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L'agent 212, c'est par Kox et Cauvin, les histoires burlesques d'un flic vraiment bêta. Il respecte la loi, mais n'est pas toujours capable de l'appliquer. Lui confier une mission??? Jamais sinon c'est le commissaire qui en prend pour son grade. Et souvent le met en colère sur l'agent 212. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Pas mal)
Une série très sympathique de l'ami Raoul Cauvin, associé ici à Kox.
Le scénariste cerne au travers de ses gags de quelques planches un petit monde frais et empreint de réalisme. L'agent 212 représente vraiment un peu reluisant fonctionnaire souvent dépassé par sa fonction de représentant de l'ordre. Cauvin joue admirablement sur les paradoxes de ce métier en poussant au maximum des situations finalement parfois crédibles, souvent délirantes.
C'est vraiment une galerie de personnages pleine d'humanité qui donne une grande saveur aux péripéties, tant les petits travers quotidiens sont décrits avec observation. Contrairement à ce qui a été dit, le ton ne manque pas d'insolence et se révèle parfois franchement mordant avec la profession de ce brave agent. Certes, ce n'est pas d'un anarchisme féroce, mais cette série humoristique, même si elle est dans un registre populaire sage, n'en est pas moins efficace et sa structure en courtes histoires permet de nouer des intrigues surprenantes. Il est difficile de la juger uniquement sur quelques gags ou albums, surtout les plus récents. Il faut bien reconnaître qu'après vingt-cinq albums, le sujet commence à être usé. De fait, les derniers gags se raccourcissent et exploitent des situations déjà vues, l'aspect humain oublié au profit de l'action.
Mais pour qui découvrira la série dans sa chronologie, il paraîtra évident que Cauvin exploite à merveille les possibilités de départ de cette série, et qu'il tient la distance sur une quinzaine de tomes. A juger...
Le dessin de Kox est dans la lignée d'une école "gros nez" assez sage, mais solide et bien exploité. Ses personnages ne manquent pas de truculence, mais son travail semble sérieusement se simplifier ces derniers temps.
Bref, du bon Cauvin, qui s'épuise toujours sur la longueur, mais dont on finira un jour par reconnaître la finesse de son observation et son savoir-faire d'auteur humoristique. Il bénéficie ici de la collaboration d'un bon dessinateur classique en la personne de Kox. Agréable et sans prétention. |
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Enrico Marini nous propose une série ancrée au cœur de l’Empire romain, avec au programme tous les ingrédients des meilleurs récits d’aventures : combats, obstacles, rivalité, amitiés, amour… |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Pas mal)
Evidemment, Marini est un grand dessinateur, un auteur dont la virtuosité et le goût pour le spectaculaire le poussent à explorer différents genres (aventure, western...) avec différents scénaristes pour leur apporter du sang neuf.
Marini chapitre péplum se conjugue avec l'arrivée de Marini scénariste, dans un genre sur lequel règne désormais sans partage Murena.
Les premières pages suffisent pour se rendre compte que cette nouvelle série ne se hisse pas à la hauteur de celle de Dufaux et Delaby. L'aspect réaliste de cette dernière est totalement négligé ici au profit de l'action et de l'aventure. Et force est de constater que Marini manipule à merveille ces deux éléments pour construire une intrigue qui sur le fond est peut-être convenue, mais se révèle tout de même chaleureuse, ce qui n'est pas la moindre des qualités. D'un classicisme éprouvé et assumé, le scénario contient en effet quelques personnages attachants, et le récit est suffisamment dense pour que l'on veuille lire la suite après une lecture agréable et sans temps morts.
Seul vrai bémol (déjà longuement évoqué): des dialogues d'une vulgarité parfois toute moderne, qui font un décalage désagréable et gâchent assez cette évocation de l'Antiquité.
Niveau dessin, qu'attendre de plus de Marini que ce qu'il a amplement prouvé : un style plein de souffle et de panache, lisible mais riche, rehaussé de belles couleurs chaudes. Et son graphisme s'adapte à merveille à l'univers du péplum, qui justifie en grande partie la découverte de cette nouvelle série.
Reste à savoir si Marini restera dans ce ton moderne pour animer ces "aigles de Rome" ou s'il choisira de jouer davantage sur la reconstitution réaliste. Alors, à suivre... |
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L'histoire des aigles décapitées conte le destin d'un jeune seigneur Hugues de Crozenc qui dépossédé de ses terres, va tenter de les reconquérir. Le premier cycle va s'attacher à nous décrire les étapes de cette reconquête. Dans le deuxième cycle, Hugues va devoir consolider ses acquis. On va alors le suivre dans ses aventures, sur fond de grande histoire. Celle des croisades, des rivalités de seigneurs et des enjeux de pouvoir... |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Pas mal)
Une série qui mêle habilement, du moins au départ, l'Histoire et l'histoire pour recréer un XIIIème siècle authentique, l'action se situant en Creuse, précisément à Crozenc. L'intrigue multiplie les rebondissements sans jamais perdre la crédibilité de la reconstitution.
Patrice Pellerin fait preuve au scénario d'une grande rigueur, construisant un premier cycle de trois albums avec maîtrise, sans forcément innover mais en donnant un résultat efficace et sans prétention. Jean-Charles Krahen illustre l'ensemble avec force, d'un trait à la fois lisible et fouillé, tout comme ses mises en scène.
Krahen assure ensuite texte et dessin sans démériter, faisant voyager ses héros avant d'abandonner rapidement le dessin à Michel Pierret. Celui-ci possède un trait beaucoup plus épuré et moins précis qui fait perdre du réalisme à la série, tout en étant pourtant relativement agréable. Toutefois, ses choix de mise en place, d'angles et de mises en pages sont quand même répétitifs, tout comme les rebondissements dont use Krahen pour tenir son lecteur en haleine. Le scénariste tourne vite en rond en jouant sur les luttes pour s'emparer du domaine de Crozenc, n'hésitant pas à recourir à quelques poncifs.
Heureusement, il entraîne son héros en Terre Sainte, et la série reprend un peu du poil de la bête. D'autant qu'Erik Arnoux lui succède et parvient à donner du sang neuf à la saga, tout en renouvelant la galerie de personnages qui contribue à redonner des couleurs à ces "Aigles Décapités".
Une série qui souffre de la succession d'auteurs, les meilleurs albums étant ceux écrits par Pellerin qui posent les bases sur lesquelles se construiront les albums suivants. Soulignons que s'il y a une baisse de tension, la série possède une belle galerie de protagonistes qui se révèlent tous bien loin de simples stéréotypes. |
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Aldébaran, planète colonisée par la terre doit survivre en attendant l'arrivée de nouveaux terriens. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Culte !)
Une planète quelque peu semblable à la terre, colonisée par une expédition terrienne qui a perdu le contact avec sa base, voilà la toile de l'histoire. Sa faune reste un mystère pour les colonisateurs, et un jour, un village entier est détruit par un animal inconnu qui doit posséder des proportions inquiétantes.
Les survivants chercheront la vérité, croisant des parias pourchassés par l'état totalitaire qui s'est développé sur Aldébaran.
Peu de séries de science-fiction ont opposé directement l'homme contre la nature qu'il découvre lors de voyages dans l'espace, du moins après son installation.
Ici, Léo maîtrise son sujet, dévoilant peu sa "mantrisse", cet animal fantastique aux proportions inquiétantes qui se révèle aussi d'une intelligence rare. Il exerce ainsi une fascination en jouant sur le mystère, tout en donnant des coups de pattes aux travers humains.
Les rapports sociologiques sont étudiés, un peu longuement parfois, mais donnent une épaisseur et une maturité remarquable aux histoires.
Ici, aucun effet facile n'est employé, rien n'est sacrifié au spectaculaire, ce qui n'empêche pas de belles prouesses graphiques qui raviront les amateurs du genre.
Le seul reproche à faire, c'est peut-être un épilogue un peu incertain, mais c'est pour mieux savourer le cycle suivant Bételgeuse. En tout cas, cette sorte de fable écologique renouvelle tranquillement le genre, et mérite qu'on la considère comme une oeuvre majeure. |
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Angoulême 1978 : Prix œuvre réaliste française pour le tome 13
Alix Graccus est gaulois de naissance, mais a acquis la citoyenneté romaine. Ami du consul Jules César, sa vie, au 1° siècle avant notre ère, est une succession de voyages aventureux dans différents pays de l'Antiquité, en compagnie de son jeune cadet, l'Egyptien Enak. A chaque album apparaît un thème propre à l'Histoire, renvoyant à des personnages célèbres comme Spartacus ou Alexandre de Macédoine, ou des civilisations prestigieuses (Sparte, Babylone...) |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Pas mal)
C'est difficile de noter une série qui existe quand même depuis quelques décennies, et dont on peut dégager plusieurs périodes.
Certes, les premiers albums sont assez bavards (beaucoup trop bavards), très littéraires et vraiment sous l'influence d'Edgar P. Jacobs. De là, une grande rigueur historique et un dessin très "ligne claire". Certes, c'est vieillot, mais c'est bien fait et ça ne peut laisser insensibles ceux qui aiment l'Histoire.
Viennent tout de même les albums plus réalistes graphiquement à partir de "la griffe noire" et menés plus dynamiquement. L'usage de textes est parfois (pas toujours) envahissant, mais nul ne pourra nier des sources d'inspiration et des lieux d'exploration variés qui renouvellent bien les aventures d'Alix. Pour moi, certains albums sont exemplaires, et même plutôt modernes vu l'époque de leurs créations ("la griffe noire", "le dernier spartiate"...) et restent incomparables avec "Alix l'intrépide" ou "l'île maudite", certes sympathiques, mais dépassés et plutôt lourds. Autre point fort de Jacques Martin, qui construit des intrigues parfaitement réglées et se combinent à merveille avec la réalité historique, c'est de présenter une galerie de personnages névrotiques qui apportent un peu de folie aux récits. A voir comme exemple "Iorix le grand", qui présente un personnage sombrant dans la démence. Ce style de protagoniste apporte une touche de réalisme inhabituelle à de simples récits d'aventure de routine.
Le dessin de Martin est à partir de cette période réaliste élégant et souple, documenté évidément, et sert parfaitement les histoires. D'ailleurs, le graphisme finit par se passer de textes trop démonstratifs (exemple "l'enfant grec"), preuve de son efficacité.
Les intrigues des derniers albums de Martin en solo tournent en rond et déçoivent. Même critique pour ceux dessinés par Moralés, qui sont en outre illustrés d'un trait figé et sans élégance.
Le dernier album où Martin est épaulé par un autre scénariste et de nouveaux dessinateurs fait retrouver des couleurs à un Alix qui était devenu bien pâle.
D'ailleurs, c'est vrai que le personnage principal est un peu (un peu) trop classique, et c'est justement la richesse de la galerie de protagonistes et l'intérêt historique qui font la valeur de cette série. Ne parlons pas d'Enak. Qu'il est pénible, ce gosse ! Toujours à se fourrer dans un guêpier. Et après, faut le sauver ! Ah la la ! Voilà bien un faire-valoir falôt et inutile.
Ceci dit, une dizaine de tomes (du cinquième au quinzième) méritent d'ête considérés comme des références de la bande dessinée historique. Le reste n'est pas sans qualité, mais pas sans défauts. A (re)découvrir pour juger précisément, sa création s'étale sur trop d'années pour être d'un seul bloc. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Pas mal)
Jolie histoire classique qui décrit parfaitement les troubles de vétérans de la "grande guerre", le retour à la vie, la reconstruction par l'art, l'amour, des relations maître/élève (voire plus) entre deux marginaux ...
Les effets de l'intrigue sont un peu prévisibles, mais cela ne gâche nullement la générosité des auteurs qui brossent une belle galerie de personnages attachants, et surtout font preuve d'une grande maîtrise. Le récit est bien agencé et traduit un solide sens de l'observation, notamment dans la reconstitution de la société de l'époque, pour un résultat d'une grande lisibilité.
Le dessin en couleur directe de Eric Stalner possède une grâce et une élégance remarquables, qui marque une grande maturité de la part de l'auteur. Il ne se laisse aller à aucune facilité, les choix d'angles sont travaillés, les décors fouillés et l'ambiance rurale parfaitement rendue.
Les couleurs possèdent un ton personnel qui marque aussi l'originalité du graphisme, et achèvent de faire de cette oeuvre une étape dans le travail de Stalner.
Bref, un bel album signé Aude Ettori et Eric Stalner, alliant qualité et maîtrise pour un résultat très intéressant. |
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Difficile de grandir dans un Ouest en proie au chaos lorsque l'on est une jeune fille fidèle à son éducation humaniste. Piégée au milieu des feux croisés, et des secrets de famille, Angela ne devra son salut qu'au génie inventif de 3 hommes : Samuel Colt, Oliver F.Winchester et Alfred Nobel. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Pas mal)
Action avant tout avec ce one-shot qui ne recule devant rien pour offrir des rebondissements spectaculaires jusqu'à la dernière page.
Humour et bons dialogues donnent de l'épaisseur à des péripéties qui pourraient lasser à force de s'enchaîner autour d'une histoire en définitive classique.
Le dessin de Vatine vise lui-même avant tout l'efficacité et manque quand même un peu d'approfondissement au niveau des décors. Bon, il faut reconnaître que c'est un maître pour ce qui est de la mise en la page et la perspective, ce qui n'est pas la moindre des qualités.
Au final, une bonne lecture par la maîtrise de ses auteurs, mais il ne faut pas s'attendre à une révolution pour un résultat qui ne prétend finalement à rien, vu que l'album semble être l'oeuvre de nostalgiques d'un univers qu'ils ne remettent pas en cause, ce qui fait aussi son charme. |
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1959 : Ann de la jungle est le premier album entièrement réalisé par Hugo Pratt. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Pas mal)
Comme on l'a déjà dit, la brève existence d'Ann la jungle est une sorte de prémice de toute l'oeuvre de Pratt. On y retrouve sa science pour donner de la crédibilité à l'exotisme des aventures de ses héros, un goût du mystère en jouant sur les peurs et les superstitions qui donne souvent un résultat original.
Ici, il faut bien reconnaître que cela tient peut-être au choix de personnages principaux de jeune âge, mais ces histoires restent d'une naïveté agréable mais finalement réductrice. Reste que si les intrigues manquent de maturité, souffrent d'une construction trop stricte et d'invraisemblances, le décor est admirablement planté et relève le niveau des aventures d'Ann au dessus des nombreuses créations à l'exotisme de pacotille qui lui sont contemporaines. Pratt ajoute à son Afrique une galerie de seconds couteaux tout à fait remarquable, dont certains se retrouveront dans d'autres oeuvres du maître. Les intrigues sont classiques, mais il y a de beaux moments, l'auteur complet sait donner du souffle à ses récits en jouant sur les ambiances et les détails.
Niveau dessin, Pratt livre un graphisme d'un premier abord lui aussi classique, mais parfaitement maîtrisé notamment dans l'utilisation du noir et blanc. Son devient plus personnel au fil des planches, et on retrouve parfois déjà le style de "la ballade de la mer salée"... Inutile de préciser que la version noir et blanc en album est celle qui est la plus fidèle à la vision de Pratt.
Bref, une oeuvre de jeunesse de Hugo Pratt, non sans défauts, mais loin d'être sans qualités, l'auteur a déjà de nombreux travaux derrière lui. Il annonce ici ce qui deviendra son style, ce qui en fait un indispensable pour ses admirateurs. |
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Dans le futur, la ville de Sherwood est toujours infestée de méchants, mais ils doivent désormais affronter le justicier de lumière: l'archer blanc et son arc magique. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Bof, sans plus)
Sympathiquement naïve, voilà une courte série pour laquelle il faut retrouver son âme d'enfant afin de la juger avec toute l'indulgence requise.
Invincible et héroïque, notre archer blanc ne saurait que rétablir la justice dans un monde futuriste qui a basculé dans la dictature. Cortegianni fait preuve de suffisamment d'énergie et d'imagination pour livrer des histoires lisibles et agréables, à défaut d'originales et passionnantes. Tout reste gaiement superficiel, et c'est bien l'action qui domine...
Action qui ne fait pas peur à Mitton, qui fait preuve d'une belle énergie pour illustrer tout ça avec la nervosité voulue, tant au niveau de la mise en page que du trait, et il confirme la lisibilité des intrigues de son compère sans jamais démériter.
Bref, des récifs qui possèdent une certaine fraîcheur sympathique sans jamais prendre l'épaisseur qui en aurait fait une oeuvre marquante. A réserver avant aux amateurs des deux auteurs. |
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Humour et enquêtes policières dans l'univers de l'hôtellerie. Pour ceux qui portent des pattes d'Eph et écoutent Abba. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Bof, sans plus)
Une série avec un héros sans faiblesses qui se sort toujours avantageusement et avec le sourire des pires situations peut-elle être palpitante ?
Réponse, non, puisque la fin est entendue, toujours semblable. Un solide second degré peut rendre digérable l'opération, mais encore faut-il en voir l'esprit (second degré) et l'humour (idem). Or, si on en trouve une certaine dose, c'est l'originalité qui fait défaut malgré la diversité des décors visités par notre héros et son faire-valoir Bertie (le second degré, c'est lui, c'est lui qui est chargé de la partie "humour" des aventures). Arlequin se prend trop au sérieux dans une série qui est censée ne pas l'être. Mal équilibrée, elle a du mal à intéresser.
Le dessin de Dany, période réaliste, superbe, est le point fort de ces histoires distillant grâce à lui un exotisme certain.
La reprise de Rodolphe et Jytéry rencontre l'ennui de la reprise d'une série pas réussie sans la faire évoluer : si elle est réussie, c'est qu'elle ne l'est pas (réussie). Mission réussie, puisque ce n'est pas réussi.
Rodolphe écrit des histoires peuplées de lieux communs, dotées d'un héros invincible au charme irrésistible hélas encombré d'un benêt maladroit (et moche). Tout de même, c'est fascinant de constater le mimétisme qu'il parvient à avoir avec son aîné.
Jytéry ne démérite pas, mais lui aussi est handicapé par le soin à faire du Dany, ce qui le laisse toujours en-dessous de son prédécesseur. Il fait pourtant preuve d'une belle maîtrise et d'un solide savoir-faire qui mériteraient d'être exploités sur des travaux personnels.
Une série qui manque d'une unité de ton, mais qui possède un certain charme essentiellement dû à la qualité de l'illustration. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Franchement bien)
Une bien belle histoire qui retrouve le ton de certaines légendes bretonnes, avec un climat à la fois prenant et angoissant.
Oger recrée un petit monde à la fois classique par son cadre et ses situations de départ, mais rehaussé par une vraie dimension sociale avec le réalisme de la présence d'une usine dans le bourg du récit, et des personnages tous très convaincants.
La narration avec un personnage qui raconte son expérience à un écrivain, permet de tenir le lecteur en haleine et donne une touche de nostalgie au récit, en même temps que plus de mystère à un scénario mené de main de maître, avec fluidité et inspiration.
Le dessin de Prugne, très élégant avec une belle gamme de couleurs sans effets inutiles, cerne parfaitement ce petit monde très intriguant, où les situations peuvent basculer à tout moment dans le fantastique, jusqu'à un dénouement que, personnellement, j'ai trouvé bien inspiré car plutôt imprévisible et dans la lignée d'un récit sans grandiloquence, qui prend le temps d'installer son climat et ne craint pas d'être parfois cruel.
Bref, une très belle trilogie, à découvrir sans hésiter. |
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Récit de la croisade des Albigeois, contre les cathares, secte manichéene abritée par Raymond V, Comte de Toulouse, au XIIIe siècle. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Franchement bien)
Les deux précédents avis résument à merveille ces deux tomes des aventures d'Aymeric : à savoir une solide documentation au service d'un récit construit sur suffisamment de péripéties pour instruire en même temps que divertir.
La structure du scénario peut paraître classique, mais elle est habile, notamment grâce à ses textes brefs et directs conjugués à des dialogues vivants qui évitent la lourdeur ou la redondance d'une bande dessinée historique didactique.
Le dessin n'est pas en reste, Forton illustre son récit avec vivacité, même si son style semble un peu académique parfois. Il n'en est pas moins maîtrisé et se permet quelques audaces dans les choix d'angles tout en maintenant une indéniable fluidité aux scénarios. S'il se laisse aller à quelques schématismes, son dessin n'en oublie pas la rigueur historique et restitue quelques moments avec force : la scène où les cathares se jettent au bûcher est un moment qui vous marque pour longtemps.
Dommage que la mise en couleur manque parfois de réalisme et trouble le sérieux du travail des deux auteurs.
Donc, de passionnants moments d'Histoire raconté dans un style solide, sans doute pas révolutionnaire, mais efficace et sérieux, ce qui n'est pas rien. Un gage de qualité qui peut séduire un large public. |
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Angoulême 1993 : Alph-Art Nouvel Auteur et Alph-Art de la Presse
Une histoire d'amour à cheval sur l'Europe et l'Afrique |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Pas mal)
Malgré un début un peu brutal qui fait craindre une histoire aux lourds accents "mélo", ce "bar du vieux français" se révèle une belle surprise, pleine de subtilité et d'humanité.
Cette histoire d'amour entre deux jeunes gens qui auraient pu ne jamais se rencontrer n'occupe en elle-même finalement qu'une faible partie du récit, celui-ci étant soutenu par la narration du tenancier de ce petit bar où les deux amants se sont trouvés, revenant d'abord sur leurs origines respectives (européenne et africaine), puis les moments qu'ils ont vécus ensemble avant de tenter leur chance chacun de leur côté tout en se promettant de se retrouver là où ils se sont connus. Ces retrouvailles, le vieux français les attend avec impatience tout en contant l'histoire de ses deux protégés aux routiers de passage, mais dans la vie, rien n'est simple...
Lapière joue à merveille avec ce synopsis, gardant mystérieuse dans un premier temps l'identité de ce narrateur qui livre son histoire d'une voix simple et touchante, et dessinant un monde réaliste où une galerie merveilleusement vivante de personnages se débattent, sans sombrer dans la facilité, comme cette fin débarrassée d'illusions et pourtant terriblement émouvante. Le scénariste a su exploiter son sujet en confrontant l'idéalisme à la réalité pour un résultant sans effets de styles ou excès : du très beau travail.
Le dessin faussement naïf de Stassen possède une vraie densité, et fait ressortir la finesse du scénario. Son style peut dérouter, mais il fallait une vraie patte pour offrir son poids de chair à cette histoire.
Bref, une très belle création, touchante et vraie, à découvrir. |
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Série ayant débuté dans les année 60, dans Pilote, relatant les tribulations du célèbre Barbe-Rouge, alias le Démon des Caraïbes.
Trésors, abordages, et intrigues royales garantis...Ttonnerre de Brest. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Franchement bien)
Dès la première page, Jean-Michel Charlier avertit à travers les dialogues de voyageurs d'un vaisseau que le "démon des caraïbes" rode à la recherche de galions espagnols à piller. Bien évidemment Barbe-Rouge surgit à l'abordage et le pirate n'est pas du genre à avoir pitié. Pourtant, il recueille un nouveau-né qu'il choisit comme fils adoptif.
Comme on le voit, les péripéties s'enchaînent rapidement et l'enfant, Eric, encadré par le savant unijambiste "Triple-Patte" et le fidèle noir Baba grandit et réprouve rapidement la vie de meurtres de son père de substitution. C'est donc le jeune homme que nous suivrons en Angleterre où il va étudier, mais la série parle davantage des rapports entre les deux hommes et Eric reviendra vers son père, bien persuadé de le ramener dans le droit chemin.
Le scénariste sait donner de l'épaisseur à ses intrigues en créant un cadre émotionnel crédible en même temps qu'il exploite des situations classiques qu'il réinvente grâce à son sens du suspense et de l'action. Son texte est sans doute abondant parfois, mais il s'accorde avec le dessin réaliste et agréable de Hubinon qui, tout de même très raisonnable et parfois un peu schématique, trahit quelque peu son âge. L'ensemble n'en reste pas moins de grande qualité et passionnant, embarquez-vous et partez à la chasse au trésor avec des personnages auxquels Chalier donne une vraie dimension, tout comme d'ailleurs aux nombreux ennemis de Barbe-Rouge qui jurent sa perte.
Après la disparition d'Hubinon, Charlier relance la série avec Jijé et son fils Lorg. Jijé possède un grand sens du mouvement et créé des trognes inimitables. "L'île des vaisseaux perdus" où Eric recherche son père adoptif disparu alors qu'il s'était lancé dans une nouvelle chasse au trésor est une des plus grande réussite de la série. Jijé meurt à son tour et Gaty le remplace en terminant ce cycle d'un trait agréable et proche de son prédécesseur.
Charlier lance une série parallèle dessinée par Pellerin qui n'aura que deux titres mais où le dessinateur, venant de l'illustration, friand de plans larges, donne une version documentaire et minutieuse absolument magnifique de cette série.
Après la mort de Charlier, seul Gaty poursuit la série avec Jean Ollivier au scénario. Le résultat est naïf et bon enfant, finalement agréable contrairement à ce qu'on en a dit, mais moins puissant que ce que produisait le scénariste précédent.
Marc Bourgne au dessin et Perrissin au scénario reprennent la série pour un résultat excellent mais curieux : ils ne respectent en rien la mythologie mise en place par leur prédécesseurs, père et fils se vouent une haine sans bornes, et les grandes batailles ont fait place à des aventures réduites à un minimum de personnages, dont les psychologies sont modifiées.
Bref, c'est bien mais curieusement ça ne respecte pas ce qui a été mis en place par les autres auteurs, ce qui peut être tout de même gênant (voire un peu méprisant).
En tout cas, un grand classique qui a connu bien des tumultes dans sa création, et mérite d'être découvert. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Culte !)
Toute la maîtrise de Comès se retrouve dans cette histoire : décors sauvages, complexité des rapports humains, sorcellerie, ambiances surréalistes, et bien sûr mystères, donnent toute sa force à une histoire limpide et originale. Partant de bases classiques, l'auteur entraîne peu à peu son lecteur vers un univers personnel aux intonations fantastiques.
Ici, le récit parait mieux structuré que Silence, qui fait désormais révérence, car on y trouve une galerie de personnages d'égale importance qui ajoute une grande profondeur à l'ensemble. Les oppositions sont nombreuses, entre choc de la vie rurale pour des citadins, conflits prêtre/sorcier, incompréhension entre la recherche folklorique d'un reporter et les racines ancestrales d'adeptes de cultes obscurs, etc... Au milieu de tout cela, un jeune enfant autiste, c'est à travers lui, pourtant coupé du monde que se confronteront les cultures.
Une superbe histoire, bien servie par le choix des protagonistes, qui se laisse le temps de les présenter, d'installer son charme mystérieux, de créer le doute, l'ambiguïté...
Le dessin, bâti sur un équilibre du noir et blanc, imprime une grande souplesse à sa mise en scène, recréant parfaitement les ambiances recherchées, traduisant une grande maîtrise de la part de Comès.
Un album à découvrir absolument, aux allures de fable écologique un peu naïve, mais opérant une grande fascination jusqu'à une fin surprenante et bouleversante. Comment de telles qualités ne peuvent-elles séduire ? |
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Au Moyen-Age, Belloy est un jeune homme fort et courageux qui n'hésite pas à combattre l'envahisseur viking.
Série "Pêché de jeunesse" de Uderzo et Charlier. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Pas mal)
Encore une curiosité dans la carrière de Jean-Michel Charlier, l'incursion du maître de l'aventure dans le style humoristique, et ce en bonne compagnie, puisque c'est un Uderzo pré-Astérix qui illustre ses scénarios.
Force est de constater que ce n'est pas ici que le scénariste est le plus à l'aise. Ses histoires, bien que très rythmées, sont un peu bavardes et chaque action est longuement réfléchie de la part du personnage : on retrouve les tics de Charlier qui se refuse à la facilité pour ce qui est des intrigues, d'où une impression de s'attarder sur les détails assez inhabituelle dans le genre humoristique.
L'humour est visuel, ou joue sur les poncifs des séries d'aventure, d'une façon plus convaincante que l'usage de jeux de mots assez faciles. Le vaillant Belloy et le truculent Père Hoc ont des caractères un peu convenus, malgré une évidente personnalité.
Ceci dit, c'est sympathique et sans prétention, cela possède le charme des oeuvres au ton un peu naïf des années cinquante, sans toutefois avoir trop vieilli grâce à son cadre et son ton alerte.
Le dessin de Uderzo possède une belle vivacité, son style annonce celui de Astérix où son trait gagnera plus de rondeur. Le graphisme ici est très détaillé, mais il a une grande efficacité dans la composition et la mise en page qui complète la nervosité des scénarios et permet à cette courte série de conserver son charme. Seule la mise en couleur parfois hasardeuse date l'ensemble.
Une jolie série, bien loin de Tanguy et Laverdure, autre création de ce tandem d'auteurs, qui mérite le détour, aussi bien pour les amateurs de l'oeuvre Jean-Michel Charlier, qui retrouveront son style adapté au genre humoristique, que pour les admirateurs d'Uderzo qui le retrouveront sur une série picaresque qui annonce son travail ultérieur. |
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Un aventurier, accompagné de ses deux fidèles acolytes,et de son bateau. Hermann préféra céder le dessin à Dany pour se consacrer à Jérémiah et Comanche. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Franchement bien)
Une série d'aventure classique mais réalisée par deux auteurs incontournables... Si classique que ça ?
De policier au départ, Bernard Prince choisit rapidement la marginalité pour louer ses services et ceux de son bateau "le Cormoran" à toutes sortes d'armateurs qui ne seront pas si clairs que ça. Accompagné du jeune orphelin Djinn qui lui a sauvé la mise au hasard d'une enquête, il ne tarde guère de s'adjoindre les services d'un vieil ivrogne, Barney Jordan, rencontré dans une Afrique encore coloniale.
Fameuse équipe, en vérité. Ces trois râleurs ne cessent de se fourrer dans les pires guêpiers aux quatre coins du monde, ce qui leur permet de croiser une brochette de vilains tout à fait charmante.
Classique alors ? Au modèle du gentil héros sans peur et sans reproche, avec éternelle fiancée et raie sur le côtés, sans oublier le triomphe modeste, Prince le marginal (et non pas le reporter, le super flic ou le mercenaire...) répond par une témérité confinant à la folie (consciente-cfr tome 7 : La fournaise des damnés), aventure amoureuse peu embarrassante sans lendemain (tome 10 : Le souffle de Moloch), crinière blanche ébouriffée (demandez à Hermann), voire scrupules à avoir sauvé un pauvre bougre rescapé d'un attentat qui se révèle n'être qu'un dictateur (tome 9 : Guérilla pour un fantôme).
Bref les apparences ne sont pas toujours ce que l'on croit. Toutefois, exotisme et bagarres sont au rendrez-vous.
Greg est très à l'aise pour écrire des scénarios intelligents, originaux et adultes, servis par son sens du dialogue irremplaçable.
Hermann se perfectionne sur cette série où son style impressionnant atteint sa maturité, faite de dynamisme et de puissance. On pourrait ajouter l'élégance du trait, c'était sa période pinceau précédent ses grandes séries campant des mondes plus glauques (Jeremiah, Les Tours de Bois-Maury).
La série a sans doute vieillie, difficile de croire en des aventuriers indépendants courant le monde dans une époque devenue bien raisonnable (?).
Reste que si l'esprit a changé, rien d'autre n'accuse son âge, et qu'il est difficile d'imaginer que l'on puisse être déçu par cette collection.
Ajoutons aussi une belle reprise signée Dany, période réaliste, très réussie.
Sévèrement jugée, une seconde relance signée Aidans ne démérite pourtant pas. Alors, demandez donc conseil à votre libraire, pour voir... |
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La suite des aventures de Marc Sorensen, Kim Keller, Driss Shediac et de la belle Alexa Komarova, que l'on avait rencontrés dans le premier cycle : Aldébaran. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Culte !)
Continuité d'Aldébaran, "Bételgeuse", dont la jeune Kim devient l'héroïne même si d'autres membres du groupe du premier cycle réapparaissent, se situe dans la même veine, à l'exception qu'ici la planète reste encore un mystère intégral pour ses nouveaux occupants humains.
Dire toutefois que c'est un plagiat ou une répétition d'Aldébaran n'aurait pas de sens : les enjeux sont totalement différents. Ici, Kim et son équipe de secours doivent découvrir si une espèce vivant sur la planète est assez intelligente pour empêcher la colonisation de celle-ci. Pour cette raison, une expédition d'exploration s'est déchirée et s'affronte désormais en deux clans. Tout en menant cette enquête, Kim devine la présence d'une "mantrisse", ce qui laisse espérer des réponses aux questions restées en suspens sur Aldébaran...
Curieux de lire qu'il y a moins d'action ou d'intérêt dans ce cycle, c'est une évolution habile et originale du postulat de départ, qui tentait de découvrir la nature de l'animal si mystérieux et dangereux qui menaçait les hommes, et se révélait finalement d'une intelligence supérieure tout en gardant ses mystères. Léo évite de se répéter en remplaçant l'intrigue double du premier cycle qui était la survie des personnages principaux pourchassés par un gouvernement totalitaire, ici c'est l'exploration de la planète pour savoir ou non si l'homme a le droit de s'y installer, cause de division au sein de l'exploration.
Le scénariste maintient sans cesse la tension, au gré de la rencontre d'une faune et d'une flore toujours fascinantes, et les conflits sont nombreux. Les personnages sont bien étudiés, sans jamais sombrer dans le psychologisme. Tout juste pourrait-on noter un certain languissement à la fin du tome 5 qui tarde un peu à s'achever, mais un défaut mineur comparé aux qualités de l'ensemble.
Le dessin refuse toujours un style tape-à-l'oeil, et les mises en pages sobres savent mettre en valeur les panoramas luxuriants mis en scène d'un trait clair et agréable par Léo. Le graphisme est d'une belle fluidité, et l'expressivité des personnages ne gâche rien.
Au final, une nouvelle leçon de la nature dépassant l'homme, pour une intrigue intelligente et passionnante qui se dévore littéralement. Cela laisse augurer le meilleur pour Antarès, cycle suivant. |
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Un cow-boy désabusé et un photographe français candide assistent à la fin de la nation indienne. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Franchement bien)
Un western au ton pro-indien, qui revisite le genre en critiquant vivement l'armée américaine responsable de massacres odieux envers des femmes et des enfants innocents.
De ce point de vue-là, le style tranche avec celui de l'épopée fantastique des pionniers combattant les affreux sauvages, d'autant que c'est un des clichés que souhaite explorer le photographe Armand Leblond tout en se documentant sur ces fameux indiens parqués désormais dans des réserves.
Il trouve comme guide Lewis Kayne, un homme veuf d'une indienne dont il n'a jamais retrouvé les assassins.
Les deux hommes vont découvrir les injustices dont sont victimes les cheyennes tandis que des jeunes guerriers préparent une dérisoire dernière révolte, occasion qu'attendent pourtant de nombreux spéculateurs pour s'emparer des dernières terres accordées aux indiens.
Pessimiste comme peut l'être la fin d'une civilisation avec les violences que cela entraîne, le récit est celui de la désillusion du photographe français tandis que Kayne à la dérive retrouve sa dignité dans un nouveau combat.
Matures et prenants, les scénarios de Swolfs revisitent la fin d'une époque avec beaucoup de finesse qui donne une série originale dans le genre western.
Marc Rénier l'illustre avec bonheur, connaissant parfaitement son sujet, pour réussir à emmener son lecteur vers les horizons de l'ouest américain, même s'il faut reconnaître une certaine confusion parfois dans sa mise en scène comme pour le massacre de Wounded Creek où il use un peu trop de plans larges difficiles à décrypter.
Ceci dit, une grande réussite de deux grands auteurs. |
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Angoulême 1997 : Prix du public pour le tome 14.
Blake et Mortimer sont deux anglais très typiques dont les aventures se passent dans les années 1940 à 1960, avec une dimension scientifique voire de science-fiction. |
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L'avis de Jugurtha
Note : (Pas mal)
Classique des classiques, "Blake et Mortimer" représente sans doute le summum de la bande dessinée "sérieuse", où du dessin académique éprouvé à la documentation sans faille, le cachet sérieux et pédagogique est bien présent.
Ce qui fait que cette série est considérée comme l'une des premières à se démarquer des "petits mickeys" infantiles et innocents pour une littérature jeunesse mûre et sérieuse. Il faut dire qu'Edgar P. Jacobs ne manque tout de même pas d'ambition comme le prouve la trilogie qui ouvre les aventures de Blake et Mortimer où les méchants Jaunes partent à l'assaut du monde.
Plus de mesure pour le fameux "mystère de la grande pyramide" où nos héros partent eux à l'assaut de l'Egypte. Puis plus tard vient la non-moins fameuse "Marque Jeune", subtile mélange de suspense et science-fiction, très probablement le sommet de la série.
Chaque tome mériterait un développement tant chaque titre possède une inspiration différente et permet une exploration de nombreux genres grâce à nos deux comparses anglais. La méthode évolue peu : intrigue solide pour un récit feuilletonesque, où rien n'est laissé au hasard. La narration use de longs textes descriptifs (souvent redondants et rébarbatifs) comme de dialogues très littéraires. Jacobs n'en possède pas moins des idées fortes et ose des sujets "casse-gueule" comme la machine dans le temps ou l'énigme de l'Atlantide, dont il se sort avec panache. Le véritable point faible de la série, c'est son traitement vieillot, qui possède un charme désuet agréable, mais décourage tout de même quelque peu. Il est parfois plus facile de lire un roman qu'une bande dessinée où le texte répète l'image.
Le dessin est très rigoureux, sa fameuse ligne claire fait merveille pour mettre en valeur l'évidente documentation sur laquelle s'appuie Jacobs. Tout est parfaitement équilibré, mais si le dessinateur est à louer pour son travail de reconstitution, il faut souligner son talent pour créer des univers fantastiques : l'Atlantide, un futur peu recommandable... si le trait est sans aucun doute daté, il n'en demeure pas moins remarquable de cohérence et peut toujours séduire par son élégance.
La reprise de Van Hamme/Benoit est un peu trop appliquée pour le scénario, tout en étant de qualité suivie, Benoit possède une ligne claire assez personnelle qui illustre bien les personnages de Jacobs tout en gardant une identité certaines. Le choix de coller au plus près du style désuet de la série est un choix, pas le plus audacieux, qui fait que les auteurs jouent en mineur pour faire du Jacobs.
Le tandem Juillard/Sente donne un résultat à peu près équivalent, ce qui est un peu dommage car leur premier album, "la machination Voronov" était un vrai modèle de récit d'espionnage et se démarquait assez des tomes scénarisés par Jacobs. Coup de gueule tout de même : pourquoi les scénaristes reprenant des séries -ici Sente- se croient-ils obligés de créer un passé (une jeunesse) aux héros qu'ils lancent dans de nouvelles aventures ? Non seulement la version que donne Sente est niaise, mais elle enlève de leur mystère aux personnages. Un beau gâchis, une grosse facilité.
Donc, un style marqué par son âge, à découvrir comme une des premières créations ambitieuses de la bande dessinée.
Les reprises sont plutôt convenues du point de vue continuité, rien d'aussi ambitieux que les sujets abordés par Jacobs à attendre, dommage. |
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