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Nom série  Les Captainz  posté le 24/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Devant le succès rencontré par les super-héros, il est assez logique de voir apparaître de plus en plus de séries européennes reprenant ce principe. A titre personnel, je ne suis pas vraiment un accro de ce type de personnage mais s’il est traité au second degré je suis prêt à me laisser convaincre.

C’est une des deux raisons qui m’ont poussé à tenter l’aventure des Captainz, l’autre étant le dessin de Yoann dont le style n’est pas sans rappeler celui des Léturgie, Janry ou autres Conrad. C’est de fait un trait dont je suis friand. Dynamique (explosif même), expressif, il me ramène à mon enfance, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Malheureusement, et alors que je partais avec un a priori positif, j’ai rapidement déchanté. Si le scénario en vaut un autre (une histoire de mondes parallèles avec l’apparition de monstres venus d’autres dimensions et qui menacent la terre), l’humour développé m’a rapidement fatigué. Beaucoup trop axé sur des blagues à caractère sexuel pour jeunes adolescents ou alors trop lourdingue, cet humour m’a laissé froid. Je dirais même qu’il m’a fatigué. C’est dommage car je trouve l’idée de départ plutôt intéressante et les superpouvoirs des différents personnages auraient pu donner quelque chose de plus fin, de plus abouti si les auteurs n’avaient pas choisi la facilité côté humour.

Donc bof.

PS : je me suis permis de classer cette série en "une histoire par tome" même si cet album n'a pas de numéro. La fin invite clairement à une suite et, si suite il ne devait pas y avoir, ce serait bien plus dû à un manque de succès qu'à la volonté des auteurs de réaliser un simple one-shot.

Nom série  La Vie compliquée de Léa Olivier  posté le 23/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
A titre personnel, je n’ai pas réellement accroché à ce qui pourtant est rapidement devenu un phénomène. Et pourtant, je suis bon public… Oui mais voilà, ici, nous sommes dans un récit très, mais alors très formaté pour les adolescentes.

Vous avez déjà l’héroïne. Une ado qui quitte sa campagne pour s’installer dans une grande ville. Elle n’est ni belle ni vilaine, ni bête ni intelligente, ni pauvre ni riche, médiane quoi, ainsi toutes les jeunes filles peuvent s’identifier à elle. Ceci dit, elle a beau ne pas être une bombe physiquement parlant, la nana collectionne les prétendants qui, eux, sont tous beaux et parfois même intelligents. Trois clients potentiels au bout du premier tome et le côté compliqué de la vie de Léa Olivier se résume à savoir lequel choisir : celui qu’elle a laissé à la campagne et qui l’a larguée (le beau ténébreux), celui qui l’a accueillie, qui tient le journal mais qu’elle considère comme un ami fidèle (le bel intello, ou le brave toutou, ça dépend des points de vue) ou celui qui a un torse d’athlète et qui fait tourner la tête aux autres filles de la classe (la belle coqueluche).

Ensuite, vous avez la meilleure amie, qui est restée au village et à qui il… n’arrive rien. Elle sert juste d’espionne pour Léa auprès de son ex.

Enfin… enfin, c’est tout en gros. La ville de Montréal n’est que fort peu décrite. Le quotidien à l’école est identique à celui vécu par n’importe quelle personne de la classe moyenne.

Seul point positif pour moi : le dessin de Ludo Borecki. Un trait franco-belge frais et expressif qui convient plutôt bien à ce type d’histoire (même si, personnellement, je préfère le style d’Aurélie Neyret (Les Carnets de Cerise) ou celui de Cati Baur (Quatre soeurs) pour ce type de produit).

Je n’ai lu qu’un tome et n’en lirai d’autres que s’ils me tombent dans les bras et que je n’ai pas envie de réfléchir à ce moment-là. Pourtant, je ne peux pas dire que j’ai détesté. Non, je me suis juste quelque peu emmerdé.

Pas pour moi (ce qui ne veut pas dire que ce n’est pas bien fait dans son genre).

Nom série  Gunblast Girls  posté le 23/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Gunblast Girls est un space opera au ton humoristique. Ce premier tome permet de présenter les principaux acteurs tout en nous offrant déjà une bonne dose d’action.

Jusqu’à présent, il n’y a rien de vraiment neuf, à quelque niveau que ce soit d’ailleurs.

Les héroïnes ? Ben… c’est Crisse l’auteur, donc elles sont sexy. Des seins bien ronds mis en valeurs par des décolletés fantaisistes ou des tissus suffisamment fins pour que l’on devine un téton par ci par là, des culs tout aussi ronds et tout autant mis en valeur par les tenues des demoiselles. Voilà pour l’esthétique. Quant à leurs caractères, ils sont assez classiques puisqu’il s’agit d’une bande de voleuses/mercenaires à la langue bien pendue et peu enclines à se laisser manipuler par leur entourage.

Les vilains ennemis ? Ils descendent directement de la mafia, italienne ou chinoise selon les cas. Rien de bien original ici non plus mais il n’empêche qu’ils gardent une part de mystère qui fait qu’on a quand même envie d’en savoir un peu plus.

Le prétexte : une adolescente à acheminer en traversant la galaxie et en évitant de se faire choper par les ennemis du papa. Ca permet de visiter des planètes plus ou moins originales. Une planète couverte de cristaux, l’autre ressemblant à las Vegas jusque dans son nom. Non, ce n’est pas non plus ici qu’il faut chercher l’originalité. L’adolescente a pour animal de compagnie un dragon (format de poche au début de ce récit) et, en symbiose avec celui-ci, semble disposer de pouvoirs multiples et complexes. Ca, ça permettra à l’auteur de s’en sortir en cas d’impasse dans son scénario et, honnêtement, j’ai le sentiment d’avoir déjà vu ça ailleurs…

Oui, mais voilà ! J’ai lu ce premier tome avec plaisir et je me réjouis déjà de lire la suite car ce récit a beau ne rien apporter de neuf au genre, il est bien fait, très rythmé, avec des personnages intéressants et des dialogues amusants (j’ai bien aimé la « frappe chirurgicale à l’ancienne » par exemple). Et c’est finalement, grand ado que je suis, tout ce que je lui demande.

Rien de neuf dans l’univers du space-opera pour adolescents mais une série soignée qui ravira les amateurs du genre.

Nom série  Cavale vers les étoiles  posté le 23/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cavale vers les étoiles porte bien son nom. Ce manga de science-fiction (une uchronie, en fait… mais j’y reviendrai plus tard, et si vous continuez à m’interrompre faudra pas vous étonner si cet avis dure des plombes !) nous propose en effet une longue course poursuite avec moult combats à la clé, cascades, chutes, rencontres étranges mais rarement sympathiques, usage d’armes en tous genres, ingurgitation de nouilles et de métaux divers, dévissage de tête, revissage de tête et j’en passe et des meilleurs.

On n’a vraiment pas le temps de souffler lors de cette cavale, à un point tel que l’on arrive au terme de l’aventure sans savoir grand-chose de ses protagonistes. Heureusement (ou non car finalement l’intérêt du truc n’est pas là), on en apprendra un peu sur Riku (la jeune et attachante marchande de nouilles) lors du dernier chapitre.

Vous l’aurez compris : l’action est au rendez-vous. Et qui dit scènes d’action dit dessins pas toujours très clairs dans le petit monde du manga. Je ne vous mentirai pas, c’est parfois le cas présentement également. Ceci dit, je trouve que Ryoma Nomura s’en tire avec les honneurs de ce point de vue. La plupart du temps, j’ai trouvé les enchainements logiques (double salto arrière avec demi-vrille enchainé avec un « je-t’enlace-le-cou-avec-mes-petites-jambes-musclées-tandis-que-de-mes-mains-je-saisis-ce-qui-te-sert-de-testicules » et on termine en ramenant les jambes à hauteur de la tête (la sienne mais sans lâcher l’autre) en continuant à tenir fermement les bijoux de l’opposant, provoquant ainsi un sympathique éclatement total de la colonne vertébrale de ce dernier, le tout en trois dessins, faut l’avouer, c’est bien maîtrisé) mais le dessin parfois imprécis m’a aussi, à l’occasion, demandé un effort de décodage.

Après l’action, parlons un peu du décor. Comme je vous l’avais dit, il s’agit d’une uchronie. Ryoma Nomura a imaginé un monde qui aurait basculé dans les années 30. La Grande-Bretagne y est devenue toute puissante et la terraformation de Mars a quelque peu foiré. Les habitants de Mars ont évolué et ont gagné leur indépendance. Mais on s’en fout un peu vu qu’ils sont sur Mars et n’interviennent pas dans cette histoire. Sauf que… nous sommes maintenant en 2001 dans cette réalité alternative et, suite à une expérience militaire et un peu d’ADN dont on ne sait la provenance, le gouvernement britannique a réussi à recréer une martienne, gamine à la force herculéenne, aux capacités d’auto-guérison quasi absolues et au comportement quelque peu violent (en gros, elle tire sur tout ce qui bouge). La gamine s’échappe avec une seule idée en tête, rejoindre Mars, et la cavale commence. Honnêtement, le fait qu’il s’agit d’une uchronie n’apporte strictement rien au récit. Ceci dit, l’univers qui nous est proposé est bien pensé pour y placer l’action de ce manga. On traverse plusieurs régions (milieu urbain à la Blade Runner, zone désertique, conduits souterrains, …) qui permettent de varier les plaisirs en même temps que le terrain de jeu. Je n’irai pas jusqu’à dire que les décors sont fouillés (ça reste du manga) mais l’auteur parvient à nous plonger dans son univers, ce qui est finalement le but recherché.

Enfin, un mot sur les personnages. Le duo central, composé donc de cette petite martienne et d’une jeune marchande de nouilles, est vite attachant. L’auteur installe un décalage, un second degré entre leurs conversations et ce qui leur arrive. Le ton n’est pas humoristique mais grâce à ce procédé, ça reste léger. A leurs côtés ou en face d’eux, on retrouve une flopée de seconds rôles plutôt bien typés. A aucun moment ils ne volent la vedette au duo mais leur présence permet de relancer régulièrement l’action.

Ce manga est donc une belle découverte. De plus, il s’agit d’une histoire complète en un (copieux) tome, donc ce n’est pas la peine d’attendre la suite. Bon ! A titre personnel, j’aurais évité la scène finale à laquelle j’avoue ne pas avoir compris grand-chose (mais rassurez-vous, ce n’est pas non plus essentiel pour capter ce qui se déroule dans les 320 pages qui précèdent) mais je ne vais pas bouder mon plaisir. Pour une fois qu’un manga d’action pure et de combats violents garde mon attention sans me saouler au bout de 20 pages, je vais pas vous dire de passer votre chemin !

A lire, donc. Et même à acheter si vous êtes amateurs du genre (pas du genre uchronique, hein ! Du genre action-combats-monstres et compagnie).

Nom série  Syberia  posté le 22/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tout le monde connait les deux facettes de Benoit Sokal, auteur de bandes dessinées d’une part, concepteur de jeux vidéo d’autre part. Des deux côtés, l’artiste est reconnu pour son talent et si « Canardo » est la bande dessinée qui l’a fait connaître du grand public, Syberia est le jeu vidéo qui lui a valu sa notoriété dans le monde des gamers.

Il paraît presque logique qu’un jour ces deux univers se rencontrent. C’est le cas avec cette nouvelle bande dessinée, signée Sokal, bien entendu… mais pas celui qu’on attendait !

Voici donc, pour la première fois en bande dessinée, l’univers de Syberia utilisé comme théâtre d’une aventure mêlant exotisme et mystère. Au scénario, nous trouvons Hugo Sokal, le fils de Benoît, qui a déjà collaboré avec ce dernier sur certains albums de Canardo mais aussi pour la conception du jeu vidéo Syberia (dont le troisième volet doit sortir sous peu, si ce n’est déjà fait... Ahhh, on m'informe dans l'oreillette qu'il est sorti depuis avril 2017... toujours à la pointe du progrès le Mac Arthur :p )). Son travail est agréable à lire, l’équilibre entre action et explications est bon, le découpage est clair, le mystère reste entier à la fin de ce premier tome et donne envie de connaître la suite. Que l’on maîtrise l’univers de Syberia ou non, cette bande dessinée a de quoi satisfaire chaque lecteur. Le premier retrouvera avec plaisir des personnages clés du jeu tout en découvrant certains pans de l’histoire ignorés jusqu’à présent. Les autres se plongeront, je pense, avec un grand plaisir dans cet environnement sans souffrir de leur méconnaissance de l’univers, cet album étant une sorte de prequel du jeu vidéo.

Le scénario s’articule autour de flash-backs et ce premier tome permet surtout de cerner les enjeux tout en nous plongeant dans un univers mystérieux et intrigant.

La grande révélation de ce premier tome est cependant à aller chercher au niveau graphique. Grâce à un gros travail sur sa colorisation, Johann Blais nous livre des planches vaporeuses qui nous immergent dans un univers clos et cotonneux. Le trait un peu figé ne gêne en rien, au contraire, il renforce le sentiment d’exotisme prodigué par le scénario.

Voici donc un premier tome à découvrir, tant par les fans du jeu vidéo que par les simples amateurs de récits mystérieux et exotiques. Syberia aurait pu n’être qu’une bande dessinée opportuniste surfant sur le succès du jeu vidéo. La série se révèle bien plus intéressante que cela et mérite un coup d’œil attentif.

Nom série  La Mémoire dans les poches  posté le 22/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ce récit est extrêmement touchant mais a failli ne pas connaître d’épilogue. Son scénariste, Luc Brunschwig aura effectivement beaucoup de peine à le terminer puisque l’histoire fictionnelle qu’il raconte ici aura fait remonter dans sa mémoire des souvenirs bien réels d’où découlera une dépression profonde. Il nous aura donc fallu faire montre de patience pour pouvoir enfin lire le dernier opus. Mais qu’à cela ne tienne ! Si l’émotion est au rendez-vous, qu’importe l’attente.

Avec ce genre de préambule, je vous soupçonne de craindre un récit sordide, d’une noirceur profonde dont la lecture ne vous incitera à rien d’autre qu’à vous mettre la tête dans le four, thermostat réglé sur 180° (de préférence avec des brownies, ça pourra toujours servir à l’enterrement). Il n’en est rien !

D’ailleurs, tout débute avec un premier tome étonnant, amusant à plus d’un titre, touchant par ses personnages (tant les principaux que les secondaires), en résumé, incroyablement accrocheur. Imaginez un vieux monsieur débarquant dans un café d’habitués un bébé dans les bras. Le vieillard est confus mais, grâce à des aide-mémoires blottis au fond de ses poches, se révèle conteur hors pairs. Le gaillard ne semble plus avoir toute sa tête et, à l’instar de son auditoire, on se demande ce qui dans ses propos tient de la fabulation et de la vérité. Quoiqu’il en soit, j’ai été fasciné par ce premier tome qui nous conte une histoire simple et humaine, avec des acteurs qui essayent de bien faire et qui, parfois, font les mauvais choix.

J’attendais alors le deuxième tome avec beaucoup d’impatience… et sans doute en attendais-je trop. Car l’histoire prend alors un virage, non pas à 180° mais tout de même suffisamment marqué pour que le centre d’intérêt se déplace de l’histoire de ce bébé et de sa maman à celle du vieil homme. Un vieil homme qui, de figure marquante en narrateur fantasque du premier tome, va se transformer en une ombre difficile à cerner. C’est tout l’intérêt de ce tome mais c’est aussi ce qui a fait que, lors de ma première lecture, j’ai moins apprécié ce deuxième volet.

Vient avec le troisième tome le temps des révélations… et celui des grandes émotions. Cette dernière partie offre des passages poignants, dans lesquels les démons de la communauté juive d’Europe refont surface. Il y est beaucoup question de déportation, de déracinement, de souffrance mais Luc Brunschwig combine ces lourds passages à des notes d’espoir et d’humanité. Humanité, tout au long du récit, ce terme m’est revenu à l’esprit. L’histoire qui nous est contée ici en est remplie, avec des personnages simples, qui commettent des erreurs, essaient de faire pour le mieux, et touchent le lecteur par ce simple fait. Ils ne sont pas parfaits, et cela les rend proches de nous.

Le dessin d’Etienne Le Roux convient parfaitement à ce scénario. Ce style semi-réaliste permet d’ancrer des personnages bien typés (et donc facilement reconnaissables malgré les différentes époques) dans des décors réalistes. La colorisation dans laquelle le brun domine ne pourra que plaire à notre webmaster (Alix, si tu m’entends… ) et confère à ce récit un climat nostalgique qui lui sied bien. J’ai bien remarqué une petite différence au niveau du trait entre le deuxième et le troisième tome, conséquence logique du grand laps de temps qui a séparé ces deux albums, mais c’est vite oublié et l’histoire reprend rapidement le dessus.

Un récit très touchant, en tous les cas, même si le sujet central semble changer en cours de récit (alors que je ne doute pas que l’intention de Luc Brunschwig a toujours été de nous raconter l’histoire de ce vieux monsieur). Avis aux amateurs.

Nom série  Brian Bones, détective privé  posté le 22/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Brian Bones est une série policière old fashion qui nous entraine dans l’Amérique des années 50 et dans un style de bd franco-belge des années 60. Tout ça ne nous rajeunit pas est le public est bien ciblé

Je ne vais cependant pas bouder mon plaisir. La série tient plus que ses promesses et si je trouve que Rodolphe a tendance à souffler le chaud et le froid ces derniers temps cette série ne lui fait certainement pas injure. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit ! Brian Bones n’est pas un chef d’œuvre mais bien une bonne série policière surfant sur la vague de la nostalgie d’une époque fantasmée et d’une bd d’un autre temps.

Le dessin de Georges Van Linthout, d’abord, joue à fond cette carte de la nostalgie avec un trait en ligne claire qui rappelle pleinement celui employé par les auteurs de bd franco-belge dans les années 60 et 70. Dans le genre, c’est vraiment du bel ouvrage. Le style est dynamique et expressif, les décors sont soignés. On sent que l’artiste s’est plu dans cet univers de belles américaines (les voitures comme les pin-up) et s’est amusé dans ces pages où intrigue policière, action et humour font bon ménage.

Les scénarios de Rodolphe sont, comme je le disais, dignes d’intérêt. Les intrigues tiennent la route (même si certaines surenchères dans les révélations finales ne sont pas toujours utiles à mes yeux), l’humour est discret mais présent, l’action est au rendez-vous et la série exploite plutôt bien cet univers fantasmé de l’Amérique des années 50.

Une série qui cible donc un public de nostalgiques. A ceux-ci, je conseille vivement de jeter un œil voire même de carrément acquérir cette série. Pour les autres, Brian Bones est très certainement une série à emprunter, surtout si vous êtes fans de séries policières légères et du trait franco-belge des années 60.

Une série qui vaut le coup d’œil, en tous les cas.

PS : si le nom du héros est bien entendu un clin d’œil au cofondateur des Rolling Stones, les intrigues se déroulent plus souvent dans l’univers du cinéma que dans l’univers musical… du moins pour l’instant.

Nom série  L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu  posté le 21/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L’homme qui n’aimait pas les armes à feu n’est pas la série qui révolutionnera le western mais j’y ai trouvé ce que j’espérais… et même un peu plus.

L’intrigue tient la route et fait montre d’originalité. Il y sera beaucoup question du deuxième amendement, ce qui justifie pleinement le titre de la série. L’humour est un des points forts du début de la série avec quelques personnages hauts en couleur. Cet humour se fait de moins en moins présent au fil des tomes mais sans jamais réellement disparaître.

De western, il est bel et bien question même si nous sommes à la fin de la période mythique du far-West. Ici, les avocats et autres hommes de loi commencent à prendre le pas sur les cow-boys. Nous avons cependant droit à quelques personnages classiques du genre. Je pense donc que l’amateur de western classique risque dans un premier temps d’être un peu dérouté avant de retrouver ses marques.

La narration est vive et l’action ne manque pas. Le trait dynamique et très expressif de Paul Salomone renforce encore le caractère mouvementé de ces aventures. Les personnages, hauts en couleur, sont très bien typés dans un style caricatural qui favorise les expressions de visage et donc l’humour.

Personnellement, c’est un des westerns récents que j’ai eu le plus de plaisir à suivre. Je vous le recommande donc vivement.

Nom série  Le Travailleur de la nuit  posté le 21/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai énormément apprécié la lecture de cette biographie romancée d’un anarchiste à principes. Pour de multiples raisons.

Tout d’abord, et pourvu qu’il y ait derrière leurs agissements une conscience politique, j’aime bien les anarchistes convaincus (anarchie et communisme partagent d’ailleurs à mes yeux un point commun, leur utopie et je trouve toujours touchants ces gens qui croient le miracle possible), surtout s’ils se montrent cohérents avec eux-mêmes.

Par ailleurs, la vie d’Alexandre Jacob a été tout sauf un long fleuve tranquille. Il est même injuste de ne parler que d’une vie car ce personnage en a réellement vécu plusieurs. On n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer devant l’évocation d’une existence aussi remplie de voyages, d’aventures et de prises de conscience.

Ensuite, l’image qu’en donnent les auteurs en fait un véritable héros de roman. Une sorte de Robin des Bois, naïf et pragmatique à la fois, cultivé mais n’hésitant pas à tuer au besoin. Ce personnage développe pas mal de contradictions mais les auteurs privilégient ses bons côtés, son humour, sa conscience politique, son sens moral. On ne peut que s’attacher à l’homme et oublier le meurtrier qu’il était également.

Le dessin, dans son style semi-réaliste, accentue le sentiment de légèreté de cette biographie. Le destin d’Alexandre Jacob n’a pourtant rien de drôle mais les auteurs ont opté tant au niveau de la narration que du dessin pour une forme de légèreté qui m’aura aidé à rentrer dans cette biographie. Je n’ai jamais eu le sentiment de lire une œuvre historique scolaire mais bien un récit d’aventure.

Distrayant et instructif, ce sont là deux qualités que je recherche bien souvent dans mes lectures et cet album les réunit de fort belle manière. Franchement bien, par conséquent.

Nom série  Deadpool Team-up  posté le 20/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Deadpool Team-up est une série dans laquelle différents auteurs associent Deadpool, un des super-héros/méchants les plus lamentables de l’histoire du comics, à des figures du milieu. Figures plus ou moins connues et j’avoue que, néophyte que je suis, il y en a plus d’un dont j’ignorais jusqu’à l’existence.

La série se compose donc d’histoires courtes de valeurs très inégales, mais toutes offrent tout de même une constante : il n’y a pas de chef d’œuvre. Au mieux, j’ai eu droit à un récit qui m’aura fait sourire grâce à la crétinerie de son personnage principal. Au pire, certaines histoires m’ont semblé tellement fades que je me demandais si ça valait la peine de continuer ma lecture. Heureusement, ces courts récits portent bien leur nom, et on passe donc rapidement à une nouvelle aventure.

Dessinateurs différents implique également styles graphiques différents. Et là aussi, je suis passé de traits que j’aimais relativement bien (sans crier au génie) à des traits plus brouillons à mes yeux.

Les histoires qui composent cette série m’auront en définitive donné le sentiment d’avoir été réalisées uniquement pour boucher des trous dans des périodiques : un travail de professionnels mais réalisé sans peaufinage ni originalité.

A réserver aux fans absolus de Deadpool. Et encore ! Même à ceux-là je conseillerai plutôt une location que l’achat.

Nom série  Les Petites Victoires  posté le 19/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Les petites victoires est un récit autobiographique touchant dans lequel l’auteur a décidé de mettre en avant non une maladie mais la beauté de l’amour parental. Cet album ne traite donc pas tant de l’autisme que du plaisir ressenti par les acteurs lorsqu’ils parviennent à contourner l’obstacle. Ce sont ces fameuses petites victoires qui donnent son titre à l’album et qui procurent à celui-ci cette humanité rayonnante et ce positivisme qui font du bien.

J’ai beaucoup aimé. Sans doute parce que le handicap et la différence sont des sujets qui font partie de mon quotidien. Toute la dimension « technique » m’a fortement intéressé tant elle reflète une évidence : à l’heure actuelle, nous ne savons pas encore grand-chose de l’autisme et de la manière dont on doit aborder les personnes qui en souffrent. Le fait que l’auteur de cet album soit Québécois m’a interpellé. Le Canada est réputé pour être un des sinon le pays le plus avancé en matière de traitement de l’autisme. Pourtant, Yvon Roy va souvent opter pour l’opposé de ce qui lui est préconisé. Avec des résultats étonnants et encourageants. Il ne condamne nullement ce qui est fait par le corps médical mais propose une autre approche. Et la combinaison des deux explique très certainement ces nombreuses petites victoires.

La dimension humaine laisse difficilement insensible. L’auteur occulte volontairement les « petites défaites » inévitables face à ce genre de maladie, ce qui donne au final un récit d’un positivisme revigorant. C’est touchant et drôle à la fois. Jamais larmoyant, bien au contraire !

Enfin, le dessin dans ce style dépouillé, très direct, casse les barrières entre le lecteur et le narrateur. Le trait s’efface au profit de l’histoire. A la limite, on ne se rend même plus compte qu’il s’agit de simples dessins tant nous sommes avec les personnages, tant nous partageons leurs sentiments.

Et en partageant leurs « petites victoires » on ne peut que se sentir mieux, notre subconscient considérant celles-ci un peu comme si elles étaient nôtres.

Non, franchement, c’est un bel album.

Nom série  Off Road  posté le 19/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Off Road est une œuvre de jeunesse réalisée par un auteur de talent. Œuvre de jeunesse du moins dans son scénario puisque Sean Murphy y fait déjà montre d’une telle maîtrise graphique qu’il est difficile de voir en ce splendide noir et blanc l’œuvre d’un néophyte.

Quant au scénario, j’ai presque honte de parler d’œuvre de jeunesse car la manière dont ce récit nous est raconté démontre, elle aussi, une grande maîtrise de la narration et du découpage.
La jeunesse, je l’ai finalement plus trouvée dans les thèmes abordés et dans la naïveté rafraichissante de certaines péripéties que dans les compétences techniques de son auteur.

Après ce long préambule qui ne sert à rien (vous pouvez le sauter, si vous le désirez… et si c’est trop tard, vous m’en voyez marri), rentrons dans le vif du sujet.

Off Road est une histoire d’amitié ;
Off Road est une histoire d’amour ;
Off Road est une histoire dynamique ;
Off Road est une histoire drôle.

Off Road, c’est un road trip dans lequel les différents acteurs se livrent peu à peu. C’est un récit naïf avec des passages spectaculaires à défaut de crédibilité. C’est une narration en voix off qui nous plonge dans les pensées de son acteur principal. C’est une bd dans l’esprit des films américains pour ado, le sucre et le miel en moins. Si je devais comparer ce récit à d’autres, je dirais qu’il plane au-dessus de celui-ci le même genre de parfum qui peut parfois planer au-dessus de certains albums de Jim (j’ai souvent pensé à « Petites éclipses » en lisant cet album).

Off Road, ce n’est pas un chef d’œuvre mais bien le genre de livre auquel on revient quand on a un instant de temps et l’envie de se détendre sans se prendre la tête. C’est comme un apéro entre copains, sans fioritures, avec des instants un peu cons, l’alcool triste pour certains mais aussi l’amitié qui déborde du verre.

Nom série  Adieu monde cruel !  posté le 18/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je suis triste de n’accorder que 2/5 à cet album car, comme Ro, j’ai d’emblée été séduit par l’idée de départ et le dessin.

Le dessin, d’abord, ne surprendra pas les lecteurs habituels des éditions Bamboo. Un trait franco-belge très lisible, bien typé pour les personnages, soigné dans les décors, dynamique et expressif. C’est du très bel ouvrage que nous livre ici Nicolas Delestret et c’est un plaisir de le retrouver quelques années après « L'Homme qui rit (Lord Clancharlie) ».

Le thème ensuite, propice à l’humour noir et à une petite analyse psychologique de différents caractères. Ce thème d’un suicide collectif entre inconnus rencontrés sur le net me semblait prometteur.

Malheureusement, très vite, cette histoire va tomber à plat. Les rebondissements sont poussifs. Les personnages sont sans relief. Les péripéties se lisent sans passion. L'humour est d'une fadeur absolue et je suis parvenu au terme de ma lecture en me disant vraiment que c’était con, qu’il y avait moyen de faire bien mieux que ça.

Dommage, vraiment dommage…

Nom série  Lila  posté le 17/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tiens ! Une bd sur les nénés, c’est rare !!! C’est surtout rare d’en trouver une qui s’adresse aux très jeunes filles, celles qui s’apprêtent à sortir de l’enfance pour explorer le monde étrange de l’adolescence.

Le pari était osé et je m’incline respectueusement devant les deux auteures qui ont su le relever avec talent et humour.

Car on s’amuse beaucoup à la lecture des aventures de la petite Lila et de ses amies. On s’amuse beaucoup et on en sort sans aucun doute moins cons (remarque valable pour tous les lecteurs indépendamment de leur âge et de leur sexe) et très certainement moins complexées (en ce qui concerne les jeunes lectrices dans la même tranche d’âge que notre héroïne). Le ton est tellement naturel, les choses sont dites avec simplicité mais sans bêtifier. C’est vraiment une excellente bd jeunesse !

Le dessin plaira par son dynamisme et sa grande lisibilité.

Vraiment, que vous ayez 10 ans ou 50, que vous soyez ou ayez été complexée par vos seins ou non, je ne peux que vous inciter à découvrir cette série (et je me demande bien de quoi il sera question dans le prochain tome).

Nom série  Lady Whisky  posté le 17/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ceux qui me connaissent le savent : j’aime le whisky et j’aime l’Ecosse.

J’aime l’Ecosse pour le romantisme qui s’en dégage, pour ses vieilles pierres, pour la beauté de ses paysages, pour l’amabilité de ses habitants, pour leur étrange accent, pour ses produits de bouche (le whisky, bien sûr mais aussi le saumon et tous les produits de la mer). J’aime l’Ecosse pour tout cela et pour bien plus encore.

Quant au whisky, j’aime sa diversité, sa complexité. Il n’existe pas un whisky mais presqu’autant de whiskies qu’il y a d’amateurs. A ce titre j’aime comparer le whisky au cinéma. On peut ne pas aimer un film des frères Dardenne ou ne pas aimer un film de James Cameron (ou même ne pas aimer les deux), ce n’est pas pour autant que l’on n’aime pas le cinéma. Il en va de même avec le whisky : ne pas aimer le J&B ne signifie pas que l’on n’aime pas le whisky et autant les réalisateurs cités plus hauts sont difficilement comparables autant il est difficile de comparer un Talisker et un Nikka.

Tout ceci pour vous dire que j’attendais beaucoup de cet album tout en m’en méfiant énormément. Pas professionnel de la chose, je ne suis pas un novice en la matière pour autant, je craignais donc de tomber sur un récit soit trop simpliste, soit trop complexe, trop pointu. En définitive, j’ai un peu le sentiment d’être tombé dans la première catégorie. Joël Alessandra admet lui-même ne pas connaitre grand-chose à l’univers du whisky lorsqu’il commence cet album et sa quête (celle du whisky parfait destiné à une parente décédée) me semble à côté de la plaque. C’est certes un bon prétexte pour s’immiscer dans l’univers mais, comme je le disais, il n’existe pas 1 whisky mais des centaines de familles. Alors trouver le whisky qu’aurait aimé une personne décédée, ça me parait surréaliste.

Soit… Cet album permettra aux lecteurs intéressés par cet univers de visiter plusieurs distilleries écossaises, de comprendre le mode de fabrication du whisky, d’en appréhender la complexité, de découvrir, peut-être, l’immense palette des saveurs que peut développer un whisky. Il voyagera dans des paysages d’Ecosse joliment restitué par les aquarelles de l’auteur. L’intrigue permet finalement de créer un lien entre ces différents passages, ces multiples voyages aux quatre coins de l’Ecosse.

L’amateur éclairé restera sur sa faim, je le crains. Le professionnel n’apprendra rien, je pense. Restent les autres.

Pour le soin apporté à l’album (la narration est fluide même si le nombrilisme de l’auteur m’a énervé par moments, et les illustrations sont parfois très jolies) j’accorde un 3/5 mais je ne peux conseiller l’achat. Les personnes naturellement attirées par cet album seront déjà amatrices de whisky et, pour peu qu’elles aient déjà fait montre de curiosité par ailleurs, n’apprendront pas grand-chose au travers de cette lecture.

Nom série  Asatte Dance  posté le 17/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je l’avoue : je ne suis pas arrivé au terme de cette série.

Pourtant, j’ai littéralement dévoré les deux premiers tomes ! Le ton enjoué, la présentation sans fioriture de relations sexuelles naturelles et modernes, l’intrigue digne d’un vaudeville et surtout des personnages attachants ont fait que j’ai vite été accro à cette série.

Ce fut intense… mais bref !

A partir du tome 3, mon enthousiasme a décliné. L’histoire a commencé à tourner en rond. L’évolution psychologique des personnages devient moins crédible. Au point que ceux-ci doivent se justifier auprès des lecteurs en soulignant que c’est l’auteur qui veut qu’ils agissent ainsi. Ce type de procédé, je le déteste ! C’est pour moi un aveu d’impuissance (paradoxal dans ce genre de récit) de la part de l’auteur, une manière pour lui d’admettre qu’il ne sait pas comment faire évoluer son récit et ses personnages tout en restant cohérent avec lui-même. La vulgarité et la scatologie s’invitent alors avec de plus en plus d’insistance. Certains chapitres n’ont à mes yeux plus aucun intérêt.

Le dessin, lui, est plaisant (du moins pour les tomes que j’ai lus). Caricatural mais sans excès pour les personnages, réaliste et parfois fignolé pour les décors. Pour le peu de mangas que j’ai lus, je situerai ce récit, de ce point de vue, dans la moyenne supérieure.

Quoiqu’il en soit, ayant laissé tomber l’affaire avant terme du fait d’un désintéressement de plus en plus profond, je ne peux pas dire autre chose que bof (même si j’ai beaucoup aimé les deux premiers tomes).

Nom série  La Plaine du Kanto  posté le 17/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Très étrange objet que celui-ci.

Loin de l’avoir trouvé inintéressant, j’ai malheureusement le sentiment de ne pas avoir eu à ma disposition toutes les clés pour comprendre les intentions profondes de l’auteur.

En effet, le récit nous conte l’évolution d’un enfant jusqu’à l’âge adulte dans un Japon marqué par la défaite subie lors de la seconde guerre mondiale. L’auteur met alors régulièrement en parallèle les actes sexuels de ses personnages et l’état d’esprit de ceux-ci face à cette défaite. Les femmes se montrent soumises, heureuses de souffrir au point de souvent chercher le plaisir dans des relations masochistes. Les hommes, eux, semblent vouloir évacuer leurs frustrations, dues justement au fait qu’ils ont dû se soumettre au vainqueur américain, en prenant plaisir à faire souffrir les femmes. Je ne sais si cette représentation est uniquement symbolique ou si elle traduit une réalité historique mais soyons clairs : dans ce récit tout tourne autour du sexe et les relations proposées n’entrent qu’exceptionnellement dans la norme pour un adulte occidental moyen.

Cela n’empêche en rien le récit d’être intéressant. Les personnages sont souvent étonnants et ce que l’on pourrait niaisement cataloguer de perversité (pour peu que nous ayons coiffé des œillères) se justifie souvent par l’état psychologique des personnages. C’est en tous les cas la première fois que je lis un récit qui parle de la reconstruction mentale d’un pays au travers des relations sexuelles des personnages.

Petit bémol sur la longueur. Chaque récit est copieux mais, surtout sur le dernier tiers, j'ai eu le sentiment que l'auteur ne savait plus trop quoi raconter ni comment conclure son récit. Celui-ci se traîne donc quelque peu dans ses deux derniers tomes (même si ceux-ci offrent de bons passages à l'occasion).

… Ceci dit, j’ai peut-être rien capté et l’auteur a juste voulu délirer en dessinant ses fantasmes, auquel cas je passerai pour une grosse quiche aux yeux des experts mais qu’importe…

A lire mais ce récit est très étrange, fortement porté sur le sexe (avec images explicites à la clé) et l’aspect historique, s’il est bien présent, repose non sur des faits mais sur l’évolution psychologique des personnages (ce qui permet tout de même d’en apprendre assez bien sur ce Japon d’après-guerre).

Enfin, j'ai trouvé la post-face, dans laquelle se livre l'auteur, effrayante, m'obligeant à me poser des questions quant à la santé mentale de celui-ci ? A moins qu'il s'agisse de second degré japonais auquel je n'aurais rien capté...

Nom série  Wonder Woman Rebirth  posté le 16/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après la collection Renaissance, voici la collection Rebirth. Même principe : on reprend les mêmes et on recommence depuis le début. Dans le cas présent, comme vous l’aurez deviné, c’est Wonder Woman qui a droit à sa cure de jeunesse.

Le dessin est agréable à l’œil. Le scénario est bien ficelé. Les personnages sont plaisants. Ceci dit, si vous êtes un inconditionnel de la belle amazone, vous ne trouverez rien de bien neuf dans cette série puisque l’on reprend tout depuis le début. Alors, certes, il y a bien de petites différences par ci par là mais en gros l’arrivée de Wonder Woman dans notre civilisation ressemble à ce qui en avait déjà été dit par ailleurs. Cette nouvelle série cible donc un public vierge de référence, celui qui aura découvert Wonder Woman via l’un ou l’autre film et qui aura ainsi une porte d’entrée dans l’univers du comics.

A condition que vous fassiez partie de ce type de public (ou si vous êtes un inconditionnel de la donzelle atteint de collectionite aigüe), cette nouvelle série est un bon investissement.

3/5 parce que rien n’est mal fait mais l’originalité n’est pas au rendez-vous (et en même temps, ce n’était pas le but recherché).

Nom série  Les Losers  posté le 31/07/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Jack Kirby est une véritable légende dans le monde du comics. Ses travaux ont influencé nombre d’auteurs anglo-saxons (Franck Miller et Alan Moore en tête) mais pas que ! Son style graphique est très esthétique, en quête de cadrages cinématographiques. Le réalisme des situations est souvent oublié, les perspectives sont déformées au besoin, avec pour seul objectif le caractère percutant des mises en scène.

Cet album illustre pleinement ces caractéristiques visuelles. On y retrouve effectivement ce qui faisait la force de Kirby, ce caractère caricatural, excessif, démonstratif du dessin toujours mis au service de l’histoire. Aux yeux de jeunes lecteurs, ce style très daté peut laisser indifférent mais je comprends parfaitement que les anciens soient fans du genre.

Ceci dit, Les Losers, outre son aspect graphique, propose de courts récits de guerre… et il faut bien parler des scénarios… Et bon, là, mon enthousiasme chute d’un cran. Ces courts récits mettant en vedettes un escadron improbable de soldat américains durant la seconde guerre mondiale ne volent tout de même pas très haut. Beaucoup d’action, de l’humour d’une subtilité très US army et une mise en boite des méchants mais crétins adversaires nazis, nippons ou soviétiques. Pas de quête de réalisme ici, juste de la fantaisie guerrière. Je m’en suis assez vite lassé et la seule histoire qui m’aura un tant soit peu marqué aura été la plus fantaisiste, justement pour son caractère absurde, outrancier et original. Pour le reste, j’ai vraiment retrouvé le même contenu que celui que m’offraient les comics vendus 3 francs 6 sous pour treize à la douzaine durant les années ’70.

Donc voilà ! Pour son aspect visuel, je conseillerais la lecture de cet album aux anciens lecteurs amateurs de comics. Mais on peut supposer que ceux-ci connaissent déjà Jack Kirby et ne seront donc pas surpris par son esthétique. Les jeunes lecteurs risquent de trouver ces récits plutôt insipides et très (trop ?) caricaturaux. Les fans de Jack Kirby n’auront que faire de mon avis et se seront (à juste titre car il ne s’agit certainement pas d’un travail honteux de l’artiste) rué dans leur librairie pour acheter cet album.

3/5 pour l’aspect graphique
2/5 pour les histoires

Nom série  Le Club des prédateurs  posté le 26/01/2016 (dernière MAJ le 05/06/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Le Club des Prédateurs offre un récit extrêmement classique dans cette Angleterre victorienne chère à Dickens. Il joue de l’opposition entre les riches bourgeois dégénérés et les pauvres enfants exploités.

Dit comme ça, ça peut paraître simpliste. Le problème est qu’à la lecture… ce sentiment se confirme. Après une entrée en matière classique mais très bien servie par le dessin de Steven Dupré, le récit s’enlise dans les lieux communs, les facilités et les coups de théâtre improbables. A la fin du premier tome, j’avais un peu peur d’avoir déjà « lu » le second tant le chemin tracé par Valérie Mangin me semblait semé de petits cailloux trop voyants. A un ou deux détails près, cette appréhension s’est confirmée dans un deuxième tome très linéaire. De plus, cette seconde partie semble parfois se traîner, me donnant le sentiment que les auteurs en avaient déjà trop dit dans le premier et ne voyaient plus trop quoi raconter pour tenir 48 pages.

Mon jugement est sévère et ne rend pas justice au dessin de Steven Dupré, vraiment très agréable du début à la fin, mais j’ai vraiment un sentiment de gâchis à la fin de cette lecture, celui d’une superproduction prometteuse qui accoucherait d’une sitcom vaguement horrifique.

Une très grosse déception.

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