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Nom série  Les Beaux Étés  posté le 07/09/2015 (dernière MAJ le 07/06/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cap au Sud ! :

Ce premier tome est agréable à lire avec, et cela devient une marque de fabrique de Zidrou, beaucoup d’humanité dans les différents personnages.

J’ai aimé la fraîcheur et la bonhomie qui se dégagent de ce récit alors que tout n’y est cependant pas forcément joyeux. Mais, voilà, c’est l’été, ce sont les vacances et il faut tâcher d’en profiter. Les anecdotes amusantes s’enchaînent, les mots d’enfants aussi… trop, parfois. Les querelles invitent à la réconciliation quand l’ami imaginaire est oublié sur une aire d’autoroute.

Ce récit est empli de tendresse, en définitive.

Au niveau du dessin, Jordi Lafebvre nous offre une fois de plus un travail soigné avec de jolies trognes pour ses personnages d’enfant, des décors bien plantés et… un personnage du père qui lui ressemble étrangement. Les mimiques caricaturales accentuent encore ce sentiment de tendresse et de bonhomie né du récit.

Et si ce premier tome est plaisant et peut se lire comme un one-shot, le concept même de la série me laisse espérer que celle-ci va grandir au fil des tomes. Très prometteur, donc !

3/5 pour Cap au Sud !


La Calanque :

Et bien j’ai énormément apprécié ce deuxième volume ! Bien plus encore que le premier que je trouvais pourtant déjà sympathique, mais ici tout m’est apparu un cran au-dessus. C’est plus frais, plus espiègle, les mots d’enfants me sont apparus bien plus naturels, le gag récurrent est plus drôle, plus gentiment taquin !

Série définitivement adoptée pour ma part, les quelques réticences énoncées à la lecture du premier tome étant totalement oubliées avec celui-ci ! C’est vraiment excellent, tendre et nostalgique, pétillant et drôle, et toujours parsemé de ces jolis dialogues dont Zidrou a le secret.

Bonne idée aussi que de nous faire remonter dans le temps. Cela accentue le sentiment de lire des albums totalement indépendants (alors que nous retrouvons la même famille) tout en nous permettant de découvrir les différents personnages sous un autre regard.

J'espérais que la série grandisse au fil des tomes mais avec le niveau proposé par ce deuxième album, se maintenir à un tel degré d'excellence sera déjà une réussite en soi !

4/5 et coup de coeur pour La Calanque !

Nom série  Grand Est  posté le 07/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
A mes yeux, Grand Est est un road-movie puissant mais profondément déprimant ! Et je pense que tous les lecteurs vivant dans un ancien bassin sidérurgique ne pourront qu’être touchés par le sinistre constat dressé par les auteurs.

C’est en suivant un journaliste fictif, démotivé, sans plus d’illusions (on ne découvrira qu’en cours de route les raisons de sa profonde déprime) et son fils, témoin passif et héritier bien involontaire de l’histoire de cette région décrite sans avenir ou, à tout le moins, à l’avenir plus qu’incertain, que nous sillonnons le Grand Est, de la Moselle à l’Alsace. Sols pollués, alcoolisme résigné, recherche de nouveaux débouchés (via le tourisme), sols troués, politiciens impuissants et/ou trop intéressés, subsides dilapidés, villes abandonnées, chômage omniprésent… Quand je vous dis que c’est déprimant, vous pouvez me croire sur parole. Et tout ce qui nous est montré est vrai, mais simplement présenté par un personnage qui a cessé d’y croire. Il y a tant de résignation chez lui qu’il en devient touchant et que ses propos gagnent en force d’impact.

Grand Est dresse donc un constat grave et décourageant en s’appuyant sur une solide documentation, avec une vision globale dans ses réflexions qui permet de mondialiser le propos. Il n’est pas obligatoire d’habiter cette région pour apprécier l’album. Tout un chacun, pourvu qu’il se sente concerné par l’évolution du monde et l’état dans lequel nous allons le léguer à nos descendants, sera interpellé par les propos tenus. Alors, il faut aimer le « verbal » car le texte est omniprésent mais c’est tellement prenant que, d’une part, on n’a pas l’impression de lire un documentaire (bien vu, cette narration à la première personne) et d’autre part chaque passage invite à la réflexion. L’humain est constamment mis en avant, ce qui nous incite à nous sentir impliqués. Grand Est ne se lit donc pas comme un documentaire mais presque comme un polar désabusé (alors qu’il n’y a pas réellement d’intrigue).

Le plus dur, c’est qu’à la fin du récit et même si les auteurs veulent le clore sur une note positive, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que « c’est foutu », la situation de nos sociétés est telle que l’effondrement ne peut plus être évité.

Puissant ! Déprimant mais puissant !

Nom série  Les Jours sucrés  posté le 06/06/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Lecteurs sujets au diabète littéraire, passez votre chemin car si la couche de pâte à sucre est moins épaisse que celle qui recouvre plus d’un shojo, il est indéniable que ces Jours sucrés seront trop doux et suaves pour le lecteur en froid avec ce type de friandise.

Car, ne tournons pas autour du pot, cet album porte on ne peut mieux son nom. Doux, tendre, mielleux, avec cependant une pointe d’acidité qui vient agréablement casser ce qui aurait pu devenir trop écœurant en d’autres circonstances, le récit reprend de nombreux ingrédients bien connus du genre : le retour sur le lieu de son enfance, la découverte d’une passion pour un thème tendance, le petit copain d’enfance toujours aussi craquant, la mamie farfelue mais indéniablement sympathique, des chats, un secret de famille… n’en jetez plus, diront certains, le bol de guimauve déborde !

Pourtant, à titre personnel, j’ai vraiment bien aimé cet album. Le ton frais, l’humour, la mise en page très libre, le découpage avec des chapitre introduits par des chats pitres, tout respire la sincérité, le naturel, la spontanéité : les auteurs font ce qu’ils ont envie et parviennent ainsi à me faire partager leur plaisir quand bien même ce qu’ils racontent est cousu de fil blanc.

Une très agréable lecture, donc, mais à réserver à un public friand de ce genre de sucrerie.

Nom série  Caramel  posté le 31/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Caramel, c’est sympa ! On va pas crier au génie (en tous les cas, moi, je ne crierai pas au génie) mais il s’agit clairement d’une honnête série humoristique/gentillette centrée sur le cheval.

Le point fort vient de la bonhomie de Caramel, sorte de poulain ardennais (du moins sa physionomie s’en rapproche quelque peu) au caractère bien trempé. Gourmand, fainéant, gaffeur, c’est par excellence le genre de personnage auquel les jeunes lecteurs vont s’attacher. Entouré d’une jeune fille (Charlotte) qui personnifie la sagesse et la raison, d’un gamin turbulent et d’une chèvre, il accumule les bêtises sans méchanceté ni vulgarité.

En fait, je trouve que cette série propose à bien des niveaux pas mal de similitudes avec « Boule et Bill ». C’est gentil plus qu’hilarant, politiquement correct et construit autour de personnages charismatiques plutôt que sur un concept de gags révolutionnaire.

Au niveau du dessin, le trait de Patrice Marsaudon m’a fait penser à celui de Sandron (« Godaille et Godasse ») en plus épuré. C’est frais et dynamique, avec une part d’originalité qui nous sort de l’habituel gros nez à la franco-belge tout en restant très lisible.

Donc voilà, Caramel, c’est sympa et tout à fait lisible. Public cible : les jeunes filles de 8 à 12 ans amatrices d’équitation.

Nom série  Le Divin  posté le 31/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bien allumée, cette histoire.

Pourtant, tout débute très calmement. J’ai même trouvé ce départ assez laborieux, peu intéressant, sans dynamisme MAIS avec un élément intrigant qui a fait en sorte que j’ai voulu aller voir plus loin.

Au fil des pages (très épurées, l’album se lit donc assez vite malgré sa grosse pagination) l’aspect fantastique s’est affirmé et, sans être révolutionnaire, ce récit m’a bien accroché. Le trait est très dynamique, à l’image du récit (exception faite donc des premières pages). Le texte se fait rare, l’action prenant régulièrement le dessus. Les personnages s’affirment et certains d’entre eux ont un sérieux pouvoir charismatique.

La conclusion est satisfaisante et totalement cohérente avec l’idée de départ.

A la fin de l’album, une photo nous est présentée qui explique la genèse du projet. J’ai trouvé cette photo tellement hallucinante qu’elle fait pour moi partie intégrante de mon appréciation de l’album. Elle justifie la dimension fantastique et allumée de l’album tout en l’humanisant (en la reliant au monde humain, du moins).

Nom série  Un tout petit bout d'elles  posté le 31/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Même si le fil narratif se résume à peu de choses, cette histoire est agréable à lire et permet d’aborder le thème de l’excision avec pudeur et réalisme.

A partir de ce récit, les auteurs abordent plusieurs aspects essentiels de cette problématique. Ceci dit, le lecteur en apprendra finalement beaucoup plus via le petit dossier proposé à la fin de l’album que dans les pages mêmes de la bande dessinée.

Le récit nous propose par ailleurs une vision actuelle du Congo, centrée sur le quotidien de la population rurale. Cette vision me parait réaliste mais reste très superficielle. Et au terme de ma lecture, il ne me reste finalement en mémoire que cette tendre histoire d’amour, trop facile pour être totalement crédible mais qui, comme dit précédemment, permet d’aborder la thématique de l’excision.

Le fan remarquera au passage un petit clin d'oeil à Tourne-disque, la précédente collaboration des deux auteurs, mais cela reste très anecdotique dans ce récit. En tous les cas, il n'est nullement nécessaire d'avoir lu les précédents albums de Zidrou et Beuchot avant d'aborder 'Un tout petit bout d'elles'.

Le dessin est à l’image de la narration : très épuré, doux et agréable. La colorisation n’est pas en reste, ce qui donne un album vraiment facile à lire, et accessible au plus grand nombre.

Un bel album en somme, même s’il est très léger au niveau de son intrigue.

Nom série  Alcoolique  posté le 25/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Excellent album que celui-ci, si du moins vous n’avez rien contre les récits nombrilistes plongés dans l’autodérision.

Jonathan Ames se livre en effet avec beaucoup d’humour à l’exercice de l’autobiographie flagellatrice. Son rapport conflictuel avec l’alcool est bien sûr au centre du sujet et sert de moteur à l’évolution de son récit et de son parcours. Et ce livre prend ainsi au fil des pages la forme d’une psychanalyse illustrée, dans laquelle le personnage principal parvient à se distancier de lui-même pour nous livrer un portrait tendre et sensible d’un être fragile, rongé par le doute et la mésestime de soi, en quête d’une renaissance salvatrice et d’une autodestruction permanente.

Ce livre n’aurait pas eu le même impact sans le dessin de Dean Haspiel. Le trait limpide et épuré de l’artiste apporte en effet une dimension caricaturale et légère au récit, accentuant de la sorte l’autodérision voulue par Jonathan Ames.

Un très bel album et une bonne manière de découvrir le créateur de la série télévisée ‘Bored to Death’ tant son propre parcours décrit ici propose bien des points communs avec celui du personnage principal de la série (un romancier juif alcoolique, ne crachant pas sur la drogue à l’occasion ayant pour meilleur ami un dessinateur de comics…)

Nom série  La Petite Bédéthèque des Savoirs  posté le 25/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Série ou collection ?

J’avoue avoir longuement hésité avant de me décider à poster cette série tant je ne savais que choisir entre la réalisation d’une fiche par tome ou celle d’une seule fiche pour l’ensemble des tomes. En effet, chaque tome de cette ‘série’ est réalisé par des auteurs différents et les sujets abordés sont des plus variés. D’un autre côté, ces tomes sont numérotés et il s’en dégage une harmonie sinon de sujet du moins de ton.

Enfin, les éditions du Lombard nous présentent ces albums sous l’appellation de série. Voilà ce qui finalement m’aura convaincu à ne créer qu’une seule fiche pour ces albums des plus variés.

Leurs points communs ?

- Des duos d’auteurs composés d’un dessinateur souvent déjà reconnu, d’une part et d’un scénariste/auteur issu d’un domaine scientifique ou culturel lié au sujet traité d’autre part ;
- Des sujets traités de manière assez globale, avec un souhait de vulgarisation manifeste et sur des thèmes hétéroclites ;
- Un ton résolument léger, voire humoristique.

Le format, bien entendu, est lui aussi identique pour tous les albums. Un format ‘livre de poche’ très facile à manipuler et à emporter, ce qui accentue encore ce sentiment d’avoir devant soi quelque chose de léger et de moderne (on est loin de l’image de la grosse encyclopédie qui prend la poussière au fond d’une bibliothèque tant l’idée même de devoir la sortir du rayonnage fait grincer les articulations de nos épaules).

Le résultat ?

Des albums instructifs et amusants, qui vulgarisent agréablement des sujets parfois ardus (la notion de hasard est par exemple analysée du point de vue mathématique, et le lecteur peu passionné par les statistiques risque d'être rebuté devant des concepts difficiles à saisir lors de certains passages), parfois plus légers (un tome traite du heavy metal).

Ces albums sont dans l’ensemble réussis voire très réussis. Ce très bon résultat d’ensemble est, je pense, dû en grande partie à la pertinence du choix des auteurs. Marion Montaigne dans un exercice de vulgarisation sur l’intelligence artificielle ou Brüno dans l’illustration du cinéma hollywoodien des années ’70, ce sont des choix presque évidents ! Par ailleurs, les auteurs/scénaristes ne sont eux aussi pas les premiers venus. Jacques De Pierpont pour le heavy metal ou Hubert Reeves pour nous parler de la création de l’univers, avouez qu’il y a de la compétence au bout du fil !

Le seul reproche que je ferai, c’est que dans plusieurs albums, on se retrouve finalement plus devant un livre illustré que devant une bande dessinée. Celle qui s’en sort le mieux de ce point de vue est très certainement Marion Montaigne (qui est une habituée de cet exercice de style). Des albums comme ‘Le Tatouage’ (Alfred), ‘Le Hasard’ (Etienne Lécroart), ‘Les Requins’ (Julien Solé) ou ‘L’Univers’ (Daniel Casanave) utilisent un subterfuge qui fait que ce qui, en réalité, n’est jamais qu’une discussion entre deux personnes ou un long monologue devient effectivement une bande dessinée. Dans d’autres cas, enfin (Hervé Bourhis pour ‘Le Heavy metal’ ou Brüno pou ‘Le nouvel Hollywood’ par exemple), le résultat obtenu est clairement un livre illustré. Ce n’est pas spécialement une raison pour snober ces albums (ils sont tout de même instructifs à plus d’un point de vue) mais, à mes yeux, la gageure de réaliser une bande dessinée sur un sujet technique n’est pas totalement relevée.

Je vous conseille en tous les cas de lire ‘L’Intelligence artificielle’ et ‘L’Univers’. Ces deux albums valent pour moi un 4/5 et intéresseront un large public. Pour les autres albums, ma note ne descend jusqu’à présent jamais en dessous du 3/5 mais les sujets abordés ne m’ont pas toujours follement passionné même si j’y ai appris plusieurs choses étonnantes (‘Les Requins, ‘Le Tatouage’) ou me sont apparus tout de même ardus (‘Le Hasard’ – là, j’ai clairement du m’accrocher).

Quoiqu’il en soit, cette série mérite plus qu’un coup d’œil distrait. Pour moi, au vu de sa qualité d’ensemble, elle se rapproche de la collection ‘Sociorama’ de Casterman, dont elle épouse d’ailleurs un peu la même forme (un dessinateur établi associé à un auteur (scientifique ou journaliste) qui maîtrise son sujet). Ce sont des albums très intéressants et faciles à lires, de véritables documentaires modernes et divertissants.

Nom série  Les Larmes de l'assassin  posté le 19/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
C’est, et de loin, le récit de Thierry Murat qui m’a le moins convaincu jusqu’à présent.

J’ai pourtant retrouvé les mêmes spécificités du travail de l’artiste (style extrêmement épuré, grandes illustrations qui offrent souvent des jeux d’ombre, phrases courtes et directes) mais je n’ai pas ressenti d’émotion durant ma lecture.

La faute sans doute au thème même du récit. Pourtant intrigant au début puisqu’il nous offre de suivre la relation qui va se nouer entre un enfant et l’assassin de ses parents. Mais je trouve qu’ici les grands silences ne fonctionnent pas. Je ne comprends pas ces personnages, ils ne me touchent pas… pas plus qu’ils ne me choquent.

Au final, je me suis ennuyé malgré la langueur qui se dégage de certaines de ces planches.

Nom série  Pour un peu de bonheur  posté le 19/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai envie de dire : c’est du Galandon. Je trouve en effet que ce scénariste a un style bien à lui. Et dans ce style, il y a des aspects que j’apprécie… et d’autres qui me plaisent moins.

Au niveau du positif :
- Une narration qui va à l’essentiel. Un album signé Galandon se lit d’ordinaire aussi facilement que rapidement tant le récit y est fluide.
- Des sujets de récit qui placent toujours l’humain en avant. Et le plus souvent dans ce qu’il a de bon et de noble.

Au niveau du négatif :
- Des intrigues policières un peu faciles, souvent déjà vues par ailleurs et pas toujours très crédibles.
- Une surabondance de bons sentiments.

‘Pour un peu de bonheur’ ne fait pas exception à la règle. Je l’ai lu avec un certain plaisir mais tout en me disant à plus d’une reprise que c’était quand même un peu trop gros, que ce type d’intrigue, je l’avais déjà vu dans tel film, que l’évolution des personnages était quand même un peu rapide. Seulement, voilà, j’arrive au bout de ma lecture sans devoir forcer et j’en ressors avec un état d’esprit positif. La série remplit donc parfaitement son rôle, celui de nous divertir sur un sujet sérieux sans plomber l’ambiance ni provoquer notre hilarité.

Côté dessin, pas grand-chose à dire. Le trait est un peu épais et le manque (volontaire, je pense) de précision sur les visages est bien utile pour faire fonctionner l’intrigue… même si, parfois, il est difficile de distinguer un personnage de l’autre. Les décors sont soignés, le trait est dynamique et expressif. La qualité est donc plus que satisfaisante mais ce n’est pas le genre de dessin sur lequel je m’attarde pour en admirer la finesse ou la subtilité d’une composition.

Pas mal, en définitive, un peu comme un téléfilm un soir de semaine où l’on n’a pas envie de trop se casser les méninges sans pour autant vouloir s'affaler devant un truc idiot.

Nom série  Muhammad Ali  posté le 19/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Excellente surprise que cette biographie.

D’ailleurs, plus qu’une biographie, ce récit évoque toute une époque et replace le boxeur dans un contexte politique et culturel qui est essentiel à la naissance de sa légende. Né plus tôt ou plus tard, le destin de Cassius Clay aurait été différent, né plus tôt ou plus tard, Muhammad Ali n’aurait pas vu le jour !

C’est en cela que cette biographie est aussi remarquable, en cette capacité à nous expliquer la naissance d’un mythe en allant au-delà de son histoire, en nous dévoilant le contexte, les influences, les combats de son époque. Des rencontres essentielles, des amitiés délicates viennent nourrir l’ambition et les certitudes du boxeur.

Ce récit nous le montre et nous l’explique sans jamais paraître linéaire. La structure est en effet très éclatée et j’ai eu l’impression de découvrir l’homme au travers de coupures de presse, de phrases saisies au vol, de faits divers (en apparence du moins). Les auteurs nous livrent des pièces de puzzle, les assemblent devant nous sans que nous le réalisions vraiment mais avec une force hypnotique qui fait qu’il devient difficile d’abandonner notre lecture alors que le portrait d’un mythe légendaire prend forme devant nous.

Egalement remarquable dans ce récit est la manière dont Sybille Titeux de la Croix semble directement s'adresser à son personnage. L'emploi systématique du "tu" amène une forme de connivence entre la narratrice, le boxeur et le lecteur. Nous devenons témoins de ce monologue directement adressé à cette légende de la boxe aujourd'hui tellement diminuée (Muhammad Ali souffre depuis de longues années de la maladie de Parkinson).

Et si le dessin peut paraître abrupt de prime abord, il participe finalement et d’une manière essentielle à la création de l'idée chez le lecteur qu'il se trouve devant un recueil d’archives illustrant un monologue/hommage au boxeur et non devant une simple biographie linéaire.

Avant d’avoir lu cet album, je connaissais le boxeur légendaire. Après lecture, je comprends le mythe. C’est une sacrée différence à mes yeux.

Nom série  Accords sensibles  posté le 19/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai trouvé là un récit chorale plutôt sympathique mais qui aurait pu être plus marquant s’il avait fait montre d’un peu plus d’ambition, d’un peu plus de complexité dans ses intrigues amoureuses.

Côté ambiance, par contre, rien à dire ! La complémentarité entre le scénario de Régis Hautière et le style graphique d’Antonio Lapone fait de cet objet une œuvre singulière et plaisante à lire. C’est beau, frais, jazzy, et aussi fifties qu’esthétique.

Le duo fera selon moi mieux encore avec leur production suivante (« Adam Clarks ») mais je ne bouderai pas mon plaisir. A acheter si vous apprécier ce type d’ambiance très ‘années 50’. Les autres ont peut-être intérêt à commencer par une simple location… et plus si affinités.

Nom série  Binky Brown rencontre la Vierge Marie  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Je ne suis pas arrivé au bout tellement cet album m’a assommé.

En fait, je ne l’ai trouvé ni drôle ni pertinent. Tout au plus peut-il constituer une nouvelle brique (aux côtés d’un Blankets - Manteau de neige, par exemple) à l’édifice des récits nous expliquant les ravages de l’intégrisme chrétien aux USA. Cet art de faire culpabiliser les enfants pour les marquer à vie du sceau de la culpabilité devant des pulsions naturelle telles que l’éveil à la sexualité… Cette pression morale qui ravage finalement plus qu'elle ne construit.

A l’époque de sa sortie, le ton irrévérencieux utilisé et le thème même du récit ont certainement constitué des pas en avant dans l’émancipation du comic aux USA. Aujourd’hui, avec le recul, je n’ai pas été marqué par cette lecture.

Côté dessin, c’est un trait réaliste tourné en caricature et en noir et blanc (à la manière de récits de MAD, à titre de comparaison ou de ce que fera Alexis quelques années plus tard) mais sans réel délire, sans véritable lâcher-prise.

Bon, moi, j’ai pas aimé. Mais je peux comprendre que ce récit a constitué un tournant dans l’histoire du comic et donc de la bd.

Nom série  Bjorn le Morphir  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai plutôt trouvé cette série agréable à lire mais fondamentalement très classique.

Côté dessin, on retrouve un style inspiré par les Sfar et autres Kerascoët… et ce n’est toujours pas ma tasse de thé. Je trouve dans ce type de dessin un côté tranché et agressif qui ne cesse de me déplaire.

Côté narration, c’est efficace. Un jeune lecteur ne peut qu’être séduit. Les albums se lisent facilement et le personnage de Bjorn est l’archétype du héros jeunesse. Jeune et fragile au début, il évolue, gagne en assurance et s’affirme au fil des pages (c’est d’ailleurs le principe même du morphir tel que décrit par l’auteur). La visite des enfers dans les tomes 2 et 3 apporte une autre vision de ce lieu mythique que celle inculquée par la religion judéo-chrétienne… et ce n’est pas plus mal.

La galerie de personnages est foisonnante et assez diversifiée. Cette richesse offre beaucoup de possibilités de développement aux auteurs.

Fondamentalement, pour moi, c’est un récit de chevalerie remis au goût du jour et saupoudré de légendes nordiques. A conseiller plutôt aux jeunes lecteurs mais certainement pas à dénigrer.

Nom série  Alexandra David-Neel  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
A titre personnel, j’avoue avoir eu beaucoup de peine à terminer ce récit. Pourtant, le contexte historique et le personnage m’intéressaient (je n’aurais d’ailleurs pas fini le livre si ce n’avait pas été le cas) mais la narration m’est apparue pesante tandis que le récit de ce long séjour m’a semblé poussif, sans passion.

Pour le personnage central (que je ne connaissais absolument pas), l’album mérite un coup d’œil. Pour le reste, c’est vraiment trop lourd, trop académique, trop scolaire pour me séduire. Même le dessin (et surtout la colorisation) m’a semblé trop terne face à des paysages qui me laissaient espérer vertige et lumières.

Bof, bof, donc, pour ma part.

Nom série  Louise, le venin du scorpion  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Petite déception à mes yeux que cet album.

Attention ! Rien n’est mal fait dans cette biographie, mais je n’y ai pas trouvé l’originalité et/ou l’émotion qui m’auraient incité à la sortir du mainstream du genre.

Tout d’abord, la structure avec ce petit flash-forward suivi d’un retour en arrière pour une reprise très rigoureuse du fil du temps, c’est quelque chose de déjà souvent vu. Ҫa fonctionne bien, certes, mais ce n’est guère surprenant (titillant, serais-je tenté de dire tant j’ai besoin que l’on titille ma curiosité pour m’intéresser à ce type de personnage).

Le personnage, ensuite : Louise Brooks m’est finalement apparue bien fade et c’est un comble lorsque je pense à sa vie sulfureuse, au drame vécu dans sa jeunesse, à la manière dont son visage aura marqué l’histoire du cinéma. Je le regrette mais l’émotion n’est pas passée. Je suis resté spectateur du récit, ne voyant finalement rien d’hypnotique dans ce visage.

Enfin, le dessin de Joël Alessandra continue de me laisser avec un sentiment mitigé au coin de l’œil. Son style est pourtant séduisant de prime abord. Seulement, régulièrement, je trouve dans ses planches un visage tordu, une perspective bancale. J’éprouve alors ce sentiment gênant que l’artiste n’est pas allé au fond des choses.

En définitive, cette biographie se laisse lire mais elle ne m’aura pas marqué. Le personnage de Louise Brooks m’est apparu trop lisse là où j’attendais de poignantes fêlures, des sourires charmeurs et des rires cristallins. Rien n’est raté cependant et il serait injuste, je pense, de dénigrer cet album mais je vous conseillerai plutôt de l’emprunter à l’occasion (si ce type de personnage de femme libre vous intéresse) plutôt que de l’acquérir.

Nom série  Les Trois Grognards  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Remercier Raoul Cauvin, Louis Salvérius et Willy Lambil en guise de préambule : voilà de quoi directement éclairer notre lanterne !

Et de fait, ce récit s’inscrit dans la lignée des séries humoristiques ayant pour cadre un décor historique et pour héros des personnages caricaturaux et forts en gueule. Bon ! Pour ce qui est du cadre, nous sommes ici bien plus proche de Godaille et Godasse ou de Rataplan que des Tuniques Bleues… mais l’esprit est bien là !

Le récit est agréablement dynamique tandis que les différents caractères se montrent rapidement complémentaires. Rien de vraiment révolutionnaire en soi mais le récit est agréable à lire, et plus divertissant qu’instructif (amateur de faits historiques, vous risquez d’en être pour vos frais). Le découpage est soigné, la mise en scène variée, Régis Hautière prouve donc une fois encore qu’il est un scénariste de talent. Pas un génie mais le genre de gars dont on sait que le travail sera de qualité, que le soin sera présent à tous les niveaux (découpage, dynamique du récit, dialogues, utilisation d’un contexte, d’un lieu, d’une époque) et que le plaisir de lecture sera donc assuré.

Au niveau du dessin, le style de Frédérik Salsedo est résolument caricatural dans les traits de ses personnages… et cela peut heurter dans un premier temps. Mais ce style est finalement bien dans l’esprit de la bd : excessif et expressif ! Les décors un peu torves accentuent encore cet aspect caricatural de l’album, mais ils demeurent suffisamment nets et précis pour lui apporter un certain crédit historique.

Divertissant, en somme.

Nom série  Tocqueville, vers un nouveau monde  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le premier aspect qui m’aura marqué à la lecture de cet album, c’est la qualité du trait. Un style semi-réaliste à la fois très accessible et pourtant riche de détails sert en effet de support à ce récit historique. Ce trait est, de plus, bien soutenu par une colorisation nette et vive. Elle pourra paraître trop tranchée aux yeux de certains mais, de mon point de vue, elle est un des accroches-regards de l’album.

Vient ensuite le fond. Et ce récit historique, librement adapté des écrits d’Alexis de Tocqueville (et plus précisément de « Quinze jours dans le désert »), s’est avéré aussi divertissant qu’instructif. Alexis de Tocqueville, dont je ne connaissais finalement que le nom, m'est apparu comme un penseur, un philosophe et un humaniste des plus intéressants. Sa quête d’un mode sociétal juste au travers d’un Ouest en voie de colonisation va le mener à quelques remises en question qui feront de ce récit un voyage exotique, initiatique... et désabusé. Témoins de la disparition d’une civilisation, Alexis de Tocqueville et Gustave de Beaumont posent avant l’heure un regard écologiste et humaniste dont on ne peut que saluer la pertinence avec le recul (de près de deux siècles).

Plus qu’une biographie, ce récit est à la fois récit d’aventure et de réflexion. Il divertit et interpelle, nous donne à réfléchir sur l’évolution de nos sociétés sans nous assommer de rhétorique. Un bien bel album, en définitive.

Nom série  Le Vieil Homme et la Mer  posté le 26/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mon avis rejoindra totalement celui de Canarde.

Il y a chez Thierry Murat une facilité à laisser les mots s’exprimer d’eux même tout en les sublimant par un dessin et une mise en page aérés au possible que j’aime énormément. En cela, la mise en page de Murat est très fidèle au style littéraire d’Hemingway : peu de mots par phrase/d'éléments par case, de la nervosité, le terme/trait juste au bon moment, le poids du silence pour sceller le regard du lecteur.

L’histoire du Vieil homme et la mer peut, je l’accorde, paraître très creuse. Pourtant ce récit m’a happé. Il s’en dégage à chaque moment une émotion palpable : respect, lassitude, renoncement, obstination, fureur, ennui, dépit, détermination, complaisance dans l’échec… Le talent des auteurs est de nous faire ressentir les différents états traversés par ce vieux pêcheur, et surtout son propre détachement.

La puissance du narratif et le caractère littéraire du récit sont encore accentués par la typographie choisie. Un réel hommage à Hemingway tant on la croirait directement sortie d’une vieille machine à écrire Royal. Peu de changements de couleurs au niveau de l’élaboration des planches, chacune donnant le ‘la’ au chapitre, chaleur jaune ocre, nuit bleu noire : une économie de moyens qui, à nouveau, rappelle l’économie de mots d’Hemingway.

Murat était taillé pour adapter ce type de roman, et il s’en sort extrêmement bien. Tout en restant très fidèle à l’œuvre initiale, il lui apporte sa propre vision, son propre univers visuel.

Un bel album.

Nom série  Les Seigneurs de Bagdad (Pride of Baghdad)  posté le 26/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai beaucoup aimé le dessin de ce comics, c’est d’ailleurs ce qui m’a convaincu de l’emprunter. Les différents animaux sont non seulement bien croqués mais aussi bien pensés, de sorte qu'il est impossible de les confondre entre eux quand bien même ils seraient de la même race et du même sexe.

En ce qui concerne le récit, je le trouve à la fois classique et différent. Classique car ce n’est pas la première fois qu’un auteur dote des animaux du langage humain. Des lions, en plus ! Ce qui me faisait quand même un peu craindre de tomber dans une ambiance Disney. Il n’en est (heureusement pour moi) rien. Le ton demeure toujours adulte et grave.

La thématique même du récit permet d’aborder le sujet des ravages de la guerre sous un autre angle, celui de victimes collatérales vraiment, mais alors là vraiment étrangères au conflit.

Finalement, sans crier à la révélation, j’ai lu cet album avec plaisir. C’est typiquement le genre d’album auquel j’attribue le "pas mal" enthousiaste.

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