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... a posté 1931 avis et 351 séries (Note moyenne: 2.95)

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Nom série  Pinocchia  posté le 20/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Erotisme et dérision au menu de cette amusante adaptation de Pinocchio par le duo Gibrat-Leroi.

Le trait de Gibrat n’est pas encore aussi abouti qu’à ce jour, mais l’artiste maitrise déjà joliment la morphologie de ses héroïnes. Les traits des faciès de ses personnages masculins sont plus proches de la caricature qu’à ce jour, mais cela convient très bien au présent album. Les décors ? Je ne peux pas vous dire, je n’y ai pas fait gaffe, absorbé que j’étais par les gracieuses chorégraphies de la charmante Pinocchia …

La narration décalée de Leroi apporte son lot d’humour au récit. Le ton badin employé est plaisant, et j’ai autant lu cet album que je l’ai regardé. Ce qui n’est pas le cas de tous les albums à caractère érotique que j’ai eu entre les mains.

Enfin, en respectant les grandes lignes de l’histoire de Pinocchio, mais en les réinterprétant à leur manière (légèrement épicée et très délirante), les artistes parviennent à concevoir un album qui ne figurera jamais au panthéon de la bande dessinée, mais qui m’aura plu et amusé à plus d’une reprise.

Drôle et coquin ! Finalement, pas mal réussi dans son genre …

Nom série  Candide Caméra (Projection privée)  posté le 20/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Oui, bon, ben là on est loin des meilleures œuvres de Manara.

Cet album est un assemblage maladroit de courtes séquences vaguement érotiques et parfois proches du ridicule dont le seul intérêt réside dans le graphisme de l’auteur. Ses personnages féminins sont toujours aussi impudiquement séduisants. Normal, diront les mauvaises langues, puisque Manara dessine toujours la même femme. N’empêche, elles sont quand même foutrement bien foutues !

Mais, bon, c’est un peu léger pour justifier la lecture de cet album, puisque nous pouvons retrouver les mêmes héroïnes exposées dans des histoires autrement émoustillantes.

Sans intérêt. Je vous invite à privilégier d’autres œuvres de l’artiste.

Nom série  Wayne Redlake  posté le 20/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Encore un bon western spaghetti, très classique et fortement inspiré par les films de Sergio Leone. Les personnages sont des grands classiques du genre : un vieux cow-boy, fine gachette, qui cherche à se ranger ; un implacable desperado mexicain ; un militaire arrogant et obstiné ; une soi-disant journaliste dont le physique agréable nous inspire un passé plus sulfureux (d’ailleurs, je doute fort qu’il y ait eu des femmes journalistes à cette époque et dans ce pays encore sauvage).

Vous mélangez le tout, placez la préparation au cœur du désert, ajoutez un macchabé meilleur ami de notre cow-boy solitaire et descendu par le desperado lors d’une sombre transaction et vous obtenez … quelque chose de très classique.

Le graphisme de Fabrice Lamy contribue à la réussite de l’album. Son trait dynamique, ses paysages arides et dépouillés, ses gros plans de personnages et ses cadrages cinématographiques rendent à nouveau hommage au savoir-faire de Sergio Leone (pour preuve ce jeu d’ombre au début du récit, qui nous cache le visage, et le regard, de June Mac Allan)

Très classique, donc, mais très bien réalisé, cet album satisfera l’amateur du genre. En tous les cas, il m’a fait passer un très agréable moment de lecture.

Allez ! 4/5 ... mais quand même excessivement classique.

Nom série  Mary : Par une nuit de novembre  posté le 20/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album illustre, d’une manière romancée, une courte tranche de la vie de Mary Shelley, l’auteure de « Frankenstein ».

Le personnage est intéressant et l’évocation du milieu littéraire de l’époque est digne d’attention. Malheureusement, la narration d’Etienne Schréder m’est apparue peu captivante, tant elle manque de passion. Pourtant les événements qu’il fait vivre à ses personnages sont souvent morbides et/ou traumatisants. Par contre, grâce à l’évocation de ces événements, l’auteur parvient très bien à nous faire comprendre la genèse du roman de Mary Shelley. C’est la le point fort de l’album.

Au niveau graphique, le trait de l’auteur, s’il est très lisible et dégage une certaine élégance, manque de profondeur et se fait avare en détails (ce qui me parait peu adéquat lorsqu’on illustre un récit d’inspiration gothique). J’ai, par conte, bien aimé la colorisation « délavée » qui confère à l’album un aspect ancien très a propos.

Pas désagréable, mais loin du chef d’œuvre. Pas mal, sans plus.

Nom série  Sur la route de Selma  posté le 20/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec la «Berceuse assassine », « Sur la route de Selma » est le deuxième récit policier et sombre que je possède d’un scénariste plus connu pour ses œuvres humoristiques. Et, à nouveau, cette histoire est excellente.

Certes, le scénario est très classique, avec cette opposition entre un contremaître blanc, violent et raciste et un jeune noir trop instruit à la recherche de 6.000 dollars pour sortir son frère de prison (le tout, bien entendu, se passant dans l’Alabama des années ’60-'70), mais la narration à la première personne (un point fort de ce scénariste) est tellement bonne que l’on se retrouve aspiré par cette histoire, tel un petit canard en plastique par le puissant tourbillon d’une baignoire.

Cette narration, et ses dialogues avec un chien quelque peu collant, nous permettent de comprendre les motivations d'un Clément Brown qui, au lieu de prendre ses jambes à son cou, préfère mettre ce dernier sous de redoutables canines en se jetant dans la gueule du loup. Le personnage me semble cohérent et dégage un charisme indiscutable.

Le graphisme extrêmement limpide de Berthet convient parfaitement à l’illustration de cette histoire aux décors horizontaux. Grands espaces, routes interminables, motels et cimetière d’avions constituent le théâtre de ce drame classique. De plus, l’artiste croque joliment ses personnages féminins, ce qui apporte un soupçon de charme sensuel au récit.

En résumé : un polar extrêmement classique, très bien mené, très bien conté et très joliment illustré. Que demander de plus ?

Nom série  L'Innocente  posté le 20/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici une de mes bandes dessinées préférées du duo Warnauts-Raives.

Cette chronique de la vie d’une jeune femme allemande de la fin du second conflit mondial à la fin des années ’40 a beau être très décousue, je n’en suis pas moins tombé sous le charme.

Raisons principales :

Tout d’abord, le contexte historique. Il est rare qu’une bande dessinée s’intéresse à cette tranche d’histoire sous cet angle de vue. En effet, nous suivons ici une « innocente » allemande (d’où le titre). D’abord peu concernée par les idéologies politiques (elle ne cherche qu’à rejoindre sa tante à Berlin et à vivre le plus calmement possible la fin de la guerre), elle va, au fil du temps, des rencontres, mais aussi après le procès de Nuremberg, développer une vrai conscience politique et morale tout en gardant cette volonté d’innocence. Grâce à ce personnage atypique et à cet angle de vue original, la traversée de cette trouble période devient passionnante.

Ensuite, et c’est une constante dans les œuvres du duo, le dessin de Raives est à nouveau séduisant de finesse et de précision. Et ses nombreux nus, s'ils ne se justifient pas toujours d'un point de vue strictement scénaristique, n'en demeurent pas moins très accrocheur pour l'oeil masculin en ma possession (on n'est pas que des bêtes, mais quand même ...). Mais, contrairement à des œuvres plus récentes, j'ai trouvé le style de Raives plus fluide et moins froid ici. La colorisation est, certes, plus terne qu’à l’heure actuelle, mais, dans un contexte tel que celui abordé dans cet album, elle me parait tout à fait opportune.

Reste le point faible de l’album : une histoire d’amour compliquée et inutile. Warnauts a, de plus, la maladroite idée de clore son récit sur cette histoire. La fin de l’album est donc sans intérêt.

N’empêche, un très bon album !

Nom série  Le Vagabond  posté le 20/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Deuxième album que je lis de ce brillant illustrateur, et à nouveau, la même constatation vient à mon esprit : le scénario n’est pas à la mesure du talent de Jorge Gonzàles. Il est toutefois nettement supérieur à celui de « Hate Jazz », et aura capté mon attention jusqu’à son terme.

Si l’histoire n’est pas la plus originale que j’ai lue, sa narration à la première personne et les multiples zones d’ombre de son intrigue sont d’incontestables points forts. Le mystère est remarquablement maintenu durant les deux tiers du récit. Ensuite, l’intensité tombe quelque peu pour un final qui ne m’a pas convaincu.

Au vu du pedigree des auteurs, la version française doit être une traduction de l’œuvre originale. Cette traduction est d’une belle qualité. C’est un point que je tenais à souligner, car ce n’est pas toujours le cas (loin s’en faut).

Du point de vue graphique, il est clair qu’il faut aimer ce style lumineux, brut et vif pour tomber sous le charme de la bande dessinée. Personnellement, et malgré quelques grosses approximations, je suis conquis.

Au final : un bon album. A découvrir.

Un bon 3/5.

Nom série  Equatoriales  posté le 19/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dans ce recueil de cinq courtes nouvelles, Warnauts laisse un maximum d’espace à son complice. Le dessin de Raives est en effet, et encore plus que dans les autres productions du duo, mis en évidence.

Pour ceux qui aiment son trait, l’album est réussi, privilégiant les paysages de carte postale et les corps dénudés et sensuels. Pour ma part, je reprocherai toujours à ce trait une certaine froideur (qui, je pense, provient du regard des personnages) et un aspect trop figé. Je reconnais cependant la qualité d’ensemble, et chaque case prise individuellement est esthétiquement irréprochable. De plus, et comme d'habitude avec cet artiste, la colorisation illumine merveilleusement ses planches.

Côté scénario, Warnauts ne s’est pas trop foulé. Ses histoires d’amour sont extrêmement convenues et respectent tous le principe du genre : amour sous l’équateur = moiteur, sensualité et passion, qui rime souvent avec trahison.

La surprise n’est donc jamais au rendez-vous, mais, comme je l’ai dit, l’accent a délibérément été placé sur le dessin de Raives. Et, sous cet angle, l’album est réussi, d’où ma cote de 3/5.

Nom série  Le Monde merveilleux des Papillons  posté le 19/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cette courte bande dessinée complète la visite d’un Musée des Papillons situé dans la province de Liège. Son intérêt est tout relatif tant son propos est puéril.

Tout au plus permettra-t-elle au jeune lecteur de se remémorer certains principes de base sur le monde des papillons, mais, avec seulement huit planches d’une histoire romancée, ces principes ne peuvent qu’être survolés.

Reste l’agréable graphisme de Derus. Son trait est, certes, assez amateur et peu sûr mais dégage une certaine poésie. Sa colorisation lumineuse aurait, à l’occasion, mérité un plus grand soin, mais je la trouve d’une qualité tout à fait acceptable.

Trop enfantin, trop amateur et trop superficiel, je trouve finalement cet album tout à fait dispensable, et je déconseille son achat (mais pas la visite du musée).

Nom série  Fleurs d'ébène  posté le 19/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Décidément, le duo Warnauts-Raives a vraiment du mal à me convaincre. Après La Contorsionniste et L'envers des rêves, voici un troisième album qui ne m’emballe que très moyennement.

Son point fort ? Son dessin. Les couleurs de Raives sont chaudes et envoûtantes, son trait réaliste est élégant, la plastique de ses personnages féminins est fort séduisante et malgré l’aspect figé de ses personnages, les qualités de l’artiste suffisent à capter mon attention.

Le scénario, par contre est... vide. Les personnages semblent indifférents aux événements qu’ils vivent, comme résignés. Cette situation engendre chez moi l’ennui. L’enquête policière, prétexte à cet album, est d’une platitude infinie. Extrêmement prévisible et linéaire, elle n’engendre, elle aussi, que l’ennui.

Quant aux histoires d'amour du personnage central, elles n'ont à mes yeux pas d'autre intérêt que celui de dévoiler quelques beaux corps féminins, ce qui est largement insuffisant lorsque l'émotion n'est pas au rendez-vous.

L’analyse des derniers moments d’une colonie au seuil de son indépendance est finalement l’aspect scénaristique que j’aurai préféré. Malheureusement, cette analyse est trop superficielle et manque également d’émotion. Si Warnauts le mentionne, son scénario ne parvient pas à faire comprendre à quel point les colons étaient attachés à cette terre, qui était devenue la leur, et à ses habitants avec qui ils entretenaient des rapports plus qu’ambigus.

J’ai vraiment apprécié que tous les colons ne soient pas montrés comme des racistes primaires. Cette vision nuancée me paraît très réaliste. Malheureusement, si la vision d’ensemble me semble réaliste, chaque personnage pris individuellement est proche de la caricature. Un peu plus d’ambiguïté dans la psychologie des personnages aurait été bienvenue.

Finalement, malgré toute la sincérité des auteurs, et leur connaissance du sujet, je ne retiens pas grand-chose de cette lecture sinon un sentiment d’ennui que l’élégant dessin de Raives ne parvient pas à dissiper.

Nom série  Trolls De Troy  posté le 05/02/2009 (dernière MAJ le 19/08/2009) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série, déjantée et pas prise de tête, est à mon avis l'hommage le plus appuyé qu'Arleston ait fait à Goscinny et Astérix. Une première page présentant les principaux héros, un village de gentils cerné par des méchants, des baffes "en veux-tu en voilà", des jeux de mots sur le nom des protagonistes, et même un album dédié aux jeux olympiques (et j'en passe, et j'en oublie).

Arleston n'a cependant pas le talent de Goscinny, notamment au niveau de la lecture à deux niveaux (ce mélange d'humour de situation qui plait aux plus jeunes et d'humour plus adulte, au niveau des réflexions par exemple, qui classe ce scénariste parmi les génies de la bd). Non, avec Arleston, on reste très souvent au raz des pâquerettes, mais c'est très bien fait. Les histoires sont rythmées et amusantes, les héros sont franchement rigolos, les dialogues font souvent mouche et des petites trouvailles par ci par là (comment récupérer une mèche de cheveux d'un ennemi, si celui-ci est chauve ?) éclairent les récits d'une étincelle de génie (j'ai bien dit une étincelle, pas un feu de forêt). J'ai particulièrement apprécié la traduction littérale des paroles des Rolling Stones pour l'album Rock'n'Troll Attitude, qui ne peut malheureusement pas être comprise par la nouvelle génération (à moins d'avoir un papa fan des Stones, bien évidemment).

Au fil des albums, la qualité des scénarios a quand même tendance à chuter et on est proche du remplissage pour certains tomes. Le premier cycle était cependant très bon et je le conseille à l'achat. Pour le reste, voyez au cas par cas, selon votre sensibilité (personnellement, je trouve "Trollympiades" totalement dispensable).

Il me parait également important de souligner que, depuis quelques tomes ("les Prisonniers du Darshan", pour être plus précis) la série donne la vedette aux Trolls les plus jeunes. Ce choix ravira sans doute les plus jeunes, mais ne satisfait que moyennement le lecteur que je suis. Je reconnais toutefois qu’il permet de renouveler un peu la série mais je regrette la quasi disparition de Pröfi (mon personnage préféré de la série).

De plus, depuis "les Prisonniers du Darshan", et si l’on ne tient pas compte de l’opportuniste et très dispensable "Trollympiades", la série semble s’orienter vers une structure en diptyques, un format agréable, qui permet de longs développements. Malheureusement, Arleston sombre par moments (je dis bien : par moments) dans le remplissage inutile et sa série perd alors ce dynamisme rigolo qui fait tout son charme.


Je n'ai rien dit du dessin parce qu'il n'y a rien à en dire. Mourier a fait beaucoup mieux mais ici son trait est simple, efficace et dans l'air du temps. Un trait simplifié qui doit lui permettre une production plus rapide que son travail sur Les Feux d'Askell. C'est bon mais impersonnel et passe-partout.

J'aurais mis un 4 si certains numéros de la série n'avaient pas été commis. Dommage, cette surproduction.

Nom série  Bingo, les aventures d'un enfant africain  posté le 18/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avis réalisé après la lecture du premier tome (mais je jeterai un oeil aux autres si j'en ai l'opportunité).

Au dos de l’album, un avis nous informe que cette bande dessinée est mise gracieusement à la disposition des enseignants qui l’utiliseraient comme base de discussions générales concernant des situations vécues dans le tiers-monde.

J’étais donc prévenu : cet album se veut avant tout didactique, et s’adresse à de jeunes élèves.

Très naïf tant dans sa forme que sur le fond, il convient effectivement mieux aux jeunes lecteurs qu’aux adultes. Je dirais cependant que, dans son genre, il est pas mal.

Premier atout : son auteur. Mongo Sisé est africain, et sait donc de quoi il parle. Son trait simple et naïf est très lisible et ne dépareillerait pas dans un magasine tel que Spirou. Tant la narration que le graphisme sont fluides et (donc) très accessibles pour les jeunes lecteurs.

Deuxième atout : l’angle de vue. En évoquant le problème de la migration des jeunes africains des villages vers les villes, cet album aborde le problème africain sous un angle trop peu souvent utilisé. Cette vision des choses suscitera sans aucun doute une réflexion plus nuancée et moins convenue de la part du jeune lecteur.

Troisième atout : sa longueur. Avec trente planches, l’album dispose d’assez d’espace pour développer son sujet mais reste suffisamment court pour ne pas lasser le jeune lecteur.

Ceci dit, j’ai tout de même quelques reproches à formuler. Pour commencer, le ton fataliste si fréquemment employé en Afrique m’énerve. Mais il s’agit d’une différence culturelle, et je ne peux pas reprocher à l’auteur de faire montre de réalisme en l’employant. Ensuite, le caractère très gentil de l’univers du héros me parait peu réaliste. Il ne lui arrive rien de grave, en somme, alors que j’imagine bien plus violents les dangers auxquels un jeune africain s’expose lorsqu’il quitte son village pour atterrir en ville (délinquance et prostitution en tête). Mentionner ces dangers (même avec pudeur et retenue) aurait été, à mes yeux, judicieux.

D’un niveau insuffisant pour satisfaire le lecteur adulte à la recherche d’une analyse des problèmes rencontrés par les jeunes africains (naïveté des propos, manque de profondeur de l’analyse, narration simple, voire enfantine), cet album n’en atteint pas moins son objectif. Il pourra, à mon avis, agréablement servir de base de discussion dans une classe de primaire (entre 8 et 11 ans), ce qui était l’objectif avoué.

Pas mal, donc.

(Avis rédigé sur base de la version en noir, rose et blanc).

Nom série  Pirates  posté le 17/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’adore les histoires de pirates, et cette série disposait donc d’un argument de choix pour me plaire.

En outre, je l’ai lue sous la forme de l’intégrale au format réduit, et au prix très attractif. Ce format ne gâche pas spécialement le beau graphisme de Terpant, qui demeure agréablement lisible. Certes, j’ai confondu, à l’occasion, l’un ou l’autre personnage secondaire, mais il semble que d’autres lecteurs ont souffert du même mal quand bien même ils avaient lu la série dans son format normal.

Le scénario, par contre, s’il est agréable à suivre, tombe très régulièrement dans le cliché. Rien de bien grave en soi, mais il faut bien avouer que la surprise n’est jamais au rendez-vous (et la conclusion de la série ne déroge pas à cette règle).

Je trouve également que le début de la série manque de liant. Mais cet aspect disparaît assez rapidement, dès que les auteurs ont fini d’installer leur univers.

La galerie de personnage, à nouveau très conventionnelle, m’a bien plu grâce à la complémentarité des trois héros principaux. Pour une fois, nous n’avons pas à faire avec le pirate parfais, à la fois maître es escrime, grand navigateur et meneur d’homme mais à trois personnages qui, en fonction des circonstances, se partagent la vedette.

Les nombreux seconds rôles apportent également leur contribution au charme de la série, surtout au travers des (nombreux) rôles féminins.

Une bonne série, donc, mais qui ne révolutionnera pas le genre.

Un petit 4/5. Bien, tout simplement (et achat conseillé sous la forme de l'intégrale à bas prix).

Nom série  Petrus Barbygère  posté le 17/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il y a une chose que je n’ai vraiment pas aimée dans cet album : son lettrage. Celui-ci est tout simplement difficile à déchiffrer et il m’aura fallu à plus d’une reprise poser mon nez sur la planche pour y parvenir.

C’est regrettable.

D’autant plus que l’histoire imaginée par Dubois est plutôt amusante, et que le dessin de Sfar lui apporte une dimension grandguignolesque bien plaisante. L’univers des deux compères se révèle riche en personnages et en rebondissements, véritables points forts de cet album. Les hommages et références se multiplient au fil des planches sans jamais sembler y avoir été plaqués d’une manière artificielle.

La narration, très présente, et aux tournures de phrases parfois alambiquées, ne m'aurait sans doute pas déplu sans ce problème de lettrage. Dubois connait son univers, et a tendance à étaler sa culture comme d'autres la confiture. Cela risque d'en déranger plus d'un, mais, connaissant le personnage, je savais à quoi m'attendre et m'accomode assez aisément de ce verbiage.

Dommage, cet indéchiffrable lettrage.

Nom série  La Demeure des Gomez  posté le 17/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au début, j’ai vraiment cru que cette histoire d’héritage allait me séduire.

Au terme de cette lecture, je reste sur ma faim.

Si la mise en bouche avait tout pour me plaire (notamment, cette petite clause lors de la lecture du testament), j’ai rapidement trouvé que le scénario de Prado tombait dans le gros cliché. Tout, jusqu’à la conclusion, est facilement prévisible. De plus (du fait de la traduction ?), la narration n’est pas assez pétillante pour retenir mon attention.

Reste le dessin de l’artiste. Le trait de Prado m’a bien plu sans atteindre des sommets. Ses visages sont expressifs et son trait est efficace et lisible. L’ensemble est plaisant à l’œil et agréablement mis en couleur. Un travail très correct, donc, mais pas révolutionnaire.

Une petite déception, donc, pour un album qui oscille entre le mièvre « bof » et le gentillet « pas mal ». Dispensable, quoiqu’il en soit.

Nom série  Shutter Island  posté le 17/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je l’avoue, je m’attendais à quelque chose de plus original.

Toutefois, j’ai trouvé cette adaptation (d’un roman que je n’ai pas lu) assez prenante et bien menée. L’ambiance est présente dès les premières planches et ce climat plutôt oppressant est pour beaucoup dans mon appréciation d’ensemble.

Au travers de mon expérience professionnelle, j’ai l’occasion de côtoyer régulièrement différents schizophrènes (mais aucun criminel). Le portrait dressé par Dennis Lehane m’a bien plu par sa crédibilité, même s’il manque souvent de nuance.

La révélation finale m’a, par contre, semblé très rapidement prévisible. A un point tel que je ne voulais pas croire que Lehane aurait recours à une aussi grosse ficelle.

Au niveau du graphisme, le trait de De Metter convient très bien pour illustrer cette sombre intrigue. L’artiste a l’intelligence de travailler avec un nombre limité de couleurs, privilégiant les tons bruns et noirs. Un sombre dessin pour une sombre intrigue, donc.

Ce choix aura cependant causé chez moi un petit désagrément : dans les passages les plus obscurs, j’ai du mal à reconnaître le personnage dont il est question. Et, à de rares occasions (je tiens à le préciser), il m’aura fallut faire montre d’une grande attention et de l’un ou l’autre retour en arrière pour bien comprendre quel personnage était en action dans tel ou tel passage.

Malgré ces quelques faiblesses, ce récit m’a bien plu, et devrait plaire à plus d’un lecteur amateur d’histoires policières très sombres flirtant avec l’épouvante.

Nom série  Les Villes Tentaculaires  posté le 17/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cette bande dessinée d’Erwin Sels est en fait l’adaptation d’un roman symbolique flamand de Georges Rodenbach.

Si, à l’époque (fin du XIXème), ce roman correspondait totalement à la mentalité flamande et bourgeoise, et répondait aux règles de moralité en vigueur, le moins que l’on puisse dire est que le récit a mal vieilli, et semble aujourd’hui hors propos.

Malgré cela, et à condition de faire un petit effort d’imagination, ce récit pourrait encore être prenant. Malheureusement, Erwin Sels ne parvient pas à restituer toute la densité du roman de Rodenbach. La ville de Bruges, et ses habitants, bourgeois et rigoristes, ne sont plus aussi présents que dans l’œuvre initiale. Par conséquent, le drame vécut par Hugues Viane n’a pas la profondeur nécessaire, et me laisse hors du coup.

Le fait de devoir résumer un roman aussi dense en seulement 45 pages impose des raccourcis qui transforment plus d’un personnage en une réelle caricature.

Ces éléments combinés font que la déception est de mise au terme de cet album.

Reste l’élégant graphisme de Sels. Son trait réaliste précis et fin mérite à mes yeux une seconde chance. Je ne connais malheureusement pas d’autres œuvres de l’artiste, mais je n’hésiterai pas à jeter un œil sur une autre de ses productions, si le scénario en vaut la peine.

Nom série  Le Chemin de l'Amérique  posté le 11/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne sais s’il s’agit d’une histoire vraie ou d’une pure fiction, mais ce parcours d’un jeune et talentueux boxeur algérien est criant de réalisme.

Souvent, je reproche aux biographies leur raideur, et, parfois, aux récits fictifs leur manque de crédibilité. Baru parvient à l’équilibre parfait. C’est le maître atout de cet album.

Je me suis attaché à Saïd Boudiaf, ce jeune sportif victime d’une époque (nous sommes en plein conflit franco-algérien), que l’histoire rattrapera malgré lui.

Mais si le portrait est prenant, et la narration agréable, le trait de Baru ne m’a que peu convaincu. Déjà en temps normal, il ne figure pas parmi mes préférés, mais, dans le cas présent, je l’ai trouvé peu abouti. Les personnages ont des traits peu stables, et il m’est arrivé de les confondre. De plus, la colorisation de l’artiste (un de ses points forts, de nos jours) est ici très mièvre.

Du fait de ce graphisme moyen, ma cote ne dépassera pas le 3/5, mais l’album vaut vraiment la peine d’être lu.

Nom série  La Débauche  posté le 11/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Du Tardi comme je l’aime !

L’artiste a encore une fois réussi à dégoter un récit cyniquement drôle. Son trait gras, sa maitrise des expressions du visage et ses talents d’adaptateur peuvent alors pleinement s’exprimer dans cet univers dont il semble tant se délecter.

Le scénario est, dans un premier temps, très prévisible et je craignais le pire quant au suspense de l’intrigue. Heureusement, la seconde partie du récit m’a donné tort en orientant le propos dans une autre direction.

En fait, entre enquête policière, critique sociale et galerie de portrait, ce récit virevolte gaiement. Le suspense insoutenable n’est jamais au rendez-vous, la critique n’est guère approfondie et la galerie est plutôt stéréotypée, … mais les trois associés donnent naissance à un bien plaisant récit.

A noter que la colorisation est l’une des mieux réussies par Tardi. J’ai même du mal à imaginer ce récit en noir et blanc. Les teintes ne sont en rien exceptionnelles, mais je ne crois tout simplement pas que ce récit se prêtait au noir et blanc cher à l’artiste. Un choix judicieux, donc.

Nom série  Raoul Taburin  posté le 11/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’hésite, j’hésite. Avons-nous ici à faire avec un livre illustré ou avec une bande dessinée ?

L’histoire contée par Sempé n’utilise que rarement les phylactères au profit d’une narration plus littéraire située en dessous du dessin. De plus, en ne proposant qu’un seul dessin (exceptionnellement deux) par planche, l’artiste accentue encore cette impression de livre illustré. Cependant, dessin et narration sont complémentaires et l’un n’est totalement compréhensible que grâce à l’autre (et vice versa).

Quoiqu’il en soit, l’histoire de ce Raoul Taburin est bien plaisante à lire. Le personnage est attachant, l’idée de départ est originale et son traitement tout en tendresse est des plus réussis.

J’appréciais déjà le trait fin de l’artiste, je découvre ici un conteur talentueux.

Cependant, tout n’est pas parfait. De par sa présentation, l’album se lit vite, mais (paradoxe) il ne parvient pas à éviter certaines longueurs (surtout dans le dernier quart de l’album). Mais il s’agit d’une bien petite gêne, par rapport à toute la poésie qui se dégage de l’ensemble.

Bien plaisant, et à lire en famille.

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