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Couverture de la série Darnand le bourreau français
Darnand le bourreau français

De Darnand, je ne connaissais que sa période collaborationniste, durant la Seconde guerre mondiale, le chef de la milice : une ordure donc. Cette série – du moins le premier tome, m’a fait découvrir son « passé » de héros de la Première guerre mondiale (et m’a aussi appris, même si c’est moins important, l’origine du mot sniper). La suite, à partir du milieu du premier tome et dans le deuxième, usant parfois de flash-backs, nous embarque dans la seconde guerre mondiale, éclairant un personnage finalement emblématique d’une certaine partie des Français, jusque dans leurs ambigüités, à la fois patriotes et antiallemands, mais surtout anti communistes et antisémites : avec la cagoule comme catalyseur. Cela se laisse lire, avec du rythme, un peu comme ce qu’avait fait Nury sur L'Or et le Sang (même si le scénario était plus riche – mais aussi moins bridé que pour ce « biopic »). Série déjà dessinée par Bedouel, dont le trait est dynamique, globalement bon (malgré certains visages un peu trop anguleux à mon goût), et fluidifie la lecture. Le troisième tome conclut cette série. Il traite de la partie la plus noire de Darnand, sa montée vers la lumière se transformant en descente aux enfers. Il nous mène, avec Darnand, vers un épilogue sanglant et ambigu : la mort de ce type emblématique d'une certaine dérive, de la collaboration, n'épuise pas les questions restées en suspens autour de Vichy, de son administration et de ses serviteurs - certains comme Papon ou Bousquet échappant à la répression (et continuant même leur carrière politique). Cela n'épuise pas non plus certaines questions concernant la personne, la personnalité même de Darnand (qu'une citation de de Gaulle en exergue place presque comme une victime de Vichy). Mais voilà, ce tome, qui multiplie les flash-bask, se révèle le plus confus et sa lecture s'est révélée clairement moins fluide que les deux précédents. Reste que la série dans son ensemble est bien fichue, avec une présentation certes incomplète et ambigüe du bonhomme, mais sans en occulter non plus certains des traits les plus noirs. Sur un sujet casse-gueule, ce triptyque s'en sort plutôt bien.

08/12/2018 (MAJ le 15/11/2019) (modifier)
Couverture de la série Saison des amours
Saison des amours

Mouais. Reiser est un auteur que j’aime plutôt bien, qui est représentatif d’une époque, d’un style rentre dedans, et d’un certain type de publications anarchisantes et politiquement incorrectes. Un auteur qui a aussi un style particulier. Graphique tout d’abord, c’est-à-dire minimaliste, un coup de crayon jeté sur la feuille sans prétention (mais pas sans efficacité !), une certaine frénésie, mais aussi une nonchalance bonhomme qui déplait à beaucoup, sans doute, mais qui me touche. Mais la fausse simplicité de son trait ne passe qu’accompagnée de poésie, d’humour noir ou, comme souvent, de critique sociale. Et c’est ici que le bât blesse dans cet album je trouve. En effet, si l’on retrouve quelques thèmes ou « images » classiques chez lui (les animaux au comportement humain – sexuel avant tout, des « sauvages », etc.), j’ai lu cet album sans y trouver le même plaisir que dans beaucoup d’autres de cet auteur attachant. Il se laisse lire facilement (et rapidement, car à part quelques meuglements de vaches, et deux ou trois onomatopées, c’est entièrement muet), mais aussi sans enthousiasme, hélas. A noter qu’une bonne partie de cet album sera repris quelques années plus tard (avec quelques changements) dans l’ensemble Tam-Tam. Note réelle 2,5/5.

15/11/2019 (modifier)
Par Ju
Note: 3/5
Couverture de la série Junk
Junk

Friand de westerns et fan du style de Brüno, ce diptyque ne pouvait, en théorie, que me plaire. Et ça a été le cas. Nous avons ici affaire à une histoire classique mais bien ficelée : un groupe d'anciens hors la loi se retrouve pour une expédition montagneuse afin de retrouver une partie du magot des confédérés, caché là après la guerre de sécession. On a donc ici des "vieux" bandits, plus ou moins bien conservés. Ils passent leur temps à s'engueuler, à se rappeler le bon vieux temps, etc. On a une bande de vieux copains, ensemble pour une dernière danse, au milieu des loups, des ours et du froid. Je dois avouer que l'histoire m'a tenu en haleine, on a envie de savoir qui est ce fameux traitre, dont Hank, le chef de la bande, parle dès les premières planches. Cela donne une ambiance, un peu de suspense, et dans un western, c'est un ingrédient incontournable. J'ai bien aimé la façon dont ça se finit pour les héros, et le développement de chacun de ces vieux finalement attachants. Car chacun des protagonistes est développé, et a un rôle et une personnalité bien définie. Faire ça en deux albums, c'est pas mal. Le scénario est bon, les retournements de situation aussi, bref c'est un très bon western. Et je trouve que le dessin est un énorme plus. Ce style si particulier colle très bien au récit. Les décors font très vrais, on a froid avec ces pauvres hères perdus dans les montagnes. Les personnages sont très bien croqués, on sent sur eux tous les dégâts infligés par la vie. Jill, en particulier, fait très femme fatale dont la beauté est passée, avec ses deux traits de part en part de son visage et son corps fatigué. Ses compères masculins ne sont pas en reste, je trouve que Brüno a très bien su faire vieillir ses personnages (on voit une photo d'eux plus jeunes). Mais alors pourquoi seulement 3/5 et pas 4, alors? Pour une seule raison. Je n'aime pas, mais alors vraiment pas sortir d'une bd en ayant le sentiment qu'un truc important m'a échappé. Et je dois avouer que je ne digère pas le coup du "mystérieux personnage" qui vient tout chambouler, dans les trois dernières pages, sans explication aucune. Si je conçois que ça peut laisser libre cours à l'imagination des lecteurs, moi, ça me frustre, et j'en oublie toute l'histoire (très bonne) qui vient de se dérouler. C'est assez frustrant car il s'en fallait de 6 ou 7 cases (le total des apparitions de ce mystérieux protagoniste) pour que je ne garde un très bon souvenir de cette bd. Mais il me reste cette petite amertume, cette frustration, qui fait que je me contente du "pas mal", alors que j'ai vraiment apprécié la lecture.

15/11/2019 (modifier)
Par Sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Dans l'abîme du temps (Tanabe)
Dans l'abîme du temps (Tanabe)

Fabulissime, Après son adaptation fort réussie de Les Montagnes Hallucinées, Gou Tanabe nous en remet une couche avec ce sublime Dans l'abîme du temps, dernier récit du maitre de Providence qui de son vivant ne connut pas le succès qu'il méritait étant sans doute trop en avance sur son temps ou bien trop novateur de par les sujets qu'il traitait. Cette nouvelle est une de mes préférées de Lovecraft tout près de " Le cauchemar d'Innsmouth" dont j'attends l'adaptation avec grande hâte. Dans ce récit et comme dans Les Montagnes Hallucinées, Gou Tanabe a réussi le pari d'adapter l’œuvre en épurant le style littéraire de Lovecraft qui il faut bien le dire était parfois un peu suranné, l'auteur employant d'ailleurs souvent des termes anglais déjà obsolètes au moment où les nouvelles furent écrites. Sans moderniser le texte , Tanabe offre un récit puissant qui vaut bien sûr par son dessin. Je pense dans ce récit à la page d'ouverture nous montrant la bibliothèque de la Grande Race : il y a du Druillet dans cette planche, ce qui bien sûr n'est pas pour me déplaire. Dans l’œuvre de Lovecraft, les personnages sont bien souvent pour ne pas dire toujours à la limite de la folie, les expériences intérieures ou non qu'ils vivent les placent dans un état tel qu'ils ont du mal à faire la différence entre le réel et le monde onirique. Tanabe avec son style de visage un peu figé arrive paradoxalement à transmettre au lecteur ce sentiment d'angoisse ressenti par les personnages. C'est donc un presque impossible défi que Tanabe relève ici et de fort belle manière. Si l'on ajoute à cela encore une fois une très belle édition utilisant le similicuir, rappel évident du célèbre "Necronomicon", il n'y a plus qu'à se ruer sur l'objet dont la lecture est indispensable pour tout amateur qui se respecte. Grandiose.

15/11/2019 (modifier)
Par LuluZifer
Note: 3/5
Couverture de la série October Faction
October Faction

Steve Niles est un scénariste que tout le monde connait un tant soit peu, je pense, si on aime lire des comics et surtout des comics horrifiques. Il a, entre autres, scénarisé la série 30 jours de nuit au côté du talentueux Ben Templesmith, au design lugubre et terrifiant, qui a à son actif un bon nombre de comics en cours. Et bien évidemment du Spawn avec plusieurs titres à son arc et du Star Wars. Présentement, c’est au côté d’un petit nouveau (à son actif également 3 séries dont Dark soul) qu’il s’accoquine et débute une série assez prometteuse qu’on a la chance de pouvoir lire en français depuis ce mois-ci. Cette série est publiée depuis 2015 dans sa version originale chez IDW Publishing et compte à son actif 5 volumes. De plus, elle est déjà optionée et une adaptation en série va bientôt déboulée sur Netflix. C’est bien connu aux US on ne rigole pas ! Dans « October Faction », nous allons suivre les aventures de la famille Allan. Une bien étrange famille qui combat les forces du mal. Les membres de cette famille, bien lugubre, ont des pouvoirs surnaturels. Mais rien n’est jamais simple. Cette famille complètement dysfonctionnelle va réapprendre à s’aimer au fur et à mesure et se serrer les coudes. Puisque combattre des tueurs psychotiques ou même des créatures fantastiques ce n’est pas vraiment calme. En complément, de cette famille, en cours de rétablissement, va se greffer un adolescent à la face de robot et l’ancien acolyte de Fredrick Allan, le père, un loup-garou. Vu comme ça le pitch est assez simple. Excepté qu’il y a cette empreinte graphique très forte grâce à Damien Worm mais surtout en toile de fond de ce récit un scénario de Niles qui a l’air d’annoncer beaucoup de surprises. On sent déjà les prémices d’une création assez forte en sensations et pourvus d’échanges émotionnelles assez profonds entre les personnages. Ne pas se fier au ton léger qui met parfois de côté le ton horrifique, si cher aux histoires de Niles. Pour moi, un bon début de série surnaturelle et fantastique, très prometteuse, aussi bien pour les ados que pour les adultes et j’attends de voir avec impatience le rendu de la série originale adaptée par Netflix. Et bien évidemment le tome 2 d’October Faction chez Delcourt !

15/11/2019 (modifier)
Couverture de la série Forban
Forban

Forban fait partie de ces récits policiers écrits par d’anciens voyous (à l’image de l’excellent Face au mur). L’avantage de ce genre de livre, c’est que le gars qui l’a écrit sait de quoi il parle. Et cela se ressent à la lecture. La manière dont un coup est monté, les motivations des acteurs, tout cela sonne juste. L’inconvénient, c’est que ces scénaristes ne disposent pas toujours de la maîtrise nécessaire pour nous offrir un scénario équilibré et un découpage précis. Et c’est là que le bât blesse dans le cas présent. Car si ce récit est agréable à lire, j’ai quand même le sentiment qu’il aurait pu être mieux écrit. Il y a notamment certains flash-backs qui tombent comme des cheveux dans la soupe, et un manque d’explosivité dans l’une ou l’autre séquence. Attention ! Comme je l’ai dit : cet album est agréable à lire. C’est juste qu’il ne parvient pas à franchir le palier qui sépare le bon divertissement peu marquant de l’album poignant qui vous prend aux tripes. Dernier bémol : la manière dont le scénariste dédouane un peu trop facilement son héros. Car si je suis d’accord pour dire qu’une prison n’est pas la solution idéale pour préparer une réinsertion au sein de la société, je trouve tout de même facile de rejeter la faute sur ce seul organisme (et c’est un peu le sentiment que j’ai à la fin de cet album). Si vous aimez le genre policier avec des gros accents mis sur l’authenticité du témoignage, c’est un album qui vaut la peine d’être lu. Mais dans ce genre, j’ai quand même préféré « Face au mur ».

14/11/2019 (modifier)
Couverture de la série The Cute Girl Network
The Cute Girl Network

Si vous aimez les comédies romantiques à l’Américaine, voilà très certainement un récit à ne pas rater ! Car ici les deux mots qui composent ce genre sont on ne peut plus mis à l’honneur. La comédie d’abord, avec un personnage masculin d’une maladresse charmante, d’une balourdise enchanteresse, d’une distraction envoûtante. Ce type est un fléau sympathique et certaines de ses mésaventures m’ont vraiment fait rire aux éclats (mention spéciale à ‘os du cul’). Cet humour par moments décalé m’a pris au dépourvu avec une première incursion page 12, cinquième case (visible dans la galerie), qui pour moi caractérise au mieux cet art de surprendre le lecteur en l’emmenant là où il ne s’attendait pas à atterrir. La romance ensuite car ce récit est avant tout une histoire d’amour (avec adjonction d’eau de rose). Une histoire cousue de fil blanc bien dans l’esprit des récits ‘feel good’ où l’on sait d’avance que tout finira bien et que le tendre bisou marquera la fin de l’aventure. Et c’est con à dire… mais j’étais content pour ces personnages que tout cela débouche finalement sur ce happy end d’une totale simplicité. Côté dessin, j’ai bien aimé l’expressivité des personnages et la rondeur du trait. L’emploi du noir et blanc ne m’a pas gêné du tout et je trouve même que cela apporte au récit un petit côté « De mal en pis » qui lui convient bien. Rares sont les comédies romantiques qui m’ont convaincu dans l’univers de la bande dessinée. « The Cute Girl Network » y est parvenu haut la main ! Du coup, je ne peux que dire « franchement bien !! » (et encore, je trouve ça assez réducteur).

14/11/2019 (modifier)
Couverture de la série Unité Combattante Trudaine
Unité Combattante Trudaine

Que voilà un chouette récit policier ! Il nous raconte le destin d’un groupuscule terroriste inspiré par les mouvements radicaux d’extrême gauche qui ont défrayé les chroniques durant les années ’80 (Action Directe en France, Cellules Communistes Combattantes en Belgique ou encore Brigades Rouges en Italie). Le récit que nous en offre Sylvain Ricard est extrêmement réaliste et pimenté par l’infiltration d’un jeune agent de police au sein de ce groupe. Par cet apport, l’intérêt de l’album est double. Il y a dans un premier temps l’aspect politique (et l’on constate avec dépit que les motivations de ces mouvements de gauche d’il y a 40 ans sont les mêmes qui animent des mouvements comme les gilets jaunes aujourd’hui. La précarité, le chômage, l’Etat voyou : rien n’a changé sous le ciel étoilé). Et dans un deuxième temps, le suspense nous happe car ce jeune policier, à force de s’investir dans le groupe, finit par développer des sentiments contradictoires… et on ne sait plus trop de quel côté il se situe. Franchement, que ce soit pour le côté historique ou pour sa dimension fictionnelle, ce récit m’a beaucoup plu. Côté dessin deux styles sont employés. L’un pour recréer l’époque (dessin de figures marquantes, extraits de journal parlé, etc…) est très réaliste et peu engageant. L’autre, utilisé pour tout ce qui est fiction (ce qui constitue la majeure partie de l’album), m’est au contraire apparu très agréable, lisible et dynamique. La combinaison de ces deux styles couplée à l’emploi du noir et blanc donne à cet album un aspect ‘documentaire-fiction’ qui peut effrayer… mais qui me semble convenir parfaitement à l’esprit du récit. Au final, voilà une très chouette petite trouvaille. Un album qui ne paie pas de mine mais qui se révèle extrêmement bien fait dans ce genre.

14/11/2019 (modifier)
Couverture de la série Chroniques de Francine R. résistante et déportée
Chroniques de Francine R. résistante et déportée

Boris Golzio retranscrit ici le témoignage d’une lointaine cousine, qu’il a recueilli peu de temps avant la mort de celle-ci. A part quelques commentaires ou précisions, il s’est borné à « mettre en image » le texte (vaguement remis en forme) des entretiens qu’il avait eu avec elle. C'est la force - et parfois la faiblesse de cet album. Nous suivons donc l’expérience de résistante de Francine, son arrestation (et la torture), son internement, sa déportation puis, dans la deuxième moitié, son « expérience des camps de concentration nazis – durant la période la plus dure, puisqu’elle y est internée entre le printemps 1944 et le printemps 1945 – à Ravensbrück d’abord, puis à Watenstedt-Leinde (qui dépendait de Neuengamme) pour la plus grande partie. Je connais le camp de Ravensbrück pour avoir rencontré l’une des prisonnières françaises, Marie-Jo Chombart de Lauwe (extraordinaire personne venue témoigner de nombreuses fois auprès de mes élèves), qui m’a fait découvrir un autre versant de ce camp (elle « travaillait » pour Siemens, mais aussi vers la fin à l’infirmerie, essayant de sauver quelques enfants). Toujours est-il que le récit de Francine, naturel, sans haine, clair, est glaçant. Elle retrace, au fil du temps et des anecdotes, le calvaire, l’horreur vécu par ces prisonnier, c’est-à-dire les crimes de guerre et contre l’humanité dont elle a été témoin – et en partie victime. Un témoignage de plus diront certains. Mais un témoignage nécessaire, hélas, à l’heure ou renaît la peste brune, où certains tentent de nuancer les difficultés de ces années sombres. Voilà pour le fond, qui ne prétend évidemment pas à l’originalité, et qui ne maîtrise pas le flot de pathos, la succession de violences. Sur la forme, quelques remarques quand même. D’abord, rien n’ayant été « romancé », le lecteur qui chercherait ici une évasion, une « aventure historique » doit passer son chemin. Mon principal – et presque unique – bémol concerne le dessin de Golzio. Il est assez simple, pour les décors et les personnages (qui ressemblent parfois de profils à ceux de Delisle dans ses albums reportages). Pourquoi pas ? Mais les visages aux traits souvent effacés (choix esthétique symbolisant l’effacement d’une humanité ?) ne sont pas beaux, et en particulier nez et oreilles de profil ont un rendu bizarre. Mais, vous l’avez compris, ce n’est pas essentiel ici. A lire.

14/11/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
Couverture de la série Churubusco
Churubusco

C’est effectivement un épisode peu connu de la construction des Etats-Unis. On savait que les nouveaux arrivants ont volé les terres des tribus indiennes mais ils ont également piqué par la suite le Texas et la Californie au pays voisin à savoir le Mexique. Cela fait suite à la guerre américano-mexicaine de 1846-1848. Il faut dire que la ruée vers l’or qui a curieusement suivi a fait affluer 200 000 colons dans le nouveau territoire. L'ironie du sort voulut qu'à peine un an après la perte du territoire, on trouva de l’or, cet or que le Mexique cherchait depuis le XVIe siècle. Notre bd s’intéresse plus précisément à la bataille de Churubusco qui s’est déroulée le 20 août 1847 durant la phase finale de la guerre américano-mexicaine. Cette petite localité fortifiée est située à 10 kilomètres au sud de Mexico. Les Américains avaient une armée de 8400 hommes contre 2600 en face. Il faut savoir qu’un bataillon entier composé d’émigrants irlandais, espagnols et polonais a déserté pour rejoindre les rangs de l’armée mexicaine et passer dans le camp ennemi à cause des discriminations injustes pratiquées par le commandement yankee. Il faut quand même le faire. On peut comprendre les motivations de ces hommes mais passer dans le camp ennemi est une ligne blanche qu’on ne doit pas franchir. L’œuvre a un parti pris qu’on peut suivre ou pas. La nécessité de résister justifie-t-elle tous les moyens ? C’est une bonne question. Je n’ai pas trop aimé le graphisme au trait assez gras. C’est une question de goût. Les visages des personnages sont assez bizarres et presque caricaturaux. A noter également que le récit prend son temps pour exposer les différentes étapes ce qui n’est pas pour déplaire au lecteur en quête d’authenticité. Pour le reste, il y a un certain idéalisme pour une cause juste et des désillusions. C’est assez bien retranscrit. Il y a tout un travail de recherches historiques fort intéressant. Au final, un western assez sanglant sur un épisode dramatique. La construction d’une nation se fait parfois au dépend d’une autre nation. Encore une autre ironie de l'histoire : la construction d’un mur à l’heure actuelle qui sépare ces deux nations que sont les USA et le Mexique.

14/11/2019 (modifier)