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Nom série  Louise, le venin du scorpion  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Petite déception à mes yeux que cet album.

Attention ! Rien n’est mal fait dans cette biographie, mais je n’y ai pas trouvé l’originalité et/ou l’émotion qui m’auraient incité à la sortir du mainstream du genre.

Tout d’abord, la structure avec ce petit flash-forward suivi d’un retour en arrière pour une reprise très rigoureuse du fil du temps, c’est quelque chose de déjà souvent vu. Ҫa fonctionne bien, certes, mais ce n’est guère surprenant (titillant, serais-je tenté de dire tant j’ai besoin que l’on titille ma curiosité pour m’intéresser à ce type de personnage).

Le personnage, ensuite : Louise Brooks m’est finalement apparue bien fade et c’est un comble lorsque je pense à sa vie sulfureuse, au drame vécu dans sa jeunesse, à la manière dont son visage aura marqué l’histoire du cinéma. Je le regrette mais l’émotion n’est pas passée. Je suis resté spectateur du récit, ne voyant finalement rien d’hypnotique dans ce visage.

Enfin, le dessin de Joël Alessandra continue de me laisser avec un sentiment mitigé au coin de l’œil. Son style est pourtant séduisant de prime abord. Seulement, régulièrement, je trouve dans ses planches un visage tordu, une perspective bancale. J’éprouve alors ce sentiment gênant que l’artiste n’est pas allé au fond des choses.

En définitive, cette biographie se laisse lire mais elle ne m’aura pas marqué. Le personnage de Louise Brooks m’est apparu trop lisse là où j’attendais de poignantes fêlures, des sourires charmeurs et des rires cristallins. Rien n’est raté cependant et il serait injuste, je pense, de dénigrer cet album mais je vous conseillerai plutôt de l’emprunter à l’occasion (si ce type de personnage de femme libre vous intéresse) plutôt que de l’acquérir.

Nom série  Les Trois Grognards  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Remercier Raoul Cauvin, Louis Salvérius et Willy Lambil en guise de préambule : voilà de quoi directement éclairer notre lanterne !

Et de fait, ce récit s’inscrit dans la lignée des séries humoristiques ayant pour cadre un décor historique et pour héros des personnages caricaturaux et forts en gueule. Bon ! Pour ce qui est du cadre, nous sommes ici bien plus proche de Godaille et Godasse ou de Rataplan que des Tuniques Bleues… mais l’esprit est bien là !

Le récit est agréablement dynamique tandis que les différents caractères se montrent rapidement complémentaires. Rien de vraiment révolutionnaire en soi mais le récit est agréable à lire, et plus divertissant qu’instructif (amateur de faits historiques, vous risquez d’en être pour vos frais). Le découpage est soigné, la mise en scène variée, Régis Hautière prouve donc une fois encore qu’il est un scénariste de talent. Pas un génie mais le genre de gars dont on sait que le travail sera de qualité, que le soin sera présent à tous les niveaux (découpage, dynamique du récit, dialogues, utilisation d’un contexte, d’un lieu, d’une époque) et que le plaisir de lecture sera donc assuré.

Au niveau du dessin, le style de Frédérik Salsedo est résolument caricatural dans les traits de ses personnages… et cela peut heurter dans un premier temps. Mais ce style est finalement bien dans l’esprit de la bd : excessif et expressif ! Les décors un peu torves accentuent encore cet aspect caricatural de l’album, mais ils demeurent suffisamment nets et précis pour lui apporter un certain crédit historique.

Divertissant, en somme.

Nom série  Tocqueville, vers un nouveau monde  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le premier aspect qui m’aura marqué à la lecture de cet album, c’est la qualité du trait. Un style semi-réaliste à la fois très accessible et pourtant riche de détails sert en effet de support à ce récit historique. Ce trait est, de plus, bien soutenu par une colorisation nette et vive. Elle pourra paraître trop tranchée aux yeux de certains mais, de mon point de vue, elle est un des accroches-regards de l’album.

Vient ensuite le fond. Et ce récit historique, librement adapté des écrits d’Alexis de Tocqueville (et plus précisément de « Quinze jours dans le désert »), s’est avéré aussi divertissant qu’instructif. Alexis de Tocqueville, dont je ne connaissais finalement que le nom, m'est apparu comme un penseur, un philosophe et un humaniste des plus intéressants. Sa quête d’un mode sociétal juste au travers d’un Ouest en voie de colonisation va le mener à quelques remises en question qui feront de ce récit un voyage exotique, initiatique... et désabusé. Témoins de la disparition d’une civilisation, Alexis de Tocqueville et Gustave de Beaumont posent avant l’heure un regard écologiste et humaniste dont on ne peut que saluer la pertinence avec le recul (de près de deux siècles).

Plus qu’une biographie, ce récit est à la fois récit d’aventure et de réflexion. Il divertit et interpelle, nous donne à réfléchir sur l’évolution de nos sociétés sans nous assommer de rhétorique. Un bien bel album, en définitive.

Nom série  Le Vieil Homme et la Mer  posté le 26/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mon avis rejoindra totalement celui de Canarde.

Il y a chez Thierry Murat une facilité à laisser les mots s’exprimer d’eux même tout en les sublimant par un dessin et une mise en page aérés au possible que j’aime énormément. En cela, la mise en page de Murat est très fidèle au style littéraire d’Hemingway : peu de mots par phrase/d'éléments par case, de la nervosité, le terme/trait juste au bon moment, le poids du silence pour sceller le regard du lecteur.

L’histoire du Vieil homme et la mer peut, je l’accorde, paraître très creuse. Pourtant ce récit m’a happé. Il s’en dégage à chaque moment une émotion palpable : respect, lassitude, renoncement, obstination, fureur, ennui, dépit, détermination, complaisance dans l’échec… Le talent des auteurs est de nous faire ressentir les différents états traversés par ce vieux pêcheur, et surtout son propre détachement.

La puissance du narratif et le caractère littéraire du récit sont encore accentués par la typographie choisie. Un réel hommage à Hemingway tant on la croirait directement sortie d’une vieille machine à écrire Royal. Peu de changements de couleurs au niveau de l’élaboration des planches, chacune donnant le ‘la’ au chapitre, chaleur jaune ocre, nuit bleu noire : une économie de moyens qui, à nouveau, rappelle l’économie de mots d’Hemingway.

Murat était taillé pour adapter ce type de roman, et il s’en sort extrêmement bien. Tout en restant très fidèle à l’œuvre initiale, il lui apporte sa propre vision, son propre univers visuel.

Un bel album.

Nom série  Les Seigneurs de Bagdad (Pride of Baghdad)  posté le 26/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai beaucoup aimé le dessin de ce comics, c’est d’ailleurs ce qui m’a convaincu de l’emprunter. Les différents animaux sont non seulement bien croqués mais aussi bien pensés, de sorte qu'il est impossible de les confondre entre eux quand bien même ils seraient de la même race et du même sexe.

En ce qui concerne le récit, je le trouve à la fois classique et différent. Classique car ce n’est pas la première fois qu’un auteur dote des animaux du langage humain. Des lions, en plus ! Ce qui me faisait quand même un peu craindre de tomber dans une ambiance Disney. Il n’en est (heureusement pour moi) rien. Le ton demeure toujours adulte et grave.

La thématique même du récit permet d’aborder le sujet des ravages de la guerre sous un autre angle, celui de victimes collatérales vraiment, mais alors là vraiment étrangères au conflit.

Finalement, sans crier à la révélation, j’ai lu cet album avec plaisir. C’est typiquement le genre d’album auquel j’attribue le "pas mal" enthousiaste.

Nom série  Hubert  posté le 26/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce qui marque principalement dans cet album, c’est son découpage, pensé pour ralentir au maximum l’action. En cela, le travail de Ben Gijsemans s’apparente un peu à celui de Jon McNaught.

Ceci dit, j’ai plus apprécié cet album que ceux que j’ai lus de McNaught car, ici, derrière l’exercice de style se cache un récit assez fin, portrait d’un peintre amateur en quête d’esthétisme féminin. Timide, renfermé, silencieux au possible, maladroit, ce personnage semble tellement désolé d’être là qu’il en devient touchant. Si coupable de se sentir voyeur qu’il en vient à avoir honte d’observer –le plus chastement du monde- sa voisine d’immeuble… A force, j’ai fini par le trouver sympa, cet Hubert, même si discuter une heure avec lui m’aurait fait prendre conscience que l’éternité peut être sur terre.

Bon, ceci dit, ça reste léger car avec ce découpage qui offre des cases très répétitives et ces longs passages silencieux, l’album se lit extrêmement vite. J’ai presque envie de dire : raison de plus pour y jeter un œil ! Par contre, pour l’achat, c’est à vous de voir car même si j’ai trouvé ce récit intéressant, je pense que beaucoup de lecteurs n’y verront qu’ennui et lenteur. Pourtant je ne peux me résoudre à vous le déconseiller, mais essayez quand même de le lire avant.

Nom série  Le Coeur de l'Ombre  posté le 25/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai trouvé dans cet album beaucoup de qualités mais aussi quelques défauts qui m’empêchent d’être totalement emballé.

Côté qualité, la principale est certainement son aspect visuel. L’univers créé par Roberto Ricci (au story-board, pour la circonstance) et Laura Iorio est d’une noirceur éclatante, baroque mais totalement adapté à un jeune public, riche mais toujours lisible, noir mais sans tristesse. Angoissant juste ce qu’il faut, caricatural et donc expressif, il immergera vos enfants (et vous-même car vous ne résisterez pas à la tentation, je vous connais) dans ce classique revisité de la peur du noir, de son ombre, du croquemitaine et de ses multiples déclinaisons (du Mexique à l’Italie en passant par l’Australie).

La colorisation assurée par les deux acolytes précédemment cités ne fait qu’accentuer la richesse de ces planches. A titre de comparaison, je trouve que ce trait a autant de charme que celui de Jérémy Almanza sur « Coeur de pierre » et, croyez-moi, c’est un énorme compliment que je fais là aux auteurs.

Autre qualité, le fait que Marco Cosimo d'Amico et Laura Iorio nous fassent rencontrer les différentes versions d’un même épouvantail populaire, j’ai nommé l’Uomo Nero. Croquemitaine en Francophonie, El Cucuy au Mexique, Bunyip en Australie, son nom change en fonction des pays mais le fait que cette image soit présente aux quatre coins du monde a, à la fois, de quoi surprendre, intriguer… et rassembler puisque l’on se rend ainsi compte que tous les enfants du monde, quelle que soit leur origine, ont les mêmes frayeurs.

Malheureusement, et malgré le plaisir rencontré durant ma lecture (n’allez pas croire que j’ai dû me forcer à finir cet album), j’avoue m’être parfois quelque peu ennuyé en cours de route. Je trouve le début du récit très bon et la fin intéressante, bien rythmée et cohérente. Par contre, toute la partie centrale m’est apparue, par moments (par moments, j’insiste), inutilement bavarde et poussive. Certes, cette manière de construire le récit nous permet de passer par le Mexique, l’Australie, l’Allemagne… mais une narration plus directe aurait apporté plus de clarté à certaines intentions des auteurs. Principalement lors de ce passage par Berlin dont je ne suis pas sûr que tous les enfants comprendront l’importance de la localisation géographique (la peur du noir entraîne la peur de l’inconnu qui découle sur la peur de l’autre, source de bien des guerres dont Berlin peut servir de symbole). Mais je suis peut-être trop habitué à un style littéraire anglo-saxon, le style latin usant plus naturellement de circonvolutions pour traiter d’un propos.

Enfin, je ne suis pas convaincu qu’emballer le livre dans un film plastique (c’est ainsi que je l’ai reçu) soit une si bonne idée. Certes, cela attise la curiosité de l’acheteur potentiel mais, d’un autre côté, pouvoir feuilleter l’album aurait certainement permis à plusieurs d’entre eux de définitivement tomber sous le charme de ce trait.

A découvrir sans aucun doute. A posséder pour la beauté du trait et l’intérêt de la morale sous-jacente. Mais une lecture qui doit être accompagnée car la thématique de ce récit est plus profonde que ce qu’un simple survol pourrait laisser penser. C’est vraiment le genre de livre à faire découvrir dans le cadre d’un travail scolaire (chez les 8-10 ans) pour permettre aux jeunes lecteurs d’affiner leur perception de l’histoire au travers de discussions.

Nom série  Au vent mauvais  posté le 18/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Que voilà un récit très littéraire ! Pourtant, on ne peut pas dire que la lecture soit copieuse, mais la narration et la calligraphie choisie font de cet objet une œuvre proche du récit illustré. Très bien illustré d’ailleurs, selon moi. Tout en ambiance, en un trait qui dévoile plus qu’il ne montre, en ombres qui ne cachent rien.

Le ton est doux amer, le personnage central n’est pas exempt de défauts (loin s’en faut) mais il nous est rendu attachant par cette narration à la première personne, par la manière qu’il a de se dévoiler à nos yeux, par son humour cynique aussi. Et c’est ce personnage qui porte le récit à bout de bras ! L’intrigue est en effet des plus minces (on a droit à un road-movie dans lequel le personnage central traverse la France et l’Italie pour rapporter un gsm à une inconnue) mais le portrait qui se dessine au fil des planches est tellement touchant que j’aurais eu du mal à ne pas accompagner Abel Merian jusqu’au terme de son voyage.

Un album qui m’a donc vraiment bien plu. Entre le pas mal enthousiaste et un franchement bien peut-être un peu flatteur.

Nom série  Entre ici et ailleurs  posté le 18/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cet album est certainement à ce jour le plus personnel de Vanyda. On y retrouve tout ce qui plait (ou irrite) chez cette auteure : un goût immodéré pour raconter le quotidien de personnes « normales », une approche narrative proche du shojo, des éléments du quotidien très tendance (ici, une forme de fitness qui mélange boxe et danse) et un thème central qui est la quête d’identité chez les jeunes.

Personnellement, et alors que je ne suis pas vraiment fan de manga (duquel le style graphique de Vanyda s’approche vivement), j’apprécie de plus en plus cette auteure. Je trouve qu’elle parvient finement à saisir ces instants du quotidien qui finissent par façonner une personne. Le rythme narratif est lent et, pourtant, jamais je ne m’ennuie.

Léger en surface, le propos est parfois bien plus profond que ce qu’un simple regard laisserait penser. Et ici, l‘auteure se livre beaucoup en nous offrant un personnage central qui, à son image, se cherche par rapport à ses origines à la fois européennes et asiatiques. Je regretterai juste quelques lieux communs, quelques propos trop manichéens à mon goût - à propos du racisme ordinaire, principalement - mais ce reproche n'est pas suffisant pour que je condamne tout l'album. Disons que j'aurais parfois apprécié un peu plus de nuance dans les portraits des personnages illustrés.

Un très bel album, à ne réserver qu’aux amateurs de romans graphiques, mais pour ceux-ci, c’est du tout bon !

Nom série  Détails d'une vie brésilienne  posté le 18/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album regroupe d’anciennes nouvelles du duo.

Réalisées en noir et blanc, celles-ci démontrent tout le talent des jumeaux mais surtout expliquent en partie leur démarche. En effet, dès la première nouvelle (fortement empreinte d’onirisme), Gabriel Bá et Fábio Moon se mettent en scène et s’angoissent à l’idée de raconter… ce qui a déjà été dit.

Cette nouvelle, intelligemment placée en début du recueil, montre combien l’envie de raconter autre chose autrement préoccupe le duo d’auteurs.

Les nouvelles suivantes ne feront que confirmer cette volonté de sortir des sentiers battus, avec des récits tantôt fantastiques, tantôt intimistes (et tantôt les deux) mais toujours originaux soit dans leur sujet soit dans la manière de les raconter. En cela, il y a parfois un petit côté Cossu dans cet album, un sentiment encore accentué par l’usage des ombres dans le noir et blanc des auteurs.

Nous passerons du récit totalement muet à l’histoire complète en deux planches, de la physique quantique au tableau social de la vie actuelle au Brésil, de la mise en abyme à la fantaisie légère. Un récit sera même illustré à tour de rôle par chacun des frères qui, sur base du même synopsis et avec les mêmes dialogues, présenteront chacun des découpages différents qui éclairent le récit de deux manières différentes. Cet album est donc un fourre-tout… mais un fourre-tout très intelligemment agencé, qui permet au lecteur de changer régulièrement d’univers tout en observant une démarche bien définie, une recherche dans l’évolution qui préfigure Daytripper… et qui me fait un peu regretter le choix des deux auteurs de privilégier l’adaptation de romans aujourd’hui (ne parviendraient-ils pas à trouver un récit original à raconter autre que celui déjà écrit par quelqu’un d’autre ?)

A lire, très certainement. A posséder si vous aimez les autres œuvres du duo. Il n’a pas à rougir des nouvelles ici présentées. A admirer pour la maîtrise du noir et blanc (ce trait a une gueule !!) je ne déconseille pas l'achat mais ne le recommande qu'aux lecteurs déjà conquis par les deux auteurs. Les autres seraient plus avisés de commencer la découverte du travail du duo via Daytripper ou l'une de leurs adaptations.

Nom série  Les Aventures de Buck Danny (classic)  posté le 18/02/2014 (dernière MAJ le 18/04/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’avais envie de commencer cet avis en déclarant que le pari était osé… Mais « osé » me parait être un bien faible mot pour qualifier la démarche !

Pensez ! Les auteurs nous proposent ici de faire revivre un trio qui a marqué la bande dessinée franco-belge au travers d’histoires se déroulant au cœur même de sa période de gloire. Les comparaisons vont fuser !!! Et le risque de choquer les fans de la série est immense !

Pourtant, ce premier tome est ni plus ni moins qu’une énorme réussite.

Tout d’abord, le dessin. On oublie Bergèse pour revenir au style Hubinon, un peu plus caricatural, un peu moins fouillé dans les détails mais incroyablement efficace, dynamique et précis. Honnêtement, on s’y croirait. L’immersion commence donc sous de bons augures.

Ensuite, les personnages. Le trio revient avec ses particularités propres et si Buck Danny apparait toujours comme le pilote parfait, c’est ici Sonny Tuckson qui monopolise l’attention, au détriment d’un Tumbler que j’ai trouvé un peu trop effacé… Mais n’était-ce pas déjà parfois le cas à la grande époque ? Rappelez-vous le diptyque malais : déjà là, Charlier et Hubinon avaient décidé de mettre le rouquin gaffeur en vedette. Le personnage est charismatique et il s’agit sans doute du « chouchou » des auteurs tant ceux-ci lui délivrent le beau rôle (tête brûlée et tête de Turc, gaffeur et courageux, astucieux et maladroit).

Puis vient l’époque. Avec cet aspect rétro, la série récupère une bonne part de son charme. Franchement, on s’y croirait ! J’ai parfois eu l’impression d’avoir entre les mains un album oublié miraculeusement revenu à la surface tant il se love parfaitement dans la série mère… Cela semble tellement évident, tellement naturel. Franchement, chapeau !

Enfin, le scénario est lui aussi tout à fait fidèle à l’esprit « Buck Danny », avec ces sournois ennemis rouges, ces traitres sortis de nulle part, ces manœuvres osées, le tout apparaissant plausible grâce à une solide documentation historique. L’histoire est à la fois romanesque par ses péripéties et instructive tant on sent un souci de véracité derrière les faits les plus étonnants.

Alors, ce n’est peut-être pas le meilleur album de Buck Danny, mais rien que parce qu’il parvient à tenir la comparaison avec ceux réalisés durant la période de gloire de la série, il mérite la mention de « franchement bien ».

Epatant !


Petite mise à jour après lecture des trois premiers tomes :

On reste sur du bon niveau mais l'effet de surprise est un peu passé. Le tome 2 clôt agréablement le premier diptyque tandis que le tome 3 offre à nouveau un scénario prévisible mais très respectueux de l'esprit Buck Danny recherché. Le dessin reste très bon, le découpage est dense, le style lisible, les textes bien présents : c'est donc toujours parfaitement adapté au public visé (les fans du Buck Danny des années '60 ou '70).

Mieux que "pas mal" mais peut-être plus tout à fait "franchement bien", la série conserve sa note actuellement mais je pourrai la revoir à la baisse à l'avenir si la lassitude devait s'installer.

Nom série  L'Homme qui tua Lucky Luke  posté le 18/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’en attendais beaucoup et j’en ai clairement eu moins qu’escompté. Ceci dit, ce n’est pas une raison pour jeter le bébé avec l’eau du bain. Le travail graphique, par exemple, est impressionnant !

En effet, tout en apportant sa propre vision graphique au personnage, Matthieu Bonhomme réalise un magnifique hommage visuel grâce à quelques particularités chères à Morris. Les jeux d’ombre réalisés via un encrage plein sont nombreux. Plus encore, il n’est pas rare de trouver une case colorisée dans une seule teinte (orangée, bleutée, etc…) Cette façon de procéder, très fréquente chez Morris, permet de créer des ambiances d’une manière étonnante tout en augmentant la lisibilité d’une case. Et Matthieu Bonhomme s’en sert avec discernement et talent !

A côté de cela, malheureusement, d’autres aspects de cet album m’auront déçu.

Tout d’abord, la quasi-absence d’humour, élément pourtant vital à la série mère, s’est cruellement fait ressentir. Jolly Jumper est sous-employé, l’économie de mots de Lucky Luke (et ses fameux « ouaips ! ») est oubliée, les passages burlesques sont inexistants… Ce western est beaucoup trop sérieux, et ce n’est pas le gag récurrent sur la quête de tabac qui sauvera les meubles.

Ensuite, ce scénario n’a qu’un niveau de lecture. Je doute fort qu’un enfant y trouve son compte tandis qu’un adulte le lira… comme un hommage, une revisite d’une série culte qui aura bercé son enfance. Pas comme un album suffisamment fort pour exister par lui-même.

Pourtant, l’intrigue est bien menée, le découpage est bien équilibré, l’histoire n’est certainement pas désagréable à lire… Elle manque juste de rythme, de brutales accélérations, de coups d’éclat. Lucky Luke ne s’y sert pour ainsi dire pas de son six-coups, n’y tire jamais plus vite que son ombre. Son personnage ainsi revisité m’a semblé ressembler à un inspecteur qui vit un peu sur sa légende… trop éloigné du « cow-boy solitaire, taciturne, flegmatique mais toujours prêt à rire quand l’occasion se présente » de mon souvenir.

Pas assez poussée ou déjà trop éloignée de l’image que j’avais de Lucky Luke, cette revisite me laisse le cul entre deux selles (et du coup, je tombe de plus haut que si je l’eusse eu entre deux chaises). J’applaudis le travail graphique, je regrette un scénario trop linéaire et peu drôle. Pas mal, mais au vu du talent de l’auteur, je pense sincèrement qu’il aurait pu mieux faire (même si j’ai bien conscience qu’égaler Goscinny relève de l’utopie).

Nom série  Cet été-là  posté le 14/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai trouvé le propos de cet album d’une finesse extrême.

Via ce qui pourrait paraître n’être que de simples souvenirs de vacances, ce sont des questions délicates qui sont abordées au fil des planches.
La copine retrouvée le temps des vacances et ce sont l’identité sexuelle et l’image de soi qui sont abordés.
Le sympathique loueur de vidéo permettra d’observer la subjectivité du regard amoureux tout en créant une intrigue autour du déni de sale gueule.
Une tension palpable dans la famille permettra d’aborder les dégâts causés par l’absence de communication.
Une attirance pour les films d'épouvante, et ce sont les étranges fascinations de l'adolescence qui ressortent (et une bonne manière d'apporter un peu d'humour et de légèreté supplémentaire au récit... qui n'en manque pourtant jamais malgré les sujets abordés).

Chaque thème est traité sans précipitation aucune, ni manichéisme. Les personnages sont vrais et il nous faudra du temps pour bien les cerner. Les non-dits sont nombreux et le lecteur devra souvent s'interroger sur les raisons d'un silence, d'un regard, d'une fuite. Heureusement, l’album est copieux (320 pages) et permet donc aux deux auteures d’opérer par petites touches. Du coup, certains auront le sentiment qu’il ne se passe rien. Pourtant, à titre personnel, j’ai trouvé que chaque page apportait un élément nouveau au récit. Rien n’est gratuit mais rien n’est spectaculaire. Cet album, c’est simple et beau comme un bourgeon qui éclot. A vous de voir si vous êtes prêts à passer le temps nécessaire pour assister à l’épanouissement (et cette image de me rappeler que le thème central du livre est la perte d’innocence).

Le dessin, dans son style réaliste et épuré, est d’une grande efficacité. Le trait est net, les personnages sont bien typés. Les décors sont facilement identifiables. Les cadrages visent l’efficacité plutôt que l’effet de manche. Tout contribue à une lecture fluide et plaisante.

Du pur roman graphique… mais du roman graphique de très grande qualité !

Et puis bon ! Quand on mentionne 'Rush' dans le récit et dans les remerciements, on touche une corde sensible à mon coeur (et oui, cela a peut-être influencé ma note... c'est con mais c'est comme ça... et ce n'est d'ailleurs pas un hasard si j'ai attendu mon 2112ème avis pour dire tout le bien que je pensais de cet album )

Nom série  Une aventure « classic » de Tanguy et Laverdure  posté le 13/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Nul doute que le succès (mérité selon moi) rencontré par « Les Aventures de Buck Danny (classic) » aura influé sur la décision de lancer cette nouvelle série.

Voici donc, dans sa version ‘classic’ une nouvelle aventure de Tanguy et Laverdure. Enfin ! Nouvelle, pas tout à fait puisque les auteurs ont eu l’idée d’adapter un roman (en fait, LE roman, le seul, l’unique) écrit par J.-M. Charlier et qui mettait en scène les deux célèbres aviateurs français.

L’adaptation est on ne peut plus réussie. Le lecteur retrouve tout ce qui faisait la force des scénarios de Charlier dans un récit dense et bien découpé. L’histoire de sabotage ici proposée n’est pas la plus originale que j’ai lue mais elle est bien menée et les multiples suspects titillent ma curiosité. Alors oui, il y a des pistes tellement grosses que l’on se doute qu’elles sont fausses… mais ça fait, là aussi, partie du charme ! On ne raconte pas une histoire façon années ’70 comme on la raconterait aujourd’hui. Cette série s’adresse a priori aux nostalgiques et c’est ce type de scénario qu’ils sont en droit d’espérer.

Et au niveau du dessin, je trouve que Matthieu Durand réalise un travail remarquable ! L’aéronautique est un domaine qu’il maîtrise (cela se ressent sur tous les aspects techniques de l’album) tandis que son style légèrement caricatural sur les personnages correspond parfaitement à l’esprit d’origine. De plus, le découpage dense (on a souvent droit à un grand nombre de cases par planche) n’empêche jamais une extrême lisibilité. C’est tout simplement parfait pour une reprise !

Reste le point qui fâche.

Dans le récit qui nous est proposé, Laverdure va connaître une histoire d’amour… beaucoup trop semblable à celle vécue par Sonny dans « Prototype FX 13 » (le 24ème tome de la série Buck Danny, scénarisé par… J.-M. Charlier). Les amateurs de BD d’aviation risquent donc de trouver là, non plus un goût de déjà-vu, mais du déjà-lu pur et dur ! Même la profession du papa de la fiancée est identique !!

C’est dommage car, pour le reste, je n’ai vraiment aucun reproche à formuler à ce récit. D’ailleurs, j’en lirai la suite avec grand plaisir… mais je ne peux que regretter ce réemploi d’une séquence déjà illustrée dans un autre récit du scénariste.

Nom série  Princesse Caraboo  posté le 04/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sujet à la mode actuellement, le parcours de personnages féminins atypiques du début du siècle passé est une fois de plus mis à l’honneur via cette Princesse Caraboo. Et il faut avouer qu’elle ne manque pas de personnalité ni de créativité, cette jeune princesse aux origines mystérieuses.

Le scénario est bien construit mais mal inspiré sera le lecteur qui ira jeter un œil au dossier proposé en fin d’album avant d’avoir lu la BD, car une part trop importante de l’intrigue lui serait ainsi dévoilée. La part de mystère du personnage est, en effet, essentielle au bon fonctionnement de l’album car elle provoque à la fois curiosité et empathie.

Au niveau du dessin, le style de Julia Bax ne manque pas de charme mais encore d’un peu de maturité. Il est en tous les cas déjà doté d’une réelle identité qui permet de sortir l’album du tout-venant. Ce style est joliment expressif et bien soutenu par une colorisation nuancée. Les décors sont soignés et les personnages bien typés.

Un bon album, au final, mais auquel il manque tout de même un petit quelque chose (plus de rythme, peut-être) pour que je le considère comme une réelle priorité d’achat. En l’état, l’emprunt me semble être la bonne option mais le soin apporté justifie à mes yeux le fait que je n’en déconseille pas l’achat.

Nom série  Boule à zéro  posté le 04/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’avais trouvé les deux premiers tomes « gentils » sur une thématique délicate à traiter (les enfants malades de longue durée). Après lecture des tomes 3 et 4, j’ai le sentiment que la série a encore franchi un palier pour arriver à un excellent niveau.

Parfois naïve, cette série aborde tous les sujets et tous les aspects de la vie hospitalière sans mièvrerie mais avec beaucoup d’humour et d’humanité. On n’évite pas quelques lieux communs (le racisme, c’est mal, les infirmières sont toutes des anges, etc…) mais comme la série est avant tout destinée à un jeune public, ce genre de manichéisme basique me semble acceptable.

Au niveau du dessin le style de Ernst est clair, caricatural mais sans excès, très lisible et expressif. Un pur style humoristique franco-belge juste un peu plus carré que d’ordinaire. Il convient tout à fait pour ce genre de série.

Après 4 tomes, j’attribuerais une note de 3,5/5 à l’ensemble mais comme les derniers tomes m’ont plus plu que les premiers, j’accorde le 4/5 de moyenne.

Nom série  Steamboy  posté le 04/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
D’abord, j’ai trouvé les scènes d’action extrêmement confuses et mal découpées. L’emploi du flou ne m’a pas du tout convaincu alors que certains séquençages me sont apparus totalement dépourvus de la moindre logique.

Ensuite, ce scénario tient quand même sur un timbre-poste. Sérieusement, plus de 400 pages pour en dire autant que Raoul Cauvin dans un mauvais album des Tuniques Bleues (il n’y a pas de rapport entre ces séries, c’est juste pour vous donner une idée de la richesse du scénario), c’est preuve d’une grande maîtrise dans le brassage de vent.

Par ailleurs, les personnages sont des caricatures de stéréotypes. Vous savez directement à quoi vous attendre, c’est un avantage pour les jeunes lecteurs. Vous n’êtes jamais surpris, c’est un gros inconvénient à mes yeux.

Bon, alors, c’est tellement creux que ça se lit très vite et, donc, je suis arrivé au bout. De plus, l’univers steam-punk offre parfois de beaux visuels, et, cerise sur le gâteau, en couleur ! Mais bon, hors de ça, je n’ai vraiment pas trouvé ce steamboy convaincant.

Nom série  Mettez des mots sur votre colère  posté le 04/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Je m’attendais à un récit principalement historique traitant du travail des enfants dans l’Amérique de la révolution industrielle et je me suis retrouvé face au portrait d’un homme.

Et je suis loin d’être déçu tant ce portrait m’aura accroché par sa grande humanité. Le personnage est tiraillé dans ses contradictions, empli de bonnes intentions et de mauvaises actions. Un très beau portrait !

Par ailleurs, la dimension historique n’est pas oubliée puisque ce portrait, fictif, use du travail, bien réel celui-là, réalisé par un photographe au début du XXème siècle. Cette toile de fond nourrit le récit sans en constituer le thème principal. C’est un choix audacieux tant ce sujet très fort aurait pu suffire pour écrire un récit. Opter pour une voie détournée est donc très culotté à mes yeux et la preuve que Marc Malès aime surprendre et se mettre en danger.

Au niveau du visuel, hormis le fait que les personnages féminins ont tendance à se ressembler, c’est un travail impressionnant qui nous est proposé. Tout d’abord, le format à l’italienne nous sort de nos habitudes. De plus, cette horizontalité favorise les plans larges et donc apporte une dimension cinématographique au visuel. Ensuite, la colorisation sépia est en parfait accord avec le thème. Enfin, le trait de Marc Malès, très fin, permet à ce dernier de détailler ses décors sans jamais perdre de sa lisibilité.

Un album réussi à plus d’un niveau, donc. A lire !

Nom série  Ma Vie en l'air  posté le 04/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cet album m’a fort marqué mais je pense sincèrement que ce ne sera pas le cas pour tout le monde et que beaucoup de lecteurs risquent d’être désarçonnés par cet âpre récit.

Les auteurs nous proposent de suivre le parcours d’une jeune fille qui va se réfugier dans la folie pour fuir une réalité sinistre à souhait. C’est extrêmement sombre et tortueux mais rarement un récit aura réussi à me faire partager pareille plongée ! Et si, au début, j’ai eu quelques peines à entrer dans l’album, au fil des planches, celui-ci est réellement devenu passionnant (et touchant) à mes yeux.

Côté dessin, je ne suis pas un grand fan du trait de Didier Tronchet car je le trouve souvent « sale », trop gras, trop poussé dans son aspect caricatural. Mais, dans le cas présent, je trouve que ce style convient bien à la thématique et permet d’exprimer certains aspects du déséquilibre mental des personnages sans devoir rechercher de grands effets.

Nom série  La Voie des Chevriers  posté le 24/03/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Bravo !
Bravo et merci !

Bravo d’abord à Cécile et à Nico pour avoir réussi, à force de volonté, de travail, de ténacité, de débrouillardise et de bien d’autres traits de caractère, à donner vie à leur modeste rêve.

Élever des chèvres et en vivre. Qui penserait que, de nos jours, cela soit si difficile d’y parvenir ? Entre le manque de confiance des banques et les diverses contraintes administratives ou d’hygiène imposées par les autorités nationales, fédérales locales ou autres, c’est à un véritable parcours d’obstacles que nous sommes conviés.

Par ailleurs, nos deux éleveurs ne se déparent jamais de leurs propres convictions, optant résolument pour le local, le rustique, le sain, le naturel… tout sauf une démarche simplement mercantile en somme. Et là, mon questionnement de départ s’inverse : qui penserait que, de nos jours, il soit encore possible de survivre financièrement de l’élevage de chèvres sans faire de compromis ? La réponse nous est offerte en image ici, dans toute sa précarité malgré la force de travail et la passion affichée par le couple.

Merci ensuite à Samuel Figuière pour m’avoir relaté cette aventure du quotidien avec un très grand talent. Ce récit est très instructif mais jamais, au grand jamais, je n’ai eu l’impression de lire un documentaire ! Que du contraire, c’est incroyablement vivant et humain. En tournant ces pages, je me suis souvent dit que l’auteur était le résultat fusionné de Nicoby et de Davodeau (ben oui, rien que ça). Un trait simple, vif et sympathique, bien mis en valeur par une colorisation pleine de fraîcheur, au service d’une narration dans laquelle l’humain est toujours mis en avant sans jamais occulter pour autant le caractère instructif du récit. Les décors sentent l’authenticité, qu’il s’agisse de bâtiments ou de vue sur une ville (comme cette vue sur Nyons reconnaissable sans équivoque et sans qu’il soit nécessaire de préciser le nom par un texte quelconque) : ce trait n’a l’air de rien mais il est fichtrement efficace !

Et puis, derrière l’image d’Epinal du retour à la nature, de la vie au grand air, de la passion devenue profession, l’auteur et nos éleveurs n’hésitent pas à aborder des sujets plus graves, comme la nécessité de l’abattage et les conditions dans lesquelles celui-ci est réalisé. Derrière la façade très simple, très humaine se cachent donc des problèmes de société bien plus graves (l’abattage en est un, le puçage en est un autre) qui incitent le lecteur à la réflexion.

Enfin, il y a des passages un peu fourre-tout mais amusants qui nous en apprennent plus sur l’origine d’une race animale ou sur celle d’un signe zodiacal.

Non, franchement ! Je l’ai pris, je l’ai entamé et je n’ai plus eu envie de le lâcher avant d’en avoir tourné la dernière page.

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