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Nom série  Le Voyage aux Ombres  posté le 11/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voyage aux Ombres se déroule sur Troy, plus précisément au Darshan, et transpose en l'inversant le mythe d'Orphée et Eurydice dans l'univers mythologique de cette région aux influences asiatiques.
Encore une série dérivée de Lanfeust De Troy ? Encore un produit commercial ?
Peut-être, quoiqu'il reste discret sur le sujet puisque Troy n'est mentionné nulle part sur la couverture et tout juste un peu en fin d'album, mais en tout cas c'est une très chouette bande dessinée !

Le récit met en scène Dissëry, jeune darshanide intelligente et désireuse de vivre sa passion pour le théatre, chose hélas particulièrement honteuse pour la culture de son peuple. Heureusement pour sa famille et malheureusement pour elle, un noble darshanide s'est épris d'elle et leur mariage aura lieu qu'elle le veuille ou non. Alors pour échapper à cette vie de femme soumise qu'elle rejette, elle se donne la mort. Cependant, très fier, son mari ne s'en laissera pas compter et partira aussitôt à sa recherche dans l'au-delà légendaire des darshanides.

Plutôt simple dans sa trame, ce scénario se révèle raconté avec brio.
Le dessin de Virginie Augustin (Alim le tanneur) est excellent. Il rend finalement encore mieux dans la version noir et blanc du tirage de tête de cet album que dans la version classique en couleurs qui sont certes jolies mais réduisent un peu la beauté du coup de crayon de la dessinatrice.
Le décor et les éléments de la mythologie darshanides sont fouillés et amusants. Toute la réflexion sur le mariage, la liberté et la mort est intelligemment mise en scène. Les personnages sont originaux et bons, avec une mention pour le mari, Phorée, faisant la preuve en fin de récit qu'il est nettement moins obtus et idiot qu'il en donnait l'air au départ. Le tout est dépaysant, divertissant et ne manque pas de charme. Et, Christophe Arleston oblige, il y a évidemment une bonne dose d'humour et de jeux de mots mais le tout est nettement moins lourd que dans les derniers Lanfeust.

Bref, voilà une très agréable lecture ouvrant un pan nouveau et intéressant de l'univers de Troy en racontant une histoire intelligente, amusante et dotée de très bons personnages.

Nom série  La Grande Lulusion  posté le 11/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
"Malheureusement, je trouve que vous n'avez pas grand chose à raconter, c'est dommage. Ou alors peut-être avez-vous plein de choses à raconter, mais le masque que vous mettez est un peu trop épais. Bien à vous."
Ces mots intégrés à la fin de cet album semblent venir d'un éditeur ayant répondu négativement à son auteure. Mon avis à moi sera plus sec : "Si vous n'avez rien à raconter, merci de ne pas l'étaler sur 140 pages".

J'ai rarement vu autant de dilution d'un contenu pourtant déjà très maigre à la base. L'auteure se met en scène comme une justicière masquée qui aimerait bien sauver le monde entier mais se contente plutôt de l'observer depuis son nuage, de se lamenter et de réciter quelques phrases pseudo-philosophiques. Au passage, elle se montre, s'exhibe, se plaint, bavarde pour ne rien dire, essaie d'attirer l'attention sur elle, débite quelques niaises vérités sur le monde qui va mal, demande à ce qu'on l'aime et qu'on la craigne... bref tourne complètement en rond.
Le coup de crayon pour sa part n'est pas mauvais, même si les décors sont le plus souvent inexistants, mais si c'est pour brasser du vide, ça n'a guère d'intérêt.

Nom série  Irène et les clochards  posté le 11/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Bon, ok, je suis passé complètement à côté de cette BD. Et si je ne l'ai vraiment pas aimée, je ne lui ferai pas l'honneur de dire qu'elle m'a dérangé ou touché : je l'ai lue avec indifférence, incompréhension et finalement désintérêt.

Je ne suis pas un grand fan de l'oeuvre de Ruppert et Mullot que j'ai souvent du mal à appréhender mais où je sais reconnaitre l'humour, d'ordinaire. Sauf qu'ici, le récit est très sérieux et tout sauf humoristique, ou alors à un degré je ne saurais évaluer.

Il met en scène Irène, une jeune femme encore étudiante, lesbienne et ayant eu à subir un cancer du sein, dont l'état de dépression atteint un stade suicidaire empli de violence envers elle-même et autrui. Elle passe son temps à imaginer sa propre mort brutale, le meurtre de ceux qu'elle croise dans la rue ou de purs accès de fureur où elle casserait tout autour d'elle. Elle se donne comme but provisoire un pseudo reportage sur les clochards mais son propre rejet de tout l'empêche d'aller bien loin. De toute manière, son état d'esprit l'empêche de vivre une relation normale avec d'autres êtres humains.

Certes ce récit a sûrement bien des aspects réalistes. Il met en scène un personnage qui pourrait tout à fait exister et représente avec justesse la solitude et la dépression.
Mais qu'est-ce que c'est chiant !
Je n'ai vraiment pas accroché à ce récit, à cette violence imaginaire mise en image à répétition, à ces visions morbides et haineuses constantes. Et quelque soit le réalisme et l'acuité de ce portrait de femme à l'esprit malade, cela me rebute suffisamment pour ne pas me donner envie de l'aider, bien au contraire.
Arrivé en bout de lecture, je me suis franchement dit que j'avais lu tout cela pour rien et sans éprouver le moindre intérêt.

Nom série  Dragon Ball  posté le 25/03/2004 (dernière MAJ le 10/05/2011) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Dragon Ball, ça a été pendant toute ma jeunesse les dessins animés avant tout. Dragon Ball quand j'étais au collège puis Dragon Ball Z jusqu'au début de mes études. Ce n'est que parallèlement que j'ai découvert la version manga et j'ai immédiatement accroché. Et alors qu'une vingtaine d'années plus tard on pourrait penser que j'aurais gardé cette passion derrière moi comme un reliquat un peu honteux de ma jeunesse, au contraire je relis régulièrement le manga, avec toujours autant de plaisir.

Dragon Ball, c'était avant tout de la déconnade, des combats pour rigoler au début puis un peu plus sérieux par la suite, du SanGoku naïf, gentil et rigolo, ses amis tous plus sympas et délirants les uns que les autres... Et je ne vais pas le cacher, j'adorais aussi ce système de méchants de plus en plus puissants, d'augmentation des pouvoirs de Goku et des autres, bref ce qui a fait de Dragon Ball ce que la série est devenue dans DBZ avec son escalade de puissance et de capacités surhumaines qui rebutent certains lecteurs. Avec des yeux d'adultes, j'y vois un net transfert, je me sentais fort parce que je me voyais bien dans la peau de Goku (il reste mon préféré avec Végéta), je me défoulais dans les combats emplis de cris tels que "Kayayayayayayayayaya !".
Et encore maintenant, un KAMEHAMEEEHAAAAAAAA !me fait ressentir une impression de défoulement presque jouissif. J'en souris rien qu'à l'écrire.

Alors oui, l'essentiel de ces impressions et souvenirs me viennent du dessin animé, mais justement, c'est toute l'ambiance de ce dessin animé que j'ai retrouvé dans les mangas. Et comme pour les dessins animés, j'ai dévoré les mangas avec la même passion et la même frénésie d'en lire plus, toujours plus. En outre, je trouvais plus de maturité et d’intérêt dans le manga. Le rythme et la narration sont bien plus maîtrisés, d'une parfaite efficacité et soutenus par un dessin formidable. La déconnade, le défoulement et tout le reste étaient les mêmes, mais plus à même d'intéresser un adulte que le dessin animé lui-même.

J'ai donc finalement craqué : je me suis acheté l'intégrale il y a quelques ans. Je les ai dévorés ! Tous ! Un vrai plaisir ! Je craignais d'avoir vieilli et de trouver ça idiot et brutal mais au final ça me plait toujours autant : excellent !
Et finalement, plusieurs années après cet achat, c'est bien l'une des rares séries que je lis et relis avec toujours autant de passion, et c'est d'ailleurs un virus que j'ai transmis sans difficulté à mon fils à l'occasion de soirées de lecture ensemble.

Nom série  Manabé Shima  posté le 10/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cet album s'apparente grandement à Tokyo Sanpo du même auteur. Pas tout à fait une bande dessinée, il tient à la fois de l'album illustré, du recueil de dessins à titre informatif et de l'art séquentiel. Autant j'avais trouvé l'album précédent certes intéressant mais un peu fastidieux, autant j'ai véritablement apprécié celui-là.

Florent Chavouet a décidé d'achever son séjour prolongé au Japon en choisissant plus ou moins au hasard l'une des innombrables petites îles de l'archipel pour y passer les deux derniers mois d'été qu'il lui reste avant de rentrer en France. Son choix se porte sur Manabeshima, île de 300 habitants située dans la mer intérieure entre Honshu et Shikoku. Il va y débarquer à l'improviste, s'installer dans l'auberge de jeunesse locale et passer tout son été à observer et dessiner tout autour de lui, raconter toutes ses rencontres, ce qu'il aura appris et essayer autant que possible de s'intégrer à la vie locale.
Et c'est à la fois beau, drôle, intéressant, dépaysant et même un peu émouvant quand vient la fin du séjour.

Le dessin de Florent Chavouet est très agréable. Rond et coloré, il est lumineux, joyeux et détaillé. Je le trouve d'ailleurs un peu plus maîtrisé encore et plus efficace que dans Tokyo Sanpo. Il n'a pas son pareil notamment pour représenter des vues d'ensemble d'intérieurs japonais encombrés par une coupe déployée vue du dessus. Ses visages caricaturaux sont tout aussi réussis et on s'attache bien vite aux bouilles des personnages récurrents qu'il aura côtoyés au long de son séjour.

Je me suis senti transporté comme au cours d'un beau voyage dépaysant parsemé de rencontres sympathiques et de découvertes amusantes. Avec humour, pédagogie et un peu d'émotion, l'auteur m'a donné envie de vivre un tel séjour pour avoir la chance de vivre de telles expériences, un quotidien si différent et pour faire la connaissance de personnages à la fois étrangers mais aux personnalités si sympathiques.

Un chouette carnet de voyage superbement illustré dont on ressort avec la nostalgie d'un lieu qu'on aura ainsi visité à travers les yeux d'un autre !

Nom série  Jerry et Line  posté le 10/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Cette bande dessinée est largement inspirée du film "37°2 le matin" de Beineix, sur un scénario de Djian. Elle met en scène un couple atypique, deux amants qui s'aiment, mais sont libres avant tout, mais qui s'aiment, et c'est la folle passion, et c'est la liberté, et... et j'aime pas.

C'est vraiment un état d'esprit et un style de récit qui me rebute et m'emmerde. Un peu road-movie, un peu love story, un peu aventure moderne à l'américaine, un peu érotique. Tout se joue surtout sur l'esprit rock'n roll des protagonistes, leur refus du conformisme, leur recherche de la liberté et de la nouveauté à tout prix. Ils s'aiment à la folie mais sur un coup de colère Line n'hésitera pas par exemple à partir à l'aventure en solitaire pendant tout le second tome et à s'acoquiner avec un autre homme avec qui elle aurait facilement pu coucher sans arrière pensée si les évènements ne l'en avaient pas empêché à la dernière minute. Mais ce n'est pas grave, elle s'en fout, elle aime passionnément son Jerry et de toute façon elle est libre, pas vrai ?

L'intrigue mélange un peu tout, avec des touches de fantastique, un peu d'onirisme même, une once de polar, une dose de cul ou plutôt d'érotisme aguicheur, et quelques discours philosophiques gratuitement assénés. On ne sait pas sur quel pied danser mais les auteurs s'en foutent, ils sont libres et ce sont des poètes après tout.
Quant au dessin, c'est un style flamand rappelant celui de Henk Kuijpers (Franka). Le trait est dynamique et d'apparence assurée donc pas désagréable à priori. Je lui reproche cependant son inconstance, ses décors parfois trop vides et surtout sa colorisation franchement bizarre et pas terrible. Et puis à force de faire en sorte de dénuder aussi souvent que possible l'héroïne, ça en devient un peu lourd.

Je n'ai vraiment pas accroché à l'ambiance débridée de ce récit qui se veut "moderne" mais dont j'ai trouvé la recherche de poésie rebelle vraiment trop gratuite, trop facile et sans charme.

Nom série  Domes  posté le 09/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai un avis mitigé mais pas convaincu sur cet album.

C'est manifestement un récit pour adolescents.
Un décor futuriste, des dômes où sont enfermés les hommes civilisés tandis que l'extérieur a été ravagé, des héros adolescents et pilotes, une situation un peu guerrière, quelques mystères, beaucoup d'action, et hop c'est parti !
Trop classique pour me motiver...

Pourtant il y a quelques bons points qui me font ne pas rejeter cette bande dessinée.
D'abord le dessin qui est tout à fait correct. J'ai apprécié ce design de civilisation humaine intégrant des éléments aztèques dans les décors et surtout une sympathique esthétique d'insectes au niveau des véhicules volants. J'ai bien aimé aussi les jolies couleurs à base de teintes pastel et fluo. Il est juste dommage qu'au niveau des décors et des vues d'ensemble, les perspectives soient souvent moyennes. Bien des paysages manquent complètement de profondeur et on a l'impression que tout est plaqué à la même distance. Ça m'a un peu gêné au départ mais grâce au dynamisme des personnages et des scènes d'action, ce défaut se laisse oublier.
Le rythme est la seconde qualité de ce récit puisque l'album se lit bien et apporte un divertissement pas désagréable.

Par contre, que tout cela est stéréotypé.
Le décor pour commencer ; cette civilisation renfermée sur elle-même qui refuse de sortir et de découvrir que le monde extérieur a évolué pendant qu'elle restait protégée dans son dôme.
Ensuite les personnages, clichés au possible : l'héroïne adolescente rebelle et as du pilotage, l'ami d'enfance gentil et amoureux en secret de l'héroïne, le beau rival musclé mais un peu antipathique, le petit génie du piratage et de la bricole, etc... Déjà vu. Ce ne serait rien si l'héroïne n'était pas aussi agaçante, désobéissante et égocentrique. Ce genre de protagoniste me lasse très très vite, surtout quand les auteurs l'aident à coups de Deus Ex Machina qui transforment ses conneries de gamine en petits moments d'héroïsme à peine contrebalancés par les courtes engueulades qu'elle reçoit.

Et surtout, il y a de trop grosses facilités scénaristiques qui bousillent le semblant de crédibilité du scénario : les gamins qui craquent tous les codes, espionnent les réunions secrètes des dirigeants et pénètrent à loisir dans les zones interdites, l'adolescent qui fabrique un super prototype en quelques heures à partir de rebuts usagés, des kidnappeurs et leur véhicule gigantesque qui réussissent leur coup super discrètement alors qu'ils sont en pleine visibilité et que les alliés de l'héroïne montent la garde en altitude et fouillent les environs... Trop gros, trop facile, trop décevant... Comme ce trop pesant clin d'oeil à Wall-E par exemple...

Au final, il s'agit là à mes yeux d'une série pour adolescents dotée de quelques qualités au niveau du graphisme et du rythme narratif mais qui ne suffisent pas à masquer de trop grosses facilités et de trop gros clichés à même de rebuter les lecteurs plus âgés.

Nom série  Back in town  posté le 08/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Back in town, c'est l'histoire d'un couple, marié, un enfant, qui revient vivre en ville après cinq ans passés à la campagne. Résolument urbains, ils espèrent y retrouver leur bonheur perdu et vivre du métier de pigiste du mari et de secrétaire particulière de l'épouse.
Comme le résume l'éditeur, cette série, c'est un peu Le Retour à la terre à l'envers, malheureusement avec l'humour en moins.

A la lecture des premières pages de cet album, j'ai cru que j'allais caler d'emblée. C'est une ode à l'urbanité, voire même au parisianisme : tout est mieux dans la capitale, on peut tout y faire, pas besoin de voiture, pas de villageois, pas de jardin, pas de souliers crottés... Etant moi-même très loin d'être un amateur de vie urbaine et ne supportant pas Paris, j'ai eu un peu de mal à digérer ce passage. Heureusement, très vite, les auteurs montrent que leur ouvrage n'est pas vraiment un pamphlet pour encenser la vie parisienne puisque certains défauts en sont quand même rapidement montrés.

Hélas, ça n'en reste pas moins un récit assez ennuyeux. On suit la vie et la réintégration à la vie urbaine de cette petite famille, un peu de leur vie professionnelle, un peu de leur vie familiale, quelques pots entre amis... et on attend qu'il se passe quelque chose. Le scénario laisse espérer un soupçon d'intrigue autour d'un mystérieux dossier qui pourrait éventuellement amener le mari à publier un scoop journalistique, mais il apparait que ce début d'intrigue s'écrase vainement en fin de premier tome.
A côté de cela, il y a très peu d'humour, presque pas de rythme, les personnages sont sans saveur, sans personnalité, et on les suit sans intérêt.
Un coup dans l'eau...

Nom série  La Théorie de la contorsion  posté le 08/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je n'ai pas lu J'aurais adoré être ethnologue et je ne connais pas le blog de Margaux Motin depuis assez longtemps donc je ne peux pas comparer. Mais en tout cas, j'ai pris un réel plaisir à lire cet ouvrage issu de ce dernier.

Je trouve le graphisme de l'auteure excellent. On y retrouve à la fois ce qui fait le glamour et l'efficacité des dessins de blog-illustratrices en vogue depuis le succès d'estime de Colonel Moutarde et autres Pénélope Bagieu, mais aussi un réel talent d'artiste-dessinateur. Je n'y vois aucune esbrouffe, le trait est sûr, parfaitement maîtrisé, l'auteure s'autorise même quelques expérimentations discrètes. Et le personnage que Margaux Motin se crée ne manque vraiment pas de charme.

Elle est en outre présentée de manière très attachante avec une très grosse part d'humour. J'ai rigolé à haute voix sur de nombreux gags la mettant en scène, seule ou en famille.
Il est juste regrettable que tout ne soit pas du même niveau. J'ai senti une certaine lassitude au fil des pages, les plus hilarantes étant plutôt dans la première moitié à mon goût, tandis que certaines chutes par la suite me laissaient un peu dans l'expectative. Les moments un peu plus poétiques sont quant à eux plaisants mais m'ont aussi moins touché.
Il n'empêche : j'ai passé un bon moment de lecture !

Nom série  Tard dans la nuit  posté le 07/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'ambiance de ce récit en bande dessinée. Le premier tome n'y aura pas suffi, il aura fallu les deux suivants pour finalement m'attacher à ce coin perdu du Québec et aux protagonistes de l'histoire.

J'ai commencé par trouver la narration assez confuse au départ. J'ai eu des difficultés à m'y retrouver parmi les habitants de ce village et ces différents noms et prénoms qui nous étaient fournis par des personnages qui se connaissaient tous, ce qui n'était visiblement pas mon cas. Le dessin des visages a aussi un peu ajouté à la confusion car non seulement certaines formes de visages se retrouvaient chez plusieurs personnages mais les couleurs de cheveux avaient aussi tendance à changer. J'ai bien vérifié notamment, Firmin commence la série avec les cheveux blonds, puis devient vraiment brun quand on le voit dans le manoir de sa mère les premières fois, avant de redevenir très blond par la suite. Du coup, j'ai dû vérifier pour voir si on parlait bien du même protagoniste.
L'intrigue quant à elle ne me passionnait pas tellement. Je m'imaginais un gros complot meurtrier sans davantage de raisons que la vengeance, une brutalité sectaire voire un ou plusieurs serial-killers. Un truc trop artificiel et facile à mon goût.

Au fil des tomes, on finit cependant par en apprendre plus et à comprendre que, même si l'intrigue n'est finalement pas très complexe, les sentiments humains y sont justes et le contexte intéressant. J'ai fini par comprendre chaque protagoniste, à m'attacher à ce village, au héros et à son admirable femme, à l'adjoint du sherif puis aux autres habitants et même à ceux que je considérais trop facilement comme étant les méchants du récit. Seul le brutal remplaçant du shérif et la folie du fils vengeur m'ont paru manquer un peu de crédibilité mais après coup cela passe bien.
Malgré un démarrage difficile, j'ai donc passé un agréable moment de lecture.

Nom série  Jeanne d'Arc  posté le 07/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Autant le pitch de cette série paraissait intéressant, autant le résultat m'a déçu.

Elle était sensée avoir sa place dans l'éphémère collection Sorcières de l'éditeur puisqu'il s'agit d'imaginer le personnage de Jeanne d'Arc comme étant une véritable inititée aux arcanes de la sorcellerie authentique, celle vénérant la déesse Lune et le Dieu Cornu. L'idée était intéressante. Revisiter l'Histoire avec un nouveau point de vue, présentant non pas la fameuse Pucelle d'Orléans comme un guerrière instrumentée par le pouvoir politique et religieux de l'époque, et encore moins comme une Sainte, mais comme une femme complexe, tourmentée, plus ou moins lesbienne et faisant partie d'une cabale de femmes que l'on doit dénommer sorcières et qui a pour but apparent de remettre le Dauphin sur le trône de France et de chasser l'envahisseur anglais.

Malheureusement la transposition de cette idée en récit est loin de m'avoir convaincu.
Pour commencer, le graphisme ne m'a pas plu. Le trait réaliste de Jeanne Puchol m'a paru incertain et disgracieux. Cet effet est accentué par la colorisation d'Elvire de Cock. Certes, j'aurais pu me réjouir que celle-ci ne soit pas informatique mais je l'ai trouvée d'une certaine manière confuse et sans charme.
Ensuite, l'histoire m'a laissé perplexe. Le personne de Jeanne est présenté sans grand charisme, je n'ai pas eu envie de m'attacher à son histoire. Et très vite toute la trame autour de la sorcellerie m'a été pénible. Cette caste de femmes initiées se rapproche certes de la justesse des religions paiennes, celles de la Déesse-Mère, et des récits anciens de Sabbats aux solstices d'hiver et d'été, mais certains éléments dans la façon dont tout cela est présenté m'ont paru grotesques. Ces auréoles sur les têtes des initiées, le côté figurant du Dieu Cornu cantonné à trôner dans ses flammes, ces femmes qui s'embrassent et s'enlacent nues sans raison, pas même symbolique à mes yeux... Et puis toute la trame de fond évoquant une telle société de femmes qui seraient par définition les antinomiques des hommes, les bernant ou les rejetant tous, étrangers comme proches, sauf dans la passion destructrice ou pour des raisons politiques, a agacé mon esprit féministe qui veut que les femmes soient purement les égales des hommes.

Au final, malgré une certaine pointe de curiosité pour voir où les auteures allaient mener leur récit, je n'ai pas pris de plaisir à la lecture de cette bande dessinée. La suite pourra peut-être faire évoluer mon avis mais j'en doute un peu.

Nom série  Du plomb pour les garces  posté le 04/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voilà un polar à l'américaine qui m'a un peu gonflé.
Sa trame est très classique, digne des feuilletons télé importés des USA. Ça se passe à Los Angeles. L'héroïne est un flic ultra sexy qui essaie de faire oublier sa forte poitrine et de démontrer son professionnalisme mais qui préfère quand même les décolletés plongeants aux uniformes réglementaires. Elle doit enquêter sur l'enlèvement des enfants d'une star lesbienne arrogante et putassière et doit pour cela fréquenter la faune glauque des paparazzi, des magazines trash ainsi qu'une secte bizarre. Et pour ne rien arranger, elle est mise en compétition dans son enquête avec la garde du corps de la star, tout aussi lesbienne et arrogante que cette dernière, mais surtout proche de la commandante paramilitaire.

Le dessin réaliste de Loïc Malnati est tout à fait correct. Ses personnages, ses décors et ses véhicules sont tous bien foutus, rien à redire. Les couleurs sont sobres mais de qualité. Seul le visage inexpressif et répétitif de l'héroïne m'a un peu agacé mais cela tient en partie à sa personnalité, visiblement.

Le problème à mon goût vient de la narration. La narration graphique, d'une part, n'est pas des plus claires, surtout dans la construction des premières pages que j'ai mis un moment avant de comprendre clairement.
Il y a ensuite la présence surabondante de la voix off de la policière et parfois de la star. Les auteurs ont fait le choix de transmettre les pensées des protagonistes principales par ce biais plutôt que par le dessin mais cela devient vite pénible et lourd au niveau du rythme narratif.
A cela s'ajoute une ambiance désagréable ; les personnages sont presque tous aussi antipathiques les uns que les autres. On dirait que le monde féminin se divise en deux catégories, d'un côté les salopes hautaines, de l'autre les pleurnicheuses soumises. Et au milieu évolue une héroïne atone et rendu agaçante par ses pensées désenchantées qu'on suit à tout bout de champ.
Et comme, pour finir, le scénario n'a rien de prenant, pour ce qui concerne ce premier tome en tout cas, je ne suis pas pressé de lire la suite.

Nom série  Beauté  posté le 04/05/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Moins traumatisant que Jolies ténèbres et moins implacable que Coeur de Glace, Beauté n'en est pas moins un conte de fées qui reflète la dureté et la noirceur des classiques du genre.

Il met en scène une souillon malheureuse et rejetée par les siens du fait de sa mocheté. Elle croise un jour la route d'une fée un peu spéciale qui lui octroie en remerciement de sa compassion un don de beauté surnaturelle. Tout le monde verra désormais en elle l'incarnation de la beauté la plus parfaite. Ce don se révélera très vite à double tranchant puisque la jeune fille sera désormais certes à même de séduire les plus riches seigneurs mais elle devra également échapper aux envies irrépressibles des hommes et à la jalousie des femmes. Et si ce n'était que ça... mais il se trouve en plus que l'ancienne souillon, pas très futée au final, se laisse manipuler par l'intelligente soeur du roi mais aussi par la fameuse fée Mab qui cache probablement un jeu assez spécial.

Basé sur un scénario intéressant, un agréable dessin et de belles couleurs automnales, ce conte de fées est distrayant et agréable à lire.
Son scénario reste cependant assez classique pour le moment et sa narration manque un peu de rythme. En tant que lecteur, j'ai plus ou moins décroché aux deux tiers du premier tome, tandis que l'action se tassait. L'héroïne n'est pas très charismatique non plus car, autant elle apparaissait gentille et lucide aux débuts de ses aventures, autant elle se révèle égocentrique et un peu idiote une fois envoûtée. Cela fait probablement partie de la trame morale de la fable mais cela m'a empêché de m'attacher véritablement à elle.
L'intrigue regagne cependant en intérêt vers la fin de l'album et sa conclusion à suivre laisse en suspens plusieurs questions sur le devenir de Morue, la guerre qui s'annonce et les manigances qui l'entourent aussi bien de la part de la soeur du roi que de la fée Mab.
A suivre donc...

Nom série  Alamo  posté le 29/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Alamo est une bande dessinée réalisant un habile mélange entre Histoire et magouille politico-criminelle.

Pour éliminer les rivaux politiques de son employeur, un agent est envoyé participer à la défense du fameux fort contre les armées mexicaines. Il y côtoiera des personnages que l'Histoire aura retenu à commencer par le célèbre Davy Crockett. On se focalisera néanmoins surtout sur la mystérieuse mission du protagoniste principal et sur les sombres dessous qui agitaient la fourmilière qu'était Fort Alamo.

Le récit est bien mené et plutôt prenant. Le cadre historique est très réussi. Tout est crédible et bien documenté. Il est dommage ceci dit qu'il ne soit fourni aucune explication du contexte et des relations entre les personnages, ce qui risque d'égarer les lecteurs ne connaissant pas déjà cette portion de l'histoire des Etats-Unis d'Amérique.

Le dessin est également bien foutu, aussi bien pour les personnages que pour les décors d’époque. Je regrette néanmoins que les visages soient tous assez similaires, ce qui n'aide pas à s'y retrouver entre les protagonistes. La colorisation est sobre mais les couleurs informatiques, outre le fait qu'elles soient assez ternes, écrasent et dissimulent l'encrage, c'est dommage.

A noter également une malheureuse et grosse faute de conjugaison qui m'a écorché les yeux ("Nous furent amis").

Tout ça pour dire qu'il s'agit à mes yeux d'une bonne bande dessinée à la fois historique et policière présentant de manière assez originale d'intéressants évènements réels. Je ne suis pas totalement tombé sous le charme du fait de menus défauts et d'un manque de clarté du récit mais cette lecture devrait plaire aux amateurs d'Histoire et de suspense.

Nom série  Leçon de choses  posté le 28/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Note : 3.5/5

J'ai un ressenti inégal vis-à-vis des différentes productions de Gregory Mardon. Ma première lecture d'une de ses oeuvres, Vagues à l'âme, fut un vrai coup de coeur. Inversement, je n'ai pas été touché par Cycloman, Le Fils de l'Ogre et Les Poils. Et j'ai même été rebuté par Sarah Cole.
Heureusement, "Leçon de choses" se trouve à mes yeux dans le haut du panier.

Avant lecture et au vu du titre et de la couverture de l'édition originale, je m'imaginais l'histoire d'une relation entre un père et son fils. Au lieu de cela, j'y ai découvert le récit d'une enfance passée dans un agréable village du nord de la France.
J'ai été très touché par cette vie rurale et tous ces souvenirs d'une jeunesse des années 70-80 qui se rapprochait beaucoup de la mienne. La vie vue par les yeux d'un enfant, le temps qui passe, les décors campagnards, les saisons, la vie villageoise, les jeux d'enfants, la nature, les bêtises plus ou moins graves, tout est raconté avec beauté et émotion. Je me suis senti transporté et j'y ressenti une bonne part de nostalgie.

Malheureusement, je suis resté davantage sur ma faim en ce qui concerne le thème principal abordé en toile de fond, celui des problèmes conjugaux des parents du héros et de la façon dont il les ressent. J'ai trouvé que le sujet était à la fois trop superficiellement abordé et en même temps trop parasite par rapport à la simple vie rurale de ce jeune garçon. Insatisfaisante, la conclusion du récit m'a laissé un peu perplexe, comme si je m'attendais à autre chose, à quelque chose de plus conséquent ou de plus touchant.

L'intrigue présente donc à mes yeux un côté un peu vain, inabouti. Mais cela ne m'empêche pas d'avoir savouré ce retour en enfance et ce dépaysement tout au long d'une année scolaire ainsi passée à la campagne.

Nom série  Mic Mac Adam (Les Nouvelles Aventures de)  posté le 27/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je ne connaissais la série Mic Mac Adam que de nom et je m'imaginais des enquêtes policières dans un décor écossais avec peut-être une touche de fantastique. Mais en tout cas je ne m'attendais pas à ce que j'ai découvert en lisant le premier cycle de ces "nouvelles aventures", lecture qui ne m'a pas donné envie de lire la suite.

Nous y trouvons en effet une histoire de pure fantasy, où des êtres surnaturels et autres dieux celtiques côtoient et combattent des militaires britanniques de la première guerre mondiale. Le héros, Mic Mac Adam, y est présenté comme un orphelin devenu grand mais toujours traumatisé par sa jeunesse difficile, obsédé par la quête de ses parents dont il n'est pas certain qu'ils vivent encore. Il joue un drôle de rôle, effacé et spectateur, qui ne m'a pas donné envie du tout de m'attacher à lui.

Le graphisme est techniquement correct mais ne m'a pas plu non plus. Cela tient à une mise en page que j'ai trouvée encombrée, avec des cadrages et des plans serrés qui me rendent un peu claustrophobes et des bulles de dialogues trop présentes. Du peu que j'en avais vu, je préférais en outre nettement la manière dont André Benn dessinait ses personnages dans l'ancienne série Mic Mac Adam. Ici, le visage de Mic Mac Adam ne me plait pas et j'ai eu tendance à confondre des personnages.

Moi qui aime les ambiances écossaises d'une part, mais aussi les récits de fantasy en général, je n'ai pas accroché à l'ambiance de cette histoire. Ni son rythme, ni sa narration, ni ses personnages n'ont su me captiver.

Nom série  Bimbos vs. chatons tueurs  posté le 26/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Lu par curiosité, attiré par le titre, je n'ai pas été enthousiasmé par cette lecture.
Son concept est simple : il s'agit d'une sorte de nuit des morts-vivants où l'auteur joue la carte de l'humour en remplaçant les zombies par des chats et les survivants par une poignée de filles se revendiquant bimbos. Donc au niveau des moments clés, cela donne des gentils chatounets qui deviennent avides de sang, plein de gens massacrés et des héroïnes qui se remaquillent alors qu'elles risquent leur vie. Ça pourrait être drôle mais ça ne l'est pas car c'est raconté avec beaucoup de platitude et de déjà-vus sans intérêt. D'autant qu'à cette intrigue évidemment pas crédible s'ajoute un élément de trop en la personne de cette Kitty C dont je ne comprends ni l'intérêt de sa présence ni la raison de ce qui lui arrive.
Le dessin est basique mais aurait pu être appréciable.
C'est juste que le récit est finalement assez ennuyeux malgré son idée de base loufoque car il est trop prévisible et sans élément d'humour suffisamment drôle. Seule la grossière parodie de la blogueuse Laurel m'a soulevé un léger sourire vite oublié car elle non plus n'apporte rien au scénario.

Nom série  Frances  posté le 24/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai cru que le graphisme de cette bande dessinée serait rédhibitoire.
J'ai franchement eu du mal à me motiver à entamer cette série, la faute à un dessin que je trouve moche et qui me rappelle mes propres tentatives de dessin des années lycée-collège, moi qui n'ai jamais su dessiner correctement. On dirait vraiment le style d'un mauvais amateur qui n'a trouvé aucun professionnel pour raconter son histoire alors décide de se débrouiller tout seul avec ses mauvais moyens. Seules quelques rares grands dessins plus ou moins en une planche, au trait beaucoup plus fin et soigné, indique que l'auteure a quelques talents d'illustrations. Mais toutes les autres cases sont laides et il faut s'y faire pour entrer dans le récit.

Pourtant, cette histoire ne se révèle pas inintéressante du tout. Elle présente des personnages féminins originaux. Une jeune fille dont le père vient de mourir et qui n'a jamais connu sa mère. Sa tante aux allures de vieille fille sérieuse quoiqu'un peu perdue mais qui se révèle dotée d'une belle personnalité. Sa voisine lesbienne, écrivain façon George Sand, avec qui elle vit une nouvelle histoire d'amour.
Le premier tome met en scène ces trois personnages dans un récit assez linéaire qui permet de les découvrir et de commencer à s'y attacher.
Le second tome s'attache lui davantage à raconter le passé du père et de la mère de la jeune orpheline et d'expliquer le contexte qui l'a amenée à se retrouver seule au monde.
Ce second album est doté d'une narration un peu plus confuse que le premier, avec de nombreux flash-backs dont j'ai eu du mal à déterminer l'époque et les personnages au départ.

Malgré un dessin rebutant qui m'empêche définitivement d'en conseiller l'achat, cette série présente un intéressant et touchant récit à la sensibilité féminine. Cela vaut le coup de passer outre le graphisme.

Nom série  Les Munroe  posté le 23/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Objectivement, ce récit se laisse lire. A titre personnel, par contre, je l'ai moyennement aimé.

J'ai été heureux de redécouvrir quelques parties du Kenya où j'ai vécu. Mais en plusieurs points, il s'agit d'un Kenya de cinéma, à commencer par la maison de Robert Munroe qui est la copie exacte de la fausse maison de Karen Blixen dans Out of Africa. L'ambiance coloniale y est en outre bien trop présente par rapport à la situation actuelle du pays.

Techniquement, il y a peu de reproches à faire à cet album. Le dessin est correct et appréciable, même si je n'aime pas trop son abondance de crayonnés pour les herbes et les ombrages. La narration graphique est sans défaut, la lecture est très fluide. L'histoire tient la route.

Malheureusement, je n'aime pas son ambiance Dallas avec sa galerie de personnages que je trouve tous assez détestables. A l'exception éventuelle de l'inspecteur de police kenyan qui ne joue qu'un second rôle, je ne me suis attaché à aucun personnage et n'avais guère envie de les voir évoluer dans leurs petites aventures souvent mesquines.

Bref, cette bande dessinée se laisse lire et dispose de quelques qualités objectives, mais je ne suis pas pressé de lire la suite.

Nom série  Coeur de Glace (Dargaud)  posté le 20/04/2011 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Décidément, si on ajoute cette BD à Jolies ténèbres, on peut se dire que Marie Pommepuy affectionne les contes noirs et assez dérangeants. Celui-ci est moins insidieux et marquant que le précédent mais il présente son lot d'horreurs et de contes de fées effrayants.

Le dessin de Patrick Pion me plait. Il présente un cocktail particulier de classicisme un peu désuet et de figures organiques et oniriques nettement plus modernes. Le trait est maîtrisé et souvent très beau. Les couleurs un peu trop ternes ne m'ont par contre pas tellement convaincu.

A la lecture de cet ouvrage, j'ai eu la sensation un peu bizarre d'y lire une suite de contes aux sujets divers et assez dé-corrélés. L'ensemble forme pourtant un tout qui se tient mais l'association se révèle un peu confuse à mon goût. Les récits des ogres, de la reine des glaces, de la vieille jardinière et du château de la princesse me semblent autant d'histoires bien différentes qui ont un peu de mal à s'harmoniser entre elles.
Au niveau du ton, j'ai trouvé certains passages franchement glauques. Comme Jolies ténèbres, je doute mettre cette BD dans les mains de mes enfants avant qu'ils soient au moins adolescents.
Au niveau du récit, j'ai trouvé ça original et assez prenant. Je suis par contre déçu par certains passages qui manquent de clarté, notamment toute la partie dans le château de la princesse et le chaos qui s'y déverse pour lesquels je n'ai pas compris grand chose.
Comme beaucoup d'éléments de ce conte, la fin m'est apparue dure et sombre. Mais c'est par contre avec un vrai rire que j'ai accueilli la toute dernière pensée de l'héroïne et que j'y ai entrevu là la véritable morale de cette fable qui semble bien finalement porter sur la liberté, l'autonomie et le droit des femmes et des fillettes.

Assez étonnant, parfois confus, souvent sordide, j'ai malgré tout apprécié ce conte noir grâce à sa part d'originalité, sa dureté volontaire et sa conclusion à contre-pied du reste.

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