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Nom série  L'Or des Fous  posté le 29/09/2012 (dernière MAJ le 21/12/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Passé la très bonne surprise d'une couverture que je trouve très réussie, j'avoue avoir été plutôt déçu par le premier tome de cette série.

J'ai tout d'abord eu un peu de mal avec la narration, pour bien comprendre le déroulement des événements. Ça commence très vite, et en 6 planches, après une embuscade qui verra notre protagoniste gravement blessé se faire évacuer sur un navire (j'ai déjà du revenir en arrière pour comprendre qui, quoi et comment on se retrouvait sur un bateau) il revient sur le parcours de sa vie.
Bon, pourquoi pas. Sauf que déjà, on ne nous parle que de Francisco. Oui, vous voyez bien ! Ba si Francisco ! 'Cisco pour les potos ! Non ? ... Ba moi non plus. Et vu que j'ai la fâcheuse habitude de ne jamais lire les résumés des bouquins que je lis, il a fallu que j'attaque cette critique en jetant un œil à la fiche qui présentait cette BD pour comprendre de qui il retournait... Francisco Pissarro. Ahhhh je comprend mieux... Du coup, ça change quand même pas mal l'angle d'attaque de ma lecture ! Mais quelle idée aussi de faire une BD sur quelqu'un sans jamais citer son nom ! Si si, je vous assure ! J'ai repris le BD et épluché toutes les bulles et nulle part il n'apparaît !
Bref, passé cet aspect "négligeable" et quand même emmerdant du scénario, mis à part quelques scènes (notamment la tempête ou l'attaque du village Inca) j'ai trouvé ça un brin ennuyeux et figé. On arrive à la fin avec le cliffhanger que tout le monde attendait sans avoir vraiment eu le temps ni de s'attacher aux personnages, ni de prendre la mesure des intrigues qu'on nous promet... Pas vraiment folichon quoi...

Du côté du dessin, j'ai trouvé ça assez inégal. Autant, j'ai trouvé tout le début en Espagne assez figé et rigide, autant à partir du moment où l'action démarre vraiment avec cette tempête en mer (2 planches muettes magnifiques !) puis une fois au Pérou, le trait se lache. La végétation et les Incas donnent un autre souffle au trait de Olivares. C'est beaucoup plus vivant et on rentre plus dans l'histoire.
Je suis aussi assez déçu par la colorisation de l'album : c'est vraiment très inégal et irrégulier, comme pour le dessin. Et mis à part les scènes plus sombres de la tempête ou de la jungle, j'ai trouvé le reste soit trop fade et terne ou au contraire trop contrasté avec des oranges saturés dès que se pointe de moindre bout de téton de la femme de Pissarro, Illona... On a compris qu'elle avait le feu au cul...

Bref, je reste assez sceptique sur ce début de série, qui malgré quelques très bonnes choses, se vautre quand même dans pas mal d'autres. Je lirai sûrement la suite si j'en ai l'occasion, car j'aime assez ce genre de BD où l'aventure domine, mais va falloir mettre les bouchées doubles pour parvenir à quelque chose de beaucoup plus régulier et de palpitant.

*** Après lecture du tome 2 ***

C'est sceptique que j'avais refermé le premier tome de cette série, et la lecture de ce deuxième opus ne fait malheureusement que conforter mon sentiment initial.

On prend les mêmes qualités et (malheureusement) les mêmes défauts, et on relance ! Une couverture réussie et attrayante, un dessin agréable et réussi malgré quelques inégalités dans les planches, une narration en dents de scie et des personnages antipathiques sans réel charisme qu'on n'arrive même pas à ne pas aimer tant ils m'ont laissé indifférent... La construction de l'album en copié/collé du premier est aussi assez énervante... Aller/retour dans le temps des personnages (sans réels marqueurs chronologiques pour nous aider à nous repérer), passage à l'action, et cliffhanger de fin d'album pour nous faire patienter jusqu'au tome suivant...

"L'or des fous" rate la remise en selle sur laquelle je comptais pour raccrocher à cette course, mais le piètre cavalier que je suis commence à avoir le cuir du cul un peu irrité par une histoire qui peine vraiment à s'étoffer et prendre corps.

*** Après lecture du tome 3 ***

Ce dernier tome n'aura pas réussi à remonter la pente d'une série dont la narration toujours bancale m'aura tout juste permis de retracer la vie de ce personnage qui aura marqué l'histoire à cause de la saignée qu'il aura laissé au Pérou.
Sorti de là, les raccourcis scénaristiques nous mènent tranquillement à la fin d'un récit qui n'aura pas su me passionner outre mesure. Le personnage est assez détestable et les intrigues qui tournent autour manquent cruellement de suspens et sont expédiées aussi vite que les affaires courantes du dit sieur.

A réserver aux passionnés d'histoire, et encore je ne suis pas sûr que ceux-ci y trouvent grand plaisir

Nom série  Burning Fields  posté le 16/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà un album qui sort un peu de l'ordinaire du Label 619 que j'affectionne particulièrement chez Ankama. Il s'agit d'un comics initialement publié outre Atlantique chez Boom ! Studios. Ça commence comme un thriller façon Homeland pour virer "en douceur" vers le fantastique...

Quand je dis en douceur, vous aurez compris que c'est un doux euphémisme, car l'enquête que va devoir mener notre chère Dana dans un Irak en plein trouble où chaque faction cherche à tirer la couverture à lui, que ce soit la population locale, la police ou encore les milices privées chargées de protéger le précieux pétrole, ne sera pas de tout repos. Surtout que derrière les apparences d'une simple enquête sur une série de meurtres, le Mal va s'inviter au bal...
C'est plutôt bien construit, il faut tout de même bien suivre pour ne pas se perdre dans les personnages, et le rythme et le suspense distillés nous accrochent page après page.

J'ai beaucoup apprécié le trait de Colin Lorimer, qui donne toute sa crédibilité à ce récit fantastique ancré dans une réalité de conflit actuel. Ce contraste rend d'autant plus saisissantes les scènes assez sanglantes, qu'il s'agisse des meurtres perpétrés ou des créatures que vont croiser nos protagonistes.

Au final un thriller fantastique assez surprenant de par le cadre choisi pour poser ce récit qui m'aura bien accroché et dont je recommande la lecture.

Nom série  Harmony  posté le 16/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mathieu Reynès se la joue en solo avec cette nouvelle série fantastique, et ma fois cela lui réussit plutôt très bien. J'avais déjà apprécié son talent dans La Mémoire de l'eau et La Peur Géante où il se contentait du dessin, et c'est encore dans un registre différent qu'il s'illustre cette fois-ci au dessin et au scénario.

"Harmony" nous propulse dans la vie d'une jeune ados paumée qui se réveille sans aucun souvenirs. Enlevée ? Séquestrée ? Malade ? C'est petit à petit que les écheveaux de ce mystère vont se démêler... tout en complexifiant le scénario au fil des deux albums parus à ce jour.
C'est franchement prenant, la tension narrative est des plus efficace et j'ai dévoré ces deux tomes ! Le dessin dynamique et semi-réaliste de Mathieu Reynès fait merveille et ses découpages bien sentis donnent au récit toute la vigueur nécessaire à ce genre d'histoire.

Alors, en attendant de voir comment tout cela se finira, je ne peux pour l'instant que vous conseiller la lecture de cette série qui a démarré sur les chapeaux de roue !

Nom série  Ninn  posté le 16/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Encore une bonne surprise en jeunesse avec cette série que je ne découvre que maintenant Sorti en septembre 2015, le tome 1 pose les bases d'un récit d'aventure urbain contemporain où le fantastique s'invite tranquillement mais sûrement pour nous entrainer dans les sombres recoins du métro parisien grâce à la curiosité de notre jeune héroïne Ninn.

Jean-Michel Darlot a en effet très bien construit son récit, qui, s'il n'a rien de révolutionnaire en soi, fonctionne très bien grâce à un personnage principal très attachant, des mystères plein de surprises, et ce métro parisien qui devient presque un personnage en soi.

Ajoutez à ce la le dessin très réussi de Johan Pilet qui donne vraiment vie à cette jeune Ninn trépidante, dans un Paris actuel très bien rendu et tout cela prend corps de façon naturelle pour nous offrir un moment de lecture tout en fraicheur, en dynamisme et plein d'aventure pour notre plus grand plaisir !

Une série que je recommande chaudement et dont j’attends impatiemment la suite !

Nom série  Shangri-La  posté le 14/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ahhh ba voilà ! Ça fait plaisir de tomber sur un aussi bon album de SF pour finir l'année en beauté !

J'avais découvert Mathieu Bablet par le biais de la série "Doggy bags" également éditée chez Ankama, et j'avais déjà fort apprécié son travail ainsi que son coup de crayon si particulier. Certains lui reprocherons ses personnages un peu taillés à coup de serpe, mais moi j'aime bien ce côté singulier qui donne de la personnalité à son dessin. Surtout qu'ici, ses personnages évoluent dans des décors magnifiques qui donnent toute l'ampleur nécessaire à son récit.

Car oui, Mathieu Bablet nous sort ici le grand jeu pour un récit de science fiction qui ne ferait pas rougir les plus grands du genre. Et malgré quelques menus défauts qu'on pourra qualifier de jeunesse, cet album est une vrai réussite ! Oui, certains aspects de son scénarios peuvent sembler un peu trop appuyés par moment (je pense ici au côté société de (sur)consommation surtout), mais le reste est tellement bien construit qu'on oublie rapidement ces quelques aspérités.
J'ai pour ma part dévoré cet album et avalé ces 220 pages d'une traite ! Avec maintenant une seule envie, replonger dedans pour en apprécier les subtilités. Un album qui m'a par ailleurs rappeler un roman de Alain Damasio, "La zone du dehors", pour sa très bonne réflexion sur la révolte, la rébellion et jusqu'où l'engagement contestataire peut conduire, avec les manipulations politiques et les récupérations possibles.

Shangri-La constitue pour tout cela un des meilleur album SF qu'il m'est été donné de lire cette année. Un album à lire pour tout amateur du genre qui se respecte !

Nom série  Le Cheval qui ne voulait plus être une oeuvre d'art  posté le 12/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Olivier Supiot inaugure ici une nouvelle collection chez Delcourt qui s'associe au Louvre pour donner à l'art une image un peu moins poussiéreuse que se font certains des musées.

Je trouve l'initiative des plus louable et l'album d'Olivier Supiot original dans son traitement. J'avais déjà pu apprécier son savoir faire dans des albums jeunesse mais surtout dans le très bon album Le Dérisoire sorti dans la merveilleuse collection "Carrément bd" chez Glénat.
On retrouve ici l'originalité de son trait et de ses couleurs qui pour moi collent parfaitement pour traiter un tel sujet. Nous allons suivre les fers de cette tête de cheval blanc peint par Géricault qui en a marre d'être une "simple" œuvre d'art et se met en quête de sortir de ce musée. Le voilà donc parti à l'aventure, cherchant par tous les moyens une issue, traversant les pièces, croisant d'autres œuvres, devisant avec elles sur le sens de tout cela et de leur état.
C'est donc dans un véritable petit conte philosophique que nous convie Olivier Supiot, nous questionnant sur le rôle de l'art et la place de ces œuvres en jouant avec cette quête de liberté que ce cheval introduit dans ce sanctuaire.

Alors oui, c'est beau, c'est intéressant et malin, mais il m'aura manqué un tout petit quelque chose pour atteindre une note supérieure. J'ai eu un peu de mal à ressentir une plus grande empathie que ça pour ce cheval et malgré la qualité du travail d'Olivier Supiot je suis resté un peu en retrait, simple spectateur, sans être vraiment touché
par le résultat final. Dommage, mais l'art c'est parfois ça, on n'arrive pas à mettre le doigt sur ce qui fait qu'une oeuvre ne vous touche pas plus que cela.

Nom série  Le Maître des tapis  posté le 12/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà un album parfait pour coller avec la féérie ambiante de noël !

En effet, le dessin d'Alexis Nesme rend à merveille cette ambiance entre neige et dorures, nous racontant les aventures fantastiques d'un marchand de tapis. Il prend pour décor un petit village russe tirant de façon surprenante vers les contes des 1001 nuits, mais de façon très réussie.

On pourra regretter que cet album magnifique, tant par l'objet lui même (très joli grand format !) que par les dessins et les couleurs, soit un peu simple dans le scénario et assez vite lu, mais il n'en constitue pas moins un très joli conte de noël qui ravira certainement les enfants. Petit bonus de l'album, un joli pop-up à construire qui ne pourra que contenter davantage nos têtes blondes !

Alors, en ces périodes de fête, ne boudons pas notre plaisir en se calant confortablement dans un coin de cheminée pour agrémenter nos fêtes de fin d'année en partageant cette lecture !

Nom série  OSS 117  posté le 08/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Et hop là ! Encore une adaptation d'un "classique" de la littérature... Ok, ok, mais j'ai mis des guillemets, hein ! Par "Classique", on est loin du Zola ou du Hugo, mais plutôt dans le classique de gare. Car OSS 117, avec ses plus de 250 romans et ses 75 millions d'exemplaires vendus dans le monde, ce n'est pas rien non plus !
Notre héros, Hubert Bonisseur de La Bath, avait déjà repris des couleurs avec les adaptations au cinéma par Michel Hazanavicius (avec Jean Dujardin dans le rôle phare). Pour ma part j'avais bien aimé ce côté décalé à la limite du parodique.

Ici, on se retrouve au final un peu dans un ente deux. Ce n'est pas une adaptation fidèle, mais pas non plus une parodie. On est plus proche du scénario Jamesbondesque avec action, rebondissements, trahison, jolies femmes qui tombent forcément dans les bras de notre héros, tout ça sans les gadgets le tout avec quelques petites saillies humoristiques. Les amateurs du genre espionnage devraient s'y retrouver sans trop de problèmes.

Pour ce qui est du dessin, j'ai préféré le trait d'Andrea Cuneo dans le second volet que celui de Rinaldo Pino (ainsi que la mise en couleur). On se retrouve avec un dessin réaliste assez académique (voire un peu figé dans certaines séquences - j'ai trouvé un peu ratées dans le 2nd tome les scènes de baignades par exemple -) mais qui sied bien à cet univers et au genre. Mention spéciale aux très belles couvertures très vintage et 70' qui m'ont un peu fait penser à l'illustrateur Rober McGinnis.

Alors si vous avez envie de passer un petit moment de détente et que vous aimez le genre espionnage, cette série fera parfaitement l'affaire !

Nom série  Grippy  posté le 11/07/2015 (dernière MAJ le 08/12/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Et un nouveau spin off ! Un !

Avec le succès de la série principale Les P'tits diables, Duddo relance la machine à gags en une planche, avec cette fois-ci Grippy, le chat de nos deux petits monstres, pour tenir le haut de l'affiche.

J'avoue m'être lancé dans cette lecture avec une certaine circonspection, un peu dubitatif quant à l'humour qu'on allait nous servir. Si j'aime bien la série mère, je ne voyais vraiment pas ce que l'auteur allait trouver pour nous donner un peu de personnalité et d'originalité à ce personnage secondaire...

Et ma fois, ça finit pourtant par prendre. J'ai eu un peu de mal à me faire à ce duo et à ses habitudes culinaires monomaniaques, mais les différents personnages secondaires qui viennent égayer le quotidien de cette grand mère et de son chat finissent par faire monter une mayonnaise acidulée qui nous les rends attachants. Moi qui suis d'habitude plutôt du genre réfractaire au gag de répétition, j'ai par exemple adoré dans le second tome cette histoire de croco' squatteur de boîte au lettre qui mange/a mangé tout ceux qui lui passent sous les crocs

Bref, plutôt une agréable surprise que cette série dont je n'attendais pas grand chose, mais qui au fil des pages a su tisser et partager une tendresse entre une mamie pas si gâteau que ça et un chachat qui cache bien son jeu.

Un bon 3.5/5

*** Après lecture du 3e tome ***

J'ai eu un peu peur en attaquant ce 3e opus. On retrouve avec joie notre petite smala de personnages loufoques, mais justement le début de l'album commençait à sentir le "déjà lu" malgré l'entrée en jeu de cette "nouvelle voisine".
Heureusement, l'entrée en scène de nouveaux personnages - et non, ce n'est pas la voisine... (qu'on ne verra d'ailleurs jamais ^^ ) va relancer la dynamique qui m'avait accroché dans les titres précédents.
Grippy reste donc une série efficace et drôle qui plaira aux enfants (et aux amateurs de cookies), même s'ils ne connaissent pas forcément la série des P'tits Diables.

Nom série  La Petite Mort(e)  posté le 05/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
C’est sans connaître la première série de l’auteur, « La Petite Mort », que je découvre ce nouvel album qui, sans être une suite, en reprend les personnages principaux (mais la lecture de la 1ere série n’est pas indispensable). Sauf que cette fois-ci, Julien, le fils de la petite-mort qui a repris le flambeau de pôpa va lui aussi être père… mais d’une fille… Alors forcément machiste comme il est, c’est juste impensable et c’est le drame.

Si le pitch est plutôt drôle et permet à l’auteur de fourbir un humour acerbe sur le thème des relations homme/femme, j’ai trouvé l’ensemble assez inégal. Entre l’humour parfois (très) noir – qui lui est loin de me déranger – un autre plus scato’ – qui lui m’ennuie plutôt qu’autre chose – et un dernier volet d’intermèdes publicitaires déjantés, le spectre est un peu fourre-tout et assez inégal à mon goût. Si certains gags m’ont bien fait marrer, d’autres m’ont plutôt fait souffler qu’autre chose.

Et graphiquement on retrouve un peu le même décalage. Mention spécial tout d’abord à l’objet : une très chouette réussite ! Format moyen peu commun et une première de couv’ très réussie qui donne envie d’ouvrir l’album. Ensuite ça se complique. Fi du noir et blanc qui caractérisait la série mère et qui a mon sens collait très bien avec ce personnage de la mort ; là, même si celui-ci domine, il s’émaille de couleurs assez tranchées qui ne sont pas toujours très heureuses. Si le violet des cheveux de la Petite Morte ou le rouge de certaines scènes sanguinolentes sont pertinents, les intermèdes publicitaires ou certaines planches jouant avec la couleur sont pour moi sans trop d’intérêt.

Malgré un bel objet et les bonnes idées qui s’égayent au fil de l’album je sors donc de ma lecture un peu déçu et pas franchement conquis. Dommage.

Nom série  Dead Body Road  posté le 03/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà une lecture qui ne restera pas forcément dans les anales, mais qui a au moins le mérite de jouer son rôle de divertissement quand on est amateur de ce genre un peu bourrin. Je comparerais volontiers cet album à un épisode d'une quelconque série TV genre polar/thriller qu'on se cale sous la dent creuse en mode digestif quand on a pas envie de se prendre la tête en fin de soirée.

En effet, Justin Jordan nous propose un oneshot qui, s'il est efficace, manque tout de même cruellement d'originalité. Prenez un ex-flic dont la copine policière se fait buter lors d'un casse foireux, qui décide de se venger... et voilà, merci, au revoir... Bon, ok, les méchants sont méchants, les gentils sont gentils... ah non, ils cognent dur aussi... et l'album mâtiné de rencontres allègrement saupoudrées de gnons et de bastos impose son rythme et ses cadavres pour arriver à son terme sans véritable surprise.

Côté dessin, Matteo Scalera maîtrise son sujet et sait mettre en forme cette violence et cette énergie que lui sers Justin Jordan. C'est efficace et stylisé, dynamique à souhait, je regrette juste que le personnage principal soit aussi caricatural.

Alors, si l'envie de poser votre cerveau le temps d'une lecture avec une ch'tite infu' d'hémoglobine pour bien dormir vous tente, cette lecture fera parfaitement l'affaire, sinon, faudra passer à autre chose.

(2.5/5)

Nom série  Tourne-disque  posté le 03/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà un album qui m'a laissé plutôt indifférent... ou plutôt sans vraiment trop savoir quoi en penser. Ni très bon, ni mauvais, son équilibre trop parfait tant au niveau du scénario que du dessin est à la limite de l'agaçant.

Benoît Zidrou qui pourtant dans ses dernières productions m'avait épaté par son sens des personnages nous propose ici un récit qui me donne l'impression de rester le cul entre deux chaises. A trop vouloir suggérer, on manque parfois de mordant, surtout quand certains sujets pourraient comme ici s'y prêter.
En effet, cette histoire d'une amitié entre un grand musicien belge et un esclave noir travaillant dans la famille de notre violoniste comme "tourne-disque" est touchante dans un certain sens, mais manque un peu d'aspérités ou de regard critique quant à cette situation coloniale. Alors oui, cet album ne cherche justement pas à ce positionner en tant que critique frontale du colonialisme tout en cherchant par les suggestions à montrer la bêtise ou l'insouciance des colons de l'époque, mais du coup c'est quelque part un peu dérangeant.

Quant au dessin de Raphaël Beuchot, s'il est juste, je l'ai trouvé un peu trop épuré. De plus la colorisation un peu fade accentue cette impression de manque de contraste ; quand l'action se déroule au Congo, on pourrait s'attendre à un traitement plus solaire et contrasté pour donner à voir un pays du continent africain.

Bref, l'histoire se laisse lire sans mal mais sans vraiment vous accrocher ; non pas que cet album soit raté, mais plutôt qu'il manque un peu de chaleur et de contrastes tant dans le dessin que le récit qui nous est proposé.

Nom série  Satanie (Voyage en Satanie)  posté le 14/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est avec la version intégrale publiée dans la toujours aussi magnifique collection Métamorphose de chez Soleil que je découvre cette série. Une nouvelle fois, l'objet est très réussi et donne énormément envie de se lancer dans sa lecture (surtout quand on voit la couverture ratée à mon goût du premier tome qui était sorti chez Dargaud...)

Après la belle claque prise il y a quelques années par le même duo d'auteurs avec Jolies ténèbres, j'attendais pas mal de cette série, mais j'avoue être cette fois-ci un peu resté sur ma faim. Autant dans Jolies ténèbres j'avais été scotché par ce contraste violent entre le fond et la forme, autant là le dessin de Kerascouët n'a pas le même mordant. Et même si le récit concocté par Fabien Vehlmann fourmille d'idées originales, de créatures extraordinaires et de moments truculents, la globalité de l'histoire ne m'a au final pas plus emballée que ça et ce ne sont pas les quelques longueurs qui s’accumulent au fil du récit qui remontent mon impression globale.

Alors, malgré de bonnes idées, de très bonnes scènes et une imagination impressionnante, le tout reste pour moi en deçà de ce que j'ai pu apprécier dans les autres productions de ces deux excellents auteurs. Dommage.

(2.5/5)

Nom série  Les Ogres-Dieux  posté le 07/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Se lancer dans la lecture des "Ogres-Dieux" c'est retrouver le plaisir ambigüe des contes cruels de notre enfance. Et quel plaisir ici, tant l'univers proposé est riche, tant dans le contenu que dans la forme !

En effet, la collection "Métamorphose" de chez Soleil cultive l'art du bel objet, et cette série ne fait pas exception à la règle. Il n'est qu'à voir le format de ces albums ! Rien ne semble assez grand pour faire rentrer ces ogres-dieux dans les cases. Ensuite, le trait remarquable de Bertrand Gatignol et sa somptueuse gestion des noirs donne à cette série toute la force et la noirceur nécessaire pour parfaire ces sombres histoires. Enfin, le découpage narratif en chapitres entrecoupés de courtes récits écrits nous relatant l'histoire ancienne de personnages ayant eu un rôle important dans cet univers apporte encore un plus à cette série en étoffant de manière originale l'histoire de ces ogres tout puissants.

A ce jour deux tomes constituent cette saga dantesque. "Petit", le premier tome, piochait allègrement du côté du Petit Poucet avec l'histoire de ce fils d'ogre qui nait "tout petit" et dont le père veut se débarrasser. Tous les ingrédients sont déjà là, du graphisme soigné aux décors majestueux où s'égayent ces ogres-dieux consanguins tous plus ou moins dégénérés à la cruauté sans pareil. Après un tel premier tome, la suite se faisait forcément attendre au tournant, et "Demi-sang" relève allègrement le pari de faire encore plus fort que "Petit". En effet, on retrouve ces décors démesurés alliant baroque et gothique qui confère à cet univers toute la noirceur et la grandeur, tout en attachant encore plus d'importance à la psychologie des personnages que l'on découvre ici, notamment celle de Yori, le personnage principal. Si le scénario est à mon sens encore plus affuté que le premier, le dessin n'est pas en reste et gagne lui aussi en puissance.

Tout cela conjugué nous donne au final une série d’une rare richesse et puissance graphique comme on en lit trop peu souvent à mon goût. Un "must have" qui frise à mes yeux la perfection ; si la suite prévue est du même tenant, cette série basculera sans aucun doute dans mon petit panthéon des séries cultes.

Nom série  Otto, l'homme réécrit  posté le 31/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Et voilà le dernier Marc Antoine Mathieu ! Après avoir marqué la BD avec Julius Corentin Acquefacques, il est un peu toujours attendu au tournant.

L'objet est déjà magnifiquement présenté dans un étui cartonné qui révèle un album formaté à l'italienne. Moi qui suis assez fan de ce format, ça partait plutôt bien. Deuxième bon point, MAM prend pour personnage principal un artiste. Chouette, on va parler art ! Et en effet, c'est en se basant sur les performances artistiques de cet homme que MAM va développer toute une réflexion sur l'identité. Une quête universelle et intemporelle qui trouve un support approprié avec l'art et les performances de cet artiste : Otto.
Comme souvent chez MAM, mots et images vont jouer un jeu de miroirs, d'images et ici tisser l'Oeuvre à laquelle Otto va finir par vouer sa vie.

Alors si l'objet est beau et bien pensé, j'ai trouvé la narration un peu pesante. Cette voix off quasi omniprésente tout au long de l'album finit par être un peu lourde ; on est quasi à la limite du livre illustré par moment. Dommage car j'ai trouvé que ce déséquilibre faisait perdre de la force au propos et aux réflexions qu'il développe. La bande dessinée est un art où l'équilibre récit, réflexion et dessin doit être subtile pour pleinement fonctionner ; ici j'ai eu l'impression que MAM se perdait un peu dans ses réflexions philosophiques sur l'art et l'identité au risque de voir le lecteur décrocher.

Alors, malgré cette remarque, je pense que je relirais cet album et qu'il mérite le détour même si ce n'est pas pour moi le meilleur que MAM ai pu produire.

(2.5/5)

Nom série  Sept Cannibales  posté le 26/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
"Sept cannibales" s'affiche pour moi comme le plus réussi des derniers albums de cette collection.

En effet, Sylvain Runberg nous propose un scénario dur et sans concessions dans un environnement contemporain qui accentue encore le malaise que peut susciter certaines scènes. Cette bande de mâles accrocs à tous les excès possibles qui une fois l'an se retrouve pour faire (t)ripaille fait légèrement froid dans le dos...

Au fil des nombreux flashbacks qui jalonnent la narration, on reconstitue petit à petit l'escalade de violence qui conduit ces 7 là à ces orgies annuelles qui ne sont que le prétexte à ce festin final. Sauf que cette fois-ci, rien ne va se passer comme prévu...
Le trait de Tirso que j'avais déjà bien apprécié dans Les Chroniques de Légion cadre parfaitement avec ce récit. Son dessin semi réaliste riche en détails, tant dans les décors que par exemple dans les tenues vestimentaires, donne corps et tenu à une histoire campée dans notre quotidien. Et c'est d'ailleurs ce contraste entre cette réalité que l'on connait et la monstruosité des actes de nos sept lascars qui donne cette force à ce récit.

Un album qui donne un bon coup de nerf à cette collection inégale à mon goût.
(3.5/5)

Nom série  Les Brumes de Sapa  posté le 16/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà un album qui tout comme notre jeune protagoniste vietnamienne se laisse apprivoiser lentement mais surement.

"J'étais partie me chercher et je l'ai trouvé elle" : voilà la phrase qui résume parfaitement ce parcours de vie. Lolita, jeune parisienne de 22 ans, ne sait pas quoi faire de sa vie et décide de faire un voyage au Vietnam pour tenter de donner un sens à sa vie et de se trouver. C'est à cette occasion qu'elle va faire la rencontre de Lo Thi Gôm, une jeune vietnamienne issue d'une des minorités opprimées du pays. Tout les oppose, mais pourtant cette rencontre va être le point de départ d'une relation durable qui va mine de rien changer la vie de chacune de ces jeunes femmes.

Appuyé sur un dessin assez minimaliste, tout au trait, sans couleur ni aucune case, le récit de la vie de Lolita et de ses allers-retours au Vietnam pendant dix années a fini par accaparer ma curiosité et mon intérêt. Ces deux destins emplis d'incertitudes, mais pour des raisons complètement différentes, se retrouvent liés de façon improbable que ce soit de par leurs relations amoureuses ou leurs parents. A ce sujet, l'album a d'ailleurs pris un éclairage encore différent quand, rendu aux trois quart de sa lecture, j'ai réalisé qui en était "véritablement" l'auteure ; la quête identitaire, moteur de cette BD, prend alors une nouvelle dimension.

Alors, si quelques menues longueurs peuvent se ressentir à sa lecture (vite oubliées par ailleurs), cette BD reste des plus agréable à lire grâce à la qualité de la retranscription des questionnements et des rencontres proposés, tout cela dans un style graphique épuré qui colle parfaitement au récit.
Je recommande !

Nom série  B.P.R.D. - Origines  posté le 16/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec cette nouvelle série tournant autour de Hellboy, Mike Mignola élargit encore l'univers qu'il a créé en s'entourant d'une prestigieuse brochette d'auteurs de comics. Il retrace les origines de ce fameux B.P.R.D. et nous propulse dans une suite d'histoires courtes où l'occulte et le fantastique sont les ressorts de cette nouvelle série.

Au sortir de la seconde Guerre Mondiale, le Pr. Trevor Buttenholm, détective de l'occulte et tuteur de Hellboy, fonde le Bureau de Recherches et de Défense sur le Paranormal. Il va s'entourer de soldats aux parcours atypiques et se lancer dans des missions toujours plus périlleuses.
Le premier volume de cette série le lancera sur les traces du Projet Vampir Sturm développé par Hitler quand celui-ci, conscient de sa défaite imminente veut lâcher à la surface de la Terre une armée de vampires pour éradiquer le genre humain. Quitte à perdre, autant ne pas être le seul... Pour ce faire, Mignola aidé de Joshua Dysart au scénario, s'entoure de trois dessinateurs, Paul Acaceta, Fabio Moon et Gabriel Ba, qui nous livrent un dessin dans la droite lignée de l'univers composé par Mike Mignola, tout en y apportant leur patte personnelle.
Le second tome, parachève d'installer un univers complexe, fantastique et riche en personnages charismatiques, secondé cette fois-ci de John Arcudi à la plume. On retrouve au dessin Ba et Moon ainsi que Max Fiumara. La série s'installe tranquillement mais avec assurance. J'ai été littéralement happé par ce récit et ces aventures fantastiques dans tous les sens du terme. La narration impeccablement construite autour d'un dessin parfaitement adapté au genre lui donne force et caractère pour faire de cette série une lecture qu'on a du mal à lâcher avant la dernière page.

J'attends donc la suite de ces aventures avec impatience, et même sans connaître Hellboy on se laisse facilement prendre par ces histoires pour peu qu'on soit sensible au genre. A lire !

Nom série  La Manufacture des belles enveloppes  posté le 07/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Bon bon bon... Que dire...
Si ma note parle d'elle même, je vais quand même tenter d'argumenter cet avis défavorable.

Loin d'être réfractaire aux BD un peu borderline ou qui sortent des sentiers battus, j'avoue qu'avec cet album de Chris Oliveros, je suis resté complètement hermétique au récit qu'il propose.
Cette histoire de fabrique d'enveloppes dans les années 50' qui coule doucement suite aux évolutions technologiques de l'époque m'a ennuyé profondément. La narration m'a paru un peu poussive, du fait d'un dessin que je n'ai pas apprécié. Les personnages sont fatigants et je ne vois vraiment pas où veut en venir l'auteur dans son histoire...

Je me suis quand même forcé à finir cet album, des fois que la fin aurait offert une surprise de taille pour relever le tout... mais non...

Un album que je ne devrais pas avoir de mal à oublier rapidement

Nom série  Wonder  posté le 01/10/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
François Bégaudeau et Élodie Durand nous livrent avec "Wonder" un album assez surprenant, tant par la forme que par la façon d'aborder mai 68.

C'est au travers du regard de Renée, jeune ouvrière à l'usine de piles Wonder que nos auteurs vont poser leur regard et nous faire partager sa progressive émancipation. Sans s’attarder plus que ça sur les événements, les manifs et les aspects politiques de ce moment historique, c'est plus sur les enchainements inopinés dans le quotidien de la jeune femme qu'on va ressentir et partager son cheminement progressif vers ses nouveaux choix de vie. Elle va en effet se voir entraîner dans tout ça un peu de façon imprévue et côtoyer des gens qu'elle n'aurait jamais rencontrés si mai 68 n'était pas passé par là.

C'est fin, subtil, tant dans la narration que dans le traitement graphique soigné d'Elodie Durand. On se laisse tranquillement embarquer, comme notre jeune "héroïne" rebaptisée Wonder par ses compagnons d'émancipation, et tout comme elle, on passe de cette vie toute tracée, morose et noire, à une vie où tout semble possible et à conquérir. Les découpages et les partis pris de la colorisation donnent à cet album toute la force nécessaire pour soutenir pleinement ce récit avec une originalité des plus appréciable.

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