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Nom série  Secrets : L'écharde  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au début de ce « Secrets : l’écharde », le dessin de Marianne Duvivier ne me plaisait guère. Il était certes élégant et très lisible, mais manquait cruellement de profondeur et de détails. Heureusement, la qualité allait aller crescendo pour atteindre un niveau tout à fait appréciable à la fin du second tome.

Au niveau du scénario, il faut bien avouer que ce secret ne m’a guère semblé mystérieux, tant les révélations étaient prévisibles (surtout sur les prétendus liens de parenté des deux héroïnes). Il n’empêche que l’album est plaisant à lire, grâce principalement au soin apporté par Giroud à son scénario. La narration est très fluide, les flash-back sont limpides, l’enquête est en constante évolution. C’est incontestablement un travail soigné, à défaut d’être original.

Au final, ce diptyque fut agréable à lire, mais guère surprenant. Pas mal, quoi …

Nom série  Le Constat  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’éprouve avec Etienne Davodeau le même problème qu’avec Jean-Claude Servais lorsque je rédige un avis sur une de ses productions, tant ses qualités sont évidentes, et ses défauts récurrents.

Mais c’est bien là le seul point de comparaison entre ces deux talentueux auteurs, car lorsque le second nommé me charme par son trait académique et son évocation de l’Ardenne d’autrefois, le premier me ravit dans son évocation des rapports humains et la relation de ces petites anecdotes qui constituent sinon le sel du moins l’herbe de Provence de nos existences.

Le Constat est l’œuvre qui a révélé Davodeau au grand public. Et c’est bien mérité, tant cet album est prenant. En créant trois personnages (et quelques seconds rôles) charismatiques en diable, l’artiste m’hypnotise : je veux absolument savoir ce qui va leur arriver ! De plus, le scénario est assez dense (à défaut d’être vraiment crédible), et chaque planche apporte son lot de révélations.

La fin ouverte en chagrinera sans doute certains, mais, personnellement, c’est le genre de fin que j’adore !

Au niveau des défauts de Davodeau, on soulignera le côté parfois très caricatural de ses personnages. Mais cet aspect des choses ne m’a pas dérangé dans cet album. On notera encore un certain manque de crédibilité dans l’intrigue centrale, mais emporté dans mon élan, je n’y ai pas trop fait gaffe.

Enfin, le dessin de l’artiste est ce qu’il est : simple, tendre et au service de l’histoire.

Un très bon cru !

Nom série  Les Mots contre les Maux  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Avec ce premier album, Gregdizer prouve qu’il y a moyen de créer une œuvre originale à partir des paroles de chansons. A une époque où bien des productions se servent de la renommée d’un chanteur pour écouler des œuvres à l’intérêt littéraire discutable, je pense que l’effort est à souligner, et devrait faire réfléchir certains responsables de l’édition.

Ceci dit, cet album n’atteint quand même pas les sommets du monde de la bande dessinée. Cette petite chronique amoureuse met en scène trois couples qui s’entrecroisent autour de billets d’un concert de M au Zénith. Le premier couple est sur le point de rompre, le deuxième n’en est qu’au stade des préliminaires, et le troisième est formé d’un frère complexé et renfermé sur lui-même et de sa sœur, qui essaye de le sortir de son trou, mais dont on ne sait finalement pas grand-chose. Les paroles de M apparaissent de ci de là, sous la forme de guide des pensées des différents protagonistes.

C’est original, mais très superficiel ! Aucune relation n’est vraiment approfondie, aucune psychologie n’est analysée. En fait, lorsque l’on retire les artifices des paroles de M et du style graphique de Gregdizer, on a l’impression de se retrouver devant un roman-photo.

A propos du graphisme, l’artiste est incontestablement doué. Toutefois, il devrait vraiment veiller à conserver une qualité constante, car certains de ses visages sont carrément ratés, alors qu’en général, ils sont plutôt bien réussis. Et, comme le portrait semble être le domaine de prédilection de Gregdizer (la mise en page les favorise au détriment des paysages et des vues d’ensemble), il est encore moins pardonnable d’en rater autant !

Toutes ces raisons justifient ma sévère cote. Mais j’insiste sur la sincérité de l’auteur, ainsi que sur l’originalité de la structure qu’il nous propose ici.

PS : je ne suis pas fan de M, et mon jugement s’en ressent sans doute.

Nom série  Mise en bouche  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
A la fin de cette lecture, je demeure dubitatif. Etait-ce réellement une bonne idée de chercher à combiner la naissance d’un nouvel amour avec une prise d’otages ? Si, par moments, le charme opère, si l’on peut comprendre que dans un climat de tension extrême, le trouble des sentiments trouve un terreau favorable, je trouve que certaines séquences sont réellement ratées. En cause, une narration trop présente. Je doute fort qu’un couple se lance dans un débat sur l’opportunité d’une nouvelle liaison au moment où un fou ceinturé d’explosifs les menace, eux et leurs enfants, d’une mort pour le moins violente.

Ce n’est donc pas le fait qu’une idylle se forme, que certaines barrières inhibitives tombent qui me choque, mais bien la manière dont les auteurs nous font partager ces événements. Plus de non-dits, plus de regard en lieu et place de cette (par moment trop) lourde narration auraient été les bienvenus.

Pas un échec, mais pas concluant, non plus.

PS : graphiquement, je n’ai rien de spécial à dire. Ce style devient habituel pour ce genre de roman graphique. C’est bien réalisé, propre, très lisible, mais le trait de Jean-Philippe Peyraud ne dégage pas de véritable personnalité.

Nom série  Irish Melody (Lester Cockney Jeunesse)  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Sous prétexte d’illustrer la jeunesse d’un de ses héros les plus célèbres (« Lester Cockney »), Franz nous invite à un voyage romanesque dans une Irlande rebelle et sauvage.

Et c’est magnifique …

Les aventures du jeune Lester combinent souffle épique, chronique paysanne et mélancolie, tout en reposant sur une solide base historique. L’opposition entre catholiques irlandais et anglais protestants est très présente et rythme ces nombreuses péripéties. La présentation de cette opposition est simplifiée, mais correspond cependant assez bien à la réalité historique. L’Angleterre occupe alors le territoire irlandais, et la gestion des terres est confiée à des Lord à la réputation souvent discutable, que la couronne d’Angleterre préférait éloigner des coulisses du pouvoir.

Le théâtre de ces aventures permet à Franz d’étaler toute sa maitrise. Paysages, chevaux, moues expressives, tout est tout simplement superbe. La colorisation du premier tome accentue encore la magnificence de cet album, et il est regrettable que le second opus ne bénéficie pas de la même luminosité. Entendons-nous ! La colorisation de « Shamrock Song » demeure très bonne, mais elle pâti de la comparaison avec « Irish Melody » du fait d’un choix de teintes plus neutre, plus terne.

La galerie des personnages est très réussie et combine acteurs pittoresques et rôles incontournables. Avec ce casting de choc, je me suis vraiment senti happé par cette histoire.

Incontestablement, une superbe ballade irlandaise !

Nom série  L'eau et la Terre  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Charmé par son travail graphique sur « Mon frère, le fou », j’ai voulu découvrir une autre œuvre de Sera. J’ai cependant voulu privilégier un album au scénario a priori plus dense, car c’est à ce niveau que se situait le point faible de l’opus précité.

Après la lecture de « l’Eau et la Terre », je n’ai que très peu changé d’avis sur mon appréciation de l’artiste. Sa maîtrise technique est réellement impressionnante, mais ses talents en tant que scénariste ne me convainquent pas.

L’évocation du génocide commis par les Khmers rouges au Cambodge est intéressante, mais ce scénario trop décousu me prive des émotions qu’un tel sujet aurait dû engendrer. Cela ne signifie pas que je n’ai rien ressenti, mais le seul véritable sentiment que ce récit a fait naître en moi est celui du désespoir de ses acteurs. Et, par désespoir, j’entends dé-espoir, c’est-à-dire l’absence totale d’espoir, de perspectives d’avenir, de rêves de ces multiples acteurs, qu’ils fussent persécuteurs ou persécutés. C’est profondément déprimant, et d’autant mieux retranscrit que Sera insiste régulièrement sur le fait que ses personnages sont encore (à cet instant du récit) toujours vivants. Par ce biais, le seul fait de ne pas être mort constitue clairement l’unique perspective d’avenir des acteurs.

Graphiquement, comme je l’ai dit, je considère Sera comme un très grand artiste, même si je me demande si sa technique convient réellement à la bande dessinée. Ses planches sont magnifiques, mais ce dessin s’admire bien plus qu’il ne se lit.

Finalement, cette deuxième œuvre de Sera confirme mon premier sentiment. Cet artiste est incroyablement doué du point de vue technique, mais l’originalité de son style et les lacunes qu’il manifeste au niveau de l’écriture (malgré quelques belles trouvailles) me laissent croire que la bande dessinée n’est pas le domaine d’expression qui lui convient le mieux.

Pas mal, quand même.

Nom série  La maison où rêvent les arbres  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’aime beaucoup le style en noir et blanc de Comès. De plus, je partage avec l’auteur une région et un état d’esprit. A la frontière entre les Ardennes belges et le plateau des Hautes-Fagnes, cette région marque ses habitants qui, sans doute plus qu’ailleurs, deviennent sensibles à l’âme de la nature.

Cette dimension mystique du rapport à la nature, je l’ai retrouvée dans le présent album. Je regrette cependant que l’histoire se résume à peu de chose, tant elle donne la part belle au graphisme, mais je ne peux que remercier l’artiste de m’avoir permis de partager son imaginaire.

D’un strict point de vue graphique, l’artiste signe à nouveau une œuvre convaincante, même si je n’apprécie que très modérément les yeux de ses personnages. Le plus gros reproche que je pourrais lui faire, cependant, réside dans le fait que ses personnages sont quasi inexpressifs. Qu’ils soient émus, joyeux, en colère ou inattentifs, les expressions de leurs visages demeurent les mêmes, et qu’ils parlent ou non, leur bouche demeure désespéramment close. De ce style se dégage une très grande froideur, qui m’empêche de totalement plonger dans ses albums. Mais cela n’enlève rien à la splendeur de certaines planches.

Par rapport à d’autres œuvres de Comès, je qualifierais cet album de « pas mal » car il demeure inférieur à « Silence » ou à « La Belette », mais je vous invite quand même à le découvrir.

Un bon cru pour un artiste à l’univers atypique.

Nom série  Super catho  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je dois bien avouer que j’ai passé un bon moment en compagnie des souvenirs de jeunesse de René Pétillon, des souvenirs qui se rapportent plus particulièrement à la période mystique de son père.

Je me suis retrouvé à une époque où la religion catholique exerçait d’une manière très marquée son influence sur la société. Ecole catholique, mouvement de jeunesse, église, tous les moments de la journée étaient influencés par la religion. Alors, pour peu que vos parents fussent des pratiquants convaincus (ce qui était alors encore fréquent), je crois aisément que certains de vos souvenirs de jeunesse ressemblent à ceux de Pétillon.

Mais lorsque le père de celui-ci sombre dans le mysticisme le plus profond, convaincu de l’apparition de la Vierge à l’une de ses voisines, et de la fin du monde prévue pour le jour de Noël, on plonge dans le délire total.

L’auteur ayant l’art de mettre le doigt sur les absurdités de la situation (malgré la fin du monde programmée, le père de René Pétillon commande une nouvelle voiture, par exemple), le livre se révèle très drôle.

Bien sûr, on n’évite pas certaines situations bateau, mais le talent d’écriture de Pétillon et le dessin très expressif de Cestac compensent largement ces quelques facilités.

Au sujet de cette dernière, tous ceux qui connaissent l’artiste ne seront pas surpris par son style. Pour les autres, sachez que Florence Cestac est une adepte du gros nez. Son dessin, hérité du franco-belge, est très expressif mais sa tendance à l’exagération pourra en irriter certains (gros nez, grands pieds, bouches carnassières, …). Personnellement, à faible dose (je ne m’enfilerais pas trois albums de l’artiste d’affilée), ce style m’amuse encore bien.

Je voudrais encore souligner la page de garde illustrée d’images pieuses. Lire les textes présents sur ces bouts de cartons est la meilleure introduction possible à cet album, tant ceux-ci sont parfois superbement ridicules.

Nom série  Qu'elle crève, la charogne !  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le duo Moynot et Dieter n’en était qu’à ses débuts lorsqu’il a commis le présent opus. Celui-ci est cependant tout à fait dans la veine d’autres œuvre du duo (« Bonne Fête Maman ! »).

Nous avons donc droit à un drame psychologique très noir dont le personnage central est tout simplement abject. Comme souvent avec ce duo, l’écriture favorise la narration à la première personne, ce qui permet d’humaniser quelque peu le héro. Cette narration est l’un des points fort de l’album, avec cette ambiance d’arrière salle de café et d’immeubles déshumanisés, un décor assez coutumier pour eux et qu’ils maitrisent à merveille.

L’intrigue n’est pas des plus originale, mais la structure du récit est suffisamment intelligente pour maintenir mon attention jusqu’au dénouement final.

Le dessin de Moynot n’est pas encore à son apogée. L’artiste navigue alors entre le style plus grand public de « Le Temps des Bombes » et ce trait en noir (beaucoup) et blanc (rarement) qui en fait un des maîtres actuels du genre (le polar très sombre). La colorisation est à l’image du dessin. Le noir et blanc prédomine, quand bien même quelques touches de couleurs (dans les teintes rouge sang majoritairement) apparaissent fréquemment.

Résultat : un bon album, très sombre, qui plaira aux amateurs du genre, mais qui n’atteint pas le niveau des meilleures œuvres du duo.

Nom série  Taxi Molloy  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Coup de cœur de mon libraire, ce Taxi Molloy est à mes yeux plus que moyen. Certes, le dessin est d’une belle qualité, et j’aurais plaisir à retrouver cet artiste dans d’autres circonstances, mais le scénario du présent opus cumule tant de poncifs que l’histoire de ce gentil benêt me laisse on ne peut plus froid.

Imaginez donc un nigaud au faciès bovin, que sa richissime grand-mère ne recueillit qu’après le décès de son chien (à elle), car elle ne pouvait envisager d’élever les deux en même temps.

Imaginez que le rêve de notre crétin soit de faire le taxi, et que sa grand-mère lui en offre un d’occasion, épargnant au maximum son portefeuille (et oui, c’est Cendrillon, version enseignement spécial versus la méchante Reine).

Imaginez que la méchante Reine soit vraiment méchante.

Imaginez que la première cliente du taximan novice soit d’une beauté à couper le souffle.

Imaginez que notre taximan, subjugué par autant de beauté offre la course à sa cliente qui, en guise de remerciement, l’embrasse sur la joue.

Imaginez que cette première expérience hautement érotique marque tellement notre pitoyable héros qu’il offre systématiquement la course à toutes ses clientes dans l’espoir d’un nouveau baiser.

Gardez en mémoire que notre héros ne bénéficie pas de toutes ses facultés mentales et que sa grand-mère est méchante.

Ajoutez une narration omniprésente et plutôt lourdingue.

Vous obtiendrez peut-être quelque chose, mais certainement pas un suspense psychologique digne d’intérêt, tant l’intrigue est convenue, prévisible et l’album pénible à lire.

Reste le beau graphisme d'Alexis Chabert pour éviter le 1/5. L’artiste officie dans un classique style réaliste très lisible et élégant.

Un album à vous dégouter des conseils de votre libraire (tu as compris, Jean-Lou ?)

Nom série  Les Boules Vitales  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cet album m’aura rapidement fait penser à « Effleurés », par son thème. En effet, il relate une histoire d’amour impossible entre deux personnes que tout oppose, hormis une certaines attirance physique. D’un côté, le dragueur matérialiste qui craint de s’engager. De l’autre, l’écolo naïve … qui a tout autant peur de s’engager. Comment ces deux êtres ont pu être attirés l’un par l’autre demeure un mystère pour moi (même si je peux comprendre les considérations morphologiques d’Ernest (Ahh, ces culs en forme de cœur …)) et rend ce récit peu crédible. Dans la vie réelle, je pense sincèrement qu’Ernest tire Peggy, puis se tire, point barre.

Mais le thème central du récit n’est pas la relation amoureuse, mais plutôt ce qu’elle implique. Les deux protagonistes, attirés l’un par l’autre, semblent vouloir faire des efforts pour se rapprocher, mais la réalité est toute autre. De fait, ils restent sur leurs positions, ancrés dans leurs convictions, alors qu’ils pensent sincèrement tout faire pour que leur relation fonctionne. C’est cet aspect du « moi, je » (très joliment illustré sur une planche) qui m’aura finalement séduit. Ce processus, décrit ici d’une manière assez caricaturale, est la cause de bien des séparations. Chacun voulant voir chez l’autre l’autre fantasmé, ne peut qu’être déçu par la réalité (la perfection n’étant pas de ce monde), cette frustration entrainant la séparation. (En clair : je croise une jolie fille dans un magasin bio, je l’imagine saine, sportive, ouverte, consciente des enjeux environnementaux actuels, mais en cours de relation, je me rends compte qu’elle n’aime que très moyennement le sport, préfère le bus au vélo pour ses trajets, est obnubilée par son poids, et d’autres choses encore que je n’apprécie pas, j’essaye de lui montrer combien elle a tort et moi, j’ai raison. Elle ne change pas d’avis, donc c’est une conne, donc je la quitte (d’accord, c’est très schématique, mais c’est le principe, et cela fonctionne dans les deux sens)).

Le trait de Charles Masson est supérieur à ses œuvres précédentes, mais il manque encore de finition pour totalement me convaincre. Les décors demeurent très pauvres et certaines planches manquent vraiment de matière. Heureusement, la colorisation gomme partiellement ces manquements, et le récit en lui-même ne nécessite pas de grands effets graphiques (puisqu’il s’agit d’une œuvre assez intimiste).

En résumé : l’œuvre m’a convaincu par son analyse d’un des processus autodestructeurs du couple, et malgré son caractère très caricatural et son dessin trop minimaliste.

Nom série  Autour de Kate  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je ne sais qui a eu l’idée de réunir ces deux anciennes bandes dessinées, et de les relier par ce génial procédé, mais ce type a eu une très (mais, alors, vraiment, une très) bonne idée !

Me voici donc face à une bande dessinée qui m’explique pourquoi et comment deux bandes dessinées (que je peux également lire) ont été réalisées par deux (plus ou moins) jeunes auteurs à un moment charnière de leurs existences. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ces auteurs osent se mettre à nu. Les drames intimes à l’origine de ces créations nous sont livrés avec toute la pudeur que l’humour au second degré offre. C’est incroyablement touchant, sans être larmoyant ou nombriliste.

En ce qui concerne les deux anciens livres, « K une jolie comète » était déjà une histoire très touchante en elle-même, et traitée avec cet humour tendre qui semble la marque de fabrique des auteurs. Le graphisme n’est cependant pas encore totalement abouti à mes yeux, surtout en comparaison avec l’histoire introductive. Le second récit est une histoire policière fantaisiste (à la « Léo Loden ») ma fois bien plaisante sans être révolutionnaire. Le graphisme y est plus abouti, mais je crains que le passage de la couleur au noir et blanc ait fait perdre certaines nuances à ces planches. A l’occasion, je les ai en effet trouvées quelque peu confuses.

Si c’est la dimension émouvante de cet album qui m’a le plus emballé, je m’en voudrais de ne pas souligner le travail de Efix. Cet artiste est très doué et mériterait une plus grande reconnaissance publique. Son style inspiré du franco-belge est d’une efficacité redoutable, et ses décors (voir les très beaux plans de rues citadines) sont aussi riches que précis et lisibles.

PS : les collectionneurs fous qui désireraient posséder toutes les productions d’Alfred devront également acquérir le présent objet, l’artiste ayant réalisé quelques unes de ces planches.

Nom série  Figurec  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Adapté d’un livre de Caro, ce Figurec m’aura bien plu durant la majeure partie de son intrigue. Le personnage central, confronté à une bien curieuse société maçonnique, est joliment décrit. Artiste désabusé et complexé, il assume brillamment le premier rôle de cette histoire, à laquelle les nombreux seconds rôles assurent une belle densité.

L’idée de départ a déjà été exploitée par d’autres auteurs. Elle reste cependant suffisamment rare pour conserver une certaine originalité. Une originalité ici renforcée par la variante que Caro nous propose.

D’un point de vue scénaristique, seules les toutes dernières révélations m’auront fait décrocher (ce qui se résume aux deux dernières planches). C’est trop « gros », pas crédible du tout … et c’est bien regrettable, car l’histoire n’avait pas besoin de ce dernier effet de surprise pour convaincre.

Je regrette également certaines « facilités » en cours de route. Au lieu d’explorer toutes les possibilités de son idée de départ, Caro se centre sur l’une d’entre elles, et en exagère les effets (l’implication quasi généralisée dans notre société, et les délires du personnage central, notamment). Sans me faire décrocher, ces choix m’auront laissé sur ma faim. J’ai en effet le sentiment que l’auteur tenait vraiment une idée forte, mais qui aurait mérité un traitement plus subtil, plus ambigu.

Le trait de Christian De Metter convient bien pour illustrer ce genre d’histoire. Il est sombre, précis, faussement réaliste, et l’artiste maitrise très bien toutes les expressions de visage. Je lui reprocherais juste l’aspect souvent figé de ses personnages, un petit manque de fluidité qui, heureusement, dans le cas présent ne prête pas à conséquences.

La colorisation « baveuse » a son charme, et ne devrait pas laisser beaucoup de lecteurs indifférents (en positif ou en négatif).

Un bon récit, donc, bien servi par un dessin de qualité, mais qui est partiellement abimé par certaines facilités et un final trop peu crédible.

Nom série  Hors limites  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Didier Daeninckx est un auteur de romans noir que j’apprécie. Et c’est donc sur base de son nom que j’ai emprunté le présent album. Je ne sais s’il s’agit d’une adaptation, mais le résultat me laisse circonspect.

Hors Limite est donc une bd policière réaliste, mais qui manque cruellement de matière. Je ne retrouve pas les qualités de son auteur dans l’analyse psychologique des personnages. Et, alors que certains d’entre eux auraient mérité un autre développement, tous sont survolés ou, au mieux, à peine ébauchés.

L’intrigue n’étant pas, non plus, des plus palpitantes, le résultat est un album qui se laisse lire, mais qui aurait mérité un autre développement pour totalement me convaincre.

Graphiquement, le trait de Hanouka est loin d’être parmi mes préférés. J’ai trouvé son style réaliste mal maitrisé, approximatif et brouillon. L’artiste s’en sort mieux dans ses décors que pour les personnages, mais comme ces derniers prédominent dans cette histoire …

Nom série  Froud & Stouf  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Il ne s’agit certainement pas là de la meilleure série de Frédéric Jannin (épaulé pour la circonstance, et encore une fois, par Liberski aux scénarios). Les gags de Froud et Stouf (Fred (Jannin) et Stef (Liberski)) sont plutôt bavards et donnent fréquemment de la matière à la réflexion, mais ils oublient souvent l’essentiel : être drôles. De plus, les thèmes tournent régulièrement autour du monde de la télévision (logique, puisque la série dérive d’une série de courts dessins animés diffusés par Canal+ à la fin des années 90), ce qui entraine un effet de déjà-vu plutôt désagréable.

D’un point de vue graphique, l’album se révèle plutôt minimaliste. Deux chiens croqués sommairement, pas ou peu de décors. Seuls, les quelques gags mettant en scène des êtres humains bénéficient d’un peu plus de profondeur de champ.

A faible dose, et sous la forme d’une courte séquence animée, les gags de ces deux quadrupèdes étaient encore plaisants, mais se farcir un album entier met en évidence toutes les limites de ce concept.

En résumé : bwouf …

Nom série  Rock Derby  posté le 31/07/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Petite particularité de cette série : la longueur de ses tomes. En trente pages, tout est dit puisque chacun d’eux contient une histoire complète.

N’allez cependant pas croire que la série se résume à peu de chose. Rock Derby, dans son genre très typé du justicier courageux pur et dur opposé à des malfaiteurs souvent tordus (mais un peu cons sur les bords), bénéficie du savoir-faire de Greg. Chaque aventure est riche en rebondissements et bénéficie du goût du verbe de son papa (la narration est très bonne, quoique datée).

Maintenant, il ne faut pas attendre de « Rock Derby » des scénarios d’une densité incroyable ou une énigme d’une originalité folle. Si la série se laisse lire (avec plaisir), elle permet surtout de se distraire, tant les dénouements de ces histoires sont prévisibles.

Amusant, avec le recul.

(Achat conseillé, à condition de les trouver à bas prix)

Nom série  Celadon run  posté le 31/07/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Commençons par le point très négatif : il y a autant d’invraisemblances dans cette série que dans tous les films de Jean-Claude Van Damme, Steven Seagal et Dolph Lundgren réunis.

Ceci dit, j’ai déjà lu cette série plusieurs fois, et toujours avec un relatif plaisir.

Pourquoi ?

Le dessin ? Il est passe-partout. Les dessinateurs défilent (trois différents pour quatre tomes) tout en conservant une certaine harmonie à la série. Les deux derniers tomes sont l’œuvre de Queireix, un artiste que je trouve plutôt doué (bonne composition, beau découpage, trait extrêmement lisible). De ce fait, ce sont les deux tomes les mieux réussis d’un point de vue graphique. Les autres sont néanmoins tout à fait honnêtes dans ce style réaliste très lisible.

Les ingrédients ? Une jeune héroïne dont on ignore tout de la véritable identité, un complot visant à supprimer le président des Etats-Unis, un érotisme soft, une kyrielle de rebondissements. Si cela ne vous rappelle pas la série « XIII », c’est que vous ne l’avez pas lue.

Le scénario ? Il a la particularité de mêler deux intrigues en début d’histoire, ce qui est une très bonne chose. Ensuite, les multiples miracles qui permettent à Tracy Night d’échapper à la mort saoulent assez rapidement, ce qui est dommageable.

La fin des tomes, alors ? Et oui, vous avez gagné ! Chaque tome se termine sur un tel Cliffhanger que je ne peux pas m’empêcher de saisir le suivant. Et, comme la série est relativement courte, riche en rebondissements (tant scénaristiques que morphologiques), pas désagréable à l’œil, et que l’héroïne est attachante, j’arrive toujours au terme de cette course de Celadon.

Alors ? Je dois bien avouer que, dans le genre bd d’aventure distrayante quoiqu’hautement improbable, ce Celadon Run est plutôt pas mal.

Nom série  Le Silence de Malka  posté le 31/07/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’adore le trait de Pellejero. Et spécialement dans cet album. De plus, les couleurs sont d’une luminosité incroyable. Résultat, « le Silence de Malka » est un ravissement pour l’œil.

Le scénario, par contre tient en peu de choses et pourrait être résumé au dos d’un timbre poste.

Résultat : je parcours l’histoire, bien plus que je ne la lis, et m’arrête fréquemment pour en admirer le dessin. C’est dommage, car les éléments présents (l’émigration juive de Russie vers l’Argentine, la légende du Golem et l’idée du messager de Yahvé) auraient pu donner naissance à une histoire autrement plus dense.

3/5 grâce au dessin, mais une déception quand même.

Nom série  Jeux pour mourir  posté le 31/07/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le livre de Géo-Charles Véran à l’origine de cette adaptation est d’une efficacité redoutable. La bande dessinée lui est très fidèle, mais (et c’est souvent le cas) perd un peu en profondeur.

Toutefois, le scénario de ces jeux pour mourir demeure excellent, et il ravira n’importe quel amateur de polars sombres. Les différents personnages ont tous un profil psychologique très bien détaillé, riche en contradictions et incroyablement crédible. Les événements s’enchainent avec une cruelle logique, pour parvenir à ce final si poignant.

D’un point de vue graphique, le parti pris de Tardi d’avoir recours à la couleur, et de son éditeur de privilégier des cases d’un grand format est plus discutable à mes yeux. D’une part, je trouve la colorisation de Tardi soignée, mais sous cette forme, son trait perd en noirceur (et bien oui, forcément). Une noirceur qui était pourtant la bienvenue dans le cas présent. D’autre part, la taille des cases n’apporte rien de spécial à cet album, le trait de Tardi étant naturellement très lisible et ses décors ne sont pas ici d’une richesse telle qu’ils nécessitent un grand format. Au contraire, à l’occasion (j’insiste : à l’occasion) une légère sensation de vide se fait ressentir, sensation heureusement bien vite comblée par la densité du scénario.

Est-ce parce que je connaissais le livre avant son adaptation ? Toujours est-il que je n’ai trouvé cette dernière que finalement pas mal.

Nom série  L'Etoile du soldat  posté le 30/07/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voici une œuvre sans aucun doute sincère et profondément humaine, mais qui m’aura laissé dubitatif au final.

Dubitatif, pour deux raisons :

La première raison est la narration et la construction assez maladroites de Christophe de Ponfilly. L’auteur n’est pas un habitué de la bande dessinée, et cela se ressent. L’histoire est plutôt décousue, la narration est poussive. L’ensemble manque de « vie ». Pourtant, cette évocation de la guerre en Afghanistan, au travers du parcours d’un jeune soldat soviétique envoyé sur le front remplir son service militaire, est intéressante. …. Est bien documenté (et pour cause, puisque ce récit à l’air d’être véridique, et l’auteur était correspondant de guerre), il aborde des sujets sensibles et intéressants (rapports entre les peuples, émergence du radicalisme islamiste due trop souvent à l’ignorance (dans les deux camps), ou encore démotivation des soldats soviétiques face à un conflit dont ils n’ont que faire).

La seconde raison provient du dessin de Réné Follet. Il n’est pas mauvais en soi, mais ne correspond pas à mes goûts personnels. Je le trouve peu stable et très brouillon. Il manque de netteté, de précision. Et si cela s’avère secondaire dans certains cas, lorsqu’un album se veut documentaire, témoignage, et regroupe autant de personnages, ce manque de précision se révèle (à mes yeux toujours) très dommageable. De plus, la colorisation, plutôt terne et sombre, accentue encore ce sentiment de confusion.

Je m’en voudrais cependant de trop critiquer cet album, car, comme je l’ai dit, je l’ai trouvé sincère et profondément humain. Les intensions de auteurs étaient on ne peut plus louables, leurs propos sont intéressants et le fait de s’attacher à l’être humain (quel que soit sa race ou sa couleur et dans une optique de tolérance) dans un conflit d’état est une démarche que je ne peux qu’apprécier.

D’un point de vue artistique, je ne peux que dire : « bof ». Mais que cela ne vous empêche pas de jeter un œil à cet album. Ses auteurs avaient vraiment quelque chose d’intéressant à raconter, mais ils étaient malheureusement trop peu pourvus en la maîtrise technique nécessaire à cet art délicat qu’est celui de la bande dessinée.

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