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... a posté 1685 avis et 283 séries (Note moyenne: 2.94)

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Les coups de coeur de Mac Arthur

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Nom série  Mon arbre  posté le 28/03/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un beau récit qui a su me toucher grâce à un sujet proche de moi : un arbre.

Un arbre mais surtout le rôle de protecteur et de confident que celui-ci peut jouer dans la vie d’une enfant, voire même d’une adulte qui aurait gardé son âme d’enfant.

J’ai aimé cette approche juste, simple et poétique de ce lien quasi magique.

Le dessin de Labourot, quant à lui, est peut-être un peu trop immédiat mais il ne faut pas oublier que ce récit s’adresse avant tout à de jeunes lecteurs. Un style trop fouillé les aurait peut-être refroidis. Je trouve toutefois le niveau atteint inférieur à celui auquel il parvient dans « garance ». Son encrage, notamment, n’a pas encore atteint sa pleine finesse. N’empêche, cela demeure agréablement expressif et facile d’accès tout en étant travaillé.

La colorisation, qui privilégie les teintes douces, est de celles que j’apprécie particulièrement.

Au final, le gros reproche à formuler est la faible pagination de l’album. C’est trop court pour pouvoir à la fois aérer le récit et développer les situations. Les auteurs ont dû choisir et ont opté pour la simplicité quitte à procéder à quelques ellipses. C’est frustrant pour le lecteur adulte que je suis mais cela rend le récit très accessible pour les jeunes lecteurs et donc adapté pour le public ciblé.

Un bel album, recommandé pour tous les enfants amateurs de récits poétiques et non bêtifiants.

Nom série  La Tentation  posté le 22/03/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ouverture d’esprit et tolérance.

A travers trois carnets, Renaud De Heyn nous transmet sa passion pour les voyages mais aussi et surtout pour les rencontres. Le ton employé n’est jamais dramatique, bien au contraire. Il y a beaucoup d’humour, d’autodérision dans la narration de ces aventures, et de respect dans l’écoute de « l’autre ». Le personnage est curieux, tolérant et modeste. Pourtant le sujet traité aurait pu nous entraîner vers quelque chose de bien plus négatif, de moralisateur ou de professoral. Il n’en est rien, Renaud De Heyn écoute, observe, interroge mais ne juge pas (sinon lui-même et sa perception a priori d’une culture différente).

Au niveau du dessin, les planches illustrées alternent avec de nombreuses séquences de bande dessinée plus classique. Le style de De Heyn est à la fois très personnel, fouillé, précis, souple et immédiat. Face à ce genre de dessin, je pense qu’on accroche ou qu’on déteste mais l’indifférence n’est pas de mise. J’y ai trouvé des décors soignés, des visages expressifs et des séquences très vivantes, soit tout ce que je peux attendre d’un carnet de voyage. Ici, émotion, interprétation et précision sont au menu. Par moments, je trouve qu’il y a une approche « impressionniste » du dessin, et ce style pictural dont l’objectif est de retranscrire l’impression laissée par une image plutôt que de reproduire cette image avec précision, convient à merveille à ce type de récit.

La narration est excellente, instructive, philosophique (mais sans intellectualisation), drôle, vivante.

Malgré le prix assez élevé (mais tout devient relatif dès que l’on tient compte du nombre de pages), c’est un achat que je ne regrette pas. Un vrai coup de cœur !

Nom série  Garance  posté le 16/03/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici un bien bel album destiné à un jeune lectorat.

Mon seul reproche concerne sa longueur. Il manque, en effet, à ce récit un peu de développement pour totalement me convaincre. C’est d’autant plus regrettable que j’ai vraiment aimé regarder le dessin de Thomas Labouret, que l’écriture de Séverine Gauthier est belle et dépouillée, et que le scénario ne manque pas de poésie.

Seulement, voilà : les ellipses présentes à la fin de l’album, si elles permettent de conserver un doute sur les événements survenus, m’ont frustré de quelques conclusions.

Reste la place du rêve et de l’interprétation des dernières images par le lecteur. Finalement, chacun imaginera ce qu’il veut, du plus dramatique (option que je privilégie) au plus fantastique. Et, à la réflexion, c’est pas plus mal de laisser au lecteur une part d’interprétation. La lecture devient interactive, le lecteur s’implique dans l’histoire.

Voilà qu’en rédigeant cet avis, je me rends compte que ce qui me frustre dans cet album peut aussi être vu comme une force !

Objectivement, entre le pas mal du tout et le franchement bien ! L’album se lit vite, ce qui devrait plaire aux jeunes lecteurs. Mais, par moments, j’aurais préféré un rythme narratif plus lent, plus progressif. Une jolie place est laissée à l’interprétation personnelle, ce qui m’a frustré quelque peu. La poésie est présente. Le dessin est rond et expressif. La colorisation à l’aspect « crayonné » est de celles que j’adore.

Bon, j’opte pour le « pas mal » avec coup de cœur. Mais si vous avez de jeunes enfants (entre 6 et 12 ans, je dirais), n’hésitez pas à acquérir l’objet ! Il y a de fortes chances que l’album leur plaise profondément.

Nom série  En attendant que le vent tourne  posté le 08/03/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cet album vaut la peine d’être lu.

Les propos et le dessin sont en parfaite osmose. Si l’histoire nous parle d’enfants, elle ne le fait pas sur un ton enfantin. Si le dessin est rond et dépouillé, il ne néglige pas la profondeur du champ et bénéficie d’une colorisation douce et nuancée.

Et donc, si cet album peut paraître quelconque au premier coup d’œil, il l’est bien moins lorsque l’on se donne la peine de le lire (chose que j’ai failli ne pas faire… un grand merci aux précédents aviseurs ).

Ce qui est vraiment remarquable à mes yeux, c’est la manière toute naturelle (en apparence) avec laquelle les auteurs parviennent à nous faire pénétrer le monde grave des jeux d’enfant. Cette simplicité, c’est du grand art. Cette narration est d’une efficacité inattaquable. Je n’ai pas lu une histoire, j’étais DANS l’histoire.

Et puis, cette manière de nous faire sentir que le drame est là, tout proche… que tout peut basculer à tout moment, ce suspense bâti sur un mensonge enfantin : grandiose !

Alors, oui, pour chicaner, je pourrais dire que j’ai trouvé quelques longueurs dans la seconde partie du récit… mais je ne peux m’empêcher de trouver ces longueurs justifiées. Ce récit m’a semblé, en fait, en constante progression et si cette seconde partie m’est apparue par moment plus lente, c’est, je le crains, surtout dû à mon empressement de connaître le fin mot de l’histoire.

A découvrir !

Nom série  Une histoire illustrée de Sherlock Holmes  posté le 21/02/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Attention : perle !

Vous aimez les récits policiers mais n’avez lu de Conan Doyle que les grands classiques.
Vous êtes amateurs de trait clair et expressif.
Vous appréciez au passage un découpage posé ET rythmé.
Cette adaptation d’œuvres de Conan Doyle est faite pour vous.

… en tous les cas, elle est faite pour moi !

J’ai trouvé ici une série qui me parait très fidèle à l’œuvre originale. Et si je ne suis pas un spécialiste de Sherlock Holmes, ces albums m’ont donné l’envie de découvrir l’ensemble de l’œuvre. C’est vif, précis, bien mené, sobrement illustré (mais avec caractère et expressivité).

Des œuvres illustrées, je n’avais lu en version « roman » que le chien des Baskerville. Je ne sais si c’est un hasard, mais cette adaptation est celle que j’ai le moins apprécié, celle pour laquelle je dirais juste pas mal, sans plus. Les autres, que j’ai découvertes par le biais de ces bandes dessinées, m’ont purement et simplement passionné.

Mention spéciale au trait de Culbard. Bon, je suis convaincu que la majorité d’entre vous n’y trouveront rien de particulier mais je suis sous le charme de ce style sobre, clair, expressif, élégant et ultra classique. Un style qui convient parfaitement à ce genre d’œuvre.

Mention spéciale également au découpage. Il n’est pas évident d’adapter un roman au format d’une bande dessinée mais Ian Edginton fait montre d’une impressionnante maitrise du rythme dans la progression du récit. Ni temps mort, ni précipitation. Du grand art, tout simplement.

Nom série  Le Monde Rose  posté le 18/02/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Vous êtes amateurs de récits légers, sans prise de tête et truffés d’humour ?
Passez directement à autre chose !

Par contre, si vous aimez les récits sombres, intimistes et bien écrits, ceci pourrait vous intéresser.

J’ai en effet découvert une auteure et un dessinateur de talent.

La première a pour elle une écriture travaillée et imagée. Bon ! Faut parfois réfléchir à deux fois pour saisir l’allusion qu’elle veut faire mais cette démarche de la part du lecteur en vaut la peine. Sylvie Doumet a quelque chose à dire et elle le dit bien. La progression du récit, sa structure avec une chronologie inversée sont agréablement travaillées. Je regrette quelques longueurs aux deux tiers du récit mais le final me laisse sur une note positive (quoique positif n’est pas exactement le genre de terme qui me vient à l’esprit lorsque je songe à cet album).

Le second dispose d’un style pictural qui convient bien au récit : noir et torturé. A de rares exceptions, ce style parvient à demeurer très lisible malgré ce côté torturé. Seul reproche : tous les dessins ne me semblent pas avoir bénéficié de la même attention. Or le style de Stéphan Plottès n’accepte pas la facilité. Les dessins qu’il travaille moins, très vite, me semblent dépourvus d’émotion et son style ne fonctionne pas sans cette émotion.

Pas mal du tout, en somme. A découvrir, sans aucun doute. A posséder si vous aimez ce genre sombre torturé et introspectif.

Nom série  Aspic Détectives de l'étrange  posté le 03/12/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
En discutant avec Thierry Gloris à Wavre, celui-ci m’avait dit : « ça, il faut que tu le lises, c’est vachement bien ! ». Oui, mais hé bon, c’est lui qui a écrit le scénario. Alors, forcément, il n’allait pas me dire que c’était de la daube. Je restai donc dubitatif tout en louchant sur l’objet mieux qu’un paparazzi sur l’entrejambe de Paris Hilton.

Et c’est finalement l’avis d’Erwelyn qui m’a décidé à franchir le pas (d’autant plus que la série devra se composer de multiples diptyques, avec donc la possibilité de s’interrompre après deux albums).

Et je ne le regrette pas !

Premier atout : le dessin de Jacques Lamontagne. Riche dans ses décors, caricatural pour ses personnages, variés dans ses angles de vue, dynamique et expressif. Le tout enrobé d’une colorisation soignée qui lui donne un côté lisse mais pas aseptisé. Très bon, en somme.

Deuxième atout : le ton employé. Sans être une série humoristique, l’humour est très présent dans ce récit. Les personnages ne se prennent pas trop au sérieux et c’est tout profit pour des dialogues où les petites piques sont légion. Avec cet univers, les auteurs se font plaisir (grand bien leur fasse) et nous font partager ce plaisir (grand bien me fasse).

Troisième atout : un cadre accrocheur. Ce théâtre fin XIXème, avec toute l’esthétique qui l’accompagne (que ce soit au niveau des costumes, des bâtiments ou des véhicules), mais aussi avec ses références (occultisme, spiritisme et sociétés secrètes) et ses valeurs (les premiers balbutiements de l’émancipation féminine) est un terreau des plus fertiles pour qui veut planter une histoire rocambolesque. Et Thierry Gloris ne s’en prive pas, lui qui exploite en toutes libertés les opportunités offertes par ce décor.

Quatrième et dernier atout : une intrigue accrocheuse, avec des personnages curieux et/ou charismatiques, avec deux pistes qui s’entrecoupent, avec de multiples rebondissements, voilà de quoi tenir le lecteur que je suis en haleine !

Seul bémol : le prix plutôt élevé de l’album. Mais, bon, quand la qualité est au rendez-vous, j’accepte de délier un peu plus que d’habitude les cordons de ma bourse (l’album étant en moyenne plus cher d’un ou deux euro par rapport aux productions du même genre).

Franchement bien, donc !

Nom série  Les Années Spoutnik  posté le 17/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Sourire, rire et être ému par un même récit est un plaisir rare. Ce que j’ai lu ici m’a permis de l’atteindre avec brio ! C’est une petite merveille … une pépite … un de ces récits qui devraient être remboursés par la sécurité sociale tant ils font du bien au cœur !

Parce que là, l’espace d’un temps, je me suis retrouvé dans la cour de récré de ma jeunesse. Même candeur, même fraîcheur, même sens du jeu avec toute la dramaturgie enfantine qui y est liée, le récit de Baru est tellement simple et sincère, tellement tendre et joyeux, tellement truculent que j’ai plongé à pieds joints au cœur de cette bande d’écoliers et de ce quartier populaire.

Pour tout vous dire, j’ai l’habitude, après mes achats réguliers, d’aller savourer une petite bière spéciale en feuilletant mes acquisitions. Rarement dans le brouhaha d’un café, je parviens à me concentrer sur un album au-delà de la vingtième page. Exceptionnellement, j’arrive à la fin d’un format traditionnel (45, 52 pages), que je peux alors qualifier de passionnant. Ici, ce n’est qu’après 122 pages et trois Orval que j’ai relevé la tête hors du guidon. Et encore, j’ai eu du mal ! Si je n’avais pas été en voiture, j’aurai sans doute mené la lecture de cette intégrale jusqu’à son terme.

Parce que, mon dieu ! Que c’est frais ! Que c’est vivant ! Un mot wallon me vient à l’esprit : spitant ! Oui, ce récit, il « spite », il gicle de vivacité, de gaieté, de joie de vivre …

Que dire de plus ? Que les planches consacrées au foot « de rue » sont les plus vraies que j’ai jamais lues ? Que le trait brut de Baru est d’une efficacité jamais prise en défaut ? Que les petites anecdotes sentent l’instant vécu ? Que les passages caricaturaux sont à se tordre de rire (ahhhh, ces scènes autour de la table de la cuisine où le gamin fuit le chat à neuf queues de sa mère) ? Que la candeur du récit n’empêche pas la gravité du contexte social ? Que l’album est un hymne à la société multiculturelle ?

Oui, je pourrais dire tout ça, et bien plus encore …

Alors voilà, si comme l’auteur (et comme moi), vous gardez de votre enfance le souvenir de matches de foot endiablés, de grosses bagarres entre bandes, de sarbacanes, d’inconscientes bêtises, de premiers émois, de voisins dont on ne comprenait pas un traitre mot, vous aimerez sans doute ce récit.

A 10 ans, chaque penalty que l’on tire dans la cour de récré, c’est en finale de la Champion’s League qu’on le tire. Baru vient de me le rappeler de fort belle manière ! Merci …

Nom série  Poupée d'Ivoire  posté le 17/11/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’aime Franz, et ce n’est pas cette Poupée d’Ivoire qui me fera changer d’avis.

Tout d’abord, il y a ce trait, riche, travaillé, dynamique et d’aspect si spontané. L’auteur aimait les chevaux et cela se sent tant ceux-ci « bougent » avec naturel sous son trait. Ses personnages humains sont eux aussi très « vivants ». Faciles à distinguer, naturels dans leurs mouvements, expressifs et dynamiques, ils donnent vie à la saga.

Ensuite, il y a « ses femmes ». Les personnages féminins de Franz dégagent souvent plus de charisme que les rôles masculins. C’est encore le cas ici même si les personnages principaux, tous sexes confondus, sont tous intéressants … mais la poupée d’ivoire demeure la plus attachante de la bande. Sensuelle, drôle, capricieuse, audacieuse, impulsive et capable d'auto-dérision, elle mène la saga à sa guise et constitue, à mes yeux, un des personnages les plus réussis du monde de la bande dessinée. Dans cet univers barbare, intuitif, animal, le simple fait qu’elle se pose des questions sur sa propre animalité lui confère une humanité incroyable.

Pendant six tomes, cette série m’offrira un vrai souffle épique. Durant ces six premiers tomes, en effet, l’aventure consistera en une incroyable course vers l’avant. L’avenir est devant les principaux acteurs et ils n’auront de cesse de l’atteindre, découvrant constamment de nouveaux horizons, de nouvelles coutumes et de nouveaux personnages. Il y a bien une grosse facilité scénaristique avec le fait que toutes ces peuplades parlent un langage commun (ou du moins parviennent à se comprendre), mais cela ne m’a pas dérangé car la volonté de reconstituer un théâtre historiquement crédible est telle que ce procédé m’a permis d’apprendre pas mal de choses sur les contrées traversées tout en gardant le dynamisme du récit.

Et puis, il y a chez Franz la volonté de créer une série « barbare ». Copuler, tuer, voler sont les trois actions les plus récurrentes. C’est bestial, organique et, je trouve, assez jouissif. D’autant plus qu’il y a une progression dans ce récit et dans le comportement des acteurs, mais aussi parce qu’il y a l’humour de Franz et un certain sens de la morale. Ses personnages, même s’ils tuent, violent, pillent, ont une conscience morale qui leur apporte une réelle profondeur. Et tout cela est enrobé d’un second degré léger mais omniprésent.

Restent les trois derniers tomes, qui s’assimilent à un retour au foyer. L’aventure est encore au rendez-vous mais ça sent quand même la fin des vacances. Les tomes 7 et 9, surtout, m’ont paru très faiblards.

Franz est malheureusement décédé durant la réalisation du dernier tome. Ses remplaçants sont parvenus à conclure le récit mais ces changements (surtout au niveau graphique, tant il est difficile, voire impossible de succéder à pareil monstre du pinceau), qui s’ajoutent à la chute de niveau des derniers tomes, me laissent sur une triste impression.

Pour les six premiers tomes, j’accorderais un franchement bien enthousiaste. Pour les trois derniers, je dirais pas mal sans plus. Pas mal du tout pour l’ensemble, avec achat conseillé pour cette belle épopée barbare qui nous promène des steppes mongoles aux frontières de l’Asie en passant par tellement d’endroits qu’il m’est impossible de tous les citer.

Et, une fois de plus, je sors de ma lecture en me disant que Franz avait vraiment un style unique, identifiable entre tous. Total Respect !

Nom série  le Mystère Tour Eiffel  posté le 11/10/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Et ben voilààààà …

Ce récit est exactement ce que j’espérais sans le dire trop fort. Une bonne petite intrigue sert de prétexte à une évocation historique réussie avec comme élément central la construction d’un monument, historique lui aussi, et emblématique : la tour de ce cher Gustave.

Comme guide, nous avons droit à un jeune forgeron provincial, pas spécialement naïf mais pas préparé du tout à cette montée vers la capitale. Le personnage est sympathique et permet aux auteurs de nous faire découvrir Paris à travers un regard vierge.

Le ton employé, s’il est principalement sérieux, n’empêche pas quelques discrètes notes d’humour, qui humanisent le récit.

Au niveau de la reconstitution, nous avons droit à plusieurs éléments.

Tout d’abord la situation politique et économique. Entre les luttes d’influence (pour obtenir le marché de l’expo universelle) et mouvements anarchistes, cette évocation, même si elle reste superficielle, permet de bien prendre conscience du contexte dans lequel la tour fût construite. Les anarchistes sont fort présents dans cet album, et leur utilisation est bien pensée même si je regrette le manque de développement quant à leurs motivations, à peine suggérées dans le meilleur des cas.

Ensuite, le monde des arts n’est pas oublié. Notre jeune forgeron croisera quelques célèbres artistes de l’époque. Cela pourra peut-être paraître quelque peu forcé mais, à nouveau, ces rencontres permettent de resituer la construction dans un contexte global.

Outre ces rencontres, je tiens à souligner le bel hommage rendu par Lacaf à Renoir grâce à certaines illustrations. Je ne sais pas si c’est volontaire mais je suppose que oui. En tous les cas, c’est tout à fait adéquat, puisque le mouvement impressionniste est en cette fin de siècle enfin reconnu. Alors, lorsque Lacaf joue avec les taches de lumières qu’une place ombragée laisse filtrer sur le visage et la robe d’une charmante parisienne, je ne peux que songer à « la balançoire », célèbre tableau de Renoir dans lequel le peintre explore justement cette utilisation de la lumière. Et si j’ajoute à cela un passage dans lequel notre héros se retrouve presque en plein déjeuner des canotiers, je ne peux plus croire au hasard. Il ne s'agit d'ailleurs pas là des seuls clins d'oeil aux impressionnistes, mais je vous laisse découvrir les autres par vous même.

Le contexte technologique et industriel n’est pas oublié, bien sûr. C’est d’ailleurs assez impressionnant de voir avec quelle technologie la tour fût construite. Là, à nouveau, je tiens à souligner le travail de Lacaf. Même si le format de l’album est assez réduit, certaines de ses illustrations donnent le vertige. L’artiste maîtrise ses plongées et contre-plongées, à m’en donner le tournis.

Je n’ai jamais été à Paris, les grandes villes me font fuir, mais cet album m’a donné l’envie de visiter la Tour Eiffel. Objectif atteint, donc, pour ce très bon album. Pourvu que l’on recherche un récit d’aventure donnant la part belle à l’évocation historique, ce mystère de la Tour Eiffel apporte son lot de satisfactions.

PS : le prix de 16,50 € en Belgique (15 € en France) se justifie par le fait que nous avons droit à un double album en terme de pages. Et comme la qualité est au rendez-vous, je ne trouve aucune excuse à ne pas encourager l’achat.

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