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Nom série  Pain d’Alouette  posté le 22/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tome introductif, ce pain d’Alouette offre beaucoup. Trop même, tant cet ensemble m’est apparu décousu. Mais, je le répète, il s’agit d’un premier tome, Lax place ses pions et dispose son univers.

L’ensemble promet d’être intéressant mais je conseillerai à l’amateur la lecture préalable de "l’aigle sans orteil", du même auteur avant de se lancer dans cette saga. Tout d’abord, beaucoup de références sont faite à cet album durant le récit. De plus, les univers sont fort semblables et ce pain d’Alouette me semble plus être une suite (très riche) de l’album précité qu’une série totalement indépendante. « L’aigle sans orteil » étant un one-shot, sa lecture ne vous engage pas sur du long terme. Et si cette lecture ne devait pas vous satisfaire, je crains que la série dont il est ici question vous fasse le même effet.

Quoiqu’il en soit, ce premier tome explore agréablement le nord de la France. J’ai bien aimé l’évocation du Paris-Roubaix de l’époque, tout comme celle de la vie des mines, et des mineurs de fond. L’ensemble me semble donc prometteur et j’attends avec impatience de voir comment l’ensemble des pièces vont s’imbriquer dans ce puzzle encore très confus à l’heure actuelle.

Au niveau du dessin, Lax évolue à un très haut niveau. Son trait en couleurs directes est d’une grande précision, d’une grande richesse et d’une grande lisibilité. Les teintes choisies donnent à l’ensemble un aspect daté qui lui convient très bien.

Prometteur !

Nom série  Léo Loden  posté le 22/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une sympathique série policière sans prise de tête. Le duo Loden-Loco fonctionne bien dans une traditionnelle association « clown blanc – auguste ». Les seconds rôles apportent une certaine profondeur à cet univers, et j’apprécie particulièrement le personnage d’Amadeus, malheureusement de moins en moins présent au fil des épisodes.

Les enquêtes policières sont rarement d’un haut niveau (quoique, de temps à autres, …), mais l’humour constant et la qualité des dialogues de Scotch Arleston garantissent, dans mon cas, un agréable moment de lecture. De plus, la série offre tout de même des albums très vivants, les poursuites sont fréquentes, tout comme les passages explosifs. Le rapport à la « bouffe » est très présent (il suffit de lire les titres pour s’en convaincre) et, fin bec moi-même, je suis naturellement sensible à ce genre de thématique récurrente.

Certains tomes sont, malheureusement, franchement dispensables, selon moi. Et les albums n°6, 8, 14 et 17 figurent clairement dans le bas du panier. A contrario, j’éprouve beaucoup de plaisir à en relire d’autres, parmi lesquels les tomes 2, 3, 7 ou 10.

De plus, la série voyage beaucoup, et offre donc un petit aspect « visite guidée » des villes qu’elle traverse. Rien d’exceptionnel, mais plaisant tout de même. Enfin, j'apprécie les hommages très respectueux que la série rend aux maîtres du genre, et à Gil Jourdan en particulier. Ces clins d'oeil sont fait avec talent et parcimonie par un sobre Arleston (à souligner car, avec lui, ce n'est pas toujours le cas).

Finalement, je continue à suivre, et à acheter, la série même si je ne suis pas toujours sûr de tomber sur un grand cru. Mais dans le genre série policière humoristique toujours en activité, celle-ci fait partie de mes préférées.

Et pour paraphraser Arleston : lire Léo Loden, c’est comme manger des cacahuètes, c’est dur de s’arrêter.

Nom série  Beauté Fatale  posté le 02/03/2010 (dernière MAJ le 18/03/2010) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Depuis que Franquin a illustré (et avec quel talent !) le quotidien délirant du journal de Spirou, beaucoup de séries ont exploité la même idée, en l’adaptant à d’autres lieux. Rarement, pour ne pas dire jamais, le niveau atteint fut équivalent à celui de ce génial « Gaston Lagaffe ».

Et dans ces séries de gags illustrant le quotidien d’un lieu déterminé, nous avons cette « Beauté Fatale ». En clair, vous prenez un institut de beauté, une stagiaire pas très dégourdie, des clients variés, une directrice psychorigide, des employés pas très modèles, des idées convenues, vous mélangez le tout et, paf !, une nouvelle série humoristique est née.

Oui, mais voilà ! Outre le dessin, qui est très quelconque, très superficiel et honnêtement expressif, la série n’offre que des gags sans saveur et, surtout, sans originalité. On a droit à un niveau de type « peau de banane » avec des gags construits sans fantaisie, des produits que l’on confond (un seau de ciment et un seau d’algues, par exemple), des clients convenus au possible (dont la grosse, le type stressé ou encore la miss-m’as-tu-vu), et des chutes toujours amenées de la même manière (avant dernière case = gag, dernière case = conséquence et réaction au gag).

Vraiment rien d’original, donc. J’avoue d’ailleurs quelque peu saturer sur ces séries offrant toujours exactement la même chose que leurs devancières, sans le talent, la créativité ni le souci du détail de celles-ci. Même si elle n’est objectivement pas spécialement inférieure à d’autre du même genre, celle-ci en a fait les frais : boooooooofffffffffffffffffffffffffffffffffffffffffff !!!!!! (et encore, je me retiens).

Petit correctif après la lecture du second tome : lorsque Benoit Ers s'applique, ses planches sont agréables à l'oeil. Malheureusement, la plupart du temps, l'auteur me semble s'être contenté du strict minimum, comprenez par là un dessin expressif mais une trop grande économie de détails. Les gags, eux, restent d'une banalité confondante.

Nom série  L'Orme du Caucase  posté le 18/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A la longue, ces nouvelles me sont apparues très répétitives. Pourtant, ces récits sont bien tournés et ont une grande qualité à mes yeux : leur fil conducteur.

En effet, si je devais trouver un lien entre ces différentes nouvelles, je parlerais de cette volonté constante à illustrer un « temps d’arrêt » durant lequel les protagonistes prennent la peine de se parler, de se remettre en cause. Le tout se passe dans le plus grand calme et débouche souvent sur une conclusion emplie de sagesse.

A faible dose, j’adore. La première histoire, d’ailleurs, m’a beaucoup touché (sans doute parce qu’elle trouve écho dans mes propres souvenirs). La seconde aussi, d’ailleurs. Mais, au fil des pages, j’ai de plus en plus de mal à m’enthousiasmer. Les dernières nouvelles me sont même apparues sans grand intérêt.

Au niveau du dessin, rien à redire. Taniguchi maitrise son sujet. Il sait ce qu’il doit faire pour provoquer l’émotion et s’en sert avec talent. Malheureusement, à force d’aligner la lecture de ses œuvres, je décèle de plus en plus de tics de construction qui me font revoir mon appréciation d’ensemble à la baisse. Pour susciter l’émotion, l’artiste cadre de la même manière ses personnages. Soit un gros plan sur un regard doux amer, soit une vue de dos du même personnage. Dans un cas comme dans l’autre, la tristesse contenue apparaît d’une manière très pudique et touchante sans être démonstrative. Et cela est d’autant plus frappant dans ce recueil qu’il s’agit, justement, d’un recueil. Chaque histoire propose donc, à un moment ou un autre, un de ces passages émouvants mais, à force, répétitif.

Franchement bien au début, bof à la fin. Un « pas mal » de moyenne pour l’ensemble, malgré le fait que j’adore la première nouvelle.

Achat conseillé, car cela reste de la très bonne bd, qui se relit avec plaisir (mais pas dans son entièreté, dans mon cas).

Nom série  Les Petits Ruisseaux  posté le 18/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Un très bon récit, vivant, drôle, touchant sur un sujet délicat, voilà ce qu’est, à mes yeux cet album de Rabaté.

Le dessin de l’artiste m’est apparu clair, expressif et immédiat. Ce n’est pas pour ce trait que j’ai lu (dévoré, devrais-je dire) l’album, mais il sert bien le propos. De plus, la mise en page et le découpage sont de petites merveilles. J’adore, entre autres, ce petit passage qui voit les pêcheurs incliner leurs cannes de concert en une étonnante chorégraphie.

Le sujet, comme je l’ai dit, est délicat, mais Rabaté en traite avec beaucoup d’humour et sans jamais faire montre de racolage. J’ai même trouvé ce récit pudique même si certains passages sont on ne peut plus explicites.

Vraiment un bon album, qui donne envie de saisir sa canne à pêche, histoire d’attraper une carpe, mais une … carpe diem.

Nom série  La Vengeance du Comte Skarbek  posté le 17/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Wouah ! Marrante, cette façon d’inverser les rôles ! En effet, le scénario s’inspire du Comte de Monte Christo, mais les auteurs parviennent à suggérer le contraire. C’est habillement joué, et cette manière de faire est tellement étonnante que j’ai accepté ce postulat avec plaisir alors que j’aurais plutôt été enclin à rejeter le scénario pour cause de plagiat.

De plus, le récit s’avère, à la lecture, bien construit. Certains passages qui me semblaient inutilement exagérés se sont en définitive révélés logiques. Les retournements de situation sont fréquents et, hormis un dernier que je trouve inutile, enrichissent agréablement le récit.

Mais le gros point fort de la série, c’est son dessin. Rosinski œuvre en couleurs directes avec une richesse de détail et une sensualité dans ses personnages tels que je n’ai jamais pu lâcher le récit. Dieu que sa Magdalène est belle !

L’ensemble est franchement pas mal bien quoiqu’un peu bavard par moment et bien que je n’ai pas apprécie un dernier retournement de situation que je juge inutile et exagéré.

Nom série  Trois éclats blancs  posté le 17/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Celui-là, je l’ai repéré grâce à bdthèque, et son résumé ne pouvait que m’attirer. C’est donc sans hésitation que j’ai acquis l’objet. Et je ne le regrette pas !

Débarrassons-nous du seul point négatif qui me vient à l’esprit : certains visages ne sont pas détaillés, et cela a le don de m’énerver. Il n’y avait vraiment pas moyen de faire deux yeux, un nez, une bouche à ces personnages ?

Pour le reste, j’ai bien apprécié le trait de l’artiste. Son style est expressif, son trait dépouillé n’est pas sans me rappeler celui de Moynot sur « Le Temps des Bombes », sa colorisation est lumineuse ou plus austère en fonction des circonstances mais toujours en concordance avec le récit. L’ensemble, sans relever de la virtuosité picturale, m’est apparu plaisant à l’œil, agréablement lisible, dynamique et expressif lorsque le scénario l’exigeait.

Le thème est très original. Les phares ont de tous temps eu le don de me fasciner, et suivre la construction de l’un d’entre eux à l’aube de la première guerre mondiale avait de quoi me réjouir. Mais au-delà de ce phare, c’est le portrait d’un homme et la rencontre entre celui-ci, parisien, et un peuple, breton, qui constitue toute la moelle du récit. J’ai aimé ce lent « apprivoisement » qui se développe dans les deux sens, chacun apprenant de l’autre.

Au final, j’ai dévoré ce livre, encouragé en cela par une narration fluide et une belle écriture. Vraiment bien ! Des comme ça, j’en redemande !

Nom série  Les aventures imaginaires de Victor Hugo  posté le 16/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un récit policier original par les personnages qu’il met en scène mais extrêmement classique dans sa présentation et sa mise en page … et poussive dans sa manière de distiller le suspense.

La série vaut donc plus pour son univers et ses références historiques que par son intrigue originale mais peu rythmée. Connaissant relativement bien la vie de Victor Hugo, j’ai finalement trouvé l’ensemble assez quelconque même si réalisé avec soin.

Entre le « bof » (pour son intrigue peu passionnante) et le « pas mal » (pour le travail soigné et la qualité de l’évocation du milieu littéraire).

Nom série  Hanomag Henschel  posté le 16/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le premier tome propose de courtes nouvelles parfois excellentes. Le second est une histoire complète qui peut aisément se scinder en de multiples historiettes.

Le personnage central est attachant. Photographe de guerre, Hanomag a perdu un œil sur le champ de bataille, ce qui l’a fameusement refroidi. Vivotant entre contrats minables et commandes de complaisance, il rencontre au fil de ses aventures des personnages marginaux. J’ai aimé son humanité mais aussi son côté loser.

Toutes les histoires ne sont malheureusement pas d’égale valeur, et certaines d’entre elles sont vraiment trop vides que pour me convaincre. De plus j’ai trouvé certaines exagérément misérabilistes et simplistes.

Le dessin est agréable et doté d’une réelle personnalité. Je le rapprocherais du travail d’un Pellejero, mais plus original au niveau de la colorisation. A ce sujet, j’ai bien aimé le début du deuxième tome où Hanomag demeure gris durant les premières planches de son arrivée en Inde, avant de retrouver ses couleurs devant les beautés locales.

L’ensemble est à lire mais sans doute à emprunter avant un éventuel achat. Pas mal, parfois vraiment très bien, mais trop pauvre et trop démonstratif à d’autres moments.

Nom série  Ange et diablesses  posté le 16/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sympathique petit diptyque d’aventure qui voit anges et démons s’affronter sur une terre peu reconnaissable. Les ingrédients sont très classiques : amours trahies, rachat des fautes, un héros courageux mais naïf et pas toujours très adroit, une héroïne plus futée mais trop fougueuse, un méchant cruel et sa cour, encore plus bête que méchante. Des trahisons, des courses poursuites, quelques gags et un esprit plutôt festif et pas prise de tête.

L’ensemble est rythmé, original par l’univers proposé et classique dans son intrigue. Je l’ai lu avec plaisir même si je ne l’achèterai pas tant il m’est finalement apparu anecdotique.

Le trait de Hardy y est de qualité mais je l’ai trouvé régulièrement trop vide dans ses décors. Heureusement, sa galerie de personnages est assez savoureuse et compense cette faiblesse.

Certainement à emprunter pour un agréablement moment de détente. Quant à l’achat, jugez vous-même. Je ne le déconseille pas mais, personnellement, je ne cèderai pas à la tentation.

Nom série  La Tête en l'air (Rides)  posté le 16/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Une vision très sombre du vieillissement, de la décrépitude et des centres pour personnes vieillissantes (entendez par là : « homes de vieux »).

Tout y passe, et le moins que je puisse dire, c’est que cette vision m’est apparue exagérément pessimiste. Mais elle est assez logique dès que l’on aborde une maladie aussi pernicieuse que celle d’Alzheimer. Et si je regrette son côté pessimiste (mais réaliste), je dois souligner les innombrables qualités de ce récit.

Tout d’abord, un dessin simple, direct, soigné mais peu fouillé qui, tout en garantissant une grande lisibilité à l’ouvrage, permet au lecteur de se centrer sur le sujet plutôt que sur la forme. La mise en planche est soignée et efficace. La forme est au service du fonds, et non l’inverse.

Ensuite, la construction du scénario, qui permet d’évoquer de multiples anecdotes qu’il m’est facile de considérer comme véridiques tant elles sonnent juste. De ce point de vue, j’ai adoré le passage durant lequel le personnage central apprend qu’il est atteint de la maladie d’Alzheimer. Tout comme son bras tendu lorsqu’il doit lire un « copion » devant le médecin.

Ce passage me ramène à un autre des points forts du récit : son humour. Le bilan final a beau être déprimant, le récit ne manque pas d’humour. Et c’est heureux car un ton trop sérieux aurait certainement provoqué chez moi une réaction de rejet.

Autre point fort, son humanité. Les personnages présentés ne sont pas parfaits. Il ne s’agit pas de « pauvres victimes » mais d’humains qui doivent faire face à une fin de vie peu enviable. Les souvenirs que l’auteur leur fait revivre permettent de leur apporter une profondeur d’âme appréciable. A ce titre, le « tricheur » est on ne peut plus touchant.

Je regrette cependant la vitesse à laquelle ce récit évolue. La maladie d’Alzheimer y évolue d’une manière foudroyante qui, si elle se vérifie malheureusement de temps à autre dans la pratique, ne permet pas au lecteur d’en suivre les « passages de palier ». Le personnage central s’enfonce tellement vite dans la maladie qu’il n’a finalement que peu de temps pour s’en rendre compte. J’eusse aimé que l’auteur s’attarde un peu plus sur ce douloureux aspect de la maladie.

Quoiqu’il en soit, pour l’ensemble de ses qualités, cet album est mieux que « pas mal ». De là à dire « franchement bien », il y a encore une marge. Mais comme je n’ai pas de cote médiane à ma disposition, c’est cette dernière que je lui attribue.

A lire, sans nul doute, par tout bédéphile attiré par ce genre de sujet.

Nom série  Dieter Lumpen  posté le 16/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voici un de mes personnages préférés et une de mes séries fétiches. Dieter Lumpen, glandeur à l’élégance désabusée, embarqué à son corps défendant dans les aventures les plus variées, et s’en sortant rarement avec tous les honneurs, est un parfait antihéros de série d’aventures. Et si sa morale est parfois discutable, le personnage est doté d’un grand cœur et d’une belle humanité.

De plus, les aventures en question sont on ne peut plus variées. Souvent exotiques, courtes la plupart du temps (les deux premiers tomes sont des recueils de nouvelles, le troisième propose, lui, une histoire complète mais pas vraiment linéaire), parfois policières, parfois plus proches du drame intime, souvent prétexte à une critique sur la colonisation et, plus particulièrement, sur le regard supérieur posé par les européens sur les autres peuples de la terre, parfois teintées (et même plus) de fantastiques, elles garantissent un plaisir de lecture toujours renouvelé.

Côté dessin, Pellejero fait montre d’une belle dextérité. Son encrage est plus fin que sur ses œuvres plus récentes. L’ensemble peut donc sembler moins personnel mais j’aime ce style réaliste soigné, dynamique et expressif. Seule la colorisation m’est apparue, au début, quelque peu étrange. Je m’y suis cependant vite fait, et cette colorisation fait finalement partie de ces petites étrangetés qui confèrent à la série son style unique.

La narration est l’incontestable point fort de la série, qui recèle de quelques répliques de haut vol. Je tiens donc à souligner la qualité du travail des différents traducteurs qui se sont penché sur la série. Bravo à eux (et à elles).

Et puis, il y a ce troisième tome, au merveilleux délire logique, où toute la personnalité du dandy peut s’exprimer en toutes libertés. Là, j’ai été embarqué dans un bazar, mes amis, un bazar étrange, déroutant, mais que j’ai adoré tant j’aime être surpris par un scénario inventif fait avec un grand sérieux mais qui ne se prend pas au sérieux.

Déjà, les deux premiers tomes étaient franchement bien, mais ce troisième, c’est du grand art ! S’il n’y avait eu que lui, j’aurais attribué « culte » à la série mais le « franchement bien » me parait plus justifié pour l’ensemble.

Attention, si vous désirez acquérir la série, il semblerait que le tome édité chez Magic Strip ne reprend qu’une nouvelle (en noir et blanc) déjà présente sur le deuxième tome édité chez Casterman. Il serait donc sans doute judicieux d’en oublier l’achat. Remerciez Miranda pour le tuyau.

Pour le reste, n’hésitez pas !

Nom série  Replay  posté le 16/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je me souvenais d’avoir lu cette série il y a déjà quelques années et d’être resté sur une impression plus que mitigée. Devant les avis, dans l’ensemble, positifs, je me suis décidé pour une relecture.

Et j’ai bien fait.

Etais-je de bonne humeur cette fois-ci ? Etais-je mal luné lors de ma découverte ? Je n’en sais rien mais l’histoire de ce joueur superstitieux et peu scrupuleux m’a bien plus plu lors de cette relecture.

Déjà, l’originalité de la présentation. Chacun des trois tomes débute de la même manière. La planche d’introduction proposée est identique et dès le début, on sait où la série finira. Non seulement, cette présentation est originale, mais, de plus, elle titille ma curiosité tant quant à savoir comment le personnage central en arrivera là, mais aussi comment tout cela se terminera.

Ensuite, ce personnage central, pourtant détestable par bien des côtés, m’est apparu très attachant. Tout le mérite en revient à Zentner dont les talents de « portraitiste » s’expriment une fois de plus à pleine mesure. Les autres personnages bénéficient également de ce savoir-faire mais demeurent à mes yeux des faire-valoir par rapport au premier.

Enfin, le dessin n’est pas de ceux que j’affectionne particulièrement. Au début, je lui reproche même certaines planches trop sombres. Toutefois, pris par l’histoire, j’ai commencé à apprécier ce trait flouté. Et si je regrette son manque de netteté, je lui octroie une réelle personnalité et lui concède une lisibilité dans l’ensemble plus qu’acceptable.

Franchement pas mal bien !

Nom série  Les Fées noires  posté le 12/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je reste sur une impression très mitigée. A tous points de vue, la série n’est jamais parvenue à totalement me convaincre mais je l’ai quand même suivie jusqu’à son terme.

Tout d’abord, le dessin m’est apparu trop sombre. L’univers ne favorisait pas sa lisibilité mais même lorsque le scénario l’autorisait, le trait, l’encrage et la colorisation n’ont jamais évolué vers une plus grande clarté. De plus, le dessin est constamment mouvant durant ces trois tomes, mais sans que je ne puisse le trouver en progression. Il s’agit bien plus d’option esthétique que de progrès.

Ensuite, je n’aime pas les séries qui utilisent un personnage réel dans un contexte fantastique. Et c’est le cas ici avec un Alexandre Dumas fils dont je me demande ce qu’il vient faire là.

De plus, le ton employé évolue du drame sombre à plus de légèreté, dans le chef des deux héros, au fur et à mesure que l’intrigue devient de plus en plus … sombre. En fait, les personnages me semblent faire le chemin inverse du scénario, faisant preuve de plus en plus de détachement et d’insouciance au fil d’un récit qui se veut pourtant de plus en plus angoissant.

Enfin, la série recèle pas mal de maladresses. L’ennemie est présentée comme la dernière représentante d’une ancienne race mais sa sœur apparaîtra en cours de récit, et sera évoquée dès le début de celui-ci. D’autre part, il m’a souvent été difficile de suivre le fil de l’intrigue et d’en comprendre les enjeux. J’en cerne bien certains mais d’autres me sont constamment resté hermétiques. La narration est peu claire et je regrette que les auteurs ne nous précisent pas dès le début du récit le contexte historique sur lequel cette fiction se greffe. Un lieu, une date, un petit rappel du contexte politique auraient vraiment été les bienvenus pour débuter cette série.

Et malgré cela, je suis arrivé au bout de ce triptyque. Essentiellement grâce à une après-midi pluvieuse et à la sympathie éprouvée pour les deux personnages principaux. Mais aussi un peu grâce à la manière dont le suspense est maintenu tout le long du récit.

Bof, quand même … et je n’en recommande même pas l’emprunt (même par un après-midi pluvieux).

Nom série  Le Grand Duc  posté le 12/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une bonne série, sans aucun doute. Et cette collection Cockpit est décidément une belle réussite chez l’éditeur.

Premier point fort : l’originalité de l’univers présenté. Dans un contexte de seconde guerre mondiale pourtant déjà tant et tant exploré, les auteurs parviennent à me surprendre en abordant des sujets originaux et en mettant en scène des véhicules et avions rarement présentés. Original, le kettenkrad (une espèce de moto à chenilles sur laquelle le passager regarde vers l’arrière), original, le Grand Duc, avion spécialisé dans la chasse de nuit, originales les aviatrices russes engagées sur le front de l’Est, et original ce front de l’Est si peu exploité dans la bande dessinée du genre.

Second point fort : le dessin ! La qualité des décors et des engins illustrés est incroyable. Et si je regrette un peu le côté lisse de ce trait, surtout sur ses personnages, les planches de combats aériens sont d’une telle beauté que j’en oublie les mauvais moments.

Troisième point fort : un scénario solide à défaut d’être franchement original. Les destins croisés de pilotes allemands et russes sont agréables à suivre, et bien racontés.

Tous ces éléments, et bien d’autres encore, contribuent à mon appréciation d’une série qui, a contrario, offre également quelques maladresses.

Et parmi ces maladresses, plusieurs m’irritent au point de ne pas pouvoir dire mieux qu’un « pas mal du tout ». Tout d’abord, les personnages féminins ont des plastiques trop racoleuses. De plus, Romain Hugault privilégie régulièrement les angles de vue qui nous permettent de plonger dans leurs décolletés. Ce racolage excessif est d’autant plus malheureux que la série n’a pas besoin de ça pour m’intéresser. Ensuite, l’opposition entre un soldat allemand au comportement noble et un nazi arriviste n’est pas des plus originales. Enfin, la tentative d’insérer une dimension onirique dans ce récit historique m’est apparue assez maladroite. Heureusement pour moi, la série ne verse jamais dans le fantastique total et reste toujours suffisamment réaliste pour que je ne décroche pas.

A suivre, sans aucun doute.

Achat conseillé. La série est maintenant terminée.

Nom série  H.H. Holmes  posté le 12/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Après ma lecture de « Les Caméléons », j’avais écrit de Fabrice Le Henanff que, malgré son talent manifeste, son style ne s’accordait pas à la bande dessinée. Que de progrès parcourus depuis lors !

Tout n’est pas encore parfait, mais la lisibilité a été grandement améliorée, et le trait de l’artiste est dorénavant parmi les plus prometteurs que je connaisse. Restent cependant à améliorer trois points. Tout d’abord, certaines planches nécessiteraient bien l’usage d’une lampe de poche pour les éclairer tant elles sont sombres. Cette remarque vaut principalement pour le premier tome, et a été partiellement corrigée dans le deuxième. Ensuite, ce trait est surtout d’une grande beauté lorsqu’il est soigné jusque dans ses moindres détails. Dès que Le Henanff fait montre d’un brin de précipitation, le charme s’évapore, la lisibilité chute et cette fragile beauté devient tout simplement mocheté innommable. Dans le deuxième tome, à l’une ou l’autre reprise, cette situation s’est présentée, principalement dans le soin apporté aux vêtements des protagonistes. Enfin, la disposition de phylactères est encore à travailler tant il m’est fréquemment arrivé de les lire dans le mauvais ordre. Dans une moindre mesure, la construction des planches souffre du même mal, mais j’y ai cependant décelé une certaine logique au fil de ma lecture.

Au niveau du scénario, Henri Fabuel est, lui aussi en progrès. Son intrigue me semble plus intéressante. L’étau se resserre autour de ce tueur en série, et j’ai envie de savoir comment tout cela va finir. Les personnages sont intéressants, tout comme l’époque et le contexte. Par contre, et c’est la grosse faiblesse de cette série, qu’est ce que c’est mal raconté ! Les dialogues sonnent très souvent faux (mais, alors là, quand je dis « faux » ...) et la narration est très maladroite, elle aussi. Placer de temps à autre un « plus tard », un « au même moment » ne ferait pas de tort. Et arrêter de jouer constamment sur des ellipses trop faciles serait une option on ne peut plus judicieuse. Enfin, toutes les transitions sont à travailler. J’ai trop souvent eu du mal à suivre les événements tant cette série saute du coq à l’âne.

A ces conditions, tant scénaristiques qu’esthétiques, la série pourrait franchement devenir intéressante. Mais en attendant, et malgré les progrès réalisés par rapport à leur première œuvre, je ne peux dire que « bof ».

Courage les gars, vous êtes sur la bonne voie mais il reste encore du travail !

Nom série  Jour de grâce  posté le 12/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Je n’ai pas aimé la manière dont ce scénario est construit. Les auteurs, en effet, nous font rentrer dans cette intrigue avec un minimum de connaissances. On ne sait rien de l’époque ni du lieu, ni même des personnages qui se meuvent devant nous. Et tout le caractère mystérieux du récit provient justement de cette absence de renseignements.

Au fur et à mesure que le récit progresse, je me suis rendu compte que ce scénario n’offrait rien de dense, d’original ou même de mystérieux. L’histoire est d’une affligeante banalité et d’une platitude sans nom. Les incohérences ne nous sont pas épargnées non plus.

Et si, au début, je ne savais rien du passé des personnages principaux, à la fin du récit, beaucoup de zones d’ombre subsistent. Mais, cette fois, et contrairement au début, je m’en moque ! Ces personnages, pour le peu que les auteurs ont bien voulu m’en dire, me sont apparus sans une once d’intérêt.

Graphiquement, l’œuvre est agréable à lire. Le style lorgne un peu du côté de Berthet. C’est très lisible, agréablement expressif et dynamique lorsque le scénario l’exige. Malheureusement, le scénario en question m’a tellement peu emballé que je n’ai pas su profiter du dessin.

Un très mauvais achat pour moi. Je vous invite à éviter cet album.

Nom série  Toute la Poussière du Chemin  posté le 11/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
USA, après le crash de 1929, la misère s’empare des personnes les plus précaires. Faillites bancaires, émigration, précarité d’emploi, hausse du chômage, cette situation n’est pas sans rappeler celle vécue par bien des personnes de nos jours.

Sur cette base historique redevenue d’actualité, les auteurs nous proposent une galerie de portraits, un assemblage de mini-récits qu’une intrigue centrale permet de relier. L’auteur du scénario n’est pas un inconnu. Wander Antunes est également le scénariste de « Big Bill est mort » ou de « Un Paradis distant ». Il explore ici le même genre d’univers.

Et c’est super bien fait ! Les historiettes sont souvent touchantes, les personnages m’ont régulièrement ému par leur vulnérabilité et l’intrigue centrale relie le tout avec autant de logique que d’émotion. L’ensemble n’offre pas de moments creux, la lecture est prenante, émouvante et fluide.

Au niveau du dessin, je me retrouve entre Pellejero et …Léo Beker. Ne me demandez pas pourquoi ce nom m’est venu à l’esprit devant ces planches, mais je trouve une réelle filiation, surtout au niveau de la restitution des mouvements mais aussi au niveau de certaines expressions de visage, entre Jaime Martin et l’auteur de l’excellent Louison Cresson. Mais son encrage et son découpage, eux, font bien plus penser au talentueux Pellejero.

Enfin, j’accorde une mention spéciale à la traduction de Jean-Louis Floc’h et au lettrage de Philippe Glogowski. Ces deux aspects, qui peuvent paraître secondaires face au travail du scénariste et du dessinateur, sont très importants à mes yeux dès qu’il s’agit d’une traduction. En effet, si ces deux aspects ne permettent en aucun cas d’accentuer la qualité de l’ensemble, une mauvaise traduction ou un lettrage approximatif suffisent souvent à dévaloriser un récit par ailleurs d’une qualité irréprochable. Les dialogues adaptés par Floc’h m’ont paru très naturels tandis que je n’ai pas décelé la moindre faute d’orthographe ou autre coquille dans le travail de Glogowski.

Une lecture que je ne peux que chaudement recommander.

Nom série  Paroles de taulards  posté le 09/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avis portant sur "Paroles de taulards".

Je me méfiais énormément des histoires que ces détenus allaient m’offrir au fil des pages de ces « Paroles de taulards ».

Je craignais un certain apitoiement sur soi-même, une révolte immature face à un système ou encore un positionnement entant que victime de la part de ces personnes jugées coupables par la société.

A de rares exceptions, il n’en fut rien. Les courtes histoires proposées font avant tout montre d’humanité. Entendez par là qu’elles permettent d’entrapercevoir l’homme derrière le détenu. Pas toujours très fréquentable, pas toujours très futé, rarement innocent, mais tout de même humain.

Le talent des illustrateurs n’est pas pour rien dans la réussite de l’album. La plupart d’entre eux, en effet, parvient à donner une forme adéquate aux propos.

Je n’achèterais jamais ce genre d’albums, mais je n’ai pas le sentiment d’avoir perdu mon temps en le lisant. J’en conseille donc l’emprunt.

Nom série  Renaud - BD d'enfer  posté le 09/03/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après avoir été agréablement surpris par l’album que la collection consacre à J.J. Goldman, je me suis risqué à lire celui-ci. Je m’y suis risqué d’autant plus facilement que j’aimais bien le Renaud d’avant 1990 et que je pensais que ses chansons pouvaient offrir matière à la rédaction de divertissantes histoires illustrées.

Même si tout n’est pas mauvais, je ressors tout de même de cette lecture avec un avis nuancé.

Au niveau des points positifs :
- Le casting des auteurs est assez impressionnant.
- Certains d’entre eux offrent une vision originale et intéressante de la chanson.
- La plupart d’entre eux respectent bien plus l’idée que le texte.

Mes adaptations préférées sont signées Boucq, Margerin, Geerts et Arno. Ces quatre adaptations respectent l’esprit de la chanson (mais sans reprendre le texte), font montrent d’originalité et sont signées par des dessinateurs dont j’apprécie le style.

Au niveau des points négatifs :
- Certaines adaptations respectent trop le texte. Elles n’offrent alors plus rien de personnel aux illustrateurs et sont, donc, sans grand intérêt mes yeux.
- Certaines adaptations font montre d’une vulgarité gratuite que je trouve totalement inadéquate.

Parmi les grosses déceptions, je citerai André Juillard, Tronchet ou Cabanes. Le premier me semble peu à l’aise avec l’univers des bistrots de Renaud, le deuxième m’est apparu gratuitement vulgaire et le troisième respecte trop le texte pour n’offrir qu’une vision très passe-partout de Mistral gagnant.

Les autres auteurs m’ont offert des adaptations souvent intéressantes mais auxquelles il aura toujours manqué un petit supplément d’âme pour parvenir à totalement me convaincre. Certains pêchent par excès d’originalité (Loisel), d’autre par une trop grande concision (Tome et Janry).

Enfin, Dany et Uderzo ne proposent qu’une illustration sans réel intérêt du chanteur.

Pas mal dans son genre, tout de même. A lire si vous êtes amateurs de l’artiste, mais sans doute pas à posséder. Mention spéciale pour l’épaisseur du tome qui, avec 22 chansons illustrées assure une longue lecture.

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