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Formica
Formica

Fabcaro revient et..... on ne sait pas s'il est pas content mais sa dernière production en date risque de vous faire sourire à plus d'un titre. La recette est donc à présent connue de tous depuis Zaï Zaï Zaï Zaï.... à savoir des situations banales et improbables et de l'humour absurde et complètement con à effet immédiat de zygomatiques. Après avoir épluché le road movie, le soap opéra et la thérapie de couples à deux balles, cette fois notre cher Fabrice s'attaque à un sacro saint sujet qui n'avait de mémoire pas encore été épluché : le fameux repas de famille du dimanche ! Vous savez, ce repas où on se sent obligé d'y aller par obligation familiale histoire de ne pas passer pour le paria de la fratrie, oui celui-là interminable où on frise l'indigestion entre les plats qui n'en finissent plus et où il faut apprendre à sourire des blagues pas drôles du beau-frère alors qu'on est sorti faire la java la veille et qu'on aurait aimé se taper un bouillon de poules en pyjama devant un programme banal sur TF1 !!!! C'est bon ? Vous avez l'image ? Ben cette fois Fabcaro saborde d'emblée le repas de famille en nous en présentant une belle et bien tordue comme à son habitude. Problème : à force de venir s'imposer cette corvée, plus personne ne sait quoi raconter et on s'y emmerde ferme. L'intégralité du bouquin va donc tenter de trouver un sujet de conversation pendant ce repas à haut risque pendant que les gosses jouent au jeu des 7 familles dysfonctionnelles (si, si). Et si on y ajoute que le Formica, cette sorte de stratifié estampillé seventies vintage, n'y trouvera pas sa place, gageons que le sous-titre "Une tragédie en trois actes" va avoir de l'importance étant donné que les 3 actes seront bien présents (insérer un rire pour les gags à venir) et que qui dit tragédie dit grec (en insérer un autre par ici). Bref Fabcaro n'a peut-être pas ce don immédiat pour faire rire à chaque page mais croyez l'auteur de ces lignes sur paroles, y repenser le fait franchement rigoler. D'autant plus que pas mal de facettes sont ainsi employées au premier degré : dialogues abscons et très cons aussi, quatrième mur brisé, situations "what the fuck" en veux-tu en voilà ! Rien de bien nouveau pour les amateurs du style Fabcaro depuis pas mal repris ici et là y compris dans le très influencé Faut pas prendre les cons pour des gens mais le bougre n'a pas encore dit son dernier mot. Il utilise ici très peu de cases figées et use d'un dessin un peu plus travaillé et, dessert suprême de quelques couleurs utilisées ici et là principalement pour distinguer les individus. Le pire dans tout cela c'est que ça marche du tonnerre puisque l'envie de relire de suite ce bouquin me traverse l'esprit..... Du très bon cru et pas de la piquette, n'hésitez pas, c'est Fabcaro qui régale ! Tournée générale !

23/10/2019 (modifier)
Par iannick
Note: 2/5
Couverture de la série Corb-Nez
Corb-Nez

J’ai acquis cet album rien qu’en voyant le nom d’Emmanuel Civiello sur la couverture. Mais après lecture, qu’est ce que j’ai été déçu ! Et pourtant, j’aime les récits historiques et j’admire le coup de crayon (ou plutôt de peinture) de Civiello… L’histoire met en scène Guillaume l'Hébreu, dit Corb-Nez, qui était un vassal de Charlemagne. Ça se passe en 797 et ce guerrier a eu pour mission, par ordre de Charlemagne, de ramener Witgar, l’épouse du roi de Bourgogne qui s’est enfuie chez les Maures… A vrai dire, je me souviens encore de ce récit mais sans plus… je reconnais m’être ennuyé à sa lecture, la faute à des scènes qui m’ont semblé confuses et à une histoire qui pourrait être résumée en quelques lignes (alors que l’album présente 88 pages !). De même, je n’ai pas eu d’attachement pour les personnages… Le coup de patte de Civiello ? Autant ça passait bien dans ses récits fantastiques comme « Korrigans » et « La Graine de folie », autant ça ne marche pas dans « Corb-Nez » car de nombreuses planches me sont apparu trop sombres et peu lisibles. Le découpage des scènes m’a semblé trop confus, pas assez fluide… j’ai eu souvent le sentiment d’être perdu dans la narration et d’être noyé devant les cases saturées de détails superflus ! Des fois, je ne savais pas ce qui se passait, qui était tel ou tel personnage… bref, le vrai bordel ! Au final, alors que les péripéties de Guillaume l’Hébreu semblent relativement faciles à raconter, je me suis retrouvé devant un album qui complexe inutilement l’intrigue aussi bien au niveau du scénario (confus) que du graphisme (manque de lisibilité du dessin). Une déception…

23/10/2019 (modifier)
Couverture de la série Révolution (Locard/Grouazel)
Révolution (Locard/Grouazel)

Voilà un projet très ambitieux, que ce soit pour le sujet, son approche, et sa réalisation. Cela déjà mérite d’être salué. Le dessin est assez surprenant – et de prime abord pas forcément le genre que je prise le plus. Il n’est pas toujours très clair non plus. Mais il possède néanmoins un certain charme, avec un air vieillot, proche par certains côté de quelques ancêtres – la colorisation, un peu terne va aussi dans ce sens – même si d’autres passages font plus modernes (en particulier lors des combats). Les auteurs s’attaquent à l’une des périodes clés de l’histoire française – voire européenne, à savoir la Révolution française. Ils prévoient de mener à bien leur projet en trois tomes (près de 1000 pages en tout quand même !), et cela promet quelques heures de lecture. En effet, si certaines planches sont muettes, il y a globalement beaucoup de texte, et beaucoup de cases fourmillent de détails, il faut donc prévoir d’investir du temps pour se plonger dans cet album ! Le sujet est de ceux dans lequel les auteurs auraient pu se perdre. Mais ils ont su le canaliser, et s’entourer de garde-fous, pour se prémunir de toute dérive (romanesque, voire révisionniste), en faisant d’importantes recherches (cela se sent – et une petite bibliographie le confirme). Cet album inaugural traite de la période qui va du printemps à l’automne 1789 (pour donner quelques balises, des prémices des Etats-Généraux au retour du roi à Paris) : période courte et dense, qui voit l’édifice de la monarchie absolue s’effondrer. Mais, si quelques moments forts de la Révolution sont mis en lumière (les premières séances de Etats-Généraux, la prise de la Bastille, la nuit du 4 août, etc.), l’originalité de cette série est de mettre l’accent essentiellement sur le peuple (c’est cette approche originale qui justifie mon coup de cœur). Certes, quelques grandes figures apparaissent (peu en fait), comme Barnave, Marat, ou Robespierre en toute fin d’album (un des personnages de l’histoire de France qui m’intéressent le plus !), nous suivons surtout le petit peuple de Paris, au travers de quelques personnages (réels ou pas), mais aussi de la foule apeurée, sujette aux rumeurs, aux angoisses du quotidien. Petit peuple, mais aussi nobles et bourgeois, entraînés dans une tourmente qu’ils alimentent. La peur des complots, les rumeurs, les mouvements de foules, alors que les libelles, les journaux et les clubs plus ou moins improvisés donnent naissance à une « opinion publique », alors que les ancêtres des « réseaux sociaux » (ici à hauteur d’hommes, humanisés) diffusent vraies et fausses nouvelles, tout ceci agite la population parisienne, et nous est montré de façon très réussie. Je trouve le parti pris des auteurs intelligent, ambitieux, et pour le moment réussi. A voir comment ils vont transformer l’essai. D’autant plus que l’éclectisme de leurs sources historiques (Vovelle et Furet par exemple, difficilement compatibles à partir de l’An II) va les pousser à faire des choix, lorsque la relative euphorie des débuts révolutionnaires va diviser ceux qui veulent la ralentir, voire l’arrêter, et ceux qui souhaitent pousser la Révolution plus loin. Un album imposant, mais qui impose le respect pour le moment. Je suis curieux de découvrir la suite, mais je salue d’ores et déjà le travail réalisé.

23/10/2019 (modifier)
Par Pierig
Note: 3/5
Couverture de la série Sous les arbres
Sous les arbres

Avec cet album, Dav change de ton. L’humour, parfois exubérant, auquel il nous avait accoutumé s’efface au profit d’un récit plus introverti mettant en avant les émotions. L’histoire est simple mais bien traitée. On peut toutefois lui reprocher un ressort narratif éculé qui s’est déjà vu maintes fois (surtout dans les livres jeunesse). Bref, c’est bien dessiné, c’est bien traité mais c’est court et un peu vain. Il reste que, pour un enfant, cette lecture est tout à fait recommandable car elle illustre une valeur humaine essentielle, à savoir aider son prochain.

23/10/2019 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Comment aborder les filles en soirées
Comment aborder les filles en soirées

Excellent ! J’adore quand le contenu d’une BD surprend et se démarque complètement par rapport à l’emballage. Le titre et la couverture laissent en effet supposer une histoire aux tons plutôt « rom com »… ce que je trouvais surprenant venant d’une BD adaptée d’une nouvelle de Neil Gaiman. Après un début plutôt classique on vire assez vite dans le fantastique un peu mystique, avec (selon moi) un double niveau d’interprétation intéressant… les évènements se sont-ils vraiment produits ? Est-ce une métaphore en rapport au fait que le protagoniste principal est très maladroit avec les filles, et les considère comme « venant d’un autre monde » ? Le dessin de Moon est vraiment superbe, et les couleurs acidulées renforcent cette ambiance « teuf des années 80 ». Deuxième lecture de ce duo d’auteurs (après Daytripper) et deuxième bonne pioche en ce qui me concerne.

23/10/2019 (modifier)
Couverture de la série Texas Jack
Texas Jack

Tombé sous le charme de Sykes, je ne pouvais pas passer à côté de cet album à mi-chemin entre le spin off et le préquel. Fait amusant : dans la série mère, O’Malley est un amateur des aventures de Texas Jack et en offre quelques unes au Marshall Sykes, pourtant friand de lecture plus exigeantes intellectuellement... Joli clin d’œil et bonne idée de départ pour un spin off ! Graphiquement, c’est toujours aussi beau. Dimitri Armand est véritablement un dessinateur qui mérite d’être surveillé. Le découpage cinématographique est dynamique et favorise le grand spectacle. Le trait sait se montrer nerveux lorsque le scénario l’exige et la mise en couleur est très bien réalisée. Texas Jack est un tireur hors pair et un héros populaire… sauf qu’il n’a jamais fait preuve de ses talents ailleurs que dans un cirque ou dans les récits héroïques inventés par son biographe pour les classes populaires. Mais être un héros sur le papier ne signifie pas pour autant l'être dans la vie. Alors quand l’occasion de se frotter à Gunsmoke, ignoble et cruel salopard qui terrorise toute une région, se présente, Texas Jack décide, tant par courage que besoin de reconnaissance, de partir l’affronter, accompagné des acolytes de son spectacle. Contrairement à Sykes ou d’autres séries western classiques, cet album joue une carte scénaristique plus originale, ce qui convient d’être salué. Premièrement, le fait que le personnage principal soit un artiste de cirque démontre déjà la particularité de ce one shot. Quant au Marshall Sykes, s’il joue un rôle essentiel, il reste en second plan pour laisser le rôle principal à notre cowboy d’opérette et sa clique de saltimbanques. Gunsmoke est un vilain au charisme repoussant. Quelle gueule ! Cela dit, le scénario tire un peu en longueur vers le milieu de l’album, avec une baisse de rythme évidente et une fin surprenante. En effet, la mise en scène orchestrée par Gunsmoke pour piéger Texas Jack ne m’a pas convaincue. Même si l’intelligence de Gunsmoke est évidente, cette finesse stratégique, pour autant qu’on la considère comme pertinente, me semble contradictoire avec son côté impulsif et sanguinaire. Je n'en dirais pas plus, sous peine de divulgâcher. Au final « Texas Jack » rejoint la liste récente des bons westerns. Quelques longueurs et incohérences l’empêchent toutefois de s’imposer à la hauteur de Sykes.

23/10/2019 (modifier)
Couverture de la série La Rumeur
La Rumeur

J’aime vraiment beaucoup les albums du duo de La Rumeur (je crois bien que c’est le seul que je n’avais pas encore avisé), qui sortent tous de l’ordinaire, en partant à chaque fois d’une idée pourtant très simple. Ici, nous avons une sorte de road movie improbable. Ou plutôt un long, très long travelling (le plus long de la BD ?). En effet, nous suivons, case après case, page après page, la longue marche d’un type longiligne et totalement muet – dont nous ne savons strictement rien, et qui ne dévie jamais de sa route. Il traverse quelques villages, et peu à peu est suivi par une foule hétéroclite et agitée, qui lui prête des idées, des paroles, une ambition totalement imaginaires ou fantasmées. Et du coup, moult rumeurs prennent forme, s’épuisent, se relancent, s’opposent parfois, l’homme muet et solitaire étant bientôt entouré d’une foule aussi grouillante que bavarde, cherchant à donner du sens là où il n’y a rien à trouver. En cela la chute est à la fois édifiante et drôle, d’un humour noir et soudain qui « relève le plat ». C’est un album vite lu, mais que j’ai vraiment bien apprécié. Note réelle 3,5/5.

23/10/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série La Rafale
La Rafale

Décidément, je découvre chaque jour que je ne connaissais ni les guerres d'Indochine ni le Vietnam lui-même. Ma lecture récente de Chinh Tri m'avait permis de découvrir les mouvements indépendantistes de l'intérieur des années 20 jusqu'à après la guerre du Vietnam. Cette lecture là, maintenant, m'a permis de découvrir un pan de la guerre d'Indochine des français, et plus précisément de la Légion Étrangère, contre le Viet Minh. Et au passage d'apprendre combien la population Indochinoise n'était pas véritablement unie, et même d'apprendre un élément essentiel que j'ignorais, que les habitants de ce pays étaient de plusieurs ethnies ou royaumes et qu'ils étaient loin d'être unis. La Rafale est un récit d'aventure militaire. Il met en scène un régiment de la Légion chargé d'utiliser un train blindé pour protéger la ligne du chemin de fer Transindochinois et soutenir l’armée coloniale le long de son parcours. Il recrute pour cela un ingénieur du rail civil chargé de vérifier l'état de la voie et des ponts. Entre l’œil extérieur de ce dernier et l'amour d'un légionnaire pour une prostituée vietnamienne qui se révélera très vite être une espionne Viet Minh, il va se mettre en place une intrigue faite de combats militaires, d'espionnage et d'évacuation de civils dans un Vietnam qui est en train d'échapper complètement à la main-mise française. Sur le fond, c'est intéressant et plutôt original. D'autant qu'on s'attache assez rapidement à ces légionnaires qui sont aussi professionnels qu'humains et se soutenant mutuellement comme une vraie famille. Sur la forme, c'est plutôt bon aussi. Le dessin est de bonne qualité, très agréable à la lecture et donnant joliment vie au Vietnam de l'époque. Le rythme narratif est assez accrocheur et on ne s'ennuie pas. J'ai juste été un peu circonspect devant les atermoiements de la jolie My Linh dont les motivations et objectifs sont assez confus. Cela reflète en grande partie sa propre confusion entre son amour pour sa patrie, son sens du devoir et son attachement finalement à ceux qui devraient être ses ennemis mais qu'elle n'arrive pas à tuer. Si c'est en partie compréhensible, vient quand même un moment où j'ai eu du mal à accepter sa soumission à un Général Wu complètement injuste, violent et détestable. Jusqu'à son choix final que j'ai du mal à partager... De même, j'ai été un peu déçu par la toute fin de la série, sa dernière page qui clôt abruptement le tout. Décidément, les auteurs semblent ne vraiment pas porter les communistes dans leur cœur pour rendre autant d'entre eux méprisables dans cette série. Et du coup, la conclusion donne un sentiment de "tout ça pour ça" assez frustrant. Dommage d'avoir voulu jouer la carte de la tragédie fataliste.

23/10/2019 (modifier)