Petite déception pour moi aussi...
On a un peu l'impression que David B. livre avec ces tomes des "fonds de tiroir", ce sont plutôt des anecdotes, des histoires courtes sans grande inspiration plutôt que des oeuvres bien réfléchies. Au passage l'auteur égratigne un peu son ancien éditeur à l'association, de bonne guerre sur une collection qui se positionne clairement sur le même créneau (et créée par un autre ancien de l'Asso, à savoir Trondheim). L'ensemble manque cruellement d'envergure, seule l'histoire de Raoud David m'a semblé relativement intéressante.
Sur le plan graphique l'auteur se permet quelques incursions dans des choix qui ont fait son succès, mais dans sa globalité c'est très sage.
Le point de départ de cette uchronie est un peu facile ; j’ai du mal à croire qu’il aurait pu se passer un changement aussi radical au cœur même du symbole du capitalisme… Comme si la Mecque pouvait être transformée en Wall Street en deux coups de cuillères à pot… N’importe quoi.
Cela dit, ce postulat farfelu permet d’établir une toile de fond originale et propre à nous intriguer. Le premier tome est donc assez sympa ; on découvre le système de New Byzance avec intérêt.
Cette idée d’un New York oriental permet aussi au dessinateur de s’éclater point de vue architecture, les extérieurs comme les intérieurs sont recherchés et dans chaque immeuble ou appartement, on se sent en orient.
Au niveau des personnages, je le trouve beaucoup moins convaincant. Les proportions sont bonnes mais je trouve que les visages manquent de finesse et de détails. Sur certaines images, c’est vraiment flagrant : sans la couleur, on se retrouverait devant un premier jet crayonné ( pas mal fait, certes, mais quand même… )
Les deux tomes suivants sont beaucoup moins sympas, ils développent cette idée de réalités alternatives mais pas vraiment de façon surprenante, surtout si vous avez déjà commencé les deux autres séries en parallèle. La fin est quand à elle pas trop mal, assez surprenante et elle donne relativement envie de lire les autres série.
Pour ce qui est du dessin ; passé la surprise architecturale du premier tome, il ne m’a plus fait aucun effet.
Cette uchronie me semble beaucoup plus crédible que la première. Le pays a radicalement changé de couleur mais suite à quoi ?
L’intérêt de cette série par rapport aux autres, c’est que les raisons du changement ne nous sont pas jetées à la figure dès la première page. Et ces raisons et conséquences qui en découlent me semblent bien plus plausibles que la prise de pouvoir par Al-Qaïda faisant directement suite à des attentats terroristes.
Mais c’est presque tout ce qu’il y a à sauver de cette partie.
Le dessinateur est clairement le moins bon des trois. Il débute sûrement et les contraintes de la série lui auront probablement imposé des contraintes de temps qui l’ont sévèrement handicapé.
Niveau scénario, ça suit la première série, mais c’est plutôt chiant. On se retrouve dans un univers de complots, de politique et de problèmes financiers, un truc assez lourd en somme. Et puis les capacités de Zack sont totalement différentes que dans New Byzance ce qui manque de cohérence.
Seule la fin est vraiment intrigante… La seule des trois d’ailleurs. Il est probable que l’épilogue parte de cette fin puisque c’est la seule qui attend des réponses.
La dernière uchronie n’en est pas une, puisqu’il s’agit de notre réalité, celle d’où démarre l’histoire de Charles Kosinski et de Tia Brown qui voyagent entre ces mondes parallèles.
Alors forcément, comprendre un peu plus le pourquoi du comment, c’est toujours intéressant. Pourquoi diable Tia est-elle partie cherché Kosinski à New Byzance ? Tia qui par ailleurs a un comportement très différent par rapport aux deux premières séries, ce qui est plutôt surprenant.
Mais au bout de la troisième série, relire les même explications à propos de la fusion noire, des rêves de Zack et des réalités alternatives, ça commence à être un poil lourdingue. Et puis ici, point de changement de notre histoire qui pourrait donner une nouvelle toile de fond et capter notre intérêt.
Donc ça se lit pour compléter les deux autres mais en aucun cas, cela se montre plus passionnant.
Au niveau du dessin par contre, on a ici le meilleur des trois ( pour peu que l’on aime le trait un peu gras de Défali ). Même si c’est loin d’être parfait et que l’on aimerait qu’il soit un peu moins prolifique ( Le Syndrome de Hyde, Assassin's Creed, Pulsions ) pour être un peu plus appliqué.
Je me retrouve dans l’avis de Ro. Ma femme sortant aussi d’une période de grossesse, je pense faire partie du public visé. Pourtant je n’ai pas retenu grand-chose de ma lecture. Capucine nous parle de son test de grossesse, de son ventre qui pousse, de ses sautes d’humeur, de sa vessie compressée, etc. de façon très académique. Il s’agit vraiment d’un journal de bord ; pas de prouesse graphique, pas de parabole, pas de réflexions profondes.
Alors cette collection de petits faits du quotidien intéressera peut-être ses proches. C’est bien raconté, et parfois rigolo (certains gags m’ont faire sourire). Mais de manière générale j’attends plus d’une BD. Des mamans qui me parlent de leur grossesse, j’en fréquente plein, ne serait-ce qu’au boulot, et je n’ai pas spécialement envie de lire une BD sur le sujet.
Voila, désolé :)
Le grumeau est l'horrible surnom donné par une jeune maman à son rejeton, et cet album est une compilation des moments tous plus heureux les uns que les autres des joies de la maternité... On commence par la grossesse puis l'arrivée du petit, les premières dents, les premiers pas, les premières conneries etc. Cet album a le mérite d'être bien illustré et assez drôle, du moins cela prête à sourire, mais il faut avouer que c'est un album à réserver à une cible privilégiée : celle des jeunes parents ou parents en devenir proche pour qui cela peut faire un cadeau sympa. Dans le cas contraire, cela risque de gaver un brin cet humour bébé-centré.
Note : 2.5/5
Je ne suis pas un très grand fan de Peeters mais j'apprécie bon nombre de ses oeuvres et je trouve son graphisme d'excellent niveau. Cependant, je n'ai pas aimé la lecture de ce recueil d'histoires courtes et diversifiées.
Cela ne tient pas au dessin. C'est la patte très reconnaissable de Frederik Peeters et il n'y a rien à redire. Même si je n'aime pas vraiment le noir trop épais de son encrage, à l'inverse j'ai beaucoup aimé les planches colorées en fin d'album, et sur l'ensemble je trouve ça très bien foutu.
Cela ne tient pas vraiment non plus aux scénarios qui sont originaux pour la plupart et parfois intéressants comme ce documentaire sur la consommation contrôlée de drogues en Suisse (du moins à l'époque puisque l'auteur avoue en fin d'album que presque plus rien de ce qu'il a décrit n'existait encore au moment de la parution de l'album).
Non, ce que je n'ai pas aimé, c'est l'ambiance générale que partagent presque toutes ces histoires. Une ambiance que j'ai trouvée noire, morbide. La mort est présente dans presque chaque récit, ou la décrépitude, la folie. Malgré quelques touches d'humour dans certains cas, j'ai trouvé l'ensemble légèrement malsain, désagréable pour un lecteur tel que moi.
Ca me plombe une telle lecture et je n'y prends pas plaisir. Je dois alors me contenter du graphisme et des idées originales, mais cela ne me suffit pas.
Tape à l’œil !
Voilà : tape à l’œil. C’est vraiment le sentiment que j’éprouve à la fin de la lecture de ce premier tome. Parce que, si le dessin de Jérémy est d’une belle qualité, s’il est un très bon portraitiste et un coloriste de talent, s’il varie agréablement ses angles de vue, en clair, si je n’ai vraiment rien à reprocher au côté dessiné de cet album, il n’en va pas de même au niveau d’un scénario bancal à souhait.
En effet, tout le long de ma lecture, je tombe sur des oublis volontaires, sur des incongruités voire sur des inepties.
Pour me faire comprendre sans trop en dire sur l’intrigue, je vais vous expliquer mon ressenti sur les neuf premières planches, les seules qui se passent réellement en mer, et qui nous entraînent dans un abordage.
Dès la première planche, l’absence de date m’énerve mais bon, soit, la forme des navires nous fait rapidement penser au 15ème ou au 16ème siècle. Le bateau pirate tire un premier coup de semonce depuis le pont supérieur, puis deux nouveaux coups depuis le niveau inférieur. Pourquoi ? Pourquoi tirer alors que la cible est toujours hors de portée ? C’est quoi, cette stratégie à la mords moi le nœud ? Une manière de mettre en garde sa proie (attention, j’arrive). Et bien, c’est peine perdue ! La proie ne changera pas de trajectoire et restera là à attendre stoïquement a) que le navire pirate se rapproche, b) une nouvelle salve reçue de plein fouet. Autant vous dire que ça commence très mal à mes yeux. Ah oui, quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi, bien avant d’être attaquée, la caravelle, toutes voiles sorties, avait mis ses rameurs à l’ouvrage ? Il y a du vent, la mer est agitée, alors, à moins de s’être engagé dans la traversée de l’atlantique à la rame, je ne vois pas pourquoi un capitaine irait stupidement fatiguer ses membres d’équipage. Enfin, ce bateau pirate est certes très esthétique mais pas du tout crédible ! Il est gros, lourd (pourquoi autant de canons sans utilité, sinon pour des raisons esthétiques), large comme un ferry. En clair, c’est tout sauf un fier coureur des mers.
A la deuxième planche nous est présenté un gamin prétentieux et arrogant (âge approximatif : 13 ans). Ce vantard se plaint de ne devoir « que » tuer deux ennemis pour chaque ennemi que son pirate de père tuera. Si l’objectif de Jean Dufaux était de me le rendre détestable d’entrée, c’est réussi. Directement, je n’ai qu’une envie : lui coller deux claques et le renvoyer dans sa chambre !
Toujours sur cette deuxième planche, quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi le bateau pirate ne fait feu qu’avec ses canons du niveau inférieur (et encore, pas tous) ? Quand je parlais de canons inutiles, ceux du haut semblent bien n’être là que pour la déco et les coups de semonce inutiles !
A la quatrième planche, je me demande pourquoi le bateau pirate surplombe son ennemi de 3 ou 4 mètres. Bon, ça fait plus joli, plus esthétique, plus terrifiant mais il n’y a aucune raison logique à cette subite élévation.
A la cinquième planche, Jean Dufaux me ressert le couvert avec une nouvelle gamine prétentieuse et arrogante (âge approximatif, si je m’en réfère à sa taille : entre 9 et 12 ans). S’il veut que je m’attache aux personnages, il faudra qu’il trouve autre chose … et c’est pas le gamin aux airs efféminés et à la personnalité inexistante qui fera l’affaire !
Mais ce qui m’énerve encore plus, c’est qu’on ne saura jamais ce que font ces quatre passagers à bord (la mère, la fille, le gamin qu’on ne sait pas d’où il vient et un curé). Au 16ème siècle, on ne s’engage pas dans une traversée de ce type sans raison impérieuse, surtout avec des enfants. Alors, voilà, durant toute ma lecture, je me demanderai : mais qu’allaient-ils donc faire dans cette caravelle !
Puis commence la grande scène du duel entre le fils du pirate et ce qui ressemble au capitaine de la caravelle (même s’il n’a pas du tout l’air d’un marin). Le gamin rend une bonne tête à son adversaire et est armé d’un sabre, naturellement plus court que l’épée droite du capitaine. En clair, il lui rend cinquante bons centimètres d’allonge. Sa seule chance, me direz-vous, réside dans sa vivacité, dans son art de la feinte et de l’esquive et dans un combat rapproché (et je serai bien d’accord avec vous). Et que vois-je, au contraire ? Ce fier pirate, ce terrifiant pirate combat à reculons ! En plus, il perd son combat (face à un adversaire qui ne nous est pas présenté comme un redoutable bretteur) ! Ah ouais, il la ramène moins, le petit caractériel ! Dès cet instant, à mes yeux, le personnage est définitivement raté. Et la suite du récit ne fera que confirmer cette impression d’avoir face à soi un gamin qui joue au grand pirate mais qui n’en a ni l’envergure, ni le talent. Mais le père me déçoit aussi ! A sa place, plutôt que de laisser partir le capitaine, je le dégomme vite fait, histoire que la réputation du gamin reste sans tâche (parce que là, inutile de vous dire qu’elle va en prendre un coup, la réputation du mou du coude). Bon sang, un pirate, c’est sans pitié, roublard, tricheur et cruel.
A l’occasion de cette scène, je me rends compte également que le navire attaqué était lui aussi pourvu de canons. D’où ma question : pourquoi ne s’en est-il jamais servi ? C’est quoi, encore cette absurdité ! C’est des canons, merde, pas des pots de fleurs !
Et nous n’en sommes qu’à la neuvième planche.
Tout le long du récit, je tomberai sur ce genre de facilité, d’incongruité, d’oubli volontaire. Je pourrais décortiquer la scène de la vente d’esclaves de la même manière, avec autant de remarques.
Aucun des personnages présentés ne me semblera attachant. Aucune séquence ne me semblera logique dans son déroulement. Tout le long de ce premier tome, j’aurai le sentiment que Jean Dufaux force le trait pour offrir à son dessinateur des scènes esthétiques, et pour amener ses personnages là où il veut (mais pas spécialement là où ils auraient été s’ils avaient eu un comportement logique).
J’ajouterai encore qu’attribuer les rôles « sexy » à deux gosses est un choix que je déteste.
Voilà, je m’arrête là même si j’aurais encore plein de choses à dire sur le caractère bancal de ce scénario, sur les choix absurdes de ces personnages. Seul le talent de portraitiste et de coloriste de Jérémy m’empêche d’attribuer la note d’exclusion à une série de pirate sans mer, sans ce goût de sel sur les lèvres, sans embruns, sans redoutable pirate, sans marins, sans intérêt à mes yeux.
Une grande escroquerie... je n’irai pas jusque là mais une belle déception ça c’est sûr...
Jusqu’ici, les trois autres tomes de la série « Le Casse » était d’un bon niveau, assez uniforme, mais ce quatrième fait immanquablement baisser la moyenne.
J’attendais « Le Casse - La Grande Escroquerie » avec impatience pour plusieurs raisons : l’époque dans laquelle prend place l’intrigue (1977), la ville cadre (Londres - j’y ai vécu pendant 20 mois), la couverture alléchante et la référence à la musique et à la musique punk. Si tous ces éléments sont présents dans l’album, le dessin n’est malheureusement pas à la hauteur de la couverture. Le trait est bien plus hésitant et moins charismatique.
Mais ce qui m’a véritablement déplu dans ce one-shot, c’est le scénario. Bien trop fouillis, une chatte y perdrait ses petits. Les flash back incessants mêlés au dessin approximatif ne permettent pas toujours d’identifier les personnages, pire, ils ont le dont de perdre le lecteur dans des méandres bien inutiles, surtout quand on voit la fin de l’album... Je n’appelle pas ça un casse mais un concours de circonstances !
Tout n’est pas mauvais non plus, attention. J’ai particulièrement apprécié la case située en haut de chaque page et qui rappelle par un dessin muet, soit la dernière bulle, soit la dernière case de la page précédente, ce qui donne du liant à l’histoire. Tout à fait original et enthousiasmant... si seulement le reste avait pu suivre le même rythme, le rythme des Sex Pistols...
“I am an anti-Christ
I am an anarchist,
Don’t know what I want
But I know how to get it…”
Mouais, pas mal…
Trash, violent et cruel, c’est vrai que le récit ne fait pas dans la dentelle. Je crois même que l’auteur n’a pas « toutes ses frites dans le même sachet » ! Cela ne m’a pas dérangé, j’aime bien quand cela est décalé, mais il manquait autre chose à cette histoire. Le début est vraiment bon, la suite laisse plus à désirer… Cela devient répétitif et, au bout d’un moment, ça lasse.
Graphiquement, le trait m’a semblé un peu basique, sans grande originalité ou finesse. Cependant, j’ai beaucoup apprécié la colorisation. Tantôt en bichromie, tantôt avec des touches de couleurs vives, j’ai trouvé le rendu agréable et étonnant par moments.
Au final, je ne conseille pas l’achat de l’album mais sa lecture. Cela reste un divertissement plus ou moins agréable à lire, bien cynique et amoral, comme certains lecteurs les aiment, mais sincèrement (très) dispensable…
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Journal d'Italie
Petite déception pour moi aussi... On a un peu l'impression que David B. livre avec ces tomes des "fonds de tiroir", ce sont plutôt des anecdotes, des histoires courtes sans grande inspiration plutôt que des oeuvres bien réfléchies. Au passage l'auteur égratigne un peu son ancien éditeur à l'association, de bonne guerre sur une collection qui se positionne clairement sur le même créneau (et créée par un autre ancien de l'Asso, à savoir Trondheim). L'ensemble manque cruellement d'envergure, seule l'histoire de Raoud David m'a semblé relativement intéressante. Sur le plan graphique l'auteur se permet quelques incursions dans des choix qui ont fait son succès, mais dans sa globalité c'est très sage.
Uchronie[s] - New Byzance
Le point de départ de cette uchronie est un peu facile ; j’ai du mal à croire qu’il aurait pu se passer un changement aussi radical au cœur même du symbole du capitalisme… Comme si la Mecque pouvait être transformée en Wall Street en deux coups de cuillères à pot… N’importe quoi. Cela dit, ce postulat farfelu permet d’établir une toile de fond originale et propre à nous intriguer. Le premier tome est donc assez sympa ; on découvre le système de New Byzance avec intérêt. Cette idée d’un New York oriental permet aussi au dessinateur de s’éclater point de vue architecture, les extérieurs comme les intérieurs sont recherchés et dans chaque immeuble ou appartement, on se sent en orient. Au niveau des personnages, je le trouve beaucoup moins convaincant. Les proportions sont bonnes mais je trouve que les visages manquent de finesse et de détails. Sur certaines images, c’est vraiment flagrant : sans la couleur, on se retrouverait devant un premier jet crayonné ( pas mal fait, certes, mais quand même… ) Les deux tomes suivants sont beaucoup moins sympas, ils développent cette idée de réalités alternatives mais pas vraiment de façon surprenante, surtout si vous avez déjà commencé les deux autres séries en parallèle. La fin est quand à elle pas trop mal, assez surprenante et elle donne relativement envie de lire les autres série. Pour ce qui est du dessin ; passé la surprise architecturale du premier tome, il ne m’a plus fait aucun effet.
Uchronie[s] - New Harlem
Cette uchronie me semble beaucoup plus crédible que la première. Le pays a radicalement changé de couleur mais suite à quoi ? L’intérêt de cette série par rapport aux autres, c’est que les raisons du changement ne nous sont pas jetées à la figure dès la première page. Et ces raisons et conséquences qui en découlent me semblent bien plus plausibles que la prise de pouvoir par Al-Qaïda faisant directement suite à des attentats terroristes. Mais c’est presque tout ce qu’il y a à sauver de cette partie. Le dessinateur est clairement le moins bon des trois. Il débute sûrement et les contraintes de la série lui auront probablement imposé des contraintes de temps qui l’ont sévèrement handicapé. Niveau scénario, ça suit la première série, mais c’est plutôt chiant. On se retrouve dans un univers de complots, de politique et de problèmes financiers, un truc assez lourd en somme. Et puis les capacités de Zack sont totalement différentes que dans New Byzance ce qui manque de cohérence. Seule la fin est vraiment intrigante… La seule des trois d’ailleurs. Il est probable que l’épilogue parte de cette fin puisque c’est la seule qui attend des réponses.
Uchronie[s] - New York
La dernière uchronie n’en est pas une, puisqu’il s’agit de notre réalité, celle d’où démarre l’histoire de Charles Kosinski et de Tia Brown qui voyagent entre ces mondes parallèles. Alors forcément, comprendre un peu plus le pourquoi du comment, c’est toujours intéressant. Pourquoi diable Tia est-elle partie cherché Kosinski à New Byzance ? Tia qui par ailleurs a un comportement très différent par rapport aux deux premières séries, ce qui est plutôt surprenant. Mais au bout de la troisième série, relire les même explications à propos de la fusion noire, des rêves de Zack et des réalités alternatives, ça commence à être un poil lourdingue. Et puis ici, point de changement de notre histoire qui pourrait donner une nouvelle toile de fond et capter notre intérêt. Donc ça se lit pour compléter les deux autres mais en aucun cas, cela se montre plus passionnant. Au niveau du dessin par contre, on a ici le meilleur des trois ( pour peu que l’on aime le trait un peu gras de Défali ). Même si c’est loin d’être parfait et que l’on aimerait qu’il soit un peu moins prolifique ( Le Syndrome de Hyde, Assassin's Creed, Pulsions ) pour être un peu plus appliqué.
Corps de Rêves
Je me retrouve dans l’avis de Ro. Ma femme sortant aussi d’une période de grossesse, je pense faire partie du public visé. Pourtant je n’ai pas retenu grand-chose de ma lecture. Capucine nous parle de son test de grossesse, de son ventre qui pousse, de ses sautes d’humeur, de sa vessie compressée, etc. de façon très académique. Il s’agit vraiment d’un journal de bord ; pas de prouesse graphique, pas de parabole, pas de réflexions profondes. Alors cette collection de petits faits du quotidien intéressera peut-être ses proches. C’est bien raconté, et parfois rigolo (certains gags m’ont faire sourire). Mais de manière générale j’attends plus d’une BD. Des mamans qui me parlent de leur grossesse, j’en fréquente plein, ne serait-ce qu’au boulot, et je n’ai pas spécialement envie de lire une BD sur le sujet. Voila, désolé :)
Le Petit Grumeau illustré
Le grumeau est l'horrible surnom donné par une jeune maman à son rejeton, et cet album est une compilation des moments tous plus heureux les uns que les autres des joies de la maternité... On commence par la grossesse puis l'arrivée du petit, les premières dents, les premiers pas, les premières conneries etc. Cet album a le mérite d'être bien illustré et assez drôle, du moins cela prête à sourire, mais il faut avouer que c'est un album à réserver à une cible privilégiée : celle des jeunes parents ou parents en devenir proche pour qui cela peut faire un cadeau sympa. Dans le cas contraire, cela risque de gaver un brin cet humour bébé-centré.
Ruminations
Note : 2.5/5 Je ne suis pas un très grand fan de Peeters mais j'apprécie bon nombre de ses oeuvres et je trouve son graphisme d'excellent niveau. Cependant, je n'ai pas aimé la lecture de ce recueil d'histoires courtes et diversifiées. Cela ne tient pas au dessin. C'est la patte très reconnaissable de Frederik Peeters et il n'y a rien à redire. Même si je n'aime pas vraiment le noir trop épais de son encrage, à l'inverse j'ai beaucoup aimé les planches colorées en fin d'album, et sur l'ensemble je trouve ça très bien foutu. Cela ne tient pas vraiment non plus aux scénarios qui sont originaux pour la plupart et parfois intéressants comme ce documentaire sur la consommation contrôlée de drogues en Suisse (du moins à l'époque puisque l'auteur avoue en fin d'album que presque plus rien de ce qu'il a décrit n'existait encore au moment de la parution de l'album). Non, ce que je n'ai pas aimé, c'est l'ambiance générale que partagent presque toutes ces histoires. Une ambiance que j'ai trouvée noire, morbide. La mort est présente dans presque chaque récit, ou la décrépitude, la folie. Malgré quelques touches d'humour dans certains cas, j'ai trouvé l'ensemble légèrement malsain, désagréable pour un lecteur tel que moi. Ca me plombe une telle lecture et je n'y prends pas plaisir. Je dois alors me contenter du graphisme et des idées originales, mais cela ne me suffit pas.
Barracuda
Tape à l’œil ! Voilà : tape à l’œil. C’est vraiment le sentiment que j’éprouve à la fin de la lecture de ce premier tome. Parce que, si le dessin de Jérémy est d’une belle qualité, s’il est un très bon portraitiste et un coloriste de talent, s’il varie agréablement ses angles de vue, en clair, si je n’ai vraiment rien à reprocher au côté dessiné de cet album, il n’en va pas de même au niveau d’un scénario bancal à souhait. En effet, tout le long de ma lecture, je tombe sur des oublis volontaires, sur des incongruités voire sur des inepties. Pour me faire comprendre sans trop en dire sur l’intrigue, je vais vous expliquer mon ressenti sur les neuf premières planches, les seules qui se passent réellement en mer, et qui nous entraînent dans un abordage. Dès la première planche, l’absence de date m’énerve mais bon, soit, la forme des navires nous fait rapidement penser au 15ème ou au 16ème siècle. Le bateau pirate tire un premier coup de semonce depuis le pont supérieur, puis deux nouveaux coups depuis le niveau inférieur. Pourquoi ? Pourquoi tirer alors que la cible est toujours hors de portée ? C’est quoi, cette stratégie à la mords moi le nœud ? Une manière de mettre en garde sa proie (attention, j’arrive). Et bien, c’est peine perdue ! La proie ne changera pas de trajectoire et restera là à attendre stoïquement a) que le navire pirate se rapproche, b) une nouvelle salve reçue de plein fouet. Autant vous dire que ça commence très mal à mes yeux. Ah oui, quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi, bien avant d’être attaquée, la caravelle, toutes voiles sorties, avait mis ses rameurs à l’ouvrage ? Il y a du vent, la mer est agitée, alors, à moins de s’être engagé dans la traversée de l’atlantique à la rame, je ne vois pas pourquoi un capitaine irait stupidement fatiguer ses membres d’équipage. Enfin, ce bateau pirate est certes très esthétique mais pas du tout crédible ! Il est gros, lourd (pourquoi autant de canons sans utilité, sinon pour des raisons esthétiques), large comme un ferry. En clair, c’est tout sauf un fier coureur des mers. A la deuxième planche nous est présenté un gamin prétentieux et arrogant (âge approximatif : 13 ans). Ce vantard se plaint de ne devoir « que » tuer deux ennemis pour chaque ennemi que son pirate de père tuera. Si l’objectif de Jean Dufaux était de me le rendre détestable d’entrée, c’est réussi. Directement, je n’ai qu’une envie : lui coller deux claques et le renvoyer dans sa chambre ! Toujours sur cette deuxième planche, quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi le bateau pirate ne fait feu qu’avec ses canons du niveau inférieur (et encore, pas tous) ? Quand je parlais de canons inutiles, ceux du haut semblent bien n’être là que pour la déco et les coups de semonce inutiles ! A la quatrième planche, je me demande pourquoi le bateau pirate surplombe son ennemi de 3 ou 4 mètres. Bon, ça fait plus joli, plus esthétique, plus terrifiant mais il n’y a aucune raison logique à cette subite élévation. A la cinquième planche, Jean Dufaux me ressert le couvert avec une nouvelle gamine prétentieuse et arrogante (âge approximatif, si je m’en réfère à sa taille : entre 9 et 12 ans). S’il veut que je m’attache aux personnages, il faudra qu’il trouve autre chose … et c’est pas le gamin aux airs efféminés et à la personnalité inexistante qui fera l’affaire ! Mais ce qui m’énerve encore plus, c’est qu’on ne saura jamais ce que font ces quatre passagers à bord (la mère, la fille, le gamin qu’on ne sait pas d’où il vient et un curé). Au 16ème siècle, on ne s’engage pas dans une traversée de ce type sans raison impérieuse, surtout avec des enfants. Alors, voilà, durant toute ma lecture, je me demanderai : mais qu’allaient-ils donc faire dans cette caravelle ! Puis commence la grande scène du duel entre le fils du pirate et ce qui ressemble au capitaine de la caravelle (même s’il n’a pas du tout l’air d’un marin). Le gamin rend une bonne tête à son adversaire et est armé d’un sabre, naturellement plus court que l’épée droite du capitaine. En clair, il lui rend cinquante bons centimètres d’allonge. Sa seule chance, me direz-vous, réside dans sa vivacité, dans son art de la feinte et de l’esquive et dans un combat rapproché (et je serai bien d’accord avec vous). Et que vois-je, au contraire ? Ce fier pirate, ce terrifiant pirate combat à reculons ! En plus, il perd son combat (face à un adversaire qui ne nous est pas présenté comme un redoutable bretteur) ! Ah ouais, il la ramène moins, le petit caractériel ! Dès cet instant, à mes yeux, le personnage est définitivement raté. Et la suite du récit ne fera que confirmer cette impression d’avoir face à soi un gamin qui joue au grand pirate mais qui n’en a ni l’envergure, ni le talent. Mais le père me déçoit aussi ! A sa place, plutôt que de laisser partir le capitaine, je le dégomme vite fait, histoire que la réputation du gamin reste sans tâche (parce que là, inutile de vous dire qu’elle va en prendre un coup, la réputation du mou du coude). Bon sang, un pirate, c’est sans pitié, roublard, tricheur et cruel. A l’occasion de cette scène, je me rends compte également que le navire attaqué était lui aussi pourvu de canons. D’où ma question : pourquoi ne s’en est-il jamais servi ? C’est quoi, encore cette absurdité ! C’est des canons, merde, pas des pots de fleurs ! Et nous n’en sommes qu’à la neuvième planche. Tout le long du récit, je tomberai sur ce genre de facilité, d’incongruité, d’oubli volontaire. Je pourrais décortiquer la scène de la vente d’esclaves de la même manière, avec autant de remarques. Aucun des personnages présentés ne me semblera attachant. Aucune séquence ne me semblera logique dans son déroulement. Tout le long de ce premier tome, j’aurai le sentiment que Jean Dufaux force le trait pour offrir à son dessinateur des scènes esthétiques, et pour amener ses personnages là où il veut (mais pas spécialement là où ils auraient été s’ils avaient eu un comportement logique). J’ajouterai encore qu’attribuer les rôles « sexy » à deux gosses est un choix que je déteste. Voilà, je m’arrête là même si j’aurais encore plein de choses à dire sur le caractère bancal de ce scénario, sur les choix absurdes de ces personnages. Seul le talent de portraitiste et de coloriste de Jérémy m’empêche d’attribuer la note d’exclusion à une série de pirate sans mer, sans ce goût de sel sur les lèvres, sans embruns, sans redoutable pirate, sans marins, sans intérêt à mes yeux.
Le Casse - La Grande Escroquerie
Une grande escroquerie... je n’irai pas jusque là mais une belle déception ça c’est sûr... Jusqu’ici, les trois autres tomes de la série « Le Casse » était d’un bon niveau, assez uniforme, mais ce quatrième fait immanquablement baisser la moyenne. J’attendais « Le Casse - La Grande Escroquerie » avec impatience pour plusieurs raisons : l’époque dans laquelle prend place l’intrigue (1977), la ville cadre (Londres - j’y ai vécu pendant 20 mois), la couverture alléchante et la référence à la musique et à la musique punk. Si tous ces éléments sont présents dans l’album, le dessin n’est malheureusement pas à la hauteur de la couverture. Le trait est bien plus hésitant et moins charismatique. Mais ce qui m’a véritablement déplu dans ce one-shot, c’est le scénario. Bien trop fouillis, une chatte y perdrait ses petits. Les flash back incessants mêlés au dessin approximatif ne permettent pas toujours d’identifier les personnages, pire, ils ont le dont de perdre le lecteur dans des méandres bien inutiles, surtout quand on voit la fin de l’album... Je n’appelle pas ça un casse mais un concours de circonstances ! Tout n’est pas mauvais non plus, attention. J’ai particulièrement apprécié la case située en haut de chaque page et qui rappelle par un dessin muet, soit la dernière bulle, soit la dernière case de la page précédente, ce qui donne du liant à l’histoire. Tout à fait original et enthousiasmant... si seulement le reste avait pu suivre le même rythme, le rythme des Sex Pistols... “I am an anti-Christ I am an anarchist, Don’t know what I want But I know how to get it…”
Baron Samedi
Mouais, pas mal… Trash, violent et cruel, c’est vrai que le récit ne fait pas dans la dentelle. Je crois même que l’auteur n’a pas « toutes ses frites dans le même sachet » ! Cela ne m’a pas dérangé, j’aime bien quand cela est décalé, mais il manquait autre chose à cette histoire. Le début est vraiment bon, la suite laisse plus à désirer… Cela devient répétitif et, au bout d’un moment, ça lasse. Graphiquement, le trait m’a semblé un peu basique, sans grande originalité ou finesse. Cependant, j’ai beaucoup apprécié la colorisation. Tantôt en bichromie, tantôt avec des touches de couleurs vives, j’ai trouvé le rendu agréable et étonnant par moments. Au final, je ne conseille pas l’achat de l’album mais sa lecture. Cela reste un divertissement plus ou moins agréable à lire, bien cynique et amoral, comme certains lecteurs les aiment, mais sincèrement (très) dispensable…