Les dernier avis (86737 avis)

Par Ro
Note: 3/5
Couverture de la série U-Boot
U-Boot

J'avais repoussé la lecture de cette série car je m'étais fait avoir par les couvertures qui me laissaient penser à un récit historique de guerre et d'action dans un sous-marin de la seconde guerre mondiale, un sujet qui peut être intéressant comme il peut être ennuyeux et déjà vu. Mais c'est en feuilletant les albums que j'ai découvert qu'ils mélangeaient en fait des portions se déroulant durant la seconde guerre mondiale certes, mais aussi de la pure science-fiction voire du fantastique. C'est une histoire qui s'étale sur plus d'un siècle, avec une narration qui saute sans arrêt d’événements se déroulant au milieu du XXe siècle à d'autres se déroulant au milieu du XXIe sur une Terre d'anticipation où d'immenses corporation dominent le monde. Ces sauts chronologiques d'une époque à une autre sont déroutants en première lecture mais on finit par s'y faire, même s'ils me sont parus parfois un peu caricaturaux. En effet, on a l'impression parfois que la narration suit le processus intellectuel de l'auteur qui raconte quelque chose dans le futur et immédiatement après va nous montrer la chose dans le passé qui a eu pour conséquence cette chose, puis revenir à un autre futur, et sauter peu de temps après encore à une autre époque, comme pour bien insister et faire comprendre au lecteur que tout ça c'est un puzzle dont chaque pièce va s'imbriquer. Ce que je reproche à cette série, c'est son manque de subtilité. A la manière de cette narration anti-chronologique qui frise parfois le ridicule sans jamais l'atteindre, les dialogues sont très pesants, comme si les personnages mouraient d'envie d'en dire un maximum, de détailler les caractéristiques de leurs véhicules ou de leurs armes, ou de faire de longs discours avant de se prendre une balle dans la tête. J'ai eu aussi l'impression en cours de lecture de quelques facilités, de protagonistes qui réussissent un peu trop facilement à atteindre leurs objectifs ou de retournements de situation trop artificiels. Mais à chaque fois que j'ai eu ce sentiment pour un tome précis, il s'est avéré que dans le tome suivant l'auteur donnait l'explication de pourquoi ça s'était passé ainsi. Et finalement, ok, ça tient la route. Ce qui tient vraiment la route en tout cas, c'est le dessin. Il est un petit peu raide, mais alors quel soin du détail, de la précision et quel amour pour les navires, les avions et costumes et autres uniformes. C'est vraiment du beau boulot. Je retiendrais plusieurs belles réussites dans cette série : le fameux u-boot et sa navigation dans des mers déchaînées, la Venise à moitié asséchée ou encore le vol du P38 Thunderbolt. Mais il y en a plein d'autres. J'avoue avoir notamment souri sur cette double planche dans le désert d'Arizona dans le tome 3 que j'ai vu comme un clin d'oeil manifeste et très joli à l'univers visuel de Moebius. Au niveau de l'histoire, les deux premiers tomes forment un cycle qui pourrait presque se suffire à lui-même, malgré ce sentiment de facilité sur sa conclusion dont je parle un peu plus haut. Il faut lire le troisième pour voir disparaître ce sentiment mais pour en voir apparaître un autre sur certains passages de ce nouvel album là, comme d'où sort ce fameux Oncle Harry et comment il réussit aussi facilement ce qu'il est venu faire dans les dernières pages. Et là encore, il faut lire le quatrième pour mieux comprendre. Mais je dois dire que je reste sur une frustration, une impression d'inachevée. Car c'est à priori à la fin du 3e tome que les antagonistes de la série ont été éliminés même si pour l'un d'entre eux, on n'en a pas la certitude. Du coup le 4e tome ne fait finalement qu'apporter quelques explications et développements supplémentaires, mais j'ai l'impression qu'il n'y a pas de véritable fin satisfaisante à cette série dans son ensemble. J'aurais facilement imaginé un 5e tome pour véritablement apporter un point final à cette histoire.

20/10/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 2/5
Couverture de la série Le Monde fantasmagorique d'Alis
Le Monde fantasmagorique d'Alis

Lorsque les éditions tabou m'ont proposé la lecture d'une BD dont la dessinatrice n'était autre que la sœur du grand Milo Manara, je me suis dit banco. Mais las, mille fois las , c'est à ce genre de détail que l'on s'aperçoit que le génie du dessin n'est pas forcément héréditaire et que les gènes d'un frère ne se transmettent pas forcément au reste de la famille. Ici le scénario de l'histoire n'est pas d'un intérêt majeur; disons seulement qu'un accorte jeune fille se retrouve dans un monde fantasmagorique ou il lui arrive forcément moult aventures érotiques. Dans ce genre de bande qu'est ce qui prévaut? Ben le dessin diantre, nous voulons voir des corps à priori avenants, certes tout le monde à le droit de se retrouver croquer dans des postures ou il se livre à de joyeux ébats mais bon cela est un avis tout personnel. Nives Manara donc, à voir son trait l'on voit d'évidence ou elle a pris ses cours de dessin, les visages sont ceux que l'on connait chez son frère et les corps sont ma foi pas si mal. Par contre il semble qu'avec la gente masculine la dame ait un peu plus de mal, les mecs sont moches et possèdent des visages tordus. Les scènes a priori plus torrides ne dégagent au final pas grand chose d'érotique, pourrais je avancer l'hypothèse que cette BD n'a pu voir le jour et sa publication donc qu'à cause du nom prestigieux qu'elle porte. Comme je l'ai dit plus haut un nom ne suffit pas, pour ma part je suis déçu.

20/10/2019 (modifier)
Par Bouriket
Note: 4/5 Coups de coeur du moment
Couverture de la série La Horde du contrevent
La Horde du contrevent

Je ne connaissais pas le roman d’Alain Damasio lorsque j’ai entendu parler de son adaptation en bd par Éric Henninot. Tout de suite attiré par l’univers présenté, les différents avis donnés sur le livre ne laissaient aucune place au doute : j’en serai. Bande dessinée et œuvre originale. Ma lecture du livre est fraîche de 48 heures, temps nécessaire à la digestion, à la distanciation et à une relecture de la bd. Et quelle bd ! 74 planches, précédées d’une longue préface d’Alain Damasio, qui a véritablement « hordonné » Eric Henninot. Et cela est mérité tant la route fut longue et difficile entre la prise de contact initiale et la publication de ce premier tome (je vous renvoie à l’interview de l’auteur par Spooky pour plus de détails). Ayant conquis à la force du poignet l’adoubement de Damasio, il restait donc à Henninot à transformer l’essai. «  On ne juge pas la valeur d’une adaptation à sa fidélité au support original ; on la juge à la fidélité de sa trahison », écrit le premier dans sa préface. Cette phrase prend tout son sens pour quiconque pourra comparer livre et roman. Côté scénario : Henninot s’est attaché à montrer des événements évoqués mais non vécus dans le roman (sans en trahir l’esprit), ce qui permet de dynamiser le début de l’histoire. Je lui sais gré également d’avoir placé une scène d’ouverture nous exposant le contexte, quand le roman nous plonge abruptement au sein de la Horde. Côté vocabulaire : exit les nombreux néologismes du livre lui apportant une touche poétique mais pouvant en rendre la lecture ardue. De nombreux passages sont néanmoins réutilisés à bon escient. Seul le conte de Caracole m’a paru bancal (un long monologue n’étant pas trop adapté au support bd, il me semble qu’il fait l’objet de coupes franches). Côté dessin : là encore, bravo. Damasio étant assez avare en descriptions, faire parler son imagination était facilement casse-gueule. On y est, on y croit, on y vibre, tant sur les décors que les personnages. Il y a un côté parfois « sale », « gratté »... mais cela correspond tout à fait à l’atmosphère de cette planète fouettée par les vents. Ça ne pouvait pas être lisse. Je reconnais cependant que lire la bd avant de lire le roman fixe certains standards et évite l’affrontement entre mon imaginaire et la version de l’auteur. Essai transformé, donc. La suite du livre est plus visuelle et le chapitrage découpe nettement les phases d’action, ce qui permettra peut-être d’en suivre plus fidèlement le développement. Je ne doute cependant pas qu’Eric Henninot continuera à parsemer son œuvre d’apports personnels (une Poursuite plus concrète et présente ? Voir la dernière case du tome 1). S’il parvient à conserver le souffle du roman, qui est avant tout une quête mystico-philosophique pour les hordiers, tout y ajoutant l’action nécessaire au rythme d’une bande dessinée, nul doute que la série figurera dans les incontournables de votre étagère. MAJ T2 : Éric Henninot continue de fort belle manière dont adaptation de la Horde du Contrevent, ce second tome de plaçant, pour moi, au dessus du 1er. L’auteur s’est totalement approprié le roman de Damasio, jouant avec tout en restant dans l’esprit. Il bénéficie sans doute de l’avancée de l’histoire pour nous proposer un récit d’une rare densité mais a su se mettre au niveau de l’œuvre originale. Le dessin est toujours excellent, le bateau fréole et l’approche de la Flaque de Lapsane offrant plus de diversité dans les décors. Comme pour le t1, seule une scène m’a paru un peu confuse. Mais j’étais fatigué et cela m’a paru plus fluide en seconde lecture. Je ne chipoterai donc pas pour un petit accro en 68 planches. Une telle adaptation ne pouvait être prise à la légère. Pour un rendu de cette qualité, je suis prêt à attendre 2 ans entre chaque tome et, si Henninot ne faiblit pas, la 5ème étoile est au bout du chemin.

27/03/2018 (MAJ le 20/10/2019) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
Couverture de la série Commando Vampires
Commando Vampires

Une BD originale à plus d'un titre. En premier lieu son sujet rarement exploité en BD, à ma connaissance du moins, à savoir les guerres de décolonisation auxquelles a du faire face le Portugal au début des années 70 juste avant la révolution des œillets qui mit fin au régime autoritaire d'Antonio Salazar. C'est en 1961 qu'un soulèvement de la population se produit dans la province angolaise du Portugal. Ce soulèvement gagne d'autres provinces d'outre-mer comme la Guinée et le Mozambique. C'est le début d'une guerre coloniale qui va durer treize ans et ne se terminera qu'avec la révolution du 25 avril 1974. Voila pour le contexte politique, les auteurs s'y réfèrent et place l'action au Sénégal à Noël 1972, alors qu'un commando de vétérans est chargé de faire un repérage d'une base de la rébellion afin que celle-ci puisse être bombardée par l'aviation portugaise. Ceci n'est pas un bête récit bourrin de militaires perdus dans la jungle. En traversant la jungle pour se rendre sur le lieu de leur mission, peu à peu les auteurs font monter la tension car cette mission n'est pas de tout repos. Petit à petit les pertes deviennent lourdes, et chaque soldat traine avec lui un lourd passé qui le poursuit et le hante au plus profond de son être. Les tensions entre les membres du commando ne tardent pas à se faire ressentir et les évènements de guerre ne vont pas arranger les choses. Un dessin qui retranscrit parfaitement la touffeur et la moiteur de la jungle ou les personnages possèdent des traits anguleux, mais je dirais qu'ils ont bien tous la tête de l'emploi. L'allusion aux vampires n'a rien à voir avec ce que nous pouvons connaitre dans nos contrées, ici le mythe se teint de croyance africaines. Tout cela est fort bien foutu et au final nous avons une lecture plus qu'intéressante sur un pan de l'histoire très méconnu. A noter en fin d'album quelques pages qui contextualisent la période ainsi que des photos de collections privées font de cet album quelque chose à découvrir.

20/10/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 2/5
Couverture de la série Dans la paume du diable
Dans la paume du diable

L'idée de départ pouvait sembler originale que de faire s'infiltrer un agent du FBI dans le milieu du cinéma hollywoodien des années cinquante. Hélas très vite les auteurs nous perdent avec une profusion de personnages aux visages un peu bizarres, en effet par exemple le père du flic infiltré a la tête d'un acteur célèbre. D'autre part la mise en page n'est pas aidante car les phylactères sont placés de telle sorte que l'on ne sait pas toujours très bien qui parle. Pour ce qui est du dessin j'avoue qu'il n'est pas mal et retranscrit plutôt bien le Hollywood des années cinquante, du moins je peux le supposer n'ayant pas connu bien sur cette époque et cette ville, il est en tous les cas en adéquation avec les choses vues au cinéma. C'est à un polar plutôt conventionnel que nous sommes conviés qui utilise tous les codes du genre , flics pourris, mafieux, et bien sûr la blonde fatale de service. Comme le dit pol dans son avis le scénario du deuxième tome traine un peu en longueur , les atermoiements du héros sont un peu fastidieux, on a envie de lui dire de se bouger un peu. Pour les mateurs du genre on préférera des récits plus actuels, je pense au titre Criminal par exemple.

20/10/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
Couverture de la série Le Héros
Le Héros

Si le premier volet est assez divertissant et plutôt bon enfant, le second se revèle un peu plus dramatique et parfois assez trash. Il faut dire que notre pauvre Héraclès n'est pas aidé entre un frère véritable tyran et une déesse qui a décidé sa perte à sa naissance pour d'obscures raisons. Il y a une lecture assez décalée des douze travaux dans un univers parfois déjanté. Pour autant, il y a une alchimie qui fait que cela fonctionne. C'est une lecture assez divertissante. On ne s'ennuie pas même si certaines scènes d'action peuvent apparaître comme redondantes notamment lors des douze travaux. Il est vrai que le dessin fait assez dysnéen. L'auteur david rubin a laissé libre court à son imangination pour réécrire totalement la mythologie grecque. Je dois dire que le résultat est plutôt intéressant. A découvrir comme une oeuvre revisitant le mythe d'Hercule en y apportant beaucoup de modernité.

20/10/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
Couverture de la série Perséus
Perséus

On aura droit au mythe de Persée complètement revisité dans une saga pleine d'inventivité et d'humour. C'est destiné à la jeunesse et c'est plutôt assez bien réalisé. Certes, le dessin manque un peu de finesse. Par ailleurs, les personnages sont caricaturaux mais c'est vraiment marrant. On sera vite happé par cette aventure. Cela ne manque pas de rythme, bien au contraire ! L'inspiration est clairement manga ce qui n'est pas pour me déranger. Le format est bien celui d'une bd à l'européenne. C'est une lecture qui sera divertissante et plutôt légère. Pas un chef d'oeuvre mais une réalisation honnête qui atteindra sa cible à savoir les plus jeunes.

19/10/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
Couverture de la série L'Avancée des travaux - Histoires courtes semées à droite à gauche
L'Avancée des travaux - Histoires courtes semées à droite à gauche

Je n'aime pas trop quand les auteurs font de leur petits bouts de récits un album à part entière. C'est une démarche commerciale qui peut être risquée. Je dois reconnaître qu'en l'occurence, Etienne Davodeau (qu'on ne présente plus) s'en tire pas trop mal. Au début de chaque récit, il y a un échange avec son éditeur. Cela commence d'ailleurs assez fort par une première histoire assez marquante sur l'écart entre l'extrême pauvreté et les riches qui ont un comportement parfois bizarre. Bien entendu, il y aura du bon et du moins bon mais globalement, cela demeure assez intéressant. Les fans de l'auteur seront comblés car ils y retrouveront sa patte assez singulière avec des histoires parfois assez engagées. Une oeuvre subtile qui constitue une petite parenthèse pour l'auteur.

19/10/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 2/5
Couverture de la série L'Arche de Néo
L'Arche de Néo

C'est une sorte de fable contemporaine sur le thème de la violence envers les animaux. Ceux-ci sont plein de vie et d'entrain dans une ferme mais ils savent pour certains d'entre eux qu'ils termineront un jour à l'abattoir. On comprend vite que les maîtres sont des partisans de la cause animaliste dans une ZAD. Ils vont être délogés par les forces de l'ordre. Bref, cela brasse des sujets actuels que l'on ne connait que trop bien. On aura droit à une sorte de road-movie animalier. La représentation du perfide chat est assez bien réalisée. Fort heureusement, un chien fait respecter l'ordre. Le dessin est plutôt agréable mais c'est assez bavard dans l'ensemble ce qui ne rend pas la lecture aisée. Je ne suis pas très à l'aise avec le sujet car j'aime bien la bonne viande. Il faut dire que c'est une bd assez culpabilisante qui est un véritable plaidoyer contre la consommation de viande animale. Je respecte néanmoins la critique et l'engagement pris.

19/10/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Le Travail m'a tué
Le Travail m'a tué

Bienvenue dans le monde du travail moderne.... Le récit est semble-t-il basé sur une vraie histoire, ce qui explique pourquoi tout m'a semblé si réel même si mon travail est bien différent de celui du protagoniste. On suit donc Carlos qui commence son travail plein d'espoir et d'enthousiasme et qui au fil des années va perdre ses illusions face à une administration et un environnement de travail de plus en plus déshumanisés et qui ne pensent qu'au profit à tout prix. Il va finir par avoir trop de travail, on le laisse se débrouiller tout seul avec des logiciels qu'il ne comprend pas, on l'envoie en Roumanie où il assiste aux conditions misérables des employés...C'est une vraie charge contre les travers du monde du travail et aussi contre un sujet plus présent ces dernières années : le suicide au travail. C'est pas un spoiler, on sait dès les premières pages quel sera le funeste destin du pauvre Carlos, et les auteurs montrent bien comment une personne peut finir par commettre un geste irréparable après avoir été menée à bout par une entreprise inhumaine. Ceux qui ont aussi des problèmes au travail risquent de se reconnaître dans plusieurs situations et franchement ce n'est pas un ouvrage que je recommanderais à un dépressif. Le dessin est dans un style réaliste dynamique et expressif comme je les aime, bien loin des trucs figés et sans âme. Le texte qui termine l'album est intéressant, mais comme il ne parle que de la situation en France, du coup je suis curieux de ce qui se passe dans mon propre pays. Bref, un album à découvrir et qui pose des réflexions intéressantes sur les agissements de plusieurs entreprises sur leurs employés.

19/10/2019 (modifier)