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Nom série  Contes à dormir debout  posté le 08/01/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette série met en scène un père un peu immature (on l'imagine bien passer son temps à lire des BD) et sa fille très bavarde, très curieuse et qui adore quand son père lui raconte des histoires, comme toutes les petites filles. Rien que les scènes mettant en scène ces deux personnages sont déjà drôles et attachantes. J'y retrouve bien la relation entre ma fille et moi.
Mais l'essentiel de la série consiste, en ce qui concerne le premier tome, en une suite des contes revisités ou imaginaires qui répondent à des questions que pourraient se poser les enfants. Le second tome pour sa part ne comporte qu'une unique histoire qui narre de manière assez délirante la suite des aventures du Chat Botté.

Le dessin a des petits airs amateurs, du genre qu'on ne serait pas surpris de trouver sur un blog BD. Il n'en reste pas moins très sympa, efficace et savamment mis en page pour accentuer l'humour des situations. Je ne regrette que l'utilisation de polices de texte un peu trop informatiques qui ne se fondent pas bien dans le reste du graphisme et donnent parfois l'impression de planches pas totalement abouties.

Mais le gros point fort de cette série, c'est qu'elle est vraiment drôle. Les gags ne sont pas toujours très fins, parfois un peu prévisibles ou alors trop délirants, mais ils sont très bien amenés, racontés avec un maximum d'efficacité et j'ai régulièrement ri à la lecture de ces albums. Le premier tome, par la variété et le nombre de ces contes, permet de ne pas s'ennuyer du début à la fin. Le second, ne comportant qu'une seule histoire, fait un peu plus ressentir sa longueur, le récit s'égarant parfois et le rire étant moins bien réparti. Mais ils sont tous les deux très plaisants à lire et offrent chacun leurs tranches de rigolade dans un esprit léger et sympathique.

Nom série  Jacques Le Gall  posté le 07/01/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Jacques Le Gall s'apparente véritablement à un scout de La Patrouille des Castors qui aurait un peu grandi et vivrait désormais des aventures seul. Adepte de camping, de débrouillardise et doté d'un coeur franc et généreux, il incarne les bonnes valeurs chrétiennes de manière un peu trop désuète de nos jours. On imagine mal un tel personnage ne pas passer pour un saint ou un ringard un peu masochiste de nos jours.

Mais si l'on se replace dans le concept de l'époque de cette bande dessinée, les aventures de Jacques Le Gall sont de bonne facture. A l'instar du dessin de Mitacq, les scénarios sont très réalistes, avec beaucoup de péripéties et une bonne part d'exotisme mais le tout restant dans le domaine du plausible et très peu de facilités scénaristiques, si l'on excepte quelques clichés assez présents. La narration est un peu empesée et parfois bavarde mais cela se laisse lire et reste fluide la plupart du temps.

C'est du bon travail mais ces aventures réalistes ne sont pas du genre qui me passionne. Elles ne me font pas rêver et présentent régulièrement quelques airs de déjà-vu. Leur lecture n'a donc rien d'indispensable à mes yeux.

Nom série  Linked  posté le 06/01/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voilà un récit plutôt original et en tout cas très intrigant.

Ayant été prépublié dans Shogun Mag, son format et son graphisme sont d'inspiration manga.
Le style est maîtrisé malgré un encrage volontairement hésitant. L'ambiance est légèrement shojo, avec une insistance sur le look et les vêtements des personnages, dans une tendance parfois néo-gothiques. Je trouve amusant les termes utilisés par le webmaster des humanos au sujet de ce style : éthéré et "ante-chic/néo-décadent". Oui... C'est pas faux...
C'est assez joli en tout cas, la mise en page est claire, les personnages bien reconnaissables et la narration graphique de bon niveau permet une lecture fluide et agréable.

Le scénario est un peu frustrant sur les premières pages.
Une héroïne amnésique qui doit comprendre par elle-même les règles de l'endroit où elle se retrouve. Un collège avec internat à la manière de Harry Potter dont on a bien du mal à comprendre les bizarreries et le fait qu'il soit autant coupé du monde extérieur. Et surtout il y a tous ces personnages aux comportements dégénérés, volontairement sadiques, manipulateurs, ou alors souffre-douleurs. Le lecteur est intrigué mais a un peu de mal au départ à entrer dans cet univers qui parait trop artificiel.
Mais l'atmosphère s'installe peu à peu et finit par capter l'attention. On se trouve confronté à un monde clos qui n'est pas sans rappeler ceux imaginés par Tsutomu Nihei (Blame !), des mondes à cheval entre réalisme et onirisme, où les règles sont bien spéciales et où l'horreur flirte avec la séduction.

Au bout de 150 pages, le premier tome se termine avec des héroïnes prêtes à prendre les choses en main pour redresser leur situation, affronter ceux qui les manipulent et déchiffrer les énigmes de cet étrange institut. Et j'ai bien envie de percer ces mystères avec elles.

Nom série  Agadamgorodok  posté le 06/01/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je suis déçu car je croyais que j'allais bien aimer cette BD. En effet, d'ordinaire j'aime bien les récits ayant pour cadre la Russie et j'apprécie ce type de graphisme qui me fait penser au dessin de Pellejero lui-même amateur de cette région du monde (Le Tour de Valse, Aromm...).

Alors si le cadre est le bon, présentant une Russie post-soviétique où la maffia règne en maître dans une petite ville paumée, le récit, lui, n'a rien de passionnant.
Je réalise que le résumé sur la fiche raconte presque tout, la surprise de fin incluse.
A part ça, on nous présente deux personnages principaux. Un chef maffieux tout puissant et névrosé qui tue à tour de bras tous ceux qui ont l'heur de froisser ne serait-ce qu'un peu sa sensibilité. Son pouvoir s'étend à toute la petite ville d'Agadamgodorok dont les habitants voient les morts se succéder sans oser s'en mêler de peur d'être le suivant sur la liste. Et d'un autre côté, il y a Jules, un rêveur insouciant aux allures de simple d'esprit qui erre de petits boulots en petits boulots. Les deux vont se rencontrer et boum (ou plutôt plouf) cela se termine peu de temps après.

Vraiment pas convaincu, j'ai trouvé l'histoire peu crédible, pas très compréhensible en termes de comportements des personnages et le récit d'ensemble me parait trop léger pour me contenter.

Nom série  Le Journal d'Ambre  posté le 05/01/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bof... Un petit polar sans originalité, qui pêche par une narration un peu embrouillée, de grosses facilités scénaristiques et trop de racolage.

Le dessin est dans un style moderne très italien, quelque part entre les comics, l'inspiration Disney et des auteurs et peintres doués comme Humberto Ramos (Révélations). La maîtrise technique n'est cependant pas vraiment au rendez-vous et les défauts (anatomies, bâtiments, véhicules...) se cachent sous une couche d'esbroufe et de couleurs ensoleillées. Et j'étais estomaqué au point d'en rire de voir le type de voiture que les auteurs ont osé donner au policier.
Mais sinon, franchement, que c'est racoleur ! Toutes les minettes sont sexy, les scènes de cul et de nudité sont complètement gratuites, tout le monde est beau et riche et couche à la moindre occasion. Belle ambiance latino macho adolescente mâtiné d'un peu d'eau de rose ! C'est lourdingue et puéril.

Sinon, l'enquête n'est pas passionnante du tout. Elle est convenue et médiocrement racontée. J'ai dû relire quelques pages pour m'y retrouver et pour que les incohérences et les facilités me sautent encore plus aux yeux.
C'est un divertissement de petite qualité qui ne permet que de passer quelques minutes sans trop s'ennuyer...

Nom série  L'Âge de Bronze  posté le 05/01/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Voilà une lecture bigrement intéressante. Il me semblait avoir une idée un peu vague mais relativement complète de la Guerre de Troie, mais je réalise à la lecture de cette série qu'il y a d'innombrables choses que j'ignorais ou mélangeais dans cette saga dont je n'imaginais pas l'ampleur.

Shanower a fait un très estimable travail de compilation et de remise en forme. En effet, comme il l'explique lui-même, la mythologie grecque est immensément dense et structurée mais aussi parfois aussi incohérente. Les légendes se chevauchent souvent, portant sur des personnages quasiment tous liés les uns aux autres, ce qui apporte parfois quelques confusions ou visions alternatives de mêmes évènements. Shanower a donc réalisé un travail de remise en cohérence de tout l'ensemble, appliquant certains choix pour que tout se tienne.
Il a également choisi de coller autant que possible à la réalité historique. Chaque peuple est représenté avec ses moeurs et vêtements d'époque, et les Troyens sont assimilés à un peuple d'origine hittite.
Du coup, il contourne également la part de fantastique de la mythologie. Les dieux et leurs créatures sont bien présents dans l'esprit du récit mais sans jamais qu'on puisse différencier leur influence de celles de simples croyances, de coïncidences heureuses ou malheureuses, de rêves ou de mensonges d'humains bien véritables.

Et c'est ainsi que l'auteur met en image et en scène l'intégrale des évènements liés à la Guerre de Troie, depuis le moment où Pâris n'était encore qu'un gardien de vaches près du mont Ida jusqu'à la chute de Troie. Et j'ai réalisé par cette lecture à quel point ce récit était dense et complexe !
Chaque tome fait de 120 à 200 pages bien remplies, longues à lire et pleines d'innombrables personnages et de nombreuses sous-intrigues. Moi qui lis rapidement, je n'ai pu lire qu'un seul album par soirée. Et à la fin du troisième tome, dernier paru à ce jour, les Achéens n'ont même pas encore commencé à attaquer Troie.
Cette lecture m'a permis de redécouvrir des portions de légendes que finalement je mélangeais complètement. J'ignorais notamment que la flotte achéenne avait échoué sur un mauvais rivage lors de sa première tentative d'atteindre Troie et que ce n'est que durant la longue attente avant la seconde tentative qu'avait eu lieu le sacrifice d'Iphigénie. J'ai également pu redécouvrir pourquoi Agamemnon et Achille étaient maudits par certains dieux et déesses et comment Ulysse a fait preuve de ruse et de manigances du début à la fin du conflit.

Le dessin est de belle qualité, très académique. Décors et personnages sont très soignés et conformes aux réalités historiques. Je regrette juste que les visages des personnages soient souvent difficiles à différencier. C'est d'autant plus gênant qu'il y en a vraiment beaucoup et qu'il ne faut pas les confondre sous peine de ne plus rien comprendre à certains passages. Heureusement, ils sont nommés suffisamment souvent pour que le lecteur s'y retrouve.

Très bonne adaptation et compilation de légendes et d'une saga épique que beaucoup croient connaître sans en savoir véritablement le détail. Très très instructive, cette lecture n'a pour seul défaut que d'être très dense, très longue et de risquer de lasser son lecteur si celui-ci n'était pas suffisamment passionné par le sujet.

Nom série  Don Giovanni  posté le 05/01/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je n'ai vraiment pas été séduit par cette lecture. Je ne m'attendais pas à une adaptation aussi peu différente de l'original.
Je n'ai lu que le Don Juan de Molière et ne sait pas précisément en quoi le Don Giovanni de Mozart diffère mais on y retrouve quasiment tous les mêmes éléments, si ce n'est qu'on assiste à l'assassinat du Gouverneur qui est éludé au début de l'oeuvre de Molière. Cette adaptation en manga se contente d'y ajouter une dose de délire, de remplacer Dona Elvira par un homosexuel un peu collant du nom de Don Elvira et Sganarelle/Leporello par un serviteur robotisé, et de placer le tout dans un décor baroque mélangeant Japon des samouraïs et Siècle des Lumières italien. Mais pour le reste, ce sont les mêmes scènes, les mêmes dialogues ou presque et donc aucune surprise pour qui connait déjà l'histoire.

Le dessin n'est pas mauvais quoiqu'il ait un peu vieilli de nos jours. Les décors sont souvent assez chiches.
Mais surtout, le travail éditorial réalisé par Casterman est très mauvais, avec un sens de lecture à l'occidentale, des cases renversées et d'autres pas, des bulles de dialogues qu'on lit instinctivement dans le mauvais sens, un papier de mauvaise qualité qui jaunit et une encre qui n'a pas le même contraste suivant les chapitres. Ca fait vraiment cheap et amateur en termes d'adaptation de manga en France.

Comme dit plus haut, l'histoire m'a ennuyé car son traitement en manga et les délires qui l'accompagnent ne sont pas enthousiasmants et n'apportent presque rien au récit originel.
En outre, le personnage de Don Giovanni est rendu encore plus détestable, arrogant et sûr de lui que dans la pièce de théâtre et l'opéra, avec pour ne rien arranger des personnages secondaires qui ont l'air tous fous de lui et prêts à le vénérer malgré les envies de vengeance ou le rejet de façade dont ils font preuve. Cet aspect est accentué par un ultime chapitre, épilogue qui n'existe ni dans l'oeuvre de Molière ni dans celle de Mozart où finalement cet agaçant libertin échappe comme par magie aux flammes de l'enfer.
Je n'ai donc pas pris plaisir à lire ce manga.

Nom série  The Legend of Zelda - Majora's Mask  posté le 04/01/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je ne connaissais absolument pas le jeu vidéo "The Legend of Zelda: Majora's Mask" sorti sur Nintendo 64 en l'an 2000. Mais comme son histoire se situe tout juste après celle de The Legend of Zelda - Ocarina of time, je me suis dit que je ne devrais pas être trop dépaysé.
On y retrouve le même héros, Link, lancé dans le même type d'aventure mais projeté cette fois dans un monde nouveau, celui de Termina, où les masques ont une grande importance et où un personnage mystérieux, Skull Kid, menace de détruire la capitale en y faisant s'écraser la lune. Link devra alors partir aux quatre coins du pays pour libérer les géants qui l'aideront à combattre le méchant.

Je ne sais pas si le jeu est du même tonneau que son adaptation manga, mais il a l'air nettement moins intéressant que son prédécesseur, Ocarina of Time. L'histoire tient en un seul album et a l'air basique, enfantine et prévisible. Les personnages ont des comportements puérils, les séquences se suivent et se ressemblent : Link arrive dans un nouvel endroit, découvre un peu la situation et ses dangers, met un masque le transformant en gars du coin, débrouille la situation, combat le gros monstre et hop le géant est libéré. Et ça, quatre fois de suite. La fin diffère un peu mais n'est pas moins naïve et peu enthousiasmante.

Heureusement, le dessin est plutôt bon et la narration fluide quoique condensée et dotée d'un rythme un peu trop rapide. Ca passe à toute vitesse, comme si l'auteur cherchait à se débarrasser de son récit pour voir rapidement arriver le mot fin.
Pas terrible.
Seuls ceux qui ont joué au jeu pourraient éventuellement être intéressés de voir cette adaptation, notamment parce qu'elle offre en épilogue une histoire indépendante racontant les origines du masque de Majora.

Nom série  Cécile  posté le 04/01/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Lecture fluide, dessin agréable mais scénario hélas beaucoup trop prévisible à mon goût.
Cécile est une tranche de quotidien, le quotidien un peu morne d'un auteur de BD qui passe sa vie entre son petit appartement et le café d'à côté, et dont le couple va osciller suite à l'arrivée de sa nouvelle voisine de palier.

Le dessin est maîtrisé, dynamique et agréable. Le style un peu lâché et les couleurs épurées et spéciales m'ont parfois fait penser à La Marie en plastique même si le dessin y est moins personnel (et moins rebutant pour qui ne tombe pas sous le charme du style de Rabaté). Je suis personnellement moyennement séduit. J'aime le dessin des corps des personnages et leurs vêtements, mais j'aime moins certains visages. A part la jolie voisine, quels nez ils ont tous ! Benoit Springer m'a habitué à des dessins nettement plus appréciables dans la majorité de ses autres oeuvres.

L'intrigue se met facilement en place et se laisse lire agréablement. On devine très vite que le jeune héros va être attiré par la charmante demoiselle qui n'en demandait pas tant. Malheureusement, à lire les dialogues, on devine également très vite la fin. Et malgré l'espoir que les choses ne se passent pas de manière aussi prévisible, il n'y a rien qui vient vraiment surprendre le lecteur.
Hélas, un récit tout en sensibilité et en retenue n'est pas obligatoirement synonyme de récit où il ne se passe rien. C'est le cas ici et je n'ai pas ressenti grand chose à part une pointe d'ennui...

Nom série  Internal Lobster  posté le 04/01/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Le graphisme de Laurent Colonnier m'attire. Son encrage assez spécifique me plait bien et m'interpelle. Les quelques pages que j'avais feuilletées de cet album m'avaient également séduit par l'harmonie de leurs couleurs et l'équilibre de leur mise en page.
Malheureusement, je ressors déçu de ma lecture.

Sur le plan graphique, peu de réels reproches. Les décors sont épurés mais ils ont un style qui me plait assez, l'encrage s'approchant d'ailleurs parfois de la calligraphie et de la peinture japonaise pour mieux s'apparenter au sujet du récit. Je trouve juste le personnage principal un peu agaçant du fait de son visage impassible et assez antipathique. Il se traine comme un pantin masqué ne s'intégrant pas au reste de l'image. L'effet est probablement voulu mais m'est apparu pénible car il ajoute à l'égocentrisme que j'ai ressenti à la lecture de cette BD.

Egocentrisme d'un personnage principal dont on suit les pensées, un auto-apitoiement permanent et haineux qui divague de plus en plus vers la folie. Du début à la fin de l'album, nous sommes avec lui, dans sa tête, et je m'y suis senti tellement étranger que cela m'a vite rebuté. Je n'aime pas cet homme, je n'ai pas envie de partager sa peine et rien ne m'y incite.
La première lecture laisse d'ailleurs perplexe sur une bonne partie. On comprend vite que le protagoniste part à la dérive suite à la perte d'un être cher, sans savoir au départ s'il s'agit d'une rupture douloureuse, d'une disparition ou d'un drame. Mais la narration décousue, à l'instar de l'esprit perdu et malade du personnage, est assez absconse. La fin et l'épilogue de l'album éclairent le récit et permettent une seconde lecture plus compréhensible, mais elle m'a à peine plus touché que la première.
L'émotion n'a pas su m'atteindre et je me suis davantage ennuyé qu'autre chose.

Nom série  La Horde (Mandryka)  posté le 03/01/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
La Horde est la véritable retranscription, ou tentative de retranscription, de la psychanalyse de Mandryka. Elle s'entame comme un récit libre et improvisé. Ca commence sur une île où vit un éléphant dans une petite maison au bord de la mer. Un jour, il recueille un naufragé qui lui raconte son passé, comment il en est arrivé là (en pantoufle), comment il a cherché à se faire un nom, comment il a rencontré le Maître du Monde sous les traits du Fantôme du Bengale, comment ensemble ils ont discuté de la réalité du monde, de la part de phantasmes, de leurs propres natures, etc...

Je fus un très mauvais lecteur pour cette BD.
Concrètement, je ne m'intéresse vraiment pas à la psychanalyse, je méprise les écrits de Freud, Lacan et compagnie que j'ai survolés mais dont je me fous complètement, et qui plus est la fin de cet album, qui devient davantage un roman illustré qu'une bande dessinée, m'a tellement gonflé et embrouillé que je n'ai pu en lire que quelques passages clés sans en comprendre le contenu exact.

Les deux premiers tiers de l'album sont de la pure bande dessinée. Un récit assez délirant mais sans l'humour dont Mandryka fait preuve pour une oeuvre plus "classique" telle que Le Concombre Masqué. Ce n'est pas très passionnant mais le récit est suffisamment linéaire pour se laisser suivre sans trop de difficulté. Cependant, l'improvisation implique rapidement une certaine perte de structure, le scénario s'égarant loin des trames de départ ce qui n'est pas idéal pour captiver le lecteur.
Puis quand Mandryka en vient à entrer dans le vif du sujet, à tenter de percer le symbolisme de son récit, il ne peut plus maintenir le format bande dessinée et doit transformer son récit en roman à peine illustré car il en a trop à dire. C'est là que j'ai décroché complètement. Les personnages discutent entre eux, s'auto-analysent, jouent sur leurs propres mots, expliquent leur vision du monde, de la réalité, de leurs fantasmes, de ce qui dirige la société et les hommes. Puis vient la symbolique Freudienne et Lacanienne où tout se rapporte à la mère, au père, au Moi, aux traumatismes de jeunesse. Et là, ça m'a gonflé.

Cet album intéressera probablement un lecteur psychanalyste désireux de découvrir une telle analyse retranscrite en texte et images, ou alors une autre personne en cours d'analyse ou qui en sort et qui voudra comparer son entreprise à celle de Mandryka, ou encore des proches de l'auteur curieux de connaître l'esprit de cet homme.
Mais moi, je m'en passerai.

Nom série  Le Fils  posté le 03/01/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Si l'on s'en tient au résumé de cette bande dessinée, il est assez classique mais pourrait amener quelque intérêt.
Il s'agit en effet de présenter un fils de notable chinois tiraillé entre la menace d'un mariage arrangé avec une fille de bonne famille et son amour pour une amie d'enfance plus campagnarde, avec pour trame de fond le même type de dilemme imposé à son propre père une génération plus tôt ayant entraîné une relation conflictuelle entre sa mère et lui. Un bon moyen de découvrir la Chine des années 30, confrontée aux prémices de l'invasion japonaise, entre influence occidentale et traditions chinoises, une Chine où le premier-né se doit d'être un fils pour assurer l'honneur d'une famille.

Malheureusement, le résumé contient quasiment tout l'intérêt de l'album. Le reste n'a rien d'exceptionnel.
Le dessin est simple, techniquement maîtrisé mais trop lisse et pas très enthousiasmant.
La narration est assez décousue, le récit s'égare souvent et il m'a fallu atteindre les deux tiers de l'album pour bien cerner le type précis du récit que je lisais. Certains passages me faisaient croire à une part de fantastique voire d'horreur alors qu'il n'en était rien.
Les réactions du héros sont assez mal rendues, ou du moins je n'ai pas bien su les apprécier. Il oscille entre suractivité puérile et stoïcisme aristocratique avec parfois des poussées de frayeur, notamment face à sa mère, qu'on a du mal à bien comprendre.
Le récit se déroule sans jamais vraiment réussir à transmettre l'émotion qu'il devrait et je l'ai parcouru avec un certain ennui.

Nom série  Caravane  posté le 02/01/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai entamé cette BD avec un mauvais à-priori.

D'abord parce que je ne suis que moyennement fan de Spoogue, du même auteur. Ensuite parce que le dessin des premières planches m'a un peu rebuté. Les paysages et surtout les véhicules me paraissaient moches et les personnages manquant de naturel. J'avais l'impression de voir un décor en carton-pâte. Et le début de l'histoire ne m'engageait pas davantage car j'y trouvais trop de clichés : la caravane de gentils freaks qui débarque dans un coin paumé peuplé de pequenots racistes et violents, la gentille fille et son gentil papa à qui on sent bien qu'il va arriver des bricoles à cause des méchants style KKK, etc...

Mais j'ai finalement bien accroché au bout d'une dizaine de pages. D'abord parce que la narration est fluide et agréable et que j'ai fini par me faire au dessin dont j'ai oublié les défauts initiaux. Ensuite parce que les personnages se révèlent variés et tous attachants. Et puis j'ai été pris par le scénario bien posé et intriguant avec l'envie de suivre davantage ce convoi et de découvrir ce qui s'y trame.

Je lirai la suite avec plaisir.

Nom série  La Face karchée de Sarkozy  posté le 02/01/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec la Face karchée de Sarkozy, je craignais au départ une satire gratuite et facile. Mais il s'agit vraiment d'un travail de documentation sur l'ensemble du parcours de Nicolas Sarkozy et c'est très instructif.

J'ai appris énormément de choses. Sarkozy y est présenté comme un frustré, un traître, un menteur et un animal politique ne pensant qu'au pouvoir quitte à tout écraser sur son chemin. Mais en même temps, les faits tels qu'ils sont présentés dans ce récit affichent clairement l'incroyable intelligence, la puissance de travail et la détermination de l'homme. C'en est assez impressionnant quand on réalise ce qu'il a réussi à faire et la façon dont il l'a réalisé. La chance n'a finalement eu que très peu d'influence sur son ascension et il a fait preuve d'une quantité d'efforts telle qu'on comprend que peu d'hommes auraient pu réaliser un tel parcours. Certes il en ressort comme une pourriture ambitieuse mais son machiavélisme et sa capacité m'épatent. Et comme je ne savais presque rien du passé du bonhomme, j'ai été captivé par cette lecture.
Je regrette cependant quelques affirmations assenées par les auteurs de la BD sans qu'on ait de certitude sur leur réalité. Ces rumeurs que Sarkozy aurait volontairement faites diffuser, ces complots dont finalement on ne peut que supposer qu'il est l'instigateur sans qu'aucune preuve ne puisse les étayer, toutes ces déclarations présentées comme des faits qui collent bien à l'idée globale du personnage et paraissent vraisemblables mais dont j'ai peur qu'elle téléguide un peu la pensée du lecteur vers une vision peut-être idéalisée ou exagérée de Sarkozy.

Quoiqu'il en soit, sur la forme, la narration est très fluide, très bien menée et permet une lecture agréable et jamais fastidieuse malgré le côté didactique de certains passages. Les scénaristes vont à l'essentiel, avec quelques simplifications parfois un peu faciles mais qui résument bien les relations entre tels ou tels personnages politiques ou médiatiques. Tout est clair et bien assimilable.
Par contre, je n'aime vraiment pas le dessin. Je trouve les caricatures laides, figées et j'ai souvent eu un peu de mal à reconnaître les personnages. Bref, le dessin apporte peu de chose au contenu scénaristique.
En outre, s'il y avait de l'humour, je ne l'ai guère trouvé. J'ai davantage pris cette BD comme un documentaire bien étayé que comme une BD humoristique.

En tout cas, je conseille vraiment la lecture du premier tome, la Face karchée de Sarkozy.
Les suivants ont cherché à être dans la même veine mais sont moins convaincants. Ils donnent l'impression d'avoir été réalisés plus rapidement, dans la foulée du succès du premier tome. Ils sont moins réfléchis et surtout manquent de recul car ils abordent des évènements plus actuels. Pour un meilleur impact et un intérêt plus réel, j'aurais à titre personnel préféré que les auteurs attendent la fin du premier mandat (en espérant que ce soit le seul...) pour en faire un constat plus profond et plus intéressant qu'une vision au jour le jour comme les tomes 2 à 4 m'ont plus ou moins donné l'impression.

Nom série  Monsieur Jabot et autres histoires  posté le 31/12/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'ai eu la chance de pouvoir lire "L'Histoire de Monsieur Jabot", tel que parue en exemplaire relié et autographié en 1860 (l'édition originale datant de 1833). Il s'agit d'une unique histoire alors que je vois que le Seuil en a réédité 6 regroupées en 3 albums. Mais cette histoire m'a étonné, séduit et vraiment fait rire.

J'ai été très surpris de voir à quel point il s'agit vraiment d'une BD et absolument pas d'un livre illustré ou d'une suite d'images accompagnées d'un texte narratif trop décousu. A l'exception près d'une répétition un peu malheureuse des mots "Monsieur Jabot" en entame de presque chaque phrase en début d'album, la narration est fluide et ne parait pas avoir vieilli malgré ses presque 200 ans d'âge.
Le dessin est caricatural et s'épargne le plus souvent les décors mais il est agréable et le héros, Mr Jabot, est amusant par sa seule représentation. Il s'agit d'un homme riche et un peu vantard qui souhaite ardemment plaire en société et fait tout pour cela, quitte à prendre des poses ridicules et à agir de manière totalement artificielle.
Après un début un peu laborieux le temps de se faire à l'écriture manuscrite à l'ancienne, le récit se révèle drôle, vraiment drôle. On dirait un vaudeville très réussi, avec des gags burlesques mais qui tombent juste et trouvent dans la narration un rythme excellent. Cela aurait été publié dans les années 2000, à la manière de ces BD indépendantes volontairement rétro d'aspect, cela aurait été tout aussi amusant à mes yeux.

A cela s'ajoute en outre le grand intérêt instructif de découvrir par le biais de ce récit la société de l'époque, ses moeurs et son humour vraiment proche du nôtre.
Cela ne fait pour moi plus aucun doute : dans la première moitié du 19e siècle, par le biais de Rodolphe Töpffer, existait déjà de la vraie et bonne bande dessinée.

Nom série  Koolau Le lépreux  posté le 30/12/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Un peu surpris de voir ce récit parler de kanaks se plaignant d'hommes blancs ayant amené de la main-d'oeuvre chinoise, de leur voir opposés des soldats visiblement américains et venant d'Honolulu, je me suis un peu renseigné pour apprendre que la nouvelle de Jack London, "Koolau the Leper", a pour décor Hawaï et non pas la Nouvelle-Calédonie. Pour autant que je sache, c'est donc une erreur de traduction d'appeler kanaks le peuple de Koolau, même si les évènements racontés là font probablement écho à ceux qui ont pu avoir lieu en Nouvelle-Calédonie et à l'assaut de la grotte d'Ouvéa qui aura pourtant lieu près de 10 ans après la première publication de cette bande dessinée.

Bref, Koolau est un rebelle hawaïen qui, avec les rejetés lépreux de son peuple, s'est dressé contre la puissance colonisatrice déjà bien installée de l'armée américaine. Cet album raconte son chant du cygne, sa dernière longue bataille, la défense d'une vallée inexpugnable puis sa fuite en avant quand tout a semblé perdu. Un ultime combat sacrificiel et déterminé pour la liberté.

La narration et le dessin sont très bons, comme Carlos Giménez sait nous l'offrir à son habitude. L'ambiance et l'impact symbolique de ce combat perdu d'avance sont bien rendus.
Je me suis cependant un peu ennuyé à la lecture de cet album. Le scénario se résume en une ou deux lignes. La fin est courue d'avance. Et comme j'ai été induit en confusion par cette erreur de traduction, m'imaginant mal au milieu de kanaks, je n'ai pas apprécié à sa juste valeur non plus l'aspect instructif et parlant de la comparaison entre l'ancien mode de vie heureux des polynésiens comparé à la déchéance de l'assujettissement aux occidentaux.

Bref, je ressors un peu déçu de ma lecture.

Nom série  Rock Strips  posté le 29/12/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ayant offert cet album à un fan de rock, j'en ai profité pour le lire également.

C'est un bel album composé d'une trentaine de chapitres de 3 à 6 pages chacun consacrés à des groupes ou chanteurs de rock des années 60 à nos jours. Cela va de Little Richard à LCD Sound System en passant par des incontournables tels Elvis Presley, les Beatles, les Stones jusqu'aux plus récents tels Nirvana, Radiohead et les White Stripes. Il y manque juste Bob Dylan, comme Charles Berberyan le fait remarquer en épilogue.

Chaque chapitre est précédé de deux pages de biographie des groupes et d'une discographie idéale de leurs albums et de leurs singles. Instructif et mon fan de rock de beau-frère me confirme que sur ses groupes préférés, il aurait choisi les mêmes playlists.

On sent ensuite que les auteurs qui se sont dédiés à cet ouvrage sont de vrais amateurs des groupes ou chanteurs auxquels ils rendent hommage. Plus que la retranscription d'une chanson ou d'une anecdote, c'est bien souvent davantage l'âme de ces musiciens qu'ils cherchent à mettre en image, ou du moins leur véritable ressenti émotionnelle quand ils écoutent leur musique.
Du coup, quand on est un fan confirmé de tel ou tel groupe, on peut vraiment apprécier d'y retrouver l'ambiance musicale restranscrite en BD.

L'ennui, cependant, c'est que le rendu est parfois trop hermétique.
Je prends l'exemple du chapitre réalisé par Obion sur les Beatles. J'aime ce dessinateur et je sais, par son blog, que c'est un vrai grand fan de Lennon et sa bande. Mais il m'a donné l'impression d'être allé un peu trop loin dans l'érudition, mettant en image des personnages issus de couplets particuliers de certaines chansons particulières. Moi qui estimais ne pas connaitre si mal l'oeuvre des Beatles, je me suis retrouvé un peu largué.
Et c'est le cas pour nombre de groupes dont je connais nettement moins les chansons, dont les hommages me sont restés souvent abscons et ne m'ont fait ni chaud ni froid car je ne voyais pas trop à quoi ils faisaient allusion.
J'avais vraiment l'impression de manquer d'érudition. N'est pas Philippe Manoeuvre qui veut.

Du coup, ce sont surtout les hommages rendus aux groupes de ma génération : Metallica, Nirvana et autres Radiohead qui m'ont plu. Les autres m'ont souvent intéressé ou un peu parlé, mais trop souvent je me suis senti à côté de la plaque. Dommage pour moi...
Mais les vrais grands fans, érudits en matière de rock des années 50 aux années 2000, trouveront là de vrais hommages sincères et loin de banales adaptations de tubes célèbres.

Nom série  L'oud  posté le 29/12/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série est vraiment dans la continuité de Petit Polio, du même auteur. Cette dernière abordait la vie d'un jeune garçon dans une famille d'immigrés vivant à Toulon dans les années 50. Ambiance méridionale, sujets de société, intégration et racisme en trame de fond, mais surtout joie de vivre d'un enfant, de sa famille et de ses amis.

L'Oud aborde des thèmes très similaires mais portés quelques années plus tard, dans les années 70 ou 80, dans un décor cette fois parisien, avec des enfants qui sont devenus de jeunes adultes en devenir, avec toujours la même trame de fond mais des sujets plus proches de la découverte de la vie d'adulte, de la difficulté des jeunes couples, etc. A vrai dire, on dirait qu'il s'agit soit de la même famille soit de cousins proches. L'un des jeunes étant lui aussi affecté de polio et une partie de leur famille étant de Toulon, je me demande cette fois encore à quel point l'auteur s'est transposé en lui.

Le dessin est toujours assez moyen mais la narration graphique est très bonne, très fluide. Il ne se passe finalement rien de très marquant dans ce récit du quotidien mais la lecture coule toute seule, avec plaisir. Ce côté agréable tient beaucoup à l'ambiance chaleureuse et fraternelle qui règne entre les membres de cette famille, même quand viennent les difficultés ou quand le père se révèle brutal. La même ambiance familiale régnait dans Petit Polio et elle était tout aussi plaisante.

Une longue tranche de vie assez dépaysante malgré son décor parisien et dans laquelle on plonge avec douceur et intérêt.

Nom série  Paroles de sourds  posté le 27/12/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est la mise en scène d'une série de témoignages de trois à cinq pages chacun d'anonymes, de sourds, de psychologues ou d'interprètes, sur le sujet de la surdité, tous traités et scénarisés par Corbeyran et dessinés par des auteurs différents du monde de la BD.

Le graphisme est évidemment très différent d'un dessinateur à l'autre mais il est globalement bon.
Si l'ensemble est globalement instructif et plaisant à lire, beaucoup de ces récits paraissent assez anecdotiques, ou simplement rendus sans guère d'émotions à même d'être ressenties par le lecteur.
C'est donc un recueil collectif comme il en existe beaucoup, pas vraiment à même de toucher durablement son lecteur. Il m'a cependant permis d'apprendre différentes choses que j'ignorais, de trouver assez touchants certains personnages et certaines situations mises en scènes. J'y ai aussi découvert le métier d'interprète pour sourds et malentendants ainsi que ses spécificités auxquelles je n'aurais effectivement pas pensé au premier abord. Cette lecture m'a également amené à m'interroger sur le caractère génétique de la surdité, chose que je n'avais même pas envisagé avant cela, je l'avoue.

Assez instructif donc, mais vraiment pas un album marquant à mon sens.

Nom série  Droit du sol  posté le 26/12/2009 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ca a commencé par des dizaines de pages où je me suis ennuyé car je n'avais d'affinité avec aucun des différents personnages principaux. A tel point que je mélangeais au moins deux d'entre eux. Le dessin, trop peu maîtrisé et similaire pour les visages de certains personnages, ne m'aidait pas et me donnait peu de plaisir à parcourir les planches.
Dans ces pages, je n'ai surtout pas aimé la vision de la vie et surtout des relations entre hommes et femmes, se résumant à des échanges intéressés d'argent, de sexe ou alors d'emmerdes quand un couple commence à avoir quelques années. Cette vision trop blasée, matérialiste et insatisfaite de la vie, je l'avais déjà ressentie et elle m'avait déjà déplue dans Bonne santé mais je l'avais alors acceptée car Charles Masson la présentait comme issue de l'horreur au quotidien vécue par les médecins. Ici, j'ai l'impression que tous les personnages sont des médecins et qu'ils sont tous à contretemps du bonheur de vivre.

Puis est arrivé le message politique avec ses gros sabots, le message assené avec tellement de manichéisme et de certitude que j'ai franchement été agacé. Sous couvert de conversations philosophiques, sociologiques ou simplement politiques, mal amenées car souvent trop artificielles, entre les personnages, l'auteur affirme sans détour ce qu'il pense et cherche à l'imposer au lecteur.
Dans le coin droit du ring, les sarkozystes, les pétainistes collabos, les profiteurs colonialistes et les racistes.
Dans le coin gauche du ring, les généreux humanistes qui viennent en "Afrique" pour "donner et pas recevoir", des hommes et des femmes qui ne sont certes pas exempts de défauts (qui est un alcoolique, qui est infidèle, qui est amoureux mais lâche par crainte de perdre sa sécurité) mais ça les rend tellement humains et à même de donner des leçons aux lecteurs.

Car, oui, c'est de l'accusation que j'ai ressentie dans le message de l'auteur : soit vous êtes avec lui et vous dites qu'il faut donner, que la France est une terre d'Asile, que l'Etat doit aider tous ceux qui viennent y chercher refuge et que personne ne doit être rejeté, soit vous êtes contre lui et donc à ranger dans l'une ou l'autre des cases du coin droit du ring.

Pour assener son message, l'auteur abuse de personnages caricaturaux.
Les expatriés y sont de purs porcs immondes sur lesquels on aurait envie de cracher dès la première rencontre. Les policiers et gendarmes sont des feignasses aux faciès et aux comportements de gros singes stupides. Et le seul personnage principal qui ne soit pas de gauche est un romantique idiot qui se révèle colonialiste et rétrograde.
A ces personnages détestables, l'auteur oppose des situations chocs de pauvres misérables qui ne demandent rien d'autre que de survivre, d'être soignés par la médecine française, de recevoir le chômage et peut-être même le RMI mais n'exagérons rien, ou tout simplement de partager une portion du "paradis français". Vous autres qui vivez dans l'opulence par le simple fait d'être né en France, vous n'aurez pas le toupet de dire que vous ne devez pas donner une part de votre bonheur au reste du monde, n'est-ce pas ?
La seule fois où l'auteur fait preuve d'un peu moins de manichéisme c'est quand il donne brièvement la parole à deux femmes de Mayotte qui affirment qu'elles ne veulent pas de tous ces clandestins et que la population locale souhaiterait qu'ils repartent chez eux, au détriment des bons sentiments des "gentils" français. Mais l'auteur s'empresse de montrer le côté égoïste et égocentrique de ces femmes et on n'entendra plus leur avis par la suite.

Subjectivement, j'ai détesté le message politique de l'auteur que j'ai trouvé grossièrement amené et sans aucun contrepoids pour le nuancer. Mes 15 ans de vie d'expatrié en Afrique expliquent probablement cela (après tout, ne m'accuse-t-il pas directement ?) et le fait que je n'estime vraiment pas que la solution de générosité qu'il prône permette de résoudre la situation.
Objectivement, j'ai trouvé sa démonstration trop manichéenne, trop grossièrement amenée et imposée avec trop peu de demi-mesure pour être appréciée. Certes la scène finale fait vraiment mal (n'importe quelle scène impliquant des enfants ferait aussi mal), mais si elle ne sert qu'un message d'accusation faussé (si c'est arrivé, c'est de votre faute, alors levez-vous et battez-vous à mes côtés car ma solution est l'unique possible !), elle manque pour moi son but.
Maintenant, politiquement parlant, il y aurait et il y a encore infiniment de réflexion avant de savoir comment résoudre l'intolérable situation des populations défavorisées, mais je doute que ce soit en culpabilisant les lecteurs que cela fonctionne. Je n'ai pas et je ne voterai jamais pour Sarkozy ni plus à droite que lui mais je résumerai ma pensée en disant que je ne suis pas pour autant du même avis politique que l'auteur sur le sujet d'une France Terre d'Asile. Cela ne résoudrait rien à moyen ni à long terme.

Je n'ai donc pas pris de plaisir à lire cette BD qui, au contraire, m'a souvent agacé. Mais elle évite la note minimale car elle m'est malgré tout apparue instructive sur une certaine vision de la situation à Mayotte, territoire différent de l'Afrique telle que je la connais car le "paradis français" y est bien plus proche et horriblement plus tentant pour les populations voisines défavorisées, au point de créer une situation vraiment perverse et détestable où l'égoïsme des peuples est quasiment obligé de se révéler.

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