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... a posté 2245 avis et 514 séries (Note moyenne: 2.96)

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Nom série  Cognac  posté le 23/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
5 séries se déroulant dans l’univers du vin sur ces 5 dernières années, deux de ces séries sont encore en cours. Et pourtant, Corbeyran semble bien décidé à continuer à exploiter le filon. Qui l’en blâmera puisque le public lui demeure fidèle.

Et donc voici… Cognac. Vous me direz qu’il ne s’agit pas de vin. Je vous répondrai que le vin est un ingrédient indispensable à la fabrication du cognac, donc ne tournez pas autour du pot ! Si demain, Corbeyran nous pond une série sur le bœuf bourguignon, son scénario s’intéressera une fois encore au pinard. Grand bien lui fasse et comme déjà dit, si le public est demandeur, le scénariste serait bien idiot de changer une formule qui marche.

A propos de formule qui marche, dois-je vous décrire le personnage principal ? Aller, un petit quizz pour rigoler :
- Homme ou femme ?
- Jeune et jolie ou vieille moche ?
- Déterminée du genre femme à poigne ou indécise voire hésitante ?
- Qui retourne sur les terres de son enfance ou qui découvre de nouveaux paysages ?

Vous l’aurez compris, de ce côté-là, le scénariste ne se renouvelle pas non plus. Mais bon, tant que ça marche… Et comme d’habitude, le scénario tiendra grâce à une intrigue policière qui replonge l’héroïne dans son enfance… Bon là, le coup du « c’est ma meilleure amie d’enfance, elle est morte lors d’un crime sordide et je n’étais pas au courant ! WTF !! » n’est pas des plus crédibles, mais qu’importe ! Tant que le public suit…

Côté dessin, le style choisi est un peu moins léché que dans les autres séries du genre, avec un côté très tranché dans les couleurs qui lui apporte une touche à la comics. Cela déroute un peu au début mais je m’y suis vite habitué car Luc Brahy n’est pas un novice et sait réaliser des planches très lisibles et bien équilibrées.

Non, personnellement, c’est le fait d’avoir le sentiment de toujours lire la même histoire dans le même théâtre avec le même type de personnages qui est la source de mon ennui. Bof donc pour moi mais si vous êtes un amateur du genre, cela ne devrait pas vous déplaire.

Nom série  On n'est pas là pour réussir  posté le 22/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce livre est une imposture ! Une œuvre de science-fiction ou à la limite un récit historique… mais en aucun cas, cela ne m’a fait rire… Enfin, si, mais j’y viendrai plus tard.

D’où me vient ce juste courroux ? Non pas de Guyane mais d’Angoulême où, profitant du festival et de la perspective d’une dédicace, je me suis procuré ledit livre. Permettez-moi de resituer le contexte :

Nous sommes samedi et je suis dans la bulle des petits éditeurs. Devant le stand de La Cafetière, où il n’y a pas un chat, je m’arrête, traîne et farfouille puis vois de mes petits yeux doux que Fabcaro a une séance de dédicace de prévue quelques 20 minutes plus tard. Devant cette opportunité, mon cœur saute de joie (mais pas trop haut quand même rapport aux nombreux alcools ingurgités la veille dans le gîte avec les copains), j’achète donc « On n’est pas là pour réussir » et attends gentiment en compagnie d’un (et un seul) autre amateur l’arrivée de l’auteur. Pour patienter et parce que je suis un asocial total, j’opte pour la lecture du petit album acquis plutôt que pour la conversation avec des inconnus. Et que constate-je ? Que l’auteur s’y moque allègrement de lui-même, se représentant en festival lors de séances de dédicace au succès contestable (en clair, il n’a jamais un chat devant lui). Oui, mais voilà, les minutes passent et la situation est inversée par rapport à celle représentée dans ce livre puisqu’au lieu d’un auteur poireautant devant un stand vide de lecteurs, ce sont deux lecteurs qui poireautent devant la chaise vide de l’auteur. L’explication nous sera donnée alors que la séance de dédicace aurait dû débuter depuis une bonne demi-heure : Fabcaro dédicace son dernier album 8 mètres plus loin. Et la file qu’il a devant lui non seulement prouve son succès mais aussi l’incite à oublier la séance de dédicace prévue au stand de La Cafetière pour rester chez 6 pieds sous Terre… Atterré je suis de même…

Bon, sérieusement, je ne lui en veux pas mais on est loin de l’image dégagée par l’album dont il est question. Car, aujourd’hui, Fabcaro a du succès !

Ceci dit, ce petit album, historiquement autobiographique, est bien amusant. En quatre cases et sans s’encombrer de fioritures, l’auteur s’y croque avec autodérision et tendresse. Tout n’est pas du même niveau mais certains gags m’ont franchement fait marrer.

Très certainement à lire si vous ne connaissez pas cet auteur.
A acheter si vous aimez ce genre d’humour nombriliste mais plein d’autodérision.
Evitez juste de chercher à vous le faire dédicacer…

Nom série  Le Sculpteur  posté le 22/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Du point de vue des techniques narratives employées, cet album est un chef-d’œuvre. C’est tout simplement parfait à mes yeux. L’équilibre entre texte et dessin, l’emploi du noir et blanc, du trait net ou estompé en fonction de l’objet que l’auteur veut mettre en avant, le découpage… c’est vraiment du très beau travail.

Au niveau du scénario, je suis moins enthousiaste. Non que je ne l’ai pas trouvé plaisant mais cette revisite du mythe de Faust me pose quand même problème sur quelques petits détails. Tout d’abord, en voyant les sculptures réalisées par le personnage central grâce à son don, je me demande vraiment où se situe son génie. Et comme je trouve que ce qu’il fait est en règle générale soit moche soit quelconque, j’ai du mal à m’enticher du personnage.

Ensuite, il y a un aspect très Marie-mère-de-Dieu, très chrétien dans ce récit qui m’incite à sourire en coin (mais c’est mon côté anticlérical qui ressort).

Enfin, sur un aussi gros volume, et même s’il se lit très bien la plupart du temps, je ne peux pas dire que j’ai toujours été passionné. Certains passages me sont apparus sans réel intérêt et d’autres étaient à mes yeux inutilement tirés en longueur.

Je conseille très certainement la lecture car l’album est plutôt plaisant à lire et techniquement très bien réalisé. Je n’y vois cependant pas un chef-d’œuvre et le manque d’empathie ressentie pour les personnages durant ma lecture m’empêche d’accorder plus que 3/5 à ce récit.

Nom série  Le Maître des crocodiles  posté le 22/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le début du récit est très fort. Stéphane Piatzszek y aborde quelques thèmes porteurs qui me semblaient garantir une lecture à la fois emplie de suspense et source de questionnement.

Malheureusement, après ce très bon début, le récit vire vers un thème plus classique. Les auteurs nous offrent en définitive une histoire de vengeance additionnée d’une bonne louche de fantastique. En soi, ce n’est pas mauvais, d’autant plus que le dessin de Jean-Denis Pendanx est excellent (et quelle mise en couleur !) mais je ne peux m’empêcher d’être déçu face aux promesses diffusées par l’ouverture du récit. Ce positionnement de l’homme au sein de la nature, son rôle, son devoir d’humilité : tout cela s’efface trop au fil du récit. Le personnage central en perd une bonne part de son intérêt. Les seconds rôles deviennent trop manichéens, trop simplistes.

Pourtant, la narration est bonne, les planches sont bien équilibrées, laissant la part belle au dessin tout en nous offrant des dialogues spontanés, naturels. Mais, voilà, avec un pareil pitch, j’espérais une œuvre plus ambitieuse d’un point de vue philosophique, plus profonde au niveau de la psyché des personnages, plus propice à un questionnement chez le lecteur.

Et puis la dimension fantastique m’est apparue de trop, comme inutile.

En définitive, je me retrouve avec un avis mi-figue mi-raisin pour une œuvre techniquement réussie, superbement illustrée mais dans laquelle les auteurs ont fait des choix qui ne cadrent pas avec mes attentes nées d’un début riche en questionnement.

Nom série  Histoire de poireaux, de vélos, d'amour et autres phénomènes...  posté le 16/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Agréable surprise que ce roman graphique jeunesse (nouvelle catégorie que je viens de créer là pour l’occasion).

Le récit nous propose de suivre les « aventures » d’un jeune fils de maraîchers lors d’un jour de marché. Récit simple et qui sent le vécu, il est illuminé par une galerie de personnages hauts en couleur et dégage un esprit de camaraderie des plus agréables.

Bien sûr, notre jeune maraîcher aura un amour secret. Bien sûr un rival viendra compliquer les choses. Bien sûr, le meilleur ami apportera une touche plus humoristique au récit. Bien sûr, les adultes sont bienveillants et même les plus effrayants se révèleront finalement des plus fréquentables. Le récit baigne donc dans un océan de gentillesse et d’insouciance et cette naïveté ne pourra sans doute pas satisfaire tous les lecteurs. Pour ma part, je trouve qu’un récit de ce genre m’aère le cerveau sans que j’aie le sentiment de m’abrutir.

Et puis il y a ce dessin, bien rond, bien expressif, bien mis en valeur par une colorisation « vive-mais-pas-trop », par ce découpage qui n’hésite pas à lui laisser de l’espace, par des cadrages variés et, à l’occasion, originaux.

Ce n’est certainement pas un récit extraordinaire mais dans son genre, il remplit pleinement son contrat. Seul reproche : s’il aborde beaucoup de sujets, il n’en approfondit réellement aucun. On reste à la surface des choses, dans la légèreté et l’insouciance. C’était le but mais à mes yeux d’adulte, c’est sans doute là que se niche le petit manque qui m’empêche d’accorder plus de 3 étoiles à l’album.

A lire !

Nom série  Passe-passe  posté le 16/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Sous ses airs légers et poétiques, cet album totalement muet aborde joliment le thème du deuil.

Destiné aux jeunes lecteurs, il fait montre d’inventivité et de fraîcheur. Je me suis aisément laissé embarquer, ne voyant dans un premier temps qu’un récit, certes joli, mais aiguisant principalement le sens de l’observation. En effet, au fil des pages, un papillon hérite des couleurs d’une gentille mamie sous le regard étonné d’un jeune enfant. Quand en hérite-t-il ? Qu'est-ce qui change chez ce papillon ? Et chez la mamie ? Il y a là de quoi motiver le jeune lecteur à faire montre d'attention tout en aiguisant sa curiosité.

C’était sympa et léger… sauf qu’au final, on saisit pleinement les intentions des auteurs et l’effacement de la mamie prend un tout autre sens. Le récit en devient touchant mais sans perdre de sa légèreté ni de sa poésie. Le deuil est ainsi abordé d'une manière poétique et naturelle à la fois.

Le style de dessin, très rond, vif et expressif ainsi qu’une colorisation chaude sont d’autres beaux atouts de cet album.

A découvrir !

Nom série  Suite Française  posté le 07/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A l’origine, Suite française est un roman d’Irène Némirovsky. Ecrit durant les deux premières années de la seconde guerre mondiale, il survivra miraculeusement à son auteure, décédée quant à elle à Auschwitz dès l’été 1942, pour être publié finalement en 2004. Son auteure est à ce jour la seule à avoir reçu le prix Renaudot à titre posthume.

Ce roman se présente sous la forme d’un diptyque (et aurait connu une suite sans la mort tragique d’Irène Némirovsky) et le présent album nous en propose le premier volet. A l’heure actuelle, je ne sais pas si Emmanuel Moynot compte en adapter le second volet mais je trouverais malheureux que ce ne soit pas le cas.

De fait, ce premier volet, Tempête en Juin, m’a énormément plu tant par sa forme que par son fond. Irène Némirovsky n’en était pas à son premier roman et cela se sent à plusieurs niveaux.

Le récit est très bien structuré, le découpage est bien pensé et le passage d’un centre d’intérêt à un autre relance constamment l’intrigue. Des recoupements apparaissent en seconde partie du récit, qui nous permettent de mieux cerner les intentions de l’auteure.

La galerie de personnages est bien pensée : en majorité des bourgeois ordinaires, totalement déconnectés de la réalité pour certains, réactifs pour d’autres, lâches ou dignes en fonction des circonstances, admirables ou détestables selon les cas. Cette galerie permet de créer un récit-chorale sans redondance, où chaque personnage trouve sa place et son importance.

Le ton employé, enfin, permet à l’auteure de nous plonger dans une réalité de terrain. Ici, la mort peut atteindre n’importe lequel de ces personnages au coin d’une rue, alors que tous tentent d’oublier cette réalité de la guerre. Cette particularité (contrairement à bien d’autres récits du même genre dans lesquels on devine aisément quel héros l’on va suivre jusqu’au terme de la guerre) m’a tenu dans un état de tension dramatique sans que je sombre dans la noirceur absolue : les événements décrits sont juste parfois absurdes… à l’image de la guerre.

L’adaptation en image de Moynot est d’une belle qualité. L’auteur recoure intelligemment à la présentation des personnages via une galerie proposée en début d’album (bien pratique pour s’y retrouver au début tant les personnages sont nombreux et les liens entre eux pas toujours évidents à mémoriser). Le découpage est clair : chapitres – sous-chapitre – ces derniers scindés par famille. Cette manière de bien structurer le récit permet à un lecteur dans mon genre -qui retient très difficilement le nom des protagonistes- de ne pas s’égarer en cours de lecture.

Les personnages, enfin, sont bien typés et donc assez aisément identifiables.

En définitive, ce récit nous propose un récit-chorale prenant qui nous plonge dans le quotidien de gens ordinaires (même si majoritairement issus de milieux aisés) face des événements qui les dépassent. Ma seule réserve vient du fait qu'en l'état, cet album offre un goût prononcé d'inachevé. J'attends donc la suite avant d'éventuellement remonter ma cote.

Nom série  La Fabrique pornographique  posté le 26/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Nouvelle collection des éditions Casterman, Sociorama nous propose d’analyser notre société (ou du moins certains de ses aspects) via des bandes dessinées en petit format et en noir et blanc.

Première œuvre lue dans cette collection, La Fabrique pornographique m'a permis d’entrer dans l’univers du porno (wouhouuu). En s’appuyant sur une enquête de Mathieu Trachman, Lisa Mandel nous offre un récit sans langue de bois, aussi instructif qu’amusant. Et même si certains aspects plus sombres de la profession sont également présentés, c’est l’humour qui domine.

Pour nous faire pénétrer dans cet univers, Lisa Mandel exploite l’idée classique du jeune néophyte qui a encore tout à découvrir. Grâce à ce personnage, les divers aspects de la profession nous sont présentés de manière naturelle, sans que l’on ait le sentiment de lire un documentaire. La légèreté de ton et l’humour démythifient cet univers, et si les scènes sont explicites, il n’y a rien ici de réellement excitant puisqu’on détricote le processus qui permet de créer l’illusion d’un fantasme parfaitement réalisé.

Le trait de l’auteure varie en fonction des circonstances. Vif et caricatural la plupart du temps, il se fait plus soigné lorsqu’il illustre le résultat filmé. Ce procédé nous permet de distinguer la réalité de la fiction et d’ainsi renforcer l’opposition entre les circonstances de tournage (souvent à la bonne franquette et soumis à des impératifs techniques et financiers) et le résultat final à l’esthétique explicite. Ben oui, pour filmer une double pénétration sans qu’une jambe ne vienne ruiner notre angle de vue, il vaut mieux, parfois, pour les acteurs, faire montre de souplesse et d’ingéniosité.

Rien ne nous est caché et le dessin en choquera plus d’un. En même temps, le sujet de l’album ne prête pas vraiment à équivoque… pas plus que la couverture de celui-ci.

J'ai dévoré ce récit, tant je l'ai trouvé vivant et instructif, explicite sans tomber dans de la vulgarité gratuite et étonnant à plus d'une occasion (le coup des cascadeurs m'a franchement ébahi). Je n'hésiterai donc pas à découvrir d'autres œuvres de cette collection et je ne peux que vous inviter à découvrir celle-ci, franchement sympathique.

Nom série  Le Club des prédateurs  posté le 26/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Classique de qualité.

L’intrigue de ce récit, son cadre victorien, ses personnages principaux et la manière dont le suspense est gérer : tout sent bon le thriller de genre, sans réelle surprise mais soigné.

Le titre suffit à lui-même pour vous donner un aperçu de l’intrigue.

Le cadre ? Londres en 1865, théâtre prisé s’il en est, qui permet aux auteurs de construire leur récit sur l’opposition des classes sociales et offre des décors glauques ou séduisants en fonction des circonstances.

Les personnages principaux sont directement identifiés tant ils répondent à des stéréotypes du genre. Une pauvre petite fille riche d’un côté, un ramoneur voleur, pauvre mais débrouillard de l’autre, voici pour les deux principaux. Les rôles secondaires, du père aristocrate imbu de son rang à la gentille orpheline en charge de jeunes enfants exploités, ne surprennent pas. Comme il s’agit d’un diptyque, ces caractères prévisibles sont un atout puisqu’ils nous permettent de directement nous concentrer sur l’intrigue.

La manière dont le suspense est géré est sans doute le point fort du récit. On plonge progressivement dans l’horreur et, même si les lecteurs les plus perspicaces devineront rapidement certains des aspects les plus repoussants de cette histoire, il n’empêche que l’on a toujours envie d’en savoir plus.

La fin de cette première partie se termine sur une image choc qui, bien entendu, nous donne envie de découvrir le second versant de ce récit.

Enfin, le dessin, soigné et bien typé, très lisible, dynamique au besoin, ne néglige ni les décors (dans lesquels on sent régulièrement une volonté d’authenticité) ni les expressions de visage.

En clair : ce premier tome est tout ce qu’il y a de plus agréable. Sans grosse surprise mais le lecteur obtiendra ce à quoi il s’attend. Et si vous êtes fan de ce genre d’univers, il n’y a aucune raison de vous en priver.

Nom série  Ovalon  posté le 11/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ovalon est une série destinée aux jeunes adolescents. Elle associe un univers magique aux influences celtes de type Harry Potter ou Merlin l’Enchanteur au… rugby dont elle se propose de nous faire (re)découvrir les origines d’une manière fantaisiste mais non dénuée de fondements historiques.

Le mélange peut paraître étrange mais le public ciblé devrait y trouver son bonheur. En effet, le récit, très dynamique, propose une trame qui a déjà fait ses preuves :
- 5 jeunes adolescents en guise de héros : deux frères risque-tout, une fille au caractère bien trempé mais plus tempérée, un cousin raisonnable mais courageux en guise de meneur auquel s’identifier et, enfin, le petit gros peureux et maladroit, inévitable cinquième roue du carrosse ;
- Une forêt interdite dans laquelle nos jeunes intrépides vont bien entendu s’aventurer ;
- Un jeu de soule revisité puisque pratiqué par des elfes, des gobelins, des trolls, des magiciens et auxquels nos petits amis vont être amenés à se confronter.

En fin d’album, un dossier consacré au rugby permet au jeune lecteur de retrouver dans ce récit fantastique les quelques éléments historiques plus ou moins bien cachés.

Ce n’est pas un récit révolutionnaire mais la manière dont il associe rugby et univers magique le sort de l’ordinaire. J’espère que la série trouvera son public car, tant au niveau du scénario que du dessin, le travail est soigné et le dynamisme qui se dégage de ce récit a de quoi séduire. Seul bémol : l'album se lit très vite, même pour un enfant.

Nom série  Vive la marée !  posté le 11/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Dans mon avis sur « La Marie en plastique », je déclarais –je cite- : « sans doute la série la plus mal dessinée à mes yeux mais méritant quand même un « franchement bien » enthousiaste ». Et bien, permettez-moi de vous faire un aveu : je suis un gros con !

Parce que, en fait, après lecture de ce « Vive la marée », je vous avouerai, quitte à passer pour un illuminé cette fois, que je suis devenu fan de David Prudhomme ! Ce type est un artiste es-découpage et, n’ayons pas peur des mots, un génie es-cadrages !

Et dire que je ne m’en étais pas rendu compte lors de ma lecture précédente… Honte sur moi ! Non mais sérieusement, regardez cette scène de voitures en enfilade durant laquelle on change de véhicule sans jamais perdre de vue les différents protagonistes ! Admirez les cadrages imaginaires de cette gamine sur la plage ! Deux exemples parmi d’autres. Fan, je suis devenu fan !!!

Mais, après ce mea culpa, quid du récit ?

Rabaté et Prudhomme nous proposent de passer une journée à la plage. Le récit saute constamment d’un personnage à un autre sans réel fil conducteur sinon que tous sont réunis dans la même station balnéaire aux allures normandes et familiales. Le récit est sautillant, plaisant (sans être hilarant comme pouvait l’être « la Marie en plastique »), fin (regardez donc le menu du restaurant 4,3,2,1 dans un coin d’une case – cherchez dans une autre les deux cyclistes croisés plus tôt alors qu’ils sont en mer), nostalgique (surtout pour quelqu’un qui, comme moi, a passé presque la totalité de ses vacances sur ce genre de plage familiale). Les personnages sont, pour la plupart, des beauf, des gens ordinaires, des râleurs par vocations. C'est vous et moi vus sous un angle gentiment ironique par un regard fin et tendre. Les dialogues offrent quelques magnifiques échanges dans lesquels le génie et la bêtise peuvent habiter la même phrase (« c’est dommage que la réalité ne soit pas tactile »). C’est doux, c’est frais, c’est tendre, c’est simple, c’est humain… et du coup, parfois, c’est très con.

Donc voilà : Vive la marée est un très bel album, David Prudhomme est un dessinateur atypique autant que talentueux, Rabaté demeure un conteur d’exception et ce livre va, je pense, occuper une place de choix dans mon cœur et ma bibliothèque.

Nom série  L'Île des Justes  posté le 11/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je serai moins enthousiaste que les précédents lecteurs.

Si cet album se lit bien, si le sujet abordé est intéressant, à titre personnel, j’ai quand même eu le sentiment de lire un récit gentiment romancé reprenant quelques clichés du genre, édulcoré à l’occasion et appuyant férocement sur le pathos dans sa scène finale.

Le dessin est soigné. Les personnages sont bien typés et expressifs. Les décors sont bien présents. L’ensemble est très lisible et plaira à un large public (dont je fais partie).

Non, ce qui m’aura vraiment dérangé (pour ne pas accorder plus qu’un 3/5 qui est quand même une cote très honorable), c’est le côté naïf et édulcoré (les personnages ‘disparaissent’, ils ne meurent pas – le résultat est le même me direz-vous, mais l’impact à mes yeux est bien plus doux) et le pathos appuyé du final (avec cette scène déjà mille fois vue du vieillard revenant sur les lieux du drame vécu dans son enfance et cette suggestion d’une histoire d’amour plus qu’improbable à mes yeux).

Nom série  Paul à la pêche  posté le 11/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un bel album de Paul. On retrouve les caractéristiques habituelles des albums de Michel Rabagliati : un rythme lent pour relater des événements du quotidien. Au début, je dois bien avouer ne pas avoir été passionné par le récit mais celui-ci bascule dans sa seconde partie vers un sujet plus touchant, moins anecdotique.

Dessin et découpage sont toujours aussi bien pensés pour maximiser la lisibilité de l’histoire. L’humour est présent par petites touches bonhommes. L’amitié et le respect d’autrui sont des valeurs omniprésentes. Finalement, à travers ces récits mettant en scène Paul, Michel Rabagliati nous dresse un portrait simple et sympathique, rustique et authentique du Québec et de ses habitants.

Nom série  Dimanche  posté le 11/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Deuxième album que je lis de cet auteur anglais et même constat pour moi. Jon Mc Naught intéressera, je pense, bien plus les professionnels de la bande dessinée que le lecteur en quête de divertissement.

Dimanche, c’est l’apologie de la monotonie, de l’ennui profond, de la journée durant laquelle on s’embête en attendant le lendemain. Le découpage de l’artiste lui permet de créer cette ambiance tout en langueur : ce dimanche passe comme un profond soupir d’ennui entrecoupé parcimonieusement d’événements anecdotiques qui, devant la platitude du reste, en deviennent presque distrayants. C’est le but recherché par l’auteur et il est parfaitement atteint.

Alors voilà, si les techniques narratives de la bande dessinée vous intéressent, jetez-y un œil. Le découpage réalisé est de qualité. Sinon, passez votre tour.

Ma note sera donc semblable à celle que j’ai attribuée à « Automne » puisque mon sentiment en fin de lecture est identique mais si Jon Mc Naught n’a rien d’autre à m’offrir que ce type d’album, je pense que je vais très vite me lasser.

Nom série  La Malle Sanderson  posté le 05/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai beaucoup apprécié l’ambiance et le début du récit. Rencontrer ce prestidigitateur qui ne cache pas le côté très terre à terre et l’aspect « mécanique bien huilée » de son art m’a changé de ces multiples personnages de magiciens incroyables et mystérieux. A ce titre, ce Sanderson sort du commun.

Le récit prend ensuite une direction plus déconcertante encore avec cette liaison dangereuse entretenue par Sanderson lui-même et une amante fascinée. Je me suis alors dit que ce roi de l’évasion allait avoir du mal à réussir un tour qui lui permettrait de disparaître aux yeux de la belle devenue quelque peu envahissante… et j’ai aimé cette analogie entre son métier, le tour qu’il était en train de préparer et sa vie privée.

La fin du récit, par contre, m’a quelque peu déçu. Il lui manque un effet de surprise tant tout semble suivre son cours avec une logique déprimante.

Il n’empêche que j’ai trouvé là un récit agréable à lire, original dans le chef de son personnage central, bien dessiné (même si, par moments, un peu plus de dynamisme dans le trait et d'expressivité au niveau des visages aurait été de bon aloi), bien découpé et bien écrit. Pas mal du tout, donc. Il ne lui manquait, en fait, qu’une conclusion plus marquante pour faire de cette malle Sanderson une œuvre hautement recommandable. Je n’en déconseillerai certainement pas l’achat mais un emprunt en bibliothèque peut suffire si vous n’êtes pas trop sensible à ce genre d’univers.

Nom série  Sweet Tooth  posté le 05/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sweet Tooth est un récit de genre. Un genre revenu à la mode depuis Walking Dead, je veux bien entendu parler de… récit post-apocalyptique (et non pas de zombie). On retrouve en effet quelques éléments moteurs des récits du genre : un pays dévasté dans lequel il est dangereux de s’aventurer seul, une dévolution démographique cause de multiples catastrophes, des humains qui se réorganisent en clans plus tordus les uns que les autres, un personnage à l’image virginale en guise d’anti-héros et, à ses côtés, un baroudeur d’apparence indestructible mais qui cache une faille et un lourd secret.

Rien de bien nouveau donc, de ce point de vue, mais d’originalité il est tout de même bien question puisque les causes de cet apocalypse nous sortent des lieux communs. Une pandémie suite à la propagation d’un étrange virus (bon, là, on reste en pays connu) qui n’épargne que certains enfants nés avec des malformations qui en font des êtres mi-humains mi-animaux (là, vous avouerez que c’est quand même bien plus original) serait la base de tout.

La première moitié de ce tome est vraiment très prévisible. Par ailleurs, le dessin de Jeff Lemire y est peu engageant. Si les décors et scènes d’action sont acceptables, les visages des personnages me posent question. En effet, l’auteur semble vraiment avoir du mal à les dessiner autrement que de face ou de profil. Les vues de ¾ me semblent des plus bancales et les expressions de visage des plus basiques.

Heureusement, le tournant scénaristique du milieu d’album (qui devient d’un coup moins manichéen même si toujours relativement prévisible) s’accompagne d’un gain en qualité et en finesse au niveau du trait. Par ailleurs, la structure du récit change également à cette occasion. Les deux personnages centraux se trouvent séparés et on passe alors d’un à l’autre –avec des flash-back en prime- au fil de chapitres par conséquent moins linéaires et plus dynamiques. Enfin, c’est à partir de ce moment que l’auteur s’attarde sur l’un de ses personnages pour lui concocter un profil psychologique plus abouti.

Bon ! Clairement, ce premier tome ne me fera pas crier au génie mais la progression entrevue lors de la deuxième partie de celui-ci laisse espérer que les deux tomes suivants gagneront encore en puissance, auquel cas je n’hésiterai pas à vous en conseiller l’achat. Actuellement, c’est encore un peu juste et je vous inviterais donc plutôt à passer par un emprunt avant de voir plus loin, sauf si vous êtes grand amateur du genre.

Nom série  Watertown  posté le 05/01/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici bien un récit qu’auraient certainement apprécié plus d’un réalisateur des années ’50 ou ’60, Hitchcock en tête ! Une mort étrange, une disparition suspecte, il n’en faudra pas plus pour décider notre anti-héros, agent d’assurance de son état, appliqué et consciencieux à défaut d’autres talents, à se lancer dans une enquête… dont il ne sortira pas indemne.

Et nous non plus ! Car ce récit écrit à la première personne est très immergent et résolument addictif. De fait, Jean-Claude Götting, l’auteur de ce policier old-fashion, nous livre une intrigue de prime abord convenue. Nous, lecteurs, nous amusons à précéder les déductions de son enquêteur improvisé jusqu’à ce que…

Je ne vous en dirai pas plus mais ce final a de quoi surprendre le lecteur. Il en décevra sans doute certains. A titre personnel, et après réflexion (oui, le choc est assez perturbant), j’ai apprécié la finesse de cette conclusion.

Pour le reste, comme je vous l’ai dit, j’ai trouvé ce récit accrocheur en diable. Le cadre (Watertown, petite ville sans histoire du Massachusetts), l’époque (le début des années ’50), la narration (très présente, elle rythme le récit et nous offre le rôle de confident), le style graphique (en totale adéquation avec l’époque et le genre du récit), la colorisation (qui ne fait que renforcer cet aspect vieillot du dessin) : tout était bel et bien là pour me forcer à ne pas abandonner ma lecture avant son terme.

En résumé : si vous recherchez un récit policier à l’ancienne, bien écrit, utilisant plusieurs clichés du genre mais capable de vous surprendre dans son final, n’allez pas plus loin ! Et même après lecture, ce récit m’incite à réfléchir sur mon propre comportement (ici dans le cadre inoffensif d’une lecture de fiction mais, qui sait, demain dans un cadre plus réel et potentiellement blessant).

Fin,… très fin…

Nom série  Il était une fois dans l'Est  posté le 15/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nouveau projet des auteurs de Pablo, ce récit historique évoluant dans le domaine artistique ne déconcertera pas les lecteurs de l’œuvre susnommée.

Nous voici cette fois emportés dans la grande Russie de l’entre-deux-guerres. Les années 20, judicieusement surnommées « années folles », sont un théâtre idéal pour ce récit aux portes du surréalisme.

Surréaliste, en effet, est le destin des deux personnages principaux : Serge Essenine et Isadora Duncan. L’un écrivain russe passionné et tête de proue du courant imaginiste, l’autre danseuse américaine d’origine irlandaise, habitée par son art et par l’utopie communiste, entre eux se tisseront des liens d’amour et de haine, destructeurs et vecteurs d’envolées créatrices dans le même temps. La passion, en somme…

J’ai eu quelques difficultés à entrer dans le récit. La faute, je pense, aux premiers chapitres anti-chronologiques qui m’ont quelque peu dérouté. Mais, rapidement, le récit se met en place. Son aspect historique intéresse tandis que les anecdotes tantôt drôles, tantôt édifiantes, tantôt dramatiques animent le fil des planches. La narration est particulière, les auteurs n’hésitant pas à faire dialoguer leurs personnages d’une manière très artificielle pour nous replonger dans le passé de ceux-ci. Ces dialogues, voire monologues improbables déconcertent dans un premier temps. Puis le charme opère, je ne m’inquiète plus de ce côté artificiel pour ne plus retenir que la destinée hors norme de ces personnages.

Le dessin, très brut et qui donne la part belle à la colorisation, n’est pas de ceux qui me font craquer. Il ne constitue cependant pas un obstacle à la lecture tant le découpage est dynamique et le trait expressif. Les pages consacrées à la danse laissent apparaître une belle sensibilité.

A réserver aux lecteurs aventureux, amateurs d’art au sens large et d'artistes habités en particulier.

Nom série  Carnets de thèse  posté le 03/12/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai trouvé cet album amusant et effrayant à la fois. Ce parcours du combattant, ce chemin de croix sur lequel l’héroïne perd illusion, santé, emploi, temps et argent nous est raconté avec beaucoup de dérision, ce qui allège la note. Il n’empêche qu’à y réfléchir à deux fois, le constat est dramatique.

Cet album parvient donc à concilier un aspect documentaire avec une dimension divertissante (oui, je me suis beaucoup amusé en lisant l’album). Il alarme sur un phénomène qui a de quoi déranger sans sombrer dans la déprime totale.

Coté dessin, Tiphaine Rivière va à l’essentiel. On ne peut pas dire que ce soit mal dessiné mais le trait est quand même assez raide, les expressions de visages sont peu soignées, les décors sont des plus secondaires (même si, de ce point de vue, j'ai déjà vu bien pire). Ce style convient cependant très bien au ton donné à l’album. Nous sommes dans un roman graphique documentaire, le but est de transmettre un message sans nous saouler (mais bien en nous divertissant), pas de nous faire rêver.

A lire, très certainement. Je ne dirais pas que j’en ferais une priorité d’achat mais j’aurais mauvaise grâce de vous en dissuader l’acquisition.

Nom série  Les Chemins de Compostelle  posté le 12/03/2015 (dernière MAJ le 02/12/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pas facile…

Pas facile de traduire en quelques mots les sentiments particuliers que cet album a fait naître en moi. Des sentiments étranges et parfois contradictoires qui rendent totalement subjective mon opinion quant à ce premier tome.

Tout d’abord, il y a l’auteur. Jean-Claude Servais fait partie de ceux qui m’ont ouvert à la bande dessinée réaliste. Je l’ai découvert avec « La Tchalette » il y a bien longtemps, il me parlait d’un monde qui m’est proche puisque nous sommes tous deux voisins et attachés à « notre » terre d’Ardennes, terre de légendes, terre de culture… Je suis donc toujours resté attentif à la sortie de ses albums mais ses dernières productions m’ont déçu. Je pense devoir remonter à « L'Assassin qui parle aux oiseaux » pour retrouver une œuvre de l’auteur dont le scénario me semblait réellement prenant. De ses talents d’illustrateur, par contre, je n’ai jamais douté et chacune de ses productions m’a toujours séduit de ce point de vue.

Et pourtant, avec ce premier tome, Jean-Claude Servais m’a touché avant tout par ses propos. Non que le scénario soit d’une grande originalité, et il demeure dans un univers proche de celui de ses autres œuvres, mais il y a dans toute la construction de cette œuvre une volonté de parler de transmission. Transmission de savoir entre un grand-père brasseur autant qu’alchimiste et sa petite-fille, surtout. Transmission de relai entre cette même jeune femme et Tendre Violette, l’œuvre phare de l’auteur, dont elle suit le chemin.

Ce récit cherche donc à relier le passé et le présent. Même la visite de la Grand’Place de Bruxelles est l’occasion pour l’auteur de nous montrer combien le passé de la ville marque encore ses bâtiments d’un empreinte matérielle mais aussi, et surtout (pour certains initiés) spirituelle.

Spirituel, le mot est lâché. Et il fait peur tant il est aujourd’hui rattaché à la religion. Et de religion, il en sera question via cette pèlerine débutant son voyage depuis le Mont Saint-Michel ! Mais par-delà un attachement à l’une ou l’autre église, la spiritualité qui se dégage de l’album tient plus de l’attachement à la terre, du devoir d’humilité de l’homme face à celle-ci. Le discours se veut écologique et moral, il peut irriter par son côté académique. Il m’a plu par sa sincérité, par cette volonté profonde de l’auteur de nous transmettre un savoir, une vision, par cette envie de nous faire partager ce qui, à ses yeux, constitue le sens profond de la vie. De notre propre vie mais aussi et surtout de la Vie en général.

La volonté de transmettre du grand-père à sa fille devient alors écho de cette même volonté de l’auteur envers ses lecteurs. Et les interventions de Violette provoquent une mise en abyme propice au questionnement. Et si cette série était la dernière œuvre de l’auteur ? Et s’il s’agissait pour lui de nous léguer un peu de sa sagesse ? Un peu de son amour pour la terre et les gens simples ?

Beaucoup de promesses donc, avec ce premier tome. J’espère vraiment que la suite du récit continuera dans cette lignée, avec une recherche introspective de l’auteur mais aussi une volonté de plonger le lecteur dans une démarche similaire, par-delà les péripéties du voyage. Surtout, je serais déçu si ce récit devait basculer dans une intrigue policière digne d’un fait divers. Jean-Claude Servais m’a ici fait entrevoir un fil narratif bien plus philosophique et personnel, et le fait que la série soit prévue en 7 tomes ne fait qu’accentuer mon sentiment qu’il s’agit d’une quête spirituelle de sa part.

J’attends la suite avec autant d’appréhension que d’impatience.


PS : côté dessin, c’est toujours aussi académiquement bon. Les représentations de la Grand’Place de Bruxelles sont superbes, tout comme celles du Mont Saint-Michel. Et le début de pèlerinage depuis la Gaume donne une fois de plus l’occasion à l’auteur d’illustrer sa région tel un immense jardin ouvert sur le monde.


Petite mise à jour après la lecture du deuxième tome :

Jean-Claude Servais conserve une certaine cohérence dans sa démarche et cet album est en lien direct avec l'oeuvre au noir (première phase de la transmutation alchimique). La notion de mort est très présente au travers du destin des personnages les plus présents et on sent chez chacun d'eux une évolution, une transmutation en devenir.

Par contre, l'auteur apporte au récit un aspect fantastique qui ne m'a pas spécialement convaincu. Je trouve que là, par rapport à ce que je pensais être sa démarche initiale, il s'égare et ne peut empêcher son amour des légendes et des univers fantasmagoriques de prendre le dessus.

Un petit bémol, donc, pour ce deuxième tome. Mais le récit me plait toujours et l'accent mis ici sur l'étrange lien qui unit Bretagne et Ardennes m'a beaucoup plu. A suivre...

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