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Les coups de coeur de Mac Arthur

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Nom série  Les Guerres silencieuses  posté le 20/11/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Honnêtement, la couverture ne me faisait pas envie. L’occasion s’est toutefois présentée à moi de lire ce récit via une location.

Bien m’en a pris car ce récit s’est finalement révélé très agréable à lire.

Il s’articule autour de trois axes.

Le premier est l’évocation du service militaire du père de l’auteur. Un service effectué au Maroc dans un état d’esprit étrange. La guerre n’est pas loin et les troupes espagnoles occupent encore le pays manu militari mais les conscrits semblent n’être absolument pas au courant de la situation… du moins au début de leur service. A titre personnel, j’ignorais moi aussi tout de cette situation et l’album offre de ce fait une indéniable plus-value historique. A travers les témoignages de ses parents, l’auteur nous dresse un beau portrait de cette Espagne des années ’60. J’ai été immergé dans cette époque mais aussi et surtout, à l’image de l’auteur, j’ai découvert avec surprise (parfois bonne parfois mauvaise) la mentalité de l’époque.

Le deuxième axe s’articule autour de la relation père-fils. Une relation que j’ai senti évoluer au fil du récit. L’auteur apprend l’histoire de son père via un cahier réalisé par celui-ci et j’ai partagé ses étonnements. Au début, Jaime Martin semble prendre ce sujet de bd (le service militaire de son père, donc) en désespoir de cause, craignant de tomber sur une histoire sans intérêt. Mais, au fil des pages, j’ai senti son regard se changer, comme s’il découvrait un tout autre père que celui qu’il connaissait. En nait une forme de respect mais aussi une source de questionnements et un motif au dialogue. Et alors que son père semblait profondément le saouler en début de récit, Jaime Martin recherchera de plus en plus son contact au fil du récit.

Le troisième axe est celui du processus de création d’une œuvre. Jaime Martin nous permet vraiment de partager ses doutes, ses craintes, se questionnements au travers de planches dans lesquelles il se met lui-même en scène. Il nous explique ses choix narratifs au travers de dialogues avec sa compagne. C’est, là aussi, intéressant et instructif et je pense que ces passages devraient plaire à beaucoup d’auteurs amateurs de bandes dessinées.

Ces trois thématiques mises ensemble offrent un récit très humain, avec une narration qui rend les personnages proches du lecteur. Les passages d’un thème à un autre permettent de dynamiser la lecture tandis que le découpage en courts chapitres m’a systématiquement donné l’envie de continuer ma lecture.

Le dessin est simple mais convient bien au propos. L’auteur n’hésite pas à régulièrement exploiter des photographies qui humanisent encore un peu plus le récit, nous rappelant par ce procédé que les personnages évoqués sont bien réels.

En fait, je trouve qu’il ne manque qu’une conclusion un peu plus marquante pour que je puisse parler d’un grand album. Ici, j’ai bien apprécié ma lecture mais, au terme de celle-ci, je me suis dit : tout ça pour ça ? Car c’est finalement la vie quotidienne de personnages ordinaires que nous raconte l’auteur et si le contexte est intéressant, si l’évocation du service militaire est intéressante, il n’y a pas d’événement final marquant qui puisse vraiment graver ce récit dans ma mémoire.

Très certainement à lire et même à posséder, un album touchant, parfois amusant, parfois étonnant mais surtout profondément humain. Franchement pas mal bien !

Nom série  Pendant que le roi de Prusse faisait la guerre, qui donc lui reprisait...  posté le 12/10/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce n'est que moi...

C'est le titre du premier chapitre de ce formidable album et il résume parfaitement son personnage principal, cette gentille vieille maman, modeste et présente, humble héroïne oubliée. Une héroïne qui s'ignore tant son fils occupe ses pensées, tant il squatte son quotidien.

Cet album, c'est avant tout un souffle de vie, simple avec ses bons et ses mauvais côtés mais surtout beaucoup de respect et d'humanité. Pourtant, jamais on ne bascule dans le mélodrame fleur bleue. Le récit est magistralement maîtrisé et ces courtes tranches de vie, ces petits passages tout en retenue, tout en pudique simplicité sont d'une justesse émouvante.

Et puis quel positivisme ! Quelle leçon de vie !

Le risque de se planter était pourtant grand, lorsqu'on ose aborder des sujets aussi délicats que la sexualité chez la personne handicapée mentale ou le refus (légitime) d'un frère ou d'une sœur de s'occuper d'une personne handicapée après la disparition des parents. Zidrou ne contourne pas l'obstacle. Il le traite avec une justesse désarmante, rendant simplement humains ces sujets pourtant encore fort tabous.

Et le dessin de Roger ne fait que renforcer notre immersion dans ce quotidien. Michel, cagoule bien accrochée sur sa tête, pourrait paraître ridicule. Il ne l'est aucunement car ses proches l'acceptent ainsi. Catherine, petite vieille croquée par l'artiste dans un style très caricatural, n'est pas une caricature. C'est Catherine ! Un personnage que je ne suis pas prêt d'oublier. Les émotions passent mais tout est exposé avec retenue et respect.

Les regards que s'échangent ces personnages changent notre propre regard. C'est en cela que nous avons entre nos mains un très grand album.

Simple, juste, humaine, positive, touchante, une œuvre à ne pas manquer !

Nom série  Ma révérence  posté le 17/09/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Excellent récit que celui-ci, sorte de polar à la française dans lequel la psychologie des personnages domine toute l'intrigue.

Excellente narration à la première personne qui permet de divulguer des informations au compte-goutte.

Excellent casting d'acteurs avec ce duo de laissés pour compte qui ne se cherchent pas de circonstances atténuantes. Tout au plus a-t-on le sentiment de se retrouver face à celui que nous aurions pu devenir si nous avions refusé de grandir (de nous formater ?) à un moment de notre vie.

Excellente progression dans l'intrigue, qui m'aura scotché dans ma lecture jusqu'à la dernière case.

Excellent final, simple et positif.

Excellente symbiose entre un dessin clair et expressif et ce scénario fin et subtil. Et excellent choix pour le format de l'objet (une grosse pagination dans un format réduit).

Excellentes notes d'humour qui surgissent parfois au moment où on les attend le moins.

Dois-je encore vous dire que j'ai trouvé "Ma révérence" excellent ?

Nom série  Amorostasia  posté le 07/09/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Fin, intelligent, poétique, romantique...

Ce récit touche et nous incite à réfléchir sur le sens de l'amour et de la passion amoureuse. Entre conte fantastique et roman graphique, cette histoire... (... pffffffff, que dire ?) Cette histoire me touche telle la vision d'une gracieuse funambule (Pas sûr que ce soit clair pour vous... qu'importe ! Cela l'est pour moi).

A la fois divertissant et nous incitant à réfléchir, touchant par les personnages décrits, bien amené, bien pensé et joliment conclu.

Un très bel album !!!!

Nom série  Isabellae  posté le 15/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après trois tomes, la série termine donc un premier cycle… et j’ai un peu l’impression que l’histoire ne fait que commencer !

Isabellae, improbable enfant d’un samouraï et d’une sorcière celte, débite et charcute à tour de bras. Personnage torturé, hanté par la mort de ses parents, en quête d’une sœur sans cesse fuyante, aurait pu n’être qu’une héroïne parmi tant d’autres si les auteurs n’avaient veillé à l’entourer d’un petit monde très intéressant. Du fantôme du père à l’amoureux brigand en passant par le jeune moine défroqué, les compagnons de route de la rousse héroïne sont autant de points d’appui au récit. Ils apportent de l’humour, offrent un autre point de vue sur l’histoire ou favorisent la résurgence de souvenirs. En clair : ils enrichissent le récit.

La colorisation est aussi un des points importants de la série. Gabor soigne ses ambiances et choisit régulièrement un ton dominant par planche. Le résultat est plus que réussi. Le dessin happe et immerge quand bien même il n’est pas toujours très précis. Les personnages, extrêmement typés, dégagent un charisme incontestable. Aucune confusion n’est possible entre les différents personnages quand bien même ceux-ci auraient parfois tendance à se multiplier.

L’aventure est présente dans chaque album. Dès le premier, on en apprend beaucoup sur l’univers d’Isabellae tout en suivant déjà la belle dans des aventures étonnantes. Le récit alterne ainsi flash-back et aventure en temps réel dans un bel équilibre.

Malheureusement, le troisième tome offre un petit couac à mes yeux. En effet, il nous offre un retournement de situation que j’ai trouvé plus qu’improbable. C’est… trop facile et, par voie de conséquence, quelque peu décevant. Ce troisième tome a cependant le mérite de relier tous les fils de l’intrigue. Il constitue donc un épisode-pont qui permettra à Isabellae d’aller de l’avant pour de nouvelles aventures.

Une série que je continuerai à suivre avec plaisir, en espérant que les auteurs ne s’égarent pas trop dans leur scénario.

Nom série  Le Vent des Khazars  posté le 25/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un récit qui s’articule sur deux époques adapté d’un roman à succès dont j’ignorais jusqu’à l’existence (fou le nombre de best-sellers dont je n’ai jamais entendu parler !!), qui nous présente un peuple juif oublié de l’histoire et qui s’articule autour de deux histoires d’amour et de passion : voilà le programme.

Et bien, si dans un premier temps, c’est surtout sa dimension historique qui m’aura attiré, au final, j’ai trouvé les deux périodes évoquées des plus poignantes. Ce récit jongle avec de multiples éléments (historiques, géopolitiques, romanesques), rebondit constamment de l’un sur l’autre (on saute à intervalles réguliers d’une époque à l’autre), garde une bonne part de mystère, demeure cohérent et, surtout, m’est apparu très bien pensé.

J’ai vraiment eu le sentiment que rien n’était gratuit dans cette structure. Le rôle laissé à l’écrivain, qui peut sembler un peu trop improbable au début, s’explique parfaitement en cours de route. Les motivations de ces mystérieux Khazars me sont elles aussi apparues des plus légitimes et le final me semble totalement cohérent. J’adore quand ce genre d’histoire parvient à m’apparaître aussi plausible tout en m’offrant une belle dose de romantisme et de mélodrame !

Le dessin, quant à lui, est vraiment excellent. Les costumes d’époque sont retranscrits avec une grande finesse. Les décors sont soignés. Les personnages sont parfaitement typés et séduisants.

Rien à jeter ! Et si j’étais encore un peu réservé après la lecture du premier tome, ce second volet a fini de me convaincre : une de mes meilleures lectures de 2013, que je conseille vivement à tout amateur de récit classique et romanesque construit sur une base historique des plus intéressantes.

Nom série  Les Champs d'azur  posté le 14/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Et bien, cela faisait longtemps que je ne m’étais plus goinfré (excusez l’expression) une série aussi rapidement !

Faut dire qu’elle en jette ! Tout d’abord, il y a l’évocation historique puisque Franck Giroud nous emmène à la découverte des premiers avionneurs. Tout le monde connait la rigueur du scénariste dès qu’il s’agit d’histoire et, une fois de plus, on en a pour son argent. Le cadre historique est des plus crédibles et l’histoire qu’il nous conte vient se greffer dans l’Histoire sans que j’y retrouve quoi que ce soit à redire.

Ensuite, il y a les personnages. Un duo vedette intéressant et de multiples seconds rôles qui, tous, permettent de bâtir cette grande saga. Théodore Fayard, le personnage principal, est un anti-héros parfait qui m’aura, par plus d’un aspect, fait penser à Louis Ferchot (alias « Louis la Guigne »).

Enfin, un puissant souffle épique traverse ces aventures. C’est très classique mais super bien foutu. Chaque tome nous raconte une histoire tout en construisant un récit complet. Rien n’est inutile et l’aventure est toujours au coin de la page. Le romantisme est également à l’honneur avec cette belle histoire d’amour impossible.

Non, franchement, je n’ai rien à redire. Même le dessin de Luc Brahy, parfois imprécis sur les personnages et assombri par une colorisation pas toujours très nuancée, m’a vraiment bien plu par sa précision technique, sa mise en page classique et diversifiée et son art du cadrage opportun.

Reste juste ce petit détail : la fin n’en est pas une !! Une suite est plus que probable, donc ne croyez pas en être quitte pour « seulement » quatre tomes.

N’empêche, je vous recommande vivement l’achat de cette série, surtout si, comme moi, vous êtes amateur de ce genre de récit classique reposant sur une solide trame historique.

Du solide, de l'aérien, du tragique, du romanesque... De la très bonne bd, en somme...

Nom série  Les Cosaques d’Hitler  posté le 12/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les Cosaques d’Hitler est un récit historique romancé. Entendez par là que l’aspect « témoignage historique » est prédominant mais nous est présenté au travers de l’histoire d’amour unissant un soldat écossais et une jeune Cosaque.

Et, franchement, le côté historique en vaut la peine ! Un peu à la manière d’un « Svoboda ! », les auteurs s’intéressent à un peuple de l’Est baladé dans un conflit mondial. Ici, vous l’aurez compris, ce sont les Cosaques qui sont au centre de l’histoire, et c’est la seconde guerre mondiale qui est à l’honneur (si je puis m’exprimer ainsi). Alliés d’Hitler car c’était pour eux le seul moyen de se débarrasser de Staline, ils se retrouveront emprisonnés à la fin du conflit. Je ne vous en dirai pas plus mais sachez que leur destin va être dramatique et peu glorieux pour les alliés.

Historiquement, c’est donc bien foutu, et l’idée (guère originale, j’en conviens) de nous la présenter au travers d’une histoire d’amour est bonne puisqu’elle nous permet de mieux nous attacher au destin de ces personnages. Seul reproche : cette romance demeure fort classique et prévisible, elle laisse un arrière-goût de déjà-vu qui refroidit un peu mon enthousiasme. Pas de quoi me pousser à abandonner ma lecture (loin de là) mais l’intérêt que j’ai ressenti pour ce récit provient principalement de son aspect historique.

La psychologie des personnages est elle aussi très classique mais conforme à l’idée que je me faisais des mentalités en action. Le peuple cosaque nous est présenté comme un peuple insoumis, cultivé, fier et orgueilleux. Les soldats écossais apparaissent respectueux de la hiérarchie mais non dépourvu de sens moral. Le fait que ce soient des Ecossais qui gardent le camp de prisonniers est intéressant car ce peuple dispose, de par son histoire, d’une part, de cette grande tradition guerrière et, d’autre part, de ce goût de la liberté qui lui permet de comprendre ses opposants. A nouveau, je dirais qu’historiquement, c’est très crédible mais aussi très bien vu de réunir ces deux mentalités.

Le dessin, signé Olivier Neuray (Lloyd Singer (Makabi)), est… étonnant. Très dépouillé, précis et facile d’accès, il se rapproche d’une ligne claire par sa grande lisibilité. Par ailleurs, il n’a pas cette raideur si caractéristique de bien des lignes claires. Il me donne ainsi le sentiment d’être un peu vide alors qu’en y regardant à deux fois, il n’en est rien. Non ! En fait, il est très bon ! Mais étonnant…

J’apprécie ce genre de récit qui éclaire une zone obscure de l’histoire et, pour cette raison, je lirai la suite avec plaisir. La romance, elle, est trop classique pour me satisfaire à elle seule mais les deux réunis font de ces Cosaques d’Hitler une bonne bande dessinée. A emprunter sans hésiter, et à acheter si, à mon image, vous aimez les récits historiques.

Nom série  Coeur de pierre  posté le 08/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La couverture à elle seule est un poème et justifie pleinement l’achat de l’album. J’aurais cependant été déçu si je n’avais trouvé à l’intérieur de ce livre de quoi satisfaire ma soif d’histoires.

Heureusement, le contenu n’est pas loin de valoir le contenant. Le dessin reste admirable tandis que l’histoire ne se résume pas à un basique conte pour enfants. De plus, comme dans leur précédente collaboration (« Aristide broie du noir »), les auteurs ont recours à un récitatif en vers qui musicalise la lecture et laisse l’espace nécessaire au dessin pour s’exprimer.

Et c’est à la fois bercé par les mots et charmé par le dessin que j’ai suivi ce beau récit, moins convenu et plus fin que celui auquel je m’attendais (que du bonus, en somme).

Ce conte :
- exploite le triangle amoureux avec finesse ;
- est sombre et lumineux à la fois ;
- est adapté à un jeune public sans être naïf ;
- offre de très belles planches sur lesquelles il fait bon s’attarder ;
- nous berce de belles phrases, telle « … ce cœur vide trop lourd à porter » ;
- ne tombe ni dans la nunucherie ni dans le manichéisme ;
- ravira bien des tranches d’âge ;
- est source de réflexion quant à sa conclusion ;
- baigne dans un esprit « burtonien » grâce à sa poésie noire.

En résumé : cet album est une réussite.

Seul (petit) reproche : certaines phrases auraient mérité un peu plus de travail dans leur structure. Séverine Gauthier a parfois opté pour la clarté au détriment de la musicalité, alors que je pense que les deux pouvaient aller de pair.

Mais ne boudons pas notre plaisir, c’est franchement bien !

Nom série  Souvenirs de l'empire de l'atome  posté le 18/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Si certains scénarios sont en béton, j’ai tendance à penser que celui que nous offre Thierry Smolderen pour l’Empire de l’Atome est en acier. Car, comme chacun le sait (du moins s’il habite dans une région sidérurgique), la fabrication de l’acier comprend deux phases : la phase à chaud et… (suspense)… la phase à froid (et là vous vous dites que ça y est le Mac Arthur a définitivement grillé son dernier neurone).

Lors de la phase à chaud, c’est le travail du haut fourneau qui prime, c’est la coulée continue. Ca fume, ça fait du bruit et l’on est emporté par un flot ininterrompu de matières bouillonnantes. Et c’est un peu ce sentiment que j’ai ressenti en première lecture. En effet, j’ai directement été happé par ce récit de science-fiction résolument influencé par les années 50 et 60. Il y est question de deux personnages en contact télépathique alors qu’ils appartiennent à deux mondes et à deux époques différentes. NON !! Partez pas tout de suite ! Le concept a l’air un peu bizarre, dit comme ça mais en fait c’est très bien amené, très bien construit, facile à comprendre. Les personnages sont attachants, l’histoire dispose de ce brin de naïveté indispensable pour ce type de récit faussement daté et le découpage en multiples chapitres donne immanquablement envie… d’en lire encore un avant de suspendre sa lecture. Résultat : alors que ce bouquin contient tout de même plus de 130 pages, on le dévore sans y faire gaffe. Voilà, c’est de la s-f un peu naïve mais rythmée et fort marquée par une époque révolue.

Et puis, tout, TOUT nous ramène constamment à l'esprit qui animait ces années dorées. La manipulation par l'hypnose, le cas psychiatrique que représente le héros, les noms des personnages, et l'imagerie en général.

Et ma réflexion se serait arrêtée là s’il n’y avait eu la phase à froid, dans laquelle intervient le laminage… et autant vous dire que j’ai été laminé. Car derrière cette apparente naïveté d’un récit de science-fiction se cachent de multiples dimensions. Tout d’abord, l’introduction nous offre une pertinente réflexion sur la place et le rôle de l’homme dans l’univers. Réflexion d’un homme mûr face à la vanité de sa vie, vie pourtant extraordinaire par plus d’un aspect… ou pas. Ensuite, il y a l’usage du décor tel qu’imaginé par l’auteur. En effet, les bâtiments de l’Expo 58 seront constamment mis à l’honneur dans ce récit.

Petit aparté pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle - Expo 58 = exposition universelle organisée à Bruxelles en 1958 qui marqua fortement la Belgique car elle eut lieu à l’époque de toutes les promesses. Nos voitures allaient voler dans le futur et nous disposerions à l’avenir d’une énergie renouvelable et économique grâce à l’atome, sous-entendu le nucléaire. La seule trace physique qu’il reste aujourd’hui de cette expo est l’Atomium, célèbre bâtiment conçu en forme d’atome de fer – Fin de l’aparté.

Cet univers s’accorde parfaitement avec le dessin d’Alexandre Clérisse. C’est une réelle alchimie qui nait ici (de celles qui transforment l’acier en or, serais-je presque tenté de dire). J’ai ressenti une profonde volonté commune d’explorer l’imagerie de la fin des années 50 jusqu’au milieu des années 60. Les couleurs sont vives, voire flashy, le trait est raide et racé.

Et c’est ainsi que s’impose le dernier point fort de la série. Dans une lecture « à froid », ce sont des dizaines de références qui surgissent au coin des planches. Par ici intervient André Franquin, par là est faite une allusion au « Prisonnier » (célèbre feuilleton diffusé dès 1968 ), le dessin nous rappelle celui des dessins animés de l’époque (« The Jetsons » se sont imposés à moi, mais ce sont tous les dessins animés des studios Hanna Barbera qui ont resurgi devant mes yeux). Les décors, eux, nous renvoient constamment au Bruxelles de ces années-là, avec des maisons encore remarquables de nos jours.

En résumé : c’est naïf, c’est frais, c’est inventif, c’est intelligent, c’est bien dessiné, c’est un bel hommage à l’esprit mais aussi à l’esthétique du Bruxelles des années 50, 60. Bref, c’est un grand album.

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