Les dernier avis (87188 avis)

Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série October Faction
October Faction

Bienvenue à Gristlewood. Oh que voila une très bonne chose! Personnellement je kiffe très fort ce genre de récit et si en plus il est mis en scène par Steve Nile avec au dessin le talentueux Damien Worm, que voulez vous moi je suis preneur. Au dessin donc D. Worm, dont le trait en un poil plus léché fait indubitablement penser à l'excellent Ben Templesmith, nous propose ici des ambiances oppressantes et lugubres à souhaits. Ce dessin demande aux lecteurs un peu d'attention dans le sens ou il ne se dévoile que par bribes. Tout ce passe dans une pénombre crépusculaire ou des silhouettes longilignes évoluent telles des ombres. Certains détails ne se révèlent que peu à peu dans des perspectives bizarroïdes et parfois au détour d'une case surgit un visage de ceux que l'on n'aimerait pas croiser le soir au coin d'un bois, taillé à la hache, forcément, comme maquillé pour un Halloween de déments. Ne pas oublier la belle couverture gothique qui n'est pas sans rappeler la famille Adam's Les choses dites ainsi vous vous attendriez sans doute à un nouveau bête récit horrifique avec un dessin un peu trash. Encore un récit avec des monstres de tous poils, des jets d'hémoglobine à n'en plus finir, bref du slasher de seconde zone pour ados prépubères. Que nenni braves gens qui dit monstres ne dit pas forcément grosse bêtes poilues et jets de sang. Le monstre ce n'est pas le vampire, la goule, cela peut être quelque chose de bien moins abstrait de plus réel et finalement pourquoi pas vous ? Contrairement donc à l'idée reçue ce récit qui met en scène une famille décomposée chasseuse de monstres, l'histoire n'en oublie pas pour autant l'humour, attention genre second degré, pas de l'humour à la Bigard. Certes cette belle famille cache de sordides secrets mais elle fait front grâce à un scénario malin qui à coup de non dits, de révélations, de courts flashbacks donne aux personnages une véritable épaisseur. Pour ma part une belle découverte, merci luluZifer, j'en connais d'autres qui devraient aimer, donc faites tourner, vivement la suite.

07/12/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Le Retour à la terre
Le Retour à la terre

Il y avait bien longtemps qu'une BD ne m'avait pas fait rire, je dois remonter aux albums de Gaston Lagaffe, ce qui ne nous rajeunit pas. Comme cet album est bien vu, il projette les protagonistes dans un autre monde un brin dépassé mais en même temps plein de bon sens. Critiquant gentiment le fameux retour à la terre qui eut ses adeptes il me fait grandement penser à certaines personnes que je connais et qui, plein d'optimisme et d'allant, se sont elles aussi jetées dans ce fameux retour parfois plus rempli de déboires qu'autre chose. Ah ces acheteurs de ruines en pleine campagne qui pensaient qu'avec deux trois planches, un marteau et quelques clous ils allaient pouvoir vivre heureux en faisant pousser des patates. Ici Larcenet et Ferri sont finalement très gentils et nous proposent des "ruraux" atypiques mais à mourir de rire. Outre Mme Mortemont, le personnage de l'ermite me plaît bien et me rappelle le personnage du gouverneur dans les romans de Carl Hiassen. En fait c'est une série qui, en ces temps un brin moroses, donne la pêche avec au final plus de respect qu'une lecture rapide pourrait laisser supposer sur ces "ruraux" qui sont pleins de bon sens. Un mot sur le graphisme de Manu Larcenet, ici plutôt simple mais expressif, ce type a de l'or dans les doigts et change de registre de manière magistrale. J'en veux pour preuve ses exceptionnelles séries Blast et Le Rapport de Brodeck.

07/12/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série Claudine à l'école
Claudine à l'école

C'est par le biais de cette BD que j'ai enfin pu découvrir dans le détail le récit de Claudine à l'école, ce roman de Colette dont j'avais beaucoup entendu parler sans jamais vouloir le lire. Il s'agit d'un roman semi auto-biographique racontant la jeunesse de Colette/Claudine quand elle avait 15 ans et étudiait dans l'école pour filles d'une bourgade bourguignonne. Claudine est un élève très intelligente, particulièrement douée pour les lettres et la musique. Très vive d'esprit et forte de caractère, elle a une position assez dominante auprès de ses camarades de classe et assez rebelle vis-à-vis de la directrice qui supporte mal qu'on lui résiste. Cette opposition va s'accentuer quand arrivera une nouvelle professeure, très jeune et jolie, vers laquelle la directrice et Claudine vont toutes les deux se sentir très attirées, sentimentalement et physiquement parlant. C'est donc un récit abordant sans complexe l'homosexualité féminine, tout en restant très pudique sur le sujet, le présentant bien souvent comme le désir d'avoir une "bonne amie". C'est un sujet vraiment étonnant quand on pense que le roman est paru en 1900. Et quand on y ajoute certains comportements un peu déviants des différents personnages, qu'il s'agisse de harcèlement sexuel ou de prostitution déguisée, j'imagine qu'il a dû en choquer plus d'un à l'époque. Claudine est vraiment une forte tête et j'ai été étonné de voir à quel point elle n'hésite pas à jouer jeu égal avec les adultes et ses professeurs, allant jusqu'à menacer certains d'entre eux en jouant sur son intelligence supérieure. En parallèle, elle vit une vie de vraie adolescente, qu'on dirait parfois à peine sortie de l'enfance, notamment quand elle joue aux billes avec ses amies ou qu'elles font les folles. Les mœurs de la jeunesse étaient bien différentes de celles de nos jours, semble-t-il. Sur ce point et sur la fraîcheur et l’originalité du récit, c'est une lecture bien agréable et intéressante. Il plonge avec presque un soupçon de nostalgie dans l’atmosphère des petites villes de campagne de la fin du 19e siècle et les souvenirs d'adolescence, de collège et d'amourettes contrariées. Lucie Durbiano met l'ensemble en image avec son trait simple et clair, plutôt plaisant et efficace. C'est donc une adaptation bien sympathique qui m'a permis de découvrir avec réussite l'oeuvre de Colette.

07/12/2019 (modifier)
Par Magna
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Horion
Horion

Je m'attendais tellement à un manga normal style gros pouvoirs dans ta face dès le départ, j'ai été rebuté par le début qui prend à contre pied direct avec un début surprenant pour un shonen. C'est dur de changer ses habitudes mais ça vaut le coup quand on tombe sur un manga comme Horion je trouve. Y a plein de personnages qui pètent la classe direct dans le tome 1 mais c'est surtout avec le tome 2 et 3 qu'on découvre la profondeur du truc. Niveau scénario ça ose des trucs couillus et niveau dessin ça envoie du lourd. Y a pas, je suis client. Par contre, si la suite pouvait arriver plus vite svp, merci. ^^

07/12/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Sam & Twitch
Sam & Twitch

2.5 Une série qui a du potentiel, mais qui à mes yeux est moyenne à cause de plusieurs défauts. Déjà les dessinateurs se succèdent un à la suite de l'autre ce qui fait que graphiquement les résultats sont inégaux. Parfois, j'aime bien et d'autres fois je n'ai pas trop aimé le style du dessinateur. J'aime bien que la plupart du temps les couleurs soient sombres, cela va bien avec le côté glauque de la série vu que les enquêtes que mènent les deux héros sont sombres et souvent tordues. Les deux héros sont attachants et il y a des touches d'humour, ce qui permet de respirer un peu entre deux scènes où on trouve des cadavres mutilés et autres trucs du genre. Malheureusement, le scénario n'est jamais passionnant. Ça se laisse lire, mais à petite dose parce que j'en avais un peu marre en lisant le quatrième tome. Il y a des bonnes idées, mais aussi des défauts comme le fait que parfois une enquête est un peu trop longue ou que la conclusion est moyenne. Il y aussi le fait que Bendis est le principal scénariste et il a une façon très personnelle et disons que si son style ne m'a pas dérangé au début, à la longue ça finit par me lasser, mais peut-être que c'est juste la série elle-même qui m'a lassé. C'est sympa de lire un tome de temps en temps sans plus.

07/12/2019 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5
Couverture de la série Silas Corey
Silas Corey

Il y a rarement de surprises lorsque Fabien Nury est au scénario. Et ce que ce soit négatives ou positives. Côté négatif, on peut regretter le manque d'originalité dans les scénarios, c'est souvent des choses assez simples, qui ne révolutionnent pas le monde de la bd. Côté positif, la narration est toujours hyper efficace et l'histoire, si elle n'est donc jamais la plus originale, est toujours hyper bien racontée. C'est encore une fois le cas dans cette bd d'espionnage, qui se découpe en deux diptyques. Nous suivons Silas Corey, ancien soldat devenu espion et aux méthodes radicales dans des aventures d'espionnage, pendant et juste après la guerre. Il est accompagné d'une escouade de personnages secondaires tous réussis, et intéressants. Les deux aventures sont suffisamment alambiquées pour être crédibles dans une histoire d'espionnage, et suffisamment simples pour pouvoir les comprendre aisément. J'avoue que je suis parfois un peu perdu dans les récits d'espionnage ; là, même si il m'a fallu un minimum d'attention et quelques retours en arrière, j'ai pu garder le fil. L'histoire est bien faite, comme je le disais ce n'est pas la plus originale du monde mais elle est très bien racontée. Et, au fond, c'est ce qui est le plus important. Pas de fausse note donc en ce qui concerne l'histoire en elle même, on est captivé du début à la fin. On pourra simplement peut-être regretter (moi en tout cas) que la relation entre Nam et Corey n'ai pas été plus explorée, notamment sous l'angle des sentiments amoureux qui me semblaient suggérés dans les deux premiers albums. Cela aurait apporté un petit plus, une touche d'originalité qui aurait à mon sens été bienvenue. Reste que je ne me suis pas ennuyé une seconde à la lecture de cette bd, et ça reste le plus important. Quant au dessin, je le trouve très bon. Les scènes d'action sont tout à fait crédibles et bien dessinées, les expressions des personnages bien rendues. C'est un style qui est agréable à l'oeil et qui est bien maitrisé par Pierre Alary, et c'est un véritable plus pour cette oeuvre selon moi. Le dessin est vraiment très sérieux et c'est ce qui permet pour moi de faire passer la note à 4/5.

06/12/2019 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série La Boîte de petits pois
La Boîte de petits pois

Malgré les apparences, cette BD ne s’adresse pas vraiment aux enfants. Un peu à l’image de GiedRé dont les chansons ressemblent à des comptines mais se révèlent être en fait des paillardises très coquines au trentième-septième degré (féministes en vérité), propres (si on peut dire) à faire rougir votre vieil oncle Bernard pourtant amateur de blagues sous le niveau de la ceinture. Bien sûr, il n’est pas question de cul ici, parce que ce n’est pas le propos. Non, GiedRé nous raconte une histoire authentique, SON histoire, lorsqu’elle était fillette dans une Lituanie soviétique où les conditions de vie n’étaient pas franchement des plus drôles. Pourtant, ce qui pourrait paraître plombant pour un adulte ressort toujours transformé sous le regard d’une enfant, et avec GiedRé, il ne pouvait en aller autrement. Avec un mélange d’espièglerie et d’innocence, elle évoque ses souvenirs en se remettant dans la peau de la fillette qu’elle fut, entre une mère fragile et aimante et un père nonchalant et alcoolo, mais surtout une grand-mère haute en couleurs, ce qui donne lieu à quelques anecdotes truculentes. En effet, cette dernière voulait toujours lui faire boire de l’alcool pour qu’elle s’habitue et se protège ainsi des garçons qui risquaient de profiter d’elle plus tard… Holly R vient renforcer le charme de ce récit plein d’humour avec ses dessins naïfs et coloriés aux Caran d’Ache de notre enfance, bien loin de la supposée grisaille soviétique. Et cette boîte de petits pois, que vient-elle faire dans tout ça, me direz-vous ? Cela paraît difficile à croire, mais il se trouve que cet aliment, un peu ringardisé dans notre alimentation moderne, était pour les gens vivant en U.R.S.S. une denrée rare et appréciée que l’on servait pour les fêtes de Noël, souvent réservée aux apparatchiks. La mère de GiedRé s’évanouit lorsqu’elle vit son futur beau-frère en train d’en manger, alors que son père venait de l’introduire dans sa famille ! Et vous, vous savez ce que vous mangerez à Noël ?

06/12/2019 (modifier)
Couverture de la série Petites coupures à Shioguni
Petites coupures à Shioguni

J’ai emprunté cet album après l’avoir laissé de côté plusieurs fois, rebuté par une couverture que je n’aime pas, et craignant d’y trouver une esthétique manga à laquelle je n’accroche pas du tout. Mais finalement j’ai franchi le pas et ai lu cet album, essentiellement poussé par la récompense qu’il avait obtenue à Angoulême. Et je me demande après lecture ce qui a bien pu motiver cette récompense. Sans doute le jury a-t-il été davantage sensible à la construction, à l’esthétique qu’à l’histoire proprement dite : en effet, tout est « déconstruit », nous suivons, lisons les comptes-rendus de l’enquête, annotés, avec des bouts de papiers, les témoignages des protagonistes (et, en parallèle, nous suivons les événements qui donneront ensuite lieu aux interrogatoires). Je ne sais pas si je suis clair. De toute façon, ça ne l’est pas à la lecture. En effet, le choix de construction hache un peu la lecture, et le dessin – que je n’aime pas trop (même s’il possède de réelles qualités) – ne rend pas les choses très claires. Surtout que le texte, placé un peu partout sur la page – que ce soit de rares dialogues ou des commentaires off, n’est pas toujours très lisible. Bref, l’album mise tout sur la mise en scène, l’habillage (construction de l’intrigue et dessin original), mais cela ne masque pas une histoire on ne peut plus banale et succincte. Au départ, j’ai cru avoir affaire à une histoire comme celle du très bon dessin animé « La véritable histoire du Petit Chaperon rouge », mais ici il n’y a pas assez d’idées, d’humour pour relever le plat, et l’éclatement de l’intrigue ne la fait pas paraître moins creuse. A lire essentiellement pour la construction – relativement originale (mais aussi si vous êtes plus réceptif que moi au dessin – mais là c’est affaire de goût) : c’est cet aspect qui me fait arrondir aux trois étoiles. Note réelle 2,5/5.

06/12/2019 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Aiôn
Aiôn

Je suis assez partagé quant à ma notation sur ce titre. Enthousiasmé, sans être totalement pris par le graphisme, qui combine élégance et froideur, un style qui correspond bien, finalement, à l'atmosphère de SF qui baigne dans l'album. Le dessin de Ludovic Rio me fait penser à ceux de Frederik Peeters, de Sylvain Savoia ou encore Bruno Gazzotti, le dessinateur de Seuls. Une netteté du trait et de l'encrage au service d'ambiances un brin inquiétantes au sein d'une station isolée sur une planète lointaine, avec un peu de nature. Si le trait m'a plu, l'histoire, elle, me laisse plus partagé. En effet dès qu'on se lance dans le voyage et le paradoxe temporel, le risque est de se prendre les pieds dans les rayons et de se casser la figure. C'est ce que fait Rio en bout de course. J'avais décidé de ne pas trop me prendre la tête avec les implications du voyage dans le temps jusqu'à la dernière séquence. Car en effet, si Maxine demande à Lexi de faire un dernier "voyage" et si ce que voit Elliott est une illusion, alors à quoi sert donc ce dernier voyage ? Je ne tique pas forcément sur la même chose que mes camarades, mais je dois avouer avoir relu trois fois la séquence sans avoir trouvé la réponse... Et c'est là, quelque part, l'intérêt de ce type de récit : laisser le lecteur dans le questionnement, dans le doute. Peut-être ce questionnement aurait-il pu être plus fort, car la fin me semble tout de même un poil bâclée. Il reste toutefois un album bien agréable, qui fait passer un bon moment de lecture.

06/12/2019 (modifier)
Couverture de la série L'Oiseau chante comme le lui permet son bec
L'Oiseau chante comme le lui permet son bec

L’émotion n’est pas passée. Soyons clairs : je n’en ai rien eu à foutre du destin de ce personnage de sans-abri, qui traîne son ennui sur le trottoir devant un café tenu par un patron bienveillant, qui va tous les jeudi rechercher un peu d’affection et de sexe chez une vieille prostituée qui lui offre la passe, qui se fait tabasser de temps à autres contre un peu d'argent, qui se fait alpaguer par une jeune femme en pleine nuit, qui la ramène chez elle pour qu’il la ramone avant de passer à sa sœur… Franchement, j’ai pas compris l'intérêt de la chose, à un point tel que quand une idylle commence à naître entre ce personnage et une inconnue croisée dans la rue, il était déjà trop tard pour que je me sente subitement captivé. Et puis ce dessin dans lequel l’encre de Chine semble tacher les cases, ben même si ça donne un style, je ne suis pas fan. Cet album n’était pas fait pour moi, tout simplement…

06/12/2019 (modifier)