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Nom série  La Source d'éternité  posté le 07/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai eu l'occasion de lire cette série restée inachevée et qui était parue dans le magazine Circus vers 1984, mais je ne l'avais pas lue car à cette époque là, la bande dessinée était déjà assez pléthorique depuis la fin des années 70, et l'offre était assez fournie. Il faut la situer absolument dans le contexte de l'époque parce qu'elle aligne pas mal de clichés, mais elle a quelques qualités.

Les aventures de jungle m'ont toujours attiré, c'est peut-être aussi pourquoi je reste indulgent avec cette bande réalisée par des auteurs allemands ; on est dans la jungle équatoriale, impénétrable, avec des tribus sauvages qui tournent autour d'un groupe d'explorateurs à la recherche non pas d'un trésor mais d'une source pouvant rendre immortel. J'ai l'impression d'avoir vu ça plein de fois dans des films de cinéma bis italiens (la Montagne du dieu cannibale de Sergio Martino) ou américains de série Z (Eve Venus sauvage), l'ambiance de la Bd étant très comparable, avec bestioles, mystères, action et une grosse dose de mysticisme.

Toutes ces situations sentent donc le déjà vu, les personnages sont stéréotypés, il y a aussi un peu de nichon, c'était le mot d'ordre des Bd Glénat dans ces années 80, et ça rassemble pas mal d'incohérences. Mais étrangement, malgré tous ces défauts ou clichés un peu gros, je ne suis pas parvenu à m'ennuyer, la lecture s'est avérée finalement assez plaisante, car il faut la juger avec un recul suffisant. Là dessus, le dessin n'est pas désagréable ni maladroit, c'est dans le ton des dessinateurs de chez Glénat de l'époque, donc j'en sors sans être déçu mais sans être transporté non plus, je doute simplement que ça puisse plaire à des lecteurs d'aujourd'hui, je crois qu'il faut avoir les yeux de quelqu'un de ma génération qui a bien connu le journal Circus...

Nom série  Fraternity  posté le 03/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ce diptyque possède une base d'histoire qui se suffirait à elle-même et en soi pas trop mal, mais je trouve qu'il y a trop d'éléments qui s'amoncellent et qui finissent par s'annihiler car aucun n'est dominant ; la trame de fond est la suivante : une communauté qui a décidé le partage des biens, connait une fin tragique à cause d'événements extérieurs qui viennent gripper cette belle organisation sociale. L'enfant sauvage est le premier, la créature de la forêt le second, tous deux permettent de secouer la léthargie et le train-train de cette communauté, même si déjà Josiah foutait un peu la merde en son sein.

Mais en réalité , la créature s'avère finalement inutile, son origine est inexpliquée (on dirait une sorte de Bigfoot), elle n'est là qu'en pièce rapportée et ne sert pas à grand chose, si ce n'est donner un peu de vigueur à cette ambiance presque morte, c'est l'enfant le déclencheur. S'imbrique aussi un semblant de romance pour essayer de donner un attrait supplémentaire, ça ne sert pas à grand chose non plus...bref j'ai l'impression que les auteurs ne privilégie aucune direction et ne savent pas trop où aller avec cette histoire. De plus, les personnages sont formatés à l'extrême, hyper stéréotypés (le vieux sage idéaliste, le bigot insupportable, le fauteur de troubles, la féministe etc...). Enfin, je trouve que le fantastique n'est pas tellement appuyé, si l'on excepte la créature, il y a bien quelques pages un peu étranges mais ce n'est pas du vrai fantastique pour moi, il y a plus un côté tragique dans tout ça. C'est donc une lecture qui m'a plutôt laissé indifférent et que j'aurais oublié sans doute dans 1 mois ou 2.

Reste le dessin de Munuera, auteur que je connais mal, je crois n'avoir jamais lu quoi que ce soit de lui, aussi je ne savais pas comment était son dessin ailleurs ; je l'ai bien reçu même si dans le tome 1, ça m'a un peu surpris, je trouve le visuel épatant, ça a de la gueule et le choix de différentes couleurs délimite différentes ambiances. La mise en page est très variée, surtout dans le tome 2, ça passe de très grandes cases à une page en gaufrier, enchainant les plans de façon très rapide, on a même une double page et des cases muettes qui permettent d'admirer la finesse du trait. Malheureusement, ce joli travail graphique ne suffit pas pour rehausser la qualité de cette Bd.

Nom série  Anibal Cinq  posté le 01/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai eu l'occasion de lire ces 2 albums peu connus parus chez les Humanos en 1990 et 92, je ne m'attendais pas du tout au résultat, rien qu'en feuilletant au préalable, je sentais que ça pouvait être amusant, mais ça a littéralement dépassé mon espérance.

Ce cyborg à la force colossale conçu par un vieux savant est un personnage très étonnant et très réjouissant, sorte de James Bond des étoiles dont la plupart des ennemis sont des femmes ; efficace sur les champs de bataille, il est aussi un grand amateur de filles, et il sait y faire pour les satisfaire sexuellement. C'est là que c'est drôle, et surtout complètement délirant, c'est un habile mélange de SF, d'érotisme, de fights destroy et d'humour au second degré. Jodorowsky lance cette Bd peu avant La Caste des Méta-barons, à un moment où il n'a pas encore d'idées trop métaphysiques et qu'il sait manier la fantaisie débridée en détournant les codes du space opera en les passant au tamis de l'humour et de l'érotisme joyeux. Les exploits virils de son héros sont un vecteur de rire bien barré dans une parodie poilante de science-fiction.

Le dessin est très plaisant, assez inspiré de ce que faisait Moebius à la même époque, avec de jolis contours et un trait fin très séduisant ; je connaissais mal Bess, n'ayant pas lu Le Lama blanc ou ses autres bandes, et je trouve que ça colle parfaitement au ton parodique et pas sérieux imposé par Jodo. Une bonne lecture de détente.

Nom série  Légendes de Troy - Ploneïs l'incertain  posté le 31/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je me souviens quand Paco avait posté cette Bd en 2014, quand j'avais vu cette couverture, je m'étais fait la réflexion suivante : "encore de la fesse légère chez Soleil dans un monde de fantasy qui plus est celui de Troy, encore une fois du Arleston bien calibré". Je m'étais plus ou moins promis de ne pas y toucher, les extensions sur l'univers de Troy étant tellement nombreuses, j'avais lu Cixi de Troy qui m'avait peu enthousiasmé et donc voila... Ben oui pas manqué, je m'aperçois en plus que ça fait partie d'une sorte de collection sur les Légendes de Troy, mais chaque histoire est un one-shot, tant mieux, je n'avais pas envie de me coltiner encore une série longue là-dessus, et comme cet album m'est tombé dans les mains, pourquoi pas ?

C'est l'exemple parfait du pur divertissement, de la BD légère, drôle, sympathique, sans prise de tête et sans complications. Le scénario en vaut un autre, il est bien écrit je trouve, Arleston part d'une idée intéressante et déroule quelques petits travers et avantages entre les sexes, en n'exploitant peut-être pas à fond cette idée, mais après tout c'est pas plus mal, car ça aurait débordé le cadre d'un album. C'est inventif, avec un humour léger, sans grosses brutes ou bestioles monstrueuses qu'on rencontre habituellement en fantasy, avec des répliques référencées comme celle rappelant un sketch célèbre de Chevalier & Laspalès ("Il y en a qui ont essayé, elles ont eu des problèmes")... bref c'est de la fantasy humoristique qu'il faut prendre pour ce qu'elle est, c'est à dire une excellente lecture divertissante.

Hubsch est dans son élément, j'avais bien aimé son dessin sur Le Chant d'Excalibur, et ici, il est joli et séduisant, très esthétique et mignon, avec cependant un petit inconvénient : la mise en page utilise une majorité de petites cases, si bien que les personnages ont l'air d'avoir des silhouettes petites et tassées. Mais l'ensemble est très plaisant.

Je préfère des Bd de ce style de temps en temps, au contraire de bandes trop complexes ou qui se prennent tellement au sérieux.

Nom série  Mister Hollywood  posté le 30/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce genre de parcours d'un idéaliste qui débarque dans l'usine à rêves d'Hollywood en croyant qu'il va tout de suite connaître le succès, n'est pas nouveau, ça a fait déjà l'objet de plusieurs films, romans, feuilletons TV... d'autant plus que la jungle hollywoodienne est impitoyable, on le sait, c'est un univers de chausse-trappes, de requins prêts à bouffer tout cru le premier gogo venu, et sans pitié, on en a de beaux exemples dans cette Bd où néanmoins, le récit est bien conté et pas ennuyeux, en démontrant à travers des personnages types, des portraits de menteurs, cyniques, profiteurs, faux-jetons, tous obsédés par l'argent et le succès.

Le reflet des embûches et des travers hollywoodiens s'incarne dans le producteur qui ne pense qu'au fric qu'un film peut rapporter, pourvu qu'il y ait aussi un peu de cul, le scénariste mielleux chevronné qui connait les ficelles du métier, qui joue le gentil parrain mais qui encule son monde dès qu'il peut, la starlette bimbo qui voudrait être reconnue pour autre chose que pour sa plastique avantageuse, le jeune scénariste naïf qui se fait embobiner et qui doit composer à écrire des trucs de merde afin de monter les marches du succès, le larbin qui joue les béni-oui-oui, l'intervieweuse sans scrupules qui fait les questions et les réponses... toute cette faune détestable basée sur des personnages réels (car il y en a) est bien analysée.

C'est pourquoi cette Bd est une immersion intéressante et instructive dans cette industrie qui jette de la poudre aux yeux, c'est bourré de références ciné, et chaque histoire se suffit à elle-même, le tout sonne juste et semble crédible, on sait, on soupçonne qu'à Hollywood c'est comme les auteurs nous le montre, un visage peu reluisant qui est le Hollywood d'aujourd'hui, l'art et le fun n'existent plus, seuls comptent le profit et la célébrité pour nourrir les magazines people et le net qui guettent les moindres frasques, à l'affût du moindre buzz.

Le dessin est un trait léger et fin qui n'est pas désagréable, même si ça manque un peu de maturité, mais dans l'ensemble, c'est sympa, et des lieux emblématiques sont bien reproduits, tel le fameux Grauman's Chisese Theater où ont lieu souvent les premières hollywoodiennes. Dommage qu'on ne sache pas si cette série va continuer, elle semble arrêtée alors qu'il y a de la matière pour faire d'autres albums...

Nom série  Terres Lointaines  posté le 29/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est reparti avec Léo dans ses mondes étranges, cette fois sur la planète Altaïr-3 qui ressemble à la Terre mais elle aussi peuplée de créatures bizarres, dont d'horribles bestioles très dangereuses, mais aussi des sortes de grosses créatures insectoïdes ou de crustacés géants intelligents et très forts ; être au look repoussant, le Stepanerk qui a un peu de mal à comprendre les humains, est une créature surprenante et intéressante.

La série est très similaire aux mondes d' Aldébaran, Léo est en terrain connu en écrivant cette histoire pour le dessinateur Icar avec qui il collaborera à nouveau sur Ultime Frontière ; c'est inventif, plein de trucs étranges, d'un tas de péripéties, et l'exotisme planétaire est ici agrémenté d'une histoire plus ou moins policière mouvementée qui compense le faible nombre de bestioles inventées pour l'occasion, de même qu'il n'y a pas de sexe ou d'érotisme.
J'ai bien aimé l'ensemble, même si j'ai eu l'impression que l'intrigue trainait un peu par moments, et le final dans le tome 5 m'a semblé un peu plat...

Graphiquement, Icar possède un trait fin dans le style de Léo, mais pas vraiment joli, c'est le moins attractif des graphismes avec qui Léo a collaboré jusqu'ici, je l'ai trouvé un peu léger, fébrile, pas très abouti, il ne s'améliorera que dans Ultime Frontière, à tel point que ça m'a légèrement dérangé parfois au début, mais au bout d'un moment, on finit par s'y habituer.

Nom série  Nico  posté le 28/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On rentre tout de suite dans le vif du sujet, ça ne perd pas de temps dans ce tome 1, le démarrage est rapide, j'aime ça !
Les auteurs jouent sur l'événement Roswell, la peur de l'inconnu et des Martiens, d'une invasion extraterrestre en 1947, juste après la guerre, c'est normal et c'est bien vu, de même qu'ils intègrent dans une uchronie la création de la toute nouvelle CIA qui a succédé à l'OSS, mais le récit reste une uchronie, avec des personnages réels comme le président Truman embarqués dans une histoire à moitié réinventée, et en faisant jouer un rôle totalement différent à Castro, c'est excellent. Sans compter que c'est bourré de clins d'oeil et d'allusions : les engins Thunderbirds, la Marque Jaune, le chat de Blofeld, les cameos d'Hitchcock et Truffaut etc...

Tout le prologue laisse à penser que le récit va tourner autour de Roswell, mais ce n'est qu'une amorce pour lancer une intrigue complètement délirante, ça bascule ensuite en récit dystopique, dans un futur de 1966 réinventé, où la belle Nico en figure archétypale de la greluche sexy façon sixties, se retrouve dans une mission à la James Bond. Duval lui donne un profil tonique et péchu assez voisin de sa Carmen Mc Callum.

Ce premier diptyque est captivant, imaginatif et amusant, mais le tome 3 m'a semblé plus banal et moins attrayant, avec un épilogue assez plat. Le seul inconvénient est peut-être que le personnage de Nico n'a pas tellement de substance, elle est aussi dépourvue de personnalité que Yoni, précédente héroïne de Berthet qui n'avait guère eu de succès.

Côté graphique, j'ai adoré, et je crois que Berthet a dû se régaler, son dessin qui sur Yoni était sans grand relief, retrouve ici toute sa qualité, c'est un vrai délice ; la finesse du trait qui confère une élégance à l'ensemble, colle parfaitement à l'époque traitée en mode rétro mais en même temps futuriste en 1966, la fluidité est très agréable à l'oeil.

Une série qui démarre fort en adoptant un rythme rapide, puis dont l'intérêt retombe dans des aventures plus classiques, aux rouages éprouvés, c'est un peu inégal mais ça permet une lecture très agréable.

Nom série  Lueur de nuit  posté le 27/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je connais peu Boiscommun que j'avais découvert il y a peu sur Meutes que je n'avais pas trop aimé. Le dessin est magnifique, il donne beaucoup de caractère à ce conte fantastique et accentue l'étrangeté du récit avec élégance et finesse. De ce côté, rien à dire, j'ai trouvé la partie graphique pleinement satisfaisante.

Au niveau narratif par contre, je suis plutôt déçu car je me retrouve devant un récit un peu creux et nébuleux qui aurait gagné à plus de développement. Un prologue étrange et fantastique en pleine tempête avec des personnages sur un frêle esquif, donne un peu le ton de ce que va être l'histoire, et comme souvent, ce prologue est relié à cette histoire un peu plus loin, mais la partie centrale du récit est très faible, indécise, vague, mystérieuse, peu consistante, avec des effets un peu forcés pour accuser l'aspect fantastique, en gros on en sait très peu sur ce qui se passe dans cette abbaye en ruines avec ces enfants. A la limite, ça m'a même semblé un peu fantaisiste, on a l'impression que c'est un mauvais rêve, sans doute faut-il l'interpréter ainsi...

Je reste persuadé que ce sujet aurait pu être plus captivant si ce type de fantastique avait été plus solidement charpenté, un peu à la manière des nouvelles d'Edgar Poe.

Nom série  Du plomb pour les garces  posté le 27/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ce diptyque traite de la célébrité, de la presse à scandale et d'un monde de strass racoleur, le tout dans un style de série Z. D'ailleurs, le tome 1 s'ouvre par une scène racoleuse de fille à poil et à gros flingue accomplissant une action dont je n'ai pas trop compris le sens et l'intérêt ; comme façon de se suicider, on peut trouver mieux...

Il y a dans cette Bd un petit côté trash, un peu tarantinesque dans la description des médias mélangés à des meurtres et du sexe, et on peut s'amuser à faire des analogies entre les personnages et de vraies personnalités (la chanteuse pétasse est carrément un décalque en plus salope de Madonna, tandis que la starlette Britney Spice fait penser à Britney Spears elle aussi en plus salope et surtout en plus dérangée de la tête).

La seule originalité de cette Bd vient de l'univers très féminisé en réaction contre ce que l'on voit dans les blockbusters US bourrés de machos musclés et forts en gueule : 2 stars du showbiz aux goûts lesbiens, une fliquette burnée qui n'a pas de si gros nichons que ça, une bodyguard latino qui se la pète, une cheftaine de police qui fait preuve d'autorité, une kidnappeuse déterminée, et accessoirement la gamine de la star, et sa boniche pleurnicheuse... les rares mecs vus ici sont carrément transparents.
A cela s'ajoutent un mélange de showbiz frelaté, de paparazzi vicieux et de police qui peine à trouver des indices et puis qui d'un seul coup par une facilité de scénario, se retrouve sans qu'on sache comment au bon endroit... bref un brassage qui ne m'a absolument pas intéressé ni diverti, j'ai l'impression que cette Bd est une sorte de défouloir pour les auteurs, Mangin utilisant en plus une technique narrative de pensées en voix off vite pénible.

Seul le dessin de Malnati m'a plu, c'est un trait que j'ai toujours apprécié, et ici même s'il l'a un peu simplifié, il a fait le job de belle façon, avec un dessin fluide et soigné.
Au final, un diptyque violent et sournois, un brin déjanté mais sans grand intérêt.

Nom série  La Mémoire d'Abraham  posté le 25/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cette fresque sur le peuple juif à travers le destin du scribe Abraham est une véritable saga de l'humanité, je m'attendais à quelque chose de mieux construit sur le peuple juif, mais j'ai trouvé ce récit légèrement ennuyeux, je ne sais trop à quoi ça tient, peut-être est-ce la narration, ou l'agencement du récit en lui-même... les personnages défilent un peu trop vite, il faut être attentif à la lecture car on passe vite d'Abraham à ses fils puis à ses petits-enfants, et toute sa descendance jusqu'à l'écrivain Marek Halter qui revendique sa filiation. On ne laisse guère le temps au lecteur de s'habituer à un personnage qu'il disparait déjà...

Je n'ai pas d'attachement particulier au sujet du peuple juif, mais son histoire m'intéresse quand même et je pensais que ça pouvait déboucher sur quelque chose de plus enrichissant, mais ce côté religieux a fini par m'agacer un peu, je sais bien que c'est très lié à la religion, mais finalement, n'ayant aucune conviction religieuse, je ne me sentais sans doute pas assez concerné. Et pourtant l'Histoire Sainte ne m'a jamais rebuté, mais sous cette forme, je n'ai pas été passionné. J'espère ne pas donner une image d'impie en faisant cette révélation, mais je n'aime ni la piété profonde, ni le fanatisme, et comme Karl Marx, je pense que les religions sont l'opium des peuples, c'est à dire qu'elles rendent les hommes dépendants.

A côté de ça, il y a aussi les Romains, et comme je n'aime pas cette civilisation avec son désir constant d'envahir et d'asservir les peuples, son désir de conquête de territoires, ça n'a rien arrangé, autant dire que lire cette Bd n'a pas été de tout repos, mais j'ai tenu le coup grâce à un élément favorable : le dessin d'Ersel que j'ai toujours apprécié dans toutes ses Bd. Le dessin de Dupré mettant en scène Marek Halter étant proche, ne dérange pas, ainsi que le dessin dans le tome 2 qui est également assez proche de celui d'Ersel, même si moins joli.

Au final, c'est un documentaire édifiant sur l'histoire du peuple juif, mais le traitement m'a paru un peu maladroit, trop rapide et pas passionnant.

Nom série  Grand Nord  posté le 25/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ces 2 récits courts situés dans le froid canadien sont assez pauvres en tension dramatique et ne sont pas parvenus à vraiment me captiver, ce sont des intrigues relativement classiques, encore que le premier qui est une histoire de vengeance, utilise des éléments atypiques et peu courants, mais honnêtement, je ne l'ai pas trouvé terrible. Le second récit a une idée de base intéressante, il est un peu mieux mais le dénouement n'est guère original. Bref, c'est de la grande aventure où se conjuguent les passions humaines imprévisibles, c'est surtout ce que je retiens de cet album, sinon ces 2 récits ne possèdent pas une réelle profondeur ; dans le même genre et le même décor, je préfère nettement Trent.

Le dessin de Vianello que je n'avais pas détesté sur Dick Turpin, montre sa similitude avec celui de Pratt, à croire que tous les gars qui ont collaboré avec le grand maître italien, ont subi son influence graphique, on retrouve aussi le même style dépouillé et simple, sans trop de décors sur les Bd de Stelio Fenzo (Capitaine Cormorant) qui fut aussi l'assistant de Pratt. Habituellement, je ne suis pas très fan de ce genre de graphisme surtout quand c'est situé dans un domaine aventureux comme ici, où je préfère un dessin plus détaillé, mais dans le cas présent, ça ne m'a pas trop dérangé.

Un album un peu en demi-teinte pour moi, mais qui n'est pas véritablement désagréable, c'est juste que je n'ai pas été entièrement séduit par l'ensemble.

Nom série  Le Casse - La grande escroquerie  posté le 23/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je pensais d'après la couverture prometteuse, que ce récit allait raconter un audacieux hold-up dans le genre du fameux train postal Glasgow-Londres dans les années 60, avec une ambiance anglaise d'époque qui m'a toujours fasciné, mais au lieu de ça, cette histoire sombre dans une sorte de méli-mélo confus et peu captivant.

Le dessin de Quet me déçoit un peu, je l'ai trouvé beaucoup moins appliqué que dans Travis, il a beaucoup moins de personnalité, c'est dommage car j'aime bien cette ambiance british des années 70 bien reconstituée avec ses rues, ses quartiers et ses boutiques, qui plus est le Londres de 1977 que j'ai connu lors de mes séjours linguistiques, mais tout ceci n'est qu'effleuré pour se focaliser sur une intrigue politique assez complexe sur fond de crise sociale. L'Angleterre à cette époque connait sa plus grande crise économique depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, en proie aux troubles qui l'agitent.

Je trouve qu'en fait de casse, ce n'est qu'un leurre, comme un prétexte, je n'ai pas eu l'impression d'assister à des préparatifs pour ce soi-disant casse comme dans les autres volumes de cette collection, on ne voit pratiquement rien de tout ça, les auteurs se concentrant sur l'ambiance d'époque qu'ils ont à coeur de soigner, mais pas sur la chose à dérober. Il faut bien être attentif à la lecture, car plusieurs éléments s'imbriquent l'un dans l'autre, se coordonnent dans un style brouillon, avant que l'opération ait vraiment lieu, il y a beaucoup de personnages dont l'interaction n'est pas claire, et des dérivatifs qui égarent le lecteur, entre l'histoire proprement dite, le concert des Sex Pistols, la vogue punk, les sous-intrigues avec les policiers... bref dès la lecture finie, je me rappelais à peine de ce que j'avais lu. C'est dommage, mieux élaboré, mieux construit, ce récit aurait pu donner un bien meilleur résultat, le décor d'époque étant lui, très réussi.

Nom série  Centaurus  posté le 01/02/2016 (dernière MAJ le 22/10/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Léo et Rodolphe se retrouvent pour un nouveau space opera associant SF et grande aventure, tout en évitant l'ennui du space opera classique. C'est reparti donc pour une expédition vers une planète hostile et sauvage, aux dangers potentiels, juste en changeant 2 ou 3 détails. Mais malgré des recettes déjà utilisées dans les mondes d'Aldébaran, je marche parce que j'aime ces thématiques, j'aime les personnages qui ont toujours soit des rapprochements, soit des petits conflits entre eux, j'aime les ambiances imposées par Léo, et ici en plus, j'aime le dessin de Janjetov.

Bizarre d'ailleurs ce dessin, Janjetov n'utilise pas l'ordi comme dans Les Technopères, mais adopte un peu le style de Léo, pour garder sans doute une sorte de lien graphique avec le reste des séries de ce dernier. Le trait est un peu moins raide, plus coulant, tout en étant très détaillé, avec des décors assez étonnants tel l'intérieur de ce vaisseau en forme de cylindre, sorte d'immense arche de Noé aux étranges paysages. Mais je n'aime pas les traits sur certains visages, c'est pas joli et peu utile, je les préfère carrément lisses.

Avec ce genre de récit, Léo et Rodolphe savent qu'ils peuvent laisser la porte ouverte à plein d'aventures, à de multiples rebondissements, à un suspense de folie comme ils l'ont montré déjà sur des séries précédentes. On devine aussi que c'est l'épaisseur des personnages et leur psychologie qui vont préoccuper les 2 auteurs complices, sans jamais oublier l'action, et visiblement, Janjetov retranscrit de belle façon ces aspirations. Tout ceci débute bien, c'est très plaisant, je n'ai donc qu'une envie : lire la suite à tout prix.

Et avec le tome 2, je suis servi ! satisfait de la tournure que ça prend, mais pas plus avancé dans l'histoire, car le récit continue sur la lancée du premier tome, les personnages principaux explorent cette nouvelle planète, on y voit des décors immenses comme des gigantesques entrepôts vides, avec encore quelques bestioles et étrangetés placées là pour intriguer le lecteur (et il y en a), elles n'influent pas trop sur la narration pour l'instant mais auront sans doute un rôle ultérieurement ; les auteurs parviennent à placer l'inévitable scène érotique qui manquait jusque là (mais elle est bien amenée), et ça se termine encore avec un de ces cliffhangers de folie comme seul Leo en a le secret, surtout que celui-ci est quand même sacrément étonnant ! En plus, il y a une sous-intrigue à bord du vaisseau assez surprenante. Bref, on n'est pas plus avancé même si ça a avancé en action et événements, je n'ai plus qu'à me morfondre et à attendre encore 1 an ou 2 pour connaitre la suite.

Nom série  Les Petits Hommes Verts  posté le 20/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'hésitais à poster cette Bd car elle hésite entre le dessin humoristique et la bande dessinée telle qu'on la conçoit ; sinon je possède 2 albums édités par Denoël en 1976, alors je suis ravi de voir qu'ils figurent désormais dans la base de données de BDT, après tout, il y a déjà des Bd utilisant le même fonctionnement (Mordillo ou Serre), alors pourquoi pas ? surtout que certaines pages offrent des cases stylisées par des sortes d'entourages vaguement esquissés imitant les cases géométriques que l'on connait. Je vais donc tenter de relever le niveau qualitatif de cette bande mais je ne serai pas objectif sans doute car moi j'ai toujours adoré les "Petits hommes verts" de Pat Mallet, ils m'ont tout de suite plu et fait rigoler dès leur apparition dans le magazine masculin Lui en 1970.

Ceci explique bien évidemment le caractère salace des gags ; tout est tourné vers le sexe, ces petits martiens sont non seulement rigolos par leur allure mais ils ne pensent qu'aux bonnes femmes et à piner, c'est leur seule préoccupation. Sur les 55 à 56 gags dans chacun des 2 albums que je possède, je n'ai en effet compté à chaque fois que 8 à 9 gags non sexuels, mais il faut l'accepter car comme je le disais, c'était destiné à Lui. Pourtant Pat Mallet a travaillé pour Sud-Ouest Dimanche, Paris Match et même Pilote où il a crée encore un petit extraterrestre Zoum le Vénusien qui lui n'était pas un obsédé sexuel.

Ce que j'aime particulièrement dans ces gags plus coquins que vraiment érotiques, ce n'est pas tellement le gag en lui-même qui fait preuve de l'imagination débordante de Pat Mallet, mais surtout la vivacité de son dessin pourtant très simple et peu élaboré, c'est un trait très expressif et très vif et mignon qui m'a toujours plu, je trouve que ça colle parfaitement à ces gags qui font gentiment sourire et qui restent fort sages à côté des gags de Edika qui eux aussi sont très sexuels mais plus agressifs. Le dessin de Pat accentue en plus le côté rigolo de ces petits martiens qui ont souvent le cul à l'air et 2 incisives proéminentes, même si je trouve ses idées souvent bien trouvées ; en tout cas sur mes 2 albums et sur d'autres dessins que j'ai pu voir dans Lui, je n'ai pas trouvé de gags tombant à plat comme c'est le cas pour d'autres dessins de ce type, certains sont meilleurs que d'autres, mais il y a une unité.

Mais comme je l'ai dit, je ne peux pas paraitre objectif, sans doute aveuglé par l'entreprise humoristique de Pat Mallet qui reste pour moi un des meilleurs cartoonists des années 70 et 80, et dont ses "Petits hommes verts" sont un grand classique de la profession. On peut donc avoir 1 album au moins pour découvrir la frénésie coquine de ces petits êtres.

Nom série  Neige  posté le 20/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Depuis longtemps, je repoussais l'échéance pour lire cette Bd car la multiplication des albums me faisait un peu peur, et lors de sa publication dans le journal Tintin en 1986, je ne l'avais pas lue ; et puis dernièrement, je me suis décidé, mais ce que je redoutais était bien réel. Je repoussais aussi la lecture car je gardais un souvenir peu enthousiaste du dessin de Gine sur Mathieu Lamy qui m'avait peu séduit. Finalement son dessin ici s'est bien amélioré, je l'ai bien apprécié, il est clair et lisible, c'est dans le style des bandes des années 80 qu'on voyait à l'époque, surtout dans le journal Tintin ou dans les publications Glénat, pas étonnant donc que la série soit passée chez ce dernier après les 3 premiers albums parus au Lombard, et surtout, ce dessin s'améliore encore plus et devient beaucoup plus élégant au fur et à mesure des années. Un bon point de ce côté là donc.

Mais côté histoire, ce n'est pas tout à fait ce que j'espérais. Les premiers albums sont intéressants et bien conçus, ils m'ont plutôt captivé car Convard installe un univers post-apocalyptique crédible et envoûtant ; l'idée de base est bonne : la détérioration du climat suite à des tripatouillages humains, je crois que ça arrivera un jour à force de vouloir toujours forcer la nature contre son cours naturel, c'est donc de l'anticipation bien vue, mais cet univers est pour moi exploité à moitié, Convard ne se focalise que sur cette stupide quête de 12 clés sans agrandir les possibilités du monde qu'il a crée et du potentiel qu'il peut offrir. Au lieu de ça, il verse dans la répétition et surtout s'englue un peu dans une intrigue qui n'avance plus qu'à demi, j'ai eu l'impression que les auteurs ne savaient plus trop quoi conter, c'est lent, ça n'avance plus, il y a des passages ennuyeux qu'on peut survoler sans qu'on soit paumé plus loin en reprenant le fil de l'histoire, il y avait donc de l'élagage à faire, je reste persuadé que cette histoire aurait pu être bouclée en 7 ou 8 albums.

C'est d'ailleurs cette limite que je me suis fixée : j'ai lu attentivement le 1er cycle jusqu'au tome 5, puis un peu plus superficiellement jusqu'au tome 8, et passé ce cap, j'ai laissé tomber, ne lisant la suite qu'en diagonale avec quelques arrêts sur images ou sur dialogues tellement ça devenait long. Tiens justement, les dialogues, parlons-en : ils m'ont semblé comme psalmodiés par endroits, presque artificiels, on dirait des dialogues de théâtre, bien ciselés, avec une étrange poésie désenchantée, ce n'est pas un défaut en soi, mais était-ce la Bd où placer ce genre de litanies ? D'autre part, le personnage de Neige est peu intéressant, il est un peu vide, sans réelle saveur bien qu'attachant, il ne sert que de lien aux nombreux personnages qu'il rencontre et dont certains sont bien plus riches comme l'Ecossais, le Doge ou Cueille-la-Mort...

Bon voila, je ressors à moitié déçu par cette lecture, c'est trop long, la série s'étale sur 20 ans et n'a plus grand chose à dire dans sa seconde partie, bref c'est dommage parce que l'idée générale aurait pu donner autre chose de plus captivant si Convard avait exploité toutes les possibilités mêlant la quête initiatique et l'odyssée aventureuse, mais ça reste quand même un grand récit humaniste, une sorte de classique aux dimensions d'un hymne à la liberté. Vraie note : 2,5/5.

Nom série  La Voix des anges  posté le 18/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
D'emblée, le dessin assez heurté me dérange un peu, certaines images ont belle allure alors que d'autres sont bizarres, comme bâclées, et quelques visages semblent déformés ou changeants. Le récit m'a paru plus fantastique que réellement science-fiction, bien qu'il y ait quelques éléments de ce genre, mais ça reste assez vague.

Les premières pages sont intrigantes et mystérieuses, on nous balance des informations pèle-mêle avec plusieurs personnages en différents endroits sans qu'on sache quoi que ce soit de clair sur ces interactions entre ces phases du récit, et puis ça le rejoint peu à peu. A ce titre, le tome 1 laisse perplexe ; le tome 2 fait avancer un peu l'intrigue mais seulement vers les 5-6 dernières pages, alors que tout ce qui précède fait figure de remplissage sans trop d'intérêt et surtout il n'y a rien de solide pour étayer cette narration, j'ai eu l'impression d'être baladé dans cette Bd.

Quant au tome 3, il est spécial, puisque terminé par un collectif de dessinateurs, Bignon étant disparu sans pouvoir achever ses dernières planches et sans pouvoir finaliser ce récit déjà bien chaotique ; on retrouve les dessins de Léo, de Juillard, de Rossi, de Mézières et de Ferrandez qui ont fait preuve d'une louable intention mais l'unité graphique de l'ensemble n'est pas terrible, d'autant plus que le final est décevant, certaines phases de ce récit sont complètement invraisemblables. Je ne peux donc pas dire que je me suis passionné pour ce triptyque, le scénario est approximatif, j'ai connu Rodolphe en meilleure forme...

Nom série  Frédégonde la sanguinaire  posté le 25/10/2014 (dernière MAJ le 18/10/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La collection des Reines de sang s'enrichit d'un bel album qui tient toutes ses promesses et annonce un beau duel. Je me demandais quand Delcourt allait prolonger cette série, c'est chose faite, et je crois qu'il peut penser à d'autres reines, car dans l'Histoire, des femmes ayant régné d'une poigne de fer et qui ont fait assassiner des gens, il y en a eu ; je pense notamment à Marie Tudor, Catherine de Médicis, Catherine II de Russie ou l'impératrice Tseu-Hi... voila de belles candidates.

Mais pour l'heure, voici Frédégonde, qui reste probablement l'une des reines les plus perfides, femme implacable, d'une ambition sans limite et dotée d'un immense orgueil, son existence sera jalonnée des crimes les plus innommables. Autant dire que le duo de femmes auteures a choisi l'une de leur condisciples les plus cruelles de l'Histoire ; elles ne font que relater la rivalité sanglante qui opposa Frédégonde et Brunehaut, mariées toutes deux à des frères rois des 2 provinces franques les plus puissantes, la Neustrie et l'Austrasie, dans ce Haut Moyen Age encore obscur et que l'on connait avec moins de précision ; il faut attendre le règne de Charlemagne pour que des chroniqueurs annotent sur parchemin les moindres faits et gestes des souverains. Mais on en sait suffisamment sur ces règnes de rois mérovingiens.

Cette partie de l'Histoire de France a déjà été brillamment évoquée par Patrick Cothias et Bernard Dufossé dans leur série Les Sanguinaires en collection Vécu, mais elle fut malheureusement avortée après 2 albums ; le sujet était abordé plus en avant, mais avec de solides références. Et là aussi, la façon dont Frédégonde manipule son amant et attend son heure est montrée subtilement, bref on ne s'ennuie pas un instant dans ce diptyque dont le second volume va réserver bien des surprises. Je ne le révèle évidemment pas pour préserver les lecteurs intéressés, mais ça va saigner croyez-moi.

Etant fasciné par ce Haut Moyen Age, je l'ai beaucoup étudié, vous pensez bien qu'une série comme celle-ci me convenait parfaitement, mais je conçois que le sujet puisse ne pas plaire. Encore que les auteurs n'insistent pas lourdement sur le plan politique, et se concentrent sur les personnages, en collant un peu d'érotisme très soft pour pimenter le tout. Le contexte est aussi enjolivé, alors que c'était encore une époque barbare et rude.
Le dessin est propre, clair et précis dans les détails décoratifs propres à cette époque, bref c'est du beau travail qui me ravit, en espérant que le second album soit du même niveau. En tout cas, Frédégonde est la reine de sang qui porte bien son nom, et qui surpasse allègrement Isabelle et Aliénor réunies.

Dans ce tome 2 qui s'achève avec la satisfaction du devoir accompli, Frédégonde se montre encore plus vile et plus cruelle, elle n'a qu'un seul but : prendre le pouvoir de façon absolue, et ce à n'importe quel prix. A chaque fois qu'elle se retrouve acculée, elle ourdit des stratagèmes qui relèvent de la plus haute perfidie, parvenant à ses fins à chaque fois, malgré la perte d'un fils ou de certains alliés qui l'aidaient dans sa tâche mortelle. L'album est un peu plus tourné vers la politique et ses sombres calculs, mais pas de façon appuyée, les auteurs ayant su trouver le juste équilibre entre ce qu'il faut de politique et les complots servant les desseins maléfiques de cette reine qui n'a vraiment aucune pitié. On ne nous montre pas sa mort, le récit s'arrêtant bien avant 597, lorsqu'elle berce son second fils Clotaire qui deviendra Clotaire II et qui mettra au supplice Brunehaut en 613. Les faits sont rigoureusement exacts, je n'ai pas vu d'erreurs ni dans les actes ni dans les dates, les auteurs ayant eu sans aucun doute une excellente documentation. Le dessin est aussi bon, bien qu'il m'ait paru sur 3 ou 4 pages un peu moins précis, mais c'est du beau travail qui permet d'illustrer de belle façon une période sombre de la France mérovingienne assez peu connue et difficile à conter avec tous ces personnages et ces événements violents ; il faut être concentré et attentif pour ne pas se faire larguer dans cette page d'Histoire, je conserve donc ma note.

Nom série  Reconquêtes  posté le 08/05/2014 (dernière MAJ le 15/10/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
D'emblée l'album éblouit par l'éclat de son dessin ; F. Miville-Deschênes m'avait déjà bien séduit sur Millénaire, aussi quand j'ai vu cet album avec sa superbe couverture et qu'en plus ça traitait de civilisations mésopotamiennes, je ne pouvais que m'y intéresser. Ces périodes antiques sur les Hittites, les Sumériens, les Scythes ou les Babyloniens sont très peu abordées en BD et très méconnues, c'est fascinant, et le manque de documents très précis (au contraire des civilisations grecques ou romaines) permet aux auteurs de broder un peu tout en préservant des détails réels (le nom d'Hamourabi évoqué atteste d'une certaine authenticité d'après ce que l'on sait sur ces peuples très anciens) et le respect de certains costumes et armes. Mais cette authenticité est toute relative car en fait les auteurs font de la fantasy antique, ils ont mêlé des peuples qui n'ont pas vécu tous à la même période, l'anachronisme sera cependant excusé tellement l'ensemble et le visuel sont beaux.

Quand c'est illustré par un dessinateur très doué qui réussit de superbes pages guerrières avec des éléphants et des combats farouches, de beaux visages féminins et une mise en page aux cadrages hardis, je dis bravo ! L'érotisme s'ajoute à la cruauté dans ce récit... on peut trouver ça un peu forcé, mais il faut savoir que les Sarmates était un peuple Scythe où le rôle social des femmes était à l'égal des hommes, elles chassaient à cheval, allaient à la guerre et ne pouvaient pas se marier tant qu'elle n'avaient pas tué un homme ; certains spécialistes ont évoqué la légende des Amazones à leur sujet. Le rapport au sexe et à la nudité de ces peuples n'était pas comme le nôtre, une Sarmate devait être fière de son corps, donc montrer sa poitrine était pour elle un signe pour s'affirmer. Le nu entrevu ici est parfois sauvage et bestial, et s'accorde bien à certaines séquences sanglantes et cruelles.

Tout cela est très prometteur, et depuis 2011 il n'y avait pas de suite, les auteurs ont enclenché un désir de curiosité qui doit se satisfaire absolument aussi bien sur le plan graphique que sur le plan scénaristique ; la voici enfin avec ce tome 2, et c'est toujours aussi beau. Le visuel prend le pas sur l'histoire car j'ai l'impression que le scénariste ne sait pas trop où il va, quoique la fin de ce tome 2 laisse augurer une suite intéressante. Miville-Deschênes offre de belles scènes de bataille avec des éléphants, des taureaux et des ours de combat, dans un fracas des armes très réussi, grâce encore à des cadrages audacieux. Les cases sont tellement chargées que l'oeil doit les scruter en détail. Certains personnages sont moins passifs que dans le tome 1, tel celui de la scribe babylonienne Thusia. L'érotisme latent est moins visible, mais le dessinateur excelle toujours dans ces beaux visages féminins, et on y voit en prime la destruction de l'Atlantide... ce tome 2 se révèle donc riche et semble servir d'intermédiaire dans cette saga prévue en 4 tomes.

Le tome 3 enfonce le clou et montre un peu plus d'audace scénaristique ; après une sorte de flottement, il se passe des trucs intéressants et plus cohérents dans cet album, le torchon brûle au sein de la Horde des Vivants, chacun se cherche des poux dans la tête, et un retournement de situation imprévu redonne de la vigueur à cette série qui n'en manquait déjà pas. Sur le plan graphique, c'est toujours du très grand art, Miville-Deschênes atteint une apothéose graphique dans son dessin qui regorge encore de scènes de combats titanesques, dont une double page entre éléphants et grosses bestioles à cou de girafe, de même qu'il y a encore des visages en gros plan superbes et à peu près autant de guerrières les nichons à l'air pour bien faire marronner les lectrices qui grognent... relax, après tout ce n'est que de la BD, dans nos musées, combien de statues montrent aussi des filles à poil ? et là on ne dit rien... Enfin voila, ça devient de plus en plus fascinant cette Bd, y'a plus qu'à attendre l'hallali !

Et le voici enfin dans ce tome 4, ça reprend pratiquement où s'est arrêté le tome précédent, le scénariste continue sur sa lancée et lance encore sa Horde des vivants contre ce roi Hittite qui veut les anéantir, mais ils useront d'un stratagème ingénieux pour en arriver à bout, il y aura aussi quelques pertes. C'est toujours aussi fabuleux au niveau graphique, Miville-Deschênes se surpasse encore plus dans ses scènes de bataille très détaillées et très fouillées, de même que dans des scènes de groupe (comme celle d'une avalanche en montagne), c'est tellement magnifique que l'oeil ébloui passe du temps pour détailler ces cases richement remplies. Et ces animaux fabuleux, ce griffon, ces grosses bestioles donnent un aspect fantastique étrange à cette Bd qui m'aura vraiment régalé.
La seule chose que je reproche à cette série, c'est que son scénario n'est absolument pas à la hauteur du dessin somptueux de Miville-Deschênes, l'histoire semblait patiner un peu entre les tomes 1 et 2, ça se reprend dans le tome 3, mais le 4 qui aurait dû être un truc dantesque livre un final logique et qui me convient mais pas si extraordinaire, je crois que Runberg aurait pu se fouler un peu plus pour élaborer un récit plus costaud, merde il y avait de quoi faire avec une telle mythologie mésopotamienne... imaginez quelle Bd de folie ça aurait pu être s'il y avait eu un scénario en béton dans un tel contexte antique et avec un dessin comme celui-ci !
Enfin j'ai apprécié quand même, c'est une belle lecture même si j'aurais toujours ce petit regret à l'esprit.

Nom série  Champs d'honneur  posté le 14/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette nouvelle série concept qui se focalise sur de grandes batailles ayant mis les troupes françaises face à des armées ennemies m'a tout l'air d'être sérieuse et bien élaborée, le traitement effectué par Gloris m'a paru très bien construit et bien scindé en 2 parties dans ces 2 premiers albums. Mais je subodore que la série comportera des tomes inégaux en qualité, c'est flagrant avec l'album sur la bataille de Valmy qui déjà n'est pas la période que je préfère en Histoire de France, donc même si j'ai visité le champ de bataille avec le moulin reconstitué, la statue et la stèle de Kellerman, ainsi que les panneaux explicatifs, et même si je suis un peu renseigné sur cette bataille, le traitement de l'album tend à perdre un peu le lecteur néophyte au milieu des armées nombreuses qui y ont participé, mais malgré cette petite confusion, je reste séduit par le principe de présentation qui n'amène pas directement le lecteur sur la bataille proprement dite, mais aussi sur les préparatifs et les raisons de cette bataille qui fut capitale en confirmant l'élan de la Révolution française repoussant des armées d'invasion de notre territoire national.

Ceux qui me connaissent se doutent que ma préférence ira vers l'album consacré à la bataille de Castillon, étant passionné d'Histoire médiévale, et ils auront raison, j'ai vraiment bien apprécié cet album qui prouve ce que je dis plus haut : le côté inégal des albums, et ici Gloris réussit pleinement son job qui est de mettre face à face seulement 2 bélligérants, et de faire comprendre clairement les enjeux de cette bataille qui me touche de plus près aussi, habitant Bordeaux, donc bien au courant de l'histoire de ma région, et cette bataille je l'ai étudiée de fond en comble, photographié les lieux (situés à 35 km de Bordeaux, sur la rive gauche de la Dordogne). Depuis plus de 25 ans, la bataille de Castillon est rejouée en son & lumières chaque été entre juillet et fin aout et connait un très grand succès, j'ai moi-même été figurant en 1999 où je jouais un modeste archer français...

Comme dans l'album de Valmy, Gloris découpe bien son récit , le rend vivant et passionnant par la préparation avant ladite bataille, les personnages sont bien typés, tous les renseignements sont exacts : la bataille de Formigny qui est une victoire décisive sur l'Anglois et qui lance la reprise du royaume des mains anglaises par le roi Charles VII, puis le siège de Falaise où 10 000 hommes et un déploiement efficace d'artillerie permet d'emporter la ville appartenant aux Anglais, c'est la dernière bataille de Normandie qui achève la reprise de ce duché. Bordeaux ensuite, capitale du duché de Guyenne est bien prise en 1451, puis lors du débarquement de Talbot sur les côtes du Médoc en 1452, elle se rend de nouveau aux Anglais qui avaient favorisé l'essor commercial de la ville. Elle ne redevient française que le 19 octobre 1453, soit 3 mois après Castillon. Bref, toutes les dates et faits sont exacts (à 3 ou 4 jours près), Gloris a bien potassé ses manuels.

Il fait également bien ressortir le fait que Talbot était dépassé, c'était un vieux guerrier qui vivait dans une époque où la chevalerie était révolue, place à l'artillerie des frères Bureau qui permettront la victoire, Talbot n'acceptant pas les temps nouveaux, sera victime de son empressement (car il n'attend pas sa propre artillerie et veut en découdre avec une charge de cavalerie à l'ancienne) et le paiera de sa vie ainsi que celle d'un de ses fils. Aujourd'hui, sur les bords de la Dordogne près du champ de bataille, il existe un monument Talbot, ainsi que sur la route entre Castillon et Bergerac, à la sortie de la bourgade, il y a un beau monument dédié aux frères Bureau, 2 témoins qui rappellent que ce fut la bataille qui mit fin à cette fameuse guerre de Cent Ans, longue de 115 ans, entrecoupée de trèves, où les Français auront essuyé de rudes revers (Crécy, Azincourt) mais à la fin, ils sont vainqueurs, et l'Anglois n'aura plus que Calais comme enclave sur le sol français jusqu'en 1558. L'Aquitaine des Plantagenêt avait vécu.

Un mot sur le dessin qui m'a bien plu aussi, c'est un dessin clair et précis, costaud et très soigné, j'aime ce genre de dessin très voisin de la série des "Reines de sang" (Aliénor surtout), idéal pour identifier facilement les protagonistes et les décors. Celui de l'album sur Valmy est bon aussi, il y a une unité graphique sur ces albums qui est respectée.

Voici donc un bon début de série, où 5 albums sont prévus, je trouve ça un peu dommage, les batailles étant nombreuses impliquant des Français qu'elle pourrait très bien se poursuivre avec d'autres tomes, espérons que le reste sera de la même qualité.

Nom série  L'Iliade  posté le 11/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Comme pour Prométhée et la boîte de Pandore, ce premier album d'un triptyque tient ses promesses et me réjouit car non seulement j'aime la Mythologie grecque mais aussi tous les épisodes de l'Antiquité grecque qui sont pratiquement tous coordonnés par les dieux de l'Olympe, et dans cet album, les auteurs montrent comment les hommes sont les jouets de ces dieux qui se réjouissent de leur infortune et de leurs malheurs, les deux sont liés indéfectiblement, et ici l'implication des Olympiens est prépondérante.

Ici encore, j'aime le dessin qui possède une similitude avec celui de Prométhée et la boîte de Pandore, il est peut-être plus costaud, plus puissant, avec une double page sensationnelle. Et là aussi, Clotilde Bruneau réussit du beau travail en adaptant cette guerre de Troie et en déroulant les épisodes connus : les origines du récit, la pomme de Discorde, le jugement de Pâris, la colère d'Achille, l'orgueil du fier Agamemnon... c'est un épisode capital de l'histoire de la Grèce antique qui n'a pas trop de 3 albums pour conter l'intégralité de cette guerre qui fut chantée par Homère, il y a beaucoup à dire. C'est énoncé clairement, de façon précise, sans détournements fantaisistes, c'est donc lisible à tout âge.

Ce premier tome démarre bien et je garde espoir pour la suite qui ne peut qu'être de qualité au vu de ce qui est présenté (le coup de coeur viendra sans doute, attendons). C'est une histoire indémodable qui a été souvent adaptée de façon atypique, transformée en différentes sauces SF ou autre, on apprend beaucoup sur l'humanité à travers ces mythes si on en décrypte l'enseignement et la portée philosophique.

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