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Nom série  Jésus Sixte  posté le 17/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dans un habillage qui donne à ce petit album de faux airs de missel, les auteurs se lancent dans ce qui devient quand même une sorte de mode du moment, à savoir revisiter la Bible, et tourner en dérision, en les parodiant, le personnage du Christ et certains passages célèbres de ce livre sacré.

Il faut dire que la Bible – même pour ceux qui ne l’on jamais réellement ouverte (et qui forment statistiquement la majorité de la population) – fournit à tout le monde une foule de personnages, d’événements et d’expressions qui sont entrés dans l’imaginaire commun, il est dès lors plus facile et efficace de les parodier, cela « parle » au plus grand nombre.

La vraie difficulté réside en fait à se démarquer de la masse des parodies, de faire original, ce qui n’est pas forcément évident, car beaucoup de gags ont déjà été placés sur ce sujet.
C’est un peu là où le bât blesse ici (sauf pour le personnage de Sixte et ses parents assez spéciaux), même si cet album, qui est tiré d’un blog, n’est pas complètement mauvais, et que je l’ai trouvé globalement amusant.

Quelques bonnes idées donc, mais un ensemble inégal et pas assez original parfois. A noter que c’est un peu construit comme une suite de strips qui constituent une histoire.

Nom série  Question de nerfs  posté le 17/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est un style qui m’a fait penser à Sempé ou Mordillo, mais en moins poétique. Car c’est un peu plus noir ici (cela se rapproche peut-être plus de Quino en fait). En tout cas, Pat Mallet a regroupé un grand nombre de gags dans cet album. Celui-ci est quasi muet (deux ou trois phrases tout au plus), les gags allant du simple dessin à un enchaînement de 5-6 dessins.

Contrairement à ce qui se passe pour beaucoup de productions du genre, l’ensemble est assez homogène au niveau du ton (gentiment noir), mais aussi et surtout de la qualité : c’est globalement réussi, amusant, et je vous recommande la lecture de cet opus. En effet, c’est vraiment un bon album du genre, et c’est assez étonnant qu’il n’ait pas déjà été référencé sur ce site.

Nom série  Nuits blanches (Foerster)  posté le 17/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
C’est quand même fou comment Foerster réussit à se renouveler, en faisant pourtant toujours la même chose, hein !?

En effet, les huit histoires qui composent cet album reprennent les bonnes vieilles recettes de l’auteur.
A savoir un dessin aux petits oignons (je l’aime vraiment beaucoup), usant d’un beau Noir et Blanc, tout à fait raccord avec les ambiances gothiques développées dans ces histoires. Les personnages ont tous des trognes (et des noms – très « Groland » quand j’y pense) pas possibles, souvent filiformes (comme pour le décor avec des immeubles ou maisons qui s’élèvent bien haut, comme les plafonds, le tout plus ou moins brinquebalant), ou alors hydrocéphales.

Pour ce qui est des histoires, un peu d’humour noir saupoudre un fantastique qui ne mise jamais sur une surenchère, mais qui au contraire joue sur de petites touches, des transformations par étapes. Je me dis que Foerster devait aimer « Alfred Hitchcock raconte » ou « La quatrième dimension », car on y retrouve aussi parfois ce malaise instillé jusqu’à la chute finale. Et cette chute est le plus souvent réussie. Ici, plusieurs jouent sur le thème de l’observateur observé dans le retournement final.

Bref, voilà un auteur à suivre, bien sûr, et un album qui ravira ses amateurs – même s’il n’est pas tout jeune. D’ailleurs, je me fais la réflexion à chaque fois que j’avise les albums de Foerster, il ne semble pas avoir beaucoup de lecteurs. C’est vraiment dommage, car il a du talent.
Note réelle 3,5/5.

Nom série  Male Call  posté le 17/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà un album dont la rencontre n’est pas très courante, d’un auteur dont je n’avais pour le moment rien lu, mais qui m’intriguait, car loué par Pratt. Et force est de reconnaître que le trait en Noir et Blanc de Caniff est clairement une influence majeure de Pratt (période argentine, voire ultérieure). Pour le dessin un petit peu, mais surtout pour l’utilisation du Noir et Blanc, à « gros traits », se concentrant sur les personnages, au détriment du décor.

Comme la très bonne présentation en introduction du volume le précise (Futuropolis a de toute façon très bien fait les choses ici – comme pour d’autres albums de cette collection d’ailleurs), ce personnage et ces strips sont une commande de l’armée américaine, pour divertir les troupes durant la Seconde guerre mondiale. Ils n’ont donc été diffusés que dans des magazines pour militaires (sur tous les théâtres d’opération de l’armée américaine), et cela s’est arrêté avec la guerre.
J’avais un peu peur que cette « commande » n’implique que de la pure propagande sans aucun effort créatif. Eh bien en fait, je ressors de ma lecture bien plus satisfait que je ne le craignais.

Formellement, cela se présente comme une suite de strips (3 à 6 cases à chaque fois). Et on comprend que les soldats, parce qu’ils aspiraient à voir autre chose que l’horreur des combats, mais aussi parce que les strips se déroulent au milieu de soldats, aient été rapidement fans du travail de Milton Caniff.

Mais, évidemment, c’est bien l’héroïne, Miss Lace, qui devaient les attirer et les émoustiller ! En effet, cette femme (qui n’est pas militaire mais s’installe à côté de cantonnement, sans avoir d’occupation précise d’ailleurs), est rudement attirante ! Inspirée par la plastique de Rita Hayworth, elle en adopte aussi parfois certaines tenues légendaires : c’est ainsi que Lace est souvent vêtue d’une robe à fourreau et chaussures à talons (improbables évidemment dans une caserne militaire !), avec un décolleté pigeonnant qui produit de sacré effets sur les soldats des strips – et probablement sur les lecteurs.

Véritable pin-up, hyper sexy (lorsque ses jambes se dévoilent, elles sont gainées de bas à couture et jarretelles), elle n’est pas farouche, et n’hésite pas à réconforter les soldats par des baisers, ou des positions aguicheuses. Il faut dire qu’elle ne semble pas trop futée (une ingénue ?), mais qu’elle a aussi des côtés vamp et délurée, avec quelques côtés pervers aussi. Mais elle ne va pas jusqu’à coucher avec les soldats, et n’est quasiment jamais montrée nue : et alors n’est-ce qu’en ombre chinoise.

Bref, cette pin-up, véritable bombe plus ou moins naïve aux accessoires fétichistes (et le Noir et Blanc de Caniff renforce bien évidemment l’érotisme trouble qui entoure Miss Lace) a dû provoquer pas mal d’émois chez les lecteurs !

Et c’est là qu’on s’aperçoit que, lorsque le moral des troupes est en jeu, l’armée est capable de laisser passer pas mal de choses que la censure américaine de l’époque (et postérieure d’ailleurs) combattait : une femme aussi libérée, aux tenues hyper sexy, célibataire vivant au milieu de centaines d’hommes, et qui appelle tous les soldats « général », c’est assez atypique. Mais hélas la parenthèse va se refermer avec la guerre, et cette pin-up va perdre les libertés que la guerre lui avait octroyées, Caniff se tournant vers d’autres personnages.

L’humour bien sûr est pas mal daté – et devait rester (thème et commande militaire oblige) dans un certain cadre. Mais pour l’époque, c’est pas mal du tout, certains gags sont pas mal faits – en tout cas, sont largement du niveau voire au-dessus de certains comics postérieurs. Quant à la propagande proprement dite, elle n’est clairement présente que dans quelques strips, et n’alourdit pas trop la lecture de l’ensemble (qu’il faut sans doute lire à petite dose).

Pour ce qui est d’un éventuel conseil d’achat, étant donné la relative rareté de la chose… Mais pour sa qualité historique, et pour la découverte d’un auteur important des comics US, les amoureux peuvent se laisser tenter.

Nom série  Philipp Kradow détective privé  posté le 16/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Philipp Kradow, est détective privé. Privé de pas mal de choses en tout cas, dont l’intelligence (et d’une partie de son visage, toujours masqué par son chapeau). On est donc ici dans une ambiance d’humour con et/ou crétin.

Embarqué dans des enquêtes débiles et/ou farfelues, Kradow use d’un vocabulaire souvent ordurier (et les commentaires en off en rajoutent une couche, tout en donnant dans le stupide, le redondant ou l’absurde). Cela ressemble parfois à ce que faisait Larcenet avec Bill Baroud (surtout l’histoire où Kradow doit garder le chat de sa voisine).

Sorte de parodie de Philip Marlowe – et de tous les détectives des romans noirs et poisseux, mais alors parodiés au treizième degré !, Kradow étale sa connerie à longueur de pages et d’histoires, dont les intrigues s’étalent parfois un peu trop avant d’aboutir à la chute – qui généralement ajoute une dernière couche d’humour crétin.

Comme souvent c’est inégal, et ce n’est clairement pas un chef d’œuvre. Mais les amateurs de ce type d’humour débile peuvent y trouver leur bonheur (le conseil d’achat ne s’applique qu’à eux).

Sinon, même si cet aspect n’est pas le plus important dans ce genre d’album, je dois dire que je n’ai pas vraiment aimé le dessin. Et encore moins la colorisation, à l’ordinateur, qui donne un rendu assez hideux.

Nom série  Fort Wheeling  posté le 16/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec Les Passagers du vent (dans un autre registre), « Fort Wheeling » a été pour moi l’une des portes d’entrée vers la Bande Dessinée adulte. C’est en tout cas une série qui m’avait beaucoup marqué lorsque je l’avais découverte en bibliothèque – il y a bien longtemps maintenant, au début des années 1980.

Il faut dire que j’étais déjà intéressé, passionné par le monde indien, et que j’avais lu à la même époque le Cycle de Bas-de-Cuir de Fenimore Cooper : j’étais alors réellement passionné par ces coureurs des bois, à cheval sur plusieurs cultures et vivant une pleine mais sauvage liberté.

J’ai depuis acheté l’intégrale. Les albums ont été colorisés (je ne sais que penser de ce changement). Mais de toute façon cette intégrale est bien fichue, puisqu’aux deux tomes elle ajoute un dossier final présentant les biographies des principaux protagonistes, des cartes, et plusieurs cahiers graphiques : de superbes dessins à l’aquarelle de Pratt, dans un style différent de Wheeling.

Pratt s’est donc beaucoup documenté, pour nos narrer ces événements, qui se déroulent dans le dernier quart du XVIIIème siècle, au moment du début de la Guerre d’indépendance américaine. Au milieu de cet événement, pour lequel chacun doit choisir son camp, Pratt présente des protagonistes très divers, qu’ils soient Blancs ou Indiens.

Ceux qui ont déjà lu Sergent Kirk savent que Pratt s’est depuis longtemps intéressé à cette région et ses sous-bois, ainsi qu’aux liens unissant/désunissant Blancs et Indiens, mais aussi les progrès de son dessin ! Pratt a d’ailleurs traité certains de ces aspects (avec moins d’amplitude il est vrai) dans plusieurs autres albums, que ce soit Ticonderoga ou Billy James (je n’ai toujours pas pu mettre la main sur ce dernier !). Et les amoureux du sujet pourront se référer à L'Homme de la Nouvelle Angleterre de Battaglia, ou aux très beaux mais plus récents albums de Prugne.

Pour en revenir à « Fort Wheeling », si l’on fait abstraction du style graphique de Pratt (que je trouve ici très beau – mais qui semble faire débat), certains aspects de la narration peuvent dérouter. En particulier la volonté de Pratt de montrer « au plus près » les protagonistes, leurs relations, qu’elles soient amicales ou violentes, d’une manière dépassionnée. Il y a parfois un côté pointilliste, tout n’est pas expliqué ou développé : mais j’ai bien aimé cette narration.
Certes, on aurait pu avoir quelques personnalités davantage développées, ou alors l’accent mis sur des types marquants de ces « frontaliers » (comme le tueur d’Indiens Lewis Wetzel, aussi intrigant que flippant). Mais ce n’était pas la volonté de Pratt.

Mon seul réel bémol concerne essentiellement le second tome. Si celui-ci – réalisé quelques années après le premier est parfois plus « lisible » (cases plus grandes, avec un texte lui aussi moins dense et une police de caractères plus grande), j’ai trouvé qu’il était un chouia moins « enlevé » que le précédent. Plus linéaire, il prend moins les chemins de traverse, porte moins vers la rêverie je trouve. Par ailleurs le dessin a évolué – lorgnant parfois vers le trait de Tardi.
Surtout, j’ai trouvé la fin un peu abrupte, comme si Pratt avait décidé brusquement de mettre fin à une intrigue sans avoir eu le temps de réellement la conclure (une suite était-elle envisagée par lui ?).

Bon, sinon, le charme de ma première lecture n’est pas rompu, et je garde encore en tête le grand plaisir ressenti à découvrir cette série (d’où le coup de cœur). C’est probablement l’œuvre de Pratt qui m’a le plus marqué.

Nom série  Spoot & Nik  posté le 15/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les auteurs – et la NASA ! – envoient dans l’espace deux sombres crétins, qui prennent par là même contact avec des extraterrestres.

C’est une suite de gags d’une page généralement, qui s’empilent plus ou moins pour former une histoire. C’est un peu plus con que Buzz & Bell, et sur le même registre et mêmes thèmes que LFDU14 - Les Fils de l'Univers. A l'ouest de l'infini et Cosmik Roger sont aussi proches de cet album, par l’humour très très con développé, et la Science-Fiction débile présentée.

Mais voilà, si certains gags m’ont amusé (ce qui fait que je suis moins sévère dans mon appréciation que Spooky), c’est très inégal et globalement assez moyen (en tout cas moins bon que la plupart des séries évoquées plus haut).
Note réelle 2,5/5.

Nom série  Le Bonheur dans le Crime  posté le 14/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Etrange album que celui-ci, duquel je ne sais pas trop quoi penser.
En partie prépubliés dans L’Echo des Savanes, les huit chapitres qui le constituent forment une sorte d’hommages aux bandits, aux loulous, à tous ceux qui vivaient en marge de la société, avec des codes qui leur étaient propres. Et un langage aussi !

En effet, l’intrigue – assez obscure et finalement ténue, suit l’enquête menée par un chercheur, Ernest Lacassade, sur les langages argotiques. Celui-ci évoque (et cite abondamment) Villon, Lacenaire, Sade, Jacob, Stevenson, etc. Bref, les marginaux, hors-la-loi et autres pirates de plusieurs époques, qui apparaissent dans plusieurs bouts d’histoires, entrecoupées de passages où notre Lacassade fait ses recherches, et paye même de sa personne avec les blousons noirs de banlieue (puisqu’il cherche la Cour des miracles moderne).

C’est assez loufoque, parfois dur à suivre (que ce soit pour l’intrigue ou ce qui en tient lieu, ou pour le flot de termes argotiques de toutes les époques), même si je trouve intéressantes les références qui abondent dans cet album.
Si vous avez l’occasion de tomber dessus (ce qui n’est pas forcément évident), feuilletez-le avant d’envisager l’achat.
Note réelle 2,5/5

Nom série  La Dernière Rame  posté le 14/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Milstein, un musicien qui enchaîne des petits cachets se fait virer et, suite à un concours de circonstances, se retrouve à la rue, sans papier. Il en profite pour changer radicalement de vie, pour faire totalement table rase du passé. Au propre comme au figuré d’ailleurs, puisqu’il joue à l’amnésique, coupant les ponts avec son ancien boulot, ses amis, sa compagnes, refusant la moindre contrainte, pour ne plus se fier qu’au hasard et refuser toute responsabilité. Il va intégrer les « Anonymes Anonymes », qui va se révéler être une secte.

On suit Milstein cherchant à échapper à la secte, mais aussi à sortir de l’impasse où il s’était fourvoyé. Même s’il y a des longueurs, et si ce n’est pas toujours très rythmé, l’album se laisse lire.

Le dessin, qui use d’un Noir et Blanc classique pour l’époque, avec des nuances de Gris, est plutôt bon.

Un album semble-t-il oublié, mais qui n’est pas inintéressant.

Nom série  Sasmira  posté le 14/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’avise la série après lecture des trois premiers tomes. C’est-à-dire sans que mon avis ne soit influencé par la très longue coupure entre les différents tomes, qui a semble-t-il – et à juste titre – gêné la plupart des précédents lecteurs. Mais je suis aussi le premier à aviser la série après avoir lu le troisième. Ce qui va aussi modifier quelque peu le point de vue.

En effet, le gros point fort de cette série, c’est avant tout le dessin de Vicomte, vraiment très beau. Très fin, ciselé, presque maniéré, il donne dès le départ un chouette habillage à l’histoire. Que ce soit pour les décors, mais aussi les habits début XXème siècle. Et il fait de Bertille une femme plus que séduisante, dégageant un fort parfum d’érotisme – un peu, toute proportion gardée, comme la Coraline de Songes.
Hélas, le dessinateur change à partir de ce troisième tome (Vicomte a partagé son travail dès la fin du deuxième tome avec Claude Pelet, mais c’est à peine notable). Et je n’aime pas ce genre de changement en cours de série. Surtout qu’ici on y perd au change ! Si le dessin d’Anaïs Bernabé est sans réel défaut, je le trouve à la fois très différent de celui de Vicomte (au point que les traits de certains personnages ont trop changé par rapport aux originaux) et moins beau (avec une colorisation elle aussi moins réussie, plus aidée par ordinateur semble-t-il) : on n’y retrouve plus le rendu très « dentelle » de Vicomte pour les vêtements, et même Bertille, voire Sasmira m’ont paru moins séduisantes.

Pour ce qui est de l’histoire, elle est assez improbable, bien sûr, et pas forcément très originale. Mais le tome introductif se laisse lire très agréablement. Toutefois, le rythme est bien trop lent, cela ronronne, et les passages « égyptiens » qui arrivent ensuite sont eux trop longs.
Une partie des deuxième et troisième tomes, s’ils éclairent un peu le mystère originel (sans lever tous les voiles) sont ainsi décevants.

Je ne sais pas quand ni comment Vicomte va conclure cette aventure, mais il faudrait qu’il le fasse vite (et je ne parle pas uniquement du rythme de parution, mais aussi du scénario). Et si possible en reprenant lui-même le crayon !

Nom série  Le Cycle de Taï-Dor  posté le 14/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai découvert récemment cette série, qui fut sans doute l’une des premières scénarisées par Rodolphe ou Le Tendre.

Le dessin de Serrano est plutôt bon, mais sans âme et assez daté je trouve. Et il n’est pas forcément mis en valeur par la colorisation, que j’ai très moyennement appréciée.

Pour ce qui est des histoires (j’ai lu les trois premiers albums), elles se laissent lire, sans être non plus inoubliables. Des mondes parallèles qui donnent des possibilités scénaristiques, ici exploitées honnêtement.

Mais je pense que c’est à réserver à un jeune lectorat, l’achat ne s’imposant pas.

Nom série  Dofus - Les Shushus de Rushu  posté le 13/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
C’est par mon fils que j’ai connu le monde et les univers/extensions Dofus/Wakfu, lui qui était fan des publications (revues), des dessins animés et autres jeux (d’abord sur le Net, puis des jeux de plateau). Mais il n'a jamais réussi à m'y convertir.

Je lui ai emprunté ce petit album, pour voir ce que ça donnait en BD, mais je pense que je n’irai pas plus loin dans ces publications de l’univers Dofus.

En effet, je n’ai pas trouvé génial cet opus, c’est le moins que l’on puisse dire.
Le dessin d’abord, sorte de manga à l’européenne (c’est un style que je n’aime a priori pas, et ici c’est un peu les travers qui sont exacerbés – à savoir l’expression des émotions sur les visages, les mouvements du corps accentués, surtout lors des combats, etc). De plus, la colorisation (alternant plusieurs bichromies dans les divers chapitres) n’est pas de celles qui me plaisent. L'ensemble est assisté par ordinateur, je n'en suis clairement pas fan !

Quant à l’histoire – si je fais abstraction de quelques références à l’univers Dofus qui m’ont probablement échappé, c’est assez sans intérêt je trouve. Les jeux de mots (noms de personnages par exemple) sont aussi lourds que ceux de l’univers Lanfeust.

Bref, ces Shushus m’ont franchement déshu !

Nom série  La Croix de Cazenac  posté le 13/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mon avis porte sur les 3 premiers cycles (8 premiers tomes de la série), que j’ai lus dans les trois intégrales en petit format.
Alors, si cela permet une découverte à petit prix, le format est souvent trop petit et ne rend pas forcément grâce au dessin de Stalner, qui est ici très bon. Et qui nous montre une Louise vraiment craquante. Mais les autres personnages et les décors sont aussi réussis.
Au passage, Stalner semble avoir recyclé le bordel du début de la série « Le Roman de Malemort » pour représenter le manoir des Cazenac : en tout cas les deux bâtiments se ressemblent franchement et un même modèle semble les avoir inspirés.

Pour ce qui est de l’histoire concoctée par Boisserie, elle se laisse lire. Avec la Première guerre mondiale comme fil rouge, avec ses boucheries, ses tranchées, on est baladé, au gré des cycles, en Russie pré-révolutionnaire, en Europe centrale et en Egypte.

La famille Cazenac, qui espionne et contrespionne de père en fils, est assez atypique ! Il faut alors faire abstraction de quelques facilités scénaristiques. En particulier tout ce qui penche trop vers la fantastique, autour des pouvoirs de chaman d’Etienne par exemple : en cela je n’ai pas trop aimé la fin du premier cycle et surtout le deuxième cycle et son affrontement avec Némésis. C’est un peu moins marqué ensuite, mais je ne suis pas fan de cet aspect de la série.

En plus du côté aventure, les auteurs ont su développer l’aspect romanesque, autour du personnage de Louise, que se « partagent » les deux frères Cazenac. Mais ils n’échappent pas à certains travers (scènes de cul pas forcément justifiées).

Cela reste donc une série qui peut s’emprunter, sans en attendre des sommets non plus.

Nom série  Sergent Kirk  posté le 12/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’avais acheté lors de leur sortie les trois premiers tomes de la réédition de cette série par Futuropolis (soit les 21 premiers épisodes).

C’est le nom d’Hugo Pratt qui est mis en avant – et en très gros ! – sur la couverture, et c’est lui qui a sans doute poussé Futuropolis à se lancer dans cette aventure éditoriale. Et à plutôt bien le faire d’ailleurs. En effet, nous avons droit à une couverture épaisse – comme le papier –, mais aussi, pour chaque volume, à une préface éclairante (celle de Giraud pour le deuxième tome est la seule décevante de mon point de vue, alors même que j’en attendais beaucoup). En fin de chaque volume, un historique des publications originales de chaque épisode (dans une revue argentine en 1953, puis dans une revue italienne dans les années 1960). Mosquito aurait pu faire de même pour ses récentes rééditions des travaux « indiens » de Serpieri !

Pratt donc, dans sa période argentine. Son dessin est hésitant, éludant quasiment tous les décors, se concentrant sur les personnages (surtout les visages). Pas exempt de défauts, malgré quelques belles planches. Un Noir et Blanc inspiré de certains comics américains (comme ceux de Milton Caniff, que Pratt admirait), mais qui s’en détache peu à peu, dans un style épuré, jouant sur les hachures (et qui s’améliore aussi peu à peu au fil des tomes).

Si Pratt est mis en avant par Futuropolis, il n’est ici que le dessinateur/complice de son compère argentin Oesterheld, que j’avais découvert avec L'Eternaute. On y retrouve ici sa patte : sans aller jusqu’à la mièvrerie, Oesterheld développe une intrigue qui fait la part belle à des questionnements existentiels, à la tolérance, à l’acceptation des différences.

Et c’est là que réside l’originalité de cette série, qu’il faut replacer dans son contexte. Oesterheld s’intéresse aux tribus indiennes, mais son scénario et ses dialogues sont toutefois parasités parfois par certaines approximations, généralisations et/ou erreurs factuelles (« manitou » et « sachem » par exemple, employés pour toutes les tribus). Mais au début des années 1950, le cinéma américain n’en était encore qu’au début de la réhabilitation des « Peaux-Rouges » (ou tout du moins d’une vision plus équilibrée, nuancée), et Kirk, le héros qui refuse le racisme et s’entoure indifféremment de Blancs et d’Indiens, qui préfère même vivre au milieu de ces derniers, préfigure certains westerns postérieurs.
Il n’est pas non plus interdit de penser que Charlier a pu s’inspirer en partie du personnage de Kirk pour développer certains aspects de la personnalité de Blueberry (tous les deux militaires en rupture de ban, attentifs au sort des Indiens, cherchant à éviter de faire couler le sang, et accompagnés de quelques fidèles malgré leur rejet de la hiérarchie…).

Malgré le côté brouillon, parfois naïf du dessin et du scénario, cette série – qu’il faut resituer dans son époque donc – possède un certain charme. Elle donnera aussi envie à Pratt de revenir vers les sous-bois nord-américains, quelques années plus tôt (dernier quart du XIIIème siècle), pour y situer certaines de ses plus intéressantes publications (Fort Wheeling en particulier).

C’est en tout cas une série à redécouvrir. Pour l’achat, à vous de voir, même si cela concerne essentiellement les fans de Pratt (ou du genre western peut-être).

PS : petite curiosité : parmi les fidèles compagnons progressivement agrégés autour de Kirk, un certain Corto…

Nom série  Une vie de Saint  posté le 11/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tiens, voilà deux auteurs et une série Fluide Glacial qui ne sont pas encore référencés sur ce site !? Et pourtant l’album n’est pas jeunot.

Comme les auteurs, le héros de la dizaine d’histoires courtes qui composent cet album, Apapucio, est espagnol. Mais, contrairement à eux, ils n’a qu’un objectif, qui guide ses pas : devenir saint (mais parce que c’est un marchepied pour la célébrité et la richesse !). C’est donc un moine plein de bonne volonté qui pérégrine, cherchant la reconnaissance divine pour atteindre au statut de faiseur de miracles.

Et il faut dire qu’il n’est pas aidé. Car autour de lui – dans un moyen-âge de pacotille et de clichés – gravitent à chaque fois les tentations. Sous forme de femmes girondes, de villageois voire d’ecclésiastiques dépravés – quand ils ne développent pas un tripot pour monnayer les sacrements.

Et dans un monde où les bonnes actions ne payent pas forcément, notre saint en devenir subit quelques déconvenues. Il faut dire qu’il est plutôt maladroit, lâche et sa morale n’est pas toujours canonique !

Le dessin de Lopez est original, même si je n’en suis pas fan. Mais son Noir et Blanc passe très bien en tout cas.
Quant à l’humour de Fontdevila (un peu noir, un peu con, un peu cynique), il n’est généralement pas assez marqué à mon goût (dans un autre registre, Maester donnait dans le même magazine une vision tout aussi iconoclaste mais plus déjanté avec sa "Sœur Marie-Thérèse"). Pas de francs éclats de rire, mais un ensemble qui est toutefois intéressant, et qui mérite d’être (re)découvert.

Nom série  Le Joueur d'échecs (David Sala)  posté le 11/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le dessin de David Sala n’est pas forcément de ceux que je préfère. Mais je dois lui reconnaitre une réelle beauté, et son parti-pris esthétique (cela fait très « peinture » je trouve) est intéressant. La couverture est très réussie.

Pour ce qui est de l’histoire, cela se lit rapidement (le livre est épais, mais il n’y a pas tant de texte que cela à lire, que ce soit en off sous les cases, ou dans des phylactères), mais agréablement.

Au travers de la partie d’échecs opposant, sur un paquebot en direction de l’Argentine un champion reconnu et un quidam inconnu, Zweig fait passer – sous son aspect sans doute le moins « brutal », mais aussi le plus effrayant, l’oppression que les Nazis faisaient subir à certaines catégories de la population.
On sait, par ailleurs, que Zweig, dont cet album adapte la dernière œuvre, a fini par se suicider, n’acceptant pas le monde tel que les Nazis étaient en train de le façonner.

Cet album est vraiment une chouette lecture, et je vous le recommande.
Note réelle 3,5/5.

Nom série  Churchill  posté le 10/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Qu'on l'apprécie ou nom, Winston Churchill est une personnalité majeure de la première moitié du XXème siècle britannique (un peu leur De Gaulle à eux), et une personnalité importante de la Seconde guerre mondiale, y compris hors de la perfide Albion.

Si je n’ai pas trop accroché au dessin de Cammardella, c’est surtout le scénario de Delmas qui m’a semblé décevant. Il est vrai, à sa décharge, qu’un biopic est souvent un exercice casse-gueule.
Delmas veut traiter la biographie du grand homme en deux tomes, très déséquilibrés, ce premier tome traitant de l’enfance jusqu’au déclenchement de la seconde guerre mondiale en 1939 (une soixantaine d’années, dont près de 45 « bien remplies »), le suivant se concentrant sûrement sur la Seconde guerre mondiale (il est écarté du pouvoir peu de temps après).

Dans ce premier tome, j’ai trouvé que l’on sautait trop souvent d’un événement à l’autre, Churchill donnant une idée, évoquant un fait, et ensuite quelques scènes illustrent cela : on le voit donc très tôt ambitieux et carriériste, « jouant au soldat » pour obtenir ses entrées dans les hautes sphères politiques, n’hésitant pas à changer de parti au gré des opportunités. Et s’engageant la fleur au fusil dans les combats coloniaux ou la Première guerre mondiale. Ambitieux, primesautier, ce pointillisme m’a en tout cas gêné. C’est un peu convenu, manque de liant, saute d’un lieu, d’un événement à un autre sans trop de transition (c’est même très brutal parfois).

Alors, certes, restent les bons mots du bonhomme, les envolées sociales, et les choix forts qu’il fait, prenant de réels risques politiques. C’est rapidement un vieux briscard de la politique, au cœur de multiples intrigues et cabinets.

Par contre, suivant les travaux (que je n’ai pas lus) d’un spécialiste, les auteurs versent dans une hagiographie qui passe sous silence un certain nombre de faits gênants pour la stature du grand homme. On le voit ici magnanime avec les révoltés Boers en Afrique du sud : mais aucune allusion n’est faite aux camps de concentration (les premiers de l’histoire sans doute, et dont les conditions de vie – ou de mort – n’ont pas grand-chose à envier à ceux que bâtiront ensuite les Nazis, même si ce n’était évidemment pas des camps d’extermination !).
Par anticommunisme, il a soutenu l’emploi d’armes chimiques contre les Soviétiques en 1919. Sa volonté de défendre à tout prix l’Empire britannique le fera recommander l’usage de ces armes atroces contre des tribus indiennes révoltées, et surtout contre des Kurdes refusant le joug anglais. Passer sous silence ces épisodes, alors même qu’une grande place est donnée dans cet album aux actions militaires (en tant que soldat ou ensuite que ministre) de Churchill un peu partout dans le monde relève d’une faute grave je trouve. L’hagiographie tourne ici à la réécriture de l’histoire (même s’il est vrai que ces faits sont depuis longtemps « oubliés »).

Le second tome s’attaquera à la période la plus connue – et sans doute la plus consensuelle de Churchill. Il est dommage que ce premier tome fourre-tout ait passé sous silence la part d’ombre du grand monsieur.

Nom série  Roger et ses humains  posté le 10/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
C’est par mes enfants que je connais le nom de Cyprien – que je n’ai jamais vu « youtuber », et c’est aussi mon fils qui m’a prêté cet album, que je n’aurais sinon jamais eu l’idée de lire (encore moins d’acheter !).

Il faut dire que le sticker en couverture est un détail qui généralement me fait fuir. Dupuis a voulu surfer sur la vague youtubeurs, mais ne s’est quand même pas fichu de Cyprien, qui a droit, ici, à un album avec couverture très épaisse.

Evacuons rapidement le dessin (que je n’aime pas, moche et informatisé), et la colorisation (même ressenti).

Pour ce qui est de l’histoire – et donc l’arrivée au milieu d’une jeune couple d’un robot surdoué et potentiellement dangereux, cela peut se laisser lire. Découpé en série de strips, qui forment une histoire complète, l’album n’est pas la bouse que je craignais au départ.

Mais, si certaines situations m’ont fait sourire, ce n’est pas assez drôle pour me contenter, et l’histoire globale ne casse pas non plus des briques.

En résumé, c’est bien mieux que craint, mais moins bien que nécessaire pour que ma critique soit davantage positive.
Note réelle 2,5/5.

Nom série  La Vie d'Einstein  posté le 10/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je suis un grand fan de Goossens, mais je crois que cette biographie farfelue d’Albert Einstein est ma première réelle déception le concernant.

Pourtant, Goossens, lui-même scientifique, use une nouvelle fois d’un humour absurde, con, voire débile, pour aller au bout de son idée. Mais ici, cela ne prend pas, et je n’ai pas trouvé l’ensemble réussi ou assez drôle.

C’est clairement un Goossens mineur, assez dispensable je pense (je suis étonné que ce soit cette série de Goossens qui ait été primée à Angoulême, vu le nombre important de belles séries à son actif). Mais ne vous arrêtez pas à cette série, car il a fait beaucoup mieux ailleurs !
Note réelle 2,5/5.

Nom série  La Vie secrète des jeunes  posté le 09/04/2018 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Riad Sattouf nous a rassemblé dans ces trois albums une longue suite de petites observations du quotidien (si tant est qu’il se soit abstenu de les créer de toute pièce), prises sur le vif dans les rues de Paris ou dans le métro (il semble bien fréquenter la ligne 9 !).

Chaque petite histoire commence de la même manière (« vu et entendu à (…) ») et occupe une page – à part quelques exceptions.

Elles ont été publiées en feuilleton dans Charlie Hebdo, et cela passait peut-être, comme une pastille rafraichissante, au milieu d’autres trucs. Mais là, rassemblées et lues d’une traite, cela s’avère rapidement lassant, et surtout je n’ai pas trouvé ça très intéressant – malgré quelques petites perles amusantes.

C’est vraiment une lecture décevante.

J’ai cru voir un moment que cette série avait été adaptée au cinéma. Indépendamment de mon ressenti après ma lecture, je suis assez dubitatif : comment faire un « film » de cette suite pointilliste de petites observations ? Cela ne peut donner qu’une suite de sketches – un peu fades étant donné le modèle.

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