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Nom série  Chapeau Melon et Bottes de Cuir  posté le 23/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Comme les films, les adaptations de séries TV n'arrivent jamais à reproduire les mêmes sensations de l'écran au papier, ou alors pompent plan par plan l'oeuvre originale ; c'est souvent le cas pour les films, mais dans le cas présent, comme j'avais déjà été déçu par l'adaptation de Les Mystères de l'Ouest, j'ai abordé cet album de façon très circonspecte, car il est clair qu'il met des atouts de son côté avec une couverture très accrocheuse et un dessin en noir et blanc qui se veut esthétique, mais qui finalement n'est pas extraordinaire, je le trouve pas du tout adapté à ce type de bande et les visages des acteurs ne sont pas toujours bien reproduits.

Le pire que je redoutais, c'est le contenu du scénario, en tant que fan absolu de cette série mythique (surtout la période Emma Peel, la meilleure pour tous les inconditionnels) ; et finalement, ça se révèle très moyen, je n'y ai absolument pas retrouvé le délicieux parfum d'insouciance british et le surréalisme de certaines ambiances qui faisaient tout le sel de cette oeuvre cultissime, d'autant plus qu'il n'y avait évidemment pas le superbe main theme musical et le générique d'anthologie.

Bref, la seule adaptation télévisée en BD réussie reste pour moi celle d' "Amicalement Vôtre" qui paraissait entre 1975 et 78 dans Pif-Gadget (avec au crayon Marcello et Mora aux textes), mais qui hélas n'a fait l'objet d'aucun album ; éditeurs qu'attendez-vous ?
Cette version de Chapeau Melon... (dont le titre original de la série était " The Avengers ") n'est pas pitoyable, elle comporte quelques idées mais elle ne peut pas captiver un vrai fan. Décidément, après une adaptation en film complètement ratée en 1997 (avec Ralph Fiennes et Uma Thurman, et Sean Connery en méchant), les fans ne sont pas gâtés...

Nom série  Avengers Forever  posté le 23/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette maxi-série parue entre 1998 et 2000, composée de 12 épisodes, est conçue par les 2 stars des comic books de ces dernières années Busiek et Pacheco ; leur association ici est pleinement réussie, ce récit est remarquable par son ampleur et ses ambitions, utilisant un maximum de super-héros, dont les plus appréciés par les fans dans des combats déchaînés et une confrontation avec leurs descendants, tout en perçant à jour quelques secrets comme par exemple l'origine de l'androïde Vision. Mais le plus fascinant, c'est Kang, seigneur de guerre né au 30ème siècle qui se sert d'une machine temporelle pour asservir les peuples de différentes époques.

Busiek (assisté dans quelques épisodes par Roger Stern) et Pacheco se sont lancés dans cette aventure avec un enthousiasme qu'on devine tout au long de la lecture, et sans savoir vraiment comment ils allaient la terminer, se laissant porter par leurs envies et le développement de l'intrigue ; d'ailleurs ils laissent une fin ouverte qui peut faire aisément redémarrer l'histoire vers une autre direction.

Le résultat est sensationnel, il ne peut que ravir le public friand des exploits des plus grands héros de la planète. La mise en page est moderne, la vivacité du trait de Pacheco est fabuleuse, elle est assez proche des graphismes anciens des années 70 tout en étant plus fluide, j'y ai retrouvé la fulgurance et le punch dévastateur du temps de Jack Kirby. Assurément une oeuvre de référence dans la grande saga des Vengeurs.

Nom série  La Terre sans mal  posté le 23/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album m'a laissé un peu dubitatif, et je suis embarrassé pour le noter ; c'est un récit étonnant d'une longue quête initiatique qui plonge au coeur de l'Amazonie et qui rend hommage à l'ethnographie. Tandis que la guerre déchire l'Europe, il entraîne son héroïne dans un monde hors du temps, et il s'en dégage une réelle poésie. L'idée du journal intime et des différents écrits en pages de garde est de plus originale. C'est aussi un témoignage vibrant en l'honneur de tous les peuples d'Amérique du Sud massacrés par les colons et les gouvernements qui détruisent leur écosystème et leur mode de vie. De ce côté, l'album a plusieurs points communs avec le très beau film de John Boorman la Forêt d'Emeraude.

Je crois que c'est comme ça qu'il faut appréhender ce récit, car malgré tous ces points positifs, l'intrigue n'est pas spécialement passionnante, le personnage d'Eliane pas vraiment attachant, et le côté introspectif est un peu trop insistant ; donc je ne suis guère attiré par cette histoire, et le propos réel des auteurs m'échappe et reste confus, même certains dialogues semblent nébuleux.

Quant au dessin, c'est lui qui sauve un peu cette Bd car il est très esthétique, avec des images diaphanes par endroits et un joli traitement des couleurs qui convient parfaitement à cet univers de jungle étouffante.
J'étais tenté de mettre 2/5 car j'attendais autre chose de cette Bd, mais je suis plutôt indulgent sur ce coup-là, c'est un très petit 3/5...

Nom série  Sanctuaire  posté le 22/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tout le début est mystérieux avec ses 2 prologues ; c'est le genre de séquences qu'on voit aussi aujourd'hui au cinéma : on nous balance des scènes dont on ne comprend pas immédiatement la signification et qui deviennent claires au milieu du récit lorsque l'intrigue renvoie dessus. Je n'aime pas trop les débuts d'histoire utilisant ce procédé, mais c'est la tendance actuelle.
A partir d'un canevas déjà employé et vu dans plusieurs films "sous-marins" à découvertes étranges, Dorison et Bec installent un suspense efficace, un ton mystérieux et flippant qui se nourrissent de films comme Abyss, Sphère ou Abîmes (je trouve ce dernier très proche de l'univers développé ici) ; il y a aussi un évident côté Alien dans cette Bd, surtout lors de la découverte de la grotte marine et du sous-marin russe.

Le dessin un peu sombre contribue à l'angoisse, le côté aéré et les grandes cases ainsi que certaines pleines pages ou double-pages compensent l'aspect confus qui peut se dégager par endroits, c'est en tout cas un style bien adapté à ce type de récit, le graphisme spécial me rappelant certaines Bd de Clavé, mais il comporte quelques défauts, notamment des visages trop ressemblants ou très différents (le commandant a parfois la tronche de l'acteur Scott Glenn, parfois il ne l'a plus, et j'ai cru reconnaître un physique à la Johnny Depp sur un autre personnage), ceci gêne un peu la lecture déjà qu'on doit retenir les noms d'un tas de mecs dans cette expédition (qui a lieu en 2029 et non en 2050 comme précisé en galerie)...

Seule la fin gâche un peu l'ensemble, elle est trop vague, trop laissée à la disposition du lecteur qui doit comprendre ce qu'il veut. En définitive, ce n'est pas tant l'histoire en elle-même qui est intéressante (car déjà vue surtout au ciné), mais plutôt l'ambiance oppressante qui s'en dégage, car tout ce qui prend pour décor les fonds abyssaux est par définition flippant en jouant sur la peur de l'inconnu ; de ce côté-là c'est réussi, mais heureusement que la série est traitée en triptyque, car elle est un peu fatigante à lire.

Nom série  Ivanhoé  posté le 22/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce roman de Walter Scott fut probablement une de mes premières lectures qui n'était pas une Bd (je devais avoir 9 ou 10 ans ??), c'était un roman, un vrai livre quoi, sans images. Ce livre a dû conditionner mon intérêt pour le Moyen Age, relayé par une vieille série TV avec Roger Moore, et par le cinéma où je raffolais des films de chevalerie. Et justement ce grand classique de la littérature anglaise a bénéficié d'une adaptation ciné en 1954 (avec Robert Taylor et Elizabeth Taylor), pas trop déformée par la vision hollywoodienne, un joyau cinéphilique qui reste encore un de mes DVD de chevet, même si je connais l'histoire par coeur. Dans ma mémoire, le roman a été occulté par ce film vu tellement de fois.

Je me suis donc penché sur cette Bd avec attention et j'affirme que c'est une très belle adaptation ; tous les grands épisodes y sont relatés, les personnages principaux sont conformes au roman, les Bois-Guilbert, les Front-de-Boeuf, De Bracy, Malvoisin, Lady Rowena, Cédric le Saxon, Rebecca d'York, Locksley (qui n'est autre que Robin des Bois), Gurth, Wamba etc...
L'histoire exploite la classique rivalité entre Saxons et Normands dans cette Angleterre du XIIème siècle, et les auteurs y dressent un bon tableau politique et historique de cette Angleterre déchirée par ces 2 castes rivales avec le même caractère et la même animosité personnifiées par les personnages du livre de Walter Scott.

Seul le dessin aurait pu me freiner car je l'ai trouvé un peu surprenant au tome 1 pour une Bd de ce type, surtout les visages qui s'inspirent du manga, mais heureusement, dans le tome 2, ça se modifie en mieux pour devenir bien plus maîtrisé et très plaisant dans le tome 3. Je trouve quand même que Ivanhoë a un physique trop juvénile, et que la perfidie du prince Jean n'est pas assez appuyée. Quant à l'assaut du château de Torquilstone, il occupe presque 3 chapitres dans le roman, et dans le film, on y voyait une attaque et un siège en règle lors d'une longue séquence, il est donc normal que les auteurs l' aient développé dans le tome 2 en y consacrant de belles pages. Même le combat judiciaire à la fin, qui occupe à peine une page du roman est traité de façon très courte, alors que dans le film, afin d'alimenter une scène forte et pour éblouir le spectateur, la séquence durait une bonne dizaine de minutes avec un combat à la hache et au fléau d'arme acharné qui constituait un véritable morceau de bravoure et où le méchant Bois-Guilbert devait être puni de façon édifiante.

Je termine cet avis en notant la richesse incroyable du dialogue qui reprend également la plupart des dialogues de Walter Scott avec ses jurons pittoresques et ses belles formules littéraires féodales. Une belle adaptation donc, idéale en 3 tomes, qui permet de bien s'immerger dans l'univers de la chevalerie et de comprendre le passé ancien de l'Angleterre.

Nom série  La Loi du chaos  posté le 22/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Le dessin n'est pas tellement dans mes goûts, je le trouve parfois approximatif, c'est déjà une première approche un peu négative. Mais les décors, l'univers développé, la richesse du texte et quelques idées réussies (comme le domaine des dieux ou chaque dieu a une spécialité maudite) rattrapent un peu l'ensemble, de même que les ciels en colorisation numérique sont plutôt jolis.

Il y a encore un peu de Seigneur des Anneaux dans cette série, avec en plus une dose de cruauté évidente ; la forteresse de Jaspe Sanguin dans le tome 2 ressemble comme 2 gouttes d'eau à la tour de Barad-Dûr.
Mais tout ça ne m'attire pas ouvertement, les personnages n'ont guère de substance, tout est trop froid et sévère. J'ai lu les 3 albums sans la moindre passion, un peu pressé d'en finir, je peux même dire que je m'y suis un peu emmerdé par endroits ; en fantasy, il y beaucoup mieux, c'est clair.

Nom série  L'Assassin Royal  posté le 20/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je ne connais pas les romans, je partais donc sans a priori et sans aucune contrainte. D'emblée, je ne suis pas très attiré par le dessin de Sieurac que je trouve banal, en totale contradiction avec celui des très belles couvertures d'albums.
Ensuite, il y a le ton étrange et confus qui me dérange, ça piétine et ça n'avance pas, il ne se passe rien durant les 2 premiers albums. Puis le dessin est nettement meilleur dès le tome 3, et s'améliore au fil des albums, mais ce changement de dessinateur n'enlève pas ce sentiment de récit embrouillé, pesant, un peu hermétique ; total, j'ai lu 6 albums sans comprendre grand chose et surtout sans aucun plaisir de lecture, tout en notant que l'univers développé est certainement d'une grande richesse, et agrémenté de costumes chatoyants, de coutumes originales...

Mais je n'ai pu rentrer dans ce récit, il n'y a pas de chaleur, pas d'intensité, pas de passion, pas d'émotions, pas de personnage vraiment attachant, tout est si rigide, froid et strict. En définitive, je suis resté constamment dans le flou ou je suis passé complètement à côté du sujet.

Nom série  Atlantis  posté le 20/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
On se croirait dans un véritable film catastrophe, c'est quelque part ultra racoleur, visant un public ciblé habitué à consommer de l'à-peu près. Mais malgré cette impression, le mythe de l'Atlantide n'est pas si mal exploité que ça ; il y a bien des idées saugrenues, mais on s'attend à les trouver chez Froideval.

Graphiquement c'est assez correct, avec des double-pages grandioses et une mise en page ahurissante ; le dernier tome est le plus démentiel. Angleraud aurait pu pousser un peu plus dans le délire visuel avec un tel sujet, plutôt que trop s'attarder sur la nudité des Atlantes, et on se dit qu'avec un potentiel pareil, évoquer l'Atlantide aurait permis une telle liberté et que ça aurait pu donner une série époustouflante, on a donc l'impression d'un gâchis, d'une idée timidement exploitée. Mais dans l'ensemble, ça peut se lire sans trop d'ennui, c'est au point limite qu'il ne fallait pas dépasser pour que ça soit débile. Vraie note : 2,5/5.

Nom série  Wyoming doll  posté le 20/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Au départ, j'ai eu du mal à reconnaître le dessin de Franz, il offre un graphisme beaucoup plus travaillé que sur Lester Cockney et Poupée d'Ivoire, surtout sur les visages réalisés d'un trait très sûr, et adopte un découpage en petites cases, technique qui n'est plus guère utilisée depuis au moins une vingtaine d'années.

Alternant la vision de l'Indien pur en harmonie avec la nature et celle de l'Ouest crasseux des Blancs, Franz livre un western pathétique, contemplatif, poétique et très empreint d'une immense tristesse. Même s'il est imprégné de références cinématographiques, il est très éloigné des autres westerns traditionnels qu'on connaît en BD, tels Blueberry, Comanche, Mac Coy et encore moins Durango ; l'errance des personnages et la lenteur de l'action tendraient à le rapprocher plutôt de Cartland.

Les Blancs et les soldats ont tout à fait la même mentalité pourrie et détestable que ceux du film Danse avec les loups : c'est la pire image du Blanc haineux et raciste envers l'homme rouge, qui refuse de le comprendre, et l'on ne peut qu'être surpris de l'étrange attachement de cette fillette pour le Sioux Salmon Leap qui la protège, de même que l'amitié entre ce dernier et Juball fait de cette Bd un western humaniste très attachant.
Une très belle histoire qui fait naître une certaine émotion.

Nom série  Le Jeune Albert  posté le 18/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Au départ, ce personnage de Al Memory, plus connu sous le pseudo de jeune Albert, fait son apparition dans le sillage de Bob Fish en 1980 dans Métal Hurlant. Très vite, il acquiert un rôle prépondérant supplantant Fish, et en 1981, il est le héros d'un récit court avant de devenir en 1982 le pivot d'une série de gags en demi-planche dans Métal Hurlant, commençant à développer son caractère de gamin perturbateur, cruel et égocentrique.

Sur le plan graphique, malgré l'emprunt de quelques signes typiquement hergéens, c'est vers Jijé que le style évolue, avec une utilisation plus épurée que dans Bob Fish, mais toujours en s'approchant étrangement du Tintin d'avant-guerre, en particulier l'esthétique parfois faussement maladroite du Lotus Bleu première version ; c'est ce qui m'a sauté aux yeux le première fois que j'ai vu ces gags dans Métal.

En tout cas, cette bande est probablement l'une des créations les plus originales de cette décennie 80, et sûrement l'une des plus personnelles de son auteur, comme une projection de lui-même dans ce garçon belge cynique, sadique et insolent, une sorte de petit frère de Quick et Flupke en beaucoup plus cruel.
La disparition de Chaland en 1990 met un terme à cette prometteuse série, même si personnellement je ne la goûtais que modérément à cause de certains gags que je ne saisissais pas toujours.

Nom série  Bob Fish  posté le 18/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce détective à l'ancienne est un clin d'oeil volontaire à "Valhardi" et aux vieilles Bd franco-belges de l'âge d'or, on sent nettement l'influence de Jijé se profiler tout au long de ces aventures décalées et à la trame complètement invraisemblable, avec cette invasion de Bruxelles par les Chinois, Chaland n'ayant d'ailleurs jamais caché cette influence, il l'a revendiquée même.
Je me demande où il a pu aller chercher cette idée de Chinois envahisseurs, et puis je me suis rappelé d'un film de Jean Yanne en 1972 "les Chinois à Paris" dont le propos était identique, sauf que c'était à Paris ; Chaland est peut-être parti de là.

Pour ancrer totalement cette Bd dans son cocon de belgitude avec une ironie faussement aimable, il n'hésite pas à jouer en virtuose de cette fameuse Ligne Claire qui était très utilisée dans ces années 80. Mais c'est aussi pour mieux s'en moquer, et il parvient à séduire par son imagination débordante et cette aisance graphique en bi-chromie si caractéristique. On n'en finit pas de compter les aspects référentiels de cet album, où il pompe à outrance Franquin, Hergé, Jacobs, Vandersteen et bien-sûr Jijé, aussi bien dans l'esprit, les allusions et sur le plan graphique.

Un album qui étrangement est tout autant atypique que familier. Pas sûr que ça plaise aux plus jeunes, mais c'est à lire par pure curiosité.

Nom série  Wallenstein  posté le 18/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Les auteurs présentent les exploits d'un général de guerre hors du commun très méconnu chez nous. D'après ce que j'en sais, c'était un chef militaire brillant qui entra en action dès la révolte de la Bohême en 1619, suite aux défenestrations de Prague ; il joua un rôle important au sein d'une guerre de Trente Ans complexe et inutile qui a embrasé une partie de l'Europe et où la France a joué un rôle assez conséquent. En effet, même si Richelieu avait d'autres chats à fouetter en faisant plier la noblesse française et avec le siège de La Rochelle, son intervention dans ce conflit politique et religieux où furent impliqués l'Allemagne, la Hanse, le Danemark et la Suède jusqu'en 1648, parvint à rétablir un semblant de situation avec les victoires de Turenne à Rocroi et à Nordlingen. De nombreux châteaux furent incendiés par les Suédois en Alsace, province qui revint à la France. Cette guerre cessa avec le traité de Westphalie qui profita à la France et qui vit se réduire la puissance des Habsbourg.

Cette partie de l'Histoire ne me passionne pas du tout, et j'avoue avoir pris peu d'intérêt à la lecture de cet album, où le rôle de la France n'est d'ailleurs que peu évoqué, se contentant de mettre l'accent sur le personnage de Wallenstein pour mieux le cerner. Ceci s'adresse surtout à ceux qui connaissent déjà bien le personnage, car il n'est pas fait mention d'une explication claire pour le néophyte dans cette guerre que je n'ai d'ailleurs jamais bien compris lorsque j'étais étudiant, d'où mon désintérêt.

Le dessin est clair, plaisant et soigné, les armées et les batailles représentées avec sérieux, c'est une histoire digne de cette collection du Lombard, mais la narration n'est guère facile à suivre quand on est peu attiré par le sujet, et surtout quand on ignore les enjeux de cette guerre de Trente Ans ; les auteurs auraient dû donner des bases précises. Aussi, à défaut d'être vraiment passionnante, cette Bd illustre un conflit qui fit des ravages, tout en permettant de mieux connaître un général acharné, intransigeant et cruel, mais elle plaira surtout aux lecteurs déjà renseignés sur cette guerre.
Vraie note : 2,5/5 (pour le dessin).

Nom série  Ouen le bûcheron  posté le 18/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nous sommes au Moyen Age, dans un monde parfois inquiétant rempli de méchants seigneurs, de pauvres serfs et de sorciers. Ces aventures médiévales humoristico-mystérieuses où évolue un brave bûcheron, sont dues à Pierre Chéry dont le trait enlevé et subtil a animé bien d'autres séries pour la jeunesse dans les années 60 et 70. C'est un dessinateur discret dont l'oeuvre est pourtant assez abondante, surtout dans la presse catholique, notamment un western humoristique Jim Aydumien dans Formule 1, les aventures de "Globe et Trotter" dans Fripounet, ou encore les gags loufoques de "Nazaire" dans le petit bi-mensuel Francs-Jeux (diffusé à l'époque par les coopératives scolaires). Toutes ces bandes ne faisaient l'objet d'aucun album.

C'était le cas aussi pour "Ouen" jusqu'en 2013 où un petit éditeur a eu le courage de publier l'intégralité des récits longs en albums ; la série diffusée elle aussi dans Francs-Jeux entre 1960 et 1983 a connu 12 récits complets dont je me souviens en avoir lu plusieurs vers 1970 et 71. Je n'étais alors qu'un bambin, mais j'adorais cette petite Bd colorée pleine de charme et de gentillesse ; c'était une petite bande pour jeune public d'un très bon niveau comme d'ailleurs beaucoup de Bd pour jeunes à cette époque parce que la bande dessinée qui commençait à faire son trou dans la société française des années 70 devait encore convaincre les parents de son sérieux, même en étant humoristique. La bande permettait à Chéry de faire évoluer son petit personnage à travers un Moyen Age de fantaisie et de conte de fées, en l'opposant à de tristes sires par la ruse et la bonté. Et le trait visiblement inspiré de Peyo, plein de malice et très vif, contribuait à cette qualité, un peu comme dans Johan et Pirlouit.

Un joli souvenir d'enfant qui peut encore plaire à des petits pas trop imprégnés de mangas.

Nom série  Les Naufragés d'Arroyoka  posté le 11/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je me souviens bien de ce récit dans le journal Tintin lorsqu'il fut diffusé en 1971 en formule maxi-chapitres sur plusieurs numéros espacés ; c'est ce qui m'avait énervé par rapport aux autres histoires en maxi-chapitres qui étaient publiées dans les numéros en suivant. Pour cette raison et aussi parce que le dessin d'Auclair à l'époque ne me plaisait pas, je ne l'ai pas lue. Et puis comme il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, plus tard, j'ai découvert Bran Ruz qui m'a emballé et j'ai voulu lire tout ce qu'avait fait Auclair avant, acceptant son dessin qui se plaçait finalement bien dans la tendance des dessinateurs du journal dans les années 70.

J'ai évoqué dans d'autres avis le procédé des maxi-chapitres mis en place par Greg lorsqu'il fut rédac-chef du journal Tintin, et ici, on le voit parfaitement ; divisé en chapitres de 8 planches, le récit ne souffre pas trop, la narration ne s'accélérant que vers la fin, et d'ailleurs les 2 derniers chapitres ne comportent que 7 planches ; dire que Greg dut se hâter pour terminer son histoire est proche de la vérité, car cette histoire n'a pas du tout marché dans Tintin, je m'en souviens très bien, elle était très mal classée lors du référendum du journal, mais le métier de Greg parvient quand même à cloturer son récit certes un peu dans l'urgence, et pour essayer de lui donner une seconde chance, le Lombard a réalisé une édition en album. Aujourd'hui, quand une série ne marche pas, l'éditeur ne va pas prendre le risque d'une publication d'un second album, mais à cette époque c'était courant. Il faut aussi savoir qu'en ce début d'années 70, le journal Tintin avait besoin de se renouveler et que plusieurs séries-test servaient à le remplir, Greg étant à l'affût de tout.

Avec le recul, je dois dire que ce récit m'a bien plu, ça démarre très bien, avec le coup classique de l'île déserte où se réfugient des naufragés, c'est un sujet très seventies, même si aujourd'hui il peut faire penser à Lost. En tout cas, le scénario n'est peut-être pas aussi travaillé qu'un Bernard Prince ou un Bruno Brazil auxquels Greg apportait un plus grand soin, mais il construit une aventure qui reste très plaisante, avec un ton mystérieux et insolite, où l'on reconnaît son ironie coutumière dans certains dialogues. Le dessin d'Auclair qui en était presque à ses débuts (il n'avait publié que Jason Muller dans Pilote) est typique de l'époque, un peu dans le style d'Hermann, plutôt agréable. Voici donc un one-shot sympa peu onéreux en occase, que j'ai trouvé à 5 euros, un doux reflet des Bd marquées par une époque.

Nom série  Jackson  posté le 11/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce western des grands espaces sauvages peut à première vue faire penser à Buddy Longway pour son humanisme, son amour de la nature et sa bonne description de la culture indienne et des contrées du Grand Nord, mais le traitement est différent surtout dans le découpage et la mise en page. C'est l'Amérique des trappeurs à une époque où les Blancs n'ont pas encore envahi les terres et n'ont pas volé ce qui ne leur appartenait pas, c'est avant tout ce qui m'a attiré vers cette Bd dont j'ai trouvé les 2 premiers albums en solderie en bon état.

La série était diffusée dans le journal Tintin moribond qui allait se transformer en Hello Bédé en 1987, et Frank Giroud n'était pas encore très connu ; il avait livré quelques récits depuis 1982 dans Tintin et venait de lancer une seule grande série : Louis la Guigne chez Glénat. Mais on perçoit déjà sa maîtrise future des scénarios bien ficelés et des dialogues intelligents. Le second album développe d'ailleurs une histoire très peu classique. De son côté, Marc-Rénier en était à ses débuts, il n'avait pas l'éclat qu'il offrira dans Black Hills, mais lui aussi offre un graphisme qui s'annonce prometteur, avec de jolis paysages, en dépit de certaines couleurs sombres.

En définitive, cette série très méconnue sans être véritablement passionnante, n'est pas ennuyeuse, elle se révèle même très attachante, à tel point que si au détour de mes visites en bouquineries et vide-greniers où j'ai l'habitude de musarder, je trouve les 2 autres albums, je les prends sans hésiter.

Nom série  Légendes des Contrées Oubliées  posté le 11/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série très bien notée sur BDT et figurant dans les Immanquables me surprend au premier abord : qu'on y trouve Astérix, De Cape et de Crocs, Gaston Lagaffe, Murena ou du Gotlib... je comprends, mais cette série ? franchement, je suis dubitatif. Non pas qu'elle soit médiocre mais je trouve tout simplement que c'est très exagéré, qu'elle ne mérite pas autant d'éloges et que dans le genre fantasy, il y a cent fois mieux ; bon faut pas oublier qu'elle remonte à 1987 et c'est certainement une question de génération, mais ça ne m'a pas fait grimper aux rideaux, contrairement à la plupart des avis très positifs des lecteurs de BDT.

Il y a peut-être aussi le fait qu'elle fut une des premières en France à redéfinir le genre peu après La Quête de l'Oiseau du Temps, l'heroic fantasy prenait son envol avec ces 2 séries. Cependant, comme certains posteurs, je reste mesuré.
Il y a certes un univers riche, c'est inventif au niveau des créatures, mais le scénario est ultra classique, très tendance Tolkien, et le dessin est surchargé, avec des cases très remplies qui font fouillis par endroits ; attention, ce ne sont pas à mes yeux des défauts en soi, ce genre de graphisme peut se révéler très intéressant sur d'autres séries, mais je n'aime pas trop ce style graphique c'est tout.

On passe donc un bon moment avec cette bande qui fort heureusement n'a pas succombé aux sirènes commerciales et qui ne compte que 3 albums, c'est une bonne Bd sans plus, mais il n'y a rien de culte là-dedans, enfin pas pour moi en tout cas...

Nom série  La Marque de la sorcière  posté le 11/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série qui a pourtant bénéficié de plusieurs rééditions reste étrangement peu connue du grand public, et c'est assez dommage. C'est une habile combinaison entre l'Histoire et des éléments fantastiques ou plutôt de la sorcellerie, imaginée par le scénariste Basque espagnol Gregorio Harriet que j'avais découvert avec l'excellente série Justin Hiriart dans les années 80, et qui ensuite récidivera avec une non moins intéressante série chez Vécu : La Sueur du soleil.

Autant dire que cet auteur gagne à être découvert par le biais de cette série fantastique plutôt envoûtante, dont je n'ai pu lire que les 3 premiers albums. Ce que j'y ai aperçu a suffi à m'intéresser. Harriet y décrit un univers trouble au temps de l'Inquisition durant la Renaissance, c'est assez édifiant même si j'aurais préféré qu'il force un peu plus le trait. Le dessin se révèle à la hauteur du sujet, excellent dans la précision et les détails, et créateur d'ambiances.
Bref, une bonne série qui plaira aux amateurs de maléfices et autres sortilèges.

Nom série  L'Aéropostale - Des pilotes de légende  posté le 10/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série s'annonce comme une belle idée, de faire revivre les grandes heures de cette épopée du courrier par les airs. On connaît plus ou moins les grandes figures qui se sont illustrées durant cette épopée comme Mermoz ou Saint-Exupéry, et j'avais entendu parler de Guillaumet par un récit complet lu dans le journal Pilote au cours des années 70, je savais ce qui lui était arrivé et je connaissais son mot célèbre (prononcé à la fin de l'album).

Aussi je trouve que ce premier album qui lui est consacré sonne juste, il raconte sobrement les faits et fait naître une émotion ; on a envie que ce type s'en sorte parce que c'est un brave type et que sa mission est noble. Le dessin convient parfaitement à ces solitudes glacées de la cordillère des Andes, le dessinateur réussit de très belles images de montagnes et de ciel plombé.

Le second album sur Mermoz est moins prenant mais il est édifiant et permet de voir d'autres difficultés rencontrées par les pilotes de l'Aéropostale ; les images de "pot au noir" (dont une double page grandiose) sont vraiment magnifiques, ainsi que la dernière page avec la lune.
Pour l'instant, la série semble de bonne qualité, espérons qu'il en sera de même pour les autres volumes...

Nom série  Western Valley  posté le 09/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voici un western qui aurait pu être correct avec une amorce intéressante et quelques personnages teigneux, mais ça sombre très vite dans la médiocrité ; le genre a tellement été dépoussiéré ces dernières années pour faire oublier les grands classiques comme Blueberry ou Comanche que certains n'ont jamais réussi à les égaler, on en a une preuve de plus ici : en voulant trop jouer la carte du renouveau, les auteurs se plantent complètement et font du n'importe quoi.

J'ai pas trop compris l'argument principal, ça reste confus et prétexte à des tueries gratuites, et le peu que j'ai pu saisir me semble inutilement embrouillé et inintéressant, ça ne tient pas debout. En plus de ça, il y a trop de ressemblances dans les gueules des types, on les confond tous, ça ne fait qu'amplifier ce sentiment de confusion, sans compter que l'héroïne n'apporte pas grand chose dans cette histoire ; d'après la présentation en dos de couverture, on s'attend à trouver quelqu'un de redoutable, mais elle n'a aucun poids dans l'intrigue, chaque mec a un nombre de scènes à peu près égales alors que Chicanas joue les seconds rôles (de luxe je vous le concède).

Reste le dessin qui à priori n'est pas mal, il y a de très belles grandes images en plan général et de jolies couleurs, mais c'est truffé d'imperfections et d'approximations dans les proportions (la poitrine de Chicanas varie souvent en grosseur), les perspectives, les visages... de loin, les détails sont vraiment réduits au minimum. S'ajoutent à tout ceci des effets faciles et non expliqués, et vous avez une vraie soupe westernienne moderne. Ben moi, je vais me relire un bon vieux Blueberry, là au moins, je sais que je serai pas déçu, bloody hell !

Nom série  Hauteville House  posté le 08/05/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A première vue, cette aventure pourrait être de l'uchronie intéressante, les auteurs tissent une intrigue politique steampunk qui se veut accrocheuse, il y a un mélange assez surprenant de fantastique, d'historique, d'aventure, de bonnes idées, de nombreuses références et de fond scénaristique bien documenté, même si souvent ça vire à du James Bond façon XIXème siècle avec une avalanche de gadgets et d'engins modernistes utilisés dans des missions mouvementées bourrées d'actions improbables et trop faciles. Le tout est joliment illustré avec de belles couleurs flashantes (même si c'est pas trop ce que j'aime), en dépit de visages bizarres et parfois ratés.

Mais passé le 1er cycle, j'ai la confirmation de ce que j'avais pressenti dès le début : une propension à un mix trop incroyable, une baisse de rythme et une perte d'intérêt déclenchés par le goût de Duval pour user la corde au maximum, malgré un sentiment d'histoire bien structurée au départ et souvent captivante, qui m'a bien souvent rappelé les Mystères de l'Ouest, série TV mythique et fétiche de mon adolescence.

En résumé, il ne manque peut-être pas grand chose à cette série pour réellement m'intéresser, mais elle devient trop longue, il se passe beaucoup trop de choses, ça se disperse trop , et les personnages sont un peu creux. En même temps, elle n'est pas franchement déplaisante, visuellement c'est beau, il y a des passages fort agréables, mais sur la globalité, j'en ai déjà assez dès le début du second cycle ; je laisse tomber sans regret, mais ma note n'est pas pour autant négative.

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