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Couverture de la série Le Guide de...
Le Guide de...

Voilà le type de série qui a tout pour monopoliser les étalages des supermarchés, et pour me faire fuir normalement. Mais, ayant bêtement oublié d’emporter de la lecture dans les transports, je me suis trouvé réduit à piocher dans le très maigre choix d’une « boîte à livres », et donc ai découvert ce que je ne connaissais que de nom ou par quelque coup d’œil sur une couverture en traversant le rayon BD d’une grande surface. L’album que j’ai donc lu – et qui sera le seul de la série – est « Le guide de la Trentaine ». Si je ne mets pas la note minimale, c’est parce qu’il y a peut-être (même si quand même j’ai du mal à le croire) quelques albums qui sont d’une meilleure qualité. Mais celui-là ne m’a pas convaincu de passer outre mes préventions contre ce type de publication. Le dessin d’abord, gras et moche, simple et sans personnalité, ne m’attire pas. Passe partout, avec une colorisation elle aussi grasse et manquant de finesse, l’emballage est à la – faible – hauteur du contenu. Contenu qui ne m’a pas vraiment amusé, ni intéressé. C’est convenu, use de clichés sans les dépasser. Triste. En avisant la série, j’ai découvert qu’il y avait eu beaucoup plus d’albums que je ne le pensais, l’éditeur cherchant visiblement à ne laisser de côté aucun filon, aucun thème (il doit lutter avec Bamboo sur ce créneau je suppose), pour ce qui se révèle être une série surfant sur le manque d’idée en matière de cadeau. En fait, ça me ferait bien ch… si on m’en offrait un. Je ne le conserverais pas en tout cas, préférant garder de la place sur mes étagères pour des choses plus ambitieuses et intéressantes. A fuir donc. En tout cas, du coup, je fais davantage attention à ne pas oublier de prendre un bon bouquin avant de prendre le train.

14/10/2019 (modifier)
Couverture de la série Les Guides au féminin
Les Guides au féminin

Erreur de ma part, je n’avais ce jour apporté aucun bouquin à lire dans les transports (ce que je fais tout le temps), et j'ai été réduit à zieuter en gare dans une de ces « boîtes à livres » qui fleurissent dans les lieux publics, pour trouver de quoi me faire passer le temps – et de façon agréable de surcroit. Hélas, ne restait qu’un roman de Musso et deux BD (« Je suis une super maman ! » et « Le guide de la Trentaine » dans une collection proche). Deux BD que je n’aurais normalement jamais lues, mais là, c’était ça ou Musso ou m’emmerder. J’ai opté pour ce que je croyais la moins mauvaise solution. Toujours est-il que ce « Guide au féminin » s’est révélé sans intérêt. Le dessin – et le ton parfois – tentent de s’inspirer de la vogue girly (dont je ne suis pas du tout le cœur de cible !). Mais il n’y a là aucun punch, aucun passage drôle ou dynamique qui peuvent faire passer la lecture ailleurs, et le dessin lui-même est plus proche des vieux albums pour enfants (figé, terne, impersonnel) que de celui de Bagieu et autres « blog girly like ». Sous ces dehors faussement tendance, on retrouve en fait un amas de clichés de gags pas drôles : si j’étais méchant, je dirais que c’est un travail de tâcheron, bâclé, pour répondre à un appel d’offre manquant d’ambition. Note réelle 1,5/5.

14/10/2019 (modifier)
Couverture de la série Corps sonores
Corps sonores

J’ai du mal à considérer ce recueil de courts récits autrement que comme un véritable one-shot. En effet, Julie Maroh a construit cet album avec une véritable volonté de continuité et même si l’on ne retrouve qu’exceptionnellement les mêmes protagonistes d’une histoire à l’autre, toutes ces courtes nouvelles forment un seul et long récit qui nous montre la relation amoureuse à différents stades. Et outre le fait de nous montrer les différents stades de la relation amoureuse (depuis la rencontre jusqu’au deuil), Julie Maroh s’attelle à nous présenter de nombreux et variés modèles de relations amoureuses ainsi que de nombreux et (un peu moins) variés physiques de personnes amoureuses (je dis un peu moins car étrangement, l’obésité masculine n’a pas droit à l’amour au travers de ces pourtant nombreux profils… Oui c’est de la chicanerie mais à partir du moment où l’auteure mentionne sa volonté d’offrir un panel le plus large possible, cette omission sans doute involontaire (inconsciente ?) m’a étonné). Je mets un instant de côté cette volonté de montrer une large diversité de types de relations pour parler de l’état d’esprit de ces récits. Et bien, ceux-ci m’ont beaucoup fait penser aux œuvres de Vanyda. On y retrouve le même naturel dans les dialogues, la même légèreté et parfois un petit côté fleur bleue mélancolique à l’eau de rose qui risque d’en irriter certains. Toutes les histoires ne sont pas du même tonneau, certaines sont anecdotiques, d’autres marquent plus mais dans l’ensemble j’ai passé un agréable moment de lecture. L'emploi de quelques mots québécois donne un petit côté exotique qui a aussi joué dans mon appréciation d'ensemble. Et pour en revenir au fait que Julie Maroh a volontairement multiplié les formes de couples, voire trios amoureux. Et bien je ne peux que louer l’initiative ! Ce livre montre que l’amour peut prendre des formes diverses, que chaque relation est unique et se construit en fonction des partenaires, qu’à partir du moment où chacun des partenaires est désirant il n’y a rien de mal, rien de ‘contre nature’. La démonstration est parfois manichéenne mais je préfère de loin cette démarche à la démarche inverse. Une démarche qui nous montre toujours le même modèle de couple, imposant de manière inconsciente ce modèle comme normal et cataloguant ainsi les autres comme des modèles ‘anormaux’. Donc voilà, j’ai trouvé les intentions des plus louables, les histoires dans l’ensemble agréables, le dessin plutôt plaisant même si pas toujours très précis et la structure bien pensée. Du coup, ben, c’est franchement bien à mes yeux !! (Et n’en déplaise à la bibliothèque dans laquelle j’ai emprunté cet album, j’ai placé celui-ci sur bdtheque en ‘tout public’. A mes yeux, deux hommes nus allongés dans le même lit ou deux femmes pratiquant un cunnilingus ne sont pas des images à bannir du regard d’un jeune lecteur… surtout quand celui-ci peut sans soucis visionner les pornos les plus rétrogrades sur internet, s’abreuver de la violence la plus primaire au travers de la première série américaine venue ou admirer les massacres humains les plus sordides au journal télévisé).

14/10/2019 (modifier)
Couverture de la série Céphéide
Céphéide

Je me suis franchement ennuyé durant ma lecture de cet album. Je n’ai rien contre les récits symboliques mais ça me saoule grave quand je capte pas ce qu’ils sont sensés symboliser. Je n’ai rien contre les récits fantastique, tant que j’y découvre une certaine logique et surtout une résonance avec notre propre quotidien. Et là, ben on est en plein dans ce qui m’énerve : l’univers me semble réduit et ennuyeux et je ne comprends pas la finalité du récit. Par ailleurs, le dessin de Mélissa Morin n’est pas de ceux que j’apprécie particulièrement. Les décors sont extrêmement basiques (une route, quelques roulottes sommairement dessinées, des cratères de temps à autres), les visages et physionomies des personnages sont extrêmement caricaturaux, les perspectives sont très libres, les couleurs sont extrêmement flashy. En fait, tout est simplifié au possible, jusqu’aux visages très régulièrement dépourvus d’yeux et de bouche. En résumé : le dessin ne m’a pas séduit, l’histoire ne m’a pas passionné du tout et je n’ai pas compris le sens profond de cette aventure sans doute symbolique. Que voulez-vous que je dise d’autre que « je n’ai pas aimé » ?

14/10/2019 (modifier)
Couverture de la série Le Caravage
Le Caravage

Je m’attendais à autre chose et en tous les cas pas à une biographie somme toute assez classique du peintre. Mais ici l’aspect biographique l’emporte à mes yeux sur l’émotion. J’ai trouvé un enchaînement de scènes qui expliquent l’évolution artistique du Caravage mais qui laissent au second plan les sentiments des personnages qu’il croise. Pour ces derniers, on reste soit dans le stéréotype de base, soit dans l’évasif le plus complet. C’est sans doute ce qui explique pourquoi je n’ai pas été spécialement touché par la destinée du Caravage. Il me manquait un contexte plus global, une vision d’ensemble qui m’aurait permis d’entrevoir l’âme de l’artiste et ses tourments plutôt que d’avoir devant mes yeux ce portrait assez caricatural et romanesque du peintre. La fin du récit est assez expéditive, comme si Manara n’avait plus assez de matière pour un troisième tome et devait donc résumer succinctement les dernières années du Caravage pour tout faire tenir en deux tomes. Côté dessins, Manara nous met de la femme à poil à la moindre occasion. Soyons honnêtes : nous aurions été déçus s’il n’en avait pas été ainsi. Le lecteur pourra ainsi très régulièrement admirer des croupes fessues et fessées au fil du récit. Les décors sont soignés avec de très belles reproductions de tableaux ainsi que quelques scènes d’intérieur qui donnent une idée de la démesure des bâtiments de l’époque (il m’est même difficile de voir là une reproduction fidèle plutôt qu’une production fantasmée de la vision de Manara… mais ça a de la gueule !) La colorisation est assez terne à mes yeux mais elle permet de mettre en avant la qualité du trait de l’artiste. Au final, ça se laisse lire, c’est instructif pour qui ne connait pas le Caravage… mais pour moi on est loin d’un chef d’œuvre. Juste un bon emprunt de bibliothèque (voir plus si on est un inconditionnel du trait de Manara).

14/10/2019 (modifier)
Couverture de la série La Venin
La Venin

Pour faire un bon western, il faut (dans le désordre) : - Des fusillades ; - Des saloons ; - Des prostituées ; - Des poursuites à cheval ; - Des cow-boy ; - Des indiens ; - Des règlements de compte ; - Des marshalls ou des sherifs ; - Des rails sur la plaine ; - Des scénarios construits sur des concepts simples (une vengeance, par exemple). En un tome, la venin nous offre déjà tout ça ! On aurait pu craindre l’overdose de classicisme mais Laurent Astier parvient à apporter quelques notes de modernité dans ce scénario fondamentalement peu original pour le genre. Le résultat ? Un premier tome qui se lit avec plaisir, bien illustré dans un style lisible et lumineux (et classique, mais faut-il le préciser ?) Très certainement pas un western qui va révolutionner le genre mais si vous avez envie de lire un récit respectueux de cet univers et de ses codes (d’après les années 50 car les indiens ici ne sont pas de fielleux sauvages assoiffés de haine et de sang), cette série est faite pour vous.

14/10/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Astérix
Astérix

Oui, évidemment, "Astérix" est LA référence BD francophone d'humour et d'aventures (avec De Cape et de Crocs, désormais). Autant les tous premiers albums ont plutôt mal vieilli ("Astérix le Gaulois", "La Serpe d'Or"...) et les derniers avec Uderzo seul aux commandes baissent franchement de qualité, autant la plupart des autres se lisent et se relisent avec délectation et bonne humeur, et ce à tout âge. Il y a tellement de bons mots, de références devenus cultes, d'humour potache et sans âge... Ces dizaines d'albums là trouvent leur place dans n'importe quelle bédéthèque ! Et puis viennent les tous derniers albums d'Uderzo, et là, ça tombe de ce piédestal géant sur lequel Astérix était monté. Quel dommage d’entacher une série qui avait tout pour être parfaite... Le tome 33 a été pour beaucoup et pour moi le symbole de la déchéance de la série. Sincèrement, je préfère occulter cet album de la série quand je pense à Astérix. Ce sont ces tous premiers albums ainsi que les tous derniers d'Uderzo qui me font éviter la note maximale sur cette série, mais de nos jours, qui ne sait pas qu'Astérix est un monument de la BD ? Et après Uderzo, Conrad et Ferri ont repris le flambeau. Ce sont deux auteurs que j'aime beaucoup pour leurs oeuvres d'avant Astérix. Les albums qu'ils ont produits pour cette série là maintenant sont... sympathiques. Le dessin est très bien, très proche de celui d'Uderzo, suffisamment pour ne pas se sentir dépaysé ou dérangé pour les plus puristes. Les scénarios sont divertissants... mais pas hilarants. Disons qu'alors que les albums de Goscinny et Uderzo étaient des indispensables à mes yeux, ces nouveaux là sont juste d'agréables lectures faisant vivre un peu plus longtemps le souvenir de nos gaulois préférés, mais je n'ai plus du tout d'appréhension à l'idée de ne pas avoir lu l'un ou l'autre des tomes les plus récents.

17/10/2003 (MAJ le 14/10/2019) (modifier)
Couverture de la série Bootblack
Bootblack

Il m’est difficile d’écrire un avis sur cette série tant il me semble à la fois que tout est bon mais que rien n’est exceptionnel… Le point fort est très certainement le dessin et la colorisation de Mikaël, déjà auteur du remarquable « Giant ». Son style réaliste très lisible et ses choix de couleurs où les tons sépia dominent dotent ses planches d’un charme certain. Ses décors de grandes villes américaines de l’entre-deux-guerres accentuent encore ce classicisme né de l’aspect très cinématographique des cadrages et de la colorisation. Le scénario n’est pas en reste, que ce soit au niveau de la structure du récit (une scène introductive sous forme de flash-forward puis un récit linéaire qui nous explique le passé du personnage principal et enfin un retour à une époque ultérieure pour la scène finale de ce premier tome) ou au niveau des personnages (le jeune gamin des rues prêt à tout pour s’en sortir, l’ami de galère, la belle et jeune voisine dont il tombe éperdument amoureux ou la bande rivale) ou encore au niveau de la progression du récit (la découverte du milieu, puis l’évolution des petites magouilles jusqu’à la catastrophe qui fera tout basculer). Que du classique, vous dis-je ! Et en définitive, si rien n’est mal fait –je dirais même s’il y a beaucoup de maîtrise et de talent là derrière- je n’ai jamais été estomaqué par ce scénario, jamais été surpris, jamais été emporté… mais je lirai le deuxième tome !

14/10/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 2/5
Couverture de la série Il était une fois le Carlton
Il était une fois le Carlton

Je ne savais pas trop sur quel pied danser en lisant cette BD. Ça ressemble à un document historique sur Cannes, son festival de cinéma et ce fameux hôtel. Et en même temps, cela ressemble aussi à un gros encart publicitaire pour le Carlton. Et aussi à un hommage nourri à la Jet Set, aux grands de ce monde et aux riches vedettes. Et ces deux derniers points me rebutent fondamentalement. Sur la forme, c'est un documentaire historique assez maladroit, avec la mise en scène très artificielle d'une journaliste enthousiaste venue faire un reportage émerveillé sur le fantastique passé du palace et qui va avoir pour guide un formidable fantôme lui faisant revivre tous les moments de gloire que ces lieux ont vécus. Vous y noterez beaucoup d'emphase car c'est vraiment une oeuvre à l'honneur de ce monument Cannois et de la vie festive qui l'entoure. Le dessin est de qualité honorable, plutôt soigné, détaillé et documenté. C'est assez joli. Il présente cependant quelques imperfections notamment au niveau des visages qui sont assez changeants. Mais sur le fond, je me retrouve donc dans la perplexité. Je fus relativement intéressé par l'Histoire de la ville de Cannes et de comment elle est passée en un peu plus d'un siècle d'un village provençal à une cité balnéaire célèbre pour son festival de cinéma et aussi donc son grand hôtel de luxe. Et en même temps, je fus agacé par la représentation idyllique et publicitaire de ce palace et de sa populace huppée. Glorifier la célébrité et l'argent et ce qu'il permet de s'acheter, les dorures qu'il offre et les fêtes que s'octroient les grands de ce monde, c'est le type de lecture qui me fait grincer des dents. Vous ne me verrez pas lire Gala et autres Ici Paris, donc de voir une part de cela dans cette BD, ainsi qu'une grosse part de glorification d'un hôtel privé à vocation commerciale, ce n'est pas une lecture que je conseillerais.

14/10/2019 (modifier)
Par Jetjet
Note: 3/5
Couverture de la série La Pro
La Pro

On le sait déjà depuis un petit bout de temps : Garth Ennis n'aime pas les Superslips. Si son point d'orgue dans ce domaine de prédilection reste et demeure le long et bavard The Boys, on peut considérer "La Pro" comme une première ébauche de ce même thème. Le pitch de départ est aussi con qu'intriguant : faire d'une prostituée une super-héroïne qui devra intégrer rapidement une équipe de bras cassée, parodie évidente mais peu inspirée de la JLA où son mauvais caractère, ses jurons incessants et son franc parler vont semer la zizanie. Car "la Pro" embarque ses mauvaises mœurs, un marmot braillard et les clopes qu'elle fume en permanence pour résoudre les tracas des justiciers. Qu'importe si elle "pisse" littéralement à la gueule de ses ennemis, récompense le jumeau de Superman d'une fellation en bonne et due forme ou fracasse littéralement les terroristes.... Vous aurez donc rapidement compris que le récit d'Ennis emmené par le dessin clair et limpide d'Amanda Conner ne se prend pas du tout au sérieux et vole dans les plumes des DC Comics en ratissant le plus large et trash possible. Le tout reste plaisant à lire même si les raccourcis sont évidents et la subtilité aux abonnées absentes. Dommage néanmoins que la lecture soit si courtee et ne risque pas de laisser un souvenir impérissable. Divertissant souvent, drôle parfois et débile tout le temps, "La Pro" ne déroge pas à l'esprit provocateur de son créateur.

13/10/2019 (modifier)