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Accéder à la BD 100 Maisons - La Cité des Abeilles
Titre : 100 Maisons - La Cité des Abeilles
Note : Note: 3/5 (Pas mal) pour 5 avis (voir)
Scénariste : Le Lay (Delphine)
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Dessinateur : Horellou (Alexis)
Editeur : Delcourt
Collection : Encrages
Genre / Public : Documentaire / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 1
Histoire terminée ? One shot
Date de parution : 04 Février 2015
Postée par : Blue Boy le 28/02/2015

Dans les années 50 en Bretagne, des familles mal logées s’unissent pour construire leurs propres maisons. Le récit sobre et sincère d’un projet fou.

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 3/5 (Pas mal)

Cet événement, qui a paraît-il marqué l’histoire de la Bretagne, a donné l’idée aux quimpéroises Marion Boé et Delphine Le Lay d’en faire une bande dessinée. Cette dernière s’est tournée vers Alexis Horellou pour le dessin, ce qui fait de "100 Maisons" leur troisième collaboration, après Plogoff notamment, autre récit à caractère social et militant sur le projet de centrale nucléaire dans la petite ville bretonne à la fin des années 70.

Associé à une mise en page sobre et évocatrice, le trait humble de Horellou se prête parfaitement à cette aventure humaine qui m’a rappelé par bien des côtés un ouvrage publié l’an dernier chez Casterman et retraçant l’histoire des LIP , autres « héros ordinaires » qui se battaient pour la survie de leur entreprise à la fin des Trente glorieuses. Dans les deux cas, il s’agit d’une fiction construite autour d’un fait historique, avec quelques personnages en gros plan. Ici, on partage le quotidien pénible de deux familles mal logées mais nourri d’un espoir exaltant : vivre dans une maison digne de ce nom grâce à un projet associatif. La folle épopée de ces « cent familles » aura duré près de quatre ans, chaque homme valide consacrant son jour de repos dominical à la construction de la bien nommée « Cité des abeilles ».

"100 Maisons" est une histoire touchante, mais surtout un hommage sincère et militant à des citoyens qui, lassés de vivre dans des taudis, avaient décidé de se prendre en main. Considéré comme peu crédible au départ, leur projet ne cessa de gagner en popularité en Bretagne si bien qu’ils finirent par recevoir le soutien des pouvoirs publics. L’initiative émergea à une époque encore durement éprouvée par la guerre mais renfermant les germes d’un avenir meilleur. Il est à souhaiter que cette bande dessinée, en rappelant qu’un projet a priori utopique ait pu finalement voir le jour, fasse des émules, alors que le problème du mal logement apparaît plus prégnant que jamais dans notre cynique début de XXIème siècle.

Accéder à la BD Les 110 Pilules
Titre : Les 110 Pilules
Note : Note: 2.85/5 (Pas mal) pour 13 avis (voir)
Scénariste : Magnus/Pichard (Georges)
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Dessinateur : Magnus/Pichard (Georges)
Editeur : Delcourt
Collection : Erotix
Genre / Public : Strictement pour Adultes / Adultes
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 2
Histoire terminée ? Une histoire par tome
Date de parution : Avril 1986
Postée par : Ro le 09/03/2004

Deux histoires du Jin Ping Mei, le classique chinois de la littérature érotique, mis en image par Magnus et par Pichard.

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 3/5 (Pas mal)

Ce classique de la BD érotique paru dans l’Echo des savanes dans les années 80 n’a pas du tout vieilli. Graphiquement, Magnus va droit au but et nous épargne les faux semblants. Magnifiques, les corps et les sexes sont représentés en pleine lumière, pas de tissus ou d’ombres pour faire subtil. Le maître du palais, constamment en rut, est bien équipé et veut que ça se sache… L’auteur honore ainsi la plastique humaine et le plaisir sexuel de son élégante ligne claire en noir et blanc, toute en courbes et en rondeurs. Mais il ne néglige pas pour autant les éléments environnants. Le mobilier et les objets décoratifs sont dessinés avec un luxe de détail, et les paysages évoquent les vieilles estampes chinoises. Le résultat global est tout simplement superbe.

Avant tout visuelle, on l’aura compris, l’œuvre se situe entre la fable et le conte. Mais est-ce réellement une ode au plaisir sexuel comme on pourrait le penser ? C’est là tout le paradoxe de cette BD qui semble nous dire : « Le sexe débridé, c’est bien, mais y a un moment, faut savoir s’arrêter… ». Car après avoir atteint le pinacle orgasmique à l’aide des fameuses pilules, le personnage principal découvrira bientôt que son propre corps, mis à rude épreuve, va finir par se venger… Alors, fable moralisatrice ou célébration priapique ? Je dois reconnaître que cette ambigüité, qui tranche avec un dessin tout de même très hardi, m’a un petit peu gêné. Après, c’est à chacun de voir dans quel état il se sentira après lecture… ;)

Accéder à la BD 22
Titre : 22
Note : Note: 2.83/5 (Pas mal) pour 6 avis (voir)
Scénariste : Chauvel (David)/Le Bellec (Olivier)
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Dessinateur : Chavant (Thierry)
Editeur : Delcourt
Collection : Machination
Genre / Public : Policier/Thriller / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 2
Histoire terminée ? Série terminée
Date de parution : 08 Janvier 2014
Postée par : pol le 13/01/2014

Le difficile quotidien des policiers, co-scénarisé par un véritable flic.

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 3/5 (Pas mal)

Tome 1
En vérité, il me paraît délicat de juger de ce diptyque à mi-chemin entre la fiction et le documentaire, à partir du seul premier tome. En effet, si le rythme narratif est vif, soutenu par une mise en page dynamique, il permet de compenser une certaine confusion vraisemblablement liée à l’aspect documentaire… Le récit s’ouvre ainsi avec un type un peu perdu, les mains maculées de sang, se présentant au commissariat accompagné de sa petite fille. Il prétend qu’on a violé sa femme, puis avoue l’avoir tuée parce qu’il ne supportait pas qu’elle ait été touchée par un autre…. Ça vous pose une ambiance un truc comme ça, non ?

On passe ensuite à la scène suivante pour ne plus revoir l’assassin. Ce sont alors deux autres histoires qui vont évoluer parallèlement au fil des pages, sans aucune interférence, l’une sur une jeune femme qui prétend s’être fait agresser dans le métro et l’autre sur le braquage à l’explosif d’une bijouterie place Vendôme.

En dehors de l’efficace mise en page évoquée plus haut, l’ouvrage recèle des qualités graphiques indéniables, dans un style réaliste qui m’a un peu rappelé ce que fait Etienne Davodeau, par ailleurs familier des BD documentaires. Néanmoins, si les personnages paraissent vrais, aucun ne se distingue vraiment, hormis celui de la femme flic Inès, au caractère bien trempé (et il en faut dans ce milieu de mâles qu’est la police). Le traitement de la couleur est correct, avec quelques jolies planches d’un Paris nocturne sous la pluie.

Arrivé à la fin de ce tome, je n’ai pas vraiment réussi à savoir où les auteurs voulaient en venir malgré une lecture assez fluide. Le sous-titre (« Une enquête explosive ») laisse entendre qu’on se dirige plus vers le polar scénarisé que vers le documentaire un peu désordonné. Il me faudra donc attendre la fin de ce diptyque pour voir si et comment les branches narratives en apparence dissociées vont se rejoindre et me faire véritablement une idée.

------------------------------
Tome 2
La lecture de la deuxième partie ne fait que confirmer le sentiment mitigé que j’avais ressenti à l’issue du premier volet, avec cette impression qu’il manque tout de même une charpente narrative consistante, quand bien même les auteurs ont voulu faire dans le registre du documentaire. Certes, il y a bien un fil rouge, mais d’une scénarisation un peu mince : l’enquête sur les deux braqueurs de bijouteries, enquête « explosive » non seulement due à l’utilisation de dynamite, mais aussi parce que l’un d’entre eux est le fils d’un homme d’affaires très connu.

Parallèlement à cette affaire passablement clichetonnante, les flics seront également confrontés à un drame de la violence conjugale. Ce passage reste pour moi le plus digne d’intérêt, car c’est une problématique sociale assez peu mise en avant, comme si elle était toujours un peu taboue. Les abimes émotionnels déchirant ce couple en proie à une jalousie destructrice sont bien montrés, le dessin étant assez pertinent dans sa façon réaliste de reproduire les attitudes des personnages. Reste que tout cela manque d’approfondissement, le sujet n’étant que survolé. Et c’est bien cela qui fait défaut à ce diptyque d’une manière générale, y compris en ce qui concerne les personnages, globalement assez superficiels.

Accéder à la BD 3 Secondes (3'')
Titre : 3 Secondes (3'')
Note : Note: 3.26/5 (Pas mal) pour 23 avis (voir)
Scénariste : Mathieu (Marc-Antoine)
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Dessinateur : Mathieu (Marc-Antoine)
Editeur : Delcourt
Collection : -
Genre / Public : Inclassable / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 1
Histoire terminée ? One shot
Date de parution : 07 Septembre 2011
Postée par : Jetjet le 09/09/2011

3 secondes, le temps pour la lumière de parcourir 900 000 kilomètres, le temps d'un coup de feu, d'une larme, d'un SMS, d'une explosion... Observer les détails, enquêter d'une scène à l'autre permet de reconstituer les angles morts et de récolter les indices sur ce qui relie les personnages et les motive. Affaires, crimes, complot... À chacun de se faire sa propre idée. Bonne investigation.

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 3/5 (Pas mal)

L’expérimentateur Marc-Antoine Mathieu a relevé une fois encore un nouveau défi : réaliser une BD (presque) aussi rapide que la lumière… Sur ce plan, c’est réussi et on reste complètement fasciné par ce jeu de ricochet de miroir en miroir, véritable performance de dessinateur. A ce niveau, Mathieu n’a plus rien à prouver, mais l’homme n’est pas du genre à se reposer sur ses lauriers de maître de la BD. Il est d’ailleurs possible de retrouver l’œuvre sur le site de l’éditeur, laquelle semble incontestablement plus adaptée à la fluidité du format numérique. Mais à ce stade, peut-on encore parler de BD ?

Quoi qu’il en soit, je dois avouer que je n’ai été séduit que partiellement par ce nouvel opus. Est-ce parce que je n’ai jamais été vraiment fan d’enquêtes policières ? En tous cas, je suis resté à côté de la plaque même après une seconde lecture, incapable de résoudre les énigmes de l’introduction. Certes M-A Mathieu place toujours la barre assez haut et tient ses lecteurs en haute estime, en sollicitant leur participation… mais cette fois, j’ai quelque peu décroché, néanmoins fasciné par ce faisceau lumineux décomposé en cases que je n’ai pu que contempler à la manière d’une vache regardant un train passer. D’après moi, la forme a totalement éclipsé le fond et là, contrairement aux autres productions de l’auteur, je ne suis pas passé de l’autre côté du miroir… Désolé, Marc-Antoine !

Accéder à la BD Les 7 vies de l'épervier
Titre : Les 7 vies de l'épervier
Note : Note: 3.79/5 (Franchement bien) pour 48 avis (voir)
Scénariste : Cothias (Patrick)
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Dessinateur : Juillard (André)
Editeur : Glénat
Collection : Vécu
Genre / Public : Historique / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 7
Histoire terminée ? Série terminée (Suite dans "Plume aux vents")
Date de parution : Mai 1983
Postée par : Steril le 23/01/2002

Les aventures de la baronne Ariane de Troil

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 4/5 (Franchement bien)

Quand on a cette bédé dans les mains, surtout l’intégrale, on se dit qu’on a forcément affaire à une œuvre monumentale basée sur un travail de documentation titanesque, et en effet c’est le cas. De plus, l’histoire tient en haleine, avec à la clé de multiples rebondissements et des scènes saisissantes voire assez crues. On est littéralement plongés au cœur de l’époque des guerres de religion grâce à une reconstitution fascinante des lieux, du paysage, et des personnages, alliant à la perfection les faits historiques et la fiction intégrant des éléments romanesques et fantastiques. La présence récurrente de la vieille femme, à la fois sorcière, conteuse, chamane et extralucide – ajoute une touche de surnaturel qui colle bien à l’atmosphère postmédiévale du récit.

On y dénote un souci du réalisme, même si les auteurs ont pu prendre des libertés qui pourtant ne semblent pas trahir l’Histoire. En effet, je n’ai pas suffisamment de connaissances dans le domaine pour émettre un jugement sur les scènes où Henri IV (connu pour sa passion pour les femmes, il fut d’ailleurs surnommé le Vert-galant), n’hésite pas à mêler son jeune fils – le futur Louis XIII - à ses partouzes… mais par contre j’ai pu vérifier facilement que les événements politiques relatés étaient véridiques (outre l’assassinat d’Henri IV par Ravaillac). Quoi qu’il en soit, cette BD est avant tout une œuvre de fiction et n’a pas non plus vocation à être un manuel d’Histoire, mais comporte des arguments pour susciter chez les plus récalcitrants l’intérêt pour la matière.

J’aime bien le trait précis et élégant de Juillard. Le réalisme et la rigueur dont fait preuve le dessinateur sont impressionnants, que ce soient dans les proportions, les postures et les mouvements, on a l’impression que tout coule de source. On peut certes considérer que la mise en couleur est datée par rapport à ce qui se fait aujourd’hui, mais cette BD est tellement intemporelle qu’il en faudrait davantage que la tendance graphique du moment pour la précipiter dans les oubliettes du 9ème art.

J’émets toutefois un bémol en regard de certains questionnements auxquels je ne suis pas parvenu à trouver d’explication logique. Certes, l’histoire est relativement complexe, et des retours en arrière sont parfois nécessaires pour refaire les liens. Mais je n’ai pas vraiment réussi à comprendre pourquoi, lorsque Baragouine, la jeune fille qui va se substituer à la sorcière vers la fin du récit, présente les sept éperviers (chacun correspondant à un personnage), son maître, Langue-agile, l’interrompt avant que l’on puisse savoir qui sont les deux derniers. Du coup, je n’ai pas vu du tout qui ils étaient et je me suis demandé si j’avais loupé quelque chose. Par ailleurs la ressemblance entre ladite jeune fille et le roi Louis XIII est troublante, mais je n’ai pas pu en déduire que c’était voulu ou juste un hasard. Pour finir, je n’ai pas trop été convaincu par la fin que je ne trouve pas très crédible, mais je ne peux pas en parler sous peine de spoiler mon avis.

Au demeurant, cela n’empêche pas cette bédé de s’imposer comme un classique, ne serait-ce que par la spectaculaire reconstitution de la France sous Henri IV.

Accéder à la BD Aâma
Titre : Aâma
Note : Note: 3.82/5 (Franchement bien) pour 17 avis (voir)
Scénariste : Peeters (Frederik)
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Dessinateur : Peeters (Frederik)
Editeur : Gallimard
Collection : -
Genre / Public : Science-Fiction / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 4
Histoire terminée ? Série terminée
Date de parution : 27 Octobre 2011
Postée par : cac le 10/01/2012

Angoulême 2013 : Prix de la série pour le tome 2

Dans un futur lointain… Verloc Nim se réveille amnésique au milieu de nulle part. Grâce à son journal, qu'un singe-robot nommé Churchill lui remet, il se plonge dans son passé. Verloc y apprend qu'il mène une vie misérable, qu'il a perdu travail, famille et amis depuis qu'il a décidé de vivre en marge d'un monde hypertechnologique. Jusqu'à ce que son frère Conrad l'emmène sur une autre planète pour y récupérer une mystérieuse substance nommée aâma…

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 5/5 (Culte !)

Après lecture du dernier tome, je ne peux mettre que la note maximale pour cette œuvre hors-norme, pas forcément des plus accessibles (avec un premier tome un rien fastidieux), mais qui quelque part peut être qualifiée d’ultime dans le genre.

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C’est avec plaisir que j’ai retrouvé l’univers unique de cet auteur que j’avais découvert avec Lupus, mélange de récit introspectif et de SF poétique. Mais cette fois, Frederik Peeters est passé à la couleur, et ça ne lui va pas si mal, même si la tonalité littéraire de l’histoire pouvait supporter largement le noir et blanc. Le trait a gagné en précision, mais se fait en même temps plus conventionnel. Un peu comme une version grand public de « Lupus », avec les mêmes obsessions de l’auteur mais davantage en mode aventure : la perte de l’être aimé, la maladie silencieuse (le personnage principal Verloc est victime d’une maladie de peau, le lupus en est une également), la marginalité au sein d’un monde normatif et étouffant, les paradis artificiels, l’incommunicabilité, l’étrangeté du monde et la difficulté à trouver sa place dans l’univers.

L’histoire bénéficie d’un scénario assez complexe, avec moult flashbacks, où il faut parfois faire preuve d’attention, mais reste cohérent. Les personnages sont bien campés, et la relation entre Verloc et Myo évoque immanquablement celle entre Lupus et Saana. Pour les textes, l’auteur s’est basé sur le carnet de bord du personnage principal, conférant ainsi une couleur littéraire et une profondeur au récit.

Avec cette série atypique, l’auteur nous donne à voir toute sa puissance créatrice. On en prend alors plein les yeux, pénétrant un monde entièrement inconnu, un monde où grouillent plantes et autres créatures mi-organiques mi-synthétiques, aussi bizarroïdes que monstrueuses. On est littéralement subjugué par ce déferlement visuel prodigieux.

A l’état plus ou moins latent dans « Lupus », cette obsession de Peeters pour les formes de vie invisibles, mystérieuses et grouillantes, explose à pleine puissance ici. On est à la fois saisi d’effroi et émerveillé, alors que de multiples questions assaillent l’esprit, sous l’effet d’un vertige métaphysique.

Cette BD unique en son genre, mélange d’aventure et de science-fiction aux accents très « psy », pose donc beaucoup de questions et appartient de par sa créativité aux œuvres supportant aisément plusieurs lectures, tant en nombre qu’en grilles… A l’heure où les apprentis sorciers de la Silicon Valley se prennent pour des démiurges et rêvent d’inventer une nouvelle humanité guidée par la technoscience, Peeters prouve avec cette série son talent de visionnaire, avec cette question en toile de fond : quel sera le seuil de progrès à partir duquel nous perdrons définitivement notre humanité, celle qui fait de nous des êtres en proie au doute, avec leurs faiblesses et leur imperfections ?

L’histoire se révèle être aussi une touchante déclaration d’amour d’un père à sa fille. Et au-delà des réflexions sur la technoscience et l’avenir de l’humanité que peut susciter cette histoire, l’auteur nous invite parallèlement à embrasser la vie, à l’aimer, à en vivre chaque instant intensément. A condition d’être réceptif, son jeu de piste nous guidera vers la fusion, l’UNI-versel, nous amènera à revivre notre état originel d’Adam végétal où nous tous, foules individualistes, ne faisions qu’un.

« Aâma » s’impose ainsi comme une rencontre au sommet du 9ème art entre philosophie et science-fiction. Et dans ces hauteurs, les questionnements métaphysiques effectuent une folle sarabande avec les délirants songes graphiques de Frédérik Peeters, un auteur qui, avec cette série, renforce décidément sa présence au panthéon des auteurs de BD.



T1 – L'odeur de la poussière chaude
T2 – La multitude invisible
T3 – Le désert des miroirs
T4 – Tu seras merveilleuse, ma fille

Accéder à la BD Abélard
Titre : Abélard
Note : Note: 3.84/5 (Franchement bien) pour 19 avis (voir)
Scénariste : Hautière (Régis)
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Dessinateur : Dillies (Renaud)
Editeur : Dargaud
Collection : -
Genre / Public : Aventure / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 2
Histoire terminée ? Série terminée
Date de parution : 03 Juin 2011
Postée par : Miranda le 05/06/2011

Pour séduire la jolie Epilie, Abélard ne voit qu'une solution : lui décrocher la lune ! Direction l'Amérique, le pays qui a inventé les machines volantes. Armé de son banjo et de son chapeau à proverbes. Il se lance sur les routes de campagne, rencontre des Tsiganes puis Gaston, un ours grincheux avec qui il va partager un bout de chemin...

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 5/5 (Culte !)

En attaquant les premières pages de cette BD « animalière », on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Un décor idyllique avec des personnages à tête d’animaux dans une mignonne petite cabane au bord de l’eau, le tout dans un style « cartoon », ça donne un côté enfantin, à la limite presque mièvre. Mais en même temps, ça tape la belote, ça sirote des « binouzes » et ça cause argot. Et puis il y a ces petits papiers contenant des citations qui mystérieusement sortent chaque jour du chapeau d’Abélard, une jolie trouvaille. Du coup, on est un peu titillé, ce décalage entre le dessin et le propos est pour le moins paradoxal, et on est pressé de voir de quoi il retourne… Abélard veut donc parcourir le monde pour retrouver sa belle, c’est ainsi qu’on va le suivre dans son périple où rien ne se passera comme prévu, mais je ne peux décidément pas en dire plus…

L’histoire est à ranger dans la catégorie « quête initiatique », mais une quête étonnamment sombre avec une toute petite lueur au bout d’un tunnel peu rassurant, avec à la clé une réflexion grave et désabusée sur le voyage, la solitude, le racisme, l’intolérance, bref, le monde comme il va en somme... C’est aussi et surtout une magnifique - et je pèse mes mots - histoire d’amitié entre deux êtres (Abélard le moineau candide et Gaston l’ours grognon) qui n’ont a priori rien à faire ensemble… Quant au trait stylisé et empreint d’une belle poésie de Dillies, il confère idéalement un peu de légèreté à l’ensemble.

« Abélard » s’est avéré être pour moi une énorme claque mais une claque d’une infinie tendresse qui m’a laissé chancelant, brisé par l’émotion, laissant chaque pore de ma peau, chaque fibre de mon âme, en totale empathie avec ce tout petit personnage de rien du tout qu’est Abélard. Mais attention, aucune sensiblerie de pacotille ici ! C’est juste incroyable à quel point l’alchimie d’un dessin « naïf » allié à des textes graves voire pessimistes fonctionne bien ici et peut produire quelque chose d’extrêmement bouleversant.

Ceci n’est donc pas une BD pour enfants, vous l’aurez compris. Il s’agit plus exactement d’une BD qui parvient à nous rappeler, avec intelligence, qu’on a été un jour un enfant… Je ne peux ainsi qu’exprimer mon infinie reconnaissance à Régis Hautière et Renaud Dillies de nous avoir offert ce petit bijou à côté duquel il serait vraiment dommage de passer.

Accéder à la BD Adieu Chunky Rice
Titre : Adieu Chunky Rice (VO: Good-Bye, Chunky Rice)
Note : Note: 3.11/5 (Pas mal) pour 9 avis (voir)
Scénariste : Thompson (Craig)
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Dessinateur : Thompson (Craig)
Editeur : Casterman
Collection : Ecritures
Genre / Public : Inclassable / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : Comics
Nb. tomes parus : 1
Histoire terminée ? One shot
Date de parution : Juin 2002
Postée par : dita le 31/10/2003

Chunky Rice, jeune tortue mâle, sur le point d'étouffer dans cette ville qu'il habite, part loin... en laissant derrière lui une jolie et tendre souris.

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 3/5 (Pas mal)

Comme il l’indique en post-face, Craig Thompson s’est inspiré de sa propre expérience pour cette première œuvre, qui d’ailleurs n’a pas été publiée dans sa version originale à la demande de l'éditeur. A l’époque, l’auteur avait quitté son état du Wisconsin suite à un chagrin d’amour. Comme ses amis lui manquaient cruellement, il les avait représenté dans une mini-bande dessinée, entrecoupée des aventures de Chunky Rice.

L’auteur de Blankets - Manteau de neige et d'Habibi nous offre une petite balade pleine de poésie mélancolique. La narration est très libre, comportant nombre d’incursions surréalistes avec l’irruption de plusieurs personnages fort étranges et déconcertants, comme l’ami de Chunky Rice s’exprimant dans une curieuse syntaxe ou ces deux sœurs siamoises voyageant sur le même bateau que notre petite tortue.

Tout ce petit monde s’affairant d’une manière déconnectée de la réalité peut laisser perplexe. Et on comprend mal pourquoi Chunky décide de quitter son amie avec laquelle il semble vivre un amour idyllique. C’est comme si cette absence de sens s’était déportée dans l’histoire. Le tout est très bien dessiné sous la plume noir et blanc de Craig Thompson qui a transformé une peine de cœur en récit vivant et intrigant, sensible à défaut d’être véritablement émouvant. Le trait fluide et cartoonesque de Thompson traduit parfaitement l’état d’esprit candide de Chunky Rice en faisant oublier l’aspect tragique ou antipathique des personnages.

Accéder à la BD Adieu mélancolie
Titre : Adieu mélancolie
Note : Note: 3/5 (Pas mal) pour 7 avis (voir)
Scénariste : Goossens (Daniel)
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Dessinateur : Goossens (Daniel)
Editeur : L'Association
Collection : éperluette
Genre / Public : Humour / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 1
Histoire terminée ? Histoires courtes
Date de parution : Octobre 1994
Postée par : ThePatrick le 08/01/2003

6 histoires jusqu'à présent inédites en albums.

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 4/5 (Franchement bien)

Sur le fond, ce recueil de petites histoires est irrésistible, et nous révèle un Goossens au sommet de sa forme, loin d’être mélancolique... Il fait valdinguer les princesses, renvoie le père Noël à ses chères études, ou se moque de l’écriture préhistorique… Son coup de crayon académique et « sérieux », allié à des textes au style volontairement ampoulé et démontant allègrement tous les clichés et autres mythes nichés dans notre inconscient collectif, fait mouche à chaque fois. Les scénarios (si l’on peut dire) sont consternants, et le pire, c’est qu’on s’en tape, parce que c’est tellement unique, le seul risque étant d’imploser de rire. On appelle ça le « Goossens’ style », l’humour au 33ème degré qui déboule là où on ne l’attend pas !

Sur la forme, je suis tout de même un peu plus réticent : seulement 6 histoires sur 28 pages ! Certes, l’objet est bien réalisé comme sait le faire l’Association, mais ces sketchs, si excellents soient-ils, ont déjà été publiés dans Fluide Glacial, donc la maigreur du contenu n’est même pas équilibrée par l’attrait de la nouveauté. C’est dommage, mais au moins l’éditeur a-t-il l’honnêteté de le mentionner…

Accéder à la BD L'Affaire Charles Dexter Ward
Titre : L'Affaire Charles Dexter Ward
Note : Note: 2.75/5 (Pas mal) pour 4 avis (voir)
Scénariste : Culbard (I.N.J.)/Lovecraft (Howard Phillips)
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Dessinateur : Culbard (I.N.J.)
Editeur : Akileos
Collection : -
Genre / Public : Fantastique / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : Comics
Nb. tomes parus : 1
Histoire terminée ? One shot
Date de parution : 19 Mai 2012
Postée par : Spooky le 21/05/2012

Adaptation de la célèbre nouvelle de Lovecraft.

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)

Une couverture réussie pour une bédé ratée. J’ai trouvé le dessin paresseux et bâclé, les visages inexpressifs (et pour peu qu’ils expriment quelque chose, c’est toujours la même expression). Les personnages comportent souvent des disproportions qui gênent l’oeil, et l’auteur semble avoir manqué de temps pour terminer les décors… Je préfère un trait franchement minimaliste découlant d’un parti pris. Ici, le dessinateur use d’un style descriptif qui lui va comme un gant irait à un pied. Quant aux couleurs, certes on a vu pire, mais elles semblent avoir été faites à l’ordi, sans une once d’imagination. Les rares efforts semblent avoir été axés sur le découpage et la mise en page, mais cela ne suffit même pas à rendre l’histoire agréable à lire. En effet, j’ai trouvé le récit parfois confus et j’ai dû plusieurs fois revenir en arrière pour comprendre ce que je lisais.

Je n’appellerais pas ça un hommage à Lovecraft mais plutôt une malédiction, que je vais d’ailleurs très vite oublier… je n’aime pas descendre pour descendre, mais là… Un auteur aussi important que Lovecraft n’avait pas besoin de ça, tout amateur d’horreur qu’il est. Heureusement que je connais un peu, parce que sinon je n’aurai pas eu envie de découvrir davantage sa biographie… Non, je ne dissuaderai pas Culbard d’arrêter de dessiner parce que je suis sympa. Seulement de retourner s’entraîner sur sa table à dessin avant de vouloir jouer dans la cour des grands…

Accéder à la BD L'Affaire des affaires
Titre : L'Affaire des affaires
Note : Note: 3.33/5 (Pas mal) pour 6 avis (voir)
Scénariste : Robert (Denis)/Lindingre (Yan)
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Dessinateur : Astier (Laurent)
Editeur : Dargaud
Collection : -
Genre / Public : Documentaire / Adultes
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 4
Histoire terminée ? Série terminée
Date de parution : Janvier 2009
Postée par : Spooky le 01/03/2009

2010 : Prix France Info de la Bande dessinée d’actualité et de reportage.

"Pendant les affaires, les affaires continuent."

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 4/5 (Franchement bien)

Vous avez toujours voulu tout savoir sur la corruption financière sans jamais oser le demander ? Ou alors le sujet vous déprime ou vous paraît trop compliqué, et vous préférez imaginer que vous vivez dans l’Île aux enfants ? Dans le premier cas, n’hésitez pas une seconde, « L’Affaire des affaires » se lit comme un polar (c’est comme du Millenium en BD, mais en vrai !) et en plus votre point de vue sur le monde en sera changé à jamais, avec un peu moins d’innocence mais beaucoup plus d’acuité.

Le dessin jouit d’un style nerveux très approprié au propos. Curieusement, si le trait peut parfois paraître bâclé et les caricatures d’hommes politiques pas toujours très reconnaissables, cela ne gêne pourtant en rien au rythme enlevé du récit. Textes et dialogues sont bien ficelés, souvent caustiques. On souffre, on est ému et on se sent proche du « héros » (Denis Robert détesterait certainement cette appellation, lui qui estime avoir simplement fait son travail de journaliste !), tiraillé entre sa vie professionnelle intense et sa vie sentimentale et familiale.

C’est dans le second tome que le dessin semble avoir pleinement posé ses marques, avec une tension permanente renforcée par le choix du noir et blanc. Certaines planches sont à la fois hallucinantes et terrifiantes, mettant en scène de manière allégorique le monstre sournois et malveillant incarnant la finance planétaire. Même si certaines explications pourront paraître complexes à certains, le scénario possède une fluidité faisant que l’on suit sans peine les aventures de notre Blomkvist français dans les dédales malodorants du monde des affaires.

Les deux derniers tomes restent dans la continuité sur le plan graphique, avec une mise en page variée qui parvient à rendre lisible un récit qui pourrait à la longue paraître fastidieux, tant les méandres judiciaires où le mensonge règne en maître semblent s’enchevêtrer les uns aux autres. Même si j’ai pu ressentir une certaine lassitude à partir du tome 3, j’ai toujours eu envie de continuer tant la tension irriguant le récit est prégnante… On voit comment cette affaire semble avoir littéralement contaminé les sphères judiciaire, politique et médiatique, face auxquelles Denis Robert semble aussi démuni que David devant Goliath.

Un immense coup de chapeau à Denis et à ses collaborateurs pour ce travail salutaire et citoyen !

Accéder à la BD L'Aimant
Titre : L'Aimant
Note : Note: 3.6/5 (Franchement bien) pour 5 avis (voir)
Scénariste : Harari (Lucas)
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Dessinateur : Harari (Lucas)
Editeur : Sarbacane
Collection : -
Genre / Public : Fantastique / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 1
Histoire terminée ? One shot
Date de parution : 23 Août 2017
Postée par : herve le 01/11/2017

Pierre, jeune étudiant en architecture parisien entreprend un voyage en Suisse afin de visiter les thermes de Vals.

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 4/5 (Franchement bien)

Il est certains titres qui s’accordent si bien à l’œuvre que cela en est troublant. Tout d’abord, c’est le grand format qui retient l’attention mais surtout la reliure soignée avec son dos toilé. L’objet en lui-même semble exercer un certain magnétisme dès l’instant où on le feuillette. Grâce à sa colorisation trichromique et son graphisme « vintage », on est comme happé par cet univers singulier, à la croisée d’Hergé et de Charles Burns, fait de longues plages silencieuses et intrigantes.

De Hergé, on retrouve non seulement cette ligne claire et ce souci porté au réalisme des décors, mais également le personnage de Pierre qui évoque immédiatement Tintin, pas seulement dans l’aspect et la jeunesse mais aussi dans sa curiosité de détective et sa propension à se retrouver dans des situations périlleuses. En voyant Pierre sillonner les sombres dédales des thermes de Vals, dont la froide minéralité apparaît un rien menaçante une fois passée l’heure de fermeture, c'est l’image du reporter à la houpe qui se superpose, par exemple lorsque celui-ci arpente les labyrinthes de « l’Île noire », à moins que ce ne soit ceux de la pyramide dans les « Cigares du pharaon »… Et puis ces éléments mystérieux émaillant le récit, qui rapprocheraient plutôt « L’Aimant » de l’œuvre de Burns, tel ce Zippo, celui de Pierre, qui s’impose comme un objet-clé de l’histoire, mais cela on ne le comprendra qu’en toute fin de l’ouvrage. Et puis ces événements inexplicables, comme ce caillou projeté par une fenêtre du train où voyage Pierre, juste avant son arrivée à Vals, un caillou comme « aimanté » par le jeune homme, lancé ni d’on ne sait où ni par qui (la montagne ?).

Mais que donc cherche ce jeune étudiant, à coup de croquis savants, fortement attiré par ce bâtiment aux lignes si modernes et si pures qu’on finit nous-mêmes, en tant que lecteurs, par trouver fascinant ? Une porte dérobée sans doute, mais qui mènerait où ? Quant aux thermes, ils sont un personnage à eux seuls, comme doté d’une âme propre, formant avec Pierre et la montagne avoisinante une sorte de trio amoureux relié par une force irrépressible. Un trio dont la communication silencieuse semble inaccessible au commun des mortels, lequel peut au mieux déduire un lien évident avec la « pierre », représentée par ce mineral aux propriétés magnétiques, vraisemblablement contenu dans les entrailles de la montagne surplombant les thermes, elles-mêmes à moitié enfouies dans la terre. Et c’est peut-être bien, de façon consciente ou non chez son auteur, ce qui a inspiré le titre, car dans « aimant » il y a « aimer », et en amour il est toujours question d’attirance et de magnétisme…

C’est une bien belle découverte que cet auteur, dont c’est la première bande dessinée, et qui nous propose ici une promenade architecturale oscillant entre réalisme et onirisme, sur fond de légende locale. Même si le dénouement peut laisser une impression d’inachevé, Lucas Harari rentre incontestablement dans la caste des artistes à suivre dans le monde du neuvième art.

Accéder à la BD L'Aliéniste
Titre : L'Aliéniste
Note : Note: 2.86/5 (Pas mal) pour 7 avis (voir)
Scénariste : Bá (Gabriel)
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Dessinateur : Moon (Fábio)
Editeur : Urban Comics
Collection : Urban Indies
Genre / Public : Roman Graphique / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 1
Histoire terminée ? One shot
Date de parution : 26 Septembre 2014
Postée par : KanKr le 07/03/2015

Cet album est une adaptation dessinée d'une nouvelle éponyme, référence de la littérature brésilienne, de Joaquim Maria Machado de Assis parue en 1881 dans laquelle le docteur Simon Bacamarte, aliéniste diplômé et réputé, se passionne pour le domaine de la pathologie cérébrale.

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 3/5 (Pas mal)

Autant le dire d’emblée, la déception est immense. D’autant plus immense après lecture du remarquable Daytripper (au jour le jour), des mêmes auteurs… Je n’ai pas lu le roman duquel la BD est tirée, mais j’ai trouvé cette adaptation quelque peu paresseuse, et toutes les qualités que j’avais notées dans l’ouvrage précité semblent s’être volatilisées, à l’exception du dessin … J’ai attendu de refermer le livre pour vérifier la date de parution, persuadé que "L’Aliéniste" était plus ancien, c’est dire, ce dernier ayant été en fait publié plus de deux ans après "Daytripper". Si cela avait été le cas, j’aurais été moins sévère sans doute. Ce n’est pas que ce soit mauvais, loin de là, mais il me semble qu’avec un thème comme la folie, il y avait de quoi se surpasser.

Le dessin tout d’abord. On retrouve le même trait enlevé et dynamique, mais le traitement monochrome de la couleur aux teintes sépia confère une certaine monotonie à un scénario déjà assez répétitif, certes empreint d’une d’une discrète ironie, mais qui manque de la folie dont il traite. Ce conte philosophique ne s’attache qu’à quelques personnages : le rigide et charismatique médecin Simon Bacamarte, son épouse amoureuse et esseulée Dona Evarista, l’apothicaire servile et le coiffeur séditieux. De la folie elle-même il n’est guère question (on ne voit jamais comment le médecin conduit ses recherches). Cependant, le récit montre bien par le biais de la fable que la folie est une notion toute relative, que quiconque décrétant la folie d’un autre est peut-être bien plus fou lui-même, mais plus grave, que l’internement abusif des patients peut être un moyen idéal de faire régner l’ordre dans une dictature.

Le sujet soulevé ne manque pas de pertinence, et le roman de Machado de Assis reste un classique dans son pays, le Brésil. Malheureusement, je doute fort que son adaptation en bande dessinée, sans être mauvaise pour autant, n’apporte grand-chose. Fábio Moon et Gabriel Bá, en voulant rendre hommage à leur compatriote, l’équivalent de Victor Hugo ou Emile Zola en France, semblent s’être effacés derrière le personnage. Le résultat, c’est une transcription appliquée et ennuyeuse, une sorte de sous-Eisner en beaucoup plus bavard. J’entends lire prochainement la dernière production des frères jumeaux, Deux Frères, qui je l’espère me fera oublier ce que j’appellerais un petit incident de parcours.

Accéder à la BD Alors que j'essayais d'être quelqu'un de bien
Titre : Alors que j'essayais d'être quelqu'un de bien
Note : Note: 4/5 (Franchement bien) pour 2 avis (voir)
Scénariste : Lust (Ulli)
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Dessinateur : Lust (Ulli)
Editeur : Cà et Là
Collection : -
Genre / Public : Roman Graphique / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 1
Histoire terminée ? One shot (suite de Trop n'est pas assez)
Date de parution : Novembre 2017
Postée par : gruizzli le 20/02/2018

Confessions sur une jeunesse amoureuse agitée, cinq ans après les événements décrits dans Trop n’est pas Assez (Prix Révélation Angoulême 2011 et Prix Artémisia 2011). Autriche, 1989. Ulli Lust a vingt-deux ans et vit désormais à Vienne où elle tente de faire carrière comme illustratrice tout en alternant petits boulots et aide sociale. Elle revient tous les week-ends chez ses parents, dans la campagne autrichienne, pour passer du temps avec son jeune fils, Philipp, qu’elle a eu à dix-sept ans suite à une rencontre sans lendemain. Ulli vit avec Georg, acteur dans une petite troupe de théâtre, limite dépressif et beaucoup plus âgé qu’elle. Suite à une rencontre dans un parc, elle s’engage dans une relation avec Kim, un jeune nigérien récemment arrivé en Autriche et une intense passion charnelle va se nouer entre eux. Mais Ulli tient à continuer sa relation avec Georg, tout en étant avec Kim...

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 4/5 (Franchement bien)

Après lecture de ce roman graphique, on peut l’affirmer : oui, Ulli Lust est une fille bien ! Il faudra peut-être à certains surmonter leur circonspection vis-à-vis d’un graphisme très scolaire et peu engageant, surtout dans les premières pages, et d’un récit qui prend un certain temps à démarrer. Une fois ce cap franchi, les choses finissent par se mettre en place et, alors que le fond s’impose doucement mais sûrement, la forme passe au second plan. On est peu à peu immergé dans ce pavé de plus de 300 pages et on pourra même reconnaître des qualités à un dessin parfois maladroit mais touchant dans sa sincérité voire poétique, en particulier pour les scènes d’amour. Très certainement à l’image de son auteure (non je n’utiliserai pas l’affreux néologisme « autrice » qui fait saigner mes oreilles), chez qui l’on sent une certaine fragilité, doublée d’une volonté de bien faire (tout est dans le titre) et de ne pas négliger les détails.

J’ignore si « Lust » est un pseudo. Si ce n’est pas le cas, cela tendrait à accréditer l’idée qu’un patronyme pèse sur la destinée de celui qui le porte. Car de plaisir sexuel il est beaucoup question dans cette autobiographie honnête et courageuse. Son dessin explicite ne cherche pas à nous faire rincer l’œil, il présente l’acte sexuel comme une chose belle et naturelle. Ulli Lust est une féministe de son temps, qui ne revendique rien mais vit sa vie juste comme elle l’entend, en explorant son désir sexuel sans hypocrisie, sans peur du qu’en-dira-t-on. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ça ne plait pas toujours. Non seulement à ses voisins-voisines, que l’hédonisme d’Ulli renvoie à leurs propres frustrations, mais surtout, et là on est au cœur du sujet, à son amant africain Kimata. Au départ dépeint comme un homme gentil, celui-ci va révéler au fur et à mesure sa jalousie maladive jusqu’à son paroxysme de haine et de violence, qui ne laissera pas sa partenaire indemne. Malgré cela, Ulli parvient à éviter l’écueil d’un racisme trop facile, évitant tout jugement de valeur sur la tradition africaine, caractérisée par un paternalisme déroutant pour l’Occidental lambda. L’auteure au contraire se contente d’être factuelle, mettant en lumière les préjugés et la bêtise de Kim (« tu fais partie de ces femmes blanches qui aiment les hommes noirs ? »), malgré ses tentatives pour être tolérant. Cela corrobore d’une certaine façon l’idée que le racisme peut être aussi le fait de ceux qui en sont les premières victimes, a fortiori dans un pays comme l’Autriche - où se déroule l’histoire -, un pays où l’extrême-droite a eu à plusieurs reprises l’accès au pouvoir. D’ailleurs, comme pour éviter la récupération politique, Ulli Lust n’oublie pas de faire allusion à certains comportements machistes et xénophobes dans son pays.

L’auteure autrichienne réussit à traiter de front les thématiques de la violence conjugale et de la différence culturelle en prenant bien soin de faire la part des choses. Parallèlement, « Alors que j’essayais d’être quelqu’un de bien » aborde aussi la problématique de la fidélité… à soi-même, de l’importance de ne pas se renier dans le cadre du couple. C’est ce qui fait toute la richesse de ce roman très personnel, qu’on apprécie pour sa subtilité et son évitement des clichés, quand bien même il laisse un goût amer. A situation compliquée, il ne saurait y avoir de réponse simple, et Ulli Lust se garde bien d’en fournir…

Accéder à la BD Alpha... directions
Titre : Alpha... directions
Note : Note: 4.08/5 (Franchement bien) pour 25 avis (voir)
Scénariste : Harder (Jens)
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Dessinateur : Harder (Jens)
Editeur : Actes Sud
Collection : Actes Sud – L'An 2
Genre / Public : Documentaire / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 2
Histoire terminée ? Une histoire par tome (Trilogie à la base, mais le 2e volume en 2 tomes)
Date de parution : 19 Janvier 2009
Postée par : Tomeke le 14/03/2009

Angoulême 2010 : Prix de l'Audace pour le tome 1

Dans ce livre d’une folle ambition, l’auteur de Leviathan se penche sur les origines du monde. S’appuyant sur une synthèse des connaissances les plus actuelles dans tous les domaines du savoir, il raconte l’histoire de la vie depuis le Big Bang jusqu’à l’émergence des premières civilisations humaines.

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 5/5 (Culte !)

Tout d’abord, l’objet : un vrai pavé, dans lequel on a plaisir à se plonger, il s’agit d’une véritable expérience immersive. L’ouvrage est par ailleurs inclassable : on pourrait parler de documentaire scientifique voire historique, mais cela resterait incomplet, l’auteur apportant en outre son œil artistique en glissant à bon escient de multiples références dans la chronologie rigoureuse de cette épopée, qu’elles soient en rapport avec l’art, la science ou la religion. Ainsi, les cases se répondent, comme s’il y avait discussion entre les temps primitifs et l’humanité avec ses connaissances, ses croyances, ses mythes, ses questionnements. C’est toujours étonnant, érudit, rafraîchissant, parfois décalé, parfois humoristique (la mouche de Trondheim virevoltant au milieu des sauriens volants, par exemple). Le dessin est remarquablement précis, mais aussi très agréable à l’œil, rehaussé par une belle bichromie dont les teintes désaturées évoluent au fil des pages en parcourant le cercle chromatique. Une page de résumé des principaux événements vient clore chaque chapitre, ce qui n’est pas trop assommant pour les plus réfractaires à la science.

C’est un vrai défi auquel a été confronté l’auteur, élaborant quelque chose qui n’avait jamais été fait : mettre en images l’histoire de l’Univers depuis les origines. Qui en effet pouvait imaginer qu’un auteur de BD puisse un jour représenter les premiers instants succédant au Big Bang, le début de l’espace-temps, l’ère de Planck (d’une durée infinitésimale de 10-44 seconde !), les quarks, antiquarks et autres particules subatomiques, etc. Eh bien Jens Harder l’a fait, avec brio et de façon tout à fait originale (voir plus haut). C’est passionnant, fascinant, grandiose. Comme un gosse, on reste tout simplement admiratif devant un tel travail, imaginant la somme d’archives et de documents qu’il a fallu réunir pour produire une telle œuvre. Parallèlement on est saisi de vertige devant le génie de la nature mais aussi en pensant aux périodes immensément longues qui ont été nécessaires aux transformations les plus infimes, si l’on raisonne en temps humain. Incontestablement, on peut parler d’un chef d’œuvre qui fera date. C’est donc avec impatience que j’attends la sortie des deux tomes qui devraient suivre, l’un consacré à l’histoire de l’humanité et l’autre au futur.



PS : je salue au passage l’excellente critique de Sejy

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Avis sur "Beta... civilisations - volume 1"

Cinq ans. C’est le temps qu’il aura fallu à Jens Harder pour accoucher de ce nouveau volet, qui au départ prévu en une seule parution, fera finalement l’objet de deux volumes. D’emblée il faut bien l’avouer, l’effet de surprise ressenti avec « Alpha… directions » s’est dissipé ici, mais le mode de narration verticale reste très original. L’auteur déroule le récit de l’évolution à sa façon, en établissant au fil des pages des passerelles entre les époques, à l’aide d’une iconographie abondante, populaire ou érudite, ne s’interdisant aucun domaine, de la peinture à la pub en passant par le cinéma, la photo ou tout naturellement la BD.

C’est parfois un peu prévisible dans le sens on finit par deviner plus ou moins où Harder veut nous emmener, mais ce dernier garde toujours cette volonté de surprendre le lecteur dans le choix des références, évitant ainsi l’exposé scolaire. Bien sûr il m’est arrivé d’être saisi par le doute, agacé parfois par une certaine redondance, mais au final il faut convenir que le procédé basé sur un dialogue entre les images d’un côté et les époques de l’autre fonctionne à merveille. Et si l’on admet l’idée qu’il s’agit d’une lecture lente, ou plus exactement contemplative, on ne pourra être que fasciné en s’inclinant devant l’ampleur de la tâche. Comme on pourra le voir en annexe, l’auteur sait pourtant rester modeste : « Je n’ai rien inventé (…). Il s’agit plutôt d’un récit de l’évolution – mon récit, avec mes propres axes et fils rouges – comme je pourrais peut-être le faire à mes enfants, mais qui laisse de côté énormément de choses (et en ignore encore plus). » Il revendique par ailleurs son athéisme pour ceux qui seraient tentés d’interpréter son œuvre au vu de leurs propres croyances. Et précise de manière facétieuse à l’attention des fans de mangas : « Si par habitude, tu as ouvert Beta [par la fin], tu es cordialement invité à poursuivre ta lecture dans le sens qui t’est familier (…). A condition de veiller à lire chaque page non seulement de droite à gauche, mais aussi de bas en haut »

Pour ce qui est de l’objet en lui-même, l’impression argentée dans des tons alternativement gris, kaki et sépia au fil des pages est du plus bel effet (il faut juste éviter de lire sous la lampe de chevet…), et constitue de fait un argument en faveur de l’édition papier face au numérique. Quitte à héberger des pavés comme celui-ci dans sa bibliothèque, autant qu’ils soient jolis…

Et c’est soudain avec horreur que je réalise que si Mister Harder parvient à mener à bien son projet ambitieux, le dernier volet consacré au futur de l’humanité, « Gamma… visions », pourrait ne sortir qu’en 2024 voire 2029 pour la deuxième partie s’il décide de faire une césure comme ici ! On espère ainsi qu’aucun météorite ne viendra s’écraser sur la Terre avant cette date…


Accéder à la BD Alvin
Titre : Alvin
Note : Note: 4/5 (Franchement bien) pour 2 avis (voir)
Scénariste : Hautière (Régis)
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Dessinateur : Dillies (Renaud)
Editeur : Dargaud
Collection : -
Genre / Public : Aventure / Tous publics
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 2
Histoire terminée ? Série terminée
Date de parution : 12 Juin 2015
Postée par : Mac Arthur le 10/06/2015

Régis Hautière et Renaud Dillies signent la suite d'Abélard avec le nouveau diptyque Alvin. Son ami disparu, l'ours mal léché Gaston traîne son désespoir à New York. Mais rien à faire ! Son karma doit être d'aider les petits êtres aux mille questions !

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 4/5 (Franchement bien)

Avec son drôle de chapeau, Abélard était une sorte de magicien poète. Ces aphorismes qu’il sortait de son galurin avaient le pouvoir de toucher l’âme. Ce petit personnage attachant, en plus d’être décrocheur de lune et ramasseur d’étoiles, avait réussi à tirer sa révérence de façon grandiose à la fin de la série qui portait son nom. Les cendres, jetées du haut d’un avion par son compagnon Gaston, s’étaient transformées en poussières d’étoiles. L’héritage d’Abélard, c’est ça. Ces poussières dorées, qui une fois au sol, ont germé pour donner les plus beaux bouquets. « Alvin » semble être de ceux-là. Abélard, comme tous les poètes, n’est pas mort et continue à vivre dans les cœurs aussi bien de ses créateurs que de ses lecteurs.

Régis Hautière et Renaud Dillies ont ainsi décidé de prolonger le rêve avec « Alvin ». On y retrouve Gaston, la moitié de notre duo au départ improbable et désormais cultissime. Le grizzly grincheux au cœur tendre bien dissimulé semble éprouver quelque remords de n’avoir su protéger de la mort son petit ami « insupportable » qui posait tant de questions sur les choses de la vie. Il se sent encore redevable de n’avoir su apprécier pleinement la pureté de cette amitié qui lui tendait les bras, lui dont le regard sur le monde était obstrué par un nuage de mélancolie désabusée. Alvin l’orphelin va peut-être lui fournir, bien contre son gré, une seconde chance. Car Alvin, incontestablement, rappelle Abélard, non seulement par la première lettre de son prénom, mais aussi par sa petite taille. Sauf que le jeune matou fait plus figure d’enfant terrible et semble, avec sa langue bien pendue, mieux armé que le fragile moineau poète. Gaston aimerait s’en débarrasser, mais la loyauté est une de ses qualités premières. Et au fond lui, on le sent curieux de cette association inopinée qu’une fois encore il n’a pas décidée. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si, contre l’avis de Gaston, le gamin cherche à s’approprier le seul héritage matériel d’Abélard, ce sacré chapeau qui continue à engendrer ses petits mots de sagesse… Ainsi, une nouvelle aventure démarre pour Gaston et Alvin. Ils feront une rencontre étonnante au-delà du personnage peu recommandable qu’est ce pasteur de foire promenant sa cage aux monstres pour mieux conquérir les foules. Car sous le fumier se cachent parfois les plus beaux diamants…

Le premier tome de ce diptyque nous remet donc l’eau à la bouche et c’est peu dire qu’on attend la suite avec impatience. En plus de ce mélange subtil de tendresse et d’humour décalé, on y retrouve avec bonheur le trait « enfantin » et graphiquement très maîtrisé de Renaud Dillies, assorti d’une mise en couleur sobre et juste aux tonalités chaleureuses. Ce trait, justement, qui contraste une fois de plus avec la maturité du propos et quelques « gros mots » ça et là, confirmant que l’œuvre n’est pas vraiment destinée aux plus jeunes.

Accéder à la BD Les Amateurs
Titre : Les Amateurs
Note : Note: 3.2/5 (Pas mal) pour 5 avis (voir)
Scénariste : Evens (Brecht)
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Dessinateur : Evens (Brecht)
Editeur : Actes Sud
Collection : -
Genre / Public : Roman Graphique / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 1
Histoire terminée ? One shot
Date de parution : 09 Novembre 2011
Postée par : roedlingen le 25/05/2012

Voyage chez les amateurs d'art contemporain voulant eux aussi être des artistes.

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 3/5 (Pas mal)

Comment juger un tel OGNI (objet graphique non identifié) et par quel bout le prendre, nom d’un petit homme vert !? C’est une sorte de mélange entre le livre pour enfants et le conte philosophique, dans lequel l’auteur décide de massacrer (presque) tous les codes du 9ème art. L’objet est assez plaisant mais totalement hybride, on a parfois l’impression de regarder un livre d’art naïf avec des aquarelles pleine page insérées aléatoirement au fil de l’histoire. La seule chose qui rappelle la BD est qu’on a bien affaire à une « juxtaposition d’images fixes en séquences » (ou « art séquentiel ») selon l’expression de Scott Mc Cloud (« L’Art invisible »). L’auteur ne s’est évidemment pas donné la peine de mettre ses dessins en boîtes (non, ses boîtes à lui sont dans l’histoire, il a l’air vraiment fasciné par les boites !), je veux dire en cases, préférant la jouer « no limit ».

Et puis il y a même une histoire aussi, et même si j’ai un peu pris peur au début, je me suis finalement laissé prendre au jeu. En fait, Brecht Evens nous raconte un projet un peu bancal réunissant une bande de bras cassés qui a priori n’ont rien à voir les uns avec les autres. De cette rencontre improbable va naître une étrange alchimie qui va finir par galvaniser les esprits, avec tous les problèmes d’égo que cela peut engendrer, pour donner au final une œuvre monumentale des plus inattendues…

Dire que j’ai adoré serait exagéré, mais je dois admettre l’audace de l’entreprise. En fin de compte, je ressors assez partagé. Par exemple, j’ai plutôt bien apprécié les « tableaux » pleine page aux couleurs magnifiques, qui dégagent une vraie magie, naviguant entre le post-hypo-naïf et le néo-exo-impressionniste, à moins que ce ne soit du pseudo-péri-pointillisme (ne cherchez pas ce que ça veut dire, c’est moi qui ai inventé ça...). D’autres fois, j’ai trouvé ça au mieux sans intérêt et au pire rebutant, avec cette vague impression (un peu agaçante) que l’artiste, un rien feignasse, a abstractisé une bonne part de ses délires à l’aide d'une truelle (et des couleurs parfois criardes aussi), une façon peut-être de souligner qu’on a bien affaire à un objet anticonformiste…. et « amateur » ! Cet ouvrage est, vous l’aurez compris, plein de paradoxes, un peu comme si Evens se jouait constamment du lecteur et cherchait à titiller son approche de l’art et à démasquer le snob qui sommeille en lui. Même les dialogues, simplistes voire nunuches, vont parfois côtoyer l’absurde…

A relire peut-être pour en apprécier toutes les subtilités. Une chose est sûre, ceci devrait attirer les amateurs d’art moderne et ceux qui aiment l’inédit.

Accéder à la BD Amerika
Titre : Amerika
Note : Note: 3/5 (Pas mal) pour 2 avis (voir)
Scénariste : Crumb (Robert)
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Dessinateur : Crumb (Robert)
Editeur : Cornélius
Collection : -
Genre / Public : Humour / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : Comics
Nb. tomes parus : 1
Histoire terminée ? Strips - gags
Date de parution : 18 Février 2004
Postée par : Blue Boy le 28/08/2014

Une charge violente et sans concession contre l’Amérique par le pape de la BD underground.

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 3/5 (Pas mal)

De Crumb, je ne connaissais que quelques planches piochées au hasard en librairie ou ailleurs, ainsi que le côté subversif du personnage, extravagant et éternel râleur, et sa passion pour les filles pulpeuses à gros mollets. Décidé à combler ce manque à ma culture générale, j’ai choisi cet album dont le titre résume bien l’état esprit, avec ce K explicite à la place du C du mot « America ». J’ignore si c’était le meilleur choix, mais il est sûr que ce mec a un vrai talent pour aborder la politique et les sujets « sérieux » en utilisant tous les codes ludiques des cartoons américains, en plus trash - dessin caoutchouteux, personnages à gros nez et sens du burlesque – qui viennent ainsi contrebalancer l’aspérité et la véhémence du propos. Du moins pour la première période allant jusqu’au début des années 80, car à la fin de la même décennie, le dessin noir et blanc semble avoir pris imperceptiblement une tournure plus réaliste, plus sombre (avec plus de hachures dans le trait), car en effet, la colère et la désillusion n’’ont pas faibli avec le temps chez ce rebelle pour qui le rêve américain a tourné au cauchemar.

Assurément, Robert Crumb est un écorché vif plein de lucidité, et comme souvent chez ce type de personnes, il a un côté attachant. Et forcément, le public français l’adore, comme tous les « ennemis de l’intérieur » contempteurs de l’Amérique capitaliste, et il le lui rend bien puisqu’il a décidé de fuir son pays pour le sud de la France en 1991. Mais cela ne tient pas qu’à cela, car celui qui se présentait, non sans ironie, comme le « dessinateur underground le plus aimé d’Amérique » se met souvent en scène dans ses sketchs, avec des mises en perspective, n’hésitant pas à se « mettre à poil » en s’autodénigrant, lui, le looser, le « vieux réac » ronchon, face aux beaux gosses WASP à la mâchoire carrée et aux dents étincelantes. C’est assez courageux de sa part et le rend extrêmement humain, le père Crumb, à tel point qu’on aurait envie de lui payer un canon si par hasard on venait à le croiser.

Pourtant, quelque chose m’a vraiment gêné dans cet exercice de US bashing. Deux histoires en particulier, When the Niggers Take Over America et When the Goddamn Jews Take Over America, pour lesquelles je vous passe la traduction. Crumb joue les oiseaux de mauvais augure, prédisant un avenir terrifiant pour l’Amérique, imaginant une prise de pouvoir des plus barbares par les Noirs, et ne se révèle guère plus amène avec les Juifs, en utilisant les pires clichés rednecks. L’éditeur a beau expliquer en annexe que « Crumb tape là où ça fait mal, et parie sans le dire sur une réaction de rire et de rejet de l’abjection », le fait de savoir qu’un groupuscule néonazi américain l’ait pris pour argent comptant est extrêmement dérangeant. C’est bien ça, le problème avec les écorchés vifs. Pensant qu’ils sont incompris, ils n’hésitent pas à pousser le bouchon très loin, dans une démarche quasi suicidaire. Le « vieux crouton râleur » ne se sent même plus tenu de se justifier, comptant sur l’intelligence de ses lecteurs, délivrant cette chose déplaisante qu’on suppose motivée par une colère froide, comme s’il était aux commandes d’un bombardier atomique. Encore heureux que l’éditeur soit intervenu pour relativiser le propos.

Crumb a peut-être juste oublié qu’on pouvait rire de tout, mais pas avec n’importe qui. Je peux lui pardonner cet écart mais cela affaiblit mon appréciation de ce recueil, même si incontestablement, cela a valeur de document.

Accéder à la BD Andersen, les ombres d'un conteur
Titre : Andersen, les ombres d'un conteur
Note : Note: 4/5 (Franchement bien) pour 5 avis (voir)
Scénariste : Ferlut (Nathalie)
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Dessinateur : Ferlut (Nathalie)
Editeur : Casterman
Collection : -
Genre / Public : Conte / Tous publics
Type d'oeuvre : BD
Nb. tomes parus : 1
Histoire terminée ? One shot
Date de parution : 31 Août 2016
Postée par : Mac Arthur le 30/08/2016

Le portrait d'un conteur mondialement connu.

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 4/5 (Franchement bien)

La très bonne idée de Nathalie Ferlut, pour cette biographie du célèbre conteur danois, est d’avoir présenté chacun des chapitres du livre à la façon d’un conte, avec des titres dans l’esprit d’Andersen (« Le Petit cordonnier qui voulait devenir danseuse », « Le Pierrot qui ne voulait pas se marier »…). Nous avons là un récit enlevé et virevoltant, mâtiné de poésie, qui reflète bien l’homme dont la vie ressemblait à un conte de fées. Né dans la pauvreté, Hans Christian Andersen, convaincu de sa bonne étoile, avait réussi malgré les obstacles à accéder au rang d’écrivain de renommée mondiale. Au fil des pages, c’est un personnage complexe qui se dessine. Au-delà du gentil pierrot lunaire et excentrique, le conteur poète avait ses zones d’ombre qu’il dérobait jalousement à la lumière. Très égocentrique, il supportait mal la critique et pouvait s’emporter facilement ou se répandre en lamentations. En ce sens, Nathalie Ferlut ne fait pas dans la mièvrerie, abordant toutes les facettes de sa personnalité, évoquant même son homosexualité latente (qui ne cessait de le tourmenter), et l’on comprend que le seul vrai amour - bien que platonique et unilatéral - de cet étrange homme-enfant fut son frère de cœur Edvard Collin.

Visuellement, c’est de la très belle ouvrage ! Les pages scintillent de mille couleurs grâce aux superbes aquarelles de Nathalie Ferlut. Celles-ci font oublier un trait parfois relâché mais dont le charme agit incontestablement dès lors qu’il se fait naïf ou onirique.

L’auteure nous convie ici à un voyage enchanté, destiné avant tout aux grands enfants, à travers la vie du célèbre Danois à l’imagination sans limites, une vie dont ce dernier entreprit d’être lui-même la fée... Tout cela fait incontestablement d’« Andersen, les Ombres d’un conteur » un des meilleurs albums de l’année.

Accéder à la BD André le géant
Titre : André le géant (VO: Andre the Giant)
Note : Note: 3.67/5 (Franchement bien) pour 3 avis (voir)
Scénariste : Brown (Box)
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Dessinateur : Brown (Box)
Editeur : La Pastèque
Collection : -
Genre / Public : Roman Graphique / Ados - Adultes
Type d'oeuvre : Comics
Nb. tomes parus : 1
Histoire terminée ? One shot
Date de parution : 05 Mai 2015
Postée par : Gaston le 16/07/2015

Biographie du lutteur André le géant.

L'avis de Blue Boy
Note : Note: 4/5 (Franchement bien)

André Roussimoff, alias « André le Géant », fut une star mondiale du catch dans les années 70-80. A la fois champion incontesté et « bête de foire », ce géant faisait sensation partout où il se produisait. Mais derrière le masque d’invincibilité transparaissait un être doux et profondément seul, conscient que ses jours étaient comptés en raison d’un problème hormonal.

Cet album à la narration hyper fluide, doté d’un graphisme noir et blanc stylé et tout en rondeur, retrace la vie de ce champion de catch hors-normes. Il est probable que seuls les amateurs de catch se souviendront du personnage, mais on n’est pas obligé d’apprécier la discipline pour appréhender cette bande dessinée qui s’adresse à tous publics. Un rien enfantin, le trait colle très bien à l’histoire de ce « gros bébé gentil » projeté trop vite dans un milieu impitoyable et cupide qui ne resplendissait que par les projecteurs et les paillettes des costumes kitsch des catcheurs.

Et contre toute attente, le lecteur finit par s’attacher à ce doux géant, voué au rôle de « babyface » durant les matchs, très rarement agressif malgré les provocations et les regards insistants auquel il avait droit plus souvent qu’à son tour. Si sa taille gigantesque a été sa planche de salut pour quitter son bled de Seine-et-Marne et connaître ensuite une carrière internationale, elle fut parallèlement sa malédiction. L’acromégalie dont il souffrait, trouble hormonal dont les principales caractéristiques sont une augmentation anormale des membres et le risque de mort prématurée, finit par devenir son calvaire.

« André le Géant - La vie du Géant ferré » constitue une découverte plaisante, que les expressions parfois typées de la traductrice québécoise Sophie Chisogne ne viennent en rien gâter, bien au contraire. D’ailleurs, cela paraît fort légitime dans la mesure où celui que l’on qualifiait aussi de « huitième merveille du monde » passa une partie de sa vie au Québec. Avec cette biographie touchante, Box Brown se révèle incontestablement comme un auteur à suivre.

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