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Nom série  Star Trek - Compte à rebours  posté le 14/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce comics est le prequel du film Star Trek de J.J. Abrams sorti en 2009. Plus qu'un prequel, c'est presque une longue introduction, voire une première partie du film qui en explique beaucoup de choses. Dommage du coup que je la lise plusieurs années après avoir vu le film... Heureusement, le film réexplique certaines choses en cours de route.

Mais qu'en est-il de ce prequel pris de manière indépendante ?
Il s'agit d'une histoire de Star Trek se déroulant plusieurs années après la série Next Generation, avec tous les membres d'équipage de l'Enterprise ayant trouvé de nouveaux postes, Data étant cependant devenu un étonnant capitaine de l'Enterprise, et Spock étant devenu un ambassadeur et résident permanent sur Romulus. Le contexte est celui d'une Supernova menaçant de détruire l'Empire Romulien et peut-être une grande partie de la galaxie, et de Nero, un commandant de navire minier Romulien, qui essaie de tout faire pour empêcher cela, s'alliant tout d'abord avec Spock avant de perdre confiance en lui.

C'est une histoire assez intéressante, bouleversant un peu l'univers de Star Trek puisqu'elle n'hésite pas à mettre en scène des ravages irréversibles et des morts de personnages célèbres (Mais ceux qui ont vu le film savent que rien n'est irréversible). Le récit est passablement bien mené et l'évolution de l'état d'esprit de Nero d'un mari loyal et aimant vers l'impitoyable capitaine qu'il est devenu au début du film est bien mise en scène et crédible.
Il y a quelques facilités, notamment l'apparition successive de presque tous les anciens membres d'équipage de l'Enterprise qui ressemble à une accumulation de coïncidences artificielles, et quelques scènes à la mise en scène décevante, comme le moment fatidique de Romulus, mais ça se lit assez bien même si je ne me suis pas très senti impliqué ou touché par le récit.
Un prequel pas mal, sans plus.

Nom série  Le Grand Méchant Renard  posté le 14/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le Grand Méchant Renard est un conte marrant et mignon mettant en scène un renard un peu loser qui aimerait bien manger autre chose que des navets et réussir à croquer une poule. Comme il n'y arrive décidément pas, il s'associe au loup et décide d'élever des poussins jusqu'à ce qu'ils deviennent assez gros pour être mangés.

J'ai trouvé cette lecture sympathique et plutôt bien menée. Les personnages sont assez attachants. Le dessin est efficace, plaisant et joliment colorisé à l'aquarelle.
J'ai senti une petite baisse de rythme vers le milieu du récit. Je m'ennuyais un peu que le décor soit restreint au terrier du renard et au petit bout de forêt alentour.
Mais j'ai trouvé la toute fin très réjouissante, drôle et mignonne à la fois.
Une agréable lecture.

Nom série  La Fabuleuse Vie Secrète de Fred  posté le 13/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La Fabuleuse Vie Secrète de Fred est un petit conte moderne pour enfants qui répond à la question : est-ce que les chats ne font vraiment rien d'autre de leur vie que dormir et manger ?

Le graphisme de Posy Simmonds s'y rapproche de l'illustration pour petits enfants de bonne famille. C'est tout à fait une BD, mais on pourrait s'y croire dans un livre illustré pour la jeunesse.

L'histoire aussi est celle d'une gentille fable pour enfants. Deux jeunes enfants anglais viennent d'enterrer leur vieux chat et sont tristes. Ils se rappellent avec affection comment il passait son temps à dormir toujours et partout. Mais dans la nuit qui suit l'enterrement, ils vont assister à des funérailles félines qui vont leur apprendre qu'en fait leur pauvre vieux Fred menait une vie bien plus fameuse et amusante durant la nuit.

C'est mignon mais un peu léger. Trop vite lu, je n'en conseille pas vraiment l'achat.

Nom série  Star Trek - Leonard McCoy  posté le 11/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai trouvé sympathique ce recueil d'histoires centrées sur le docteur McCoy et le mettant en scène dans sa carrière de médecin "des frontières" quelques années après la fin de son service à bord de l'Enterprise. C'est ainsi qu'il se retrouve à vivre des aventures proches de celles de la série, arrivant chaque fois dans un environnement différent, sur des planètes exotiques et éloignées de la civilisation humaine.

McCoy étant médecin, c'est tout naturellement vers des "enquêtes médicales" que s'orientent les intrigues, avec une maladie étrange et énigmatique à traiter à chaque fois ou presque.
C'est en tout cas le cas des deux premières histoires qui sont celles qui m'ont le plus plu. Comme une trame répétitive, notre héros et ses adjoints atterrissent sur une planète originale, découvrent une situation dépaysante et une maladie mystérieuse, et après quelques péripéties notre bon docteur un peu râleur finit par trouver la solution de l'énigme.
La troisième histoire change cependant de ton puisqu'on se retrouve dans un épisode bien plus tourné vers l'action où, finalement, la nature de médecin du héros n'a quasiment aucune importance. Qui plus est, un personnage secondaire d'un unique épisode de la série télévisée originale y prend une part importante et comme je ne connaissais rien de lui, j'étais un peu perdu à son sujet. Cette histoire là ne m'a pas enthousiasmé.
La suivante revient à nouveau dans le cadre plus appréciable de "l'énigme médicale" mais son final m'a paru un petit peu tiré par les cheveux et pas très convaincant.
Quant à la dernière histoire, là encore, la nature de médecin du héros n'y a aucune importance. C'est un pur récit de science-fiction à l'ancienne, façon années 50, qui nous est raconté, plutôt agréable mais pas très réaliste. Et là encore, j'avoue ne pas avoir saisi exactement la décision finale du docteur McCoy : je comprends qu'il veut corriger la situation mais je ne peux qu'essayer de deviner comment il pourrait s'y prendre, ce n'est pas évident à mes yeux.

J'ai trouvé dans ces récits une certaine facilité, beaucoup de moments peu crédibles ou convenus, mais ce fut pour moi une lecture divertissante et un peu dépaysante.

Nom série  Captain America - La flèche du temps  posté le 10/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Se déroulant quelque temps après les événements de Civil War et la "mort" de Captain America ("mort" entre guillements car chez Marvel, un super-héros ou super-vilain n'est jamais vraiment mort), les deux histoires contenues dans cet album mettent en scène Bucky Barnes, l'ancien co-équipier de Steve Rogers, qui reprend le costume de son ami pour le remplacer et continuer à faire vivre Captain America. Dans ces deux récits, outre les doutes du Bucky qui ne s'estiment pas à la hauteur du symbole qu'il doit représenter, on le voit confrontés dans les deux cas à des personnages issus du passé.
C'est tout d'abord Crâne Rouge qui a ressuscité le "Captain America des années 50", version psychotique du héros bien connu.
Puis c'est le professeur Zhang Chin qui veut exploiter les capacités du cadavre d'un fameux personnage des années 40.

Ces deux histoires sont loin d'être passionnantes.
D'abord elles s'insèrent visiblement dans une continuité et il est difficile de raccrocher les wagons du début de la première histoire quand on ne sait pas ce qu'il s'est passé avant et qui sont tous les personnages. Ensuite leur déroulé est très basique et sans saveur, tournant toujours autour d'un Bucky qui doute, d'un combat contre un nouvel adversaire et d'un mystère qui en découle, d'une enquête expédiée à coups de poings, puis d'encore d'autres coups de poings pour éliminer le danger final.
Et malgré le côté basique de ces intrigues, la narration réussit à manquer de clarté, avec de mauvaises transitions et parfois quelques impressions qu'il manque des pages.
Déjà que le super-héros Captain America ne m'a jamais convaincu, si en plus c'est sa doublure qu'on suit et que ses histoires ne présentent aucune finesse, je m'ennuie assez vite.
Seul le fait de faire revenir sur le devant des personnages des années 40 et 50 apporte un petit peu d'intérêt, mais c'est amené ici de manière bien artificielle et cela n'a rien d'original dans les aventures du Cap, lui-même issu des années 40.

Nom série  Les Elfées  posté le 07/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Les Elfées est une série jeunesse dans la lignée des séries Witch ou Winx Club mettant en scène un groupe de jeunes amies qui se découvrent dotées de pouvoirs de fées. Elle est pré-publiée dans le magazine Julie, destiné aux filles de 9 à 13 ans.
Au vu de la quantité de tomes parus, je me disais que la série devait avoir un petit succès et comme j'avais bien aimé Witch (beaucoup moins Winx Club), j'ai voulu tester.
Mais je vais m'arrêter au tome 1.

Le dessin m'a choqué d'emblée. Je l'ai trouvé très laid, presque amateur. Les visages des filles, quoique de structure très simple, ne sont pas mal dessinés. Par contre, le reste des personnages et les décors et couleurs sont affreux. On dirait du dessin réalisé sous Paint, avec des décors tracés à la règle, sans aucun sens de la perspective et de gros aplats de textures, d'images et de dégradés. Le trait est raide, l'encrage filiforme, la profondeur inexistante, l'ambiance visuelle froide et artificielle. Je n'aime pas du tout.

Quant à l'histoire, elle ressemble à un récit pour jeunes enfants tant elle est prévisible et naïvement racontée. C'est bourré de clichés, de déjà-vus et de manichéisme. Oui, c'est une série jeunesse, mais elle est sensée s'adresser à des pré-adolescentes et pas à des lectrices sortant de maternelle qui découvrent la bande dessinée, je me trompe ?
Il y a beaucoup de séries jeunesse qui me parlent, d'autres où je peux comprendre qu'elles puissent plaire, mais là j'ai un peu de mal à ne pas m'ennuyer profondément.

Nom série  Monika  posté le 05/05/2015 (dernière MAJ le 05/09/2015) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série détonne un peu dans la parution habituelle des éditions Dupuis. Nous sommes en effet ici face à un récit très adulte, un thriller érotique et sombre, avec une ambiance graphique sensuelle et dure issue de l'école espagnole de bande dessinée pour adultes.

Corps nus et sculpturaux, ambiance interlope d'artistes et d'hommes puissants, de femmes séduisantes et de soirées libertines, et en toile de fond la menace d'un terrorisme violent et implacable.
Il m'a fallu passer outre un certain rejet de cette ambiance artificielle et de ces scènes qu'on peut facilement estimer racoleuses à première vue. Les couvertures donnent le ton, notamment la première avec cette superbe héroïne quasiment nue, alanguie et arrogante. Les planches sont emplies de mises en scène esthétisantes de femmes et d'hommes aux corps parfaits et dénudés. Nous sommes clairement à la limite de l'érotisme dans une ambiance insidieusement sado-maso.

Et pourtant, c'est bien le récit policier qui prend le dessus et m'a fait apprécier ce récit qui tient la route. C'est l'histoire d'une femme qui cherche sa sœur disparue et qui, pour cela, va se rapprocher trop près d'un homme politique visé par de mystérieuses attaques terroristes. Romance compliquée, complot énigmatique, troubles relations fraternelles, secrets d'enfance enfouis et psychologies complexes. A cela s'ajoute la construction d'un androïde dont la présence parait un peu incongrue au départ mais prend davantage de consistance dans le second tome.

La transition entre les tomes 1 et 2 est assez étrange. On dirait qu'il manque des pages entre l'une et l'autre. La toute fin du premier tome semble apporter un rebondissement assez inattendu qui aurait pu bouleverser la donne. Et puis dans le tome 2, on se retrouve d'un coup plus de 6 mois plus tard, sans savoir bien de quelle manière on en est arrivé là et sans rien qui explique clairement ce qu'on voit en fin de tome 1. J'ai l'impression d'avoir manqué quelque chose.
Heureusement, cela ne gêne pas trop la lecture du second tome qui, hormis cet aspect intrigant, se révèle presque plus linéaire et plus porté sur l'enquête policière que le premier.

L'ensemble pêche par quelques facilités et clichés mais le scénario se révèle intéressant et assez prenant, d'autant qu'il possède indéniablement une atmosphère bien personnelle, qu'on l'apprécie ou non. Le graphisme soigné et esthétique de Guillem March la met bien en valeur même si on peut lui reprocher de s'attarder un peu trop sur les corps féminins offerts aux yeux des lecteurs. Certaines scènes d'érotisme soft paraissent gratuites mais finalement s'intègrent bien au récit et sont bien joliment dessinées.
Une lecture puissante sur le plan graphique et intéressante sur le plan scénaristique.

Nom série  Adieu Kharkov  posté le 02/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Adieu Kharkov est une double biographie à six mains.
Adaptant en partie son roman, les Lilas de Kharkov, l'actrice Mylène Demongeot (Les Sorcières de Salem, Fantômas, 36 Quai des Orfèvres...) y raconte la vie de sa mère, née en Ukraine avant de parcourir le monde pour échapper à la misère, à la Révolution Russe et aux deux Guerres Mondiales. En parallèle, en s'associant à Catel et Claire Bouilhac pour l'adaptation en bande dessinée, elle nous dévoile une partie de sa propre vie et de sa carrière.

Catel dessine les passages relatifs à la vie de Mylène Demongeot elle-même tandis que Claire Bouilhac met en scène celle de sa mère. Leur trait et leur encrage se rapprochent suffisamment pour que les planches de l'une et de l'autre se fondent ensemble harmonieusement même s'il se dégage une ambiance sensiblement différente entre elles. Du côté de Catel, nous avons des planches colorées et vivantes pour un récit proche du roman graphique moderne. Tandis que du côté de Claire Bouilhac, nous sommes dans l'atmosphère visuelle d'un récit d'aventure historique aux couleurs plus sobres et dé-saturées.

Et c'est bien par le terme d'aventure historique que l'on peut résumer la jeunesse de la mère de Mylène. De 1910 à la seconde guerre mondiale, d'Ukraine à la France en passant par la Sibérie, la Chine et l'Indochine, elle aura subi la misère et une enfance difficile, avant de prendre peu à peu sa revanche sur la vie, avec plus ou moins de réussite. C'est une intéressante et dépaysante vision de la vie dans une partie du continent Asiatique puis en France dans les années 20. C'est aussi et surtout le récit du combat d'une femme forte décidée à prendre sans complexe ce que la société patriarcale ne lui offrait pas d'elle-même.
Cette femme, il est possible de ne pas s'y attacher, d'être rebuté par la froideur de sa vision du monde et la façon dont elle use des hommes comme de simples barreaux sur l'échelle sociale, les appréciant quand ils réussissent et sont riches et les rejetant quand ils échouent ou la déçoivent. Néanmoins il faut saluer sa force spirituelle, l'originalité de sa vie et l'objectivité de son récit, sans manichéisme.
Quant à la narration, elle est plutôt agréable et claire malgré la complexité de cette biographie. Certains passages sont abordés de manière un peu superficielle et il faut parfois deviner qui est tel ou tel proche ou prétendant de l'héroïne, mais l'essentiel est bien présent et intéressant.

Concernant maintenant la vie de sa fille, Mylène Demongeot elle-même, son récit entrecoupe et encadre celui de la mère. Cette fois, elle est mise en scène de manière beaucoup moins linéaire et chronologique, éludant beaucoup de choses pour se concentrer sur certains moments, certaines anecdotes. Les auteurs considèrent à priori que les lecteurs connaissent déjà la majorité de la biographie officielle de cette actrice française. Cependant, le lecteur non-cinéphile risque de trouver ce récit plus superficiel, de ne saisir qu'une vision d'ensemble et pas le déroulé complet de la jeunesse puis du début de carrière de la fameuse actrice.
On comprend que la réussite de la fille concrétise l'aboutissement des ambitions que la mère n'avait pas su atteindre elle-même. Mais on constate aussi une incompréhension voire un léger conflit entre elles du fait d'une philosophie de vie différente, la fille étant plus tournée vers l'amour et la confiance dans les hommes tandis que la mère reste enfermée dans l'armure sociale qu'elle s'est bâtie.

Au-delà de l'aspect instructif et intéressant sur la plan historique et psychologique, j'aurais aimé me sentir plus proche des deux héroïnes, l'une m'étant apparue trop froide et manipulatrice pour m'être attachante, tandis que l'autre est présentée d'un peu trop loin et brièvement. Je n'ai pas ressenti beaucoup d'émotions, mais quand même un sincère intérêt et une certaine curiosité.
Adieu Kharkov, qui en définitive ne montrera quasiment rien de la fameuse Kharkov, est l'intéressante biographie croisée de deux femmes pleines de personnalité, qui s'achève sous la forme d'une complémentarité, la fille ayant finalement atteint de nos jours la sérénité qui aura manqué à sa mère depuis son enfance.

Nom série  Arraigo  posté le 02/09/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai entamé cette lecture sans savoir qu'il s'agissait d'une histoire vraie. Et après une rapide introduction, on rentre dans une injustice si révoltante que j'aurais vraiment aimé qu'elle ne le soit pas.

Cet album est une dénonciation, racontant le calvaire d'une femme ayant subi l'impunité des militaires chargés de mener la "guerre contre les narco-trafiquants" au Mexique, femme qui a été l'une des premières à oser porter plainte contre ces faits... sans résultat. On est en plein dans les histoires de corruption, de violence et de danger qui règnent au Mexique, ces histoires qui ont transformé un pays autrefois connu pour son folklore, ses ruines pré-colombiennes et son tourisme en zone réputée dangereuse et sans justice, où l'on risque la mort, l'emprisonnement arbitraire ou la torture au gré des motivations de ceux qui détiennent des bribes de pouvoir.

C'est un récit édifiant, bien raconté et joliment dessiné. C'est aussi un constat noir et sans appel puisqu'il n'y a pas de porte de sortie heureuse à ce jour. Instructif mais pas très gai, malheureusement.

Nom série  Le Sculpteur  posté le 30/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ca parait étonnant de voir que l'auteur d'ouvrages théoriques sur la BD aussi parfaits que les différents tomes de L'Art Invisible n'ait publié aucune autre BD jusqu'à présent qui ne soit arrivée jusqu'à nos frontières. Le Sculpteur est donc le seul vrai album à atteindre cet objectif, se présentant du coup sans le vouloir comme le "chef-d'oeuvre", au sens artisanal du terme, de son auteur, son ouvrage le plus accompli qui profite enfin de toutes ses connaissances théoriques pour sublimer en un récit concret ce que l'auteur couve depuis de nombreuses années.
Autant dire que je l'attendais au tournant, avec toute l'appréhension qui s'imposait et la crainte de me trouver face à un roman graphique se prenant trop au sérieux et finalement décevant.

C'est l'histoire d'un artiste torturé, un homme qui a subi des traumatismes, perdu sa famille, connu une brève célébrité puis tout lâché par excès d'orgueil et de principes. C'est aussi un homme peut-être un peu fou car il a ce qui ressemble fortement à des visions schizophréniques et perd parfois les pédales. En résumé, c'est l'exemple même du type de héros qui aurait dû m'exaspérer et dont le récit m'aurait ennuyé dans d'autres circonstances.
Et pourtant Scott McCloud réussit à me le rendre sympathique.
Tout son talent réside dans une narration parfaite, utilisant tous les artifices et techniques qu'il a commentés et analysés au cours de ses études théoriques pour offrir un récit d'une fluidité et d'une clarté sans pareil, avec une grande variété de mises en scène et de cadrages et l'impression de ne jamais s'ennuyer.

Le récit quant à lui tourne autour des milieux artistiques, de l'art en général et bien évidemment d'une histoire d'amour. S'y ajoute une touche bienvenue de fantastique, dont on sait au départ si elle est réelle ou issue de la folie du héros jusqu'à la confirmation indéniable en fin de récit.
J'ai trouvé l'histoire agréable malgré quelques passages un peu convenus et un soupçon de naïveté. Et si je n'y ai pas accroché totalement sur sa majorité, la fin, quoique sans réelle surprise, a fini par me toucher pour de bon.
Ce n'est pas pour moi une oeuvre culte ni un scénario qui marquera les esprits par son originalité ou son impact émotionnel mais c'est un bon récit, excellemment mené et qui mérite la lecture.

Nom série  Arène des Balkans  posté le 07/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Arène des Balkans est un récit dur, réaliste et sombre.
Il commence par le retour en Croatie d'un homme exilé au Canada après avoir été soldat durant la guerre de Bosnie. Y emmenant son fils unique qui ne parle même pas le croate, il y retrouve un pays changé et les complexités de sa propre famille et notamment de son frère qui lui reproche d'avoir abandonné les siens. Mais ce qui s'entame comme un roman graphique entre réalité d'un pays en reconstruction et difficiles relations familiales va tourner au drame et au récit policier quand le fils du héros se fait enlever pour être embrigadé dans une sordide organisation mafieuse et sans scrupule.

C'est le genre de récit réaliste et d'autant plus prenant que son sujet est révoltant, avec la traite et la manipulation morale et physique d'enfants par des individus abjects et profitant d'un système corrompu.
Le dessin de Jorge Miguel est d'excellente qualité, très réaliste lui aussi et rehaussé par des couleurs sobres et élégantes.

C'est le genre de récit auquel je ne peux pas faire de reproche objectif car il est très bien mené, si ce n'est une fin un petit peu rapide et bénéficiant d'un soupçon de facilités. C'est une intrigue qui m'aura tenu en haleine mais aussi un peu énervé, d'autant plus qu'il dit s'inspirer de faits réels, car c'est une réalité vraiment abjecte. C'est une question de goût qui m'empêche de trouver cet album franchement bien, car je n'aurai pas envie de le relire, mais je peux dire avec certitude que les amateurs de récits réalistes et de thrillers sans concession y trouveront leur compte et une bonne lecture.

Nom série  Dengue  posté le 07/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dengue est un récit mêlant polar et science-fiction dans un cadre rappelant un peu les films de série B.
Cela se passe en Uruguay où le changement climatique a fait disparaître l'hiver et où des moustiques porteurs de la Dengue prospère au point d'obliger les humains à se cloîtrer chez eux et à vivre dans des combinaisons de protection pour ne pas mourir infecté... ou pire. Dans ce contexte proche du post-apocalyptique, la police mène toujours l'enquête et c'est le cas d'un inspecteur un peu blasé qui va constater que les hommes s’entre-tuent toujours... et que la situation pourrait bien être plus complexe qu'il n'y parait. Car cette Dengue n'est pas une maladie classique et il arrive d'étranges choses aux humains qui se font infecter trois fois...

Le récit est un one-shot mais il est composé de chapitres s'apparentant à des histoires courtes à suivre. Il y règne une ambiance de téléfilms d'anticipation-horreur de série B mais aussi une atmosphère qu'on retrouve dans beaucoup de récits en bande dessinée sud-américains où la culture commune envisage facilement des complots gouvernementaux et des populations subissant les affres de nantis sans scrupules avec l'armée à leurs côtés.
Le graphisme est réaliste et sans concession, s'adaptant bien au ton acerbe de l'intrigue.

C'est une lecture plaisante, pas toujours très crédible et parfois un peu convenue mais qui offre un divertissement adulte finalement assez intelligent et caustique.

Nom série  Chambres Noires  posté le 07/08/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai bien aimé l'ambiance et l'originalité de cette série.

Le décor est celui d'une France de la fin 19e siècle un peu fantasmée, plus orienté sur sa face sombre, maison close, policiers corrompus, freaks, mais aussi ésotérisme avec toute une communauté familiale (dont une grande partie adoptée) qui gagne sa vie grâce au spiritisme et à des photos truquées. Cette petite famille, notamment, est bien sympathique et sort du lot, avec des membres très variés qui s'associent finalement plutôt bien ensemble.

Le ton est entre légèreté et morbide, avec des morts parfois violentes et de vrais méchants, mais en même temps un certain humour, des personnages attachants et de l'optimisme.

Là où je n'ai pas totalement accroché, c'est sur le côté un peu fouillis de la narration mais aussi du graphisme. Il y a beaucoup de personnages qui portent tous en sous-intrigues, certes au final orientées dans la même direction mais j'ai ressenti un légère sensation de méli-mélo et de rythme décousu.
Et le dessin est du même acabit à mes yeux. Pas désagréable du tout et doté d'une plutôt bonne personnalité, je l'ai quand même trouvé un peu confus, pas toujours très clair.

En bref, c'est une lecture plaisante et assez dépaysante, mais je ne suis pas tombé totalement sous son charme.

Nom série  City & Gender  posté le 31/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
City & Gender est un manifeste contre le sexisme et la ségrégation sexuelle de la société occidentale avec ses codes et ses comportements ancrés dans l'inconscient collectif.
L'auteure le présente par le biais d'histoires courtes et indépendantes, toutes dans un cadre urbain, dans la rue de grandes villes. Elle y dénonce les différences de comportement des gens entre hommes et femmes, la ségrégation imposée dans certains lieux comme les toilettes, le harcèlement mais aussi le rôle qu'on impose aux hommes, la sexualisation des médias et de la publicité, etc.

Le message est juste et je partage ses valeurs, appliquant dans ma propre vie familiale et sociale une égalité aussi stricte que le physique le permet entre hommes et femmes.
Et pourtant je n'ai pas apprécié ma lecture.
D'abord parce que je ne suis pas un grand fan du style graphique de l'auteur façon dessin au crayon de papier.
Ensuite parce que j'ai été déçu de découvrir que l'album de 64 pages n'en faisait en réalité que 30, la moitié de l'album étant une répétition des mêmes planches traduites en anglais. Du coup, comme les histoires se lisent vite, ça fait une lecture vraiment légère qui laisse sur sa faim.
Enfin parce que j'ai trouvé que ça manquait de subtilité.
Oui les sujets abordés sont intéressants, mais la mise en scène est trop manichéenne à mon goût, souvent trop caricaturale. On dirait que les villes sont peuplées de gros connards à tous les coins de rue. Bon, ceci étant dit, je suis moi-même asocial et détestant les villes, donc peut-être est-ce la réalité mais en tout cas je l'évite. Quant à la question des toilettes pour hommes/pour femmes, j'ai aussi été confronté à la question de comment faire quand ma fille était trop jeune pour y aller seule mais je ne suis jamais trop attardé sur le sujet, allant dans les toilettes pour hommes sans me poser de questions. Et, comme l'auteure, je déteste les publicités racoleuses et les médias adeptes du bling-bling et des femmes objets, rejetant leur déformation de la vie réelle et le rappelant sans arrêt à mes enfants pour bien les éduquer sur le sujet. Mais la mise en scène de l'auteure avec son groupe d'amis "issus de la diversité", blanc, noir, asiatique, homosexuels, femme, qui inspectent et réagissent naïvement face à une publicité au caractère sexuel manifeste me parait trop artificielle et presque balourde.

Ça ressemble presque à un petit livret éducatif qu'on distribuerait dans les collèges pour ouvrir les yeux aux jeunes sur des sujets évidents. Mais moi, je me suis ennuyé et je suis resté sur ma faim, sans doute parce que c'est un sujet que je connais déjà trop bien.

Nom série  Voodoo Serenade  posté le 30/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n'ai pas lu Hasta la victoria !, j'ai donc pris cet album comme le one-shot qu'il est sans souci de ne pas connaître le passé du héros.

J'ai apprécié d'emblée son ambiance Haïtienne des années 60. L'atmosphère mêlant dictature, corruption et vaudou est réussie et crédible.

Le dessin est agréable, son trait étant très maîtrisé et sa mise en page fluide. Par contre, j'ai eu un petit peu de mal à apprécier le choix des couleurs, même si j'aime l'aquarelle.

L'histoire est relativement simple. On est dans de l'aventure presque à l'ancienne, avec une touche de fantastique ou du moins de superstition. L'utilisation du vaudou amène quelques facilités que j'aurais aimé voir expliquées ensuite par des astuces logiques (comme par exemple des balles à blanc insérées discrètement par un complice, qui sait...). Telles quelles, ça ressemble un peu trop à des deus ex machina pour faciliter la vie du scénariste. Le rythme plutôt bon du récit permet heureusement de passer outre ces regrets et d'offrir une lecture assez prenante et bien menée.

A conseiller donc aux amateurs de récits d'aventure et d'action avec une dose d'exotisme et de magie vaudou.

Nom série  La Quête onirique de Kadath l'Inconnue  posté le 27/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'avais découvert le roman La Quête onirique de Kadath l'Inconnue par le biais du recueil Démons et Merveilles tournant autour du Monde du Rêve de H.P. Lovecraft, univers de fantasy, d'aventure et de poésie un peu à part dans la mythologie personnelle de l'auteur. Bien que dotée de quelques défauts et d'un léger soupçon d'improvisation dans son récit, c'était resté pour moi une lecture marquante et un de mes meilleurs souvenirs de Lovecraft.
J'étais donc motivé à l'idée de lire son adaptation en bande dessinée mais aussi anxieux car le roman est très dense et il s'y passe des choses très variées. Je craignais une grande difficulté à l'adapter de manière fluide sans y perdre énormément de son contenu.

J'ai constaté que l'auteur, I.N.J. Culbard, a vraiment fait le choix d'adapter le récit complet, sans coupure et avec un minimum d'ellipses. Du moins a-t-il adapté l'intégralité des événements du récit... mais pas leur âme.
Et ça ne passe pas.

Sur le plan du concret, on se retrouve avec un récit d'aventure et de fantasy fouillis et sans rythme. L'introduction du récit manque de clarté (mais je dois avouer que celle du roman n'est pas des plus évidentes non plus) et le lecteur qui découvrira l'histoire aura probablement du mal à entrer dedans et à bien comprendre. Puis c'est ensuite une succession de péripéties, de décors sans saveur, de discussions creuses ou absconses. Jusqu'à une fin plus ou moins incompréhensible (même si là aussi, j'ai dû relire ce passage du roman deux fois pour bien l'assimiler).
Le tout est mis en image avec un dessin épuré, sans charme voire même parfois laid. Je lui reproche en outre sa recherche de facilité, avec des cadrages serrés sur les visages pour représenter le moins de décor possible et aller au plus vite. Quand je vois certaines illustrations d'autres artistes inspirés par l'imaginaire de Lovecraft, j'ai l'impression d'un vrai gâchis voire d'un manque de respect devant le manque de poésie et d'imagination de ces planches.

Et sur le plan émotionnel, ce sont précisément la poésie et l'imaginaire qui manquent totalement à cette adaptation, alors que c'est la grande force du roman. Rien ne ressort ni de l'aventure, ni des décors, ni du monde du Rêve dans son ensemble. A quelques rares moments dans la lecture de ces planches, j'ai eu des réminiscences des sensations voire des frissons que le livre m'avaient procurés, mais ce n'était que le souvenir nostalgique d'une ancienne lecture et pas du tout ce que la platitude du récit trop superficiel et rapide du comics me permettait d'éprouver.

Bref, déception, même si cela m'a donné envie de relire le livre.

Nom série  Les Architectes  posté le 08/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Mettre en scène des architectes pour héros est assez sympathique, d'autant plus quand le graphisme est inspiré par le style Atome d'un Yves Chaland ou d'un Serge Clerc.
Mais la finition n'est vraiment pas à la hauteur.

D'abord le dessin manque de maîtrise technique. Les personnages sont raides, anguleux, et on sent que l'auteur a du mal à les représenter autrement que de profil ou dans un trois-quart très figé. La mise en scène est médiocre et la narration manque de fluidité. Et les couleurs n'arrangent rien car elles ne sont ni belles ni harmonieuses.

Quant à l'histoire, après une petite touche de curiosité en début de lecture, j'ai vite été déçu. Les personnages ne sont pas charismatiques et leurs réactions ne sont pas crédibles. Ils voient leur futur patron ordonner la mort d'un personnage mais font ensuite comme si de rien était. Ils refusent sans arrêt d'appeler la police et ne veulent rien leur dire quand ils les interrogent alors que ça paraîtrait évident de le faire. Ils veulent tout faire seul mais en même temps font semblant de ne pas s'impliquer, se font tirer dessus à la mitraillette et trouvent ça presque normal, demain matin tout sera oublié.
En définitive, l'intrigue est trop cousue de fil blanc, avec beaucoup d'incohérences et de facilités. Et puis on va tomber dans le gros cliché du complot d'ex-nazis avec savant fou à la clé, armée de clones et autres armes de destruction massive ultra-secrètes. Si encore on était dans le second degré et la dérision, ça passerait, mais même si le ton du récit reste léger, il se prend malgré tout visiblement au sérieux et ça en devient presque couillon.

Une lecture assez médiocre qui ne mérite pas qu'on y porte trop d'attention.

Nom série  Betty Boop  posté le 06/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note : 2.5/5

A vrai dire, avant de tomber sur l'intégrale de chez Vents d'Ouest, je ne savais même pas que Betty Boop avait eu droit à une version comics en plus de ses anciens dessins animés. En effet, ce comics est plus un produit dérivé suite au succès des dessins animés. Et si le nom de Max Fleischer, créateur du personnage et de son design, est marqué partout sur ces gags en une planche, c'est en réalité un certain Bud Counihan, autrement inconnu au bataillon, qui est en charge des scénarios et du dessin.
Alors que le personnage de Betty Boop est restée connue du grand public, cette série n'aura elle pas beaucoup d'impact sur les mémoires. Elle est apparue en effet à partir de 1935 mais son rythme de parution s'espacera assez rapidement pour disparaître dès 1936.

Ce sont des gags en une planche où Betty Boop joue le rôle d'une star de cinéma à qui on propose des tournages plein de charme et d'aventure. Son partenaire le plus récurrent n'est autre que le réalisateur de ses films qui joue aussi un peu le rôle de son agent et ami. On y retrouve aussi son petit chien, Billy, son petit frère, Buddy Boop, au caractère très trempé et brutal, et sa tante, elle aussi très portée sur la susceptibilité et les actions musclées.
Betty y joue les petites divas, très capricieuse et superficielle mais relativement attachante malgré tout. Les gags tournent d'abord autour des rôles parfois incongrus que Betty doit jouer et sur les extravagances de cette dernière. Puis son petit frère et ensuite sa tante prendront davantage de place et accapareront la thématique de beaucoup de planches.

La version intégrale de chez Vents d'Ouest est un très bel album, avec une belle couverture cartonnée et un peu matelassée, du papier épais et un bon travail éditorial. J'aime le côté désuet des planches qu'il contient et notamment des couleurs un peu délavées.
Par contre, force est de constater que le dessin est très moyen. Les décors sont simples et agréables. Mais les personnages, eux, sont très raides et dotés d'une palette d'expression trop réduite. Et surtout Betty Boop elle-même est un modèle de rigidité dans le trait : son visage est toujours strictement identique, toujours de face, avec juste les yeux qui se tournent dans des directions différents pour montrer qu'il est vivant. On dirait une poupée de cire.
Quant aux gags, même s'ils dégagent un côté assez attachant et agréablement rétro, ils ne sont pas drôles. Ils sont la plupart du temps convenus et prévisibles. Et surtout beaucoup de gags sont recyclés et réutilisés de planche en planche. Alors que la parution ne s'est finalement étendue que sur moins de deux années, cela démontre un singulier manque d'inspiration.

Bref, je trouve que l'intégrale Vents d'Ouest est appréciable pour la beauté de l'objet, le travail éditorial et l'aspect rétro et historique de ce comics des années 30, mais le contenu des planches en elles-mêmes ne vaut pas vraiment trop qu'on s'y attarde.

Nom série  Dans ma maison de papier  posté le 02/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Nous sommes clairement ici dans le cadre d'un essai artistique, une oeuvre sous le charme de laquelle on peut tomber ou alors qu'on rejettera sans hésitation.
Ce n'est qu'en lisant son résumé sur le Net que j'apprends qu'il s'agit de l'adaptation d'une pièce de théâtre contemporaine de Philippe Dorin. L'album lui-même ne présente aucun résumé ni explication et on est plongé d'emblée dans un récit trop abscons pour être facilement compréhensible.

C'est une sorte de huis-clos un peu onirique, comme un hyperbole métaphorique, mettant en scène une vieille femme, une jeune fille (qui est peut-être une part de l'esprit de la vieille, ou celle qu'elle était quand elle était jeune) et un homme représentant la Mort venue chercher la vieille femme. Cela se passe durant la nuit, dans une maison isolée (symbole d'un esprit ou bien lieu réel, qui sait ?). C'est une suite de dialogues décousus entre ces trois personnages, avec beaucoup de répétitions, comme l'insistance des personnages de demander sans arrêt à éteindre ou allumer la lumière.
Je me suis franchement cru face à une pièce d'Art et d'Essai abstraite où seul l'auteur a une vague idée de ce qu'il veut dire et où les spectateurs doivent trouver eux-mêmes ce qu'ils vont retirer du récit, y comprendre ce qu'ils veulent ou peuvent et associer des symboles ou de la poésie à l'ensemble. Je me suis fait mes propres idées, sans certitude aucune, avec en tête un récit dans l'esprit d'une vieille femme au seuil de la Mort qui oscille entre l'abandon et l'appel à la vie de ses souvenirs de jeune fille. Mais franchement, la lecture m'a été trop pénible et ne m'a apporté ni intérêt ni plaisir.

Par contre, sur le plan du dessin, ça vaut le coup d’œil. C'est en effet un cocktail de nombreuses techniques graphiques, de styles visuels et d'ambiance différentes. Cela va du style enfantin et naïf à l'hyper-réalisme presque photographique, ou des dessins colorés et vivants à des beaux clair-obscurs en noir et blanc au fusain ou au charbon très inspirés du film La Nuit du Chasseur, voire à de simples silhouettes noires sur fond blanc.
Autant je n'ai pas du tout accroché à l'histoire et à sa narration, autant le graphisme est vraiment appréciable. Mais cela ne suffit pas pour moi à faire une bonne oeuvre : il me faut une vraie histoire que je n'ai pas trouvée ici.

Nom série  Fairest  posté le 01/07/2015 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je suis un grand fan de Fables et j'ai aussi beaucoup aimé son spin-off Jack of Fables même s'il est un cran en dessous. Et pourtant, j'ai mis un moment à me convaincre à acheter un tome de Fairest, pourtant lui aussi spin-off de Fables. La faute à des critiques acerbes et plutôt généralisées du premier tome. Puis le temps passant, les avis sur le Net étaient que le second tome était le meilleur des trois parus à ce jour, chacun étant composé d'une histoire en un tome indépendante. Je me suis donc lancé dans l’achat de ce tome là pour voir si effectivement il valait le coup et allait me donner envie de lire le reste de la série.

J'y ai découvert une histoire tout à fait imbriquée dans celles de Fables, se déroulant me semble-t-il entre les tomes 2 et 3 de la série mère en terme de chronologie. Elle met en scène Raiponce qui se rend au Japon pour régler une affaire ayant impacté son propre passé. Nous y découvrons ainsi un mélange entre les contes classiques Européens et le folklore japonais, ce qui détonne un peu dans le cadre habituel de Fables mais apporte une certaine nouveauté.
Le dessin est plutôt bon, même si j'apprécie moyennement les légères différences avec celui de la série mère, comme la représentation de Bigby qui est moins charismatique à mes yeux.
L'ennui, c'est que l'histoire n'a rien de palpitant. Elle est un peu embrouillée, joue beaucoup sur l'action et sur un mystère qui tombe à plat et fait la part belle au grand spectacle et à des personnages un peu poseurs auxquels je ne me suis pas du tout attaché.

Bref, j'y ai trouvé une lecture divertissante mais sans originalité, comme une production américaine de base avec beaucoup d'action et de spectacle mais qui s'oublie très vite.
Pas motivé du tout donc à acheter les autres tomes de la série.

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