Les dernier avis (86692 avis)

Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Satanie (Voyage en Satanie)
Satanie (Voyage en Satanie)

Encore une étrangeté du duo Kerascoët et du sieur Vehlmann. Personnellement je suis assez preneur de ce genre d'univers à la limite de la folie, ou l'inconscient se révèle et dit des choses de notre rapport au monde et aux autres. Ic il n'est pas question de cercle de l'enfer mais plutôt d'une longue descente strate par strate jusqu'au tréfonds de l'âme de certains des personnages. IL y a de tout dans cette histoire, de la naïveté, du rêve enfantin, des considérations philosophico-religieuses, la notion de passage à l'âge adulte pour l'héroïne dans une scène presque furtive sur laquelle il a d'ailleurs fallu que je revienne tant je n'en croyais pas mes yeux, ou oui celle-ci s'accouple avec un satanien. Avec ces auteurs ce n'est pas tant au graphisme qu'il faut s'attacher mais plutôt à une ambiance particulière née sans doute de ce style de dessin justement et évidement au propos. Cela me rappelle dans un tout autre genre ce que peut produire un Tony Sandoval. Créatures ou personnages un peu évanescents emprunt d'une fausse naïveté à la limite d'un petit côté pervers. Afin de râler un peu, il me manque pour être pleinement satisfait un aspect plus violent, plus dur que j'avais ressenti en lisant le fabuleux Jolies ténèbres. Après la lecture de cette intégrale empruntée en médiathèque j'aurais presque envie d'en faire l'acquisition tant j'ai apprécié.

16/10/2019 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5
Couverture de la série Univers !
Univers !

Univers ! est à l'origine un webcomic conçu en même temps que The private eye de Marcos Martin dont Albert Monteys partage les origines barcelonnaises. Il s'agit de différentes histoires interconnectées dans un monde futuriste qui rappellera à beaucoup la série télévisée avant-gardiste "Love, Death + Robots" dont les thèmes sont similaires : le côté anthologie d'une part, le regard amer du futur en prisme de notre société actuelle d'autre part. Il ne faut pas se fier au trait coloré vif qui offre un contraste saisissant avec la teneur des propos : le monde proposé est froid, complexe et pas si humaniste que prévu. Univers ! propose 5 histoires parlant de voyage dans le temps pour des fins mercantiles, substituts d'amants robotisés pour âmes sœurs éplorées, conquêtes spatiales proches des odyssées de Stanley Kubrick... La chute est souvent associée à de l'humour noir avec un semblant de réflexion et quelques retournements de situation originaux. Il faut dire que l'univers déployé est souvent crédible pour de la SF : ici les morts reviennent sous forme de bandes magnétiques et continuent leur rôle de "vivant", les androïdes sont dotés d'une intelligence qui ne tient plus de l'artifice et on répare les membres cassés par des techniques nouvelles ou des pièces mécaniques. La cinquième histoire est peut-être la plus poignante avec une expérience temporelle qui aurait mal tourné et provoque un décalage horaire entre l'épouse malade et son mari. Inutile d'en dire davantage, c'est suffisamment malin, émouvant et innovant pour susciter une attention toute particulière. Bien sur, toutes les histoires ne se valent pas mais l’interconnexion des histoires encourage à la relecture de l'ensemble comme l'avaient si bien réussi les auteurs de Lucy Loyd's nigthmare, oeuvre unique et hautement sous-estimée. Albert Monteys réussit donc brillamment une oeuvre personnelle offrant une fois de plus un regard pessimiste sur les nouvelles technologies dans un monde pas si utopique que cela. J'ose espérer qu'il continuera de développer cet univers à travers de nouveaux tomes à venir.

16/10/2019 (modifier)
Couverture de la série Bitume
Bitume

Étrange cette série, qui porte bien son nom, mettant en avant le bitume, la route (ou parfois la rue), autour de laquelle tournent les intrigues, mais qui n’est pas vraiment une série. En effet, c’est plutôt une sorte de collection, de concept, puisque chaque album est une sorte de one-shot, se déroulant dans des lieux différents et variés (Colombie, Amérique profonde, bush australien, rues de Paris ou de Londres, etc.) avec des personnages et des intrigues totalement indépendants d’un album à l’autre. Le point commun est le rythme, assez pépère généralement, une économie de dialogues, et donc une omniprésence de ce bitume, qui devient une sorte de personnage muet (mais souvent mis en avant par des gros plans, des séries de planches). Ce sont des albums d’ambiance le plus souvent, plus que d’intrigues fortes. Du coup, c’est assez inégal (et donc on peut envisager d’en acheter certains). Mon préféré est celui se déroulant en Australie, assez poétique, usant habilement (avec une petite dose d’humour) de l’univers aborigène. Je suis moins intéressé par les histoires jouant moins sur les grands espaces, et qui, plus urbaines et tournant autour de la rue plus qu’autour de la route, perdent le côté lyrique que pouvaient avoir les 3 premiers albums parfois (les suivants se déroulant en plus dans un univers « occidental » bien moins exotique). Le dessin est relativement original, efficace (sans être de ceux que je préfère). Je ne suis par exemple pas fan des visages, anguleux. La colorisation joue sur des tons chauds, mais manque parfois de nuance. Si vous ne devaient choisir que quelques albums, prenez les 3 premiers (et le troisième si vous n’en prenez qu’un).

16/10/2019 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Dans l'abîme du temps (Tanabe)
Dans l'abîme du temps (Tanabe)

Après le choc visuel procuré par son adaptation des Montagnes hallucinées, Gou Tanabe creuse le sillon des adaptations des textes les plus connus d'Howard Phillips Lovecraft. Cette fois-ci il s'attaque à Dans l'abîme du temps, l'un de ses textes les plus aboutis. Encore une fois, un sacré challenge relevé haut la main... A la lecture du texte original, je me faisais une certaine idée du peuple Yith, et je dois avouer que visiblement l'auteur japonais et moi avions la même. Il faut dire que HPL passait beaucoup de temps à décrire ce qui pourtant était indescriptible, innommable, selon ses propres termes. Ce que propose Tanabe, en plus de I.N.J. Culbard, qui avait déjà adapté ce roman de Lovecraft il y a quelques années, c'est son trait réaliste, parfois trop, qui plonge le lecteur ou la lectrice dans les abysses de l'imagination malade du reclus de Providence. Champion des ambiances en noir et blanc, il réussit à installer le doute chez le spectateur/la spectatrice, qui doit se frotter les yeux pour être sûr(e) d'avoir vu ce qu'il/elle a vu... Une ambiance qui alterne scènes descriptives et contemplatives, avec des personnages qui semblent perdus dans les enjeux cosmiques qu'ils découvrent au fil de leur exploration... C'est vraiment réussi.

16/10/2019 (modifier)
Par LuluZifer
Note: 3/5
Couverture de la série Le Boiseleur
Le Boiseleur

Illian est apprenti dans une boutique de sculpture sur bois. Il vit à Solidor où les oiseaux sont rois et il travaille chaque jour plus durement pour pouvoir acquérir un oiseau, un vrai. C'est par le plus grand des hasards que malgré lui il va détruire l'équilibre de la ville et le rapport qu'entretiennent les Solidoriens avec les oiseaux. Le Boiseleur tome 1 est une belle et douce fable sur la nature, nos espérances, nos gâchis, nos erreurs, nos peurs et nos émotions. C'est traité de manière très douce et le trait de Gaëlle Hersent et les mots de Hubert donnent un ton très poétique à l'ambiance qui se dégage de ce premier album. Série qui sera un diptyque et qui est publiée chez Soleil dans leur collection Métamorphose. Le format est plus grand qu'un album Franco/Belge de base qui mets bien en évidence toute la splendeur du rendu des illustrations d'intérieur et pour ne rien gâcher le travail de fab de la couverture est somptueux. Il y a beaucoup de pleines pages et l'histoire est racontée par le biais d'une voix off qui n'est autre que celle d'Illian, le personnage principal. L'album se lit assez lentement et ses 96 pages s'enchainent magnifiquement bien et cela justifie assez bien son prix de 19,99 euros. Le récit captive, fait réfléchir, enchante et le dessin de Hersent conquiert le lecteur. Une belle réussite pour un conte social et qui ravira de plus les amoureux des oiseaux.

16/10/2019 (modifier)
Couverture de la série L'Album
L'Album

Cet « album » regroupe une série d’histoires courtes, assez caractéristiques du style graphique de Beb Deum, reconnaissable entre mille (à la fois hyperréaliste et caricatural) – et qui est assez clivant je dois le reconnaître. Dans plus de la moitié des cas, c’est un texte en off (relativement abondant), qui accompagne les images. De plus, lorsqu’il y a de véritables dialogues, ceux-ci sont placés hors phylactères, et ne se distinguent formellement pas beaucoup de ces textes off. Il faut dire que souvent, le ton est assez froid, impersonnel. Et je dois aussi reconnaître que ces histoires (mêlant différents genres, de la SF au roman graphique classique, en passant par des ambiances polar) manquent de coffre, d’intérêt (à part peut-être la deuxième, qui aurait sans doute mérité d’être développée, pour faire ressortir le côté kafkaïen – comme dans son Bürocratika). Pour le reste, cet album met surtout en valeur le talent graphique de Beb Deum, mais ce recueil (assez courant dans les bacs d’occase, en tout cas sur Paris) n’est clairement pas indispensable. Même l’auteur lui-même semblait manquer d’enthousiasme, car il ne s’est pas vraiment foulé pour le titre ! Note réelle 2,5/5.

15/10/2019 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série The Kong Crew
The Kong Crew

Comme certains ici, je n'ai pas vu venir cet album, et pourtant, je surveille constamment les sorties des bandes dessinées. Il a fallu que mon libraire attire mon attention sur ce titre pour titiller ma curiosité (merci au passage, pour le travail de ces libraires indépendants). Avant tout, il faut souligner la qualité éditoriale de l'ouvrage : dos toilé, cahier graphique à un prix très abordable. Et puis, après la forme, il y a le fond, l'histoire à proprement dite qui se révèle originale et prenante. Imaginez que New York soit devenue subitement désertée suite à l'incapacité de l'armée US à éliminer King Kong. Il fallait oser et Eric Hérenguel, à qui l'on doit déjà le très remarqué Lune d'argent sur Providence l'a fait. En plaçant son histoire en 1947, il nous offre un scénario habile qui m'a fait songer à Mark Schultz ("Chroniques de l’ère xénozoïque", que j'avais adoré). L'album est truffé de références et se lit avec plaisir voire avec une certaine jubilation. Sans se prendre au sérieux, Hérenguel régale le lecteur avec des plans audacieux, des dialogues qui font mouche et un dessin dynamique. J'ai été tellement emballé par cet album (dessin et scénario) que je me suis empressé d’acquérir la version n&b , déclinée sous un format comics, en deux volumes et en anglais. C'est, à mon avis, une des meilleures surprises inattendues de cette rentrée . J'en conseille fortement la lecture.

15/10/2019 (modifier)
Couverture de la série Une aventure rocambolesque de...
Une aventure rocambolesque de...

Voilà une série qui regroupe des albums assez différents, dans le ton adopté en particulier, et que j’avise donc album par album. T1 : Sigmund Freud ; un temps de chien 3 étoiles Larcenet inaugurait cette série avec une histoire assez loufoque, voyant Sigmund Freud aller aux Etats-Unis pour y psychanalyser des cow-boys, accompagné d’un assistant assez « space », Igor, croisant un chien évadé de prison et à la recherche d’une âme !, etc. Entre bons mots et errance improbable jusqu’au pays Hopi, Larcenet nous conte une histoire sans queue ni tête, mais que j’ai bien aimée. Amusante sans être délirante, elle se révèle agréable à lire. T2 : Van Gogh, La ligne de front 4 étoiles Voilà clairement un album très représentatif de Larcenet, de son travail et de son évolution. En effet, tous les genres y sont représentés, même si ceux qui ne connaissent que ses albums potaches de franche déconne publiés par Fluide Glacial vont être étonnés. Si le début – et quelques cases, sont humoristiques, cela bascule rapidement dans le sordide (mâtiné parfois de fantastique), dès lors que Van Gogh arrive vers la ligne de front. Larcenet dénonce ici l’horreur de la guerre, expose son antimilitarisme (dans un style moins asphyxiant que dans Presque), tout en glissant quelques touches d’histoire de l’art (avec des anachronismes : Van Gogh vivant en 1914 !, un officiel parlant de surréalisme en 1918 !, mais on s’en fout !). Clairement un album jouant sur plusieurs registres, et très recommandable. T3 : Attila le fléau de Dieu 3 étoiles Attila et sa horde ont enfin conquis le monde (en finissant par la Beauce !). Que faire ensuite ? Larcenet nous présente ici un Attila dépressif, revenu de tout et sans but à atteindre, qui renvoie ses guerriers et erre ensuite tout l’album, en se posant des questions sur le sens de sa vie, sur la mort, l’intérêt d’être immortel, etc. Si l’humour est bien sûr présent par petites touches au début, il s’efface peu à peu pour laisser flotter une gravité qui détonne un peu dans la production de Larcenet. C’est un album intéressant, mais sans plus je trouve. Probablement celui qui m’a le moins accroché de la série, même s’il possède de réelles qualités. T4 : La légende de Robin des bois 4 étoiles Un album excellent (voir mon avis sur cet album, référencé ici à part). T5 : Crevaisons 4 étoiles Etrange album, dans lequel j’ai mis un peu de temps à entrer, mais que j’ai finalement bien aimé. Tout se passe dans un quasi huis-clos – dans un cimetière, lui-même entouré à perte de vue de cimetières ! Le gardien (qui écoute en boucle et à fond des disques punks – petit clin d’œil de Larcenet à sa période « musicien punk » je suppose !), abandonné de tous et de tout, rencontre le soldat inconnu, sorti de sa tombe. Il ne se passe pas grand-chose en fait. Mais pourtant, Larcenet parvient à rendre intéressants les dialogues entre ces deux locataires de la maison des morts. Quelques petites pointes d’humour, un peu de noirceur et de cynisme, une vision au vitriol de la société et de l’absurdité de la guerre, mais aussi une vision vivifiante de la vie malgré tout, voilà ce qui traverse cet album plutôt sympa.

15/10/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série A la recherche du monstre
A la recherche du monstre

Un bon one-shot. Le récit est simple et efficace: un scientifique spécialisé dans les animaux légendaires va partir en expédition pour essayer de prouver l'existence de l'un d'eux après avoir reçu une lettre. J'ai trouvé que la lecture était un peu contemplative vu que le principal intérêt est de suivre l'excursion de deux aventuriers, leurs pensées, leurs rencontres, etc. Il n'y a pas beaucoup d'actions. J'ai bien aimé comment l'auteur met en parallèle la recherche du monstre et les terribles événements de l'époque. Pourquoi chercher un monstre légendaire alors qu'il y a des vrais monstres sous notre nez ? Au final, le scénario est un peu léger, mais je l'ai tout de même trouvé prenant et l'auteur apporte des réflexions intéressantes. Le dessin est vraiment très beau à regarder. Un excellent noir et blanc.

15/10/2019 (modifier)
Par LuluZifer
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Château des Animaux
Le Château des Animaux

Que de coups de cœur depuis ce début de rentrée scolaire ^^ ! Euh ! Enfin bref je me comprends. Le ‘Château des animaux’ tome 1 par Xavier Dorison et Félix Delep, c'est 72 pages en format franco/belge de pur bonheur et avec une couverture magnifique. Une longue lecture délicieuse, raffinée, captivante et j'en passe. Tout d'abord, cette nouvelle série chez Casterman, est inspirée du roman de Orwell, La Ferme des animaux. Un roman court, intense et grinçant. Que j'ai lu il y a longtemps. Ça m'a donné envie de le relire. Il parle savamment de la rébellion des animaux contre l'homme, car ce dernier ne produit rien à part faire bosser les animaux et les égorger à la fin, et cela se déroule dans une petite ferme. C'est drôle et très caustique. Mais revenons à nos moutons (ahahaha), et parlons de ce tome 1 qui est totalement merveilleux. Il a tout d’abord été publié en format Gazette, en trois parties, comme cela avait été le cas pour la série Le Château des étoiles chez Rue de Sèvres ou comme l'avait fait également Delcourt pour le volume 8 des Les Passagers du vent de Bourgeon. C'est sympa comme procédé mais on a envie quand même d'acheter ensuite la bd finale. Je n'en ai encore pas vu passer de ces jolies Gazettes et, malheureusement, je bave d'en acquérir les 3 premières parties. Bref ! Du coup, Casterman a publié également une version prestige en N&B, qui a l'air assez luxueuse. Je m'égare encore. J'ai donc mis plus d'une semaine à lire ce petit bijou aux dessins subtils et bien marrants, mais parfois avec un zeste de cruauté tout animale. Le récit transposé par Xavier Dorison est vraiment excellent. Il s’approprie l’histoire de Orwell avec brio et bien évidemment Félix Delep le met en images de manière experte. C’est tellement mignon de voir tous ces animaux souffrir et se rebeller ! Oui et tellement émouvant de voir leurs expressions si bien réalisées. Malgré moi certains passages m'ont fait penser à certains Disney comme les Aristochats ou même les 101 Dalmatiens en parcourant ces 66 planches sublimes. Ça m’a vraiment beaucoup plu. Et C’est une très intelligente adaptation du récit de Orwell. Que dire de plus ? J’ai trop hâte de lire la suite. La 4ème Gazette, qui entame le début du tome 2, est déjà annoncée sur le site de Casterman, mais elle ne sortira que fin janvier 2020. Et je me dis que le tome 2 de l’album du coup va sortir dans pas mal de temps mais c’est normal, laissons travailler les artistes tranquillement.

15/10/2019 (modifier)