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... a posté 752 avis et 137 séries (Note moyenne: 3.15)

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Nom série  Sortilèges  posté le 25/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Pop Pop, Garcimore ! La magie est de retour !
Mais ici point de tour à 2 balles ou d'illusion foireuse, "Sortilèges" nous propose une version par la bande et très personnelle du conte de Blanche Neige. Le duo Munuera/Dufaux fonctionne ici parfaitement, et je suis tombé sous le charme efficace de ce puissant "Sortilèges".

Car loin de se contenter de revisiter ce conte remâché à toutes les sauces, Dufaux que je trouve dans l'ensemble assez inégal dans son prolifique travail, a su ici trouver les ingrédients justes et parfaitement dosés pour parfaire ce petit philtre d'amour qu'il a subrepticement glissé au fil des pages.
Cette version sombre et discrète de Blanche Neige joue sur un subtil équilibre entre le filigrane des références et le dessin magnifique de Munuera. La colorisation très réussie de Sedyas apporte la touche finale à cette décoction qui, vous l'aurez compris, m'a complètement envouté.

Alors, espérons que la suite et fin de cette série soit tout aussi bonne et efficace, et que le fantôme de Garcimore ne vienne pas gâcher un si bon premier tome.

Nom série  Millenium  posté le 24/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après le succès de la série de romans, les adaptations TV et cinématographiques, voici la version BD. Autant dire que celle-ci était attendue au tournant, tant le phénomène et le succès mondial de cette série du défunt romancier suédois Stieg Larsson perdure depuis 8 ans déjà.

J'ai pour ma part lu les romans et vu la trilogie ciné de Niels Arden Oplev et Daniel Alfredson. J'avais adoré les romans ; j'avais apprécié cette version ciné, avec des acteurs bien choisis qui rendaient grâce à Lisbeth et Mikael Blomkvist, les piliers de cette saga, même si je l'avais trouvée en dessous des romans.
Alors ? Le passage à la BD, ça donne quoi ?
Ba ça donne carrément ! Tout d'abord, le découpage du récit est efficace et rend complètement la trame originelle construite par Stieg Larsson. Et puis, ce que j'ai apprécié dans le travail de réécriture c'est qu'on échappe à une voix off bavarde et omniprésente pour coller à celui- du roman. Là, tout est fluide, les dialogues tiennent la route et font honneur à la construction d'orfèvre du romancier.

Et puis, ce n'aurait été une réussite complète sans un dessin qui n'aurait su capter cette ambiance scandinave et restituer les personnages si caractérisés et caractériels qui composent cette sombre tapisserie tissée de main de maître.
C'est là que je découvre le travail de José Homs. Wow ! J'adore ! Rien que pour le personnage de Lisbeth qu'il a si bien su saisir et restituer. Son coup de crayon et sa colorisation donnent au récit toute sa crédibilité. Fouillé et très réaliste pour les décors ; entre réaliste et caricatural pour les visages ; tout cela donne beaucoup d'expressivité et marque le ton et la dramaturgie du récit formidablement. Mention spéciale sur le travail des lumières et des ambiances que j'ai adoré.

Bref, j'espère que la suite de cette adaptation suivra le même chemin et sera d'aussi bonne facture pour notre plus grand plaisir.

A découvrir pour ceux qui auraient eu la flemme de se taper les 3 pavés de chez Actes Noir, ou à redécouvrir pour les amoureux de cette série de romans et de polars nordiques de façon plus générale.

Nom série  Le Café des Colonies  posté le 24/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tiens, encore une adaptation. J'ai le chic pour tomber là dessus en ce moment
Et celle là concerne une nouvelle de Maupassant que je ne connaissais pas : "Boitelle"

C'est le duo qui s'est fait remarquer l'an passé pour sa très belle série Papeete 1914 qui fait ici ses premières armes. Et premier constat : c'est bon. Le sujet est intéressant (le racisme en pleine période coloniale en France) et bien traité et le graphisme de Sébastien Morice est somptueux. C'est chaud, lumineux, bien découpé, fluide : bref, ça se lit tout seul !
Une adaptation qui donne envie de retourner plonger le nez dans ses classiques de la littérature, c'est plutôt bon signe, non ?

Nom série  La Leçon de Pêche  posté le 24/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Emile Bravo est décidément un auteur jeunesse que j'apprécie de plus en plus.

C'est avec Les Sept Ours Nains, série loufoque par excellence qui s'amuse à redistribuer de façon jubilatoire les cartes d'un jeu de 7 familles des contes traditionnels, que Bravo m'avait conquis. Avec "La leçon de pêche", on sort du conte revisité pour aller chercher du petit conte philosophique. Notre tranquille pêcheur flegmatique ne fera qu'un bouchée de la logique de notre entreprenant touriste "bien intentionné".
C'est simple, très efficace et parfaitement adéquat à son graphisme qui fait aussi sa marque de fabrique.
Le seul reproche qu'on pourrait lui faire serait sa brièveté, qui fait aussi sa force : c'est vite lu et expédié. Mais c'est très bien fait, alors ne vous privez pas de sa lecture si vous en avez l'occasion.

Nom série  Mara  posté le 17/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mara : Une série "érotico-policière" selon l'éditeur ; une bonne BD de cul mâtinée d'intrigue et de fantastique pour ce qui me concerne.

Sans pour l'instant au bout de ces deux tomes saisir tous les tenants de ce personnage, on est de toute façon rapidement mis au parfum, que ce soit dans le premier ou le second tome.
La série commence par une scène alternant scènes de sexe et l'exécution par Mara d'un homme qui reconnait avoir tué une femme et s'enchaîne par une partie de jambes en l'air à trois dans une suite florentine avec son mari et un autre homme.
Autant dire, que cette mise en bouche campe rapidement le caractère de notre personnage principal et de ce qui va suivre. Heureusement, on n'en reste pas à une simple démonstration de ses parfaites connaissances du kamasutra, et une intrigue prend peu à peu corps au fil du récit.
Il en va de même pour le second tome, qui commence par une scène de meurtre qui conduira Mara sur les traces de cet assassin.
Si ses investigations se déroulent allègrement entre une partie de boutoir et une autre de broute minou, on échappe quand même au pseudo scénario construit autour des scènes de sexe, histoire de meubler les ellipses si chères à la BD. Là Cosimo Ferri, construit un récit où, même si le sexe prédomine, l'intrigue a sa place, malgré quelques facilités.
Concernant son coup de.. crayon, le sire a du talent et rend parfaitement grâce aux courbes de son héroïne et à ses prouesses sexuelles. Je regrette juste le changement de traitement au niveau du tome deux que je trouve moins agréable -question de goût-.

En tout cas, les amateurs de parties de jambes en l'air et de BD devraient largement s'y retrouver

Nom série  Justine et Juliette de Sade  posté le 16/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ouch ! Bah merde alors ! Ça fait quand même bizarre de plonger dans un album aussi noir et trash que celui-ci !

Tout le monde a entendu parler du Marquis de Sade et de ses écrits pour le moins sulfureux. Mais combien les ont lus ? Moi le premier, je n'ai jamais pris le temps d'aller fouiner de ce côté là, plus par manque de temps que de curiosité. Cet album était donc pour moi l'occasion de combler cette lacune et de découvrir d'un peu plus près ce qui se cache derrière le mythe de cet écrivain du XVIIIe siècle.

Le moins qu'on puisse dire, avec ou sans jeu de mot, c'est que je suis tombé sur le cul. Car si graphiquement, le travail de Raulo Caceres est assez remarquable, tant par son trait que son travail de composition recherché, c'est le fond qui est assez ignoble. Avec cet album le mot sadisme prend tout son sens, pour le pire et jamais pour le meilleur.
Humiliation, perversité, hommes de foi lubriques, torture, viol, meurtre, tout y passe par le menu, le plus souvent au détriment de nos deux héroïnes. Si l'une d'elles choisit le vice pour réussir sa vie, et l'autre la vertu comme chemin de conduite, je ne sais lequel est le plus enviable... Et je comprends aussi pourquoi Media (pourtant magazine à caractère porno) arrêta sa publication... Certains passages sont plus que dérangeants, en tout cas pour ce qui me concerne (et pourtant j'en ai vu/lu d'autres...).

Bref, si le dessin tout en noir et blanc de Raulo Caceres et sa mise en page sont très bons, les récits de Sade sont loin de trouver auprès de moi un quelconque attrait.
4/5 pour le dessin.
1/5 pour les récits de Sade qu'il adapte, même librement.
A réserver aux amateurs de pratiques "sexuelles déviantes" ou à un public très averti.

Nom série  Alien - Le huitième passager  posté le 16/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Alien : film culte de la SF qui a lancé Ridley Scott dans la carrière qu'on lui connait.

Soleil a donc la très bonne idée de rééditer cette adaptation du film par deux des grands noms du Comics américain : Archie Goodwin au scénario (adaptateur de l’œuvre de Moebius entre autres) et Walter Simonson. Cette version originellement publiée dans Heavy Metal en 1979 colle au plus près du film, que ce soit dans le découpage des séquences ou dans les visuels qu'il campe.
Les amateurs et connaisseurs du film ne seront pas dépaysés, car Simonson joue de son coup de crayon réaliste pour reprendre le trait des acteurs. Le rythme du film est aussi bien rendu par un découpage dynamique qui permet au média comics de compenser la perte du sentiment d'oppression qui dominait dans le film ; c'est le seul bémol que j'ai trouvé à cet album, qui est plutôt une bonne surprise pour une adaptation d'un film aussi attendu au tournant.
Petite cerise sur le gâteau les plus fins connaisseurs ont le droit dans cette version à la mise en image de quelques scènes supprimées au montage !

A redécouvrir (ou à découvrir pour quelques malheureux) avec plaisir !

Nom série  Ice Cream  posté le 12/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est le second album d'Anthony Pastor que je découvre, après Hotel Koral.

Comme Ems, je commence par signaler que c'est la réédition de cet album que j'ai eue entre les mains.
Précision importante, car cette réédition se distingue par une nouvelle couverture. Nouvelle couverture des plus ratées d'ailleurs, qui n'a rien à voir avec le reste de l'album et ne donne franchement pas envie de le lire. D'une cette couverture en couleur n'a rien à voir avec le travail tout en crayonné noir & blanc qui suit, ensuite, ce côté vieil affiche des années 60'/70' est assez moche à mon goût.

Bref, en faisant abstraction de cette nouvelle couverture, on plonge dans un récit découpé en courts chapitres, en suivant les pas d'une femme mystérieuse. Suivre est un bien grand mot, car tout se fait en narration indirecte entre un narrateur qu'on ne verra jamais, et une barmaid. Pas la moindre bulle, tout est écrit hors case avec un subtil jeu de couleurs pour distinguer les intervenants.
On retrouve le magistral coup de crayon d'Anthony Pastor (après on aime ou on n'aime pas) qui tout en crayonnés très réalistes rend à merveille textures et ambiances. Ici, c'est plutôt polar 70', avec vestes à carreaux, pattes d'ef, coupes afro' Jackson Five, etc.
Les personnages sont truculents, les décors chiadés, et l'histoire... étrange. Car c'est ce qui m'a laissé perplexe à la fermeture de cette BD. Que vient faire ce personnage à tête de volatile dans cet album ??? Dans ce cadre si réaliste, forcément on ne peut pas le louper ; reste que la raison m'échappe toujours... Rajouter du mystère à ce récit ? Je ne sais pas... En tout cas c'est un brin énervant.

Alors au final, j'ai trouvé cet album très bien réalisé, mais la part de mystère et de questions sans réponse qui restent en clôture m'ont quand même gêné. C'est pourquoi, si j'en conseille la lecture, je n'en conseille pas forcément l'achat, à moins d'être un inconditionnel de l'auteur.

Nom série  Cendrillon - Tabou  posté le 10/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cendrillon, tout le monde connait ce conte qu'on nous aura au moins lu une fois dans notre tendre enfance. Pauvre bougresse, maltraitée par sa belle-mère et ses sœurs...

Mais TRIF et Andrea Celestini n'en restent pas là et nous livrent une version érotique plus noire. L'entourage de Cendrillon n'est que vice, sadisme et dépravation. Cible de toutes les bassesses, menues vengeances et pires sévices de son entourage, la plantureuse Cendrillon désespère et même la bonne fée qu'elle implore quotidiennement se révélera un personnage plus que sulfureux...
Même si je ne suis pas spécialement attiré par le genre de pratiques sadiques de la belle mère, on a ici un album très bien réalisé. Le dessin et le découpage sont sympas et c'est graphiquement réussi.
Un premier tome d'une version érotique de Cendrillon, qui devrait ma foi plaire aux amateurs du genre.

Nom série  Les Mondes de Yaxin  posté le 05/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Encore un petit OVNI sorti des cartons de Soleil dans l'étrange collection Métamorphose.

Ici, c'est Man Arenas qui reprend l'univers de Yaxin pour nous en livrer une vision un peu différente, à la façon d'un livre de conte japonais. L'expression utilisée par l'éditeur pour présenter cet album n'est pas usurpée : cette sensation de haïkus que dégage chaque page mêlant adroitement texte et illustration pour un équilibre sensible est déroutante mais très réussie.
On est ici à la frontière de la BD, à la lisière d'un monde où l'onirisme prends le pas pour nous révéler un de ses secrets : la naissance d'une licorne. C'est sur les sabots du petit faune Gabriel, au fil d'une année et de ses saisons, que nous sommes conviés pour ce moment unique.
C'est frais, féérique, le dessin aquarellé de Man Arenas et son découpage on ne peut plus sobre forment un tout réussi qui sans se contenter d'illustrer un texte bien écrit, forme un tout très cohérent.

Les amateurs de contes, de mondes magiques et poétiques seront ravis de lire et de partager leur lecture avec les plus jeunes de cette BD atypique.

Nom série  V pour Vendetta  posté le 05/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Ahhhhhhhhhhhhh ! Voici ENFIN le choc que j'attendais en m'attaquant à l'une des œuvres d'Alan Moore. Car jusqu'ici, les quelques lectures que j'avais entrepris ne m'avaient pas pleinement convaincu. Du talent, certes, mais rien de transcendant, tout au moins à la hauteur de la réputation de cet auteur.

C'est donc avec "V pour Vendetta" que le courant a fini par passer, façon électrochoc. Pas tant celui qu'on vous fait subir sous le coup de la torture à coup de gégène dans les roubignoles, mais plutôt celui d'un défibrillateur qui vous sort d'un état de quasi mort clinique. La liberté nait-elle forcément dans la douleur ? Bonne question... que V se charge de mettre en pratique pour nous...
En tout cas, à force de chercher, on finit par s'en prendre une. Et des baffes comme ça je suis prêt à cracher sur mon agnosticisme et me convertir au catholicisme pour tendre l'autre joue toutes les 2 pages s'il le faut ! - Bon, ça demande quand même réflexion... :p -

Oui Moore a du talent. Il sait construire pour mieux tout faire sauter ensuite et la couverture du cinquième tome nous en exprime toute l'essence. Patience, temps, adresse, pour construire quelque chose qu'une pichenette finira par mettre à terre en un temps ridicule. Et derrière l'apparente simplicité de ce puzzle, c'est Moore qui se joue de nous et place ses pions pour donner à son récit toute la force nécessaire. Moore caché derrière ce masque souriant de nous balader au fil de son histoire ? On se demande...
Moore pose en tout cas cette série comme un efficace réquisitoire contre le totalitarisme et le panurgisme. Et ce qui parait une simple vengeance personnelle au début fini par révéler un tout autre dessein où l'individualisme s'efface au profit d'une société rendue à elle même. C'est fort. Très fort !

Et pour mettre tout ça en image, c'est David Lloyd qui s'y colle. Je reconnais que j'avais un peu peur d'une déception à la Watchmen ; le dessin avait pris le pas sur l'histoire lors de ma lecture, et je suis passé complètement à côté de cette série. C'est sans doute pour ça que j'ai tant repoussé cette lecture, de peur d'être une nouvelle fois déçu face à une série tellement encensée.
Ici, rien de tel. Si le dessin a quand même un peu vieilli, il se prête parfaitement au propos de Moore, avec ce côté sombre et charbonneux qui rends le décor de Londres très crédible et renforce l'oppression qui domine tout au long du récit. Et puis ce personnage de V et son masque : Quelle réussite ! On comprends d'ailleurs aujourd'hui pourquoi les membres du réseau anonymous ont reprit ce symbole comme emblème.

"V pour Vendetta" rentre donc ainsi dans mon modeste panthéon personnel des BD que j'estime "cultes". Je ne vous en recommande que plus chaudement la lecture !

Nom série  L’Enfant cachée  posté le 05/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne serai pas aussi enthousiaste que les avis précédents, même si j'ai quand même passé un bon moment de lecture.

J'avoue avoir eu un peu peur en attaquant ce récit de lire une énième histoire sur le malheur des juifs durant la seconde Guerre Mondiale. Heureusement, le point de vue choisi - celui d'une petite fille - est pertinemment utilisé et on sort rapidement des clichés du genre. On est efficacement confronté à la psychologie d'un enfant face à ces situations tragiques qui le dépassent mais l'affectent et l'impliquent directement.
Le dessin de Marc Lizano est très expressif, et son style colle parfaitement à la vision du monde qu'un enfant peut avoir.

Simple, efficace et fidèle aux multiples comportements de chacun face à la tragédie de cette guerre et de ses conséquences, voici une BD efficace pour parler de ce conflit aux enfants qui s'interrogeront sur ce sujet.

Nom série  1881  posté le 04/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je le dis d'emblée, le western n'est pas spécialement mon genre de prédilection, mais j'aime bien aller trainer mes guêtres du côté de genres que je lis peu pour me faire agréablement surprendre de temps en temps.

Malheureusement, ici, ce ne fût pas le cas. Cet album composé d'une succession de courtes histoires où les personnages se recoupent et se retrouvent plus ou moins ne m'a pas emballé. J'étais plutôt pressé de refermer cette BD qu'autre chose. Déjà, la page de texte des deux auteurs précédent chaque courte histoire est inutile et désagréable (elle casse le rythme), ensuite dessin et scénario ne m'ont pas inspiré grand chose.
Le trait et l'encrage s'ils sont corrects n'ont rien d'exceptionnel ; et les histoires, mis à part quelques menus rebondissements intéressants restent d'un grand classique du genre.

Bref, autant un Billy Wild ou un Junk ont su me réconcilier avec le genre, autant là, même si on n'en est pas aux plumes et au goudron, je trouve ça plutôt insipide.

Nom série  Leviathan (Jens Harder)  posté le 03/04/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est un peu par hasard que je suis tombé sur cet album par le biais de la bibliothèque départementale avec laquelle je bosse. En regardant la couverture, je me suis dit "Tient c'est marrant, ça me fait penser à " Alpha... directions"... ". Normal : Leviathan c'est aussi Jens Harder.
Restait à plonger sur les traces du monstre pour voir si ce qu'il a dans le ventre est du tenant qu'Alpha... directions.

Après quelques pages, premiers constats. Si on retrouve le trait et la colorisation tout en aplats et en monochromes d'Alpha... directions, ainsi que ce goût pour le découpage et la composition de planche élaborées, le coup de crayon n'est pas aussi fin et maîtrisé. Attention, c'est toujours très bon, mais après avoir traversé l'histoire de notre bonne vieille Terre de façon si magistrale, on s'habitue rapidement au meilleur.
Il en va un peu de même pour la narration. Si Jens Harder s'amuse déjà dans cet album à saupoudrer ses planches de clins d’œils littéraires, historiques et sur les légendes liées à ce Léviathan, ce n'est pas aussi fin et percutant. La narration s'en ressent d'ailleurs, car ses ellipses et les références plus ou moins évidentes qu'il place rende son récit un peu confus.

Au final, une lecture sympa, avec un graphisme qui a du caractère, mais pas encore la finesse qui fait aujourd'hui la renommé de son auteur. A lire plus par curiosité qu'autre chose, ou à réserver aux amateurs de légendes marines.

Nom série  La Vengeance du Comte Skarbek  posté le 29/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ne boudons pas notre plaisir : une série avec Rosinski aux pinceaux de bout en bout et qui tient en 2 tomes, c'est du tout bon !

Surtout que la trame de fonds qu'il utilise flirte avec quelques uns de mes sujets de prédilection : la peinture ; le XIXe ; les pirates. Autre point intéressant, c'est le jeu qu'Yves Sente introduit dans la construction de son scénario ; il manie les rebondissements en jongleur hors pair pour donner à son récit ce côté épique, dont il se moque en même temps en ridiculisant d'une certaine manière Alexandre Dumas. Pirouette scénaristique à double tranchant, mais que j'ai trouvé efficace pour ce qui me concerne.
Alors, certains pourront reprocher à cette histoire d'aller de Charybde et Scylla et que cet enchaînement de rebondissements est de trop, j'y ai pour ma part trouvé un nouveau clin d’œil au goût du lectorat du XIXe pour le roman d'aventure édité en feuilleton dans les nombreux journaux de l'époque. Si cette série avait traînée en longueur, je ne dis pas que cela aurait pu lasser, mais là, ça tient en 2 tomes, et c'est très bien comme ça.

Rosinski quant à lui s'en donne à cœur joie et fait chauffer sa palette pour nous proposer des planches toutes plus hallucinantes les unes que les autres quand on sait le temps que représente de travailler à la couleur directe. Autre clin d'oeil d'ailleurs à son sujet et à cette période qui reste pour moi la plus riche concernant l'histoire de l'art.

Alors, oui ces deux albums composant cette courte série n'ont pas usurpés les très bonnes notes et appréciations reçues ; je ne peux qu'en conseiller chaudement la lecture.

Nom série  Ekhö, monde miroir  posté le 29/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Comme l'ont déjà fait remarquer plusieurs posteurs, "Ekhö, monde miroir" souffle un peu le chaud et le froid. Il alterne en effet le bon et le moins bon. Du coup, c'est dans la suite de cette série que l'on pourra juger du rendu général.

Car si l'univers que nous campe le duo Arleston / Barbucci est riche et foisonne de détails, l'histoire est quant à elle un peu mouchetée et s'éparpille dans plusieurs directions. Entre ces créatures étranges au pouvoir de métamorphose, notre jeune héroïne malgré elle qui peut se retrouvée possédée par l'esprit de sa défunte aïeule, ce "miroir" de New York façon fantastique, et ce pauvre bougre qui suit comme il peut notre pétulante Fourmille, on se demande un peu où veulent en venir nos auteurs...

Malgré ces quelques remarques, ça reste une lecture agréable, au graphisme chiadé et aux couleurs très bien maîtrisées. Alessandro Barbucci fait son boulot avec talent pour nous plonger dans ce New York débridé. Bon, y'a juste sa fâcheuse tendance à dessiner les femmes comme des groupies échaudées dans un clip de rap qui n'est pas trop ma tasse de thé (Et oui, je ne suis pas un Preschaun).

Alors, laissons voir venir la suite, tout en profitant de cet agréable premier tome, malgré ces quelques imperfections.

*** Après lecture du second tome ***

Bon, et bien nous voilà un peu fixé sur ce qui nous attends... On prends une ville, et on applique le principe du premier tome, à savoir le passer à la moulinette Ekhö et trouver une trame scénaristique pour y coller nos protagonistes...

Ok, c'est réducteur, mais j'ai un peu peur que cela se cantonne finalement à ça. Heureusement, l'univers déployé est riche en détails, en couleurs et pleine de clins d'oeils et de petites surprises au détour de certaines cases. Cela rends la série vivante et dynamique. C'est juste que l'intrigue développée dans chaque tome pour habiller le fil conducteur de l'histoire qui cours sur les différents tome, manque un peu d'épaisseur et que la résolution des enquêtes est assez vite bâclée.

Ca se laisse pourtant très bien lire, mais c'est un peu léger à mon goût.

Nom série  Une nuit à Rome  posté le 28/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est avec Petites éclipses puis L'Invitation que j'ai découvert le travail de Jim. J'avais adoré le premier, un peu moins le second. C'est donc avec curiosité que j'ai abordé cette série annoncée en 2 tomes.

On retrouve les thèmes qui lui sont chers qu'il a d'ailleurs déjà touchés du doigt dans les albums que je citais : l'amitié, les relations de couple, les anniversaires ou plutôt la dissection de la fameuse "crise de la quarantaine".
C'est en réutilisant ces ingrédients assez classiques que Jim nous propose un récit efficace tant dans la narration que graphiquement. Moi qui ai plutôt tendance à aller lorgner du côté des trucs qui font un peu office d'OVNI dans la production actuelle, ou du moins qui sortent un peu des sentiers battus, j'avoue avoir un faible pour son travail. Ses réflexions sont intéressantes et couchées sur le papier de bien belle manière.

Alors, oui, pour l'instant tout semble construit de manière classique, avec une mise en bouche et un flash back qui nous rejoue les derniers jours qui précèdent. Mais pas tant que ça finalement... Car cette intro qui voit mourir un des protagonistes surprend quand même ; ensuite, ce que certains lecteurs n'ont pas trouvé crédible, moi je le comprends et j'apprécie d'autant plus. Comment en effet quelqu'un a qui tout semble réussir peut du jour au lendemain tout remettre en cause et tout plaquer... C'est le genre d'action qui dépasse le sens commun mais qui pourtant arrive tous les jours si vous ouvrez le journal. Et c'est la mise en scène de ce point qui fait la force de ce récit pour le moment.

Reste à voir comment tout cela sera développé et conclu dans le prochain tome, mais pour l'instant j'adhère complètement et j'espère que la suite sera du même tenant.

(3.5/5 en espérant monter cette note avec sa conclusion).

***** Après lecture du tome 2 *****

Et bien après lecture de ce second tome, je vais rester sur mes 3 étoiles en affinant tout de même vers le bas à 3/5.
Si la lecture est toujours tout aussi plaisante c’est le graphisme soigné et la qualité de la narration qui font la qualité de cette courte série. La légère baisse de ma note tient plus à ma déception quant au côté « happy end » de ce second tome.
Tout était quand même mis en place pour sortir ce récit des sentiers battus. Alors oui, ça ne se fait pas non plus sans mal et les personnages principaux en seront pour leur frais de cette escapade romaine. Mais la graine de folie qu’on nous avait vendu et fait germer dans le premier tome nous donne un fruit un peu douce-amère qui m’a un peu déçu. Cela reste une bonne et belle histoire, mais j’aurai aimé que Jim pousse encore plus loin cette étincelle qu’il nous a fait percevoir.

Nom série  AEthernam  posté le 27/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Petite déception à la lecture de ce diptyque qui traine sur mes étagères depuis un an et que je n'ai eu le temps de lire que cette semaine.

C'est en effet l'an dernier que j'avais croisé Aurélien Morinière au Festival des Journées de la BD de Rouans. Après avoir discuté et sympathisé, j'en profite pour m'offrir ses albums et une petite dédicace. Il est vrai qu'on avait pas mal discuté sur BDthèque de cette série et que l'accueil avait été plutôt bon. C'est donc confiant et motivé que j'ai attaqué ma lecture.

Malheureusement, j'ai l'impression d'être passé à côté de ma lecture. D'une part, j'ai pas vraiment eu d'empathie pour Dante, le personnage principal qui fait pourtant office de pivot entre les deux univers qui vont se rencontrer, et d'autre part le monde de l'Ether m'est apparu un peu brouillon, voire incohérent par moment. Que vient faire cet élémental de sable là dedans ??? L'eau, ok ; l'air, ok ; le feu, pareil ; la terre, aussi. Mais le sable... Un p'tit nouveau ? Et puis franchement ces noms compliqués, ça ne facilite pas les choses.
Au final, si l'histoire est construite autour d'un noyau intéressant, j'ai trouvé ça un peu confus et alambiqué. Je m'attendais à quelque chose d'encore plus grandiose et de profond ; chaque personnage clé demanderait à être plus creusé ; je ne les ai trouvé ici que survolés.

Concernant le dessin d'Aurélien, je rejoins certains avis. Si le monde de l'Aether qu'il campe est assez sublime, avec par moment des découpages et des planches pleine page qui en jettent, son Paris contemporain, manque cruellement de vie. Si les éléments d'architecture qu'il nous propose sont très bien rendus, les scènes intérieures et les espaces publics font un peu vides.

Au final, je reste donc assez circonspect et un peu déçu de ma lecture. Il m'en faudra peut-être une seconde pour mieux en apprécier la subtilité que je n'ai cette fois-ci pas trouvée.

Nom série  La Quête de l'Oiseau du Temps - Avant la Quête  posté le 24/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ahhhhhhh... Retrouver Bragon, Mara, le Rige et l'univers dans lequel ils évoluent, c'est des coups à me mettre en transe un truc pareil ! Mais passé le premier émoi de ce plaisir anticipé, vient l'angoisse de la déception possible. Car relancer une machine pareille c'est des coups à se mettre toute une génération de bédéphiles à dos en cas de ratage. Blasphème commercial, intrigue à 2 sous, les écueils ne manquent pas dans ce genre d'exercice...

Heureusement pour tous les amateurs de LA Quête, Le Tendre et Loisel ont su pour ce faire s'entourer d'une brochette de dessinateurs talentueux. Tout en gardant le charme et l'essence des Sept Marches, ils lui ont donné un bon coup de lifting et l'énergie nécessaire pour nous narrer la jeunesse et les prémices de ce que sera La Quête de l'Oiseau du Temps.
Le ton est bon, on redécouvre les personnages sous un angle neuf intéressant (Ah l'inconstance et l'insouciance de la jeunesse...), et petit à petit se dessinent les destins de chacun. Chacun avance en apprenant souvent à ses dépens que tout a un prix...

Si le premier tome prend son temps pour réinstaller une trame sur laquelle vont venir se débattre nos joyeux drilles, la suite monte en puissance jusqu'au troisième et fabuleux tome où nous retrouvons le Rige, personnage énigmatique et si emblématique de la série mère. Les décors sont somptueux et la rencontre tant attendue magnifiquement orchestrée. Je n'en dirai pas plus pour laisser à ceux qui la découvriront le plaisir de la surprise.

Bref, pas de regrets, cette préquelle qu'ont su nous proposer avec toujours autant de talent Loisel, Le Tendre et leur nouvelle équipe est une réussite que les amateurs de la série originelle ne pourront qu'apprécier, et les autres également.
Reste maintenant à espérer que cette nouvelle saga ira jusqu'à son terme avec tout autant de panache !

Nom série  Le Photographe  posté le 22/03/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Comme beaucoup, c'est le parti pris graphique mêlant vraies photographies et un dessin minimaliste, tant dans le trait que dans la couleur, qui me rebutait. J'ai longtemps hésité à me lancer dans la lecture de ces trois tomes pourtant encensés. Comme quoi, il faut savoir passer au dessus de ses préjugés pour découvrir les pépites que recèlent des blocs si peu avenants.

Car une fois lancé sur les traces de ce médecin de terrain et photographe dans les fins fonds de l'Afghanistan des années 80', en pleine guerre contre l'URSS, on est captivé, saisi, littéralement happé par le récit qu'on nous balance. C'est tout simplement d'une justesse incroyable, emprunt d'une humanité qui fait chaud au cœur, mais aussi d'une grande rudesse dans le choc des cultures qui nous est ici exposé sans jugement.
Et c'est ce qui à mes yeux fait la force de cette BD documentaire. Moi qui ne suis pas spécialement adepte du genre, mais qui sait l'apprécier quand il est bien mené, j'ai complètement accroché à cette histoire qu'on nous rapporte. Témoignage clé sur l'envers d'un décor que je ne connaissais qu'à travers des images d'Epinal un peu galvaudées, cette série a changé mon regard sur ce pays, les conflits qui s'y sont passés, sur les gens qui l'ont subi et m'a permis d'appréhender les conflits actuels qui y perdurent de façon nouvelle.
Et puis franchement, les péripéties de notre médecin sont dignes d'un bon vieux roman de Jules Verne ! Quel courage et quelle inconscience en même temps ! On ne peut être qu'admiratif devant ce qu'il accomplit.

C'est sans conteste un témoignage incontournable sur l'Afghanistan et une période tragique de son histoire, mais aussi sur un peuple et sa façon de vivre dans un pays rude et méconnu. Et ce parti pris graphique, tout aussi aride en début de lecture, sait lui aussi donner l'essentiel et donne toute sa force et sa richesse au récit qu'on nous a transmis.

A lire impérativement !

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