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Nom série  Azimut  posté le 03/07/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Complètement azimuté. C'est bien le seul qualificatif qui conviendrait à "Azimut" , cette BD si bien nommée.

Si vous vous attendez à quelque chose de conventionnel, alors passez votre chemin, dans le monde créé par Wilfrid Lupano et Jean-Baptiste Andreae, tout est complètement farfelu, insolite, halluciné, loufoque, dérangé, extravagant, en un mot fou fou fou fou, et c'est pour ça que j'adore !

C'est un monde où le Temps est un concept qui tourmente et interroge. Certains bourlinguent à bord de navires-laboratoires à la recherche d'une hypothétique terre où il n'existerait pas. D'autres trichent et s'achètent une seconde jeunesse à la Banque du Temps. Une troisième partie enfin vit recluse au fin fond de la jungle et s'enfonce dans les délices d'un farniente éternel grâce aux oeufs pondus par des belles lurettes, ces pourvoyeuses d'immortalité. Dans Azimut, tous les moyens sont bons pour combattre et vaincre le Temps ainsi que son issue inéluctable et terrifiante : la Mort.

Dans cette oeuvre puissante et onirique, il devient ardu de quitter les pages des yeux, marabouté que l'on est par la beauté du génie créatif qui s'étale devant nous. C'est absolument superbe et sidérant cet univers inventé par le duo Lupano/Andreae, une sorte de croisement de fantasy et de conte féerique, mâtiné d'éléments clockpunk . Dans ces aventures rocambolesques et drolatiques, les lapins parlent, les palais flottent, les reflets peuvent se figer dans l'eau, les ambassadeurs nains se déplacent sur des prothèses en porte-jarretelles et - comble de l'absurde - le Nord disparaît dans d'énigmatiques circonstances en perturbant le commerce maritime. Lewis Carroll et Miyazaki ne sont pas loin.

Avec Azimut, il faut faire l'effort de ranger son esprit cartésien au placard et laisser voguer son âme d'enfant dans un monde merveilleusement toqué et excentrique. Vous en ressortirez en ayant pris une cure de jouvence et en ayant gagné en méditation sur le Temps, qui passe inexorablement...

Nom série  Katanga  posté le 25/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après avoir fait un virage dans les eaux troubles de la France Vichyste sous occupation nazie (Il était une fois en France), Fabien Nury met le cap sur l'Afrique Noire post-coloniale avec ce premier tome de "Katanga".

Bonne pioche, car cette période relativement cryptique de l'histoire d'un continent en pleine mutation mérite qu'on s'y intéresse de plus près, et ce que l'on découvre au fil des 74 pages cette Bd a de quoi nous glacer le sang.

Car ici nous nous retrouvons en plein Katanga sécessionniste de 1960, peu après la déclaration d'indépendance arrachée par le Congo Belge. Cette ancienne province méridionale du pays , véritable "scandale géologique" ( puisque ses sous-sols sont imbibés de gisements de cobalt, de cuivre, de fer, de radium, d'uranium et de diamant, eh oui) attirant toutes les convoitises et tous les intérêts industriels, entre en guerre avec le Congo pour la domination des territoires miniers. Dans cette zone devenue un enfer ou règne la violence inter-ethnique, nous suivons la fuite en catastrophe d'une famille de colons belges au beau milieu de l'insurrection.

Nury reprend ses vieilles marottes et, comme dans Il était une fois en France, il s'amuse à mélanger la réalité géopolitique historique (sécession du Katanga) avec une intrigue de pure fiction (la recherche de diamants disparus). La encore la synthèse est réussie non sans brio, l'intrigue est assez palpitante, les dialogues sont délicieux ; le bougre est un scénariste chevronné c'est évident. Cette Afrique livrée à la chienlit et aux turpitudes humaines qui nous est conté laisse il faut bien le dire une image fort peu reluisante : cynisme d'état, lucre commercial et industriel, françafrique, belgafrique, meurtres, assassinats, barbouzes et crapules en tout genre, en bon misanthrope Nury se complait à nous cracher au visage toute la laideur humaine.
Parlant de laideur, j'ai moyennement apprécié l'aspect caricatural des Africains dans cette BD, ça m'a rappelé Tintin au Congo et certaines BD de jadis ( les Petits Hommes par exemple de sinistre mémoire). Les lèvres énormes, les nez écrasés...qu'ils parleraient en roulant les R et la boucle aurait été bouclée. Parallèlement à ça j'ai eu l'impression que le contexte turbulent et violent dans lequel se déroule l'action a été prit comme alibi pour pouvoir se défouler sur la "sauvagerie" des Africains, comme sur la séquence du "camp des cannibales". Je sais bien que la BD se targue de réalisme historique mais tout de même, j'ai trouvé ça exagéré et ridicule, les Africains ne se résument pas à quelques malheureux clichés.

Je conseille toutefois cette oeuvre, surtout pour son didactisme ( le récit au début sur l'histoire du Katanga est génial, ça donne d'ailleurs envie d'aller compléter ses connaissances en allant s'informer soi même sur l'histoire du Congo Belge depuis son achat par Léopold II le roi des belges jusqu'à son indépendance et au-delà). C'est un effrayant récit d'aventures en terre africaine, brutal et prenant, et qui n'est pas sans rappeler le "Dernier Train du Katanga" de Jack Cardiff, film britannique dont Tarantino était grand fan et que Martin Scorsese qualifiait de "plaisir coupable" .

Nom série  Tyler Cross  posté le 22/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Boum Boum Pan Pan ! Voici Tyler Cross !


Dargaud épaissit son catalogue d'oeuvres de qualité avec cette pure bombe signée Fabien Nury et Brüno (qui avaient déjà collaboré avec Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle), dont le premier tome paru en 2013 fit l'effet d'un séisme de magnitude 10 sur l'échelle de Richter, à tel point que les critiques s'époumonaient d'éloges et rangeaient déjà ce petit joyau classieux et bien énervé parmi les classiques.

Je rajouterais ma petite voix fluette à ce concert de dithyrambes, tellement on ne peut nier avoir là affaire à de la grande bande dessinée. Ce provisoire diptyque (Black Rock et Angola, en attendant les tomes suivants) se distingue d'emblée par son protagoniste. Une carrure de boxeur, une gueule carrée et anguleuse, ce bad boy coiffé d'un stetson et traînant son fusil à pompe rappelle immédiatement certains monstres sacrés du cinéma tels que Jack Palance, Clint Eastwood voire Humphrey Bogart.
Mais non content d'être pourvu d'un charisme insolent, notre anti-héros ne manque pas de répondant : cynique et caustique, ses prises de parole sont très souvent savoureuses. Le ton dur, le verbe haut, à travers lui on aperçoit tout le génie de Fabien Nury dans la construction des dialogues.

Mais Tyler Cross c'est aussi des intrigues et une atmosphère, très empreinte des films noirs d'après-guerre ; on peut considérer d'ailleurs cette BD comme une déclaration d'amour nostalgique au cinéma hollywoodien des années 50/60. En effet elle revisite certains grands classiques du 7ème art d'Outre-Atlantique, je pense aux films de gangsters dans le premier tome ( avec le narcotrafic, les braquages à main armée, les milieux mafieux...) et aux films de bagnards dans Angola. Derrière des scénarios que l'on peut considérer comme assez classiques se cachent en réalité une maîtrise impressionnante de son sujet, on sent des auteurs qui se sont exhaustivement documenté pour ne rien laisser au hasard. Dans cette série au dessin minimaliste qui renvoie à une esthétique expressionniste, tout se coordonne comme dans une machine parfaitement huilé, on est happé de la première à la dernière page dans les remugles de cet univers sordide où règne le vice et le crime.

Non, clairement, ce polar-thriller, truffé de références (des films hard boiled à la James Ellroy au western façon Sergio Leone sans oublier la petite touche pulp de Tarantino) est un merveilleux hommage rendu à Hollywood, et un charmant petit nouveau dans le monde la BD franco-belge. Pour tout dire il a frôlé la note maximale, mais je préfère d'abord attendre de voir comment la série évolue avant de m'emballer.

En tout cas , un peu comme Blacksad de Guarnido et Diaz Canalès (avec qui il partage le même cadre géographique et historique), le potentiel est là pour que le Petit Poucet devienne Gargantua.

Nom série  Valérian  posté le 20/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
"Avant nous, personne n'avais jamais raconté des aventures comme celles-là. Dans cette série, tout est possible. Chaque nouvel album peut nous conduire où nous voulons" dixit Jean-Claude Mézières.

Valérian et Laureline est le prototype même de la BD expérimentale. Lorsqu'il est publié pour la première fois en 1967 dans Pilote, ce space opéra fait l'effet d'une bombe : Cette liberté totale, cette explosion de créativité visuelle, c'est du jamais vu en France à l'époque. On y retrouve aussi ce qui caractérise la BD française des années 70 : anticonformisme, prise de risque, empreinte SF très marquée et rejetant crânement le style "Gros-Nez" d'un 9ème art encore inféodé aux codes esthétiques belges. Porté par des noms illustres et quelques séries et magazines phares ( Enki Bilal, Gotlib, Mézières et Christin, Métal Hurlant, Phillippe Druillet, Valérian, Mandryka, etc) cet "aggiornamento" artistique lancé par la France va s'avérer être très influent dans le développement de la science fiction mondiale qui va suivre , en particulier la SF américaine (Star Wars, Avatar, Independance Day, Alien, Blade Runner, et d'autres ont tous une dette envers cette période de la BD francophone).

Valérian et Laureline, c'est l'histoire d'un âge futur ou les hommes se sont essaimés dans l'espace, constituant un empire vaste dirigé depuis Galaxity, la capitale terrienne. Le SST (pour Service Spatio-Temporel) est un organisme dépendant de Galaxity qui emploie des agents spéciaux, véritables baroudeurs de l'espace chargés de préserver les intérêts de Galaxity dans le temps et dans le cosmos. Valérian et Laureline font justement partie de ces agents spatio-temporels et la BD nous raconte la série de missions diverses et variées qu'ils doivent accomplir dans l'infini et au-delà, tout en vivant leur joyeuse idylle .L'un est un James Bond de l'espace étourdi et souvent sot, un héros au grand coeur un peu mal dégrossi. L'autre, sa James Bond Girl, est une héroïne flamboyante et intrépide, toujours divinement sexy dans sa combinaison moulante. Elle n'est pas qu'un simple faire-valoir et elle le montre, à plusieurs reprises c'est d'ailleurs elle qui sauve la situation lorsque son partenaire s'emmêle un peu les pinceaux.

Au fil des tomes on découvre, médusés, un univers fantasmagorique peuplé de créatures complètement loufoques : des jaunes, des verts, des petits, des grands, des intelligents, des moins intelligents...on visite des planètes lointaines aux noms exotiques, on repasse le fil entier de l'histoire humaine...l'estampille "space opéra" ne peut être plus méritée. Oeuvre oscillant entre Star Trek et la Patrouille du Temps, elle est un vibrant éloge à l'aventure et à la beauté de l'espace, cet insondable voile sans fin.

Elle brasse un large éventail de thèmes, du voyage spatio-temporel à la critique sociale, dans une palette tonale allant du sombre au baroque et au comique. Cet éclectisme assumé peut déstabiliser, car ça donne à la série une allure tarabiscotée et non-monolithique, comme si les auteurs se laissaient aller au gré de leur imagination sans se soucier de cohérence. Comme toutes les oeuvres pionnières, elle n'est pas parfaite.

Je conseille à tout bédéphile de la lire au moins pour prendre conscience par ses propre yeux de l'influence qu'elle a eu dans l'histoire de la science-fiction d'après guerre( "elle est pleine d'idées géniales à voler" aurait fameusement dit l'artiste américain Frank Kelly). Avec ces 23 albums parus c'est une portion significative de notre culture populaire qui s'ouvre à nous.
Luc Besson a acquis les droits d'adaptation de cette BD malheureusement tombée dans l'oubli. Tenter de la remettre au goût du jour par le biais du cinéma ? Je reste circonspect. Tout simplement parce que son univers visuel est devenu trop commun au 7ème art pour que le film puisse espérer se démarquer. Besson a quelques wagons de retard, c'était dans les années 70 que le cinéma français aurait dû avoir l'audace et les moyens de l'adapter, pas en 2017 avec des spectateurs blasés pour qui ce sera du vu et revu.

Mais bon, we'll see...

Nom série  Long John Silver  posté le 28/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Chasse aux trésors, complots, drames, contrées exotiques du bout du monde, pirates charismatiques, et un zeste de surnaturel pour couronner le tout...non je ne vous parle pas de Pirates des Caraïbes mais bien de Long John Silver, son équivalent en BD franco-belge, et fruit d'une nouvelle collaboration fructueuse entre Xavier Dorison et Mathieu Lauffray (ils s'étaient déjà fait remarqué avec Prophet quelques années plus tôt)

Pensé comme un hommage à l'Île au trésor de Robert Louis Stevenson (le tome 1 débute par une citation du livre), Long John Silver nous narre l'épopée fantastique du personnage éponyme, un vieux roublard fort en gueule qui noie son oisiveté dans les boissons alcoolisées des tavernes bristoliennes. En effet une certaine Vivian Hastings est venue le voir pour s'octroyer ses services. Ce qu'elle cherche ? Un pirate intrépide, un trompe-la-mort qui pourra l'aider à retrouver la mythique cité précolombienne de Guyanacapac, supposément gorgée d'or, et qui fut l'objet des fantasmes les plus fous des pirates et des explorateurs, dont Lord Byron Hastings, mari de Vivian et qui a disparu mystérieusement lors de sa quête frénétique.

A bord du rafiot Neptune volé à des Ottomans, Silver , Vivian, et tout un équipage d'aventuriers vont donc écumer les mers à la recherche de cette cité extraordinaire, tapie dans les entrailles sauvages et étouffantes de l'Amazonie.

Si l'on est fan de récits de piraterie alors on ne pourra qu'aimer cette quadrilogie, caractérisée par un scénario ma foi assez classique mais superbement maîtrisé , et par un souffle épique amplifié par le dessin de Lauffray, qui s'est visiblement fait plaisir à la tâche, il n'y a qu'à voir les planches immenses en deux pages éparpillées un peu partout dans ces quatre tomes, on en reste pantois d'admiration et l'immersion est complète.

La saga fonctionne en crescendo, on part d'un début relativement paisible (introduction des personnages, explication de l'enjeu, préparation au grand voyage) à un climax en apothéose ou ça part dans tous les sens, les balles sifflent, les boulets de canon grondent et le sang coule à flot. Certains ont moyennement apprécié ce déferlement d'action débridée dans ce dernier tome, c'est un avis que je ne partage pas, ça correspond à la logique habituelle de Dorison (voir le Troisième Testament ou c'est le même cas de figure) mais surtout à la logique du genre de la fiction de piraterie. C'est de l'aventure avec un grand A qui m'a d'ailleurs fait penser à Indiana Jones et le Temple maudit.

Pour moi cette saga est un sans faute, que ce soit au niveau scénaristique ou graphique, il y a tout pour nous charmer et nous ravir. Je pense que R.L. Stevenson lui-même ne bouderait pas cet hommage remarquable à l'un de ses plus célèbres romans.

Nom série  Les Trois Fantômes de Tesla  posté le 23/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L'esthétique "rétro-futuriste" semble avoir fait son nid dans le petit monde de la bd franco-belge, "Les trois Fantômes de Tesla" de Richard Marazano et Guilhem en est la plus récente attestation. En effet ce petit bijou des éditions Le Lombard s'imprègne d'une imagerie dite "Dieselpunk", une ramification du Steampunk qui envisage un Entre-deux-Guerres alternatif, avec le plus souvent l'Amérique pour cadre.

L'Amérique justement dans cette BD, on la retrouve en pleine seconde Guerre Mondiale, en 1942. A New York règne une ambiance d'anxiété et de paranoïa. Le Serbo-Américain Nikola Tesla, génie de la science et de la technique, a mystérieusement disparu au moment ou le pays a le plus cruellement besoin de ses services. Des individus en scaphandre, projetant de sinistres lueurs verdâtres, sillonnent les abysses de l'East River pour on ne sait quelle raison. Des espions allemands ? Rien n'est moins sûr. La lointaine guerre du Pacifique charrie des rumeurs de technologies japonaises au potentiel terrifiant, prêtes à être utilisées et pouvant bouleverser les rapports de force. Une série d'assassinats inexplicables secoue la ville de New-York et donne du fil à retordre aux agents du FBI, au premier chef l'inspecteur Kelly qui est sommé d'élucider l'affaire.

Kathleen Cooley, veuve de guerre, emménage avec son fils Travis dans un quartier de Manhattan. Le soir, lorsqu'elle part travailler dans une usine d'armement, le jeune Travis s'encanaille avec les délinquants du coin. Ces derniers le mettent à l'épreuve en lui demandant d'aller livrer à Mr Slate, son voisin taiseux et reclus, un indéchiffrable message codé. Mais de fil en aiguille Travis va découvrir que derrière l'identité de Kaolin Slate se cache quelqu'un d'autre, un personnage qui va partager avec lui des secrets extraordinaires et cruciaux pour l'issue de la guerre.

Pour quelqu'un comme moi fasciné par tout ce qui touche au rétro-futurisme, avec "Les Trois fantômes de Tesla" j'y ai largement trouvé mon compte. Certes cette Bd est clairement un tome d'introduction qui pose tranquillement les bases de l'intrigue mais elle parvient tout de même à glisser quelques révélations qui permettent de densifier l'histoire et d'accrocher le lecteur.
Le style si particulier du Dieselpunk est merveilleusement bien retranscrit grâce au dessin fouillé et réaliste de Guilhem Bec, fourmillant de détails, et grâce à la créativité scénaristique de Marazano.
En mélangeant fiction et réalité historique, dans la plus pure tradition de l'uchronie, il parviennent à nous captiver avec ce New-York des années 40 qui nous parait si familier avec ses gratte-ciel au rutilant style Art-Deco, ses hordes de zeppelins qui circulent entre les nuages, ses enseignes au néon qui éblouissent ses avenues, ses mafiosos crapuleux et sa peur communiste, mais en même temps qui nous parait si étranger et différent avec ses scaphandriers multiglobulaires qui se promènent sous ses détroits, ses créatures arachnides qui se tapissent dans ses recoins, sans parler de ces armadas d'exosquelettes motorisés nippons tout droit sortis d'Evangelion ou de Mobile Suit Gundam qui menacent de la plonger dans une apocalypse de feu et de sang.
J'ai également beaucoup aimé la façon dont ils ont exploité la rivalité entre les deux grands esprits que sont Tesla et Edison. C'est original et ça reflète l'opposition qui a véritablement existé entre les deux hommes, notamment lors de la fameuse "guerre des Courants", opposition industrielle et technique sur le transport et la distribution d'électricité aux Etats-Unis.

Si je devais absolument émettre des critiques ce serait sûrement sur les dialogues que j'ai trouvé trop souvent plats et clichés, et sur le protagoniste qui correspond trop à un modèle archétypal et classique : le gamin surdoué épris de science qui se retrouve plongé dans une aventure impliquant des nouvelles technologies. C'est du déjà-vu et ça m'a immédiatement fait penser au Steamboy d'Ôtomo et au Château des étoiles d'Alex Alice dans un genre plus Steampunk.

Mais c'est à peu près tout. Ce premier épisode des Trois Fantômes de Tesla, qu'on peut considérer comme une sorte de thriller SF, m'a offert une lecture très plaisante et une immersion dans un univers rétro-futuriste que j'affectionne tout particulièrement. En plus et pour ne rien gâcher, la couverture en contre-plongée est franchement superbe, et n'est pas sans rappeler les couvertures majestueuses et théatrales des Blake et Mortimer de Jacobs et les affiches de propagande de guerre soviétiques. Voici là une trilogie au potentiel très prometteur, la suite ne peut pas décevoir avec un début aussi intrigant. C'est peut être l'album à lire de cette rentrée 2016.

Pour tous ceux qui seraient avides d'en découvrir davantage sur le Dieselpunk après la lecture de cette BD je leur conseille de regarder des films comme "Tomorrowland" ou "Capitaine Sky et le monde de demain", qui sont devenus des classiques du genre. Ce sous-genre du rétro-futurisme est apparu récemment et reste assez méconnu mais mérite une plus grande reconnaissance tant son esthétique est singulière.
Marazano et Guilhem on bien vu le filon à exploiter, et quand on observe le résultat on se dit qu'ils ont eu du pif !

Nom série  Saga  posté le 13/09/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Roméo et Juliette façon Space Opéra.

Voilà finalement comment on pourrait brièvement résumer cette BD américaine que j'ai découvert relativement tard ; en gros depuis que je me suis mis à m'intéresser aux comics, cette année.

En effet l'intrigue se focalise sur deux amants appartenant respectivement à deux races dont l'hostilité réciproque a dégénérée en guerre intergalactique: les êtres cornus et les êtres ailés. Cette guerre raciale s'avère être tellement immense qu'elle oblige des peuples au départ neutres à choisir leur camp.
Dans cet étouffant climat de haine et de chaos, Alana et Marko, les deux protagonistes, conçoivent dans l'amour et la marginalité un enfant métis, une fille qu'ils prénomment Hazel. Elle va très vite bouleverser leur vie en les poussant à fuir : la nouvelle de sa naissance s'est propagée à vitesse supraluminique parmi les hautes autorités cornues et ailées; elles vont tout mettre en oeuvre pour éliminer ce qu'elles considèrent comme une famille impie et honteuse, représentant un ignoble péché par sa simple existence.
Si on voulait schématiser, l'histoire dans ces 5 premiers tomes consiste en la course-poursuite entre la famille fugitive et les différents tueurs mandatés pour les assassiner.

J'ai trouvé cette série inventive, caractérisée par une imagination puissante dont sont seuls capables les esprits tordus et créatifs tels que Brian K. Vaughan (à qui l'on doit Y, le Dernier Homme entre autres). L'intrigue, palpitante, met en scène des personnages bizarres et fascinants, souvent libidineux. Certains sont de belles trouvailles (je pense au Prince Robot IV, mais aussi au Chat-Mensonge et à bien d'autres) . Les dialogues, qui ont une tendance à la grossièreté comme c'est très régulièrement le cas avec les oeuvres de fictions US, sont souvent de très grande qualité, le zénith étant pour moi le petit conciliabule entre le Prince Robot IV et le Dr Oswald Heist, à la fin du second tome. Les répliques claquent et font mouche; c'est fluide et brillant de virtuosité.

Se servir d'un cadre futuriste et spatial pour traiter du racisme et de la haine inter-communautaire, ce n'est pas exactement nouveau : rien qu'en franco-belge on peut citer des oeuvres comme Sillage (de Morvan et Buchet) ou Aquablue (de Cailleteau et Vatine) qui s'y sont déjà essayé, cependant Vaughan et Staples font preuve de tellement de brio que l'on a aucune impression de déjà-vu, l'integration d'une dimension sentimentale et amoureuse à ce thème relativement commun fonctionne merveilleusement.
On se prend d'affection et d'empathie pour ce couple métissé perdu dans cette grande guerre de l'espace, et en proie au rejet et aux préjugés de leur monde et de leur époque.

Cette "Saga" donc, constitue ma première grande satisfaction dans mes lectures comics (le Transmetropolitan de Warren Ellis m'avait moyennement convaincu) et en tant que profane de la culture bd US, je suis heureux de découvrir autre chose que des types en slip ou en justaucorps qui sautent de gratte-ciel en gratte-ciel en se tenant à des ficelles ou qui deviennent tout vert quand ils sont pas contents.
Attention quand même au risque de baisse de régime ! le dernier tome sorti (le 5ème) m'a paru être en deça de ses 4 prédécesseurs, tant au niveau du scenario que du dessin. Fatigue ? Manque d'inspiration ? Je n'ai pas voulu sanctionner mais une note revue à la baisse se précise si cette dégradation se poursuit dans les tomes suivants...

Nom série  Steam Noir  posté le 31/10/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Bien peu de gens pensent à nos voisins d'Outre-Rhin quand on leur demande de mentionner les grands pays de BD. En général on visualise immédiatemment les Nords-Américains, les Franco-Belges, les Nippons... Pourtant les Allemands ne sont pas en reste dans le domaine du 9ème art, et "Steam Noir" de Mertikat et Schreuder en constitue une preuve étincelante.

C'est un univers insolite et déroutant dont il est question dans "Steam Noir", le monde connu semble ici s'arrêter à l'empire du Landsberg, agrégat de plaques rocheuses immenses, flottant dans l'air grâce à la sustentation d'un brouillard d’éther, à une époque qui parait être intermédiaire entre le XIXème et le XXème siècle.
Dans cette espèce de Prusse du ciel, baignant dans une ambiance steampunk froide, lugubre, nous suivons un trio d'enquêteurs investis dans une affaire de cambriolage peu banale : une âme égarée, revenue de l'île des morts Vineta, s'est introduit dans un vieux domaine quelconque pour subtiliser le cadavre d'une gamine qui vivait emmurée là depuis de très nombreuses années.

Un mystère horrifique qui va donner du fil à retordre à nos trois héros de la "ligue Léonard" : Heinrich Lerchenwald le "bizarromant", Richard Hirchmann l'homme-machine à vapeur, et Mme D, la profileuse et qui va les mener sur la piste d'un médecin-guérisseur reclus et étrange, spécialisé dans les organes artificiels.

C'est une oeuvre franchement bizarre que cette BD et c'est ce qui fait tout son attrait : comme le titre "Steam Noir"( que je trouve magnifique soit dit en passant) le suggère, on peut la considérer comme une synthèse improbable entre le pulp policier et le récit d'horreur rétro-futuriste. En plus de ça, plusieurs éléments nous font penser à des oeuvres de fictions très connues ; l'enquête surnaturelle revêt un petit côté "X-Files", certains attirails rappellent les armes anti-fantôme de "Ghostbusters". C'est une influence sous-jacente et une intertextualité qui n'est pas pour me déplaire.

Les deux petits talents créatifs que sont Felix Mertikat et Benjamin Schreuder s'en sont donnés à coeur joie et leur puissance d'imagination m'a fait un vif effet. J'ai été implacablement séduit en même temps qu'effrayé par leur monde où la technologie a repoussé les limites du possible et où le réel et le fantastique semblent se confondre. Et ces noms germanisant ajoutent un délicieux côté exotique qui tranche avec le tropisme de "l'anglo-saxonisation" à tout va malheureusement observable aujourd'hui dans la bande-dessinée.

J'attends donc la suite avec grande hâte, en espérant en avoir pour mon compte exactement comme avec ce premier tome (ce dont je suis convaincu!)

Vive Steam Noir, et que Dieu bénisse la BD allemande !

Nom série  Le Troisième Testament  posté le 02/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Le Nom de la Rose a son rejeton en bande dessinée, il s'appelle "le Troisième Testament" !

Et il est proprement fabuleux. Il appartient à cette caste de séries BD de très haut niveau mais qui restent malheureusement assez peu connues en dehors d'un petit cercle d'initiés et de fans. C'est bien simple sans BDTheque je ne l'aurais probablement jamais remarqué sur les rayons de la Fnac...

Voici Xavier Dorison (que j'ai connu par le bais d'Undertaker) et Alex Alice ( que j'ai connu grâce au Château des étoiles) conjuguant leurs forces pour nous offrir ce récit empreint d'ésotérisme, lugubre et gothique, s'étalant sur quatre tomes et narrant le grand vagabondage de trois aventuriers dans l'Europe médiévale du début du XIVème siècle, sur fond d'enquête criminelle et de quête mystique.

En effet, le dénommé Conrad de Marbourg, ex-inquisiteur accusé naguère de trahison et de satanisme par l'autorité ecclésiastique (et qui se paye la bobine de Sean Connery lorsque ce dernier jouait dans le Nom de la Rose, le film de J-J Annaud), est sollicité par son ancien ami Charles d'Elsenor au sujet du massacre sordide de plusieurs moines officiant au couvent de Veynes. Non seulement ça, les tueurs ont également dérobé de très vieux manuscrits, qui avaient ceci de singulier qu'ils n'étaient référencés nulle part y compris dans l'index officiel.
D'abord réticent, de Marbourg va finir par accepter la mission qui lui est confié et va partir à la recherche des tueurs et de ces fameux manuscrits, s'alliant en cours de route le concours de la fille adoptive d'Elsenor et d'un mercenaire irlandais rempli de panache.

Une fois cette intrigante mise en place effectuée, le récit nous embarque dans une pure odyssée transeuropéenne, ou l'on se familiarise à des lieux tels que Stornwall, St Luc, Paris, Tolède, Dantzig, Prague, et j'en passe. Une aventure au rythme échevelé, avec peu de temps morts; on est absorbé par la succession d'évènements qui se déploient au fil des pages. On en apprend aussi beaucoup sur l'histoire de la chrétienté et sur certains grands personnages qui la constituent ( par exemple - ô quelle surprise fut la mienne - le comte de Sayn et Conrad de Marbourg ont réellement existé !). Les séquences fulgurantes et splendides se succèdent et le combat final, apothéose apocalyptique critiqué par certains, représente à mes yeux un absolu chef-d'oeuvre de dénouement à nul autre pareil dans la bande dessinée franco-belge. Monumental, voilà le seul terme qui convient.

Il faut saluer la maestria des deux magiciens Dorison et Alice, qui chacun dans son domaine a donné le meilleur de son talent. Et puis Alice, quel coup de crayon ! c'est fin, c'est précis, c'est élégant, je n'y trouve rien à critiquer, et les villains qu'il a conceptualisé sont franchement sinistres et effrayants, une vraie réussite, chacune de leur apparition fait froid dans le dos.
Un point bonus aussi pour les couvertures qui sont des œuvres d'art à elles toutes seules, la première et la dernière en particulier.

Pour moi cette quadrilogie mérite un dix sur dix, et va maintenant figurer en bonne place dans mon top 10 BD. Je suis venu, j'ai vu, et j'ai été conquis. Une lecture indispensable et un must have pour toute bibliothèque personnelle qui se respecte.

Maintenant il ne me reste plus qu'à aller dévorer la préquelle produite par les mêmes auteurs : Le Troisième Testament : Julius. De nouveaux frissons en perspective !

Nom série  Universal War One  posté le 25/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Universal War One. LE Béhémoth de la SF francophone. Voilà une saga qui a fait (et qui fait sans doute encore) beaucoup parler d'elle ces dernières années et qui s'avère être très populaire si l'on se fie au nombre d'avis qui s'accumulent sur cette page.
Et soyons francs, cette popularité n'est pas imméritée .

Avec Universal War One on est vraiment dans la science-fiction pur jus, on s'approche même de la hard science-fiction, Denis Bajram fait la part belle à l'imaginaire futuriste et nous présente une colonisation humaine de la galaxie à la fin du XXI siècle. Des mégastructures supraétatiques, d'immenses corporations économiques et commerciales, des gigantesques flottes interstellaires, tous oeuvrent au bon déroulement de cette grande aventure coloniale.
Mais la marche des choses va être totalement bouleversée par l'apparition d'un énigmatique mur ténébreux, absolument monumental, entre Saturne et Jupiter.
De là vont naître les prémices de la Première Guerre Universelle, qui va opposer la Fédération des Terres Unies aux Compagnies Industrielles de Colonisation ; le pouvoir politique et militaire contre le pouvoir économique et marchand.

Sur six tomes, Denis Bajram tisse la toile d'une intrigue proprement ahurissante, intelligente, complexe (d'aucuns diront même peu être un peu trop), rythmée régulièrement par des pastiches de citations bibliques ; un sommet de maîtrise scénaristique et de storytelling qui ne laisse pas le temps aux neurones de souffler tellement il y a de retournements brutaux de situation qui remettent toutes nos certitudes acquises jusque là en cause. Cette idée du temps que l'on peut manipuler ou distordre n'est pas nouvelle, mais Bajram s'en sert et la renouvelle avec tellement de brio que tout le long du récit on reste pantois d'ébahissement en suivant les allez et retours temporels des protagonistes.

Protagonistes d'ailleurs qui sont assez bien campés et interessants, quoiqu'un tantinet stéréotypés ( le génie misanthrope, le poltron adipeux, le casse-cou... bon...) mais heureusement ça ne gâche en rien la lecture même si leur occasionnel franglais m'a exaspéré au plus haut point ( "wormhole" ? "WORMHOLE" ? "Trou de ver" ça faisait pas assez cool c'est ça ?)

Bref, pour conclure Universal War One ( UW1 pour les aficionados) m'a enchanté de bout en bout. La SF française a produit quelques grands classiques et je considère que cette superbe bande dessinée en fait assurément partie. Plus qu'une lecture, une expérience à vivre.

Nom série  Aldébaran  posté le 29/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec la pléthore d'histoires racontant de toutes les manières imaginables la colonisation humaine de l'espace, il paraitrait ardu à priori de dénicher quelque chose qui sorte du lot. Pourtant le franco-brésilien Leo tire son épingle du jeu avec les Mondes d'Aldébaran, qui narre les débuts de l'épopée coloniale humaine sur Aldébaran-4 à la fin du XXIIème siècle.

Ici point de délire futuriste et surréaliste, nous avons affaire à une société qui nous ressemble même si le développement technologique et économique parait encore en être à ses tâtonnements (il n'existe pas d'avions civils mais des dirigeables, l'architecture est modeste,etc). Les êtres humains, sans nouvelle de la Terre-Mère depuis un siècle au moins, apprennent donc à survivre sur cette planète lointaine qui semble paisible au premier regard mais qui dissimule en fait une nature étrange, indomptable, incongrue et hostile, qui représente l'intérêt principal de la saga. Le récit justement tourne autour du voyage de Marc Sorensen, Kim Keller et leurs acolytes dans cette faune et cette flore insolites, semblant être régie et télécommandée par une entité supérieure, consciente et protéiforme, connue sous le mystérieux nom de Mantrisse et constituant l'épicentre de l'intrigue.

Il faut reconnaître à Leo une remarquable créativité dans la conception des bêtes et des plantes, la plupart du temps crédibles, montant dans un crescendo de démesure au niveau de leur aspect au fil des tomes. Visuellement ça en jette, il n'y a rien à dire. Aussi l'apparition de la Mantrisse dans le dénouement final est grandiose et finement mise en scène.

Les bémols :
Ce qui est dommage c'est que le franco-brésililen soit plus doué pour dessiner les animaux que les êtres humains ; en effet il n'y en a pas un, homme comme femme, qui n'ai pas cette expression niaise et figée qui peut rendre la lecture pénible. C'est vraiment une grosse lacune et j'espère que Leo s'est amélioré dans les sagas suivantes que je compte lire.

Sans compter son amateurisme quand il s'agit de raconter les relations sentimentales entre les personnages. A certains moments ça vire vraiment à la catastrophe et on a l'impression de se retrouver devant un mauvais mélange entre soap opera et télénovelas sud-américaines. Cet aspect parfois indigeste crée un malheureux contraste avec les enjeux élevés de l'intrigue, et il faut toute la fascination suscité par la nature extraterrestre que l'on a sous les yeux pour réussir à passer outre. Là aussi encore une fois dommage, mais j'imagine qu'avec Aldébaran Leo en était à son premier coup d'essai, on peut lui pardonner : il a de la marge pour progresser et l'expérience aidant tous ces défauts s'amenuiseront.

Il ne faut donc pas bouder notre plaisir car cette série est franchement emballante et globalement réussie. Leo nous propose sa vision de la colonisation spatiale et parvient à capter notre imagination, à tel point qu'on finirait nous aussi par se voir parmi ces pionniers d'un monde futur, au beau milieu de cet environnement à la fois effroyable et captivant.


Comme quoi, le Brésil peut nous donner autre chose que le football-samba et l'hédonisme festif.

Nom série  La Caste des Méta-barons  posté le 25/05/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après avoir révolutionné la bd de science-fiction en créant L'Incal dans les années 80, Jodoroswky récidive et enchaîne en enfantant la Caste des Méta-Barons, avec Juan Gimenez aux pinceaux.

La série est un spin-off de l'Incal, et se concentre sur une famille de guerriers intergalactiques et omnipotents qui vivent en réclusion sur une planète de marbre perdu aux confins du cosmos, mais qui produit une pierre unique en son genre et essentielle à l'édification de tous les palais de l'Empire régnant sur les galaxies. Ainsi cette famille guerrière, les Castaka, vivent d'un commerce minéral stratégique et lucratif, mais sont aussi possesseurs d'une huile aux vertus miraculeuses, l'éphityte, qui va très vite attirer la convoitise du pouvoir impérial et va précipiter les Castaka vers une tragique destinée s'étendant sur plusieurs générations.

La construction narrative pensée par Jodorowsky est simple : deux tomes pour raconter les périples d'un méta-baron représentant une génération de Castaka, le tout formant une octalogie cohérente. D'Othon, nous passons à Aghnar, puis ensuite à Tête d'acier, puis enfin à Aghora et Sans-Nom, chacun initiant son descendant en le mutilant d'un membre ou d'un organe puis en le combattant à mort.
L'histoire nous est narrée par un robot au service de Sans-Nom et qui, avec son compagnon Lothar, forme un duo comique rappelant C3PO et R2D2 dans Star Wars.

Jodorowsky produit là un conte spatial et lyrique qui prend des allures de tragédie grecque , tout en y mélangeant ses habituelles marottes : le glauque, le sordide, et l'érotisme. On s'épuiserait à compter le nombre de scènes de mutilations, de tortures, de massacres, de corps nus, mais en même temps il faut saluer la puissante créativité conceptuelle et visuelle proposée, qui tombe certes quelquefois dans l'absurde : les cétacyborgs, les tarentulouves, les nones-putes, les singes volants, les vaisseaux improbables et pharaoniques, etc, etc...
L'effet d'émerveillement produit fonctionne d'ailleurs en grande partie grâce au dessin de Gimenez, grandiose, grandiloquent, totalement immersif, à fortiori lorsqu'il utilise toute une page pour nous faire profiter de plans fabuleux aux perspectives dantesques.

Ce n'est assurément pas le genre de bandes dessinées qui fera l'unanimité, les goûts de chacun ne se discutent pas et Jodorowsky possède un imaginaire bien particulier, cependant c'est une saga qui ne manque pas d'ambition et qui mérite l'attention de tout bédéphile qui se respecte. En ce qui me concerne je la considère comme un must de la bd de science-fiction, qui ne souffre pas de la comparaison avec l'Incal, son illustre aîné.

Nom série  Le Grand Pouvoir du Chninkel  posté le 05/03/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le "Grand Pouvoir du Chninkel", c'est le moment ou la symbiose entre le conteur (Van Hamme) et le peintre (Rosinski) atteint des sommets dans le délire imaginatif.

Au premier coup d'oeil on pourrait confondre avec Thorgal, tellement les décors semblent proches, tellement les noms et les prénoms se ressemblent, mais très vite on se rend compte qu'il y a autre chose, on aperçoit l'influence des grands mythes bibliques, de l'imaginaire tolkienien, et même, surprise, de créations fictionnelles aussi éloignées de la fantasy que " 2001, l'Odyssée de l'espace"...
Une oeuvre bâtarde, un truculant méli-mélo unique en son genre dans la bd franco-belge.

Dans un sinistre contexte ou s'éternise une guerre dévastatrice opposant les "Trois Immortels", J'on, petit être chétif à la chevelure blonde, haut comme trois pommes et va nu-pieds (dans la bande dessinée son peuple s'appelle les Chninkels, mais on peut observer l'influence de l'aspect des Hobbits), est chargé par le maître créateur des mondes de ramener la paix universelle sur "Daar", le monde où se situe l'action (et qui n'est en fait qu'une Terre préhistorique). Pour ce faire il le gratifie d'un sibyllin Grand Pouvoir, qui embarasse J'on en premier lieu car il peine à le maîtriser.

La suite du récit retrace son long voyage à travers le monde dans l'espoir de réaliser sa Quête divine, et là comme d'habitude Van Hamme s'illustre : c'est palpitant, bouleversant, émoustillant (la scène érotique entre Volga la Devineresse et J'on métamorphosé vaut son pesant d'or), et certains personnages sont vraiment réussis, comme Zembria la Cyclope ou N'om l'Hérésiarque.

Oeuvre expérimentale superbe, cocktail explosif et sensuel qui dérange et fascine à la fois, le "Grand Pouvoir du Chninkel" est assuremment un coup de coeur. L'infernal Van Hamme, qui se dissimule derrière les sagas à succès XIII, Thorgal et autres Largo Winch, frappe ici encore un grand coup, dans un registre plus sulfureux. Un classique à lire absolument.

Nom série  Sillage  posté le 05/03/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Poukram, Sillage !
Sillage est une bande dessinée apparue vers la fin des années 90 et qui s'est depuis lors imposée comme l'une des grandes séries de science-fiction comme on sait si bien les faire dans la sphère franco-belge depuis la grande époque des Valérian et Laureline.

Dans une ambiance un peu space-opéra à la Star Wars, la série fait le récit de la vie mouvementée d'une jeune humaine, Navïs, seule de son espèce dans l'aréopage multiracial que constitue Sillage, gigantesque convoi interstellaire vagabondant dans le cosmos à la recherche de planètes à coloniser.

En fait les albums (17 en tout pour le moment) racontent les différentes missions qui sont confiées à la jeune femme, agent spécial au service du conseil de la Constituante, dans le cadre de la politique colonialiste de Sillage. De fait elle est envoyée sur une foultitude de planètes exotiques, souvent avec ses deux compagnons Bobo et Snivel, lui offrant l'occasion de découvrir de nombreux peuples et de nouvelles cultures, mais surtout, de pouvoir avancer dans sa quête personnelle : comprendre ses origines et trouver des personnes, quelque part, n'importe ou, appartenant à la même espèce que la sienne.

C'est une série assez hétéroclite dans les thèmes qu'elle aborde, un album peut s'interesser au progrès, un autre à la corruption ou au terrorisme, d'autres à la guerre ou à la condition féminine, etc...le tout englobé dans une vision un brin pessimiste et cynique que les auteurs font contraster avec le manichéisme ingénu qui caractérisera Navïs à ses débuts.
La qualité scénaristique dans l'ensemble est assez inégale il faut bien le dire, tout n'est pas excellent et certaines histoires se trouvent être beaucoup plus emballantes que d'autres (il y a un affaiblissmement général dans les derniers tomes je trouve) mais au niveau du dessin par contre Phillipe Buchet est constament au top de sa forme, c'est bien ciselé, c'est propre, les couleurs sont vives, un authentique délice visuel.

Tout n'est pas parfait dans Sillage, la série en elle-même n'est pas toujours un sommet d'originalité mais elle parvient très bien à nous divertir, et le plaisir de suivre les aventures intergalactiques de Navïs est bien réel à chaque album.

Nom série  Kid Paddle  posté le 26/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai hésité entre deux et trois étoiles. Il n'y a ici rien de bien révolutionnaire, c'est une bd qui s'inscrit dans la lignée des bds humoristiques nées dans les années 90 et qui connurent leur heure de gloire dans la décennie 2000-2010 ( Titeuf, Petit Spirou...) en respectant toutes le même schéma narratif : une bande de mômes regroupés autour d'un protagoniste de leur âge dont on nous conte le quotidien sous la forme d'une histoire drôle par page.

En l'occurrence le protagoniste répond au nom de "Kid Paddle", sorte de geek à casquette complètement drogué au monde vidéoludique. Avec ses compères Big Bang et Horace il passe le plus clair de son temps à zoner dans les salles de jeux (comme le City Game) ou près des cinémas en train de manigancer dans l'espoir de regarder des films gores malgré son jeune âge qui l'interdit.
C'est un gamin un peu paumé et dans sa bulle, qui a la fâcheuse tendance à confondre les univers des jeux vidéos avec le monde réel, lubie qui nourrit d'ailleurs une part conséquente des gags dans les albums.

C'est rigolo, c'est frais, mais au bout d'un moment ça saoule et on se lasse car la redite pointe très vite le bout de son nez. Pas inoubliable et dans le genre je pense que l'on a fait mieux.

Nom série  Silas Corey  posté le 01/02/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Eh bien voilà une agréable découverte que cette bd dont l'achat n'était absolument pas prémédité (je l'ai aperçue sur un stand et je me suis dit : "Allez, pourquoi pas !") et qui me prouve s'il était encore besoin que la bande dessinée constitue bien un merveilleux puits à trouvailles.

L'oeuvre, que l'on peut classer dans le registre de la fiction d'espionnage, a pour cadre la France civile durant la Première Guerre Mondiale, en cette éprouvante année de 1917 où le pays commence à douter de sa force et vacille sous le poids écrasant du conflit. Au parlement le gouvernement symbolisé par l'ambigu Joseph Caillaux est vivement critiqué par une opposition dont le tigre Clémenceau apparaît comme le chef de file. Ce dernier, en fait, cherche à renverser son rival par tous les moyens, même les plus sournois, et il se trouve qu'un agent secret à sa botte a découvert une preuve compromettante impliquant a priori le chef du gouvernement. Cependant l'agent disparaît mystérieusement après avoir été attaqué dans son repaire par d'énigmatiques assaillants...

Clemenceau fait alors appel à Silas Corey, ex-reporter à "l'Humanité" pour retrouver son agent secret et démêler le noeud autour de la fameuse "preuve compromettante".

C'est de la bd divertissante, intelligente, sans prétention exorbitante, dont on peut facilement deviner les diverses influences. Le protagoniste lui-même, dont le nom sonne peu "franchouillard" d'ailleurs, me fait un peu penser à un espèce de croisement entre Joseph Rouletabille, pour le flair du reporter, Arsène Lupin pour le panache et la désinvolture sarcastique, et James Bond pour le côté espion dandy.

Le cadre historique est vraiment bien retranscrit, on sent le boulot de documentation effectué en amont et ça fait vraiment un effet de s'immerger grâce au dessin d'Alary dans cette France de la Belle Epoque ensanglantée par les morsures de la guerre. Le déroulement de l'intrigue est traité avec le même souci de rigueur : on est rapidement captivé et aucune incohérence rédhibitoire n'est ressentie. Fabien Nury me convainc de plus en plus à chacune de ses oeuvres.

La série est encore inachevée puisque le second volet du deuxième dyptique doit encore sortir prochainement mais on peut déjà considérer Silas Corey comme une remarquable bd française d'espionnage, à emprunter en bibliothèque pour les plus désargentés mais dans tous les cas à lire.

Nom série  Les Sentinelles  posté le 26/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
" Ce qui ne te tue pas te rend plus fort". Voilà ce qu'aurait pu dire en souriant le sieur Nietzsche s'il avait pu lire "Les Sentinelles" de Xavier Dorison et Enrique Breccia. Métissage saugrenu entre la bande dessinée franco-belge et le comic américain, cette série constitue un produit unique en son genre, fascinante synthèse entre deux traditions, deux visions différentes du "neuvième art".

Ici nous voilà propulsés au début du XXème siècle, Dorison allant à contre-courant d'une certaine tradition des comics US privilégiant la seconde guerre mondiale et les temps suivants. Dans ce climat tendu d'avant-guerre qui électrifie l'Europe, l'armée française teste lors de son intervention coloniale au Maroc sa toute dernière innovation, révolutionnaire : une Sentinelle, un soldat estropié à qui l'on a greffé des prothèses robotiques qui lui confère des capacités hors-normes sur le champ de bataille. Hélas, cette invention en apparence géniale a un inconvénient de taille : au bout d'un moment les batteries d'alimentation tombent à plat et le super-soldat s'effondre immédiatement après, dans l'incapacité de se mouvoir.

Cependant, en France un ingénieur nommé Gabriel Feraud a lui aussi mit au point une innovation majeure et révolutionnaire : une pile au radium, véritable aubaine pour l'armée qui y voit la possibilité pour ses sentinelles d'obtenir une autonomie de mouvement pour une très longue durée. Malheureusement le jeune scientifique refuse catégoriquement toute exploitation militaire de son invention, malgré les promesses de versement d'argent conséquent...
En 1914, la première guerre mondiale éclate et Féraud, mobilisé, subit de graves blessures qui oblige une amputation. L'armée lui propose alors un pacte : leguer au commandement militaire la pile au radium et devenir une sentinelle. Se faisant passer pour mort auprès de sa femme et de son fils, Gabriel Feraud devient alors Taillefer, le surhomme, étendard du génie technologique français et héros national d'un genre nouveau. Sur quatre tomes, chacun intitulé d'après une période précise de la guerre, Taillefer va donc silloner les champs de bataille et accomplir diverses missions pour le compte du haut-commandement, souvent capitales pour le sort de l'armée et du pays. Il va vite être rejoint par deux autres sentinelles, Djibouti, et Pégase, à qui l'on a greffé une fusée dorsale sur le dos. Avec eux il va former un trio de fantassins ultra-modernes, qui devront cependant affronter des adversaires redoutables d'un même genre qu'eux, que ce soit l'"Ubermensch" allemand (tome 3) ou le "Cimeterre" ottoman (tome 4).

Sortant des sentiers battus, Dorison propose là un concept intriguant, une espèce d'Histoire uchronique et revisitée, ou des super-héros à la française apparaîtraient durant la première guerre mondiale. Le dessin de Breccia est lui très plaisant, épuré et un peu "old school ", agrémenté de couleurs vives.
Au final je trouve excellente cette idée de fusion de bd US/Franco-Belge, une approche qui a déjà été tentée par d'autres (La Brigade Chimérique, Metropolis, Masqué). Cela a donné des resultats interéssants mais aucun du niveau de réussite des Sentinelles à mon humble avis. D'ailleurs certains ne s'y sont pas trompé car la série va prochainement être adapté au cinéma par un jeune réalisateur français, qui a comme moi sans doute décelé tout le potentiel visuel qu'elle peut offrir.



Je recommande vivement de la lire, ça vaut vraiment le détour.

Nom série  Seuls  posté le 20/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Seuls, ou le Club des Cinq version fantastico-thriller...
Eh bien voilà une excellente bande dessinée, dont le succès mérité ne se dément pas et qui à mon avis ne va pas aller decrescendo, le duo d'auteurs ambitionne de produire pas moins de vingt tomes (et même plus) ! On a donc là affaire à une future série fleuve, ce qui détonne assez d'ailleurs avec la tendance actuelle qui se satisfait de peu de volumes par série.

D'entrée de jeu, on se retrouve plongé au coeur d'un nébuleux mystère : un beau jour, dans ce qui m'a tout l'air d'être une banlieue française, cinq gamins se réveillent et découvrent avec effroi que la ville a été subitement abandonnée et qu'ils se retrouvent...seuls ! Absolument seuls dans ce qui devient rapidement une jungle d'asphalte et de béton, sans plus aucune tutelle parentale, livrés à leur seule ingéniosité pour survivre. Dans cette épreuve, Dodji, Yvan, Leïla, Camille et Terry, puisqu'il faut bien nommer nos cinq héros, vont péniblement apprendre les vertus de l'unité et du courage. Cependant une question, angoissante, obsédante, subsiste : mais qu'a t-il donc bien pu arriver au restant de la population ? Que s'est-il passé cette nuit, qui précéda le jour où ils se retrouvèrent esseulés ? Un exode ? Une immense et horrible blague de très mauvais goût ? Au fil des tomes, huit pour l'instant, où le quintet sera amené à voyager, certains pans obscurs de l'énigme vont s'éclaircir (ils vont par exemple rencontrer d'autres enfants esseulés tout comme eux), mais des pans entiers restent encore dans l'ombre et une dizaine de tomes tourbillonnant d'aventures et de périls de toutes sortes nous attendent avant de connaître le fin mot de l'histoire...

Fabien Vehlmann, qui est une valeur sûre maintenant du petit monde de la bd, nous a concocté avec son compère belge Bruno Gazzotti une oeuvre envoûtante au scénario malin, baignant dans une bouillabaisse d'idées empruntées pour la plupart aux cadors de la pop culture américaine, je pense avant tout à "2001:l'Odyssée de l'espace" et à "Lost".
Intrigue palpitante, pour l'instant cohérente, atmosphère lugubre et oppressante, des protagonistes représentant un joli petit patchwork ethnique, "Seuls", qui a été par deux fois récompensé à Angoulême, accumule les bons points et dégage un vivifiant air de nouveauté. Que demande le peuple ?

Nom série  Yoko Tsuno  posté le 12/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une jeune et charmante électronicienne asiatique vogue d'aventures en aventures dans une ambiance oscillant entre le fantastique, le thriller, l'espionnage et la science - fiction...avec un synopsis comme celui - là, difficile de rester indifférent !

Roger Leloup conçoit là une bande dessinée d'une remarquable qualité, au ton très personnel qui mâtine un douceâtre sentimentalisme au goût appuyé pour le spectaculaire. Il ose, en choisissant pour protagoniste une femme d'origine asiatique, dans un univers bd qui a plutôt une tendance eurocentrée en ce qui concerne ses hero(ine)s. Et Yoko Tsuno, c'est pas de la geisha servile, passive et soumise au bon vouloir de ces messieurs, non en l'occurrence c'est plutôt du ninja version féminin, intrépide, débrouillarde et qui sait prendre les devants. Et pour couronner le tout c'est loin d'être une andouille, elle est ingénieur en électronique, spécialisée en recherche de télévision. Formant le " Trio de l'étrange " avec ses deux éternels acolytes aux noms cocasses Vic Vidéo et Pol Pitron, elle va aller au devant de grands dangers qui l'amènera à voyager aux quatre coins du globe (avec une tendance pour l'outre-rhin) et même au - delà car elle se rend périodiquement sur Vinea, une exoplanete désolée d'où provient une race d'aliens tapie dans les entrailles de la Terre.

L'auteur belge, qui a travaillé aux studios Hergé et qui a même contribué à certains albums de Tintin (on peut citer l'exemple le plus connu : Vol 714 pour Sydney) a le trait fin et délicat, ça donne un dessin très net et précis qui fait forte impression. Là où il est vraiment fortiche c'est quand il s' agit de dessiner des engins volants, de toute sorte et de toute dimension, que ce soit des avions de chasse, des avions civils, des hélicoptères ou des aéronefs vineens. On sent la passion pour l'aviation et la maîtrise de ce domaine dans ces dessins.

Au final je ne peux que chaudement recommander Yoko Tsuno, qui possède une ambiance unique, ou chaque album d'après moi propose une intrigue intéressante, servie en plus par un dessin virtuose. Un must have !

Nom série  Bob Morane  posté le 02/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voila une bande dessinée particulièrement ardue à trouver sur les lieux de vente standards, personnellement j'ai eu la chance de trouver une librairie spécialisée dans un coin de Bruxelles qui en vendait quelques tomes. Il existe malheureusement des bds de bonne facture qui tombent pourtant assez vite dans l'oubli, c'est le cas en l'occurence avec Bob Morane (On peut souligner tout de même pour nuancer qu'un dessin animée centré sur lui fut diffusé vers la fin des années 90 et que le groupe de rock Indochine se basa sur l'univers de la bd pour créer l'un de leur plus grand tube, "l'Aventurier")

Bd adaptée d'une série de romans écrits par le belge Henri Vernes à partir de 1953, elle narre la vie mouvementée d'un ex-flying commander de la Royal Air Force, français d'origine, qui se retrouve régulièrement mélé à d'obscures affaires l'amenant à se confronter à d'impitoyables antagonistes assoiffés de pouvoir personnel : Monsieur Ming, l'implacable nemesis qui se dissimule sous le pseudonyme de l'Ombre Jaune, mais aussi Miss Ylang-Ylang, Orgonetz ou encore le Dr Xhatan. Dans ce combat contre le crime, il est le plus souvent épaulé par quelques alliés des plus précieux : Bill Balantine, sympathoche mastodonte écossais amateur de bières, Sophie Paramount, jolie reporter du Chronicle, mais pas seulement, Aristide Claimembart, Tania Orloff, Herbert Gains, Sir Archibald Baywatter...

Je n'ai pas eu le plaisir de lire l'intégralité de la série (et encore moins les romans), mais les albums que j'ai lu m'ont diverti, ça a certes un peu vieilli mais ça n'enlève rien à la qualité des scénarios et des personnages, tous bien campés (mention spéciale à Bill). D'une certaine façon cette bd me fait un peu penser à James Bond, le héros lui-même d'ailleurs m'a donné l'impression d'être une hybridation entre James Bond et le colonel Hannibal Smith de l'agence tout risques. Mi-gentleman mi-baroudeur pourrait-on dire.

Une bande dessinée un peu datée,ok. Un héros un tantinet lisse et classique, ok. Mais n'empêche, ça ne m'a en aucun cas dérangé et les albums se laissent lire sans ennui, bien au contraire (surtout ceux ou l'Ombre jaune est impliquée).

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