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... a posté 2086 avis et 429 séries (Note moyenne: 2.95)

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Nom série  SOS Shobiz  posté le 14/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
De temps à autres, histoire de m'aérer le cerveau après une dure journée de travail, je me plonge dans un album issu des éditions Bamboo, comme d'autres se vautrent devant un insipide programme télévisé. Je n'attends alors pas grand chose de cette lecture sinon qu'elle me distraie de mes problèmes du moment.

Ce S.O.S. Shobiz n'y est pas parvenu tant il est affligeant.

Pourtant Stédo (que l'on retrouve aujourd'hui sur le Garage Isidore) a un trait agréable et dynamique, typique du style franco-belge humoristique. Sa colorisation n'est pas fabuleuse, loin s'en faut, mais l'ensemble reste harmonieux et très lisible. Ses caricatures sont, dans l'ensemble, assez réussies et la capacité d'expressivité de ses personnages est très correcte. De plus, l'artiste n'hésite pas à insérer des gags d'arrière-plan, dont je suis généralement (mais pas dans le cas présent) friand.

Mais qu'est-ce que ces gags, imaginés par Erroc, sont médiocres ! Le scénariste a recours aux ficelles les plus lourdingues du genre potache, et multiplie les allusions sexuelles tout le long de l'album. Les paires de seins apparaissent un peu partout afin de séduire le très (mais alors là, vraiment très) jeune adolescent.

Cela fait malheureusement longtemps que je ne suis plus un adolescent, et ces facilités scénaristiques auront surtout eu le don de m'horripiler.

Pas trop mal dessiné, mais trop lourd pour moi, en résumé. A réserver aux très jeunes adolescents ... et encore ...

Nom série  Guy de Maupassant : les contes en BD  posté le 14/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A l'image de bon nombre de lecteurs, j'ai étudié Le Horla durant ma scolarisation, une lecture dont je garde un très agréable souvenir. Je n'avais cependant jamais poursuivi mon étude de l'oeuvre de Maupassant. Par conséquent, découvrir ces petits contes par l'entremise d'une bande dessinée n'était pas pour me déplaire.

Toutefois, je me méfie de ce genre de production et ne m'attendais à rien d'exceptionnel. Mais le fait qu'il s'agisse, dans le cas présent, de contes et non de poèmes ou de textes de chanson me laissait espérer un agréable moment de lecture.

Je n'ai pas été déçu.

La première qualité de cette oeuvre réside à mes yeux dans le petit texte introductif de chacun de ces contes. Ce court récit met en parallèle le conte illustré et la vie de son auteur. C'est là une manière agréable et originale de tracer un portrait de l'artiste sans tomber dans la biographie rébarbative.

La deuxième qualité se situe au niveau des divers graphismes proposés. Si tous ne m'ont pas séduit, je dois reconnaitre qu'aucun n'est médiocre. Tous les artistes qui oeuvrent sur cet album possèdent un talent certain, et je serais réellement heureux d'en retrouver certains (Julien Lamanda et Antoine Ronzon en particulier) sur des projets plus importants.

La troisième qualité réside dans la qualité même des contes de Maupassant. Plusieurs de ces récits sont tout simplement excellents. Ils associent souvent critique sociale, récit dramatique et humour. Incontestablement, Guy de Maupassant mérite la renommée qui est la sienne, et cet album m'a donné l'envie de découvrir ces textes dans leur version originale.

Car s'il y a bien un bémol à la qualité globale de cet album, il réside dans la faiblesse des adaptations de ces contes au format très réducteur de cet album. Résumer ces très riches récits en dix, quinze planches est un non-sens et débouche immanquablement sur un survol frustrant de l'oeuvre originale, que l'on sent bien plus riche et nuancée.

Quoiqu'il en soit, pour son agréable et léger aspect biographique, pour la qualité d'ensemble de ses illustrateurs, et parce que cet album m'a réellement donné l'envie de découvrir l'oeuvre de Maupassant, je lui accorderais un franc « pas mal », pas mal du tout même.

Nom série  la Esmeralda  posté le 12/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Agréable petite série, qui bénéficie du trait de JM Stalner. Celui-ci fait, une fois de plus, montre d’une réelle dextérité dans le rendu de ses décors d’époque. Ses personnages sont, eux aussi, relativement séduisants. Stalner a recours à un trait plus caricatural que d’habitude pour ceux-ci, mais le résultat est plutôt plaisant à l’œil.

L’histoire est bien connue, du moins dans ses grandes lignes, puisqu’il s’agit d’une variation sur le « Notre-Dame de Paris » de Victor Hugo. Le ton est assez dramatique mais n’exclut pas certains traits d’humour. L’histoire est plaisante à lire, la narration est fluide, les personnages ont un charisme relatif. Je regrette cependant le manque de puissance émanant des « méchants ». Frollo, en particulier, est vraiment très fade.

Pas mal, sans plus, cette série garantit un agréable moment de lecture sans grandes émotions mais sans ennui, non plus.

A louer plutôt qu'à acheter ...

Nom série  Team Rafale  posté le 10/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce Team Rafale est clairement une bande dessinée publicitaire, destinée à vanter les qualités dudit Rafale, fleuron des entreprises Dassault.

Mais publicité ne rime pas toujours avec médiocrité, et cette série se révèle, à l’usage, relativement sympathique.

Elle bénéficie déjà du parrainage de Dassault. Cette arme, à double tranchant, présente l’avantage que le scénariste connaît et exploite toutes les capacités de cet avion de chasse, et peut donc les mettre en avant dans des scénarios cousus main. Mais, comme dans toute publicité, cette arme révèle son mauvais côté dès que l’on s’interroge quant aux frontières existant entre réalité et idéalisation des capacités. Je pense cependant que les auteurs sont restés dans des limites acceptables, car plausibles, même si très spectaculaires et aux limites du vraisemblable.

Deuxième atout : les dessinateurs ! Eric Loutte et Matthieu Durand maitrisent indubitablement le graphisme aéronautique. Les scènes d’action en plein vol sont extrêmement spectaculaires et bien rendues. Les caractéristiques des engins décrits sont respectées et il est aisé pour un passionné d’aéronautique de reconnaître telle ou telle machine. Même un novice éclairé dans mon genre peut y parvenir avec un peu d’attention et de curiosité.

Mais tout n’est pas parfait pour la cause, et après vous avoir dressé un tableau aussi idyllique, je me dois d’être un peu plus critique.

Tout d’abord, le véritable héros de ces aventures, c’est l’avion. Point barre. Et les aviateurs manquent cruellement de personnalité pour parvenir à humaniser ces histoires. Ces récits ont une structure très militaire, les ordres sont clairs, les réactions sont calculées, les humains sont des machines très bien drillées.

Imaginez Buck Danny sans Sonny Tuckson et vous obtiendrez le même charisme que ce Team Rafale. Certes, les auteurs s’essayent ça et là à une note d’humour, mais cela reste très pauvre et vole bien plus bas que les avions dont il est question.

Ce manque de charisme ne m’aurait sans doute pas trop dérangé si, à l’image d’un « Missions Kimono », les scénarios s’étaient avérés très intéressants. Malheureusement, ceux-ci, même s’ils progressent au fil des épisodes, demeurent basiques. La série, à force de se centrer sur les capacités de ses avions, oublie de densifier ses intrigues. Les contextes géopolitiques se résument à des évidences et les collaborations entre différents secteurs de l’armée et de la diplomatie sont souvent occultées.

Pas mal, quand même, car très spectaculaire, très bien dessiné et apportant son lot de détails techniques intéressants …

… mais cela reste de la (bonne) bande dessinée publicitaire.

Nom série  La Malvoisine  posté le 10/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Mon appréciation aurait sans doute été autre si j’avais lu le roman de Renart. Ce n’est malheureusement pas le cas et cette parodie m’a, par conséquent, peu séduit, tant il est difficile d’apprécier une parodie sans connaître l’œuvre parodiée.

Je me suis donc retrouvé face à un récit contant les mésaventures d’un vieux sage et de sa guerrière de voisine. Le vieux tente de faire régner l’ordre et la justice en tenant compte de tous les habitants de son royaume, et ce y compris les animaux, tandis que sa « malvoisine » revendique la toute puissance de l’homme face à l’ordre animal.

Ce scénario correspond au peu que je connais du roman de Renart. En effet, ce recueil d’histoires écrites aux alentours du XIIème siècle oppose les animaux aux hommes en guise de métaphore entre les pauvres paysans et les riches nobles du moyen-âge. Les personnages les plus célèbres de ces histoires sont le loup Ysengrin et le goupil Renart, deux personnages que l’on retrouve dans cet album.

Je me répète, j’ai du mal à juger l’histoire du fait de ma méconnaissance du roman. Je dois bien avouer avoir peu ri ou même souri durant ma lecture, tant il me manquait les références nécessaires pour apprécier ces clins d’œil à leur juste valeur. Du moins, je l’espère car, dans le cas contraire, cet album est vraiment insipide.

Graphiquement, le trait de Dimitri est assez agréable même si je trouve que plusieurs de ses animaux ont la même tête alors qu’ils n’appartiennent pas à la même race. Mais, hormis ce point, j’ai aimé le trait dynamique et expressif de l’auteur. La colorisation est également très agréable et en parfaite adéquation avec le thème (j’aime beaucoup son vert « humide » qui sent bon les sous-bois).

Si vous ne connaissez pas le roman de Renart, je vous déconseille cette lecture tant je l’ai trouvée fade et frustrante du fait de ma propre méconnaissance. Dans le cas contraire … j’ai du mal à me prononcer, mais je ne crois pas que cet album soit exceptionnel.

Je reprocherais à Dimitri ne n’être pas parvenu à, justement, rendre accessible aux personnes ne connaissant pas le roman parodié ce récit à l’humour décalé.

Par contre, il m’a donné l’envie d’en savoir plus sur le roman de Renart, et ça, c’est déjà pas mal ! Peut-être réviserai-je mon avis dans l’avenir, et en pleine connaissance du sujet.

Mais ma première impression, c’est « bof ! … »

Nom série  Elle  posté le 09/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Une lecture très décevante, en définitive.

Le premier tome m’avait bien plu, grâce à ce personnage d’ange égaré au cœur de la guerre. Mais le deuxième tome enlève toute dimension fantastique au récit et, par la même occasion, tout intérêt. On retombe alors dans un récit de guerre et de résistance quelconque.

Le trait de Fanny Montgomery est agréable à l’œil, sa colorisation est particulièrement réussie mais ses planches sont un peu vides. Cette constatation vaut en fait pour l’ensemble de ce récit. Il se lit très vite, et s’oublie aussi vite.

Décevant, car trop pauvre et pas assez audacieux malgré un bon point de départ.

Nom série  Regards croisés  posté le 09/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A première vue, le dessin griffonné de Thomas Cadène m’avait semblé intéressant. J’ai donc tenté l’aventure de ces regards croisés.

Je ne la regrette pas même si je n’ai pas le sentiment d’avoir découvert une perle.

Cet album est un petit polar sympathique qui a le défaut de s’égarer entre de trop nombreux acteurs. Cette surabondance a pour corollaire que les personnages, en définitive, manquent quelque peu de profondeur.

Pourtant, l’idée de départ m’a séduit. Un jeune couple se dispute, l’homme se tire et lorsqu’il revient, sa femme n’est plus là. Pourtant, elle n’est pas loin, juste à côté en fait, dans l’appartement d’un voisin plutôt étrange. Ah oui ! Un petit détail encore : elle est morte …

En plus du jeune couple et de l’étrange voisin de palier, le casting est complété par le bon copain de la jeune femme, dont les intentions sont ambigües (le genre de type en qui vous ne pouvez avoir confiance s’il se propose de raccompagner votre petite amie), et le voisin d’en face, un voyeur qui, sous prétexte d’observer des pigeons, passe son temps à espionner son entourage.

Pas de suspense, pas d’intrigue, donc, mais une construction dont l’intérêt réside dans le fait que l’on se demande comment les différents personnages vont évoluer et s’entrecroiser. Et si j’ai apprécié l’évolution de certains, d’autres m’ont déçus, à commencer par le personnage central aux sentiments trop superficiels selon moi.

Graphiquement, le style de Cadène se révèle intéressant, mais fatiguant à la longue. Ce style est vif, nerveux mais manque de profondeur et de renouvellement dans sa construction. En plus, les teintes monochromes ont le don de vite me lasser.

Finalement, cette œuvre a les défauts de beaucoup de premières œuvres (même si elle n’en est pas une pour le couple d’auteurs). Elle demeure néanmoins plaisante à lire et a l’avantage d’offrir un point de départ trop peu souvent exploité à mon goût.

Pas mal, mais peut mieux faire …

Lecture conseillée pour les amateurs du genre, mais cet album est trop immature pour que j'en recommande l'achat.

Nom série  Orval  posté le 09/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec ce nouveau diptyque, Jean-Claude Servais continue à explorer les richesses de « sa » Gaume. L’abbaye d’Orval en est un des lieux les plus emblématiques et en retracer l’histoire est, à mon avis, une bonne idée.

Mais, comme d’habitude chez Servais, l’histoire nous est présentée sous la forme d’une fiction qui verra s’opposer un jeune moine et un commerçant cupide. A nouveau, le manichéisme est très présent dès le début de ce récit. Je ne peux pas dire que cela m’enchante mais l’artiste m’a tellement habitué à ce procédé que je ne suis pas vraiment surpris de l’intrigue qui sert de support à cette évocation du lieu.

Malheureusement, l’album met du temps à démarrer. Dans les premières planches, l’artiste remonte à la source de la création du site. Et c’est le moins que l’on puisse dire puisque l’on apprend même l’origine de l’ordre des moines bénédictins (cisterciens, si l’on veut être plus précis), propriétaires de l’abbaye ou encore l’origine du nom d’Orval d’après la célèbre légende évoquée en couverture de cette première partie.

Mais la partie la plus intéressante du récit débute après une bonne trentaine de pages. J’ai vraiment bien apprécié la description du lieu peu avant la révolution française. L’abbaye est alors au sommet de sa démesure et bien éloignée de ses valeurs charitables. Paradoxalement, c’est également la plus grosse « entreprise » de la région, avec une section « sidérurgie » d’importance.

J’aurais aimé que Jean-Claude Servais se concentre sur cet aspect. Certains détails me laissent espérer que ce sera le cas dans la seconde partie du récit. Comment une petite abbaye de province est-elle devenue un énorme pôle économique, au point de sombrer dans la mégalomanie et l’exubérance, et d’attiser les jalousies d’une population qui, à l’origine, ne lui était pas réfractaire ? Voilà vraiment le sujet qui m’intéresse dans ce récit, et cette première partie me frustre quelque peu.

Reste l’aspect graphique.

Magnifique, une fois de plus, pour les amateurs de dessin classique dans mon genre.

Je constate cependant une légère évolution du trait vers une certaine simplification (mais est-ce le terme exact ?). L’artiste ne hachure plus autant ses planches et laisse ainsi plus de latitudes à Raives (son coloriste). Le relief de ses visages est ainsi plus suggéré par des nuances d’ombre et de lumière issues de la colorisation qu’auparavant. Cet aspect n’est pas pour me déplaire. Par contre, je trouve, par moment, les couleurs trop vives et un peu artificielles.

Malgré ce petit défaut, les planches qui composent cet album sont des « accroches l’œil » imparables. J’ai régulièrement interrompu ma lecture pour m’attarder sur ce dessin, et plus particulièrement certains vues d’ensemble du site, tout simplement magnifiques. Le bestiaire de Servais est, quant à lui, toujours aussi admirable, et l’artiste multiplie les présences d’oiseaux et d’insectes, qui enrichissent encore ces planches.

Très beau graphiquement, et pas totalement convaincant au niveau du scénario, cette première partie d’Orval confirme finalement mon opinion sur ce très grand artiste qu’est Jean-Claude Servais (voir mes autres avis à ce sujet).

Un coup de coeur graphique, cependant, pour cette évocation d'un lieu qui m'est cher.

PS : ne croyez pas trouver ici une quelconque allusion à la bière. Les moines Trappistes ne se sont installés à Orval qu’en 1927, soit bien après l’époque évoquée dans le présent album. La brasserie sera alors créée afin de financer une partie du chantier de reconstruction de l’abbaye … mais ceci est une autre histoire.

Nom série  Timour  posté le 06/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai failli mettre « culte ».

Afin de justifier cette élogieuse cote, je me dois de vous préciser que je ne l’attribue qu’à des œuvres que je considère comme intemporelles et marquantes soit du fait de leur classicisme, soit du fait de leur audace.

De ce point de vue, Timour est culte. Mais si je devais juger du plaisir ressenti lors des lectures séparées, ma cote varierait entre le « bof », le « pas mal » et, occasionnellement, le « franchement bien ».

Les aventures de la lignée des Timour nous entrainent à travers les lieux et les âges aux croisements essentiels de l’histoire de l’humanité. De l’ère préhistorique à la conquête du continent américain, ses membres côtoieront les figures marquantes de leurs époques respectives.

Les premières histoires sont très prenantes. Riches en rebondissements, elles peuvent paraître très prévisibles à l’heure d’aujourd’hui, ce qui n’était pas encore le cas à l’époque où je les découvrais. Mais, surtout, la manière dont Sirius parvenait à inscrire ces péripéties dans un contexte historique relativement rigoureux était excellente. Bien sûr, d’autres l’ont fait, et le faisaient déjà à l’époque, et Jacques Martin, et son héros « Alix », en est un bon exemple. Mais, à ma connaissance, personne n’avait eu cette idée de génie d’illustrer une lignée à travers les âges, un procédé qui permet à Sirius de changer d’époque et de lieu au gré de ses envies.

Le trait de Sirius, s’il n’est pas exceptionnel, n’en est pas moins agréable à l’œil et très lisible. La filiation entre les différentes générations est évidente, le trait est propre, le dynamisme est présent (même si l’on a plus souvent droit à des tableaux qu’à de véritables scènes d’action), les décors sont suffisants. Pas de reproches à faire en définitive même si ce style n’est pas parmi mes préférés.

La narration est agréable. Très présente, elle n’alourdit cependant pas inutilement la lecture tout en apportant à l’occasion quelques précisions historiques intéressantes.

J’aurais pu mettre « culte », mais je ne l’ai pas fait. Pour deux raisons.

Tout d’abord, les derniers tomes de la série n’ont pas le charme des plus anciens (objectivement, on ne sort plus du « bof » insipide).

Ensuite, et surtout, j’ai toujours regretté que la lignée ne suive pas une progression chronologique. Les retours en arrière sont fréquents dans cette série. Je regrette qu’alors qu’il tenait une idée de génie, Sirius l’ait galvaudée en ne créant pas une série en adéquation avec la chronologie historique.

Pfffff ……… difficile de coter cette série.

Pour l’idée de la lignée et du fait que la série se révèle instructive sans jamais tomber dans le récit purement historique, j’aurais pu mettre « culte ».

Pour la qualité de certains tomes, aux scénarios très prenants, j’aurais pu dire « franchement bien ».

Pour la majorité des tomes de l’ancienne époque et du fait que Sirius a galvaudé son idée initiale en ne respectant pas la chronologie de ses histoires, je pourrais dire « pas mal, sans plus »

Pour les derniers tomes, souvent insipides, je pourrais dire « bof »

Bon, allez, pas mal mais à découvrir, sans nul doute, car cette série est franchement intéressante à plus d’un titre.

Nom série  Godefroid de Bouillon  posté le 06/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Amis des vieux trucs tout moisis bonjour,

Dans la série « mon arrière-grand père a lu ça », je vous présente le Godefroid de Bouillon de Sirius. Réalisé en 1946 dans le style réaliste de l’époque, cet album m’a permis de me replonger dans une autre conception de la bande dessinée. Et vous voulez que je vous dise ? C’était pas mal du tout ! Bon …, un peu prêchi-prêcha et sentencieux, franchement moralisateur mais pas mal quand même …

Pourquoi ? That’s the question …

Tout d’abord, le trait de Sirius, pour démodé qu’il est, n’en demeure pas moins agréable à l’œil, dynamique et très lisible.

De plus, ardennais moi même, je ne pouvais qu'être intéressé par le personnage, légendaire s'il en est.

Ensuite, le scénario est très dense. Bien sûr, cet album n’échappe pas au grand défaut des biographies (selon moi), à savoir le nombre élevé de raccourcis nécessaires pour condenser une vie très riche en événements marquants en un petit nombre de planches. Mais, avec un nombre minimal de 8 cases par planches et une narration très présente, ce récit se révèle, dans la pratique, assez long. Ce format permet à Sirius d’aborder un grand nombre d’évènements, et même d’en développer certains.

Je regrette cependant qu’il se soit autant attardé sur la jeunesse de Godefroid au détriment de son sacre à la tête de Jérusalem. Je suppose que l’accent était à l’époque bien plus placé sur l’aspect éducatif d’un récit destiné à la jeunesse que sur l’aspect historico-politique. En insistant autant sur la formation de Godefroid de Bouillon, sur les sacrifices consentis, sur ses efforts sans cesse renouvelés durant ses jeunes années, Sirius obéissait donc sans doute à la demande des éditeurs et de la censure de l’époque.

De plus, avec un récit aussi dense, Sirius ne néglige pas certains aspects intéressants de la légende de Godefroid de Bouillon. Le passage concernant la vocation religieuse du héros m’a bien plu. Bien sûr, à nouveau, il faut se mettre dans le contexte de l’époque. En 1946, l’église catholique est toute puissante, il est inconcevable de ne pas aller à la messe et les éditions Dupuis sont clairement cataloguées catho. Par conséquent, j’ai effectué cette lecture avec beaucoup de recul, et le simple fait que Sirius motive ce départ en croisade par un événement peu glorieux de la vie du héros est pour moi la preuve d’un réel souci de nuance et de profondeur. Sirius aurait pu se contenter de dire que Godefroid de Bouillon part en croisade parce que le Pape le lui demande, mais il n’en est rien. Ce départ est motivé et expliqué (tout en restant dans des domaines « acceptables » pour les mentalités de l’époque). Intéressant !

En définitive, si j’ai autant apprécié cet album, c’est parce que j’ai su prendre le recul suffisant pour le considérer comme un vestige d’une autre époque. Au-delà de la légende de Godefroid de Bouillon, j’ai entraperçu une conception de la bande dessinée différente et, culturellement parlant, intéressante. Et si les idées véhiculées sont aujourd’hui dépassée, le récit est suffisamment bien écrit et bien dessiné pour maintenir mon attention tout en m’amusant par son ton moralisateur d’un autre temps.

Distrayant et instructif … mais plus pour les même raisons ni pour le même public qu’à l’époque.

A réserver aux curieux de l’histoire de la bande dessinée.

Nom série  Beluga  posté le 06/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Dans les petites séries policières qui ne se prennent pas trop au sérieux, j’ai testé Beluga.

Bof …

Pourtant, j’étais de bonne humeur, et à la recherche de quelque chose de pas trop casse-tête, mais cette série manque cruellement de consistance. Dans la même lignée qu’un Léo Loden, ce Beluga n’atteint pas la même qualité, ni au niveau des dialogues, ni au niveau du dynamisme.

Comme dans bien des séries du genre, les auteurs nous offrent un couple vedette avec un héros rusé/intelligent et pince-sans-rire et un « adjoint » qui joue les pitres de service. Le grave problème du comparse de Beluga, c’est que son humour à deux balles m’arrache difficilement un sourire. Les dialogues manquent de naturel et de fluidité et les « citations » humoristiques de Kader sont insérées dans l’histoire avec la finesse d’une tractopelle.

Comme dans bien des séries du genre, une présence féminine est assurée par un second rôle sexy. Dans le cas présent, ce rôle est assuré par une pickpocket (Beluga, lui-même, est un cambrioleur) dont le champ d’action est des plus limités. En résumé : c’est une vraie potiche !

Comme dans bien des séries, le scénario offre de nombreux rebondissements et courses-poursuites. Le problème de ce Beluga, c’est que l’ensemble manque cruellement de dynamisme. Les courses-poursuites semblent se trainer et les rebondissements n’ont pas suffisamment d’originalité pour me surprendre.

Comme dans bien des séries, les tomes se finissent par le … Ah, ben non, tiens, les auteurs ont mal calculés leur coup dans le deuxième tome, et n’ont même pas le temps de développer un gag final. Il faut dire qu’à force de se trainer, cette histoire était encore loin de sa conclusion à deux planches de son terme.

Le graphisme est à l’image de la série. De prime abord sympathique, il se révèle manquer de profondeur à l’usage. Le trait d’Alain Maury est d’une agréable lisibilité, ses décors (lorsqu’ils sont présents) sont agréables à l’œil, mais ses scènes d’action manquent de dynamisme, d’explosivité, une caractéristique importante dans ce genre humoristico-policier.

Décevant …

Nom série  Barcelona  posté le 05/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bon, clairement, on est face à une bd ciblée jeunes adolescentes …et pourtant, j’ai vraiment passé un agréable petit moment de lecture.

Certes, cette bande dessinée est bourrée de clichés, certes les péripéties sont parfois proches d’un script d’Hélène et les garçons (ahhhlalalala, ces beaux rebelles mystérieux … et puis ces mauvaises copines qui croient qu’on veut leur piquer leur copain (n’importe quoi) …) mais l’ensemble dégage une fraicheur sympathique. Le ton est à l’optimisme même si les difficultés éprouvées par Cyan pour obtenir un premier emploi sont réelles (dans la bd) et relativement réalistes (elle a quand même pas mal de bol). La série baigne dans une gentille poésie de bazar (l’explication du prénom de Cyan, de sa sœur et de son chien) étrangement plaisante.

Le concept de la série était, en soi, également original, puisque les lecteurs étaient invités à désigner qui serait le héros du tome suivant. Bon, manifestement, cela n’a pas emballé les foules puisqu’on en est resté à cet unique album, mais la démarche a eu le mérite d’exister.

Mais la vraie surprise, pour moi, c’est la qualité du trait de Kenny Ruiz. Certes, les yeux de ses personnages sont trop grands à mon goût (influence manga oblige), certes, certaines ouvertures de bouche (la galerie en offre un bel exemple) sont dignes d’un Donald Duck des grands jours mais, dans son ensemble, ce trait frais m’a étrangement bien plut. Le style est dynamique et agréablement expressif et les décors sont relativement bien soignés.

Sans doute mon appréciation d’ensemble a-t-elle été influencée par les deux lectures décevantes effectuées avant que je n’entame celle-ci (à moins que ce soient les deux Leffe Radieuses qui l’ont accompagnée) mais, malgré les nombreux défauts évoqués je ne peux dire que …

… pas mal, étrangement pas mal …

(Achat conseillé pour les jeunes adolescentes, et uniquement pour elles. Les autres, commencez par une location !)

Nom série  La Valse des Alliances  posté le 05/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Deuxième album que je lis de Will Eisner, deuxième fois que je trouve ses propos très caricaturaux.

Ici, nous avons droit à la saga d’une riche famille juive allemande immigrée aux Etats-Unis. Le profil des différents membres de la famille m’est apparu on ne peut plus stéréotypé, et l’absence totale de morale à la fin de ce long récit a fini de me décevoir. Car, en définitive, la morale de cette histoire, c’est que les riches sont des salauds, et que les pauvres ne valent pas mieux car ils leur deviennent semblables dès qu’on leur en donne la possibilité. C’est un peu simpliste, me semble t’il.

Mais si le fond ne m’a guère emballé, je dois admettre que la forme est plus plaisante. Le trait de Will Eisner est agréablement lisible et expressif. Par contre, l’artiste rate complètement certains personnages, qui paraissent 10, 15 voire 40 ans de plus que leur âge supposé. Et si l’histoire m’a laissé très froid, je trouve que sa narration est agréable à lire, à l’exception de deux grosses erreurs sans doute dues à la traduction.

Très faible, selon moi, et sans grand intérêt. Un « bon » bof, en résumé …

Nom série  President John F. Kennedy  posté le 05/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne suis pas grand amateur de biographies en bandes dessinées, pour la bonne et simple raison que je trouve extrêmement délicat de résumer une vie marquante (sinon pourquoi y consacrer un livre) en un nombre très réduit de pages.

Je ne m’attendais donc pas à grand-chose en louant ce J.F. Kennedy, et je n’ai pas été déçu … mais pas emballé non plus. L’ensemble de la carrière politique de « Jack » (comme l’appelaient ses proches) est rapidement survolée sous la forme de flash-back. Et oui, le coup classique : à l’arrière de sa Lincoln, à Dallas, J.F.K. revoit défiler sa vie sous forme de flash après le carton de Lee Harvey Oswald.

Le choix des souvenirs de l’ex président est particulier. Certes, on a droit à des grands classiques (la baie des cochons, Berlin, ses multiples aventures), mais aussi à des petites anecdotes, parfois très intéressantes. J.F.K. avait, par exemple, et à en croire cet album, peu de chance de mourir vieux, ses problèmes récurrents de dos le condamnant à moyen terme. On apprend également l’importance des liens qui l’unissaient à une de ses sœurs, très tôt décédée. Par contre, l’attentat de Dallas est à peine évoqué, et la polémique qui en résulte encore aujourd’hui est totalement occultée.

Cette bande dessinée m’est donc apparue relativement instructive, mais ne peut constituer qu’un petit complément pour un lecteur réellement intéressé par le sujet.

L’aspect graphique est, peut-être, finalement celui qui m’aura le plus intéressé. Il m’a permis de découvrir un dessinateur doué mais au trait encore incertain : Thierry Bouüaert. L’auteur de « Le Style Catherine » effectue un joli travail réaliste, par moment (malheureusement) encore un peu brouillon, surtout au niveau des visages. L’influence des comics est manifeste et bien maîtrisée. La colorisation m’a particulièrement plu, mais elle est l'oeuvre de Benoit Bekaert, et non de Bouüaert. Peu importe, le résultat est joliment convaincant.

Un album dispensable, mais, si le sujet vous intéresse, bien réalisé. Pas mal, dans sa catégorie.

Nom série  Gil St André  posté le 04/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Un premier tome excellent, et conçu presque comme un one-shot, s’il n’y avait eu cette fin ouverte.

Une suite qui plonge dans cette ouverture, mais dans laquelle les improbabilités se multiplient. A commencer par ce héros, qui se veut être un monsieur tout-le-monde, mais qui se révèle quasi indestructible. Et puis cette histoire abracadabrante de jumelles qui, chez moi, a du mal à passer. L’action est cependant constamment au rendez-vous et permet de partiellement gommer les absurdités de ce scénario.

Un second cycle assez quelconque, poussif même, alors que le dynamisme était justement jusqu’alors ce qui caractérisait le mieux la série. Le scénario n’y gagne cependant pas en crédibilité, ce qui a le don de m’achever.

Un dessin agréable du début à la fin, mais qui manque de personnalité selon moi. Les personnages ressemblent trop souvent à des mannequins et manquent par conséquent d’humanité. Une plastique féminine parfaite et dénudée, à faible dose, ça fait plaisir. Mais à forte dose, ... j’ai l’impression d’assister à un défilé de poupées gonflables (la pipette en moins). Les méchants ont trop la tête de l’emploi (tout comme les gentils d’ailleurs) pour totalement me convaincre. Mais le dynamisme de ce dessin est indiscutable et les véhicules sont convaincants. C'est donc, et j'insiste, un travail très correct qui plaira sans aucun doute à beaucoup de lecteurs.

Si le premier tome avait été un réel one-shot, je lui aurais accordé un 4/5 sans hésitation. La suite ne vaut déjà plus qu’un bon 2/5. Quant à la fin, je ne peux même pas dire que je l’ai détestée, tant je me suis ennuyé.

Bof, donc, même si je vous invite chaleureusement à découvrir le premier et très bon album de la série.

Nom série  Schtroumpfs (3 histoires de)  posté le 04/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce spin-off est d’un bon niveau mais n’a clairement pas la richesse de la série mère. Il se révèle cependant divertissant pour un jeune lecteur.

Je regrette toutefois la dimension « analyse de la société » présente dans la série mère et totalement absente de celle-ci. Car, avec ces mini-récits, nous restons dans le délassement pur. Ces histoires se lisent très vite, trop vite même selon moi, et rares sont celles que je vais longtemps garder en mémoire. De plus, l'absence de profondeur de ces récits rend une relecture très dispensable, à mon humble avis.

Cela reste cependant distrayant car la qualité graphique (très proche des nouveaux tomes de la série mère) est au rendez-vous, et la magie est très présente tout en offrant une certaine dimension poétique. C’est donc une agréable manière de prolonger le voyage dans l’univers des Schtroumpfs.

Certainement pas indispensable, sans nul doute inférieure aux tomes de la série-mère réalisés par Peyo, cette série peut cependant servir de lecture d’appoint.

A emprunter en bibliothèque (si vous avez la chance de les trouver), mais certainement pas à posséder, et à réserver avant tout aux jeunes lecteurs (même si les plus anciens, à mon image, ne pourront éviter d’y fourrer leur nez, au risque d’en sortir déçus).

Nom série  Poussy  posté le 04/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A faible dose, Poussy, c’est franchement sympa. Le trait de Peyo est d’une incontestable qualité. Très rond, très propre, très pur, il est d’une lisibilité sans égale et peut faire montre d’un certain dynamisme (même si le dynamisme n’est pas la caractéristique qui symbolise le mieux cette série). Par contre, au niveau des mimiques du chaton, c’est souvent du grand art. L’expressivité du trait est incontestable et pour une grande part dans la réussite de la série.

Poussy, le chat vedette de cette série est donc une incontestable réussite graphique mais ses gags sont gentils et très (trop ?) classiques pour le genre. Un chat chapardeur et maladroit ne risque effectivement pas d’étonner le lecteur.

Le format des gags ne permet pas de grands développements, ce qui a pour résultat une très grande simplicité narrative. C’est cet aspect qui à la longue entraîne une certaine redondance, et qui rend ennuyeux la lecture d’un album entier, du moins dans mon chef. Car je pense qu’un jeune lecteur ne souffrira pas (ou, en tous les cas, moins) de ces répétitions. Les gags sont muets, et se lisent donc très vite, ce qui limite grandement le risque de lassitude.

Alors, Poussy, charismatique personnage de magasine : certes ! Poussy, vedette d’un album : je suis plus dubitatif …

A lire avec parcimonie et avec un regard d’enfant. Dans ces conditions, et malgré le temps qui passe, la série demeure d’un très agréable niveau.

Pas mal, donc …

Nom série  Endurance  posté le 04/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Très bon album que cet Endurance.

Tout d’abord le fait historique qui sert de support à ce récit est on ne peut plus poignant. Imaginez donc : une expédition vers le pôle nord à l’aube de la première guerre mondiale. Déjà la technologie de l’époque garantit des conditions humaines déplorables. Mais, lorsque le conflit se déclenche, vous comprendrez aisément que cette expédition est abandonnée à son triste sort tant le monde a alors d’autres chats à fouetter.

Nous avons donc devant nous une aventure humaine dramatique, qui prend encore une autre dimension du fait du climat politique de l’époque. Le sujet est donc excellent.

Et le reste est du même tonneau. Certes, la narration est très présente et certains passages illustrant la préparation du périple peuvent paraître fastidieux, mais ils confèrent à ce récit une assise historique solide et sont les garants de sa rigueur. De plus, si elle est lourde, elle n’est pas indigeste. Et dès que l’Aventure (avec un grand A) commence, la narration devient poignante et juste. Narration et dessins se complètent alors parfaitement pour laisser la place à l’émotion.

Car le dessin de Boidin est lui aussi excellent. Pourtant, il n’est pas évident de réussir un décor lorsque l’environnement est si désespérément vide. Mais, cette sensation de vide, je ne l’ai ressentie qu’aux moments opportuns. Pour le reste, l'artiste joue avec les quelques éléments en sa possession (les embarcations, donc, en majorité) pour nous fournir des planches bien plus riches que je le craignais.

Une belle réussite, donc, qui nous offre un fait historique et dramatique peu connu et pourtant captivant.

Nom série  La Nuit du Lièvre  posté le 04/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La grande particularité de cet album réside dans sa structure en multiples flash-back. Très élaborée, cette structure demeure limpide d’un bout à l’autre et constitue, avec la narration à la première personne, le point fort de cette Nuit du Lièvre.

La situation géographique du récit est également du genre à me séduire. Nous sommes dans un bled paumé des Etats-Unis au milieu des années ’50.

Le dessin de Georges Van Linthout est, lui aussi, très agréable. Sans être exceptionnel, il dégage un certain charme et demeure constamment lisible et riche. Les décors ne sont pas négligés et les personnages sont bien typés. Du bon travail, sans nul doute.

Mais, après ces éloges, je dois me faire plus critique. Le scénario est peu intéressant et s’égare fréquemment. A un point tel que je ne sais pas quel en est le thème central. De plus, à la conclusion de l’album, un élément fantastique apparaît, alors que tout le reste de l’album se veut réaliste. Et je ne sais vraiment pas quoi penser de cette « apparition », que je trouve complètement inutile.

Je ressors de ma lecture déçu, malgré les bons points évoqués. Pour sa structure, sa narration et son dessin, je dirai « pas mal » mais dieu que ce scénario est inintéressant !

Nom série  Ethan Ringler, Agent fédéral  posté le 04/11/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Très bonne série que cet Ethan Ringler.

Très bonne car plutôt originale dans son genre, et très riche. Le coup du métis qui joue les agents doubles dès son arrivée sur le sol américain, et en quête de son passé dans le New-York de la fin du XIXème, on ne me l’avait pas encore fait. Chaque élément pris séparément si, mais le tout ensemble, jamais.

Cela aurait pu tourner en foutoir insipide mais on est loin du cas. La structure est solide et Denis-Pierre Filippi ne s’égare jamais. Si les seconds rôles sont nombreux, ils sont très bien cernés et ne volent jamais la vedette à Ethan Ringler. Ces personnages sont une réelle richesse pour la série et contribuent grandement à mon appréciation d’ensemble. Leurs profils sont souvent très intéressants et les auteurs évitent de tomber dans la caricature du bon contre le méchant. Le personnage de Van m’a particulièrement plu, tant il personnifie à mes yeux le véritable aventurier de cette Amérique naissante.

Les révélations sont distillées avec parcimonie et m’auront tenu en haleine jusqu’au terme du quatrième tome. Le cinquième (et semble t’il dernier, à en croire l’avis de Denis-Pierre Filippi en préface de celui-ci) constitue une belle conclusion pour un retour aux origines, une fois de plus, plus subtil que je l’avais soupçonné.

Si je devais trouver un point faible à ce scénario, je lorgnerais du côté du passé mystérieux de trop nombreux personnages. Mais, d’un autre côté, les immigrants de l’époque devaient fréquemment avoir un passé chargé, et, par conséquent, ils devaient préférer le garder secret. Ce « truc » scénaristique est donc trop employé mais pas inadapté au contexte historique.

Reste l’aspect graphique. Gilles Mezzomo ne figure pas parmi mes dessinateurs préférés. Cependant, je trouve qu’il évolue favorablement à chacune de ses nouvelles séries. Après un Le Roi Vert très moyen et un Luka juste satisfaisant, j’ai trouvé son Ethan Ringler plutôt convaincant. Les décors sont bien soignés, les personnages ont des physionomies diversifiées et le trait de l’artiste n’a rien perdu de son dynamisme. Sans être un atout, ce trait ne constitue plus un point faible selon moi.

Très bon donc.

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