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... a posté 1915 avis et 346 séries (Note moyenne: 2.95)

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Nom série  Les Villes Tentaculaires  posté le 17/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cette bande dessinée d’Erwin Sels est en fait l’adaptation d’un roman symbolique flamand de Georges Rodenbach.

Si, à l’époque (fin du XIXème), ce roman correspondait totalement à la mentalité flamande et bourgeoise, et répondait aux règles de moralité en vigueur, le moins que l’on puisse dire est que le récit a mal vieilli, et semble aujourd’hui hors propos.

Malgré cela, et à condition de faire un petit effort d’imagination, ce récit pourrait encore être prenant. Malheureusement, Erwin Sels ne parvient pas à restituer toute la densité du roman de Rodenbach. La ville de Bruges, et ses habitants, bourgeois et rigoristes, ne sont plus aussi présents que dans l’œuvre initiale. Par conséquent, le drame vécut par Hugues Viane n’a pas la profondeur nécessaire, et me laisse hors du coup.

Le fait de devoir résumer un roman aussi dense en seulement 45 pages impose des raccourcis qui transforment plus d’un personnage en une réelle caricature.

Ces éléments combinés font que la déception est de mise au terme de cet album.

Reste l’élégant graphisme de Sels. Son trait réaliste précis et fin mérite à mes yeux une seconde chance. Je ne connais malheureusement pas d’autres œuvres de l’artiste, mais je n’hésiterai pas à jeter un œil sur une autre de ses productions, si le scénario en vaut la peine.

Nom série  Le Chemin de l'Amérique  posté le 11/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je ne sais s’il s’agit d’une histoire vraie ou d’une pure fiction, mais ce parcours d’un jeune et talentueux boxeur algérien est criant de réalisme.

Souvent, je reproche aux biographies leur raideur, et, parfois, aux récits fictifs leur manque de crédibilité. Baru parvient à l’équilibre parfait. C’est le maître atout de cet album.

Je me suis attaché à Saïd Boudiaf, ce jeune sportif victime d’une époque (nous sommes en plein conflit franco-algérien), que l’histoire rattrapera malgré lui.

Mais si le portrait est prenant, et la narration agréable, le trait de Baru ne m’a que peu convaincu. Déjà en temps normal, il ne figure pas parmi mes préférés, mais, dans le cas présent, je l’ai trouvé peu abouti. Les personnages ont des traits peu stables, et il m’est arrivé de les confondre. De plus, la colorisation de l’artiste (un de ses points forts, de nos jours) est ici très mièvre.

Du fait de ce graphisme moyen, ma cote ne dépassera pas le 3/5, mais l’album vaut vraiment la peine d’être lu.

Nom série  La Débauche  posté le 11/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Du Tardi comme je l’aime !

L’artiste a encore une fois réussi à dégoter un récit cyniquement drôle. Son trait gras, sa maitrise des expressions du visage et ses talents d’adaptateur peuvent alors pleinement s’exprimer dans cet univers dont il semble tant se délecter.

Le scénario est, dans un premier temps, très prévisible et je craignais le pire quant au suspense de l’intrigue. Heureusement, la seconde partie du récit m’a donné tort en orientant le propos dans une autre direction.

En fait, entre enquête policière, critique sociale et galerie de portrait, ce récit virevolte gaiement. Le suspense insoutenable n’est jamais au rendez-vous, la critique n’est guère approfondie et la galerie est plutôt stéréotypée, … mais les trois associés donnent naissance à un bien plaisant récit.

A noter que la colorisation est l’une des mieux réussies par Tardi. J’ai même du mal à imaginer ce récit en noir et blanc. Les teintes ne sont en rien exceptionnelles, mais je ne crois tout simplement pas que ce récit se prêtait au noir et blanc cher à l’artiste. Un choix judicieux, donc.

Nom série  Raoul Taburin  posté le 11/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’hésite, j’hésite. Avons-nous ici à faire avec un livre illustré ou avec une bande dessinée ?

L’histoire contée par Sempé n’utilise que rarement les phylactères au profit d’une narration plus littéraire située en dessous du dessin. De plus, en ne proposant qu’un seul dessin (exceptionnellement deux) par planche, l’artiste accentue encore cette impression de livre illustré. Cependant, dessin et narration sont complémentaires et l’un n’est totalement compréhensible que grâce à l’autre (et vice versa).

Quoiqu’il en soit, l’histoire de ce Raoul Taburin est bien plaisante à lire. Le personnage est attachant, l’idée de départ est originale et son traitement tout en tendresse est des plus réussis.

J’appréciais déjà le trait fin de l’artiste, je découvre ici un conteur talentueux.

Cependant, tout n’est pas parfait. De par sa présentation, l’album se lit vite, mais (paradoxe) il ne parvient pas à éviter certaines longueurs (surtout dans le dernier quart de l’album). Mais il s’agit d’une bien petite gêne, par rapport à toute la poésie qui se dégage de l’ensemble.

Bien plaisant, et à lire en famille.

Nom série  Les Contes de Mortepierre  posté le 11/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Mes amis vous le confirmeraient sans doute : il suffit qu’apparaisse dans mon champ de vision une jeune fille (ou, mieux encore, une jeune femme) rousse aux yeux verts pour que je perde une bonne part de mes capacités de jugement.

Oui, mais, bon, il y a quand même des limites !

Les contes de Mortepierre illustrent la jeunesse imaginaire de Florie, une sorcière alors excessivement douée que l’on retrouvera « amoindrie » dans « Mortepierre ». Selon les auteurs, cet étrange phénomène est dû au fait que les sorcières perdent leurs pouvoirs pour les récupérer un peu plus tard. Mettons ça sur le compte d’une adolescence perturbée et n’en parlons plus.

La série multiplie les raccourcis faciles et les incohérences. Pourtant, les albums se lisent sans peine. C’est principalement dû à l’élégance du trait de Christian Verhaeghe, un trait que je trouve très abouti quoique fort conventionnel dans le petit monde de l’Héroïc-Fantasy à l’européenne. L’artiste respecte les règles du genre lorsqu’il s’agit d’illustrer la chaumière d’une sorcière ou le délirant arbre refuge de lutins. Ses scènes d’action sont dynamiques et ses personnages sont joliment croqués. Tout cela manque peut-être de personnalité, mais on ne peut nier la qualité d’ensemble.

Par contre, les scénarios, comme je l’ai dit, multiplient les maladresses. Pour exemple, au début du premier récit, Florie se réfugie en compagnie d’un brigand dans le socle d’une statue. Celle-ci s’enfonce du fait de l’apport pondéral des deux personnages, ce qui leur permet de se soustraire au regard de leurs poursuivants. Comment la statue remonte ensuite pour leur permettre de s’extraire de leur refuge demeure à ce jour un mystère …

Le plus absurde reste cependant que Florie évite d’utiliser ses pouvoirs en public, alors que tout le monde semble être au courant de ses dons de sorcière. Brice Tarvel ne semble vraiment pas capable de jongler avec les contraintes causées par ses postulats initiaux, et patauge donc régulièrement dans l’incohérence la plus totale. Le problème, c’est que c’est le lecteur qui se ramasse le coup de massue.

Dommage, car les intrigues, pour conventionnelles qu’elles fussent, n’en sont pas moins plaisantes et auraient pu donner naissance à des récits autrement prenants. Mais il aurait fallut pour cela éviter d’utiliser un personnage aussi défini que Florie, au profit d’une nouvelle héroïne vierge de ce si encombrant futur.

Nom série  Un Western dans la poche  posté le 11/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Difficile de parler de cette intrigue sans trop en dire. Personnellement, je l’ai trouvé bien construite, riche en rebondissements tout en conservant un classicisme certain. La galerie de personnages (du vieux sheriff au maire arriviste, en passant par les truands sans scrupule ou la mère éplorée) est typique de l’univers du western. Les rebondissements ne manquent pas et les colts sont mis à rude usage, comme le veut la tradition.

Graphiquement, l’album est également plutôt réussi. Sa mise en couleur, surtout, m’aura bien plu car elle couvre cet album d’une chape de plomb de chaleur. Mais l’artiste maitrise également les physiques de ses personnages, tout comme ses paysages arides et ses décors de saloon.

A la réflexion, je ne vois pas de réels reproches à faire à ce prenant western. Franchement bien, donc.

Nom série  La Belette  posté le 11/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Aaaahhh, … les Hautes-Fagnes, ses mystères et ses légendes.

Comès est du coin, et connaît donc bien cet esprit campagnard où religion et superstition sont si étroitement liés qu’il est difficile de les dissocier. Mais je soupçonne également Comès d’être un grand amateur des films angoissants des années 60 (« les Oiseaux », « Rosemary’s Baby », « Psychose »).

La Belette combine adroitement ces deux influences. Le cadre campagnard est bien construit, avec cet inquiétant curé, ces voisins curieux mais secrets ou ce culte étrange à la déesse mère. Le climat angoissant est bien amené, conservant une logique très pragmatique pour pas mal d’éléments, mais s’autorisant quelqu’écart fantastique du meilleur goût.

Graphiquement, l’artiste maîtrise son sujet. L’évocation campagnarde est très réussie, son bestiaire est toujours aussi proche de la perfection (j’adore ce mélange de simplicité et de mystère) et ses personnages sont, dans l’ensemble, eux aussi, plutôt bien réussis. Leurs yeux me posent toujours problème, mais je m’habitue vite en cours de lecture.

Les jeux d’ombre sont toujours aussi convaincants, tout comme les cadrages. Ces deux éléments contribuent grandement à l’ambiance angoissante qui se dégage de l’album.

Sa conclusion, pour classique qu’elle soit, est tout à fait adéquate à mes yeux, et une autre fin m’aurait autrement déçu.

Franchement bien, … vraiment.

Nom série  El Gaucho  posté le 11/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album a, pour moi, deux énormes qualités. D’une part, le dessin séduisant de Manara, qui nous régale de quelques plans sensuels plutôt émoustillants. D’autre part, la qualité de l’évocation historique de Pratt, qui nous replonge dans une époque trouble de la colonisation amérindienne.

L’histoire ne manque pas de rebondissements et aura retenu mon attention tout du long. Mais une attention finalement relative, tant je regrette le caractère très prévisible de quelques unes de ces péripéties. De plus, les héroïnes de Manara sont si troublantes qu'elles m'auront, à plus d'une reprise, distrait de ma lecture.

La conclusion de l’album est également trop classique pour réellement m’émouvoir.

La colorisation de Manara est une de celles qu’il a le mieux réussies, et a étonnamment bien résisté aux outrages du temps.

Finalement, j’hésite entre « franchement bien » et simplement « pas mal ».

Nom série  Les Chevaliers de la Cloche  posté le 11/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les Chevaliers de la Cloche, une série scénarisée par Didier Convard (Neige, Finkel) et illustrée par Juvin, n’a rien à voir avec le film éponyme de 1937, mais met en scène les aventures de deux enfants des rues dans un Paris de la fin du XIXème.

J’aime vraiment bien le deuxième tome de cette série trop vite abandonnée.

Le premier tome pêche par excès de dialogues, mais propose cependant une intrigue bien construite et riche en rebondissements. Le second conserve les qualités du premier tout en proposant une intrigue originale, un cadre étrange et une narration fluide quoique par moment encore assez maladroite (les monologues du clown).

Le dessin de Juvin est assez passe-partout mais très lisible. Sa colorisation, par contre, a mal vieilli. Ce dernier point n’est cependant pas suffisant pour gâcher mon plaisir.

"Les chevaliers de la cloche" aurait pu donner naissance à une série agréable se déroulant à une époque romanesque par essence (la fin du XIXème) et menée par un jeune duo plutôt sympathique. Il n’en fut rien, mais, si vous en avez l’occasion, n’hésitez pas à jeter un œil sur ce Clown à la Hache bien plaisant sans être révolutionnaire.

Nom série  Les Chroniques de l'Impossible  posté le 10/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà une petite série découverte au fond d’un bac dans une solderie, et qui m’aura apporté bien plus de satisfactions que je n’en espérais.

Les histoires tournent autour d’intrigues fantastiques teintées d’ésotérisme et ont pour cadre différentes villes de France et de Belgique (dans l’ordre : Bruges, Saint-Malo, Strasbourg) et leurs environs.

Je ne connais pas Strasbourg, mais, manifestement, les auteurs se sont documentés avec soin sur le lieu de leurs intrigues. Cette rigueur participe d’ailleurs grandement au plaisir de ma lecture (que plaisir de voir la belle place de Veurne (Furnes, pour les francophones) apparaître dans une bande dessinée).

L’état d’esprit des auteurs est à chercher du côté du franco-belge de la grande époque. Ils nous mitonnent, en effet, des intrigues fantastico-policières généreusement saupoudrées d’un humour gentillet (un état d’esprit finalement assez proche d’un « Jérome K Jérome Bloche »).

Si elles pêchent par moment par un excès de naïveté et certains raccourcis maladroits, ces histoires ont néanmoins à mes yeux le mérite d’être relativement originales et agréablement construites.

Ne vous attendez cependant pas à des chefs-d’œuvre, la série reste dans une honnête moyenne mais accumule tellement de poncifs qu’elle risque d’en dégouter plus d’un.

Le dessin de Claude Laverdure n’est pas le plus abouti que je connaisse, et certains personnages auraient vraiment mérité un plus grand soin. Cependant, lorsqu’il s’applique, cet artiste réussit de très beaux portraits féminins, et sa colorisation, directement issue d’une boîte métallique de crayons (du moins, c’est l’impression qu’elle me donne), a un charme certain.

Si la dernière histoire est très moyenne, les deux autres atteignent un niveau tout à fait acceptable. 3/5, par conséquent (et achat recommandé si vous trouvez ces albums en solderie).

Nom série  Hate Jazz  posté le 10/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Album emprunté sur l’unique base d’un aspect visuel, ma fois, plutôt tentant, ce « Hate Jazz » s’est finalement révélé bien anodin.

L’histoire des membres de ce groupe de jazz new-yorkais se déroule peu avant un 11 septembre devenu référentiel. Chaque musicien bénéficie de sa propre petite histoire (mais une histoire commune pour la section rythmique composée de deux frères). Au cours de ces aventures, les musiciens montrent leur vrai visage, fidèle reflet de leurs façons d’aborder la musique. Nous avons donc droit à un pianiste lâche et sans personnalité, à un saxophoniste passionné et torturé et à un couple batteur/contrebassiste très lié.

Cette approche originale aurait été intéressante si les aventures en question avaient été plus inventives. Malheureusement, leur développement est linéaire et sans surprise.

Au niveau graphique, le trait de Jorge Gonzàlez est plutôt séduisant. C’est un « jeté » impulsif qui convient bien à ce type d’univers, merveilleusement servi par une mise en couleur très lumineuse. L’artiste parvient à rester très lisible malgré le côté très brouillon de certaines planches. Je crains cependant que ce style, pour le moins spontané, ne plaise pas à tout le monde.

3/5, quand même, l’album se laisse lire et son graphisme a accroché mon attention. Mais, au final, ce « Hate Jazz » m’aura bien plus plu par son graphisme particulier et lumineux que par son intrigue trop banale.

Nom série  Guerrero - La flèche et le feu  posté le 10/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En règle générale, je reproche aux récits historiques leur caractère scolaire trop prononcé, leurs nombreux raccourcis, leur manque de nuances. Cet album évite ce piège (du moins dans sa première partie) du fait qu’il se centre sur un seul événement : l’affrontement de Montezuma et de Cortès, influencé par la participation de Guerrero. De plus, grâce à une synthèse introductive bien écrite, le profane que je suis (je n’ai rien d’un historien) comprend les tenants et aboutissants du conflit.

J’ai, par contre, nettement moins apprécié la seconde partie de ce récit, qui retrace, vite fait bien fait, le parcours de Guerrero sur le continent américain. J’y retrouve, en effet, tous les défauts que je mentionnais ci-dessus.

Dans l’ensemble, l’album souffre également d’une narration peu passionnante et très « datée ».

D’un point de vue graphique, je trouve l’album plutôt réussi. Le trait est simple mais très lisible, les décors me semblent fidèles à la réalité de l’époque, et les planches représentant les différents protagonistes me semblent réalisées avec toute la rigueur que l’on est en droit d’attendre de ce genre d’opus.

Un bon album, donc, dans une catégorie que je n’affectionne guère. 3/5 est donc une cote objective, là où ma subjectivité m’aurait plutôt poussé à ne mettre qu’un 2/5. La réalité se situe peut-être finalement entre les deux

Nom série  Grimion gant de cuir  posté le 07/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Dieu, que cette lecture m’est devenue pénible !

« Grimion gant de cuir » est l’exemple type de la série qui a mal vieilli. Si, déjà à l’époque son dessin très gras et sa colorisation très terne m’avaient laissé sur ma faim, la relecture que je viens d’effectuer me laisse un goût amer en bouche. En cause : le ton très grandiloquent employé par Makyo. L’artiste n’hésite pas à étaler généreusement la confiture sur les accents dramatiques du récit. Les multiples personnages qui peuplent la série prennent tous des airs d’acteurs de la Comédie Française lors de la représentation d’un drame antique. Dieu ! Que c’est lourd …

L’idée de départ de Makyo demeure intéressante, et l’évolution de Grimion pourrait encore fonctionner aujourd’hui, mais cette volonté de créer un drame digne de l’antiquité rend l’album aujourd’hui très pénible à mes yeux.

Je n’aime plus du tout …

Nom série  Les Démons d'Alexia  posté le 07/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après le premier cycle de 4 tomes :

La série semble surfer sur le succès de Harry Potter, mais a le mérite de nettement s’écarter de l’univers de ce dernier. Pas d’école de sorciers ici, mais une étrange fondation au financement occulte et multinational, destinée à combattre les forces diaboliques grâce à une équipe de « scientifiques » aux dons particuliers (nécromancie, exorcisme et autres joyeusetés au menu).

Nous avons donc à faire avec Alexia, une jeune femme mi-sorcière, mi-exorciste, nouvellement engagée par ce fameux centre, et opposée aux forces du mal. Mais le mal n’est pas toujours là où l’on pense. Ce principe récurent permet de jouer sur l’ambigüité de l’univers dans lequel se meut la jolie donzelle. Les démons ont parfois de bonnes raisons de l’être, les forces du bien se conduisent parfois bien mal, et l’héroïne même n’est pas une sainte, tiraillée qu’elle est entre ses aspirations d’exorciste et son héritage de sorcellerie.

Si chaque histoire propose une intrigue qui lui est propre, la série est vraiment « à suivre », car une énigme commune relie les différents tomes : le mystère de la zone 85.

Si la série s’adresse aux adolescents, elle ne prend pas ces derniers pour des crétins. L’univers est riche, dense et des termes techniques peu courants sont utilisés (je songe à la prophylaxie, notamment) et expliqués. Certains regretteront peut-être ce côté démagogique, mais c’est l’effet inverse chez moi, tant je trouve les séries adolescentes fréquemment vides de références culturelles. Ce genre de série me fait du bien !

La série se veut gentiment angoissante, mais n’est pas vraiment effrayante. Pas de monstres hideux mais l’horreur se cache parfois là où l’on ne pensait pas la trouver. C’est bien fichu, et la rareté des notes d’humour permet de conserver cette ambiance stressante.

Tout n’est cependant pas parfait. La série a parfois tendance à user de grosses ficelles et d’une certaine emphase pour créer ou conserver son climat. Certains personnages sont très caricaturaux (mais ils sont moins nombreux que dans bien des séries), certaines explications sont simplistes et certains passages n’apportent rien à l’intrigue.

Mais ce que je retiens avant tout, c’est le positif. J’ai vraiment aimé cette manière d’opposer le bien et le mal, cette ambigüité constante, cette faculté à créer des personnages ni tout blancs ni tout noirs, à faire fréquemment évoluer les acteurs dans des directions inattendues.

Le dessin est bien dans la lignée de la maison Dupuis. Il découle du franco-belge de la grande époque, mais est plus proche du style réaliste, et fait montre d’une finesse bien séduisante. Il convient bien à l’esprit de la série, se révèle dynamique, très lisible et donc accrocheur. La richesse des planches est cependant variable, mais la qualité est en moyenne d’un très haut niveau pour ce genre de production.

A noter : le dossier présent à la fin du quatrième tome. Un dossier troublant qui tend à prouver que ce fameux centre de recherche et de lutte contre le paranormal n’est pas si fantaisiste que cela.

Voici la preuve que l’on peut profiter d’un courant à la mode (la sorcellerie et l’opposition du bien et du mal avec une frontière mal définie, à l’image de Harry Potter) pour créer une série tout à fait originale tant dans son univers que dans son intrigue. Du bien bel ouvrage !

Du fait de certaines longueurs, j’hésite entre le « pas mal » et le « franchement bien ». Allez ! Cette série présente trop de qualités pour que je m’attarde sur ses défauts.

Nom série  Le Jardin des glaces  posté le 07/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Alain Hubert est une célébrité en Belgique. Inquiet de l’évolution de notre planète, très concerné par les modifications climatologiques, il est un habitué des pôles et dirige la nouvelle mission belge en Antarctique (une mission cent pour cent écologique à l’empreinte environnementale réduite à 0). Cet aventurier des temps moderne a inspiré à Jean-Claude Servais ce "jardin des glaces". Mais on est loin d’une biographie. Cet album est une pure fiction, bien dans l’esprit de ce grand amoureux de la nature qu’est Jean-Claude Servais.

J’ai adoré toutes les planches qui concernent le jardin bio du personnage central. Cette chronique est simple, vivante et merveilleusement illustrée. Intéressé par ce domaine, j’ai été heureux de retrouver plusieurs grands principes de cette conception de la culture jardinière. Ce (très grand) jardin est celui de mes rêves, et je remercie l’auteur de m’y avoir promené une saison durant.

Mais cet album ne se résume pas à une chronique jardinière. Il propose aussi, et surtout, un portrait d’un vieil homme rongé par la maladie et par le pénible souvenir d’un drame survenu lors d’une tentative de traversée du Pôle. Si Servais structure intelligemment son récit, et distille les révélations avec finesse, son académisme rend ce récit peu surprenant et très moralisateur.

D’un point de vue graphique, comme je l’ai dit, les planches illustrant le jardin sont, à mes yeux, tout simplement admirables (dans le sens où je peux les admirer des heures durant). A contrario, je trouve les planches illustrant la traversée du Pôle peu agréables à l’œil. Servais conserve tout son académisme et sa précision, mais je trouve que cet univers ne se prête pas à son dessin, si riche de multiples détails, si plein de vie. De plus, se déroulant en partie dans la pénombre, ce passage du récit ne bénéficie pas de la chaleur des couleurs du jardin. Il y a certainement une volonté de la part de l’auteur de créer ce décalage entre la luxuriance du jardin et la froide aridité du désert de glaces, et il y parvient parfaitement, mais cet univers désolant n’est pas ce que je préfère, et je lis avant tout les albums de Servais pour son dessin.

En résumé : un bon album, trop prévisible à mon goût, mais qui propose certaines planches tout simplement magnifiques.

PS : personnellement, je trouve la couverture hideuse, avec ce personnage au regard torve et diabolique, qui ne cadre absolument pas avec l’esprit de l’album.

Nom série  Poulain mon ami  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette ancienne œuvre de Derib (réalisée il y a 25 ans) est destinée aux jeunes lecteurs. Enfin… aux très jeunes lecteurs. Enfin… aux lecteurs tellement jeunes qu’ils ne savent peut-être pas encore lire (mais leur papa se fera un plaisir de les accompagner au fil de ces pages).

Vous l’aurez sans doute compris à la lecture de cette introduction, cet album est très naïf. Mais, dans le genre, il est plutôt réussi. Cette histoire d’amitié entre un enfant et un poulain, qui entraînera les deux camarades dans un dangereux périple plaira à coup sûr à plus d’un jeune lecteur.

Une bonne part de son charme provient de la qualité de dessinateur de son auteur. Derib laisse, en effet, une nouvelle fois éclater son talent dans un style à la fois précis et épuré, à l’encrage épais et à la lisibilité incontestable. Une colorisation harmonieuse apporte la touche finale à ce beau travail.

Le scénario tient en peu de choses, et ne satisfera pas le lecteur adulte. Bien fait pour lui, il n’avait pas besoin de le lire, cet album ne lui étant pas destiné. Je suis, par contre, convaincu qu’il séduira au plus haut point un(e) jeune lecteur(rice) féru(e) d’équitation.

Dans sa catégorie ? Franchement pas mal !

Nom série  Les Croisées du Temps  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai été agréablement surpris par cet album.

Pourtant, sa couverture me laissait craindre le pire, son style se rapprochant fortement du dessin d’animation. Mais, une fois le livre ouvert, j’ai découvert un style à mi-chemin entre le franco-belge (sans les gros nez) et les vieux cartoons américains (Betty Boop en tête).

L’histoire ? Etrange … elle propose deux périodes qui présentent d’étranges similitudes sans qu’aucune ne puisse logiquement se raccrocher à l’autre. En clair, une équipe d’archéologues va connaître une aventure assez proche de celle que vécurent les deux momies qu’elle a découvertes. Cette structure en « canon » (un terme que je vole au domaine musical, mais qui traduit bien l’idée) est l’atout principal de l’album. Pour le reste, les personnages sont très conventionnels et les péripéties assez prévisibles. De plus, énormément de personnages interviennent dans cette aventure, et il est difficile de les développer d’une manière adéquate en seulement 48 pages.

Enfin, si l’ambiance générale est plutôt légère, la conclusion de l’album a des accents dramatiques assez surprenants. Plus surprenant encore, cette conclusion, pour dramatique qu’elle soit, ne semble pas dramatiser ces acteurs. Il y a là une disharmonie quelque peu étrange.

Ceci dit, grâce à son graphisme et à sa structure en « canon », cet album m’a fait passer un agréable moment de lecture. Je dirais donc : « plutôt pas mal ! »

Nom série  Histoires alarmantes  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce recueil de courtes nouvelles étranges est, en moyenne, plutôt agréable à lire, même si l’une ou l’autre histoire est plus que dispensable. D’autres, heureusement, sont tout simplement excellentes, et remontent le niveau d’ensemble. La première nouvelle, tout particulièrement, m’aura séduit.

Le trait particulier de Cossu est pour beaucoup dans le charme étrange qui se dégage de l’album. Un trait qui m’a toujours fait penser à Tardi, mais avec moins de profondeur et un encrage plus fin que ce dernier. Je regrette cependant le peu de détails que certaines planches proposent. Avec un peu plus de richesses et de profondeur, elles auraient à coup sur encore gagné en puissance.

Les histoires imaginées par le duo Cossu-Jamsin sont, comme je l’ai dit, plutôt bien réussies dans l’ensemble. Certaines vous rappelleront l’ambiance étrange d’une série télévisée telle que « la Quatrième Dimension ». D’autres favorisent l’humour noir. Mais toutes (même les moins réussies) parviennent à créer cette ambiance particulière en un minimum de planches. Et ça, c’est un réel exploit, tant l’art de la nouvelle est un art délicat !

A me relire, je me rends compte que j’ai à plusieurs reprises utilisé le mot « étrange ».
Comme c’est étrange …

A découvrir.

Nom série  Yoko Tsuno  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L’héroïne de Roger Leloup fut, durant des années, l’une de mes préférées de la bande dessinée destinée au grand public.

En alternant enquêtes « terrestres » et aventures « cosmiques », l’auteur était parvenu à éviter le piège de la lassitude. J’avoue avoir toujours préféré les aventures qui se déroulent sur notre bonne vieille terre (« l’Orgue du Diable », « Message pour l’éternité » ou le superbe « la Frontière de la Vie », entre autres), dans lesquelles le souci du détail de Leloup assurait une assise solide, tant historique que technologique.

Mais, par la qualité de ses inventions, Roger Leloup parvient également à rendre crédible ses aventures extraterrestres, avec pour résultat que les récits de science-fiction du début (« la forge de Vulcain », « les Titans ») figurent parmi mes préférés du genre (tous styles confondus).

Au fil du temps, des histoires exploitant les possibilités d’une machine à voyager dans le temps ont fait leur apparition. Hormis les deux premières, je dois bien avouer que celles-ci me plaisent moins. Pourtant, et à nouveau, Roger Leloup se montre extrêmement rigoureux quant à la plausibilité de ses intrigues, et sa recherche de documentation est d’une incroyable rigueur. Mais le caractère très conventionnel de ces aventures ne satisfait pas mon besoin d’émotions (le dépaysement ne rimant pas toujours avec la surprise).

Mais la principale qualité de la série réside dans le trio formé par Yoko, Pol et Vic. Il n’est pas si fréquent d’avoir comme héroïne une personne de l’envergure de Yoko. Courageuse, audacieuse même, sensible, intelligente, intuitive, inventive, sportive, elle aurait de quoi dégouter plus d’un lecteur si Pol ne lui apportait pas une contrepartie humoristique, et si Vic ne tempérait ses emportements par moment bien trop impulsifs. C’est cet équilibre entre ces trois personnages qui assure la solidité de la série.

Le trait de l’artiste est à l’image de ses scénarios : d’une extrême rigueur et d’une superbe précision. Si l’on excepte les deux, trois premiers tomes, durant lesquels l’artiste fait évoluer son style d’un franco-belge humoristique (la série dérive de « Jacky et Célestin », deux héros dont Leloup assurait à l’occasion les aventures), la précision dont fait preuve l’artiste à tous niveaux (décors, bâtiments, véhicules, avions) est incroyable. Ce dessin figure parmi ceux qui, à mes yeux, combinent le mieux lisibilité, précision et souci du détail.

Avec le temps, Yoko va se retrouver « encombrée » d’une petite famille qu’elle ne peut se résoudre à abandonner. Cette smala est un frein au souffle épique de la série. Selon moi, depuis que Yoko s’est retrouvée dans la peau d’une mère, ses aventures ont connu une grosse baisse de qualité au niveau de son souffle épique. La risque-tout des débuts se doit d’être raisonnable, ce qui ne lui convient pas.

Jusqu’au quinzième tome, la série aurait mérité un « franchement bien ». Depuis lors, la moyenne se situe plutôt au niveau du « pas mal », avec certains tomes vraiment plus que moyens (« les exilés de Kifa », « la porte des âmes »).

Je conserve ma très bonne appréciation d’ensemble, mais je pense que Roger Leloup devrait songer à clore sa série avant de commettre l’album de trop. Yoko m’aura accompagné durant de longues années et mérite à mes yeux une retraite heureuse (même si c’est un arrache-cœur que de parler ainsi).

Nom série  La Gloire d'Albert  posté le 06/08/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Inférieur à « Le Réflexe de survie » et « Le Constat », la Gloire d’Albert figure néanmoins dans les bons crus des productions humanistico-policières de Davodeau.

Humanistico-policières ?

Policières avant tout, car, comme dans les deux œuvres précitées, nous nous trouvons au cœur d’une histoire de meurtre. L’intrigue est bien construite, relativement crédible. Le suspense n’est toutefois pas des plus haletants car les révélations sont tout de même assez prévisibles.

Humaniste aussi, car la galerie de personnages proposée par l’artiste est, comme à l’accoutumée, riche en humanité. Ces acteurs sont loin d’être parfaits, et c’est ce qui les rend si proches de nous. J’ai pris ce pauvre Albert en pitié car il y a dans la description de son comportement une sincérité que je ne retrouve pas toujours chez d’autres auteurs. Et même les « méchants » me paraissent humains. Nous n’avons pas à faire avec des monstres sanguinaires, sans âme ni conscience, mais bien à des êtres humains avec leurs faiblesses, leurs forces et leurs lâchetés.

Ajoutez à cela que la conclusion du présent album est, à mes yeux, plutôt bien réussie (quoique très classique) et vous comprendrez pourquoi je considère cet album comme un des bons crus de l’artiste.

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