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Nom série  Hibakusha  posté le 02/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Hibakusha se traduit par "les survivants de la bombe", celle d'Hiroshima bien sûr. En racontant le séjour d'un allemand, traducteur au service des nazis, envoyé au Japon sur la fin de la seconde guerre mondiale, Thilde Barboni et Olivier Cinna permettent de rendre hommage à ces survivants et à un pays meurtri par la bombe, en intégrant aux faits historiques une histoire romantique entre cet homme et une jolie japonaise. Avec un tel sujet et une couverture esthétique et attirante, il y avait matière à faire quelque chose d'intéressant et fort.
Mais je fus déçu.

La déception est venue dès les premières pages.
Graphiquement déjà, le dessin n'est pas à la hauteur de la couverture. Avec un trait raide, assez lâché, et des ombrages en aplats noirs jetés comme des coups de feutre noir, il s'adapte mal à l'ambiance poétique et sentimentale que cherchent à mettre en place les auteurs. En outre, passé le bel accord de rouge et de blanc des jardins japonais et de la belle en kimono, les autres couleurs s'harmonisent mal entre elles et brisent d'autant plus le charme. Et s'il s'avère qu'Olivier Cinna a le coup de main pour offrir de très jolis profils de femmes, ce n'est plus la même affaire quand il les dessine sous d'autres angles ou quand il s'agit tout simplement d'hommes. Il m'est même arrivé quelques fois de me demander si c'était bien la même personne qu'on voyait d'une case à la suivante.

Quant à l'intrigue, alors que sur le papier, son résumé parait attrayant, sa mise en scène ne fonctionne pas pour moi.
Il y a cette scène d'introduction n'apportant pas grand chose au reste de l'histoire, avec cette femme à propos de laquelle déjà, à cause du dessin, je me demandais au départ si c'était la même que sur la couverture, et où la narration est si abrupte que je me suis demandé s'il manquait une page expliquant pourquoi elle fuyait soudain si vite la voiture.
Il y a ensuite ces quelques passages volontairement lyriques où le narrateur, alors inconnu, épanche ses sentiments sans avoir au préalable laissé le lecteur s'imprégner de l'ambiance et d'une envie d'un tel élan mélancolique. Mais heureusement, ces passages s'expliquent mieux à la relecture quand on sait qui parle et quelle est sa condition.
Puis il y a le récit concret avec cette mission d'un allemand envoyé au Japon. Là, le sujet est clair et intéressant mais on ne fait que rester à la surface des choses. Quand on le voit arriver à Hiroshima en 1945, on se doute bien que ça va mal tourner. Et pourtant jamais je ne me suis senti emporté par les émotions du héros ou par la force de ce qu'il pouvait bien subvenir. Il m'est resté étranger, de même que sa brusque passion amoureuse, et l'intrigue est restée plate alors que le sujet de ces ombres de l'explosion nucléaire était pourtant évocateur et puissant.
Je suis donc déçu parce que je m'attendais à mieux.

Nom série  Corentin - Les trois perles de Sa Skya  posté le 02/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n'ai lu la série Corentin que sur le tard et je n'y ai pas accroché à l'époque car elle avait déjà trop vieilli à mes yeux. Et entre temps, elle m'était plus ou moins sorti de la mémoire. C'est donc avec les yeux d'un néophyte que j'ai lu cet album hommage réalisé par Van Hamme et Simon pour les 70 ans de la série.

J'ai d'emblée été séduit par la classe du dessin. Il est beau et très élégant. Certes son style réaliste fait légèrement désuet mais c'est parfait pour un tel hommage. Le soin apporté aux planches est tel qu'on sent vraiment la passion du dessinateur pour ces lieux exotiques et l'ambiance de cette série à l'ancienne.

L'histoire quant à elle se lit très bien. Elle conserve le côté un peu naïf de la série originelle et ses rebondissements un peu convenus ne vont pas foncièrement captiver un lecteur moderne mais l'intrigue tient la route et est plutôt plaisante. C'est tout ce qu'on attend d'un album hommage, le contrat est bien rempli.
J'imagine que si Corentin faisait partie de mes bons souvenirs de jeunesse, j'aurais encore plus apprécié cet album là.

Nom série  Le Musée des Bozarts  posté le 01/05/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En utilisant l'outil humoristique, Bloz et Karinka proposent au grand public, jeunes comme adultes, de découvrir les artistes célèbres du 19e et début 20e siècle, impressionnistes, post-impressionnistes et autres fameux sculpteurs. Idéal pour permettre à de jeunes lecteurs de découvrir en quelques mots qui était Monet, Manet, Van Gogh mais aussi des noms un peu moins connus tels que Bonnard ou Valadon.
Pour cela, deux types de gags en une planche. Soit des saynètes mettant en scène les artistes eux-mêmes dans leur époque et leur milieu, soit d'autres ayant pour acteurs les jeunes visiteurs d'un musée et leur guide. Et presque à chaque fois une petite fiche d'introduction rappelant le nom de l'artiste, son style et son oeuvre la plus connue.

J'ai apprécié cette lecture car elle n'est pas bête du tout, assez instructive et amusante sans jouer dans le gag forcé et stéréotypé. Le dessin est lui aussi très plaisant, typé humour et un peu déjà vu mais efficace et bien colorisé. Les gags mettant en scène les enfants au musée ne m'ont pas tellement plu mais j'ai par contre souvent aimé ceux mettant en scène les artistes qui sont plutôt bien trouvés et parfois bien drôles.

Nom série  Mao Zedong  posté le 26/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Même quand j'apprenais au lycée l'histoire de la Chine révolutionnaire du 20e siècle, j'étais perdu au milieu de tous ces événements militaires, politiques et de toutes ses circonvolutions. Du coup, aussi célèbre que soit le nom de Mao Zedong, son petit livre rouge et sa Révolution Culturelle, j'aurais eu bien du mal à me figurer correctement son parcours politique complet et ses réalisations. J'étais donc intéressé par la possibilité d'une biographie en bande dessinée bien racontée que m'offrait cet album.

Celui-ci a la particularité d'axer sa narration sur un point de vue très engagé : celui de la veuve de Zhou Enlai, premier Premier Ministre de la République Populaire de Chine, qui a longtemps évolué aux côtés de Mao. Et quand je dis très engagé, je veux dire que c'est un pur réquisitoire à charge à l'encontre du Petit Timonier qui est présenté comme un opportuniste détestable, arrogant, mégalomane et dangereux.
C'est original car à la propagande officielle du Parti Communiste Chinois s'oppose cette vision très amère et pleine de reproche de cette vieille femme. Si bien qu'un lecteur aussi néophyte que moi peut en venir à se demander où est la vérité ? Faut-il croire pleinement tout ce que dit cette femme, qui évite soigneusement d'attribuer la moindre action positive à Mao Zedong, ou faut-il envisager un entre-deux où Mao aurait eu des qualités et des défauts ?

La lecture pourrait du coup être intéressante, instructive et amener à la réflexion... sauf que c'est très mal raconté.
Le premier tiers, voire presque la première moitié de l'album, est indigeste tant il noie le lecteur sous les informations, les noms, lieux et dates. La confusion est en outre accentuée par des sauts chronologiques en avant et en arrière qui paraissent presque aléatoires. Quelqu'un qui connait déjà plutôt bien l'histoire de la Chine dans la première moitié du 20e siècle pourrait éventuellement s'y retrouver, mais moi j'ai eu un mal de chien à ingurgiter ces informations et à m'y retrouver. Et ce faisant, j'ai trouvé ça simplement pénible à lire et ennuyeux alors qu'il y avait de la matière historique très intéressante derrière cette suite de faits et d’événements.
Quant au dessin, il est de bonne facture mais peu enthousiasmant. Trop classique et guindé, je l'ai trouvé à peu près aussi ennuyeux que pouvait l'être la narration.

Moi qui ai récemment lu Darwin, une biographie en bande dessinée qui alliait une excellente documentation avec un récit prenant et plongeant le lecteur dans l'aventure d'une vie humaine exceptionnelle, ici j'ai eu droit à l'inverse avec un récit confus et assommant où les auteurs n'ont pas su vulgariser et rendre captivante l'histoire complexe de Mao et de la Chine révolutionnaire.

Nom série  Jules Verne et l'astrolabe d'Uranie  posté le 24/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série est une plongée dans le fantastique et dans un très réaliste décor français, maritime puis américain de la seconde moitié du 19e siècle. Nous y sommes placés aux côtés de l'écrivain Jules Verne, d'abord dans sa jeunesse pour l'introduction, puis au faîte de sa carrière pour le cœur du récit. Alors qu'il se lance dans un voyage vers les Etats-Unis avec son frère à bord de l'impressionnant Great Easter, ex-Leviathan, il est confronté à des événements surnaturels qui paraissent en lien avec un fait troublant de son passé sur les quais de Nantes.

C'est un bel hommage à l'esprit d'aventure, d'imaginaire et d'exotisme du célèbre écrivain, même s'il semble, à lire le premier tome, que le scénario penche un peu plus vers le fantastique que les œuvres de Verne. Les auteurs donnent vraiment vie au port de Nantes du début 19e siècle, puis à Paris, aux navires transatlantiques et à l'Amérique encore semi-sauvage de 1867.

En cela, le graphisme presque photo-réaliste de Carlos Puerta fait des merveilles. Je peux me tromper mais il semble qu'il ait travaillé sur la base de photos d'époque qu'il a retouchées ou redessinées en détails et sur lesquelles il a intégré avec un grand soin ses personnages comme issus de photos d'acteurs en costumes. C'est très bien fait, très joli, et le procédé offre des décors remarquables. Pourtant il y a parfois comme une sorte de léger effet de flou sur les personnages et certains visages sont un peu durs à reconnaître (je pense notamment au frère de Jules dont je me suis demandé plusieurs fois si sa barbe ne changeait pas d'une case à la suivante). Et puis le réalisme des personnages est parfois tel qu'on retrouve malheureusement à certains moments l'aspect figé et non naturel d'un roman-photo lors de certains dialogues. Dommage mais heureusement ce n'est pas le cas sur toutes les planches. Car pour le reste, c'est très beau et très vivant.

L’histoire, quant à elle, est très intriguante. Si l'on s'en tient au seul premier tome, le mystère reste complet. Quel est donc cet astrolabe ? Quel rapport avec les événements que vit Jules Verne devenu adulte ? Quel rapport avec cette cantatrice disparue, ancien amour de l'écrivain ? Que sont ces apparitions qu'il observe ? Et finalement, qui est ce bizarre bonhomme qui semble au cœur de tout cela ? L'énigme ne se laisse absolument pas deviner pour le moment. Et si la narration tient la route, quoique j'ai trouvée un peu abrupte le passage entre le débarquement du bateau et la route en train vers les chutes du Niagara, les éléments mystérieux sont si nombreux et à priori si différents que l'intrigue parait un peu décousue et qu'on peine à voir où cela va nous mener.
De ce fait, la lecture est belle et agréable mais il lui manque un peu le côté accrocheur qui donne fortement envie de lire la suite. Je la lirai quand même sans aucun doute.

Nom série  One-Punch Man  posté le 13/05/2016 (dernière MAJ le 20/04/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après l'avoir trouvée simplement plaisante en début de lecture, je finis par trouver cette série de plus en plus sympa et prenante au fil des tomes.

Je connaissais son concept, assez original pour une publication japonaise puisqu'il s'agit d'histoires de super-héros mais au sens parodique du terme. Le héros est en effet un chauve maigrichon qui ne paie pas de mine mais il a comme occupation d'être accessoirement le super-héros le plus puissant de l'univers. Tellement puissant que quelque soit l'ennemi aussi monstrueux ou titanesque qui l'affronte, il le massacre d'un unique coup de poing à chaque fois. A tel point qu'il en est complètement blasé et frustré.

Le récit tord donc les concepts habituels du genre et des mangas d'action et de fantastique. Les méchants impressionnants, représentés de manière majestueuse et effrayante, n'ont souvent même pas le temps de donner leur nom qu'ils sont expédiés. Les autres super-héros, avec leur sens de l'honneur et de la majesté, sont tournés en ridicule par ce gringalet qui achève leurs Némésis comme on se cure une crotte de nez.
Les auteurs jouent la carte de l'humour et c'est vrai que ça marche assez bien, avec régulièrement des passages ou gags qui amènent le rire. Ce n'est pas foncièrement hilarant pour autant car trop couillon ou prévisible pour être vraiment drôle, mais la lecture de chaque tome est un bon moment de détente et d'amusement.
Il manque aussi un peu une véritable intrigue d'ensemble en fil rouge. Il faut dire qu'avec un héros capable de battre n'importe qui en une pichenette donc il est difficile d'imaginer ce que les scénaristes peuvent mettre en place pour donner vraiment du piquant et du captivant au scénario. Mais l'intégration d'un Saitama complètement décalé dans un véritable société de super-héros amène quelques moments bien sympathiques et finalement on accroche simplement pour le plaisir de la lecture.
D'autant que le dessin tient très bien la route et rend l'ensemble fluide et agréable à lire.

C'est donc une série très sympa, qui sort des sentiers battus surtout en matière de manga, et dont je lirai la suite avec plaisir.

Nom série  Joséphine Baker  posté le 16/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est une biographie dans le sens le plus classique du terme, même si on sent l'affection particulière que les auteurs portent à celle dont ils décrivent la vie, ne serait-ce que dans la somme d'informations et le nombre de pages qu'ils nous offrent. Nous avons droit à un rappel des faits de toute la vie de Joséphine Baker, de sa naissance jusqu'à sa mort, présentés de manière factuelle et externe, avec le plus souvent son bon côté mis en valeur et quelques plus rares fois ses quelques menus défauts, notamment avec ses différents amants qu'elle n'a pas toujours bien traités. Il faut dire que j'ai été surpris par la quantité d'amants qu'elle a eus : on dirait que dès qu'elle rencontrait un nouvel artiste, écrivain ou autres, il finissait immanquablement dans son lit, qu'elle soit déjà mariée ou pas.

Cette vie est mise en image avec le dessin de Catel que je trouve techniquement limité. On sent un manque d'aisance dans les visages, notamment dès que ceux-ci sont très connus comme ceux de Gabin, Charles de Gaulle ou Grace Kelly et où les angles de vues sont alors figés et le trait parait différent. Certains dessins sont même vraiment ratés comme celui où une Joséphine triste enlace son guépard. Malgré ces reproches, la narration graphique est bonne et la lecture agréable.

En ce qui concerne le récit en lui-même, j'ai trouvé les débuts et l'arrivée à la gloire de Joséphine Baker intéressants. Savoir comment elle a fini par enfin réussir est instructif, sur sa motivation, son état d'esprit et l'époque dans laquelle elle vivait. J'ai été par contre étonné d'à quelle vitesse elle est passée de la misère à la grande fortune : j'ai du mal à comprendre comment des spectacles de music-hall pouvaient rapporter autant d'argent à l'époque où ils n'étaient bien sûr pas diffusés à la télévision ou autres.
Ensuite les quelques années avant la guerre où elle est au faîte de sa gloire sont un peu plus ennuyeuses et j'ai légèrement décroché.
L'intérêt est revenu avec la façon dont elle s'est impliquée aux côtés de la France Libre pendant la seconde guerre mondiale puis il s'est réinstallé pour de bon avec ses ambitions et réalisations en faveur du multi-culturalisme et de la fraternité entre tous les peuples. Même si elle manquait de réalisme, notamment financier, son combat et son message sont vraiment à féliciter.

Bref, c'est une biographie intéressante et instructive. Elle ne m'a pas passionné mais j'ai pris plaisir à la lire.

Nom série  Le Meilleurissime Repaire de la Terre  posté le 13/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est réellement destiné à la jeunesse, pour des enfants aux alentours de 8 ans je dirais. Sur un ton léger et pas prise de tête, il fonctionne comme un remède à l'ennui pour les lecteurs et pour sa jeune héroïne qui voit soudain sa triste journée pluvieuse se transformer en deux jours où il se passe des choses incroyables dans son immeuble. Un fourmilier sort des lattes du plancher, venu de l'appartement du dessous métamorphosé en forêt vierge, et avec les deux petits-enfants de la propriétaire disparue, avec qui elle s'amusait à construire des cabanes, ils vont tous les trois partir à la recherche de cette dernière.
C'est un récit plutôt frais et divertissant, même si évidemment il n'est pas très crédible et si son ton est un peu trop enfantin pour un lecteur adulte.
Le dessin ne m'a pas vraiment plu. Il est peu détaillé et ses couleurs bigarrées ne me plaisent pas. Pourtant, je salue sa personnalité indéniable et je me dis que certains peuvent tomber sous son charme.
Globalement, c'est un album que j'estime pas mal pour divertir de jeunes lecteurs, mais vu le faible plaisir qu'il a pu m'apporter, je le trouve trop cher pour en conseiller l'achat.

Nom série  Darwin  posté le 12/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Quand on lit une biographie en BD d'un personnage célèbre, on peut parfois tomber sur un ennuyeux récit des faits, éventuellement instructif mais souvent sans saveur. Ou on peut tomber comme ici sur un récit qui nous plonge dans la vie d'un homme comme dans une aventure qu'on nous fait partager et qui nous montre bien en quoi elle a été exceptionnelle.
Car la vie de Darwin a été une aventure. Une aventure sous la forme d'un voyage exotique de 5 ans autour du Monde, mais aussi une aventure scientifique avec des découvertes qui vont à l'époque bouleverser le monde civilisé et aller à l'encontre des préjugés établis.

Le jeune Charles Darwin est présenté comme un homme instruit, humble et intéressé par tout ce qui l'entoure, un ami pour ses nombreux proches avec qui ils peuvent discuter et confronter leurs idées. On découvre bien vite le caractère exceptionnel du périple auquel il est convié, en compagnie d'un capitaine de navire lui aussi très ouvert et intelligent, et d'autres compagnons, peintre et marins, qui forment une belle équipe.

Par le biais de cette BD, j'ai appris beaucoup de choses sur l'état d'esprit des premiers pas de l'Empire Britannique au début du 19e siècle, son avancée scientifique qui n'avait rien de l'Angleterre figée et rigoriste qu'on imagine ensuite dans les dernières années de l'ère Victorienne, et comment la civilisation s'étendait en Amérique du Sud, dans le Pacifique, en Australie et en Afrique du Sud. Je ne savais rien non plus de ces indiens de la Terre de Feu qui avaient été "civilisés" à Londres avant de revenir en missionnaires sur leur terre natale à bord du même navire que Darwin. Et c'est avec cette lecture que j'ai pu constater à quel point la théorie de la sélection naturelle était novatrice à l'époque et tellement à l'encontre des idées religieuses que Darwin lui-même a eu du mal à admettre sa possibilité et à oser l'énoncer officiellement.
L'ensemble est mis en scène avec un dessin de très bonne qualité et une narration claire et agréable à lire.
Bref, c'est une très bonne biographie qui se lit comme un intelligent livre d'aventure et d'exploration scientifique.

Nom série  Chronosquad  posté le 11/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C'est vrai que cette série est bien. Elle est surtout très prenante et bien foutue.
Elle met en scène un monde où le voyage dans le temps à vocation touristique est largement développé et où des agents spatio-temporels se chargent de régler les problèmes liés à des touristes fugueurs ou à des contrevenants venus d'autres époques dans chaque ère de l'Histoire humaine. Le héros est une nouvelle recrue de cette agence et il est tout heureux de participer à sa première mission, même si ses partenaires sont nettement plus désabusés.
Cette idée n'est pas forcément novatrice : Poul Anderson, Isaac Asimov et bien d'autres auteurs de SF ont déjà imaginé de tels policiers temporels. Et même en BD, on en trouve plusieurs comme Valérian et autres Brigade temporelle. Mais quand c'est bien fait, c'est toujours sympa à lire. Et il y a tellement de possibilités à explorer sur ce thème.
C'est le cas ici, avec ces idées de parcs à thème situés sur différentes époques, prenant soin de ne pas se faire remarquer des populations locales, ou encore de ces volontaires qui décident de s'installer et vivre pour de bon à telle ou telle époque. Et à côté de ça, le scénario de la série met en scène plusieurs intrigues en parallèle qui sont énigmatiques et captivantes.
Bref, c'est très chouette. Et le dessin aussi est sympa et plaisant.
En fait, il n'y a que le héros principal qui me plait moyennement. Aussi bien au niveau du dessin où le côté caricatural de son visage avec son nez énorme détonne un peu par rapport aux autres personnages plus réalistes, qu'au niveau de son caractère que je trouve agaçant, à mi-chemin entre le gaffeur professionnel et le m'as-tu-vu idiot à lunettes de soleil. Heureusement que ses connaissances historiques et ses capacités à enquêter compensent ses pénibles défauts. Et j'ai fini par le trouver finalement agréable.

Ce que je note surtout, c'est que chaque album se lit vite tellement on rentre bien dans l'histoire et on voit leur fin arriver avec appréhension car on voudrait que ça dure plus longtemps et parce qu'on veut absolument savoir la suite. Donc c'est très bien.

Nom série  L'Épouvantable Peur d'Épiphanie Frayeur  posté le 10/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dans un monde à la Lewis Carroll et une atmosphère un peu plus sombre à la Tim Burton, nous suivons la petite Épiphanie dans un univers onirique à la recherche d'une solution pour se débarrasser de la peur de son ombre qu'elle a depuis qu'elle est toute petite. Cette ombre la suit en effet comme un animal sauvage et géant et l'empêche de vivre sa vie normalement.
C'est la métaphore d'un travail thérapeutique que les auteurs nous offrent de découvrir. La jeune héroïne rencontrera successivement un guide, un psychothérapeute, un dompteur et autres voyantes... jusqu'à finir par trouver elle-même la clé de sa guérison.

J'ai beaucoup aimé le graphisme de cette BD. Mêlant ombres sinistres et couleurs douces et chaudes, avec un héroïne très mignonne, il est proche de la belle illustration et est très agréable à la lecture. Cela fait un beau bouquin.
L'histoire, pour sa part, m'a laissé un peu sur ma faim. Le récit ne décolle jamais, cela reste une succession de rencontres bigarrées de manière un peu convenue dans ce genre de récit initiatico-métaphorico-onirique. Et jamais aucune de ces rencontres n'amène de solution à l'héroïne avant qu'elle ne finisse par prendre sur elle, laisser parler sa colère et trouver elle-même sa solution. C'est un peu décevant, presque ennuyeux. De la même scénariste, sur un thème similaire et là aussi avec un beau dessin, j'avais été nettement plus apprécié Aristide broie du noir. Avec cet album là, j'ai l'impression d'une redite, avec un très beau dessin mais un récit moins original et astucieux. Ah, si, j'ai bien aimé le petit inventaire de phobies imaginaires en fin d'album.

Nom série  Poil de Carotte de Jules Renard  posté le 09/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Poil de Carotte est un roman de Jules Renard. C'est aussi le surnom d'un garçon roux vivant à la campagne au XIXe siècle avec ses parents, son frère et sa sœur. Sauf que pour une raison ou une autre, sa mère a une nette préférence pour ses deux aînés et Poil de Carotte, le cadet, est considéré avec nettement moins de bonté, voire même carrément brimé. Pour dire les choses simplement, s'il y a une corvée à faire, ce sera lui qui devra s'en charger, et sa mère ne lui laissera rien passer de ses petites bravades d'enfant. Et le tout est raconté une dose d'humour proche du rire jaune ou de l'ironie caustique.

Je n'avais que survolé le roman dans ma jeunesse et cette adaptation m'a donné l'occasion de redécouvrir le récit de Jules Renard et de le trouver pas mal du tout, assez drôle. J'ai trouvé qu'elle permettait bien de savourer son ton spécial et amusant. Pourtant certaines de ces histoires semblent un peu tomber à plat, ou s'arrêter en court de route sans réelle chute. Mais les scénarios de chacune sont assez édifiantes et le ton est juste.
Côté dessin, j'ai eu un peu de mal à m'habituer aux visages dessinés à la manière de caricature. Ceux de Poil de Carotte et de sa famille notamment ont l'air rabougris et concentrés au milieu de leur visages autour d'un long nez. J'ai mis du temps à m'y faire. Mais au-delà de ces visages, le reste du dessin est plutôt sympa et efficace.

Bref, c'est là une assez bonne adaptation et la structure en histoires courtes du roman de Jules Renard convient bien au format BD.

Nom série  Les Voyages d'Ulysse  posté le 08/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un peu comme Gaston, je suis assez déçu par cet album dont j'avais lu tellement de bien.

Qu'y ai-je trouvé ?
Le beau dessin de Lepage mais je ne l'ai pas trouvé aussi enthousiasmant et dépaysant que dans d'autres de ses oeuvres. Je préfère notamment Voyage aux îles de la Désolation ou Un printemps à Tchernobyl.
Le dessin virtuose de René Follet mais je n'y ai jamais tellement accroché. Je trouve son réalisme trop sérieux et un peu déprimant.
Une intrigue un peu trop romantique et artificielle, avec une héroïne belle, forte et écorchée vive par un passé mouvementée, un jeune et bel artiste doué qui s'attache à elle, de beaux décors romanesques et une quête motivée par une histoire dramatique et poétique... Mais le tout manque de crédibilité à mon goût. La capitaine riche d'un navire qu'elle mène à droite à gauche de la Méditerranée comme un yacht qui n'a jamais besoin de gagner d'argent, un inconnu rencontré complètement par hasard et qui, justement, a été très proche de celui qu'elle recherche et connait lui aussi par cœur des poèmes d'une traduction en particulier de l'Odyssée, l'impression que tous les artistes et amateurs d'art des rives de la Méditerranée se connaissent et se sont déjà rencontrés... Le monde est petit, et trop sentimental à mon goût.

J'explique là ce en quoi l'album n'a pas su toucher mes goûts personnels. Mais objectivement, c'est quand même une belle BD, au scénario, décors et personnages originaux et à l'intrigue assez bien menée. Je ne suis pas tombé sous son charme mais je reconnais volontiers sa qualité.

Nom série  Le Coup de Prague  posté le 07/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un récit d'espionnage à l'ancienne dans tout ce qu'il a de plus classique. Se déroulant en Europe centrale, entre Vienne et Prague, en 1948, il mélange ambiance d'après seconde guerre mondiale et début de la guerre froide, anciens nazis et futur KGB. Sa particularité est de mettre en scène des personnages historiques réels et de les intégrer dans une intrigue fictionnelle mais crédible, qui pourrait bien être véritable sous couvert du secret.
L'héroïne y est une femme. Pas une vamp, ni une baroudeuse, c'est une simple ancienne actrice s'étant engagée pour les services de renseignement anglais durant la guerre. Maintenant que celle-ci est finie, elle travaille désormais pour une société cinématographique et lui fait profiter de ses nombreuses relations à Vienne en permettant à un de ses scénaristes, romancier célèbre, de rencontrer de troubles personnages de la ville autrichienne pour préparer son futur film. Sauf que quand on a trempé une fois dans l'espionnage, il semble qu'on ne puisse plus s'en éloigner. Et il y a beaucoup trop de gens qui tournent autour de ce fameux scénariste, lequel cache visiblement ses vraies motivations à sa guide.

Le style graphique de Miles Hyman participe de l'ambiance de vieux classique de cette bande dessinée. Proche de l'illustration, il est soigné, sobre et il s'en dégage une atmosphère sérieuse et grave. En élégantes couleurs directes, il est agréable à lire et à regarder.

L'intrigue, pour sa part, tient la route. Elle contient quelques péripéties un peu stéréotypées, comme les deux espions qui se tuent mutuellement comme par hasard, mais ce n'est pas déplaisant.
Comme dans la plupart des récits d'espionnage, il faut parfois s'accrocher pour s'y retrouver entre les personnages masquant tous leurs intentions et les nombreux non-dits. Ne serait-ce que l'explication finale qui dévoile les clés de l'intrigue et le message que fait passer le film du fameux scénariste sont en eux-mêmes un peu ardus à saisir. D'autant que s'y ajoutent, si le lecteur était curieux d'en savoir plus, plusieurs pages de texte dense et complexe en fin d'album qui détaillent les faits historiques concernant les deux protagonistes principaux du récit et le film en question. J'avoue m'y être un peu perdu car ils abondent d'informations sur des sujets, des personnages et des œuvres dont je ne connaissais absolument rien.

Si vous êtes amateurs de bons vieux récits d'espionnage à l'ancienne, ce bel album est pour vous. Gare cependant à ceux qui sont plus réticents à aborder un intrigue complexe et demandant une petite part de réflexion et d'érudition pour être bien assimilée.

Nom série  Gauguin - L'Autre Monde  posté le 06/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Gauguin a déjà donné envie à plusieurs auteurs de BD de raconter sa vie et son oeuvre. Il faut avouer que son style artistique coloré et envoûtant a de quoi charmer les dessinateurs. Cette nouvelle BD là, ne déroge pas à la règle, avec son graphisme très inspiré de celui du peintre, mais aborde la biographie de l'artiste par un angle assez original.
Je vous explique.
L'album s'entame par une vingtaine de pages qui s'apparentent à un bref résumé de la vie de Gauguin, un récit au rythme rapide qui parait survolé et presque frustrant. Mais c'est voulu. Car à la fin de cette introduction s'en vient la mort du peintre. Et là, son âme rencontre le dieu tahitien de la mort avec qui il va cheminer et à qui il va raconter sa vie cette fois de son point de vue personnel. C'est ainsi qu'avec lui, on va revenir plus en détails sur tous ces moments qu'on vient d'apercevoir brièvement et qu'on sera placé dans l'état d'esprit et l'imaginaire de l'artiste.

Cette plongée intime dans la vie de Gauguin est intéressante et plutôt bien menée. Il s'y mêle des escapades imaginaires, des fantômes de son passé et de ses passions, ainsi que le folklore mythologique polynésien.
Le tout est mis en image de très belle manière, mélangeant les styles, mais le plus souvent inspiré de celui de Gauguin lui-même et de ses couleurs étonnantes. C'est joli, varié, et on sent que l'auteur y a mis une bonne partie de son âme. Pour qui aime ce style graphique, c'est un vrai plaisir pour les yeux.
L'histoire dans son ensemble ne m'a pourtant pas forcément enthousiasmé. Je suis resté un peu hermétique à l'obsession artistique de l'auteur et à l'égoïsme peu attachant qu'il implique pour lui et ses proches. Disons que j'ai trouvé le récit instructif mais qu'il ne m'a pas passionné.

Nom série  Dragon Ball Super  posté le 05/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En vieux fan de Dragon Ball, j'ai un sentiment un peu mitigé vis-à-vis de cette nouvelle suite. Comme beaucoup, j'ai été très très échaudé par DBGT que j'ai trouvé simplement médiocre et préféré oublier. Du coup, c'est avec satisfaction que j'ai appris que Toriyama allait lui aussi l'oublier et remplacer les aventures de la Z Team post-saga Boo par quelque chose de complètement différent. Pour autant, j'avais eu un peu de mal à apprécier le film mettant en scène Beerus et j'avais trouvé insignifiant celui sur le retour de Freezer. Et depuis, je n'ai suivi que de très loin les épisodes animés de Dragon Ball Super. J'étais juste amusé de voir la série prendre le même angle de vue que l'excellent fan-manga Dragon Ball Multiverse (que je suis depuis des années et qui se bonifie en permanence), à savoir celui d'imaginer des combats avec des guerriers d'univers parallèles à celui de notre bon vieux Son Goku.

Du coup, j'attendais la version manga de Dragon Ball Super pour avoir quelque chose de concret à me mettre sous la dent et voir comment tout cela serait mis en scène.
L'entame de la série est un peu bancale car elle résume en une petite poignée de chapitres l'intrigue des deux films, celui sur Beerus étant raconté assez rapidement et avec un angle un peu différent, et celui sur Freezer étant presque résumé en une unique page. Avec un rythme narratif aussi rapide, ceux qui n'ont pas vu les films seront probablement un peu perdus, avec notamment des Super Saiyan rouges et bleus qui semblent sortis du chapeau. Mais l'important était de présenter le fameux Dieu de la Destruction, puis son frère jumeau, et ainsi permettre de mettre en place l'intrigue principale autour des univers parallèles.
Et là le récit reprend un rythme plus classique et plus agréable. On retrouve les combats originaux chers aux amateurs de DBZ. On retrouve le côté couillon et l'humour léger de Dragon Ball. Et le tout, en tout cas pour ce qui concerne les 2 premiers tomes du manga, sous la forme d'un petit tournoi (petit en nombre de participants, pas en terme de niveaux de puissance) comme on les aime.

Le dessin de Toyotaro est bon et efficace. Mais je me rends compte que, techniquement parlant, certains dessinateurs amateurs et fans comme Asura sur DB Multiverse dessinent bien mieux. En outre, le fait que le manga soit en noir et blanc pose problème quand l'intrigue joue sur des histoires de cheveux bleu, rouge puis rose plus tard. Ce qui passe en dessin animé en couleurs, ne passe pas bien dans le manga, et du coup j'ai par exemple appris bien plus tard qu'à un moment donné Végéta était passé Super Saiyan Blue alors que je le croyais simple Super Saiyan.

Bref, mon avis est mitigé car j'aurais pu me contenter de la série Dragon Ball originelle et de sa fin qui me convenait très bien. Cette suite permet de satisfaire les envies d'amateurs qui veulent voir leurs héros vivre de nouvelles aventures, et elle n'est pas mal, divertissante et relativement prenante. Mais je ne la trouve finalement pas tellement meilleure que les meilleurs fan-mangas.

Nom série  Chiisakobé  posté le 05/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'avais lu beaucoup de bien de ce manga qui était sensé sortir des sentiers battus. Au final, je suis un peu déçu car je l'ai trouvé bien fait mais lent et peu enthousiasmant.

L'auteur s'inspire d'un roman de Shūgorō Yamamoto se déroulant durant l'ère Edo mais l'adapte librement dans le Japon moderne. Il y raconte l'histoire d'un jeune charpentier qui essaie de faire perdurer l'entreprise familiale après l'incendie qui a tué ses parents et qui se retrouve en même temps entre deux femmes avec qui il a des relations aussi complexes que son caractère est renfermé.

Le manga dénote par son style narratif, lent et posé, et par ses personnages qui cachent leurs intentions et leurs peines derrière des masques stoïques et souvent mutiques. Le dessin est bon et soigné, avec des mises en page aérée et une narration claire. Le personnage principal, ce jeune maître-charpentier, a des allures d'étrange hipster avec ses cheveux longs et sa barbe hirsute, sa tenue vestimentaire débraillée et ses postures raides et refermées sur lui-même.
Je l'ai trouvé assez antipathique et pénible avec son entêtement et son refus de s'expliquer à son entourage. Il faut attendre le troisième tome pour comprendre un peu ses motivations mais elles font preuve pour moi d'un archaïsme nippon que j'apprécie peu. Et l'histoire, du fait de sa lenteur et du manque de communication entre les personnages, m'a légèrement ennuyé même si je lui reconnais une certaine authenticité et justesse dans le ton.
Bref, je n'ai pas accroché mais ce n'est pourtant pas un mauvais manga.

Nom série  Imbattable  posté le 04/04/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pascal Jousselin n'est pas le premier à jouer avec le média BD et à faire évoluer son héros au-delà des cases de ses planche. Fred, Gotlib, Greg, Lécroart, M.-A. Mathieu et d'autres ont déjà mis en scène de telles situations et concepts brisant le quatrième mur et utilisant la forme même de la BD, avec ses cases, ses bulles et ses pages comme autant d'éléments influant sur l'histoire et sur leurs personnages. Là où Jousselin se différencie, c'est qu'il a bâti toute sa série sur ce concept et sur celui d'un super-héros décalé dont le super-pouvoir est de pouvoir interagir entre les cases de chaque planche.

Si l'idée initiale est amusante, on peut se dire qu'on en aurait vite fait le tour. OK, Imbattable voit son adversaire dans les cases du bas de la page donc il sait ce qu'il va se passer et peut l'attaquer directement via les autres cases voisines. Même s'il faut surmonter une certaine confusion à la lecture, c'est bien fait, mais est-ce tout ? Eh bien non, puisque l'auteur continue à développer les idées du même genre en introduisant des personnages avec d'autres pouvoirs liés à la bande dessinée, jouant sur les bulles de dialogues, sur la perspective ou encore sur le passage d'une planche à une autre. Il s'amuse même à découper un morceau de page au moment où celle-ci se fait désintégrer par un savant fou, permettant au lecteur et aux personnages de voir au travers. Et comme l'espace inter-iconique dans une BD est lié au temps qui est sensé s'y écouler, jouer avec les cases c'est aussi jouer avec le temps de la narration, et cela donne parfois lieu à un joyeux fouillis.

Nous avons ainsi droit à une série d'action humoristique qui fourmille de bonnes idées ou qui en recycle d'autres avec efficacité et un bon sens du rythme. L'humour est décalé, légèrement absurde, à l'image de ce super-héros débonnaire et un peu mollasson qui n'en reste pas moins effectivement imbattable puisqu'il connait toutes les ficelles du médium dans lequel il évolue : les planches d'une bande dessinée. Certains gags sont très bons, d'autres moins hilarants mais on ne peut s'empêcher de sourire devant les idées mises en scène et les dialogues un peu couillons.

Nom série  Tocqueville, vers un nouveau monde  posté le 30/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dans "Quinze jours au désert", livre paru après sa mort, Alexis de Tocqueville racontait son voyage en 1831 avec son ami Gustave de Beaumont dans la région des Grands Lacs à la recherche de la nature sauvage et des indiens fiers et braves tels qu'ils se les imaginaient. Lors de ce périple, ils vont découvrir à quel point la civilisation occidentale américaine s'étendait déjà à une vitesse vertigineuse, modifiant son environnement et le mode de vie des peuplades indiennes. Ce n'est qu'après avoir dû pousser aussi loin que possible que les deux voyageurs purent enfin atteindre une zone où les villages n'étaient pas les petites villes proprettes américaines qui se ressemblaient toutes et où les indiens n'étaient pas devenus des clochards misérables et ivrognes. Ce constat un peu amer et édifiant amena ainsi l'auteur à s'interroger sur l'impact de la civilisation occidentale sur le monde et sur son sentiment mitigé entre les bienfaits qu'elle apportait et la façon dont elle corrompait et faisait disparaître la nature sauvage et les peuples indigènes.

C'et ce récit que Kévin Bazot adapte en bande dessinée, permettant d'ajouter au récit de Tocqueville une mise en image mettant en valeur les décors historiques et les paysages grandioses que les voyageurs de l'époque pouvaient admirer.
L'adaptation est bonne et on ne sent nulle lourdeur dans la narration. Il y a peu d'action mais le rythme est bon et on sent l'aspect exploration aventureuse du récit.
Les dessins sont de très bonne qualité, agréables et frais. Les personnages sont bien rendus, les décors travaillés. Et l'auteur nous offre même quelques beaux paysages en pleine page. Ceci dit, sur certaines mises en page en double page, j'ai parfois hésité quant au sens de lecture des scènes et dialogues qui m'a paru non intuitif.
Je dois dire aussi que malgré l'aspect aventureux et la beauté des décors, l'émotion est peu passée à la lecture en ce qui me concerne. Ni les textes ni la mise en scène ne m'ont vraiment touché, me donnant presque l'impression de lire le journal de bord d'une expédition scientifique plutôt que le récit du voyage extraordinaire, initiatique et exotique de deux jeunes explorateurs. Seul l'aspect instructif de comment se déroulait la conquête du Nord-Ouest américain à l'époque m'a vraiment marqué et intéressé.

Nom série  Murderabilia  posté le 29/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Troisième série d'Álvaro Ortiz que je lis et là encore je salue l'originalité de son scénario. Sur fond d'ambiance de road-movie à l'américaine, il aime à mettre en scène des personnages originaux et des situations étonnantes. Ici, c'est l'histoire d'un jeune homme désœuvré qui rencontre un collectionneur d'objets ayant appartenu à des tueurs en série ou ayant causé des morts spectaculaires. En même temps qu'il s'interroge sur ce personnage, le héros va s'installer dans le motel d'une bourgade paumée et se mettre en couple avec la jeune propriétaire de l’hôtel.

L'histoire n'est donc pas mal, un peu surprenante. Le dessin et la narration graphique sont également bons dans leur simplicité et leur efficacité. J'aime aussi le travail sur les couleurs un peu rose et désaturées.
Pourtant, je dois dire que le côté morbide de l'intrigue et des idées qu'elle contient ne m'enthousiasme pas. Ce n'est pas ma tasse de thé. Je me suis notamment ennuyé sur les quelques pages inventoriant les objets du collectionneur. De même, je n'ai pas trouvé les protagonistes sympathiques : ce ne sont pas des personnages auxquels je peux m'attacher et qui me donnent envie de suivre leurs histoires.
Donc ma lecture fut assez divertissante et m'a fait passer le temps, mais ce n'est pas un album que j'achèterais personnellement.

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