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... a posté 2245 avis et 514 séries (Note moyenne: 2.96)

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Nom série  Cet été-là  posté le 14/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai trouvé le propos de cet album d’une finesse extrême.

Via ce qui pourrait paraître n’être que de simples souvenirs de vacances, ce sont des questions délicates qui sont abordées au fil des planches.
La copine retrouvée le temps des vacances et ce sont l’identité sexuelle et l’image de soi qui sont abordés.
Le sympathique loueur de vidéo permettra d’observer la subjectivité du regard amoureux tout en créant une intrigue autour du déni de sale gueule.
Une tension palpable dans la famille permettra d’aborder les dégâts causés par l’absence de communication.
Une attirance pour les films d'épouvante, et ce sont les étranges fascinations de l'adolescence qui ressortent (et une bonne manière d'apporter un peu d'humour et de légèreté supplémentaire au récit... qui n'en manque pourtant jamais malgré les sujets abordés).

Chaque thème est traité sans précipitation aucune, ni manichéisme. Les personnages sont vrais et il nous faudra du temps pour bien les cerner. Les non-dits sont nombreux et le lecteur devra souvent s'interroger sur les raisons d'un silence, d'un regard, d'une fuite. Heureusement, l’album est copieux (320 pages) et permet donc aux deux auteures d’opérer par petites touches. Du coup, certains auront le sentiment qu’il ne se passe rien. Pourtant, à titre personnel, j’ai trouvé que chaque page apportait un élément nouveau au récit. Rien n’est gratuit mais rien n’est spectaculaire. Cet album, c’est simple et beau comme un bourgeon qui éclot. A vous de voir si vous êtes prêts à passer le temps nécessaire pour assister à l’épanouissement (et cette image de me rappeler que le thème central du livre est la perte d’innocence).

Le dessin, dans son style réaliste et épuré, est d’une grande efficacité. Le trait est net, les personnages sont bien typés. Les décors sont facilement identifiables. Les cadrages visent l’efficacité plutôt que l’effet de manche. Tout contribue à une lecture fluide et plaisante.

Du pur roman graphique… mais du roman graphique de très grande qualité !

Et puis bon ! Quand on mentionne 'Rush' dans le récit et dans les remerciements, on touche une corde sensible à mon coeur (et oui, cela a peut-être influencé ma note... c'est con mais c'est comme ça... et ce n'est d'ailleurs pas un hasard si j'ai attendu mon 2112ème avis pour dire tout le bien que je pensais de cet album )

Nom série  Une aventure « classic » de Tanguy et Laverdure  posté le 13/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nul doute que le succès (mérité selon moi) rencontré par « Les Aventures de Buck Danny (classic) » aura influé sur la décision de lancer cette nouvelle série.

Voici donc, dans sa version ‘classic’ une nouvelle aventure de Tanguy et Laverdure. Enfin ! Nouvelle, pas tout à fait puisque les auteurs ont eu l’idée d’adapter un roman (en fait, LE roman, le seul, l’unique) écrit par J.-M. Charlier et qui mettait en scène les deux célèbres aviateurs français.

L’adaptation est on ne peut plus réussie. Le lecteur retrouve tout ce qui faisait la force des scénarios de Charlier dans un récit dense et bien découpé. L’histoire de sabotage ici proposée n’est pas la plus originale que j’ai lue mais elle est bien menée et les multiples suspects titillent ma curiosité. Alors oui, il y a des pistes tellement grosses que l’on se doute qu’elles sont fausses… mais ça fait, là aussi, partie du charme ! On ne raconte pas une histoire façon années ’70 comme on la raconterait aujourd’hui. Cette série s’adresse a priori aux nostalgiques et c’est ce type de scénario qu’ils sont en droit d’espérer.

Et au niveau du dessin, je trouve que Matthieu Durand réalise un travail remarquable ! L’aéronautique est un domaine qu’il maîtrise (cela se ressent sur tous les aspects techniques de l’album) tandis que son style légèrement caricatural sur les personnages correspond parfaitement à l’esprit d’origine. De plus, le découpage dense (on a souvent droit à un grand nombre de cases par planche) n’empêche jamais une extrême lisibilité. C’est tout simplement parfait pour une reprise !

Reste le point qui fâche.

Dans le récit qui nous est proposé, Laverdure va connaître une histoire d’amour… beaucoup trop semblable à celle vécue par Sonny dans « Prototype FX 13 » (le 24ème tome de la série Buck Danny, scénarisé par… J.-M. Charlier). Les amateurs de BD d’aviation risquent donc de trouver là, non plus un goût de déjà-vu, mais du déjà-lu pur et dur ! Même la profession du papa de la fiancée est identique !!

C’est dommage car, pour le reste, je n’ai vraiment aucun reproche à formuler à ce récit. D’ailleurs, j’en lirai la suite avec grand plaisir… mais je ne peux que regretter ce réemploi d’une séquence déjà illustrée dans un autre récit du scénariste.

Nom série  Princesse Caraboo  posté le 04/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sujet à la mode actuellement, le parcours de personnages féminins atypiques du début du siècle passé est une fois de plus mis à l’honneur via cette Princesse Caraboo. Et il faut avouer qu’elle ne manque pas de personnalité ni de créativité, cette jeune princesse aux origines mystérieuses.

Le scénario est bien construit mais mal inspiré sera le lecteur qui ira jeter un œil au dossier proposé en fin d’album avant d’avoir lu la BD, car une part trop importante de l’intrigue lui serait ainsi dévoilée. La part de mystère du personnage est, en effet, essentielle au bon fonctionnement de l’album car elle provoque à la fois curiosité et empathie.

Au niveau du dessin, le style de Julia Bax ne manque pas de charme mais encore d’un peu de maturité. Il est en tous les cas déjà doté d’une réelle identité qui permet de sortir l’album du tout-venant. Ce style est joliment expressif et bien soutenu par une colorisation nuancée. Les décors sont soignés et les personnages bien typés.

Un bon album, au final, mais auquel il manque tout de même un petit quelque chose (plus de rythme, peut-être) pour que je le considère comme une réelle priorité d’achat. En l’état, l’emprunt me semble être la bonne option mais le soin apporté justifie à mes yeux le fait que je n’en déconseille pas l’achat.

Nom série  Boule à zéro  posté le 04/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’avais trouvé les deux premiers tomes « gentils » sur une thématique délicate à traiter (les enfants malades de longue durée). Après lecture des tomes 3 et 4, j’ai le sentiment que la série a encore franchi un palier pour arriver à un excellent niveau.

Parfois naïve, cette série aborde tous les sujets et tous les aspects de la vie hospitalière sans mièvrerie mais avec beaucoup d’humour et d’humanité. On n’évite pas quelques lieux communs (le racisme, c’est mal, les infirmières sont toutes des anges, etc…) mais comme la série est avant tout destinée à un jeune public, ce genre de manichéisme basique me semble acceptable.

Au niveau du dessin le style de Ernst est clair, caricatural mais sans excès, très lisible et expressif. Un pur style humoristique franco-belge juste un peu plus carré que d’ordinaire. Il convient tout à fait pour ce genre de série.

Après 4 tomes, j’attribuerais une note de 3,5/5 à l’ensemble mais comme les derniers tomes m’ont plus plu que les premiers, j’accorde le 4/5 de moyenne.

Nom série  Steamboy  posté le 04/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
D’abord, j’ai trouvé les scènes d’action extrêmement confuses et mal découpées. L’emploi du flou ne m’a pas du tout convaincu alors que certains séquençages me sont apparus totalement dépourvus de la moindre logique.

Ensuite, ce scénario tient quand même sur un timbre-poste. Sérieusement, plus de 400 pages pour en dire autant que Raoul Cauvin dans un mauvais album des Tuniques Bleues (il n’y a pas de rapport entre ces séries, c’est juste pour vous donner une idée de la richesse du scénario), c’est preuve d’une grande maîtrise dans le brassage de vent.

Par ailleurs, les personnages sont des caricatures de stéréotypes. Vous savez directement à quoi vous attendre, c’est un avantage pour les jeunes lecteurs. Vous n’êtes jamais surpris, c’est un gros inconvénient à mes yeux.

Bon, alors, c’est tellement creux que ça se lit très vite et, donc, je suis arrivé au bout. De plus, l’univers steam-punk offre parfois de beaux visuels, et, cerise sur le gâteau, en couleur ! Mais bon, hors de ça, je n’ai vraiment pas trouvé ce steamboy convaincant.

Nom série  Mettez des mots sur votre colère  posté le 04/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je m’attendais à un récit principalement historique traitant du travail des enfants dans l’Amérique de la révolution industrielle et je me suis retrouvé face au portrait d’un homme.

Et je suis loin d’être déçu tant ce portrait m’aura accroché par sa grande humanité. Le personnage est tiraillé dans ses contradictions, empli de bonnes intentions et de mauvaises actions. Un très beau portrait !

Par ailleurs, la dimension historique n’est pas oubliée puisque ce portrait, fictif, use du travail, bien réel celui-là, réalisé par un photographe au début du XXème siècle. Cette toile de fond nourrit le récit sans en constituer le thème principal. C’est un choix audacieux tant ce sujet très fort aurait pu suffire pour écrire un récit. Opter pour une voie détournée est donc très culotté à mes yeux et la preuve que Marc Malès aime surprendre et se mettre en danger.

Au niveau du visuel, hormis le fait que les personnages féminins ont tendance à se ressembler, c’est un travail impressionnant qui nous est proposé. Tout d’abord, le format à l’italienne nous sort de nos habitudes. De plus, cette horizontalité favorise les plans larges et donc apporte une dimension cinématographique au visuel. Ensuite, la colorisation sépia est en parfait accord avec le thème. Enfin, le trait de Marc Malès, très fin, permet à ce dernier de détailler ses décors sans jamais perdre de sa lisibilité.

Un album réussi à plus d’un niveau, donc. A lire !

Nom série  Ma Vie en l'air  posté le 04/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cet album m’a fort marqué mais je pense sincèrement que ce ne sera pas le cas pour tout le monde et que beaucoup de lecteurs risquent d’être désarçonnés par cet âpre récit.

Les auteurs nous proposent de suivre le parcours d’une jeune fille qui va se réfugier dans la folie pour fuir une réalité sinistre à souhait. C’est extrêmement sombre et tortueux mais rarement un récit aura réussi à me faire partager pareille plongée ! Et si, au début, j’ai eu quelques peines à entrer dans l’album, au fil des planches, celui-ci est réellement devenu passionnant (et touchant) à mes yeux.

Côté dessin, je ne suis pas un grand fan du trait de Didier Tronchet car je le trouve souvent « sale », trop gras, trop poussé dans son aspect caricatural. Mais, dans le cas présent, je trouve que ce style convient bien à la thématique et permet d’exprimer certains aspects du déséquilibre mental des personnages sans devoir rechercher de grands effets.

Nom série  La Voie des Chevriers  posté le 24/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Bravo !
Bravo et merci !

Bravo d’abord à Cécile et à Nico pour avoir réussi, à force de volonté, de travail, de ténacité, de débrouillardise et de bien d’autres traits de caractère, à donner vie à leur modeste rêve.

Élever des chèvres et en vivre. Qui penserait que, de nos jours, cela soit si difficile d’y parvenir ? Entre le manque de confiance des banques et les diverses contraintes administratives ou d’hygiène imposées par les autorités nationales, fédérales locales ou autres, c’est à un véritable parcours d’obstacles que nous sommes conviés.

Par ailleurs, nos deux éleveurs ne se déparent jamais de leurs propres convictions, optant résolument pour le local, le rustique, le sain, le naturel… tout sauf une démarche simplement mercantile en somme. Et là, mon questionnement de départ s’inverse : qui penserait que, de nos jours, il soit encore possible de survivre financièrement de l’élevage de chèvres sans faire de compromis ? La réponse nous est offerte en image ici, dans toute sa précarité malgré la force de travail et la passion affichée par le couple.

Merci ensuite à Samuel Figuière pour m’avoir relaté cette aventure du quotidien avec un très grand talent. Ce récit est très instructif mais jamais, au grand jamais, je n’ai eu l’impression de lire un documentaire ! Que du contraire, c’est incroyablement vivant et humain. En tournant ces pages, je me suis souvent dit que l’auteur était le résultat fusionné de Nicoby et de Davodeau (ben oui, rien que ça). Un trait simple, vif et sympathique, bien mis en valeur par une colorisation pleine de fraîcheur, au service d’une narration dans laquelle l’humain est toujours mis en avant sans jamais occulter pour autant le caractère instructif du récit. Les décors sentent l’authenticité, qu’il s’agisse de bâtiments ou de vue sur une ville (comme cette vue sur Nyons reconnaissable sans équivoque et sans qu’il soit nécessaire de préciser le nom par un texte quelconque) : ce trait n’a l’air de rien mais il est fichtrement efficace !

Et puis, derrière l’image d’Epinal du retour à la nature, de la vie au grand air, de la passion devenue profession, l’auteur et nos éleveurs n’hésitent pas à aborder des sujets plus graves, comme la nécessité de l’abattage et les conditions dans lesquelles celui-ci est réalisé. Derrière la façade très simple, très humaine se cachent donc des problèmes de société bien plus graves (l’abattage en est un, le puçage en est un autre) qui incitent le lecteur à la réflexion.

Enfin, il y a des passages un peu fourre-tout mais amusants qui nous en apprennent plus sur l’origine d’une race animale ou sur celle d’un signe zodiacal.

Non, franchement ! Je l’ai pris, je l’ai entamé et je n’ai plus eu envie de le lâcher avant d’en avoir tourné la dernière page.

Nom série  Snegurochka  posté le 17/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Snegurochka est une fiction construite autour de réalités historiques. Le début, très énigmatique, lui confère une aura de mystère qui intriguera plus d’un lecteur (moi-même, j’ai cru un moment avoir affaire à un récit fantastique sur lequel aurait plané l’ombre de Dracula… Ne me demandez pas pourquoi, je ne saurais vous répondre). Puis, progressivement, les éléments se mettent en place.

On a dès lors droit à une sorte de huis clos dans lequel les personnages se dévoilent peu à peu. Le mystère est soigneusement entretenu grâce à la recherche constante d’un objet dont on ignore tout.

Je dois bien avouer que j’ai été pris par ce récit, même s’il aboutit finalement sur un sujet déjà souvent exploité. L’aura de mystère qui entoure son introduction et la manière dont l’auteur dévoile peu à peu ses personnages sont assez accrocheurs. Le dessin (de style manga réaliste) est agréable à l’œil et plutôt soigné dans son ensemble (voire même d’une grande finesse à quelques occasions, surtout au niveau des vêtements). La dimension historique est bien exploitée même si pour les besoins du récit, la part romancée est conséquente.

Un bon manga, en somme. Pas révolutionnaire (uh uh humour… mais vous comprendrez mieux après l’avoir lu) mais suffisamment intriguant pour que je n’interrompe pas ma lecture en cours de route.

Nom série  Le Mystère du Monde Quantique  posté le 17/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Audacieux projet que celui de nous permettre (et quand je dis « nous », je pense à tout un chacun) de comprendre en quoi consiste exactement la quantique. Mathématique et physique sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit lorsque l’on me parle de ce domaine. La théorie des mondes parallèles me semblait y être également associée, sans savoir à quel niveau. J’aurais cependant bien été incapable de vous décrire exactement en quoi consistait l’étude du monde quantique.

Grave problème : après lecture de cet album, j’en suis toujours fondamentalement incapable. Pourtant, j’ai le sentiment d’être aujourd’hui un peu moins con (et paradoxalement d’être aussi beaucoup plus con que je ne le pensais vis-à-vis de ces mathématiciens de pointe). L’exercice de vulgarisation n’est donc pas totalement raté mais pas pleinement réussi non plus.

Le dessin résolument expressif et bonhomme permet une entrée en matière facile tandis que la construction du récit nous introduit dans cet univers d’une manière ludique et énigmatique à la fois. Au travers d’un scénario résolument onirique, les auteurs nous permettent de croiser les principaux physiciens reconnus en la matière. La plongée en la-dite matière se fait progressivement en suivant son évolution au travers du temps.

Il sera bien entendu question du chat de Schrödinger… et je pense cette fois avoir un peu mieux saisi le concept. La constance de Planck sera expliquée elle aussi, et c’est ma fois assez étonnant comme concept ! Mon cartésianisme et mes limites intellectuelles se heurteront toutefois à quelques paliers infranchissables pour mes pauvres neurones, et c’est la raison pour laquelle je n’ai pas réussi à toujours suivre les cogitations théoriques de nos génies (honte sur moi).

En définitive, je peux dire que cet album m’a permis d’en apprendre et (surtout) d’en comprendre un peu plus sur la physique quantique. Aurait-ce été le cas si le sujet ne m’avait pas intéressé a priori d’une part et si je n’avais pas été un peu matheux (car comptable de formation) d’autre part ? Je n’en suis pas sûr. C’est pourquoi, si je vous en conseille la lecture, je n’oserais en conseiller l’achat qu’aux lecteurs vraiment intéressés par ce domaine sans en réellement maîtriser les bases. Pour les autres, et bien soit ce qui est dit risque de trop rapidement vous saouler pour que vous fassiez l’effort de compréhension nécessaire à ces concepts (qui demeurent tout de même très théoriques), soit vous avez déjà un niveau suffisant pour vous passer de cette vulgarisation en bd.

… N’hésitez quand même pas à y jeter un œil, ne fusse que parce qu’oser aborder ce type de sujet dans un œuvre destinée à un public non spécialisé démontre d’une audace réjouissante.

Nom série  Le Grand Méchant Renard  posté le 29/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mon avis ressemblera aux précédents : ce Grand Méchant Renard est des plus amusants.

Le ton est très « Tex Avery » avec un renard attachant en gentil méchant qui s’en prend plein la tronche. Les rebondissements sont multiples et souvent originaux. J’ai le sentiment que l’auteur prenait plaisir à se mettre en danger dans le sens où, souvent, il trouve une solution au problème rencontré par le renard mais se plait à rebondir sur cette solution pour créer de nouveaux problèmes.

Le ton est moderne et direct.

Le dessin, lui aussi, va à l’essentiel mais dispose de toute l’expressivité et de tout le dynamisme nécessaires pour parfaitement coller au propos.

Enfin, j’ai aussi apprécié les dernières planches de l’album qui, à raison d’une case muette par planche, permettent de quitter en douceur et avec tendresse cet attachant renard et sa progéniture de substitution.

Un très bel album, drôle avant tout, mais tendre également.

Nom série  California dreamin'  posté le 25/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
>>Spooky avait écrit:
>>Claire Brétécher. Kaoru Mori. Isabelle Dethan. Annie Goetzinger...
>>
>>Pénélope Bagieu. Non je déconne pour cette dernière.

>>>>Mac Arthur avait écrit:
Rigole mais si ça se trouve, ce sera la première de ta liste à être nommée.

C’était au moment où la liste des nommés pour le Grand Prix d’Angoulême avait été dévoilée et que la polémique concernant l’absence d’auteure dans cette liste faisait rage. J’avais demandé à Spooky de me citer des auteures qu’il aurait vues dans cette liste. Et le nom de Pénélope Bagieu était sorti sous forme de boutade…

Aujourd’hui Mac Arthur persiste, signe et surenchérit. Pénélope Bagieu pourrait bien être la première femme à se voir décerner ce fameux Grand Prix. Parce que si elle parvient à aligner quelques albums de la trempe de ce California dreamin’, sa place au panthéon de la bd serait méritée !

Pourquoi ?

Parce que, avec cet album, Pénélope Bagieu parvient à apporter un certain renouveau au genre biographique. Son ton léger et désinvolte, la fluidité de sa narration, son trait frais et immédiat, son humour, tous ces éléments concordent pour nous offrir un récit aussi instructif qu’amusant, aussi distrayant que nostalgique. C’est simple, j’ai commencé ma lecture avec des yeux de plomb (ben oui, des pieds de plomb, dans le cas présent, ç’aurait pas été un handicap vu que je marche rarement en lisant) un peu poussé au cul par Little Miss Giggles qui m’en avait vanté la qualité… et je n’ai plus lâché l’album avant d’avoir tourné la dernière page ! Dieu que ce fut plaisant ! Suivre Ellen Cohen, alias Cass Elliot, alias Mama Cass, depuis sa plus tendre enfance jusqu’au succès rencontré au sein des The Mamas & the Papas m’aura fait aimer ce groupe sans jamais en connaître que deux ou trois chansons !

Les points forts de ce récit, outre le personnage atypique et emblématique de Mama Cass, sont incontestablement sa fraicheur de ton et son dynamisme. Alors, bien sûr la nostalgie d’une époque insouciante joue également en plein mais avec cette technique narrative… Tiens, c’est bien simple, Pénélope Bagieu écrirait une biographie de Mireille Matthieu que je serais tenté de la lire. C’est tout dire !

Ah oui, un bémol quand même : j’ai trouvé les couleurs de la couverture très moches, raison pour laquelle j’ai d’ailleurs très longtemps repoussé cette lecture. Heureusement, l’intérieur, lui est en noir et blanc.

Nom série  La Vie secrète des jeunes  posté le 25/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Je ne vois pas ce que ça a de drôle… Non, franchement, si Riad Sattouf a un sens aigu de l’observation et a l’art d’appuyer le trait là où ça fait mal, les planches proposées dans cette série sont à mes yeux des appels du pied face à la consternante banqueroute de notre mode sociétal… et ça ne me fait absolument pas rire.

Entre la banalisation d’une sexualité sans émotions, la montée du radicalisme, l’expansion de l’analphabétisme et de l’inculture chez les jeunes, l’abandon du sens des responsabilités, je ne sais ce qui est le plus dramatique. Et je ne me vois pas rire devant ce « gag » qui semble avoir lancé la série, devant cette jeune femme racontant le plus naturellement qui soit son viol (avec circonstances aggravantes) consenti. Oui, elle vous sort là, comme ça, que son supérieur hiérarchique (pour lequel elle avait un faible) l’a emmenée à l’hôtel, lui a demandé de se déshabiller et de se mettre à quatre pattes devant lui et lui a éjaculé au visage avant de se tirer sans autre forme de procès. Qu’est-ce que ça a de drôle ? Je me le demande… Je suis juste choqué et je trouve dramatique qu’un tel comportement soit banalisé (au point que la victime en parle sans colère ni honte dans les transports en commun) et non condamné.

Car, et c’est un autre point sensible à mes yeux, Riad Sattouf ne condamne rien. Il se contente juste d’observer et de reproduire les comportements souvent absurdes et ignobles, voire dans certains cas dramatiquement dangereux de ses voisins. Il nous montre la montée du radicalisme sans la condamner (il semble même s’en amuser, comme s’il était déjà désabusé, résigné face à celle-ci). Je ne suis pas contre le fait qu’on nous mette le nez dans le caca de temps à autres (histoire de nous remettre un tant soit peu en question) mais si le but est de me faire rire, c’est pas vraiment le bon plan !

Donc voilà, je me suis retrouvé totalement hermétique face à ce genre de thématique humoristique, certainement parce qu’il s’agit d’ « histoires vraies » et non de caricatures, et que les travers et dérives de la société que Riad Sattouf expose sont trop déprimants à mes yeux pour que j’en rie.

Nom série  Match  posté le 24/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
OK, l’idée est très originale et le défi est relevé avec un certain talent. Match, c’est donc la représentation dessinée, points par points, coups par coups même, d’un match de tennis opposant un amateur plus très frais et un tennisman en pleine possession de ses moyens.

L’humour est omniprésent et le début du récit m’a énormément plu. Malheureusement, sur la longueur (et même si cela reste sympathique à lire) je trouve qu’il y a une certaine monotonie qui s’installe. Immanquablement, certains jeux sont très répétitifs.

Enfin, la conclusion de l’album ne m’a que moyennement convaincu. A nouveau, c’est sympa mais pas très logique avec l’image que je me fais du personnage.

Donc voilà, cet album est amusant et original mais il ne s’agit pas d’un chef d’œuvre à mes yeux. A emprunter, très certainement. A posséder si vous aimez le genre burlesque muet.

Nom série  Lentement aplati par la consternation  posté le 24/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album vaut le coup d’œil en sa qualité d’exercice de style. Totalement muette, elle met en scène des personnages qui ne cesseront de communiquer et de penser. Ces messages et ces pensées sont représentés sous forme de dessins qui se répondent, se croisent, s’entrechoquent. Le jeu pour le lecteur consiste alors à démêler cet enchevêtrement de messages, à ne pas s’égarer dans cette structure volontairement labyrinthique, en fait à tout simplement comprendre cette histoire.

Le dessin est simplifié au maximum afin de centrer totalement l’attention du lecteur sur la structure et le langage employés. Le récit est anecdotique mais histoire de nous motiver un maximum, il sera question de tentatives de séduction et de beuverie.

Au final, j’ai trouvé le procédé amusant… à faible dose. Malheureusement, d’une part, à certains instants, j’ai décroché par manque d’intérêt de ma part. A d’autres, j’ai décroché parce que, tout simplement, je ne comprenais plus trop ce qui m’était raconté.

Le format de l’objet, enfin, a de quoi surprendre. Très grand, il permet de proposer des planches d’une dimension hors normes, ce qui est indéniablement un avantage pour cet exercice de style. L’auteur peut ainsi imbriquer un maximum de cases qui se répondent sans trop perdre de sa lisibilité.

Si vous avez l’occasion d’y jeter un œil (via une bibliothèque, par exemple), n’hésitez pas. Pour l’achat, par contre, je serais beaucoup plus réservé. Cela reste un album expérimental, une figure de style, ce n’est pas un livre sur lequel on revient pour son récit mais bien pour sa forme. A vous de voir, donc.

Nom série  Les Nuits de Saturne  posté le 23/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Adaptation d’un roman dont j’ignorais jusqu’à l’existence, ce récit très sombre s’est avéré être une surprise plus qu’agréable ! En fait, et après avoir parlé de la genèse du projet avec son auteur, j’ai bien envie de découvrir le roman. En effet, Pierre-Henry Gomont a eu l’intelligence d’adopter un autre point de vue sur ce récit que dans sa version originale. Du coup, je suis convaincu que la lecture du roman garde tout son intérêt… tandis que cette bande dessinée est déjà en elle-même des plus passionnantes.

Nous sommes dans un récit noir, un récit de vengeance et d’oubli, d’amitiés trahies et d’amours naissantes. Que du classique tout en ambiance ! Ambiance encore accentuée par le choix des couleurs de Pierre-Henry Gomont. C’est non seulement beau à voir (avec des belles uniformités de ton dans certains cas) mais également très opportun et vecteur d’état d’esprit.

Le découpage est fluide, les pages s’enfilent sans ennui. Les rebondissements sont présents aux bons moments tandis que des réflexions plus profondes naissent du parcours de ces différents personnages. Les personnages ! Voilà certainement le point fort du récit, avec ces êtres brisés, tiraillés entre leur envie d’un nouveau départ, leur soif de vie et leurs instincts morbides. Terriblement touchant, et terriblement sombre.

La fin, enfin, est de celles qui marquent le lecteur, tout en paradoxe : une lueur d’humanité sous une pluie de sang.

Non, franchement, j’ai bien aimé.

Nom série  La Gloire de mon Père  posté le 23/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai eu l’opportunité d’acheter le tirage de tête lors du dernier festival d’Angoulême et devant les précédents avis enthousiastes, j’avoue avoir craqué. Et j’ai craqué avec d’autant plus de facilité que la Gloire de mon Père est un des livres qui ont le plus marqué ma jeunesse.

Ceci dit, mes craintes étaient presqu’aussi élevées que mes attentes car après le roman et une adaptation au cinéma (celle d’Yves Robert) que je trouvais plutôt réussie, qu’est-ce que la bande dessinée allait bien pouvoir m’apporter ?

Tout d’abord, le style graphique utilisé est très adéquat. Ce semi-réalisme très pétillant et rond convient parfaitement à l’esprit du roman. De plus, les décors sont soignés et le fait que les visages des personnages ressemblent finalement plus à ceux tels que je les imaginais au travers du roman qu’à ceux proposés par le film n’était pas pour me déplaire. Maintenant, très objectivement, la version en noir et blanc proposée pour le tirage de tête n’est peut-être pas la plus adéquate. Il manque en effet à cette version les chaudes couleurs de la garrigue. Et, à choisir, j’opterais sans doute plus vite aujourd’hui pour l’achat de la version classique plutôt que pour cette version-ci.

En ce qui concerne l’adaptation en elle-même, les auteurs ont insisté sur certains aspects (le côté laïc de Joseph, par exemple) et moins sur d’autres (la vanité ridiculement humaine du même Joseph). Ce sont des choix immanquables lorsqu’il s’agit d’adapter un roman et, dans l’ensemble, je trouve qu’ils ont su saisir l’essentiel de celui-ci. J’ai retrouvé avec un grand plaisir le ‘sens de la phrase’ de Marcel Pagnol, cet art d’en dire beaucoup en peu de mots, ce génie pour créer des images en trois syllabes. Aujourd’hui encore, je trouve qu’il y a des phrases dans ce roman qui gardent une force incroyable sans faire montre d’aucune forme de véhémence (bien au contraire).

Le roman était un concentré de nostalgie, d’humanité, de respect et d’humour. La bande dessinée parvient à en reproduire une bonne part et, par les choix effectués quant aux éléments mis en avant, apporte un autre éclairage que le film. Il n’est donc pas inutile.

Une belle récréation, fine et humaine. Si vous ne connaissez pas le roman, la bande dessinée en est une belle approche. Sinon, l’album est réalisé avec soin et vous procurera sa part de satisfaction (mais très fidèle, il ne vous apportera sans doute pas grand chose de neuf par rapport au roman).

Nom série  Murderabilia  posté le 23/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Houlà que c’est glauque !

Toute la force de l’album réside dans l’antinomie qui oppose un trait et une narration innocentes d’aspect à un thème glauque et sordide. En effet, quand on regarde distraitement le dessin d’Alvaro Ortiz, on se croirait presque dans un album de Guy Delisle ou –mieux encore- de Michel Rabagliati. Et cette sensation est encore accentuée par la narration très « roman graphique d’un quotidien sans intérêt » employée par l’auteur, n’hésitant à directement faire dialoguer son personnage central avec nous, lecteurs. Le gars en question vend des chats, a une histoire d’amour avec la gérante d’un motel, devient copain avec un type un peu bizarre, rêve d’écrire un roman qui le rendra célèbre mais dégage surtout une image de jeune mou glandouilleur. Rien de bien dangereux de prime abord.

Le récit en lui-même est des plus sordides puisqu’il sera question de chats qui mangent des cadavres, de tueurs en série, de carnages inexpliqués, de collections malsaines… Vraiment glauque en soi mais tout cela passe comme une lettre à la poste grâce au ton employé.

A titre personnel, à cause de plusieurs moments creux à mes yeux, je n’aurais pas conseillé l’achat s’il n’y avait eu un final franchement plaisant. Mais grâce à celui-ci et à l’originalité de l’approche du thème développé, j’opte finalement pour un 3/5 avec achat conseillé.

Nom série  Silas Corey  posté le 23/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après lecture des deux premiers cycles, je trouve que cette série offre des scénarios riches mais compréhensibles pourvu qu’on soit un tant soit peu attentif. Honnêtement, dans le genre « espionnage », j’ai déjà lu bien plus tarabiscoté ! L’équilibre entre scènes d’action et explications est pour ainsi dire parfait et m’aura permis de ne jamais me sentir largué même dans les moments les plus brumeux (si je puis m’exprimer ainsi).

Outre ses scénarios donc complexes mais pas trop, Fabien Nury a su créer une galerie de personnages très intéressante. Les seconds rôles ont beaucoup d’importance même si Silas Corey demeure le maître des lieux. C’est une richesse supplémentaire pour cette série.

Enfin, il y a le dessin de Pierre Alary, qui apporte à la série une griffe bien typée. C’est net et tranchant, très lisible, caricatural sans jamais être grotesque, expressif sans devoir en faire des tonnes, dynamique sans jamais devenir confus. En fait, c’est tout simplement très bon.

Très certainement à lire et même à posséder si vous aimez les récits d’espionnage pas trop complexes (mais pas simplistes non plus).

Nom série  Le Chant des Runes  posté le 23/02/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Déconcertant, le final de ce premier tome !

Pourtant, tout démarre classiquement et j’étais heureux de retrouver Sylvain Runberg dans un genre que j’affectionne et qu’il maîtrise bien : le polar nordique. Mais point d’adaptation ici (contrairement à Millenium ou Trahie), le récit proposé est issu de sa propre imagination.

Des bases ultra-classiques, avec une femme flic de caractère et un archéologue bourru, une puis deux disparitions des plus inquiétantes, de mystérieuses runes écrites en lettre de sang servent de support à un récit que l’on aurait pu penser de genre… Puis tout bascule en fin de ce premier tome pour verser dans le fantastique légendaire (avec trolls et gobelins). Déroutant, et du coup, je ne sais sur quel pied danser. J’ai bien aimé ce premier tome, il se lit bien, est accrocheur à plus d’un titre (bonne maîtrise des personnages, du narratif, du suspense) et bien illustré… mais j’ai peur que cela ne bascule dans le grotesque.

Franchement bien jusqu’à présent, je n’ose paradoxalement pas vous en conseiller l’achat avant de savoir si, à mes yeux, l’auteur sera parvenu à négocier le délicat virage qui nous entraînera dans un univers de légendes nordiques à la poursuite d’un tueur en série pas comme les autres.

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