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... a posté 1800 avis et 312 séries (Note moyenne: 2.95)

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Les coups de coeur de Mac Arthur

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Nom série  Le Retour à la terre  posté le 18/12/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Que voilà une petite série résolument sympathique à lire !

Le ton employé est proche de la perfection, pour moi, tant il est baigné de tendre ironie. Larcenet et Ferri se moquent d’eux-mêmes, de leurs proches et de leurs voisins avec une telle tendresse qu’ils parviennent à me faire aimer le genre humain jusque dans ses travers.

La structure hybride (des gags en demies planches s’enchainent pour construire une histoire suivie) est parfaitement maitrisée et peut servir de référence dans ce domaine.

Le dessin est simple et expressif. Un soin tout particulier semble avoir été accordé aux expressions du visage, et c’est important.

Au fil des tomes, la galerie s’enrichit de seconds rôles savoureux.

Avec un concept aussi étriqué (la vie quotidienne d’un auteur de bandes dessinées qui décide de s’installer à la campagne), le risque de rapidement tourner en rond était grand. Pourtant les auteurs parviennent constamment à me surprendre. Bien sûr, certains gags sont faciles, d’autres n’atteignent pas leur cible, mais la majorité d’entre eux m’a touché, tantôt en me faisant rire, tantôt par la tendresse qui s’en dégage.

Enfin, mention spéciale et pensée émue à Francis Cabrel, victime innocente de la série…

Franchement bien !!

Nom série  Jim Henson's Tale of Sand  posté le 30/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un scénario œuvre de jeunesse du créateur du Muppet Show, voilà ce que propose cet album. Il n’en fallait pas plus pour susciter ma curiosité.

Mais si je suis curieux, l’objet en question l’est peut-être plus encore. Pensez donc : un récit long de 160 planches dans lequel les textes sont rares, la mise en page éclatée, les couleurs basiques, vives et rosées, et l’histoire totalement délirante. Ce récit se résume en fait à un long jeu du chat et de la souris dans lequel mille et une idées tantôt saugrenues, tantôt absurdes empêchent le chat d’attraper ladite souris… quand ce n’est pas le chat lui-même qui décide de prolonger le jeu. Dans cette histoire, on ne peut que prendre en amitié notre héros malgré lui qui se demande, tout autant que nous, ce qui va bien pouvoir encore surgir derrière le prochain rocher.

La première partie du récit est vraiment très plaisante à suivre. Malheureusement, l’histoire s’essouffle quelque peu dans la seconde partie. Pas de quoi me faire décrocher de ma lecture mais cet essoufflement coûte quand même la quatrième étoile à ce récit.

Le final, lui, est très bon et plein d’ironie. Je ne sais pas s’il y a une morale cachée derrière tout ça mais, à titre personnel, le voyage graphique m’a largement satisfait.

Par ailleurs, j’ai beaucoup apprécié la maquette de l’album. Couverture avec relief, textes de présentation, postface. Il ne s’agit pas seulement d’un bon récit mais aussi d’un bel objet, simple élégant et soigné.

Une curiosité, sans nul doute. Un petit délire d’un grand génie, certainement. Un bon album ? Oui, un bon album. En tous les cas, une œuvre qui vaut la peine qu’on y jette plus qu'un œil... mais c'est quand même bien barré !!!

Nom série  Chambres Noires  posté le 29/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Que voilà un savant mélange des genres !

La première chose qui marque dans ce récit, c’est son style graphique. Expressif en diable, résolument moderne dans le trait mais pourvu d’une colorisation qui le rend désuet, ce style dote la série d’un ton, d’une âme. Directement, je me suis dit que Tim Burton ne devait pas être bien loin (pour une raison que je n’arrive pas à m’expliquer, les enfants de la séries me faisaient penser aux délurés gamins de « l’étrange Noël de Mr Jack »). Ce style est expressif, très dynamique, beau et décalé : une franche réussite.

Puis vient l’histoire. Et là, on peut dire que son auteur, Olivier Bleys, ne s’est pas contenté du minimum syndical. Ce scénario fourmille de joyeuses trouvailles, entre les introductions en deux pages littéraires, les professions familiales farfelues, l’enquête policière et la surprenante apparition de la pierre philosophale. Quelle richesse, quel délice. On sent là derrière un réel travail d’écrivain capable de créer un univers, de développer des personnages, de doser ses effets… et de garder tout du long une ligne directrice.

Constamment, l’équilibre est trouvé entre l’humour et le drame. Le premier l’emporte mais les auteurs parviennent à nous faire ressentir que le deuxième se tient tapi dans l’ombre.

Une de mes meilleures lectures de cette année, ni plus ni moins.

Nom série  L'Etrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde  posté le 21/11/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Agréable petit moment de lecture que celui offert par ce diptyque.

L’histoire n’est plus à présenter et même si vous n’avez pas lu le roman, vous savez de quoi il retourne. A titre personnel, j’ai lu le roman… que je trouvais bon mais court. Une adaptation sous la forme d’un diptyque me semblait donc intéressante (les récits courts étant à mon avis plus faciles à adapter que les romans fleuves).

Ce sont deux auteurs espagnols qui s’y collent et le moins que je puisse dire, c’est qu’ils s’en sortent avec les honneurs.

Tout d’abord, il y a ce trait. Sombre, caricatural, expressif et hachuré. Ce style convient parfaitement à l’histoire. Les hachures nous rappellent les gravures de l’époque, la noirceur des planches reflète celle de l’âme de mr Hyde, le trait caricatural assure toute l’expressivité nécessaire aux personnages de ce récit. Parfois, les planches sont un peu trop sombres et il est alors difficile de discerner les détails du dessin, c’est là le seul reproche que je puisse formuler vis-à-vis du travail de Pere Mejan.

Le scénario est très fidèle au roman, quand bien même il n’en est pas une copie conforme (ce qu'il n'est pas loin d'être tout de même). Le travail d’adaptation est soigné et j’ai retrouvé le charme du récit de Stevenson.

Je me demanderai toujours si le suspense aurait fonctionné au cas où je n’aurais jamais entendu parler de cette histoire. Question sans réponse puisque, comme je le disais, tout le monde (ou presque) connait la trame générale de ce récit. Ici, bien sûr, il s’agit plutôt d’apprécier la progression dramatique et la reconstitution historique, et ce fut mon cas.

Pas mal du tout, et même très proche d’un franchement bien. Il ne s’agirait pas d’une « simple » adaptation, j’aurais d’ailleurs sans doute opté pour cette dernière cote. Avis aux amateurs du genre.

Nom série  Un peu de bois et d'acier  posté le 15/09/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après la lecture du précédent album de Chabouté, j’avais juré qu’on ne m’y reprendrait plus tant ce récit m’avait déçu. Et puis…

Et puis, j’ai vu ce projet et cette idée toute simple de conter le quotidien d’un banc public. Et je me suis dit que ce genre d’histoire, c’est ce que je préfère chez Chabouté !

Et puis j’ai lu les premières planches, j’ai aimé le soin accordé à la mise en page… Je ne voyais pas encore ce qu’un album entier pourrait donner mais je me suis mis à saliver…

Et, dès la parution, je n’ai pas résisté.

Et c’est tant mieux !

Avec ce récit, Chabouté renoue avec le muet. La mise en page est aérée, le découpage soigné. Et tandis que les pages défilent, ce sont de multiples instants de vie que nous, lecteurs, happons. Notre regard se fait voyeur. Ces vies nous touchent… alors que nous n’en voyons que d’éphémères fragments.

Dieu que c’est bien fait !

Chabouté excelle dans ce noir et blanc sans nuance, dans cet art de saisir un regard, dans cette maitrise de la pose. Et si, bien vite, on imagine ce qui attend certains des usagers de ce banc public, l’humanité qui se dégage du récit est telle que jamais je n’ai été déçu (malgré quelques clichés).

Un récit original, vite lu malgré sa taille mais que je relirai encore souvent. Un poil en dessous de « Tout seul » mais un album qui me réconcilie pleinement avec son auteur. Des comme ça, j’en redemande !!!

Nom série  Minas Taurus  posté le 30/08/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En couverture, un soldat grec, le regard injecté de sang tandis qu’un démon se reflète dans la lame de son glaive… et tout est dit… mais rien ne sera comme vous l’imaginez…

Tout d’abord, la technique employée pour réaliser cette couverture diffère grandement de celle employée au sein même de l’album. En effet, David Cerqueira est à ranger dans la même mouvance qu’un Eric Liberge ou un Jean-Michel Ponzio. Comme eux, il emploie des décors issus de photographies et retouchés par ordinateur sur lesquels il « plaque » ses personnages. Je reprocherai toujours à ce procédé le manque de naturel qui en résulte, le côté figé des scènes d’action et cette désagréable impression d’avoir devant soi un « collage » et non une planche dessinée. Ceci dit, pour peu qu’on apprécie ce style, David Cerqueira maîtrise son sujet. Les personnages sont bien posés (ils ne semblent jamais flotter au-dessus du sol), les décors sont cohérents. Ce n’est donc pas à mon goût mais c’est bien fait.

D’autant plus que Thomas Mosdi use intelligemment de la narration en voix off pour atténuer cette impression d’un dessin figé. Les dialogues, s’ils sont présents, passent souvent au second plan face à ce narratif et donc chaque case devient un instantané. Le côté décousu, le manque de fluidité qui découle souvent de l’emploi de ce type de technique est donc totalement annihilé grâce au savoir-faire du scénariste.

Passons ensuite au thème même de la série. Si nous sommes bien dans la Grèce antique, comme nous le laissait croire la couverture, si le personnage présent sur celle-ci est bien un farouche guerrier et le héros de ces aventures, la série ne sera pas pour autant pleinement guerrière. En effet, nous découvrons le personnage alors qu’il a perdu la mémoire. Tout ce premier tome sera donc une quête d’identité nourrie par des souvenirs furtifs surgissant au gré des actes de notre héros. Cet emploi de l’amnésie est certes très classique (faut-il vous parler de XIII ou de Jonathan ?) mais bien maîtrisé. Le profil de Minas Taurus (puisque tel est son nom) s’enrichit à chaque souvenir et ne correspond pas, de prime abord, à celui auquel je m’attendais.

Enfin, ce reflet démoniaque dans le glaive, qui nous laissait augurer d’une dimension fantastique dans le récit, s’il trouve bel et bien un écho au sein de l’album, influence le récit d’une toute autre manière que celle à laquelle on aurait pu s’attendre.

Je l’avoue : j’ai entamé ma lecture avec certaines appréhensions. Mais dès la première page tournée, je n’ai plus su lâcher l’album. Le récit est prenant et même si, pour les auteurs, il s’agit ici surtout de poser les bases de la série, l’album se révèle riche avec d’une part ce profil psychologique qui se dessine au fil des pages et d’autre part une première aventure certes peu originale mais bien construite et plaisante à suivre. Le ton dramatique employé et la qualité d’écriture sont des maîtres atouts pour cette série tandis que Minas Taurus, principal protagoniste de ce récit, se révèle incroyablement charismatique tant sa personnalité peut être contradictoire (à la limite de la schizophrénie).

Une très agréable surprise ! Si le deuxième tome offre une aventure un peu plus complexe que ce premier récit (où la majeure partie de l’espace était réquisitionné, justement, pour dresser le profil du personnage), il est fort possible que je remonte encore ma cote d’un cran ! Mais rien que ce premier tome est déjà pas mal du tout !!

Nom série  Thoreau - La vie sublime  posté le 27/08/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
A lire le résumé, c’est le genre d’album qui peut faire peur. Et pourtant…

Et pourtant, moi qui ne suis pas plus qu’un autre féru de philosophie, je n’ai pu abandonner ma lecture avant la dernière page. Je dirais même plus : avant la dernière phrase de l’interview qui clôt l’album.

J’ai en effet trouvé en Thoreau (prononcez le « th » à l’anglaise) un personnage étonnant, intéressant et attachant (même si certaines de ses facettes le sont moins). Mais surtout, sa vision de la vie et du rôle de l’individu dans la société est incroyablement moderne ! Lecture terminée, je n’avais plus qu’une envie : en savoir plus sur ce personnage. Et c’est là, je pense, l’objectif à atteindre par ce type de biographie, tant il est clair qu’on ne peut résumer une vie et une manière de l’appréhender en si peu de pages.

Chapeau bas, donc, à Maximilien Le Roy pour avoir réussi à structurer une biographie qui fait aussi bien comprendre au lecteur les motivations qui ont influencé la pensée d’un philosophe américain relativement peu connu de ce côté de l’Atlantique ! De plus, jamais je n’ai eu l’impression d’être trop inculte pour pouvoir comprendre cette pensée. Le travail de vulgarisation est donc, lui aussi, d’une indéniable qualité.

La mise en scène fait appel à plus d’un passage muet qui font ressortir le côté « contemplatif » du personnage. Jamais, d’ailleurs, les planches ne seront surchargées de textes, même dans les passages les plus « bavards » (chose que je craignais quelque peu, je l’avoue). Tout est clair, net et bien synthétisé. Jamais rébarbatif, toujours matières à réflexion.

Le dessin, hormis la couverture, n’est pas de ceux qui m’attirent d’ordinaire. Mais, dans le cas présent, j’ai trouvé qu’il convenait parfaitement au récit. Simple, dépouillé mais soigné dans ses aspects naturalistes, il s’appuie sur une colorisation très tranchée qui accentue encore la lisibilité de l’ensemble. Il est clair ici que le dessin sert l’histoire, et non l’inverse.

Une très agréable surprise, donc, qui m’a permis de découvrir un personnage sans doute trop en avance sur son temps (et à plus d’un point de vue, encore en avance sur le nôtre, de temps). Et à lire cet album, je comprends mieux les références qui lui sont faites dans un film tel que « Le cercle des poètes disparus ».

A découvrir, vraiment !

Nom série  Down Under  posté le 12/07/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Excellente surprise que ce premier tome de Down Under.

L’originalité de la série est cependant bien plus à aller chercher dans sa localisation géographique que dans l’intrigue centrale. En effet, « Down Under » est à l’Australie ce que « Far West » est à l’Amérique. En clair, nous nous retrouvons au pays des kangourous à la fin du XIXème siècle. Des pionniers débarquent, d’autres sont déjà bien implantés, tous font montre d’opiniâtreté et de caractère. Les aborigènes remplacent les indiens mais sont toujours victimes de l’homme blanc.

Oui, mais voilà ! L’Australie n’est pas l’Amérique et Nathalie Sergeef (un nom à suivre si ses prochaines productions sont de la même trempe que ce premier tome) exploite parfaitement ses particularités. Faune et flore naturelles, culture du « rêve » chez les aborigènes, particularités des pionniers (dont beaucoup étaient des repris de justice), même ce fameux lapin introduit par les européens et qui ravagea le continent n’est pas oublié.

L’intrigue, elle, repose sur la rivalité entre un « pauvre » pionnier jeune et intrépide et une « riche » pionnière avide de richesses et sans scrupules. Ce n’est pas très original en soi mais toujours aussi efficace. D’autant plus que ces deux personnages ne manquent pas de charisme ! Mais autour de cette intrigue naissent diverses sous-intrigues. Les seconds rôles ne sont pas que des faire-valoir et déjà plus d’un se dessine comme un futur protagoniste d’importance. Comme ce jeune orphelin recueilli par une tribu aborigène…

Voilà donc un premier tome extrêmement riche et bien foutu, que j’ai lu avec d’autant plus de plaisir que le dessin de Fabio Pezzi est d’une indiscutable qualité. Dans un style réaliste bien lisible, l’artiste nous livre des planches soignées et maitrise parfaitement les deux éléments principaux du récit : les personnages et les décors. Le trait est sec et fin, la colorisation crée une atmosphère poussiéreuse totalement adéquate.

Un sans-faute et une suite que j’attends déjà avec impatience.

Nom série  De Cape et de Crocs  posté le 10/07/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
J’aurais aimé faire montre d’autant de verve qu’Ayrolles pour vous donner l’envie de lire cette magnifique série… mais je n’ai pas son talent…

Aussi vais-je me contenter de vous en décrire l’ouverture. Sur la page de présentation (vous savez, celle où l’on renseigne les noms de auteurs), un petit dessin, comme il est de coutume, nous présente une scène de théâtre, rideau baissé. Première page, le rideau se lève et très rapidement nous allons avoir droit aux trois coups. L’un est asséné sur scène tandis que les deux autres se donnent dans le public et résultent de petites scénettes d’arrière-plan. Au terme de ces trois coups (auxquels on ne fait pas spécialement attention à la première lecture) apparaissent enfin les deux personnages principaux…

Si ça, ce n’est pas de la construction scénaristique soignée, je n’y connais rien !

Longtemps, la série va être à l’image de cette ouverture, emplie d’humour, de richesse en profondeur, de finesse dans la construction et l’emploi de clins d’œil. Comment oublier l’entrée en scène d’Eusèbe ? Comment ne pas savourer le second rôle offert à Bombastus (mieux connu de nous sous son nom de Paracelse) ? Comment passer sous silence ces pages bonus, divines surprises qui closent ou ouvrent ces albums ?

Bon, le passage sur la lune s’avèrera un peu longuet. Certes on retrouve toujours les personnages avec plaisir mais l’action vient à manquer tandis que les clins d’œil ont alors parfois tendance à étouffer le souffle épique du récit.

Mais le final arrive à temps. Le dernier tome conclut magistralement la série. Les fils se recoupent, comme dans le plus fin des vaudevilles.

N’oublions pas non plus la belle part apportée par Masbou. Son dessin léché et sa colorisation très lumineuse sont partie prenante dans la réussite de la série. Les personnages sont tous très expressifs et sur-jouent… avec justesse (ahhh, les scènes de pirates maudits !)

Et puis, il y a ce parti-pris de mêler personnages animaliers et êtres humains, un choix qui m’a déconcerté dans un premier temps, au point de me dissuader d’acheter, dans un premier temps toujours, la série. Mais c’est tellement bien maîtrisé et exploité que les auteurs ont réussi à me convaincre de la pertinence d’un tel choix (et pourtant, je suis d’ordinaire allergique à ce procédé).

Voilà ! La série est célèbre et cet avis ne servira sans doute pas à grand-chose… mais il me permet toutefois de remercier messieurs les auteurs pour les nombreuses heures de plaisir que la lecture et les relectures de cette magnifique série m’ont valu.

Chapeau bas…

Nom série  L'Invention du Vide  posté le 13/06/2012 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cet album a réussi à me donner le vertige !

Page 52 pour être précis. Une pleine page montrant nos valeureux alpinistes dressés sur un sommet. J’ai failli en tomber dans l’album… mais j’y étais déjà immergé jusqu’au cou, ce qui m’a probablement sauvé.

Notez cependant que ce sentiment de vertige n’est pas venu d’une seule planche. Non, progressivement, insidieusement, il m’avait envahi, encore en latence, certes mais bien présent, grâce à ce trait singulier d’un artiste unique : Nicolas Debon. Artiste unique car son style ne ressemble à aucun autre mais aussi parce qu’il parvient grâce à celui-ci, pourtant caricatural voire épuré, à restituer une réalité tangible, à immerger le lecteur que je suis dans cette réalité… quitte à lui donner le vertige. Et tout cela avec un trait à plat…

Ensuite vient la colorisation. L’auteur joue de la lumière, multipliant zones d’ombre et plages ensoleillées dans cet univers montagneux. Un coucher de soleil devient émerveillement devant le temps qui passe. Un lever de soleil devient promesse de nouvelles conquêtes. Versants ensoleillés ou obscures crevasses, Nicolas Debon pare ses montagnes de reflets merveilleux autant que dangereux.

Puis vient la narration. S’inspirant de l’autobiographie d’un alpiniste anglais, l’auteur use d’un langage désuet des plus charmants. Non content de nous plonger au cœur des Alpes, il se complait encore à nous baigner dans un autre siècle… Et c’est un régal. Cette narration datée, désuète, pleine de fraicheur et non dénuée d’humour permet de restituer l’état d’esprit de ces alpinistes. Guides rudes à la tâche ou dandy alpiniste et intrépide, tous s’unissent devant un même objectif : poser le pied là ou aucun ne l’a encore fait.

Par-delà le duo central, ce seront mille anecdotes sur les ascensions de l’époque qui nous sont contées. Avec rigueur mais non sans humour, comme cette mésaventure survenue à une équipe anglaise qui après moult difficultés parvient au sommet d’un pic… pour se rendre compte qu’ils se sont trompés de sommet.

Et pourtant, la dangerosité de la montagne n’est jamais occultée. Tout le long de ma lecture, j’ai senti combien un pas mal assuré pouvait s’avérer mortel. Loin de tout dilettantisme, ces alpinistes se montrent avant tout humbles devant la montagne mais aussi heureux de la côtoyer, voire de la défier.

J’aurais pu mettre « culte » si je n’avais senti une petite baisse de régime en milieu d’album et si le tracé de certaines ascensions m’avait été mieux présenté. Ce sont là des détails de moindre importance mais ils coutent la cinquième étoile à l’album… Les quatre autres sont quant à elles amplement méritées !

Cette invention du vide est tout simplement un des plus grands albums consacrés à l’alpinisme et à la montagne que j’ai pu lire.

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