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Les coups de coeur de Jugurtha
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Nom série
Mac Coy
posté le
05/03/2007
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien)
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Mac Coy est une série indispensable pour qui aime le western. Créée parallèlement à Cartland (de Blanc-Dumont et Harlé), cette série en est l'exact contraire : elle n'adopte pas du tout le ton pessimiste ou réaliste des westerns récents mais choisit d'exploiter un aspect picaresque digne des meilleurs films de John Ford.
Ses scénarios classiques mais solides se suivent avec plaisir, grâce à un sens du dialogue hors pair qui préfère l'humour à la naïveté feuilletonesque de vulgaires plagiats de Blueberry, méchante catégorie où on a trop souvent rangé cette série. Certes, les emprunts sont nombreux (à des films comme "Jérémiah Johnson" , "Fureur Apache" , "Le Reptile" ou " Bandolero") mais le souffle est là, notamment grâce au charisme du sergent-major Alexis Mac Coy et de ses compagnons Charley et Maxi, personnages remarquablement typés et qui inspirent immédiatement la sympathie.
Il faut dire qu'ils possèdent des trognes inégalables, admirablement croquées par le dessin fort et complexe de Palacios. Si Alexis Mac Coy ressemble au départ à un Robert Redford sorti tout droit de "Butch Cassidy et le kid", il tranche avec son modèle rapidement par sa barbe de plusieurs jours, sa saleté et sa peau tannée par le soleil qui déborde des cases de Palacios. La mise en couleur fait partie intégrante de l'illustration, par ces teintes chaudes, achevant l'aspect graphique singulier de cette collection. Certes, le dessin de Palacios est moins bon sur les derniers albums, mais par son trait complexe et ses choix d'angles parfois étranges, il recréé un univers fascinant dont nul ne pourra nier l'originalité.
Bref, un série qui assume l'héritage de ses aînés, mais trouve aussi son ton grâce à la singularité de ses auteurs. |
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Nom série
Jim Cutlass
posté le
18/04/2007
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Culte !)
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Comparée trop souvent à Blueberry parce qu'elle partage les même créateurs, cette série possède par son cadre une originalité indéniable comparée à son aîné: son cadre, la Louisiane, la sécheresse des déserts ayant ici fait place à la moiteur des marées, décor assez peu utilisé.
L'exotisme est une carte qu'a toujours su utiliser l'immense Jean-Michel Charlier pour y orchestrer toutes sortes de péripéties, il ne fait pas exception ici en mettant en scène un joueur impénitent, Jim Cutlass, qui se voit hériter d'une plantation de coton peu avant la guerre de sécession, partagée avec sa cousine Caroline. Cette dernière, possédant un caractère bien trempé, se sert de Cutlass pour se débarrasser de malfaiteurs et relancer l'activité de leur propriété avant de le déposséder par un subtil stratagème. Dégoûté, Cutlass retourne s'engager dans l'armée qu'il avait quittée après la guerre.
Giraud illustre ce récit avec toute sa virtuosité, avant que la série ne connaisse une hibernation d'où la tire Christian Rossi, qui, ne s'écartant pas du trait de maître Giraud, entreprend un second tome où Charlier a juste le temps d'opposer ses héros au Ku-Kux-Klan.
C'est finalement Giraud qui termine le scénario de cet album après la disparition de Charlier, respectant son complice en concoctant de solides scènes d'action remarquablement servi par le nouveau dessinateur.
La nouvelle équipe poursuit les aventures de Cutlass qui lui font croiser l'alligator blanc, le dirigeant d'une secte vaudou, ce qui fait basculer la série dans le fantastique et l'ésotérique, mais sans brusque transition.
Giraud a su enfoncer peu à peu Cutlass dans le surnaturel pour finir par le plonger dans des scènes grand-guignol. La qualité de son texte, et quoi qu'on veuille en dire, son sens du dialogue et du rebondissement lui permettent de mettre en scène des personnages solidement charpentés et d'emmener son lecteur là où il le souhaite. Ici, il s'éloigne des sentiers explorés par Jean-Michel Charlier, mais cela n'en témoigne justement que d'une ambition justement récompensée, et du meilleur hommage qu'il pouvait rendre à son ami en tentant de continuer à surprendre son lecteur en se basant sur une trame créée par un autre.
Rossi n'est pas en reste, son trait s'épaissit, et il atteint une virtuosité hallucinante (si, si), digne héritière d'une école franco-belge du noir et blanc, avec tout de même une mise en couleur appropriée au climat lourd et humide.
Bref, une série qui peut dérouter, mais qui pourrait aussi bien rallier les lecteurs amateurs d'aventures classiques que les passionnés d'ésotérisme, par son subtil mélange des deux styles. |
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Nom série
Cassio
posté le
05/09/2007
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Achat conseillé ?
Oui
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Note
(Franchement bien)
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Voilà un album qui promet, avec cette histoire d'archéologue qui part sur les traces du mystérieux Cassio, qui a vécu deux mille ans plus tôt dans la Rome antique. Mystérieux, car ce personnage était devenu rapidement influent, et qu'il connut une fin brutale. C'est d'ailleurs sur cette fin que s'ouvre l'album...
Car Desberg brouille intelligemment les cartes : cette scène de la mort de Cassio permet d'entrer directement dans l'action, puis au hasard des fouilles de la jeune archéologue de retracer le destin de Cassio, voire d'imaginer qu'il aurait pu survivre à cet assassinat...
Le récit ne souffre d'aucune faiblesse, l'intérêt est constamment relancé, d'autant que le lecteur n'est jamais dans la position confortable d'imaginer ce qui va se passer. La cohabitation de séquences contemporaines et de séquences antiques se fait sans heurts, les personnages sont bien sentis. L'histoire de Cassio par exemple est originale, et fait la part belle à des psychologies torturées. Vraiment, du très très beau travail.
Le dessin de Reculé est très beau, souple, élégant. Il ne souffre pas de défauts majeurs, et se révèle toujours équilibré et maîtrisé, en parfait accord avec une mise en couleur aux teintes agréables. C'est vrai que le graphisme rappelle parfois vraiment celui de Marini, sans aller jusqu'au mimétisme, ce qui gêne un peu. A force qu'on le lui reproche, Reculé tentera bien d'y remédier, il n'attend plus que de gagner son propre caractère pour trouver sa totale maturité.
Bref, un album très prometteur, à la construction scénaristique vraiment séduisante, qui mérite la découverte. La lecture permet de juger le travail sur le récit de Reculé, qu'il serait vraiment injuste de réduire à un simple ersatz d'oeuvres à succès. A découvrir sans hésiter. |
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