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Les dernier avis (87534 avis)

Par Mosath
Note: 4/5
Couverture de la série Jusqu'au dernier
Jusqu'au dernier

Les grands espaces, la fin d’une ère, les gueules dures, le huis-clos d’une petite communauté, le vice et la mort qui rôdent à chaque coin de page, tout est en place pour un parfait western, brutal et pur. J’avoue qu’après la belle couverture et l’introduction de 3 pages « pré-générique » à la Leone, j’étais ferré. Par la suite l’intrigue bien menée, est superbement servie par le dessin et le découpage, parfaits à mon goût et tellement adaptés au genre. On peut regretter que les événements de la dernière partie s’enchaînent si vite, nous privant de personnages plus profonds et développés. Cependant la fin où se noient le bien, le mal, la fin d’un monde, le progrès... nous laisse sur notre faim comme souvent celle d’un excellent western. Bref, il ne manque que la musique. Un immanquable pour les fans du genre.

26/01/2020 (modifier)
Couverture de la série Sexxion X
Sexxion X

Bien sûr – et les images que j’ai mises dans la galerie le montrent, c’est à réserver à un lectorat adulte (on est chez Tabou quand même !). Et l’album est bien rempli de scène hard, et ne met pas forcément en avant des relations pleines de délicatesse. Mais ce n’est pas censé n’être qu’une suite de scène de cul, Mc Cock (voilà qui fleure bon le pseudo à 2 balles !) ayant voulu en faire une sorte de parodie des romans de gare, des films, bouquins, jouant sur les clichés autour des officiers allemands pendant la guerre, avec des uniformes, des instruments de torture (mais ici la torture est sexuelle), et des nazis forcément sadiques. Le dessin de Cénou ajoute à ce côté parodique – et enlève peut-être par le même coup un peu d’érotisme – avec un trait plutôt adapté à la BD franco-belge d’humour. On est donc dans la Grosseuh Rigoladeuh, l’humour n’étant pas plus fin que les scènes de cul. Il peut y avoir des suites, mais je ne le souhaite pas. En effet, c’est souvent poussif, l’humour lourdaud lasse très vite, et le dessin (correct, mais pas merveilleux, surtout pour apporter un côté émoustillant) ne m'a pas emballé plus que ça. Bof donc.

25/01/2020 (modifier)
Couverture de la série Il faudra me passer sur le corps
Il faudra me passer sur le corps

Mouais. Cet album se laisse lire et/ou regarder, c’est sûr, mais sans plus je trouve. La faute d’abord au dessin. Il est intéressant, avec un trait très gras, mais se prêterait davantage à des histoires jouant sur l’humour, et ne me convient pas forcément pour quelque chose d’érotique. Mais après tout pourquoi pas (Gisèle et Béatrice usait récemment d’un dessin assez proche, même si plus « léché », si je peux me permettre cette image ici). L’histoire ensuite, n’est pas non plus hyper folichonne. Elle manque un peu d’originalité. Une secrétaire aux besoins sexuels importants, sorte de « working girl » moderne, tente de les « calmer » avec un thé « spécial ». C'est un brin amusant, un peu émoustillant. Je reconnais que l’auteur s’est écarté des canons habituels du genre, avec une héroïne aux formes généreuses – c’est rare et à saluer (et une copine à la coupe afro surdimensionnée). Entre intrigue moyenne et scènes de cul au bureau, l’histoire peine à revisiter les fantasmes classiques autour des secrétaires.

25/01/2020 (modifier)
Couverture de la série Nick Carter et André Breton - une enquête surréaliste
Nick Carter et André Breton - une enquête surréaliste

Je suis passionné de poésie, et particulièrement par le mouvement surréaliste (que ce soit au niveau politique, poétique et pictural – ces trois aspects formant un tout indissociable). C’est donc avec grand intérêt (mais aussi avec quelques craintes) que j’attendais cet album, après en avoir entendu parler (d’autant plus que David B. est un auteur que j’apprécie plutôt). Ma première surprise est de retrouver cet album chez Soleil, alors qu’il aurait très bien pu être édité par L’Association, berceau habituel de l’auteur, et chez qui il vient de publier un album au format à l’italienne similaire, « Le Mort détective ». Mais bon, c’est dans la collection Noctambule de Soleil, et donc l’habillage est de qualité (c’est clairement l’une des meilleures, sinon la meilleure collection de cet éditeur pas toujours « haut de gamme »). David B. a choisi pour cette « histoire », de mêler le feuilleton tel qu’il se pratiquait au début du XXème siècle dans la littérature populaire (et qu’adoraient les surréalistes, Breton, Desnos et Prévert en tête) à la vie du mouvement surréaliste et principalement de celui qui de l’extérieur apparaissait comme son « leader », André Breton. La narration est fluide. Chaque page est occupée par un dessin (le plus souvent chargé, dans le style classique de l’auteur, un peu stylisé), avec en dessous un texte développant, sinon une intrigue, du moins une « histoire », une sorte d’enquête, mais aussi, plus qu’en filigrane, l’évolution du mouvement surréaliste. C’est là que le bât blesse d’après moi. En effet, sans vouloir passer pour un gardien du temple, je trouve que David B. n’a qu’une connaissance superficielle du mouvement, et qu’il a trop facilement repris quelques clichés (sur l’autoritarisme de Breton – ne parle-t-on pas de « pape » à son propos, contre toute évidence pour qui connait ses idées, et le mode de fonctionnement réel de sa pensée et du mouvement, ce que la lecture de ses correspondances, qui commencent à être publiées depuis 2016 permet de préciser). Ceci s’accompagne donc d’imprécisions, voire d’erreur (sur les motifs de la rupture entre Breton et Aragon – qui ne se sont sûrement pas rencontrés aux Etats-Unis ! – entre Breton et Dali, etc.). Breton a déjà été utilisé de très nombreuses fois dans des romans, et c'est généralement peu concluant - les polars de Pécherot étant sans doute une exception. Après, libre à chacun de créer sa propre histoire, et cet album n’a rien d’historique. Mais l’hommage qu’il voulait ou prétend rendre à Breton, détourne trop la réalité pour que je m’y retrouve vraiment - d'où ma relative déception. Reste le dessin de David B., que j’aime bien, et un hommage aux « feuilletons », aux serials, lui plutôt sympathique. D’où ma note « moyenne », du fait des partis pris que je conteste. Note réelle 2,5/5.

25/01/2020 (modifier)
Couverture de la série Le Photographe
Le Photographe

J’ai lu cette BD car elle faisait partie des immanquables du site ; sans cela je serai sans doute passée à côté sans y prêter attention. Et même en la feuilletant je n’aurais sans doute pas eu envie d’aller plus loin, car le graphisme ne m’a pas attirée plus que ça au premier abord, et je ne suis pas forcément fan du mélange entre photographies et dessins. J’ai finalement trouvé cet aspect plutôt réussi, même si certaines photographies manquaient parfois un peu de lisibilité. Je suis donc contente d’avoir suivi les avis du site, car il aurait été dommage de passer à côté de cette série. La plongée au sein d’une mission de Médecins Sans Frontières est très intéressante, elle permet de mesurer la difficulté d’entreprendre de telles expéditions, mais également leur nécessité. C’est toujours passionnant de voyager, que ce soit en vrai ou par le biais de documentaires, notamment pour découvrir d’autres cultures. Ici l’auteur nous entraine dans des pays que l’on connait au final très mal, et que je n’aurai sans doute jamais l’occasion de visiter réellement. J’ai particulièrement apprécié le deuxième tome dans lequel le photographe côtoie de plus près la culture afghane, et où on est témoin de la dureté de la guerre en suivant les médecins qui soignent les patients. Je ne peux que recommander vivement cette lecture.

25/01/2020 (modifier)
Couverture de la série Dans la tête de Sherlock Holmes
Dans la tête de Sherlock Holmes

Quel plaisir d’avoir entre les mains un ouvrage d’aussi belle facture, et quel plaisir de constater que le contenu est largement à la hauteur de son écrin ! A mon sens, si la bande dessinée a été inventée c’est pour que ce genre d’ouvrage puisse voir le jour. On n’est pas ici en présence d’une énième adaptation des aventures du célèbre détective ; les auteurs semblent avoir réfléchi à ce que la bande dessinée pourrait apporter aux enquêtes de Sherlock, et tout au long de l’album ils utilisent au maximum le potentiel de la bande dessinée. Cela m’a rappelé par certains aspects l’excellente série Julius Corentin Acquefaques. La couverture à elle toute seule est déjà une franche réussite, et ne peut que donner envie de se plonger dans la bande dessinée. Une fois celle-ci ouverte, il est difficile de la lâcher, tant on prend plaisir à suivre les méandres du cerveau de Sherlock, à pénétrer au plus profond de son palais mental et à suivre le fil rouge de ses déductions. Chaque planche est un véritable régal pour les yeux, que ce soit par le découpage de toute beauté ou par la qualité du dessin, très stylisé et qui colle parfaitement à l’ambiance victorienne merveilleusement bien rendue. On sent qu’aucun détail n’a été laissé au hasard, à l’image du papier utilisé (l’ouvrage semble imprimé sur du papier vieilli, nulle place pour du papier glacé blanc, ce qui renforce l’ambiance recherchée). A noter qu’il s’agit d’une histoire inédite et non pas l’adaptation d’un récit d’Arthur Conan Doyle ; il faudra attendre la sortie du tome 2 pour se faire un avis plus précis de l’histoire, mais le tome 1 promet une suite intéressante. Assurément un de mes coups de cœur de 2019, je suis ravie qu’il soit sélectionné à Angoulême dans la catégorie polar.

25/01/2020 (modifier)
Couverture de la série Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle
Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle

Cette bande dessinée me faisait de l’œil depuis sa sortie, et la lecture du superbe Tyler Cross m’a encore plus donné envie de découvrir cet opus réalisé par le même duo d’auteurs. Techniquement, l’album est une réussite : Fabien Nury mène à merveille la narration ; quant à Brüno, personnellement j’aime beaucoup son dessin qu’on reconnait entre mille, son choix des couleurs et sa mise en scène. Cela peut sembler étrange, mais j’ai trouvé que son graphisme peu réaliste renforçait la dureté de certaines scènes. L’histoire est très intéressante, et le thème de l’esclavage m’a beaucoup touchée ; j’ai apprécié que les personnages ne soient pas trop caricaturaux, en particulier le maître d’Atar Gull. Mon seul regret est d’être restée un peu sur ma faim : j’ai trouvé la deuxième partie trop courte par rapport à la première, j’aurais aimé que le récit se focalise un peu plus sur le personnage d’Atar Gull. Quelques pages supplémentaires pour mieux recentrer l’histoire sur son personnage principal n’aurait pas été un luxe. Quoiqu’il en soit, j’ai beaucoup aimé cette bande dessinée que je recommande chaudement.

25/01/2020 (modifier)
Couverture de la série Victor Hugo, Aux frontières de l'exil
Victor Hugo, Aux frontières de l'exil

Ce qui m’a frappée d’entrée dans cet ouvrage, c’est la beauté du dessin. La couverture, très alléchante, s’ouvre sur des planches d’une qualité équivalente. Personnellement j’ai été plus que séduite par le dessin, j’ai savouré chaque case, chaque détail… les visages, les décors, tout est somptueux, je ne sais comment dire à quel point j’ai été subjuguée ! Et étrangement, ce dessin magnifique s’est révélé un handicap pour la lecture : je passais tellement de temps en admiration devant certaines cases que j’en perdais le fil de l’histoire, et que je devais retourner en arrière pour relire l’ensemble. Au-delà de ça, j’ai été très intéressée par l’ensemble de l’histoire, qui nous permet de suivre Victor Hugo alors qu’il cherche à découvrir dans quelles circonstances sa fille est morte. Les auteurs semblent être très bien renseignés sur la vie de l’écrivain, et beaucoup de détails sont a priori véridiques. Le seul bémol, en ce qui me concerne, est que je suis toujours un peu gênée lorsqu’on fait vivre à des personnages réels des événements imaginaires, on ne sait jamais trop où se situe la frontière entre la réalité et la fiction ; qui sait si Victor Hugo aurait validé l’histoire dans laquelle l’auteur l’a entrainé… d’un autre côté, cela incite à aller découvrir par nous-mêmes un peu plus de choses sur le personnage, ce qui est toujours intéressant. Donc je suis passée outre cet aspect. Autre petit point faible, c’est l’histoire parallèle qui finalement est peu exploitée, et la fin qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Quoiqu'il en soit, rien que pour le plaisir des yeux cette BD vaut le détour.

25/01/2020 (modifier)
Couverture de la série Nymphéas noirs
Nymphéas noirs

Vu les critiques dithyrambiques lues sur le site et ailleurs, je n’ai pas longtemps hésité à acheter cette BD. Je trouvais en plus la couverture et le titre beaux. J’avais lu que tout le monde avait été bluffé par le twist final, donc forcément j’attendais ce twist. Donc forcément j’y pensais pendant ma lecture… donc forcément j’ai vu le truc venir. Alors dans l’absolu ça ne me gêne pas forcément de deviner la fin d’une histoire. Mais ici ça me pose problème pour deux raisons. La première, c’est que même si j’avais deviné le retournement de situation avant qu’il n’arrive, j’avais des doutes parce que pour moi ça ne tenait pas debout. Je ne pourrais pas détailler ici les raisons qui font que selon moi ça ne fonctionne pas au risque de spoiler, mais je peux dire que j’ai relu entièrement la BD pour voir si ça se tenait. Autant je peux admirer le travail du duo d’auteurs pour adapter le récit en bande dessinée, autant parfois ça frise la malhonnêteté. La deuxième raison, c’est que j’ai trouvé la lecture peu passionnante. Pour moi, c’est un de ces polars où on ne lit que pour connaitre le fin mot de l’histoire, sans prendre vraiment de plaisir à lire. Le déroulement de l’histoire m’a paru sans grand intérêt (d’ailleurs soit je n’ai pas tout compris, soit il reste pas mal de choses en suspens, des pistes qui ne servent à rien… je ne vois même pas l’intérêt des peintures de Monet en fin de compte !) Enfin j’ai trouvé les personnages caricaturaux, sans réel intérêt, l’histoire entre le flic et l’institutrice n’est pas bien rendue, et plutôt que d’assembler les pièces du puzzle au fur et à mesure, on fait du surplace jusqu’aux 10 dernières planches. Finalement j’ai refermé cet album plutôt agacée, j’ai le sentiment que l’auteur triche pour manipuler ses lecteurs.

25/01/2020 (modifier)
Couverture de la série Phoolan Devi, reine des bandits
Phoolan Devi, reine des bandits

Que dire sur cet ouvrage qui n’a pas déjà été dit dans les précédentes critiques ? J’ai découvert l’histoire de Phoolan Devi grâce à Pénélope Bagieu qui en avait fait le portrait dans un des tomes de Culottées. Ici Claire Fauvel nous permet de suivre plus en détails le parcours de cette femme qui n’a décidément jamais eu la vie facile, mais qui a su garder la tête haute en toutes circonstances. L’auteure a décidé de ne pas raconter la dernière partie de sa vie durant laquelle elle était députée d’Inde, c’est un choix que j’ai aimé, l’objectif étant plus de montrer quel a été son chemin pour arriver à une sorte de Robin des Bois moderne. Pour autant elle n’édulcore pas le personnage, montrant la violence dont elle peut faire preuve. Mais quand on est témoin des multiples atrocités qu’elle a elle-même subies depuis son enfance, on peut comprendre ses actes. Certaines scènes sont à la limite du soutenable, heureusement le trait délicat de Claire Fauvel permet de rendre l’ensemble supportable. Une lecture marquante sur une personne au destin hors normes.

25/01/2020 (modifier)