Les dernier avis (87177 avis)

Couverture de la série Sombres citrouilles
Sombres citrouilles

Je ne sais pas comment vous convaincre que cet album n’est pas une œuvre opportune sortie à l’époque d’Halloween juste pour faire nombre dans les rayons de librairies déjà débordées. Je pourrais vous parler de sa scénariste, Malika Ferdjoukh. Vous dire qu’avant d’être scénariste, elle est auteure de romans, dont l’excellente série des « Quatre soeurs » déjà adaptée (avec talent) par Cathy Baur. Vous vanter son art de marier légèreté apparente et réflexions plus profonde, son habileté à créer des récits destinés de prime abord aux adolescents mais qui parleront à tout un chacun. Souligner encore que pour un travail d’une romancière, ce scénario adapté d’une de ses propres œuvres ne souffre en rien du transfert d’un support vers un autre. Oui, je pourrais vous dire tout ça… Je pourrais aussi vous parler du dessinateur, Nicolas Pitz. De l’intelligence et de l’inventivité dont il a fait preuve pour illustrer les passages se déroulant la nuit. Du talent dont il a fait montre pour parvenir à singulariser chacun des nombreux membres de cette famille recomposée et complexe. De la fraicheur et de la naïveté qui peuvent surgir de son trait. Oui, de ça aussi, je pourrais parler… Je pourrais enfin vous parler de ce récit, de sa finesse. Souligner le fait qu’il nous parle de petits et de grands secrets, que chaque personnage en a un bien à lui, ou qu’il partage avec d’autre. Vous dire que cet album parle d’amours inavouées (les plus douloureuses) et d’amitiés sincères. Insister tout de même sur le fait que derrière ce roman graphique se cache une intrigue policière, avec un cadavre quelque peu encombrant que l’on ira cacher tantôt dans les citrouilles, tantôt dans un placard… … et puis vous avouer enfin que j’ai eu la larme à l’œil lorsque cette histoire qui paraissait pourtant si légère finit par tourner au drame pour un de ses personnages… Je pourrais vous dire tout ça mais j’aurais peur que vous attendiez de cet album monts et merveilles… alors qu’il s’agit tout simplement d’un chouette album. Ni une œuvre opportune et mercantile, ni un récit révolutionnaire… mais une histoire qui m’a touché par sa finesse et l’émotion qu’elle parvient à distiller. Seul reproche : pas toujours facile de s’y retrouver dans les liens qui unissent les différents membres de cette famille recomposée. Un petit arbre généalogique planqué quelque part aurait, je pense, été l’arme ultime pour m’achever.

06/12/2019 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Fatma au parapluie
Fatma au parapluie

Voilà une petite curiosité. D'abord parce qu'elle nous vient de l'autre côté de la Méditerranée, d'Algérie plus précisément, et qu'elle a été écrite en langue arabe, une culture rare en bandes dessinées par chez nous. Ensuite parce qu'elle nous conte une histoire un peu intrigante. Dans la casbah, quartier pauvre et populaire des hauteurs d'Alger, les ragots sont colportés à la vitesse de la lumière, et ce que l'on dit de la maison des parapluies est assez inquiétant : les femmes qui y habitent, l'une un brin décrépite et à la dentition défaillante, l'autre plus jeune et au regard pénétrant, connues pour des réparations de chaussures et de parapluies, auraient d'autres talents très... particuliers. La vieille est capable de prédire l'avenir et concocte des potions particulières, l'autre vend des légumes et parle français, n'hésitant pas à s'inviter dans les cafés réservés aux hommes. Ces comportements transgressifs ne leur font pas que des amis dans le quartier... Au-delà de cette histoire un brin énigmatique, bouclée en deux tomes, l'intérêt de cette série se situe également dans le dessin. Mahmoud Benamar semble fortement inspiré par les grands mâitres italiens, dans ce trait neveux et qui exagère un peu les caractéristiques physiques, tandis que l'atmosphère de la casbah est retranscrit dans un noir et blanc qui vaut le coup d'oeil. Une belle découverte, j'ai hâte de lire la suite et fin.

06/12/2019 (modifier)
Par Magna
Note: 5/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série Horion
Horion

Un peu surpris au début mais je peux plus m'en passer maintenant, c'est du bon si on prend le temps.

06/12/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Stig & Tilde
Stig & Tilde

Tilde et Stig, ce sont une soeur et un frère jumeaux d'une contrée scandinave indéterminée où la coutume veut que le passage à l'âge adulte s'accompagne d'un séjour d'au moins un mois sur une île déserte de un grand lac où les adolescents doivent survivre par leurs propres moyens avant de revenir à la civilisation. De nos jours, ce rite s'est bien adouci avec une île qui s'apparente à un centre de colonie de vacances avec comme seul particularité qu'il n'y a aucun adulte. Sauf que le petit bateau de Stig et Tilde s'échoue par accident sur une autre île, plus petite mais moins déserte qu'elle en a l'air... C'est le début d'une suite de vraies aventures pour les deux ados, avec une composante fantastique assez inattendue. Sur la forme et dans la narration, cette BD fait dans la simplicité et l'efficacité. Le dessin de Max de Radiguès est assez candide, fait de quelques traits simples, à la manière des séries pour la jeunesse. Pour autant, il est très agréable et il fonctionne bien. Sa mise en scène, surtout, est particulièrement immersive, avec un rythme narratif s'accordant quelques longues périodes muettes qui posent l'ambiance du récit et l'atmosphère assez particulière de la série. Chaque album est composé d'une histoire complète avec son début et sa fin, mais les récits se suivent tout de même et chaque nouveau tome intègre les acquis et personnages des précédents. Ce qui surprend quand on découvre la série, c'est l'implication d'une part de fantastique dans son intrigue. Fantôme, et femme parlant aux loups s'intègrent dans un récit proche d'une Robinsonnade qui est également prétexte à mettre en scène le passage de l'adolescence à l'âge adulte des deux héros. Si les deux premiers tomes sont des récits de survie sur des îles "désertes", une différente pour chaque album, le troisième tome se place dans une situation différente, avec bien plus de personnages, et un scénario rappelant une version moderne de Sa Majesté des Mouches, même si là encore il inclut les apports fantastiques des deux premiers albums. C'est une lecture très prenante, divertissante et dont l'ambiance et le contenu sort plutôt des sentiers battus. Elle plaira sûrement autant aux jeunes lecteurs, ados et pré-ados, qu'aux adultes. Je suis content de voir que la série connaître encore une suite car je la lirai avec plaisir.

06/12/2019 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Universal War Two
Universal War Two

On l'attendait ce premier tome du second cycle, depuis 7 ans. Denis Bajram a alors affirmé qu'il avait toujours été question de trois cycles de 6 tomes, et du coup la magnifique réussite d'Universal War One prend une nouvelle dimension, une nouvelle saveur, d'autant plus que l'auteur a su rebondir sur l'actualité en adaptant son script d'origine. D'entrée de jeu, ce nouveau tome, s'il ne comble pas les attentes (il faudra attendre les 5 suivants pour en être sûr), ravira les fans du premier cycle. On y retrouve beaucoup d'éléments connus, comme le voyage dans le temps (ici juste évoqué) la soif de liberté des personnages et le discours humaniste qui imprègne toute l'histoire. Difficile pour l'heure d'en dire beaucoup plus, mais l'essentiel est déjà là. Dans le deuxième, l'action s'accélère déjà, dans une sorte de furieux remake de ce qu'il s'est passé de plus grave dans le premier cycle. La tension est insoutenable, et nous amène jusqu'à la fin du tome sans temps mort. Et puis de nombreuses questions sont encore sans réponse, comme ce mystérieux vaisseau laissé à lui-même sur Japet... Serait-ce encore une rencontre spatio-temporelle plus ou moins ratée par ses protagonistes ? Le tome 3 répond à quelques questions, mais en soulève un certain nombre d'autres, et la fin nous laisse sur un cliffhanger de haut niveau, parfaitement insoutenable. On imagine bien que les caractères et les aptitudes particulières des survivants de Canaan vont leur permettre de se sortir de ce piège géant, mais... Comment ? Espérons que Bajram saura sortir de cette période compliquée qui l'empêche de continuer son récit... Graphiquement j'ai l'impression que Bajram a passé un cran. Je n'ai pas lu les albums réalisés entre les deux cycles, mais il y a une maîtrise énorme dans les décors, la mise en scène, mais aussi les personnages. Et toujours ce traitement des couleurs si particulier. C'est enthousiasmant, au bas mot.

12/11/2013 (MAJ le 05/12/2019) (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Sillage
Sillage

Sillage est arrivé en trombe dans le paysage de la BD de SF franco-belge. Grâce au talent (et à la palette graphique) de Philippe Buchet, le scénariste Jean-David Morvan a décidé de redonner un peu d'air à la SF. Résultat, nous nous retrouvons avec une série magnifiquement illustrée, revisitant à chaque album un courant "classique" de la science fiction : dans le désordre steampunk, planet fantasy, heroic fantasy... Des thèses humanistes, lorgnant parfois vers Star Wars, un rythme effréné et des scénarios réglés au millimètre laissant la part belle à l'héroïne Nävis, voilà une recette détonante ! Attention toutefois à la tentation de ne jamais finir cette série. Au tome 15, alors que je commençais à sentir une certaine lassitude, Morvan réussit à relancer la trame de fond, à savoir la recherche des origines de l'héroïne. Ce tome 15 contient en plus un hommage sympathique à Moebius. Le tome 16, quant à lui, opère un virage important dans son histoire, car elle se retrouve seule, ou presque face à l'imprévu. Vivement la suite (oui je suis en retard) !

24/04/2002 (MAJ le 05/12/2019) (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
Couverture de la série Ravage
Ravage

Ro a bien posé les bases du roman original de René Barjavel, auteur méconnu ou carrément considéré hors de la science-fiction. Mais peu importe, c'est à son adaptation que nous nous intéressons ici. Nous sommes dans un decorum futuriste relativement classique, avec des personnages qui sont finalement plus ou moins universels, même s'ils paraissent un peu caricaturaux aux lecteurs du 21ème siècle que nous sommes. Morvan a probablement modernisé un certain nombre de choses, mais comme pour Ro, ma lecture du roman remonte à trop longtemps pour pouvoir comparer. Toujours est-il que malgré ce côté caricatural, j'ai bien aimé ma lecture, j'aime bien ces ambiances futuristes qui interrogent notre présent. Le tome 2 propose une suite de scènes d'action qui permettent d'étirer l'intrigue, sans la faire véritablement avancer. Le dessin de Rey Macutay est plaisant, mais pas exceptionnel. Je trouve qu'il n'encre pas suffisamment, le côté crayonné poussé ne me satisfait pas sur ce plan-là... Mais je lirai la suite et fin, qui se fait attendre, avec intérêt.

04/10/2017 (MAJ le 05/12/2019) (modifier)
Par Ju
Note: 3/5
Couverture de la série Princesse aime princesse
Princesse aime princesse

Comme dit dans les précédents avis, entrer dans ce livre, c'est entrer dans un gros délire made in Lisa Mandel. L'histoire nous conte donc le destin de deux jeunes ados, Végétaline et Codette. La première est clouée dans son lit par sa mère tyrannique, et la deuxième va, par défi, l'embrasser. Les deux vont tomber amoureuses et vont lutter contre leur entourage (surtout celui de Végétaline) pour se retrouver. On a affaire à tout un tas d'intrigues saugrenues, et de personnages hauts en couleur. Lisa Mandel oscille entre le fantastique et l'absurde, et il faut avouer que c'est plutôt réussi. En effet, ce n'est pas de l'absurde seulement pour de l'absurde. La question de l'homosexualité chez les jeunes est quand même le thème principal de l'album, et elle est traitée de façon légère et rafraichissante, si bien qu'elle apparaît comme logique, évidente. L'amour entre les deux jeunes filles est tout simplement fort, intense, bref un premier amour. Et le fait qu'il soit homosexuel n'apparait pas comme un problème ici. En effet, c'est plus le fait que Végétaline veuille avoir une relation qui déclenche la fureur de sa mère, pas le fait que cette relation soit une relation d'amour avec une autre fille. L'humour est bien dosé, personnellement j'accroche. C'est burlesque, un peu ridicule, mais ça reste assez drôle, comme les combinaisons style power rangers des scientifiques, ou le "méchant" représenté avec une figure toute noire, ou on ne voit que ses yeux rouges et ses dents. Après, il faut bien avouer que certains personnages sont moins réussis que d'autres, comme celui du fils du savant dont on a volé le prototype. C'est parfois un peu lourd, mais dans l'ensemble j'ai aimé cette bd pour son côté décalé, son humour potache et sa façon d'aborder l'homosexualité chez les ados. Par contre, là où ça coince pour moi, c'est au niveau du dessin. Certes, les expressions des personnages sont bien rendues, ils sont tous reconnaissables, mais à part ça... Les décors sont quasi inexistants, quant aux personnages, ils sont globalement moches, ça ne donne pas forcément envie de lire l'oeuvre, ou de s'y attarder. Je trouve que le dessin n'est vraiment pas bénéfique à l'histoire, il la dessert presque, dans le sens où je n'avais pas forcément envie de passer plus de temps que ça sur certaines planches à cause du dessin. Après, c'est une question de goûts, et certains seront sans doute moins gênés que moi par le trait de Lisa Mandel, qui nous sert ici une jolie histoire tout de même.

05/12/2019 (modifier)
Couverture de la série Marcel keuf le flic
Marcel keuf le flic

Quand j'étais abonné à Fluide Glacial, je voyais les pages de ce personnage que Charb dessinait toujours en bichromie dans les jaunes dominant ; au début, je ne les lisais pas, rien que le dessin me faisait mal aux yeux, je n'aime pas ce style graphique en forme de gribouillis vite fait, avec des décors minimalistes, le tout sur un strip de 3 images. C'est pas ma conception de la bande dessinée, j'appelle ça du dessin bâclé et du n'importe quoi. Et puis un jour, j'en ai lu quelques-uns de temps en temps, selon mon humeur, à un moment où je sentais que j'allais me désabonner de Fluide parce que ça baissait sérieusement en qualité ; mis à part les pages dessinées par Coyote, Hugot ou Maester, je ne lisais plus rien, ça me saoulait grave. Donc, Keuf c'est une charge contre la police, c'est de l'humour à 3 balles, simple, bête et méchant, qui peut soit tomber à plat , soit provoquer un sourire , sans plus, c'est un peu le style Charlie Hebdo, mais ça ne provoque pas l'hilarité comme le faisaient mes bonnes vieilles Bd à l'ancienne dans le journal Pilote, l'humour à la Gotlib quoi, qui me faisait vraiment marrer genre Rubrique-à-Brac... là on est clairement dans un cran nettement en-dessous, même si parfois il y a de bonnes idées.

05/12/2019 (modifier)
Couverture de la série La Vie sexuelle de Tintin
La Vie sexuelle de Tintin

Parmi les nombreuses parodies sexuelles de Tintin (Les aventures de), celle de Jan Bucquoy est particulièrement outrancière et pornographique, on sent qu'il veut choquer, il est dans son rôle de provocateur. Malgré les procès intentés par les ayant droits de Hergé, Bucquoy n'a cessé de récidiver en jouant la provocation à fond. Il faut dire que le caractère falot de Tintin, l'absence de femmes et le côté bon enfant de la bande se prêtent naturellement à la moquerie, c'est un terrain idéal pour les humoristes, mais je n'imaginais pas que Bucquoy verserait dans une telle bassesse, lui que j'avais connu plus pertinent et hyper subversif dans des séries comme Chooz, Stone ou Alain Moreau... c'est ce Bucquoy là que je préfère, pas ce pornographe à deux balles. Le style graphique imite maladroitement la Ligne claire hergéenne et tente de reproduire quelques postures normales de vignettes vues dans les albums Tintin, ça s'approche du pastiche qui dans sa définition est une réalisation "à la manière de", mais la désacralisation du héros de BD est la base de la parodie qui elle, détourne l'oeuvre en la moquant, dans le cas présent très vertement, je dirais même sordidement. J'avoue que ces turpitudes sexuelles ne m'ont guère amusé, la première fois, j'ai un peu souri à 2 ou 3 images, notamment lorsque Tintin s'enfile la Castafiore, mais on imagine mal ces personnages se prêter à des séances copulatoires, et voir le capitaine Haddock coucher avec Tchang, les Dupondt transsexuels, Rastapopoulos en gros pervers, ou une secte puritaine tenter d'interdire les partouzes de Moulinsart, ça m'a laissé totalement indifférent, de plus le scénario est nul, on sent que l'auteur a voulu ridiculiser un maximum de personnages, l'ensemble est donc forcé et ça n'est pas drôle.

05/12/2019 (modifier)