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Nom série  Le Vol de la cigogne  posté le 20/08/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le Vol de la Cigogne est un ouvrage réalisé pour Amnesty International et destiné aux adolescents pour leur permettre de réfléchir sur la réalité de l'incarcération, non pas véritablement pour la personne emprisonnée mais surtout pour ceux qui restent en liberté, les proches et les moins proches. Il ne s'agit pas ici de parler d'incarcération arbitraire ou de mauvais traitement, le sujet aborde la prison par décision de justice, une peine de prison motivée par une véritable raison sans aller jusqu'au meurtre ceci dit.

En effet, ceux qui connaissent le prisonnier doivent-ils s'inquiéter pour lui ou au contraire se réjouir de voir un malhonnête jeté en prison ? Faut-il voir en lui le mal qu'il a fait, tenter de comprendre et l'excuser ou avant tout plaindre ses proches même s'ils ont pu profiter de ses méfaits durant un temps ? Et comment va réagir sa propre famille, son propre fils ?

Je craignais une oeuvre bien pensante et pénible mais j'ai trouvé que la réflexion était amenée de manière assez juste en posant de bonnes questions et en donnant des réponses sans aucun manichéisme. C'est intéressant, même si hormis pour les personnes directement impactées par un tel événement, je ne sais pas si le sujet sera très passionnant pour tout le monde.

Nom série  Gaspard et le phylactère magique  posté le 25/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sous des allures d'histoire fantastique où un jeune garçon en vacances chez sa grand-mère fait la rencontre du fantôme de son grand-père, cet album est en réalité un petit guide sur la création de bande dessinée destiné aux jeunes lecteurs.

Il ne prend pas la forme d'un didacticiel et est loin d'être aussi fourni et dense qu'une oeuvre telle que L'Art Invisible ou même L'aventure d'une BD mais il mêle habilement sa petite intrigue enfantine et les cours dispensés par le fantôme du papy. Et surtout il s'adresse en priorité aux jeunes créateurs de BD en herbe, ceux qui dessinent encore comme on le fait en école primaire. Car il explique bien que ce qui compte ce n'est pas le dessin, mais l'envie et la construction de son oeuvre. Le guide se limite véritablement à l'essentiel : le synopsis, la mise en page, le crayonné, l'encrage puis la couleur. Mais il n'en est pas moins instructif pour les jeunes lecteur pour leur rappeler qu'il ne vaut mieux pas entamer sa BD directement en dessinant la première case, et qu'il y a pas mal d'étapes préalables pour réaliser quelque chose de correct.

Ce n'est pas un ouvrage essentiel mais il n'en demeure pas moins sympathique et bien destiné aux enfants à qui je le ferais lire avec plaisir si l'envie de créer une ou des bandes dessinées les prenait un jour.

Nom série  La Mélodie de Jenny  posté le 23/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'ai lu cet album dans son ancienne édition, quand il était inclus dans la série Tsukasa Hojo : Recueil de chez Tonkam.

Il comprend trois histoires qui ont pour cadre la seconde guerre mondiale ou les années qui la précédait. Ces histoires sont relativement dépourvues d'humour mais sont franchement bien.

- La première histoire porte sur deux jeunes frères à la fin de la seconde guerre mondiale, l'un as de l'aviation japonaise et l'autre, plus jeune, qui vient de devenir pilote d'avion pour découvrir que son escadre va devenir une escadre kamikaze. L'histoire est forte, plutôt bien racontée et au final assez bonne.

- La seconde histoire se passe à la même période mais dans la campagne Japonaise : une bande d'enfants s'évade d'une école de campagne où ils ont été évacués par crainte de bombardements sur Tokyo, leur ville d'origine, mais où ils sont maltraités. Tandis que ces enfants tentent de revenir à Tokyo par leurs propres moyens, ils rencontrent un fugitif qui se révèle être un américain marié à une Japonaise qui cherche à revoir sa femme et sa fille. Une histoire originale, forte et assez touchante.

- La dernière histoire se passe en 1935 et raconte l'histoire d'un champion de base-ball japonais qui vient jouer aux USA et qui découvre à la fois la fascination que peut exercer le Rêve Américain et en même temps la haine que les Américains avaient à l'époque pour les Japonais suite à la tentative Japonaise d'envahir la Chine en 1931. Une histoire très originale, très intéressante, forte et bien foutue.

Nom série  Duncan le chien prodige  posté le 23/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je suis passé complètement à côté de cette énorme bande dessinée dont j'ai trouvé la lecture pénible et ennuyeuse.

Il s'agit là d'une oeuvre ambitieuse pour son auteur. Ce dernier prévoit 9 tomes ce qui pourrait faire une totalité de 3500 pages, sachant que le premier en comprend déjà pas loin de 400. Il met en scène un monde original où les animaux parlent et pensent comme des humains tout en tenant le rôle classique qu'on leur connait, animaux de compagnie, de cirque ou encore bétail destiné à la nourriture. Ce statut leur permet de converser d'égal à égal, ou presque, avec les humains, et notamment de critiquer leur situation, souvent avec philosophie, ou de faire remarquer qu'ils ont bien vu que les animaux qui rentraient à l'abattoir n'en ressortaient jamais. Certains animaux sont ainsi amis avec leurs compagnons humains, voire même amants dans certains cas. Inversement, certains humains tentent d'établir des lois pour restreindre davantage les droits des animaux. Et en contrepartie, un groupe terroriste animal se met en place pour combattre avec brutalité ce qu'il considère être le joug humain.

La narration graphique elle aussi est originale. Elle aligne des petites scènes de trois à huit pages, certaines étant appelées à répéter les mêmes personnages pour former plusieurs histoires se déroulent en parallèle, tandis que d'autres ne servent qu'à donner vie à ce monde mi-humain mi-animal et à en présenter différents aspects parfois anecdotiques. Le tout est entrecoupé d'images, d'illustrations, de montages et autres collages dont le style rappelle parfois celui de Dave McKean (Cages) et qui servent probablement à assurer l'ambiance du récit même si je dois avouer avoir eu bien souvent du mal à en appréhender le contenu et le message.

L'ambition est belle, le monde original et la mise en page intéressante et très personnelle, mais... Mais je n'ai vraiment pas accroché.
La narration est trop décousue à mon goût, les dialogues parfois lourds et trop philosophiques. J'ai insisté pendant plus de 115 pages sans jamais réussir à entrer dans le récit et sans en voir une trame directrice. Arrivé là, j'ai fait le chemin inverse, partant de la fin pour déterminer quels étaient les personnages importants et les séquences essentielles à suivre avant de relire rapidement l'ensemble maintenant que je savais ce sur quoi je devais me focaliser pour enfin comprendre de quoi l'ouvrage voulait parler précisément. Et j'ai ainsi pu en découvrir les véritables protagonistes essentiels et les histoires principales, et ne pas les confondre avec celles qui ne servent qu'à donner de la profondeur au monde imaginé par l'auteur.
Mais je n'ai pas davantage accroché.

Cette lecture est resté pénible pour moi et surtout elle n'a jamais su m'enthousiasmer. Certains dialogues entre humains et animaux sont intéressants et bien trouvés, mais beaucoup m'ont simplement ennuyé, voire gavé quand ils partaient dans des digressions philosophiques voire métaphysiques verbeuses ou absconses. Quant au graphisme, malgré son originalité très "arts et essais", il ne m'a pas davantage charmé. Bref, les 400 pages du premier tome de cette série m'ont assommé et je ne lirai pas la suite.

Nom série  La Dernière Vie  posté le 22/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Avec Juan Gimenez comme auteur et des couvertures sur fond blanc assez classes, cette petite série en deux tomes attisait ma curiosité.

Parue en France en 2011, elle reprend une mini-série parue en Espagne en 2002. Et s'agissant d'une série sur le sujet de l'informatique avec beaucoup de hardware mis en scène, dix ans d'âge cela fait déjà une éternité, alors quand en plus même en 2002 le hardware représenté (disquettes, modems/téléphones et vieilles tours de PC) faisait déjà complètement dépassé, la pilule est difficile à avaler.
Bref, dès les premières images, cette BD m'a donné l'impression d'une oeuvre désuète qui avait mal vieilli.

Et ce côté vieillot se retrouve aussi dans le scénario que j'ai trouvé très naïf, très convenu. Si je résume l'histoire, elle parle d'un adolescent qui découvre une compilation de jeux vidéo qui vous entraînent dans leurs mondes virtuels pour des parties qui peuvent véritablement vous blesser ou vous tuer dans la vraie vie. Et quand je vous dis que sa meilleure amie est dans le coma suite à une partie de ces jeux mystérieux sortis de nulle part, vous devinerez bien vite que notre jeune héros va jouer et tenter de gagner chaque niveau pour tenter de sauver sa copine. Et nous voilà donc partis pour 7 jeux qui forment 7 chapitres avec une intrigue qui avance doucement pendant ce temps là, comme un téléfilm fantastique de série B qu'on peut regarder en fin de soirée tout en soupirant sur les nombreuses naïvetés et comportements peu réalistes de ses acteurs. Vous savez, comme dans ces mauvais films d'horreur où les héros affrontent un danger fantastique tous seuls sans jamais alerter tout le monde autour d'eux alors qu'ils ont les preuves que quelque chose d'incroyable et de dangereux a lieu et qu'ils pourraient être aidés ou renseignés par d'autres.

Après quelques rebondissements, on arrive à une fin sans saveur, prévisible même si manquant singulièrement de crédibilité. C'est un petit scénario facile et sans originalité. Quand en plus le dessin de Juan Gimenez n'est pas du tout à la hauteur de ses oeuvres les plus belles et parait même parfois bâclé et moche pour certains personnages, cela n'arrange rien.
Bref, à lire si vous avez un peu de temps à perdre, mais sinon vous pouvez vous en passer sans souci.

Nom série  Cadavre exquis  posté le 21/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce one-shot commence agréablement. Grâce à la narration fluide et simple que Pénélope Bagieu a appris à expérimenter sur son blog, l'histoire se lit agréablement et on s'attache assez vite à une héroïne pas toujours à son avantage.
Le dessin n'est pas au top. Le trait est quand même souvent trop simple, pas assez soigné. Et même Pénélope sait donner davantage d'expressivité, ou du moins des expressions plus fines, à ses personnes d'ordinaire. Mais cela ne dérange pas car la mise en page est impeccable.
Le scénario est relativement original, plaisant à suivre.
Par contre, j'ai été déçu par la fin. Déjà que l'intrigue de base n'était pas très crédible, le rebondissement final, lui, ne l'est plus du tout. Après tout, il suffirait au personnage concerné de sortir de sa cachette avec ce qu'il sait et ses brouillons d'écrit pour exploser tout ce que les deux autres ont mis en place. Quant au tout dernier rebondissement, le bisou de la toute dernière page, il m'a semblé complètement déplacé et inutile.
Bref, ce fut pour moi une lecture assez divertissante mais je n'en conseille pas l'achat car sa conclusion est décevante.

Nom série  Boucle d'Or et les trois ours  posté le 07/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Des albums de la collection Pouss' de Bamboo que j'ai lus à ce jour, c'est celui-ci qui m'a le moins convaincu. D'abord parce que l'histoire de Boucle d'Or en elle-même n'est pas des plus passionnantes et longues, et ensuite parce que le graphisme m'a un peu déçu.

Ce que je reproche au dessin, outre un style peu détaillé quoique plutôt joli, c'est l'abus de copiés-collés. D'accord le fond de l'histoire de Boucle d'Or est fait de répétitions, Boucle d'Or qui essaie successivement le grand, le moyen et le tout petit trucs puis les ours qui découvre successivement les résultats de son passage. Mais j'aurais apprécié l'effort de redessiner de manière différente des scènes similaires pour y apporter de la variété voire des petites idées amusantes. Là, le copier-coller tout simple m'a ennuyé.

A côté de cela, nous avons le conte de Boucle d'Or adapté sans fioriture. L'objectif est atteint puisqu'il est raconté en BD et en narration muette de manière fluide et lisible même par les tous petits. Mais comme aucune personnalité ou originalité n'est apportée à cette histoire peu palpitante, c'est une lecture qui s'oublie trop vite.

Nom série  Le Petit Poucet  posté le 04/07/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce que j'apprécie dans la collection Pouss' de Bamboo, c'est qu'elle offre d'une part le conte en version BD muette et donc lisible par les tous jeunes enfants, puis un peu d'amusement en apprenant à dessiner les personnages puis enfin le conte en lui-même pour pouvoir le lire pour de bon.

Maintenant, une fois qu'on connait le concept intelligent de cette collection, il y a peu de choses à dire sur cet album. Son graphisme est agréable mais ne m'a pas enthousiasmé. La narration muette est assez bonne quoique je me suis un petit peu demandé ce qu'il se disait dans la version originale pour certaines scènes et certains dialogues. Je me demande si un enfant qui découvre complètement le conte par le biais de cette BD sera à même de le comprendre pour de bon sans qu'on lui lise le texte auparavant ou pendant.

C'est une bonne lecture pour les enfants qui lui permet d'avoir une adaptation BD plaisante du conte appuyée ensuite par le véritable texte original. Mais je trouve que l'ouvrage dans son ensemble ne sort pas beaucoup du lot.

Nom série  Marcinelle 1956  posté le 21/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet ouvrage est instructif mais pas vraiment passionnant.

Il est instructif parce qu'il nous présente la vie des immigrés italiens venus travailler dans les mines belges dans les années 50. C'est intéressant de voir les conditions de travail des mineurs d'une part mais aussi leurs vies de famille quand ils se retrouvent entre immigrés dans les villes champignons créées de toutes pièces pour eux. C'est aussi intéressant de découvrir les circonstances du drame qui s'est déroulé dans la mine du Bois du Cazier en 1956, tragédie dont je ne connaissais rien.
J'ai au passage apprécié le dessin de Sergio Salma pour traiter un tel thème. Il a un style proche de celui qu'il utilise pour ses séries jeunesse telles que Nathalie et cette rondeur et bonhomie du trait permet d'atténuer la difficulté de la vie des mineurs et du drame. Je craignais un dessin sombre et ombrageux qui aurait plombé l'ambiance dès les premières pages ; c'est heureusement loin d'être le cas.
Et puis j'ai aimé le petit dossier en fin d'album décrivant plus en détails la situation de l'époque et les conséquences du drame de Marcinelle.

Par contre, cette lecture ne m'a pas passionné.
La vie familiale et la tentation d'aller voir ailleurs du héros ne sont pas captivantes. Je n'ai pas réussi à franchement m'attacher au personnage et l'ennui a légèrement pointé son nez en ce qui me concerne.
Puis ensuite j'ai trouvé assez superficielle la façon dont le drame autour duquel tourne l'ouvrage a été traité et décrit. On ne le voit finalement presque que de l'extérieur, avec la foule des proches qui s'inquiètent et les secours qui arrivent. J'aurais aimé le voir de l'intérieur, comprendre mieux ce qu'avaient vécu les mineurs et comment la plupart avait fini par succomber. On n'en voit finalement pas beaucoup plus que ce que les spectateurs de l'époque ont appris via les journaux et les photos.

Au final, tout cela ne m'a guère marqué alors que je pense que sur de telles thématiques, il y avait peut-être matière à faire un récit plus profond et plus émotionnel.

Nom série  Superman Anthologie  posté le 20/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je salue avec cet ouvrage la volonté d'offrir aux lecteurs une vue d'ensemble et bien documentée de la carrière entière du personnage de Superman, de sa première publication en 1938 jusqu'à 2012. Par le biais de 15 histoires courtes choisies parmi ses plus marquantes mais aussi plusieurs textes décrivant les auteurs et créations de l'éditeur DC Comics autour de l'Homme d'Acier durant toutes les périodes de ses multiples vies, c'est un véritable panorama du personnage, de son évolution mais aussi de l'évolution de son éditeur qui nous est proposé là. Une belle manière de découvrir ou redécouvrir ce personnage et, même pour moi qui ai lu pas mal de comics, d'apprendre de nombreuses choses sur sa carrière qui aura connu d'innombrables rebondissements, bouleversements et remises à zéro.

C'est ainsi qu'on découvre sa toute première apparition dans Action Comics, suivies de quelques histoires de l'Âge d'Or, puis de l'Âge d'Argent jusqu'à nos jours. On découvre l'évolution du style graphique et narratif au fil des époques. On y apprend l'origine d'éléments clés de l'univers de Superman tels que son ennemi Brainiac ou celle de Kandor, la ville en bouteille. On y ressent l'ambiance bien différente des récits de chaque décennie.
Et même si tous les récits ne sont pas formidables, certains se révèlent vraiment bons. J'ai notamment été surpris par l'impact de l'histoire renvoyant Superman dans le passé de Krypton et l'histoire d'amour qu'il y vit. J'ai aussi été amusé par le gros clin d'oeil à The Authority qui est fait dans le récit "What's so funny about truth, Justice & the American Way ?" mais aussi intéressé par la réflexion sur la morale des super-héros qui en découle.

Superman n'a jamais été un super-héros qui m'a vraiment passionné. Trop lisse et facile comparé à un personnage tel que Batman. Mais j'ai vraiment apprécié d'avoir ici un aperçu aussi vaste de sa carrière entière et des oeuvres qui l'ont marquée. J'ai appris pas mal de choses et j'ai pu lire quelques histoires bien intéressantes et souvent bien dessinées.

Nom série  Les Pieds bandés  posté le 15/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Li Kunwu avait déjà dessiné Une vie chinoise, série que j'avais beaucoup appréciée car elle m'avait permis d'avoir une vue de l'intérieur de l'histoire de la Chine du 20e siècle à nos jours. Ce nouvel album en one-shot me séduit car il représente un autre aspect de l'Histoire véritable de la Chine.

Il a pour cadre le Yunnan, province du sud de la Chine, et s'entame au tout début du 20e siècle. La tradition était telle à l'époque dans la petite ville où se déroule l'action qu'on aurait tout aussi bien pu s'y croire en plein moyen-âge, à l'époque des Mandarins. Et à cette époque et dans ces lieux, il était fortement recommandé aux filles désireuses de faire un beau mariage de se bander les pieds depuis toutes petites pour réduire au maximum leur taille : une pratique très douloureuse et très handicapante pour elles. C'est ce qu'a vécu à l'âge de 6 ou 7 ans l'héroïne de ce récit mais grâce à cela, arrivée à sa majorité, son calvaire lui permet d'être l'une des femmes les plus enviées de sa ville. Sauf qu'arrivent les révolutionnaires de la toute nouvelle République de Chine qui vont abolir ces coutumes ancestrales et rejeter ce pourquoi elle a souffert...

L'accent du récit est mis sur la découverte des lieux et ambiances de l'époque, le récit s'étendant tout d'abord de 1904 à 1914 si je ne me trompe, puis de 1959 aux années 70. Ce sont régulièrement des vues d'ensemble associées à des vues plus détaillées de tels ou tels types de personnages, tel marchand, tel forain, telle discussion autour d'un verre, etc.
C'est un récit instructif sur le plan historique et sur le plan des mœurs de Chinois, que ce soit celles du Yunnan traditionnel ou celles des révolutionnaires.

Le graphisme, par contre, ne m'a pas tellement plu. On y sent l'influence de la peinture chinois traditionnelle. L'auteur s'y révèle bon pour la réalisation des décors et paysages. Par contre, les personnages me rebutent assez. Ils sont trop souvent grimaçants et disgracieux, pas toujours reconnaissables, et assez déplaisants à regarder et à suivre.
La narration elle non plus n'est pas excellente. Il n'est pas facile de s'attacher à l'héroïne et il vaut mieux connaître déjà un peu le contexte chinois du 20e siècle pour suivre correctement les événements. La lecture n'est pas vraiment facilitée et pas toujours agréable.

Mon avis est donc mitigé sur cette BD que je ne conseillerais pas à ceux qui ne sauront pas apprécier son point de vue historique avant tout et sauront faire fi de l'absence d'un scénario accrocheur ou d'un graphisme et d'une narration très attirants.

Nom série  Cinema Panopticum  posté le 12/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Par le biais d'un récit cadre introduisant chacune d'entre elles, cet album raconte quatre histoires courtes et muettes. Ce sont des histoires sous forme de fables modernes, proches de contes d'horreurs le plus souvent. L'ambiance freaks est renforcée par le décor du récit cadre qui se déroule dans une fête foraine un peu sinistre.

Le graphisme à la carte à gratter m'épate toujours. Pour avoir un peu testé de la chose durant ma scolarité, je suis toujours surpris de voir des oeuvres aussi soignées et détaillées que celle-ci. Là aussi la technique ajoute à l'ambiance sombre et un peu dérangeante.

Les récits quant à eux sont plaisants mais pas inoubliables à mes yeux. Ca ressemble un peu à des Contes de la Crypte dans l'idée des scénarios, avec une légère touche de poésie en plus. La narration muette est impeccable et on comprend tout sans avoir besoin du moindre dialogue.
C'est une lecture sympathique mais elle ne marquera pas trop ma mémoire, je pense.

Nom série  L'Ombre blanche  posté le 11/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L'Ombre blanche est un récit médiéval dans un royaume fictif aux accents de fantasy même si aucune part de fantastique n’apparaît à priori. C'est un récit dur et réaliste mettant en scène la confrontation de différents puissants pour accéder au trône d'un roi mourant. Non, rien à voir avec Game of Thrones, je précise, on est ici dans une confrontation plus directe avec moins de jeu de pouvoirs, même si les fourberies et les trahisons sont nombreuses.

J'ai apprécié l'ambiance légèrement dark fantasy de cette histoire et de son graphisme.
J'ai trouvé une intéressante personnalité au dessin d'Antoine Carrion. L'âme qui s'en dégage a su me séduire et me donner envie de le lire. Il y a un peu de Rosinski dans le réalisme des personnages et décors, mais aussi parfois une légère touche de graphisme asiatique dans les visages, je trouve.
Par contre, la narration graphique n'est pas toujours très claire. Il y a certaines cases que je n'ai pas complètement comprises. Et j'ai eu aussi un peu de mal à m'y retrouver dans les personnages.

Cette confusion se retrouve aussi au niveau du scénario car on est mis en présence de toute une clique de prétendants au trône et de serviteurs parmi lesquels il n'est pas aisé de s'y retrouver en première lecture. C'est bien dommage car j'ai bien aimé leurs relations, les dialogues et leurs affrontements.
Il y a beaucoup de mystères dans cette intrigue et j'ai ressenti une vraie envie de savoir où tout cela allait nous mener tandis que le voile se levait sur certaines énigmes pour en révéler de nouvelles et faire progresser l'angle de vue du lecteur.

En fin de premier tome, j'ai envie de savoir la suite... en espérant que les éditions Soleil n'abandonnent pas la série comme elles le font si souvent avec les premiers tomes de leurs séries d'heroïc-fantasy.

Nom série  La Petite Famille  posté le 11/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La Petite Famille, c'est le récit de séjours de vacances d'enfants chez leurs grands-parents. Entre la grand-mère toujours souriante et câline et le grand-père ronchon et mystérieux, cette bande dessinée, comme beaucoup dans son genre, exhale une ambiance de nostalgie et d'enfance.

En trois albums, ce sont des histoires simples et concises qui sont racontées, des histoires qui permettent à chaque fois de découvrir un peu plus le fameux grand-père et à apprendre à l'aimer. Les deux premières histoires donnent l'impression d'être plus ou moins indépendantes mais elles mènent en fait toutes deux au récit du dernier tome et à sa conclusion.

Le dessin est simple mais assez plaisant. Disons que je n'achèterais pas cette série pour son dessin à titre personnelle, mais il se lit bien.
En résumé, l'ambiance est agréable et rappelle quelques souvenirs d'enfance, tout en rendant attachant un vieux pépé bougon.

Nom série  La Danse Macabre  posté le 10/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La Danse Macabre est un récit un peu décousu mettant en scène une grande partie du folklore fantasmagorique moyenâgeux. Nous y suivons Martin, réveillé d'entre les morts car il n'y a plus de place au Purgatoire, qui va devoir trouver par lui-même la raison de son acte qui l'a amené à être pendu alors que lui-même ne se souvient de rien. Dans son errance sur les terres d'une France fantasmée et ravagée par la Guerre de Cent Ans, il va successivement croiser sur son chemin plusieurs figures de l'imaginaire macabre du Moyen-Âge tels que la Sorcière, l'Auberge Sanglante, le Couvent du Vice et même jusqu'à Belzébuth... et sa fille.

Yann Taillefer qui met tout cela en images a un style influencé par Blanquet. C'est un graphisme assez organique, où les personnages sont grimaçants et volontairement laids et disgracieux. Je ne suis pas particulièrement amateur de ce style qui me semble chercher à mettre mal à l'aise mais il faut avouer qu'il colle bien à l'ambiance du récit.

C'est une histoire en effet plutôt glauque qui nous est racontée là. La mort, les cadavres et les mutilations y sont légion, comme pour transposer sur la Terre l'Enfer que craignent les superstitieux de son intrigue.
J'ai plutôt apprécié le passage en revue de ces légendes macabres du Moyen-âge et la façon dont elles s'intègrent au scénario.
Par contre, le fil rouge narratif est un peu trop décousu. Il n'est pas toujours facile de suivre les motivations du héros qui est d'ailleurs loin d'être très attachant. Les deux derniers chapitres nous ramènent pour de bon à la conclusion de cette quête entamée dans les premières pages mais entre temps j'ai eu l'impression d'une errance aussi bien narrative que celle du personnage. Je me demandais régulièrement où voulaient en venir les auteurs.

J'ai refermé l'album sur une impression circonspecte, peu convaincu par son scénario ni transporté par son ambiance. J'en retiens néanmoins une mise en scène assez intéressante de l'imaginaire moyenâgeux dans sa diversité.

Nom série  Tueurs de mamans  posté le 15/05/2013 (dernière MAJ le 10/06/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série m'a surpris par la dureté de son scénario. il faut dire que je croyais qu'elle avait été prépubliée dans le journal Spirou mais j'ai appris après coup que ce n'était pas le cas, qu'elle avait été jugée trop noire pour y paraître.

Pourtant, cela commence comme une gentille série pour adolescents ou adolescentes. Elle met en scène 5 copines aux origines et caractères variés et un petit peu rebelles qui forment une sympathique bande au lycée. Mais doucement mais sûrement, une violence réaliste, plus suggérée que montrée heureusement, s'impose dans leur vie et celle de leur famille, le titre de la série parlant de lui-même.
Le dessin assez rond d'Ers et l'atmosphère habituelle des publications Dupuis laissaient à penser que le fond resterait léger et qu'après quelques péripéties tout serait bien qui finirait bien, mais le récit est réaliste et le ton se révèle nettement plus mûr qu'on ne pouvait l'envisager. Moi même j'ai trouvé certains passages assez dérangeants, surtout ce qui arrive à la dernière mère du tome 1. Quant à la conclusion du tome 2, elle frappe assez fort comme un coup de poing au ventre tellement on ne s'attend pas à ce que ça finisse ainsi... Mais je ne veux rien dévoiler.

A côté de ce réalisme dans la violence, on trouve aussi celui dans le comportement des héroïnes adolescentes en butte avec l'autorité et surtout avec leurs mères les élevant seules. Ce n'est pas un manichéisme simplet que nous offrent les auteurs mais bien une relation faite d'amour et de haine comme peuvent en vivre de vrais adolescents face à leurs parents durant cette période de leur vie. Beaucoup s'y reconnaîtront même si l'ensemble est un petit peu romancé, notamment les caractères très affirmés de chacune.

Par contre, il y a une petite chose qui m'a agacé, la même chose qui m'agace dans un très grand nombre de récits mettant en scène un ou des méchants mystérieux dans des intrigues à suspense : la facilité avec laquelle ils commettent impunément leurs crimes. Cela sonne un peu artificiel, il ou ils arrivent comme des fleurs, commettent parfois des horreurs et repartent comme si de rien n'était, allant même ici jusqu'à ridiculiser et mettre à mal les forces de l'ordre (enfin un agent de sécurité) sans jamais se faire attraper ni que des témoins permettent de les retrouver. Ce type de facilité scénaristique, même si elle sert l'intrigue et le mystère, m'énerve souvent à la lecture. Heureusement, j'ai trouvé les choses mieux posées et plus crédibles dans le second tome.

C'est une bande dessinée bien foutue, au dessin agréable, à la narration impeccable et au scénario assez fort. Il parait que ce n'est là qu'un premier diptyque mais il peut déjà se lire comme une histoire complète.

Nom série  L'Atelier Mastodonte  posté le 08/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Moi, quand on me dit d'imaginer des auteurs que j'aime tels que Lewis Trondheim, Cyril Pedrosa, Yoann, Alfred, Julien Neel, Guillaume Bianco et Tebo, ainsi que plein d'auteurs célèbres de leurs amis qu'ils invitent aussi à participer, tous réunis dans un collectif pour déconner ensemble et se répondre les uns les autres par le biais de gags en une demi-planche, j'ai presque l'impression d'une résurection du fameux Trombone Illustré !... et je suis aux anges !
Surtout qu'à part en avoir aperçu 2 ou 3 strips dans le journal Spirou, je ne connaissais rien de cette initiative et je l'ai découverte d'un coup par le biais du très joli petit album au format à l'italienne édité par Dupuis et enserré dans un fourreau dont la couverture est dessinée ni plus ni moins que par Bilal lui-même. Et voir Bilal dessiner des personnages à la manière de Trondheim, ça vaut son pesant de cacahuètes !

Qu'est-ce donc que l'Atelier Mastodonte ? C'est un atelier, à priori fictif mais c'est bien dommage, qui regroupe dans un même appartement les auteurs de ce collectif pour travailler ensemble et se motiver les uns les autres, même si l'ambiance semble plus dissipée qu'autre chose. La petite troupe va donc vivre tout le temps ensemble, sous la houlette rigide du contremaître Trondheim, et chaque auteur va produire alternativement des gags en demi-planches dans leurs propres styles graphiques et humoristiques racontant leurs relations ensemble, leurs déconnades, leurs comportements de groupe puis aussi leur séjour à Angoulême. Les gags se répondent les uns aux autres et forment peu à peu une histoire, donnant vie à cet atelier.

S'agissant d'auteurs que j'aime tout particulièrement, j'ai adoré suivre leur vie commune imaginaire et retrouver le mélange de leurs différents styles et humours. Cela donne vraiment l'envie d'y participer. Certains gags m'ont régulièrement fait exploser de rire. Il n'y a que l'humour de l'un des auteurs en particulier que je n'aime pas trop, mais je ne dirais pas qui c'est, il se reconnaîtra.
Graphiquement, c'est aussi un bonheur, avec des auteurs dont j'aime déjà le trait mais aussi certains des invités qui les rejoignent le temps de quelques gags qui offrent de bien jolies planches. Je pense notamment à Nob, l'auteur de Mamette, qui a pris la peine de dessiner et coloriser très soigneusement ses quelques gags.
L'humour est assez référencé puisqu'il faut un peu connaître le monde de la BD pour vraiment comprendre tous les clins d'oeil et références. Le niveau n'est pas toujours constant, il s'étiolle parfois un peu et j'ai notamment un peu moins apprécié le passage à Angoulême.
Mais j'ai beaucoup ri dans l'ensemble. C'est le genre d'oeuvre collective à laquelle nombre d'auteurs ont dû avoir envie de participer et c'est une vie collective imaginaire à laquelle nombre de lecteurs auraient probablement aimé s'intégrer.

Vraiment sympa !

Nom série  Les Pipelettes  posté le 01/06/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les Pipelettes, c'est la vie humoristique de 4 jeunes collégiennes fortement inspirées de l'auteure elle-même et de ses 3 meilleures amies de jeunesse. Ce sont des gags en une planche initialement publiés dans le magazine Julie et qui mettent en scène des thèmes variés mais assez girly. Papotages, un peu les garçons, beaucoup les copines, pas mal les petits soucis du quotidien et du Collège, tout ce qui fait la vie de pré-adolescentes qui ne se prennent pas trop la tête.

Le dessin est très agréable. Rond et coloré, il a parfois un peu côté BD-blog. OK, c'est peut-être le fait que l'une des 4 copines ressemble à Laurel qui me fait penser cela.

Même si les gags ne sont pas hilarants, j'ai bien apprécié l'ambiance de cette BD. Les héroïnes sont sympas, avec des personnalités simples et attachantes. Les dialogues sont plaisants. Et puis cela m'a donné une petite idée de ce à quoi pourrait ressembler la vie de ma fille à partir de l'année prochaine quand elle sera au collège.

Nom série  Chemin perdu  posté le 30/05/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Chemin perdu forme un joli conte moderne, l'histoire inquiétante et onirique de trois jeunes garçons qui se perdent dans une forêt fantastique et un peu folle.

L'ouvrage est très joli.
Outre sa couverture qui vaut le coup d'oeil, l'intérieur alterne quelques cases en couleurs et la majorité en noir et blanc où s'intercalent de très belles illustrations dans de sombres pastels à dominantes bleu nuit, rouge, marron et violet.
Pour la partie purement bande dessinée, c'est un mélange entre un style légèrement naïf et hachuré pour les décors et des personnages avec une petite touche de Taiyo Matsumoto. Pour les images en couleurs et les illustrations, nous sommes dans le domaine de la très belle illustration jeunesse avec de couleurs enchanteresses et variées même si l'atmosphère reste sombre et légèrement angoissante.
Seul reproche que je ferais au graphisme, c'est la mise en scène de plusieurs personnages en forme de boule de poils ou de racines qui se ressemblent un peu trop et que j'ai eu tendance à confondre.

C'est donc l'histoire de la plongée de trois garçons assez réalistes, à l'exception du plus jeune qui voit sa vie comme s'il était un super-robot, dans une inquiétante forêt magique. Le ton est très onirique, parfois un peu absurde, et l'intrigue prend parfois l'allure d'une suite de saynètes tandis que les enfants progressent dans leur découverte de la forêt, de ses habitants mais aussi de sa situation... politique.
L'ambiance est plutôt étonnante, mêlant diverses influences, des contes de fées classiques au folklore asiatique en passant par quelques références européennes comme notamment un clin d'oeil fait au Vent dans les Saules avec l'apparition d'alter-ego de Rat, Taupe et Blaireau.
L'histoire parait assez embrouillée au départ mais finalement les pièces du puzzle se mettent en place et on finit par comprendre relativement bien ce qu'il se passe dans cette forêt et ce dont sont témoins les enfants.

Je suis resté un petit peu sur ma faim même si j'ai apprécié le côté ouvert de la conclusion de ce récit. Le charme a assez bien fonctionné mais je n'y ai pas totalement succombé. C'est un ouvrage agréable à lire, souvent beau, mais l'exercice du conte onirique y reste un petit peu vain à mes yeux. Je crois néanmoins qu'il y a matière à séduire nombre de lecteurs et lectrices dans cette bande dessinée et dans son graphisme.

Nom série  Erik le Rouge  posté le 30/05/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Pour commencer, le résumé officiel de l'éditeur sur le premier tome de cette série raconte un peu n'importe quoi puisqu'on n'y suit pas Erik le Rouge mais son père dans son exil de Norvège puis son installation en Islande, dans l'attente de trouver un jour l'île verte et fertile qu'un ami lui a décrit un jour. D'Erik le Rouge, nous ne verrons donc dans ce tome que la naissance et brièvement la jeunesse jusqu'à ce qu'enfin il soit en âge d'accompagner son père qui est véritablement le personnage principal du récit pour le moment.

Et ce père n'a rien d'attachant. L'intrigue commence en le présentant comme un riche viking imbu de lui-même qui trompe allègrement sa femme en se saoulant tandis qu'il est violent envers elle et ceux qui l'approchent. Son bannissement suite à un meurtre parait peu cher payé en regard de son comportement. Et c'est bien lui qu'on suit durant les quinze années suivantes tandis qu'il emmène son petit clan s'installer sur d'autres terres, vivant de culture, chasse mais aussi de sanglantes razzias sur les côtes voisines qu'on imagine normandes ou anglaises. Et pendant ce temps là, en arrière plan, on voit le petit Erik le Rouge qui grandit.
Suivre ce fameux Thorvald n'est pas très enthousiasmant tant il est détestable dans plusieurs de ses comportements.

Le dessin ne m'a pas tellement enthousiasmé non plus. Les décors et les couleurs n'y sont pas mal, mais par contre les personnages manquent singulièrement de profondeur et d'expressivité. J'ai senti le dessinateur très mal à l'aise pour les dessiner, que ce soit au niveau de l'anatomie, des angles de vue ou de la variété des expressions. Les visages sont également peu différenciés ce qui entraîne parfois quelques confusions et Thorvald semble ne pas avoir vieilli du tout en plus de quinze ans de vie pourtant visiblement difficile.

Quant à l'histoire, elle n'est pas passionnante. La narration est brusque, pas toujours claire, avec des événements qui se suivent assez vite pour couvrir 15 ans sans jamais avoir réussi à me faire rentrer dans le récit ni me faire m'intéresser aux protagonistes. Je suis resté complètement en dehors d'un récit pourtant historiquement assez intéressant. Et comme on n'a pour le moment à peine suivi le vrai Erik le Rouge, je ne suis pas pressé de lire la suite.

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