Les dernier avis (87090 avis)

Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Un homme de joie
Un homme de joie

J'ai découvert cette Bd uniquement par le site de BDthèque, et je me suis lancé dedans sans avoir la moindre idée de ce que ce serait. J'ai confiance dans les aviseurs du site, et encore une fois j'ai eu la preuve que cette confiance est très bien placée ! La BD m'a très vite attirée par son dessin qui plonge vite dans l'ambiance, ainsi que par son ton à mi-chemin entre le roman noir et le polar mafieux. L'ensemble est bien fichu, prenant le temps de développer le propos de l'immigré qui tente de s'en sortir. Le ton volontairement lent permet de développer un crescendo qui ira jusqu'au final où tout se jouera. Les personnages sont très intéressants, présentant plusieurs aspects de l'Amérique qui se développe à ces années là. Entre les combats ouvriers, les mafieux et les monstres de foire, l'histoire nous livre une belle représentation de cette époque par ses idéaux et sa réalité : ce que l'on veut n'arrive pas toujours et ce qui peut sembler beau parce que source de toute possibilité peut aussi signifier de mauvaises choses. Le dessin accompagne très bien cette ambiance sombre et progressivement violente, avec ses ambiances nocturnes et ses représentations de l'époque. J'ai adoré la façon dont il crée une ambiance magnifique, qui transporte de la première à la dernière page. Une réussite ! J'ai découvert cette BD par hasard, et je ne regrette vraiment pas ma lecture. C'est divertissant, bien fichue et diablement surprenant. Je recommande !

22/11/2019 (modifier)
Par gruizzli
Note: 3/5
Couverture de la série Candélabres
Candélabres

Maintenant que cette série est définitivement abandonnée, je me suis permis de revenir la lire, en prenant bien en compte que le fin mot de tout ceci ne sera jamais connu et que nous nous contenterons d'un quatuor orphelin. C'est rageant de voir qu'un seul tome manque et que l'auteure ne semble pas du tout se soucier de ceux qui l'ont lue et attendue aussi longtemps, mais bon ... Cela dit, j'avais tout de même un peu d'amertume en le relisant, et je ne partais pas avec un peu de mauvaise volonté de ma part. Et pourtant, à la lecture je me suis rendu compte que la sauce prenait à nouveau. J'ai lu avec un grand plaisir cette histoire qui mélange le passé et le présent autour d'une histoire fantastique de feu, de candélabres et d'une source. L'histoire a de belles idées, réellement, et à la relecture j'ai pris plaisir à retrouver ces personnages, entre leurs tourments terre-à-terre et le côté fantastique qui ressort à chaque fois. C'est également une histoire qui sait prendre le temps d'installer tout les pions avant le dénouement, dénouement que nous ne connaitrons donc jamais. Le dessin est curieux, très proche des arts nouveaux et en même temps assez bien adapté à son ambiance. La raideur de certains personnages, les couleurs en a-plats ajoutent à l'ambiance fantastique et très enflammée du livre. C'est visuellement réussi. Après cette relecture, le sentiment qui me vient est celui d'un gros gâchis. Je trouve ça tellement dommage d'avoir arrêté à un tome de la fin, de ne pas avoir pu finir cette série. Je n'en saurais jamais les raisons, mais du coup je suis frustré de la façon dont tout cela est conduit. Et par le fait, ça me donne très peu envie de le relire.

22/11/2019 (modifier)
Couverture de la série Jean-Claude Tergal
Jean-Claude Tergal

Déjà auteur de Raymond Calbuth dès 1983, Tronchet récidive dans l'humour amer et l'ironie féroce avec ce personnage apparu dans Fluide Glacial en 1989 ; il situe ses mésaventures à Ronchin dans le Nord, à la même adresse que celle du couple Calbuth. Si dans Raymond Calbuth, Tronchet dressait le portrait d'un beauf et de la connerie loufoque, ici il s'intéresse à un pauvre type d'une incroyable bêtise et malchanceux, dont la grande obsession est de mettre une fille dans son lit. Ces dérives ça va bien un moment, j'avoue avoir souri plusieurs fois, mais à force il y a un léger côté répétitif, et de plus je n'aime pas voir de pauvres types humiliés ou peu gâtés par la nature à qui rien ne réussit, on n'est pas tous égaux physiquement et psychologiquement, on le sait, mais si en plus on se fout d'eux et qu'on rigole de ces travers misérabilistes, ça n'est guère charitable. Certes Tronchet épingle avec une certaine subtilité les minables et les ratés à travers le symbole que représente son anti-héros, il y en a beaucoup en BD, Tergal est proche de Luc Leroi, de Athanagor Wurlitzer et de certains personnages vus dans les Tranches de vie de Lauzier, l'auteur se fait plus grinçant que dans Calbuth, en jouant sur la solitude tragi-comique de ce célibataire pathétique mais attachant qui bute sur le mystère de la femme, c'est un humour très personnel qui peut aller sur 3 ou 4 albums, mais sur 10, c'est un peu trop, je me suis arrêté à 2 et j'en avais déja assez. Au niveau graphique, c'est comme sur Raymond Calbuth, un dessin simple, volontairement grossier qui accentue les défauts et qui colle parfaitement avec le ton de la bande.

22/11/2019 (modifier)
Couverture de la série Les Scorpions du désert
Les Scorpions du désert

Cette longue série de courts récits débute en 1969 dans le magazine Sergent Kirk (crée pour accueillir les Bd de Pratt, dont bien sûr Corto Maltese), puis se poursuivit dans d'autres magazines italiens comme Linus et Corto. Je l'ai découvert lors de sa traduction française dans la formule Hebdoptimiste du journal Tintin en 1973, en maxi-chapitres et en version colorisée. Je me suis replongé dans 2 albums Casterman en bibli, sans grand enthousiasme, juste pour vérifier si mon impression première était restée inchangée. J'ai constaté que j'avais à peine varié. J'étais très jeune en 1973 et je n'étais pas tellement séduit à l'époque, le dessin de Pratt me rebutait, j'avais du mal à accepter ces cases dépouillées de décors et ce style épuré, c'était à la même période où Corto Maltese faisait son apparition dans les pages de Pif-Gadget, j'ai eu beaucoup de mal à me faire à ce type de graphisme. C'est sans doute dommage parce que j'aimais les films de guerre qui se déroulaient en Afrique du Nord lorsque Anglais et Italiens se retrouvaient face à face dans les sables des déserts lybiens ou éthiopiens. En BD, ça passe moins bien. Avec le temps et en grandissant, j'ai appris à accepter plus ou moins ce style graphique, j'en ai lu ensuite quelques épisodes lorsque la série fut diffusée dans A Suivre ; c'est une réflexion intéressante sur la guerre, avec une petite dose de romanesque, d'autant plus que Pratt mêle des personnages réels et fictifs, et la psychologie est assez poussée, mais je n'éprouve aucune empathie pour le personnage principal, et l'ensemble reste très bavard, ça n'est donc clairement pas dans mes préférences... je reconnais juste que c'est du beau travail mais c'est tout.

22/11/2019 (modifier)
Couverture de la série La Guerre du feu
La Guerre du feu

Ce célèbre roman de J.H. Rosny que j'ai lu dans mes jeunes années a fait l'objet de plusieurs adaptations en bande dessinée, bien avant la tentative de Roudier en 2012. La plus célèbre et probablement la plus fastueuse est celle de René Pellos en 1950 qui dessine d'un trait réaliste (comme il l'avait fait sur Futuropolis) les aventures du guerrier Naoh de la tribu des Oulahmr, qui ne doit pas laisser mourir la flamme, vitale à son clan. Ce récit parut dans l'hebdo Zorro, mais j'ai eu récemment l'occasion de le lire via l'album édité par Glénat en 1976 ; certes la structure du récit a quelque peu vieilli, la narration est chargée de textes envahissants, mais la mise en page semblable à celle vue sur Futuropolis avec ses cadrages de différentes formes, ses vignettes en cercle, et surtout la force du dessin, méritent quand même l'arrêt. C'est de la BD française typique des années 50, qui prouve que Pellos n'était pas que l'auteur de Les Pieds Nickelés et qu'il excellait dans le dessin réaliste. En plus, c'est une vision de la Préhistoire assez fascinante.

22/11/2019 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5
Couverture de la série Proches Rencontres
Proches Rencontres

Cet album baigne dans une ambiance « X-Files » qui devraient ravir les fans : la petite bourgade isolée, les évènements étranges, les témoignages troublants, les mystérieux hommes en noir. L’auteur s’est clairement documentée (voir notes en fin d’album), et toutes les références « classiques » en ufologie sont présentes : Kenneth Arnold, le fameux pilote ayant aperçu les 1er OVNIs, Roswell, le journaliste John Keel, le paradoxe de Fermi etc. et je dois avouer que la sauce prend : je ne suis pas spécialement fan d’ufologie et de théories du complot, mais cette histoire remplie de mystère est superbement contée, et je me suis laissé prendre au jeu. J’ai englouti les 112 pages sans effort. J’imagine que le dessin un peu « indé » ne va pas être au goût de tout le monde, mais je vous invite à découvrir cet album sympa si les thèmes abordés vous intéressent.

22/11/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
Couverture de la série Citrus+
Citrus+

La même journée que le dernier tome de Citrus sort, l'éditeur sort aussi le premier tome de la suite. Ça se passe après les événements de la série donc évidemment il y a un gros spoiler sur la fin de ''Citrus''. Les deux héroïnes sont maintenant ensemble et tout semble aller pour le mieux, mais bien sûr tout ne semble pas rose dans leurs relations. C'est sympa pour le moment, le dessin est toujours aussi sympa et les personnages sont attachants. Ceux qui ont aimé la série originale vont accrocher sans problème. Personnellement, je trouve que pour l'instant c'est pas mal, mais il manque un élément dans le scénario qui le rendrait captivant comme c'était le cas avec la première série. J'ai un peu peur que l'auteure étire inutilement son récit et que ça se termine en suite dispensable. Je pense qu'il faudra attendre quelques tomes avant que je sois certain que j'adhère ou non à cette suite.

22/11/2019 (modifier)
Par Blue boy
Note: 3/5
Couverture de la série L'Homme de la Quatrième Dimension
L'Homme de la Quatrième Dimension

L’homme de la « Quatrième Dimension », c’était Rod Serling, qu’on a un peu oublié mais qui fait pourtant partie des illustres pionniers de la télévision. Et pour ce lutteur infatigable, cette vie ne fut pas un long fleuve tranquille, loin s’en faut. Depuis la seconde guerre d’où il ressortit très marqué en tant que soldat, notamment par la mort de son père qui survint pendant une mission dans le Pacifique, jusqu’à son heure de gloire à Hollywood, l’homme, exigeant et engagé politiquement, qui luttait avec acharnement pour imposer sa vision et ses choix artistiques fit naître autour de lui une sorte d’aura, attirant comme un aimant tout le gratin des stars qui se bousculaient pour tourner dans sa « Quatrième Dimension ». Puis vint le temps du désenchantement, de la déprime et de la fatigue… « Le jeune homme en colère », floué par son producteur (CBS) en lui cédant ses droits, vit alors sa carrière décliner et fut relégué au rang de second couteau lorsqu’il proposait des scénarios. Hollywood avait eu la peau de Rod Serling. Koren Shadmi lui rend ainsi hommage en en faisant un personnage de bande dessinée, en tant qu’acteur de sa propre vie. Un hommage appliqué et respectueux pour une narration assez linéaire, pour laquelle on attendait peut-être un peu plus de fantaisie, de folie. Au regard d’une personnalité qui abordait des sujets métaphysiques souvent vertigineux à travers ses histoires, c’est dommage. On exceptera bien sûr l’introduction et la conclusion du livre, où Shadmi nous adresse un clin d’œil plutôt réussi à l’œuvre phare de Serling… Même pour ce qui est du dessin, fort heureusement en noir et blanc, l’auteur semble avoir joué la carte de l’académisme. Si l’on apprécie son trait réaliste caractérisé par une certaine finesse, ainsi qu’une mise en page de bon aloi, on aurait bien aimé ne pas le voir s’effacer à ce point derrière toute l’admiration qu’il porte à ce « vieil ami » qu’il n’a hélas jamais connu… Ni réussite ni ratage, il est peu probable que « L’Homme de la Quatrième Dimension » marque les esprits, mais l’ouvrage se laisse lire et plaira sans nul doute à ceux qui ont adoré la série (et leur redonnera sans doute l’envie de la redécouvrir).

21/11/2019 (modifier)
Couverture de la série Nada
Nada

On retrouve bien le style de Manchette (ici adapté) dans cet album. En effet, il y a presque plus de texte en off que de réels dialogues, le ton général est très désabusé, les personnages – et les commentaires en off étant très froids, dépassionnés. L’ensemble donnant une impression de fatalité dans le déroulement, un petit côté « drame antique », destin vampirisant le scénario et les acteurs, engloutis dans une violence complètement subie. L’intrigue adaptée par Headline se laisse lire – pour peu donc que l’on soit réceptif à ce style, qui peut rebuter. Le décor est celui du Paris du début des années 1970, avec des personnages qui ont encore en eux des réflexes, des réflexions influencés par les courants gauchistes des années précédentes, et qui ont bourlingué, pour finir dans une opération improbable, à savoir l’enlèvement de l’ambassadeur des Etats-Unis. A cela s’ajoutent les atermoiements et le cynisme des décideurs politiques, l’action de barbouzes et la guerre des services. L’intrigue semble squelettique, mais tous ces ingrédients la densifient, la dynamisent, même si c’est sur un « faux rythme ». Le dessin de Cabanes est bon, intéressant. Mais aussi surprenant. En effet, une partie des décors – des personnages aussi – donnent l’impression d’être de simples crayonnés incomplètement « finis », incomplètement « colorisés », alors que par ailleurs, Cabanes a vraiment eu le soucis de bien reconstituer l’époque à laquelle se déroule cette histoire. Mais j’ai bien aimé l’aspect graphique, finalement très raccord avec le ton de l’intrigue.

21/11/2019 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Poulet aux Prunes
Poulet aux Prunes

Cette BD est une découverte rafraichissante, un peu éloignée du monument de l'auteure, son fameux Persepolis, mais qui apporte à nouveau ce regard très humain et un peu en dehors de nos standards. Et le tout enrobé dans une histoire qui m'a réservé son lot de surprises. Le trait voluptueux de Marjane Satrapi, avec ses courbes et ses utilisations du noir comme unique couleur, serpentant entre les dessins, a toujours un caractère qui mêle la réalité de son histoire avec les mythes qu'elle affectionne. Le mélange est savamment dosé pour faire une pagination tout en beauté, mais aussi des cases sublimes et des mises en scènes inventives. Marjane Satrapi a une réelle inventivité dans ses compositions et son dessin, qui donne à elle seule l'intérêt à une BD. Mais en plus de cela, l'histoire n'est pas en reste. Les derniers jours de la vie de cet homme sont une sorte d'enquête sur lui-même : qui est-il, comment en est-il arrivé là et pourquoi veut-il mourir ? C'est dévoilé petit à petit, en reconstruisant son passé et en comprenant son présent. On navigue au fur et à mesure dans ses souvenirs jusqu'à comprendre, dans les dernières pages, l'origine du geste. C'est à la fois triste et beau, mais en même temps il y a une cruauté de la vie, un couperet implacable du temps qui s’abat. Il y a une beauté dans l'histoire mais aussi une dureté qui sait appuyer là où ça peut faire mal. Il est assez étonnant qu'un ouvrage aussi court soit si riche, je m'en rends compte en rédigeant cette critique. Il contient un bon nombre de scènes, chacune traitant d'un autre sujet sur un ton parfois humoristique, mais souvent triste et désabusé. C'est une belle découverte, pas autant que ne le fut Persépolis, mais qui ne doit pas être comparée à son ainée selon moi. Il s'agit d'une bonne BD, honnête et prenante, je ne lui en demande pas plus.

21/11/2019 (modifier)