Les dernier avis (86687 avis)

Couverture de la série L'Album
L'Album

Cet « album » regroupe une série d’histoires courtes, assez caractéristiques du style graphique de Beb Deum, reconnaissable entre mille (à la fois hyperréaliste et caricatural) – et qui est assez clivant je dois le reconnaître. Dans plus de la moitié des cas, c’est un texte en off (relativement abondant), qui accompagne les images. De plus, lorsqu’il y a de véritables dialogues, ceux-ci sont placés hors phylactères, et ne se distinguent formellement pas beaucoup de ces textes off. Il faut dire que souvent, le ton est assez froid, impersonnel. Et je dois aussi reconnaître que ces histoires (mêlant différents genres, de la SF au roman graphique classique, en passant par des ambiances polar) manquent de coffre, d’intérêt (à part peut-être la deuxième, qui aurait sans doute mérité d’être développée, pour faire ressortir le côté kafkaïen – comme dans son Bürocratika). Pour le reste, cet album met surtout en valeur le talent graphique de Beb Deum, mais ce recueil (assez courant dans les bacs d’occase, en tout cas sur Paris) n’est clairement pas indispensable. Même l’auteur lui-même semblait manquer d’enthousiasme, car il ne s’est pas vraiment foulé pour le titre ! Note réelle 2,5/5.

15/10/2019 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série The Kong Crew
The Kong Crew

Comme certains ici, je n'ai pas vu venir cet album, et pourtant, je surveille constamment les sorties des bandes dessinées. Il a fallu que mon libraire attire mon attention sur ce titre pour titiller ma curiosité (merci au passage, pour le travail de ces libraires indépendants). Avant tout, il faut souligner la qualité éditoriale de l'ouvrage: dos toilé, cahier graphique à un prix très abordable. Et puis, après la forme, il y a le fond, l'histoire à proprement dite qui se révèle originale et prenante. Imaginez que New York soit devenue subitement désertée suite à l'incapacité de l'armée US à éliminer King Kong.Il fallait oser et Eric Hérenguel,à qui l'on doit déjà le très remarqué Lune d'argent sur Providence l'a fait. En plaçant son histoire en 1947,il nous offre un scénario habile qui m'a fait songer à Mark Schultz ("Chroniques de l’ère Xénozoïque", que j'avais adoré) .L'album est truffé de références et se lit avec plaisir voire avec une certaine jubilation. Sans se prendre au sérieux , Hérenguel régale le lecteur avec des plans audacieux, des dialogues qui font mouche et un dessin dynamique . J'ai été tellement emballé par cet album (dessin et scénario) que je me suis empressé d’acquérir la version n&b , déclinée sous un format comics, en deux volumes et en anglais. C'est, à mon avis, une des meilleures surprises inattendues de cette rentrée . J'en conseille fortement la lecture.

15/10/2019 (modifier)
Couverture de la série Une aventure rocambolesque de...
Une aventure rocambolesque de...

Voilà une série qui regroupe des albums assez différents, dans le ton adopté en particulier, et que j’avise donc album par album. T1 : Sigmund Freud ; un temps de chien 3 étoiles Larcenet inaugurait cette série avec une histoire assez loufoque, voyant Sigmund Freud aller aux Etats-Unis pour y psychanalyser des cow-boys, accompagné d’un assistant assez « space », Igor, croisant un chien évadé de prison et à la recherche d’une âme !, etc. Entre bons mots et errance improbable jusqu’au pays Hopi, Larcenet nous conte une histoire sans queue ni tête, mais que j’ai bien aimée. Amusante sans être délirante, elle se révèle agréable à lire. T2 : Van Gogh, La ligne de front 4 étoiles Voilà clairement un album très représentatif de Larcenet, de son travail et de son évolution. En effet, tous les genres y sont représentés, même si ceux qui ne connaissent que ses albums potaches de franche déconne publiés par Fluide Glacial vont être étonnés. Si le début – et quelques cases, sont humoristiques, cela bascule rapidement dans le sordide (mâtiné parfois de fantastique), dès lors que Van Gogh arrive vers la ligne de front. Larcenet dénonce ici l’horreur de la guerre, expose son antimilitarisme (dans un style moins asphyxiant que dans Presque), tout en glissant quelques touches d’histoire de l’art (avec des anachronismes : Van Gogh vivant en 1914 !, un officiel parlant de surréalisme en 1918 !, mais on s’en fout !). Clairement un album jouant sur plusieurs registres, et très recommandable. T3 : Attila le fléau de Dieu 3 étoiles Attila et sa horde ont enfin conquis le monde (en finissant par la Beauce !). Que faire ensuite ? Larcenet nous présente ici un Attila dépressif, revenu de tout et sans but à atteindre, qui renvoie ses guerriers et erre ensuite tout l’album, en se posant des questions sur le sens de sa vie, sur la mort, l’intérêt d’être immortel, etc. Si l’humour est bien sûr présent par petites touches au début, il s’efface peu à peu pour laisser flotter une gravité qui détonne un peu dans la production de Larcenet. C’est un album intéressant, mais sans plus je trouve. Probablement celui qui m’a le moins accroché de la série, même s’il possède de réelles qualités. T4 : La légende de Robin des bois 4 étoiles Un album excellent (voir mon avis sur cet album, référencé ici à part). T5 : Crevaisons 4 étoiles Etrange album, dans lequel j’ai mis un peu de temps à entrer, mais que j’ai finalement bien aimé. Tout se passe dans un quasi huis-clos – dans un cimetière, lui-même entouré à perte de vue de cimetières ! Le gardien (qui écoute en boucle et à fond des disques punks – petit clin d’œil de Larcenet à sa période « musicien punk » je suppose !), abandonné de tous et de tout, rencontre le soldat inconnu, sorti de sa tombe. Il ne se passe pas grand-chose en fait. Mais pourtant, Larcenet parvient à rendre intéressants les dialogues entre ces deux locataires de la maison des morts. Quelques petites pointes d’humour, un peu de noirceur et de cynisme, une vision au vitriol de la société et de l’absurdité de la guerre, mais aussi une vision vivifiante de la vie malgré tout, voilà ce qui traverse cet album plutôt sympa.

15/10/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série A la recherche du monstre
A la recherche du monstre

Un bon one-shot. Le récit est simple et efficace: un scientifique spécialisé dans les animaux légendaires va partir en expédition pour essayer de prouver l'existence de l'un d'eux après avoir reçu une lettre. J'ai trouvé que la lecture était un peu contemplative vu que le principal intérêt est de suivre l'excursion de deux aventuriers, leurs pensées, leurs rencontres, etc. Il n'y a pas beaucoup d'actions. J'ai bien aimé comment l'auteur met en parallèle la recherche du monstre et les terribles événements de l'époque. Pourquoi chercher un monstre légendaire alors qu'il y a des vrais monstres sous notre nez ? Au final, le scénario est un peu léger, mais je l'ai tout de même trouvé prenant et l'auteur apporte des réflexions intéressantes. Le dessin est vraiment très beau à regarder. Un excellent noir et blanc.

15/10/2019 (modifier)
Par LuluZifer
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Le Château des Animaux
Le Château des Animaux

Que de coups de cœur depuis ce début de rentrée scolaire ^^ ! Euh ! Enfin bref je me comprends. Le ‘Château des animaux’ tome 1 par Xavier Dorison et Félix Delep, c'est 72 pages en format franco/belge de pur bonheur et avec une couverture magnifique. Une longue lecture délicieuse, raffinée, captivante et j'en passe. Tout d'abord, cette nouvelle série chez Casterman, est inspirée du roman de Orwell, La Ferme des animaux. Un roman court, intense et grinçant. Que j'ai lu il y a longtemps. Ça m'a donné envie de le relire. Il parle savamment de la rébellion des animaux contre l'homme, car ce dernier ne produit rien à part faire bosser les animaux et les égorger à la fin, et cela se déroule dans une petite ferme. C'est drôle et très caustique. Mais revenons à nos moutons (ahahaha), et parlons de ce tome 1 qui est totalement merveilleux. Il a tout d’abord été publié en format Gazette, en trois parties, comme cela avait été le cas pour la série Le Château des étoiles chez Casterman ou comme l'a fait Delcourt pour le volume 8 des Les Passagers du vent de Bourgeon. C'est sympa comme procédé mais on a envie quand même d'acheter ensuite la bd finale. Je n'en ai encore pas vu passer de ces jolies Gazettes et, malheureusement, je bave d'en acquérir les 3 premières parties. Bref ! Du coup, Casterman a publié également une version prestige en N&B, qui a l'air assez luxueuse. Je m'égare encore. J'ai donc mis plus d'une semaine à lire ce petit bijou aux dessins subtils et bien marrants, mais parfois avec un zeste de cruauté tout animale. Le récit transposé par Xavier Dorison est vraiment excellent. Il s’approprie l’histoire de Orwell avec brio et bien évidemment Félix Delep le met en images de manière experte. C’est tellement mignon de voir tous ces animaux souffrir et se rebeller ! Oui et tellement émouvant de voir leurs expressions si bien réalisées. Je n’ai pu malgré moi ne pas penser à certains Disney comme les Aristochats ou même les 101 Dalmatiens en parcourant ces 66 planches sublimes. Ça m’a vraiment beaucoup plu. Et C’est une très intelligente adaptation du récit de Orwell. Que dire de plus ? J’ai trop hâte de lire la suite. La 4ème Gazette, qui entame le début du tome 2, est déjà annoncée sur le site de Casterman, mais elle ne sortira que fin janvier 2020. Et je me dis que le tome 2 de l’album du coup va sortir dans pas mal de temps mais c’est normal, laissons travailler les artistes tranquillement. :)

15/10/2019 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Les Filles de Salem
Les Filles de Salem

Quelle horreur. Je suis ressorti de ma lecture écœuré. Et en colère… quel gâchis de vies devant tant de bêtise humaine… on se rassure, on se dit que les mœurs ont évolué, qu’on n’est plus capable de ça… et puis on regarde autour de soi, l’actualité ou l’histoire récente, et on se dit que nos libertés sont finalement bien fragiles. L’adaptation de Thomas Gilbert de l’épisode tristement célèbre du procès des sorcières de Salem est exemplaire… la narration est fluide, j’ai avalé l’album d’une traite malgré les 200 pages. La mise en image est superbe, avec cette représentation judicieuse de l’hystérie collective et hallucinatoire qui a déclenché cet engrenage terrible. J’adore aussi la représentation de la nature, des paysages forestiers, c’est vraiment magnifique, et propose un contraste déroutant avec l’horreur ambiante. Un album marquant, et un rappel essentiel du mal que peuvent causer l’intolérance et de l’obscurantisme.

15/10/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Sharaz-De
Sharaz-De

Cela faisait très longtemps que je n'avais pas lu un album de Toppi et j'avais envie de mieux connaitre son oeuvre. Comme c'était son oeuvre la mieux notée sur ce site, cette série a évidemment attiré mon attention. Après lecture de l'intégrale, je suis un peu déçu. Je n'ai rien à redire contre le dessin de Toppi qui est très beau à regarder, autant en noir et blanc qu'en couleurs, mais au niveau du scénario c'est moyen. C'est une bonne idée d'adapter des contes tirés des mille et une nuits (surtout qu'il n'y a qu'une histoire que je connaissais), mais la narration possède des défauts. Déjà comme les cases sont très grandes, il y en a très peu par planche et cela donne qu'au final chaque histoire se lit trop rapidement et que les récits sont développés au minimum. Je n'ai ressenti aucune émotion en lisant ces contes. J'ai l'impression que ces histoires étaient juste un prétexte de l'auteur pour faire de belles grandes cases sauf que moi je lis une BD pour le dessin et le scénario et ici j'ai parfois eu l'impression de lire un livre d'illustrations et non une BD. Si le seul intérêt est le dessin, autant acheter un artbook.

14/10/2019 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5
Couverture de la série Le Singe de Hartlepool
Le Singe de Hartlepool

La légende du Singe de Hartlepool est tout d'abord une légende anglo-saxonne. C'est depuis 2013 une très chouette bd emballée par le prolifique Lupano et mise en images par le trait vivace de Jérémie Moreau. En capturant un singe échoué après le naufrage d'un croiseur français et habillé en uniforme impérial époque Bonaparte, les habitants du petit village britannique de Hartlepool pensent avoir mis la main sur un envahisseur français. C'est à partir de cette crasse ignorance que tous les notables vont faire preuve d'une bêtise assez hallucinante. Racisme latent, peur de l'étranger.... Si le message est assez clair et finalement bien glauque, Lupano détricote cette "légende urbaine" pour nous offrir une farce réjouissante dont il a le secret. Menée tambour battant, l'intrigue virevolte d'un abruti notable vers un autre. Seuls quelques enfants et un docteur de passage vont faire preuve d'un peu plus de détachement sur une affaire qui prendra un tournant définitif dans les ultimes pages... Jérémie Moreau nous livre un dessin dynamique tout en rondeurs et aux teintes aquarelle. C'est également le point fort de ce récit. Faire d'un drame "historique" une comédie sans omettre le message universel et toujours d'actualité : l'espèce humaine est bien la plus stupide ayant foulé ces terres, qu'elle soit française, anglaise ou tout simplement de n'importe quelle autre nationalité. Belle leçon distillée par la plus belle des manières.

14/10/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Tempête au haras
Tempête au haras

Je ne sais pas pourquoi mais j'aime beaucoup le dessinateur Jérémie Moreau qui m'a beaucoup séduit sur des séries comme Max Winson ou encore Le Singe de Hartlepool. Il me semble que ce présent titre a été sélectionné à Angoulême dans le prix jeunesse même s'il n'a pas remporté la récompense. Il préfigurait déjà tout le talent de ce dessinateur devenu auteur complet. Nous avons droit à une histoire assez intelligente et assez sensible d'un petit garçon qui est élevé au milieu de chevaux et qui a eu un grave accident le rendant paralysé des jambes. Cependant, à force de volonté, il finira par vaincre malgré son handicap. J'aime beaucoup ce type de bd qui élève vers le haut (la volonté de dépassement) même si la réalité n'est jamais aussi belle. Bref, un récit qui donne une belle leçon de courage.

14/10/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
Couverture de la série #Nouveaucontact
#Nouveaucontact

Cet album traite de la thématique de l'emprise des médias en quête de nouvelles fracassantes. Cela se passe en Écosse où un photographe a saisi un monstre dans un lac assez célèbre pour une autre créature. Cela renvoie incontestablement à la nouvelle de ce week-end qui concernait une arrestation en Ecosse de l'un des hommes les plus recherchés de France. Il y a cette quête du sensationnalisme sans même vérifier les sources et cela aboutit à l'arrestation d'un innocent. Comment ne pas faire le parallèle avec ce que dénonce justement cette bd ? Pour le reste, c'est assez bien dessiné. Il y a une belle dose d'humour et de dérision face aux déchaînements médiatiques autour d'un vieil homme qui n'aspirait qu'à la tranquillité. Il est dommage que le récit soit dans sa seconde partie aussi alambiqué avec cette histoire de piratage informatique car tout y passe véritablement. Au final, la lecture reste assez sympathique.

14/10/2019 (modifier)