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Nom série  La Petite Bédéthèque des Savoirs  posté le 25/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Série ou collection ?

J’avoue avoir longuement hésité avant de me décider à poster cette série tant je ne savais que choisir entre la réalisation d’une fiche par tome ou celle d’une seule fiche pour l’ensemble des tomes. En effet, chaque tome de cette ‘série’ est réalisé par des auteurs différents et les sujets abordés sont des plus variés. D’un autre côté, ces tomes sont numérotés et il s’en dégage une harmonie sinon de sujet du moins de ton.

Enfin, les éditions du Lombard nous présentent ces albums sous l’appellation de série. Voilà ce qui finalement m’aura convaincu à ne créer qu’une seule fiche pour ces albums des plus variés.

Leurs points communs ?

- Des duos d’auteurs composés d’un dessinateur souvent déjà reconnu, d’une part et d’un scénariste/auteur issu d’un domaine scientifique ou culturel lié au sujet traité d’autre part ;
- Des sujets traités de manière assez globale, avec un souhait de vulgarisation manifeste et sur des thèmes hétéroclites ;
- Un ton résolument léger, voire humoristique.

Le format, bien entendu, est lui aussi identique pour tous les albums. Un format ‘livre de poche’ très facile à manipuler et à emporter, ce qui accentue encore ce sentiment d’avoir devant soi quelque chose de léger et de moderne (on est loin de l’image de la grosse encyclopédie qui prend la poussière au fond d’une bibliothèque tant l’idée même de devoir la sortir du rayonnage fait grincer les articulations de nos épaules).

Le résultat ?

Des albums instructifs et amusants, qui vulgarisent agréablement des sujets parfois ardus (la notion de hasard est par exemple analysée du point de vue mathématique, et le lecteur peu passionné par les statistiques risque d'être rebuté devant des concepts difficiles à saisir lors de certains passages), parfois plus légers (un tome traite du heavy metal).

Ces albums sont dans l’ensemble réussis voire très réussis. Ce très bon résultat d’ensemble est, je pense, dû en grande partie à la pertinence du choix des auteurs. Marion Montaigne dans un exercice de vulgarisation sur l’intelligence artificielle ou Brüno dans l’illustration du cinéma hollywoodien des années ’70, ce sont des choix presque évidents ! Par ailleurs, les auteurs/scénaristes ne sont eux aussi pas les premiers venus. Jacques De Pierpont pour le heavy metal ou Hubert Reeves pour nous parler de la création de l’univers, avouez qu’il y a de la compétence au bout du fil !

Le seul reproche que je ferai, c’est que dans plusieurs albums, on se retrouve finalement plus devant un livre illustré que devant une bande dessinée. Celle qui s’en sort le mieux de ce point de vue est très certainement Marion Montaigne (qui est une habituée de cet exercice de style). Des albums comme ‘Le Tatouage’ (Alfred), ‘Le Hasard’ (Etienne Lécroart), ‘Les Requins’ (Julien Solé) ou ‘L’Univers’ (Daniel Casanave) utilisent un subterfuge qui fait que ce qui, en réalité, n’est jamais qu’une discussion entre deux personnes ou un long monologue devient effectivement une bande dessinée. Dans d’autres cas, enfin (Hervé Bourhis pour ‘Le Heavy metal’ ou Brüno pou ‘Le nouvel Hollywood’ par exemple), le résultat obtenu est clairement un livre illustré. Ce n’est pas spécialement une raison pour snober ces albums (ils sont tout de même instructifs à plus d’un point de vue) mais, à mes yeux, la gageure de réaliser une bande dessinée sur un sujet technique n’est pas totalement relevée.

Je vous conseille en tous les cas de lire ‘L’Intelligence artificielle’ et ‘L’Univers’. Ces deux albums valent pour moi un 4/5 et intéresseront un large public. Pour les autres albums, ma note ne descend jusqu’à présent jamais en dessous du 3/5 mais les sujets abordés ne m’ont pas toujours follement passionné même si j’y ai appris plusieurs choses étonnantes (‘Les Requins, ‘Le Tatouage’) ou me sont apparus tout de même ardus (‘Le Hasard’ – là, j’ai clairement du m’accrocher).

Quoiqu’il en soit, cette série mérite plus qu’un coup d’œil distrait. Pour moi, au vu de sa qualité d’ensemble, elle se rapproche de la collection ‘Sociorama’ de Casterman, dont elle épouse d’ailleurs un peu la même forme (un dessinateur établi associé à un auteur (scientifique ou journaliste) qui maîtrise son sujet). Ce sont des albums très intéressants et faciles à lires, de véritables documentaires modernes et divertissants.

Nom série  Les Larmes de l'assassin  posté le 19/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
C’est, et de loin, le récit de Thierry Murat qui m’a le moins convaincu jusqu’à présent.

J’ai pourtant retrouvé les mêmes spécificités du travail de l’artiste (style extrêmement épuré, grandes illustrations qui offrent souvent des jeux d’ombre, phrases courtes et directes) mais je n’ai pas ressenti d’émotion durant ma lecture.

La faute sans doute au thème même du récit. Pourtant intrigant au début puisqu’il nous offre de suivre la relation qui va se nouer entre un enfant et l’assassin de ses parents. Mais je trouve qu’ici les grands silences ne fonctionnent pas. Je ne comprends pas ces personnages, ils ne me touchent pas… pas plus qu’ils ne me choquent.

Au final, je me suis ennuyé malgré la langueur qui se dégage de certaines de ces planches.

Nom série  Pour un peu de bonheur  posté le 19/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai envie de dire : c’est du Galandon. Je trouve en effet que ce scénariste a un style bien à lui. Et dans ce style, il y a des aspects que j’apprécie… et d’autres qui me plaisent moins.

Au niveau du positif :
- Une narration qui va à l’essentiel. Un album signé Galandon se lit d’ordinaire aussi facilement que rapidement tant le récit y est fluide.
- Des sujets de récit qui placent toujours l’humain en avant. Et le plus souvent dans ce qu’il a de bon et de noble.

Au niveau du négatif :
- Des intrigues policières un peu faciles, souvent déjà vues par ailleurs et pas toujours très crédibles.
- Une surabondance de bons sentiments.

‘Pour un peu de bonheur’ ne fait pas exception à la règle. Je l’ai lu avec un certain plaisir mais tout en me disant à plus d’une reprise que c’était quand même un peu trop gros, que ce type d’intrigue, je l’avais déjà vu dans tel film, que l’évolution des personnages était quand même un peu rapide. Seulement, voilà, j’arrive au bout de ma lecture sans devoir forcer et j’en ressors avec un état d’esprit positif. La série remplit donc parfaitement son rôle, celui de nous divertir sur un sujet sérieux sans plomber l’ambiance ni provoquer notre hilarité.

Côté dessin, pas grand-chose à dire. Le trait est un peu épais et le manque (volontaire, je pense) de précision sur les visages est bien utile pour faire fonctionner l’intrigue… même si, parfois, il est difficile de distinguer un personnage de l’autre. Les décors sont soignés, le trait est dynamique et expressif. La qualité est donc plus que satisfaisante mais ce n’est pas le genre de dessin sur lequel je m’attarde pour en admirer la finesse ou la subtilité d’une composition.

Pas mal, en définitive, un peu comme un téléfilm un soir de semaine où l’on n’a pas envie de trop se casser les méninges sans pour autant vouloir s'affaler devant un truc idiot.

Nom série  Muhammad Ali  posté le 19/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Excellente surprise que cette biographie.

D’ailleurs, plus qu’une biographie, ce récit évoque toute une époque et replace le boxeur dans un contexte politique et culturel qui est essentiel à la naissance de sa légende. Né plus tôt ou plus tard, le destin de Cassius Clay aurait été différent, né plus tôt ou plus tard, Muhammad Ali n’aurait pas vu le jour !

C’est en cela que cette biographie est aussi remarquable, en cette capacité à nous expliquer la naissance d’un mythe en allant au-delà de son histoire, en nous dévoilant le contexte, les influences, les combats de son époque. Des rencontres essentielles, des amitiés délicates viennent nourrir l’ambition et les certitudes du boxeur.

Ce récit nous le montre et nous l’explique sans jamais paraître linéaire. La structure est en effet très éclatée et j’ai eu l’impression de découvrir l’homme au travers de coupures de presse, de phrases saisies au vol, de faits divers (en apparence du moins). Les auteurs nous livrent des pièces de puzzle, les assemblent devant nous sans que nous le réalisions vraiment mais avec une force hypnotique qui fait qu’il devient difficile d’abandonner notre lecture alors que le portrait d’un mythe légendaire prend forme devant nous.

Egalement remarquable dans ce récit est la manière dont Sybille Titeux de la Croix semble directement s'adresser à son personnage. L'emploi systématique du "tu" amène une forme de connivence entre la narratrice, le boxeur et le lecteur. Nous devenons témoins de ce monologue directement adressé à cette légende de la boxe aujourd'hui tellement diminuée (Muhammad Ali souffre depuis de longues années de la maladie de Parkinson).

Et si le dessin peut paraître abrupt de prime abord, il participe finalement et d’une manière essentielle à la création de l'idée chez le lecteur qu'il se trouve devant un recueil d’archives illustrant un monologue/hommage au boxeur et non devant une simple biographie linéaire.

Avant d’avoir lu cet album, je connaissais le boxeur légendaire. Après lecture, je comprends le mythe. C’est une sacrée différence à mes yeux.

Nom série  Accords sensibles  posté le 19/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai trouvé là un récit chorale plutôt sympathique mais qui aurait pu être plus marquant s’il avait fait montre d’un peu plus d’ambition, d’un peu plus de complexité dans ses intrigues amoureuses.

Côté ambiance, par contre, rien à dire ! La complémentarité entre le scénario de Régis Hautière et le style graphique d’Antonio Lapone fait de cet objet une œuvre singulière et plaisante à lire. C’est beau, frais, jazzy, et aussi fifties qu’esthétique.

Le duo fera selon moi mieux encore avec leur production suivante (« Adam Clarks ») mais je ne bouderai pas mon plaisir. A acheter si vous apprécier ce type d’ambiance très ‘années 50’. Les autres ont peut-être intérêt à commencer par une simple location… et plus si affinités.

Nom série  Binky Brown rencontre la Vierge Marie  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Je ne suis pas arrivé au bout tellement cet album m’a assommé.

En fait, je ne l’ai trouvé ni drôle ni pertinent. Tout au plus peut-il constituer une nouvelle brique (aux côtés d’un Blankets - Manteau de neige, par exemple) à l’édifice des récits nous expliquant les ravages de l’intégrisme chrétien aux USA. Cet art de faire culpabiliser les enfants pour les marquer à vie du sceau de la culpabilité devant des pulsions naturelle telles que l’éveil à la sexualité… Cette pression morale qui ravage finalement plus qu'elle ne construit.

A l’époque de sa sortie, le ton irrévérencieux utilisé et le thème même du récit ont certainement constitué des pas en avant dans l’émancipation du comic aux USA. Aujourd’hui, avec le recul, je n’ai pas été marqué par cette lecture.

Côté dessin, c’est un trait réaliste tourné en caricature et en noir et blanc (à la manière de récits de MAD, à titre de comparaison ou de ce que fera Alexis quelques années plus tard) mais sans réel délire, sans véritable lâcher-prise.

Bon, moi, j’ai pas aimé. Mais je peux comprendre que ce récit a constitué un tournant dans l’histoire du comic et donc de la bd.

Nom série  Bjorn le Morphir  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai plutôt trouvé cette série agréable à lire mais fondamentalement très classique.

Côté dessin, on retrouve un style inspiré par les Sfar et autres Kerascoët… et ce n’est toujours pas ma tasse de thé. Je trouve dans ce type de dessin un côté tranché et agressif qui ne cesse de me déplaire.

Côté narration, c’est efficace. Un jeune lecteur ne peut qu’être séduit. Les albums se lisent facilement et le personnage de Bjorn est l’archétype du héros jeunesse. Jeune et fragile au début, il évolue, gagne en assurance et s’affirme au fil des pages (c’est d’ailleurs le principe même du morphir tel que décrit par l’auteur). La visite des enfers dans les tomes 2 et 3 apporte une autre vision de ce lieu mythique que celle inculquée par la religion judéo-chrétienne… et ce n’est pas plus mal.

La galerie de personnages est foisonnante et assez diversifiée. Cette richesse offre beaucoup de possibilités de développement aux auteurs.

Fondamentalement, pour moi, c’est un récit de chevalerie remis au goût du jour et saupoudré de légendes nordiques. A conseiller plutôt aux jeunes lecteurs mais certainement pas à dénigrer.

Nom série  Alexandra David-Neel  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
A titre personnel, j’avoue avoir eu beaucoup de peine à terminer ce récit. Pourtant, le contexte historique et le personnage m’intéressaient (je n’aurais d’ailleurs pas fini le livre si ce n’avait pas été le cas) mais la narration m’est apparue pesante tandis que le récit de ce long séjour m’a semblé poussif, sans passion.

Pour le personnage central (que je ne connaissais absolument pas), l’album mérite un coup d’œil. Pour le reste, c’est vraiment trop lourd, trop académique, trop scolaire pour me séduire. Même le dessin (et surtout la colorisation) m’a semblé trop terne face à des paysages qui me laissaient espérer vertige et lumières.

Bof, bof, donc, pour ma part.

Nom série  Louise, le venin du scorpion  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Petite déception à mes yeux que cet album.

Attention ! Rien n’est mal fait dans cette biographie, mais je n’y ai pas trouvé l’originalité et/ou l’émotion qui m’auraient incité à la sortir du mainstream du genre.

Tout d’abord, la structure avec ce petit flash-forward suivi d’un retour en arrière pour une reprise très rigoureuse du fil du temps, c’est quelque chose de déjà souvent vu. Ҫa fonctionne bien, certes, mais ce n’est guère surprenant (titillant, serais-je tenté de dire tant j’ai besoin que l’on titille ma curiosité pour m’intéresser à ce type de personnage).

Le personnage, ensuite : Louise Brooks m’est finalement apparue bien fade et c’est un comble lorsque je pense à sa vie sulfureuse, au drame vécu dans sa jeunesse, à la manière dont son visage aura marqué l’histoire du cinéma. Je le regrette mais l’émotion n’est pas passée. Je suis resté spectateur du récit, ne voyant finalement rien d’hypnotique dans ce visage.

Enfin, le dessin de Joël Alessandra continue de me laisser avec un sentiment mitigé au coin de l’œil. Son style est pourtant séduisant de prime abord. Seulement, régulièrement, je trouve dans ses planches un visage tordu, une perspective bancale. J’éprouve alors ce sentiment gênant que l’artiste n’est pas allé au fond des choses.

En définitive, cette biographie se laisse lire mais elle ne m’aura pas marqué. Le personnage de Louise Brooks m’est apparu trop lisse là où j’attendais de poignantes fêlures, des sourires charmeurs et des rires cristallins. Rien n’est raté cependant et il serait injuste, je pense, de dénigrer cet album mais je vous conseillerai plutôt de l’emprunter à l’occasion (si ce type de personnage de femme libre vous intéresse) plutôt que de l’acquérir.

Nom série  Les Trois Grognards  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Remercier Raoul Cauvin, Louis Salvérius et Willy Lambil en guise de préambule : voilà de quoi directement éclairer notre lanterne !

Et de fait, ce récit s’inscrit dans la lignée des séries humoristiques ayant pour cadre un décor historique et pour héros des personnages caricaturaux et forts en gueule. Bon ! Pour ce qui est du cadre, nous sommes ici bien plus proche de Godaille et Godasse ou de Rataplan que des Tuniques Bleues… mais l’esprit est bien là !

Le récit est agréablement dynamique tandis que les différents caractères se montrent rapidement complémentaires. Rien de vraiment révolutionnaire en soi mais le récit est agréable à lire, et plus divertissant qu’instructif (amateur de faits historiques, vous risquez d’en être pour vos frais). Le découpage est soigné, la mise en scène variée, Régis Hautière prouve donc une fois encore qu’il est un scénariste de talent. Pas un génie mais le genre de gars dont on sait que le travail sera de qualité, que le soin sera présent à tous les niveaux (découpage, dynamique du récit, dialogues, utilisation d’un contexte, d’un lieu, d’une époque) et que le plaisir de lecture sera donc assuré.

Au niveau du dessin, le style de Frédérik Salsedo est résolument caricatural dans les traits de ses personnages… et cela peut heurter dans un premier temps. Mais ce style est finalement bien dans l’esprit de la bd : excessif et expressif ! Les décors un peu torves accentuent encore cet aspect caricatural de l’album, mais ils demeurent suffisamment nets et précis pour lui apporter un certain crédit historique.

Divertissant, en somme.

Nom série  Tocqueville, vers un nouveau monde  posté le 18/05/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le premier aspect qui m’aura marqué à la lecture de cet album, c’est la qualité du trait. Un style semi-réaliste à la fois très accessible et pourtant riche de détails sert en effet de support à ce récit historique. Ce trait est, de plus, bien soutenu par une colorisation nette et vive. Elle pourra paraître trop tranchée aux yeux de certains mais, de mon point de vue, elle est un des accroches-regards de l’album.

Vient ensuite le fond. Et ce récit historique, librement adapté des écrits d’Alexis de Tocqueville (et plus précisément de « Quinze jours dans le désert »), s’est avéré aussi divertissant qu’instructif. Alexis de Tocqueville, dont je ne connaissais finalement que le nom, m'est apparu comme un penseur, un philosophe et un humaniste des plus intéressants. Sa quête d’un mode sociétal juste au travers d’un Ouest en voie de colonisation va le mener à quelques remises en question qui feront de ce récit un voyage exotique, initiatique... et désabusé. Témoins de la disparition d’une civilisation, Alexis de Tocqueville et Gustave de Beaumont posent avant l’heure un regard écologiste et humaniste dont on ne peut que saluer la pertinence avec le recul (de près de deux siècles).

Plus qu’une biographie, ce récit est à la fois récit d’aventure et de réflexion. Il divertit et interpelle, nous donne à réfléchir sur l’évolution de nos sociétés sans nous assommer de rhétorique. Un bien bel album, en définitive.

Nom série  Le Vieil Homme et la Mer  posté le 26/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mon avis rejoindra totalement celui de Canarde.

Il y a chez Thierry Murat une facilité à laisser les mots s’exprimer d’eux même tout en les sublimant par un dessin et une mise en page aérés au possible que j’aime énormément. En cela, la mise en page de Murat est très fidèle au style littéraire d’Hemingway : peu de mots par phrase/d'éléments par case, de la nervosité, le terme/trait juste au bon moment, le poids du silence pour sceller le regard du lecteur.

L’histoire du Vieil homme et la mer peut, je l’accorde, paraître très creuse. Pourtant ce récit m’a happé. Il s’en dégage à chaque moment une émotion palpable : respect, lassitude, renoncement, obstination, fureur, ennui, dépit, détermination, complaisance dans l’échec… Le talent des auteurs est de nous faire ressentir les différents états traversés par ce vieux pêcheur, et surtout son propre détachement.

La puissance du narratif et le caractère littéraire du récit sont encore accentués par la typographie choisie. Un réel hommage à Hemingway tant on la croirait directement sortie d’une vieille machine à écrire Royal. Peu de changements de couleurs au niveau de l’élaboration des planches, chacune donnant le ‘la’ au chapitre, chaleur jaune ocre, nuit bleu noire : une économie de moyens qui, à nouveau, rappelle l’économie de mots d’Hemingway.

Murat était taillé pour adapter ce type de roman, et il s’en sort extrêmement bien. Tout en restant très fidèle à l’œuvre initiale, il lui apporte sa propre vision, son propre univers visuel.

Un bel album.

Nom série  Les Seigneurs de Bagdad (Pride of Baghdad)  posté le 26/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai beaucoup aimé le dessin de ce comics, c’est d’ailleurs ce qui m’a convaincu de l’emprunter. Les différents animaux sont non seulement bien croqués mais aussi bien pensés, de sorte qu'il est impossible de les confondre entre eux quand bien même ils seraient de la même race et du même sexe.

En ce qui concerne le récit, je le trouve à la fois classique et différent. Classique car ce n’est pas la première fois qu’un auteur dote des animaux du langage humain. Des lions, en plus ! Ce qui me faisait quand même un peu craindre de tomber dans une ambiance Disney. Il n’en est (heureusement pour moi) rien. Le ton demeure toujours adulte et grave.

La thématique même du récit permet d’aborder le sujet des ravages de la guerre sous un autre angle, celui de victimes collatérales vraiment, mais alors là vraiment étrangères au conflit.

Finalement, sans crier à la révélation, j’ai lu cet album avec plaisir. C’est typiquement le genre d’album auquel j’attribue le "pas mal" enthousiaste.

Nom série  Hubert  posté le 26/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce qui marque principalement dans cet album, c’est son découpage, pensé pour ralentir au maximum l’action. En cela, le travail de Ben Gijsemans s’apparente un peu à celui de Jon McNaught.

Ceci dit, j’ai plus apprécié cet album que ceux que j’ai lus de McNaught car, ici, derrière l’exercice de style se cache un récit assez fin, portrait d’un peintre amateur en quête d’esthétisme féminin. Timide, renfermé, silencieux au possible, maladroit, ce personnage semble tellement désolé d’être là qu’il en devient touchant. Si coupable de se sentir voyeur qu’il en vient à avoir honte d’observer –le plus chastement du monde- sa voisine d’immeuble… A force, j’ai fini par le trouver sympa, cet Hubert, même si discuter une heure avec lui m’aurait fait prendre conscience que l’éternité peut être sur terre.

Bon, ceci dit, ça reste léger car avec ce découpage qui offre des cases très répétitives et ces longs passages silencieux, l’album se lit extrêmement vite. J’ai presque envie de dire : raison de plus pour y jeter un œil ! Par contre, pour l’achat, c’est à vous de voir car même si j’ai trouvé ce récit intéressant, je pense que beaucoup de lecteurs n’y verront qu’ennui et lenteur. Pourtant je ne peux me résoudre à vous le déconseiller, mais essayez quand même de le lire avant.

Nom série  Le Coeur de l'Ombre  posté le 25/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai trouvé dans cet album beaucoup de qualités mais aussi quelques défauts qui m’empêchent d’être totalement emballé.

Côté qualité, la principale est certainement son aspect visuel. L’univers créé par Roberto Ricci (au story-board, pour la circonstance) et Laura Iorio est d’une noirceur éclatante, baroque mais totalement adapté à un jeune public, riche mais toujours lisible, noir mais sans tristesse. Angoissant juste ce qu’il faut, caricatural et donc expressif, il immergera vos enfants (et vous-même car vous ne résisterez pas à la tentation, je vous connais) dans ce classique revisité de la peur du noir, de son ombre, du croquemitaine et de ses multiples déclinaisons (du Mexique à l’Italie en passant par l’Australie).

La colorisation assurée par les deux acolytes précédemment cités ne fait qu’accentuer la richesse de ces planches. A titre de comparaison, je trouve que ce trait a autant de charme que celui de Jérémy Almanza sur « Coeur de pierre » et, croyez-moi, c’est un énorme compliment que je fais là aux auteurs.

Autre qualité, le fait que Marco Cosimo d'Amico et Laura Iorio nous fassent rencontrer les différentes versions d’un même épouvantail populaire, j’ai nommé l’Uomo Nero. Croquemitaine en Francophonie, El Cucuy au Mexique, Bunyip en Australie, son nom change en fonction des pays mais le fait que cette image soit présente aux quatre coins du monde a, à la fois, de quoi surprendre, intriguer… et rassembler puisque l’on se rend ainsi compte que tous les enfants du monde, quelle que soit leur origine, ont les mêmes frayeurs.

Malheureusement, et malgré le plaisir rencontré durant ma lecture (n’allez pas croire que j’ai dû me forcer à finir cet album), j’avoue m’être parfois quelque peu ennuyé en cours de route. Je trouve le début du récit très bon et la fin intéressante, bien rythmée et cohérente. Par contre, toute la partie centrale m’est apparue, par moments (par moments, j’insiste), inutilement bavarde et poussive. Certes, cette manière de construire le récit nous permet de passer par le Mexique, l’Australie, l’Allemagne… mais une narration plus directe aurait apporté plus de clarté à certaines intentions des auteurs. Principalement lors de ce passage par Berlin dont je ne suis pas sûr que tous les enfants comprendront l’importance de la localisation géographique (la peur du noir entraîne la peur de l’inconnu qui découle sur la peur de l’autre, source de bien des guerres dont Berlin peut servir de symbole). Mais je suis peut-être trop habitué à un style littéraire anglo-saxon, le style latin usant plus naturellement de circonvolutions pour traiter d’un propos.

Enfin, je ne suis pas convaincu qu’emballer le livre dans un film plastique (c’est ainsi que je l’ai reçu) soit une si bonne idée. Certes, cela attise la curiosité de l’acheteur potentiel mais, d’un autre côté, pouvoir feuilleter l’album aurait certainement permis à plusieurs d’entre eux de définitivement tomber sous le charme de ce trait.

A découvrir sans aucun doute. A posséder pour la beauté du trait et l’intérêt de la morale sous-jacente. Mais une lecture qui doit être accompagnée car la thématique de ce récit est plus profonde que ce qu’un simple survol pourrait laisser penser. C’est vraiment le genre de livre à faire découvrir dans le cadre d’un travail scolaire (chez les 8-10 ans) pour permettre aux jeunes lecteurs d’affiner leur perception de l’histoire au travers de discussions.

Nom série  Au vent mauvais  posté le 18/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Que voilà un récit très littéraire ! Pourtant, on ne peut pas dire que la lecture soit copieuse, mais la narration et la calligraphie choisie font de cet objet une œuvre proche du récit illustré. Très bien illustré d’ailleurs, selon moi. Tout en ambiance, en un trait qui dévoile plus qu’il ne montre, en ombres qui ne cachent rien.

Le ton est doux amer, le personnage central n’est pas exempt de défauts (loin s’en faut) mais il nous est rendu attachant par cette narration à la première personne, par la manière qu’il a de se dévoiler à nos yeux, par son humour cynique aussi. Et c’est ce personnage qui porte le récit à bout de bras ! L’intrigue est en effet des plus minces (on a droit à un road-movie dans lequel le personnage central traverse la France et l’Italie pour rapporter un gsm à une inconnue) mais le portrait qui se dessine au fil des planches est tellement touchant que j’aurais eu du mal à ne pas accompagner Abel Merian jusqu’au terme de son voyage.

Un album qui m’a donc vraiment bien plu. Entre le pas mal enthousiaste et un franchement bien peut-être un peu flatteur.

Nom série  Entre ici et ailleurs  posté le 18/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cet album est certainement à ce jour le plus personnel de Vanyda. On y retrouve tout ce qui plait (ou irrite) chez cette auteure : un goût immodéré pour raconter le quotidien de personnes « normales », une approche narrative proche du shojo, des éléments du quotidien très tendance (ici, une forme de fitness qui mélange boxe et danse) et un thème central qui est la quête d’identité chez les jeunes.

Personnellement, et alors que je ne suis pas vraiment fan de manga (duquel le style graphique de Vanyda s’approche vivement), j’apprécie de plus en plus cette auteure. Je trouve qu’elle parvient finement à saisir ces instants du quotidien qui finissent par façonner une personne. Le rythme narratif est lent et, pourtant, jamais je ne m’ennuie.

Léger en surface, le propos est parfois bien plus profond que ce qu’un simple regard laisserait penser. Et ici, l‘auteure se livre beaucoup en nous offrant un personnage central qui, à son image, se cherche par rapport à ses origines à la fois européennes et asiatiques. Je regretterai juste quelques lieux communs, quelques propos trop manichéens à mon goût - à propos du racisme ordinaire, principalement - mais ce reproche n'est pas suffisant pour que je condamne tout l'album. Disons que j'aurais parfois apprécié un peu plus de nuance dans les portraits des personnages illustrés.

Un très bel album, à ne réserver qu’aux amateurs de romans graphiques, mais pour ceux-ci, c’est du tout bon !

Nom série  Détails d'une vie brésilienne  posté le 18/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album regroupe d’anciennes nouvelles du duo.

Réalisées en noir et blanc, celles-ci démontrent tout le talent des jumeaux mais surtout expliquent en partie leur démarche. En effet, dès la première nouvelle (fortement empreinte d’onirisme), Gabriel Bá et Fábio Moon se mettent en scène et s’angoissent à l’idée de raconter… ce qui a déjà été dit.

Cette nouvelle, intelligemment placée en début du recueil, montre combien l’envie de raconter autre chose autrement préoccupe le duo d’auteurs.

Les nouvelles suivantes ne feront que confirmer cette volonté de sortir des sentiers battus, avec des récits tantôt fantastiques, tantôt intimistes (et tantôt les deux) mais toujours originaux soit dans leur sujet soit dans la manière de les raconter. En cela, il y a parfois un petit côté Cossu dans cet album, un sentiment encore accentué par l’usage des ombres dans le noir et blanc des auteurs.

Nous passerons du récit totalement muet à l’histoire complète en deux planches, de la physique quantique au tableau social de la vie actuelle au Brésil, de la mise en abyme à la fantaisie légère. Un récit sera même illustré à tour de rôle par chacun des frères qui, sur base du même synopsis et avec les mêmes dialogues, présenteront chacun des découpages différents qui éclairent le récit de deux manières différentes. Cet album est donc un fourre-tout… mais un fourre-tout très intelligemment agencé, qui permet au lecteur de changer régulièrement d’univers tout en observant une démarche bien définie, une recherche dans l’évolution qui préfigure Daytripper… et qui me fait un peu regretter le choix des deux auteurs de privilégier l’adaptation de romans aujourd’hui (ne parviendraient-ils pas à trouver un récit original à raconter autre que celui déjà écrit par quelqu’un d’autre ?)

A lire, très certainement. A posséder si vous aimez les autres œuvres du duo. Il n’a pas à rougir des nouvelles ici présentées. A admirer pour la maîtrise du noir et blanc (ce trait a une gueule !!) je ne déconseille pas l'achat mais ne le recommande qu'aux lecteurs déjà conquis par les deux auteurs. Les autres seraient plus avisés de commencer la découverte du travail du duo via Daytripper ou l'une de leurs adaptations.

Nom série  Les Aventures de Buck Danny (classic)  posté le 18/02/2014 (dernière MAJ le 18/04/2016) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’avais envie de commencer cet avis en déclarant que le pari était osé… Mais « osé » me parait être un bien faible mot pour qualifier la démarche !

Pensez ! Les auteurs nous proposent ici de faire revivre un trio qui a marqué la bande dessinée franco-belge au travers d’histoires se déroulant au cœur même de sa période de gloire. Les comparaisons vont fuser !!! Et le risque de choquer les fans de la série est immense !

Pourtant, ce premier tome est ni plus ni moins qu’une énorme réussite.

Tout d’abord, le dessin. On oublie Bergèse pour revenir au style Hubinon, un peu plus caricatural, un peu moins fouillé dans les détails mais incroyablement efficace, dynamique et précis. Honnêtement, on s’y croirait. L’immersion commence donc sous de bons augures.

Ensuite, les personnages. Le trio revient avec ses particularités propres et si Buck Danny apparait toujours comme le pilote parfait, c’est ici Sonny Tuckson qui monopolise l’attention, au détriment d’un Tumbler que j’ai trouvé un peu trop effacé… Mais n’était-ce pas déjà parfois le cas à la grande époque ? Rappelez-vous le diptyque malais : déjà là, Charlier et Hubinon avaient décidé de mettre le rouquin gaffeur en vedette. Le personnage est charismatique et il s’agit sans doute du « chouchou » des auteurs tant ceux-ci lui délivrent le beau rôle (tête brûlée et tête de Turc, gaffeur et courageux, astucieux et maladroit).

Puis vient l’époque. Avec cet aspect rétro, la série récupère une bonne part de son charme. Franchement, on s’y croirait ! J’ai parfois eu l’impression d’avoir entre les mains un album oublié miraculeusement revenu à la surface tant il se love parfaitement dans la série mère… Cela semble tellement évident, tellement naturel. Franchement, chapeau !

Enfin, le scénario est lui aussi tout à fait fidèle à l’esprit « Buck Danny », avec ces sournois ennemis rouges, ces traitres sortis de nulle part, ces manœuvres osées, le tout apparaissant plausible grâce à une solide documentation historique. L’histoire est à la fois romanesque par ses péripéties et instructive tant on sent un souci de véracité derrière les faits les plus étonnants.

Alors, ce n’est peut-être pas le meilleur album de Buck Danny, mais rien que parce qu’il parvient à tenir la comparaison avec ceux réalisés durant la période de gloire de la série, il mérite la mention de « franchement bien ».

Epatant !


Petite mise à jour après lecture des trois premiers tomes :

On reste sur du bon niveau mais l'effet de surprise est un peu passé. Le tome 2 clôt agréablement le premier diptyque tandis que le tome 3 offre à nouveau un scénario prévisible mais très respectueux de l'esprit Buck Danny recherché. Le dessin reste très bon, le découpage est dense, le style lisible, les textes bien présents : c'est donc toujours parfaitement adapté au public visé (les fans du Buck Danny des années '60 ou '70).

Mieux que "pas mal" mais peut-être plus tout à fait "franchement bien", la série conserve sa note actuellement mais je pourrai la revoir à la baisse à l'avenir si la lassitude devait s'installer.

Nom série  L'Homme qui tua Lucky Luke  posté le 18/04/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’en attendais beaucoup et j’en ai clairement eu moins qu’escompté. Ceci dit, ce n’est pas une raison pour jeter le bébé avec l’eau du bain. Le travail graphique, par exemple, est impressionnant !

En effet, tout en apportant sa propre vision graphique au personnage, Matthieu Bonhomme réalise un magnifique hommage visuel grâce à quelques particularités chères à Morris. Les jeux d’ombre réalisés via un encrage plein sont nombreux. Plus encore, il n’est pas rare de trouver une case colorisée dans une seule teinte (orangée, bleutée, etc…) Cette façon de procéder, très fréquente chez Morris, permet de créer des ambiances d’une manière étonnante tout en augmentant la lisibilité d’une case. Et Matthieu Bonhomme s’en sert avec discernement et talent !

A côté de cela, malheureusement, d’autres aspects de cet album m’auront déçu.

Tout d’abord, la quasi-absence d’humour, élément pourtant vital à la série mère, s’est cruellement fait ressentir. Jolly Jumper est sous-employé, l’économie de mots de Lucky Luke (et ses fameux « ouaips ! ») est oubliée, les passages burlesques sont inexistants… Ce western est beaucoup trop sérieux, et ce n’est pas le gag récurrent sur la quête de tabac qui sauvera les meubles.

Ensuite, ce scénario n’a qu’un niveau de lecture. Je doute fort qu’un enfant y trouve son compte tandis qu’un adulte le lira… comme un hommage, une revisite d’une série culte qui aura bercé son enfance. Pas comme un album suffisamment fort pour exister par lui-même.

Pourtant, l’intrigue est bien menée, le découpage est bien équilibré, l’histoire n’est certainement pas désagréable à lire… Elle manque juste de rythme, de brutales accélérations, de coups d’éclat. Lucky Luke ne s’y sert pour ainsi dire pas de son six-coups, n’y tire jamais plus vite que son ombre. Son personnage ainsi revisité m’a semblé ressembler à un inspecteur qui vit un peu sur sa légende… trop éloigné du « cow-boy solitaire, taciturne, flegmatique mais toujours prêt à rire quand l’occasion se présente » de mon souvenir.

Pas assez poussée ou déjà trop éloignée de l’image que j’avais de Lucky Luke, cette revisite me laisse le cul entre deux selles (et du coup, je tombe de plus haut que si je l’eusse eu entre deux chaises). J’applaudis le travail graphique, je regrette un scénario trop linéaire et peu drôle. Pas mal, mais au vu du talent de l’auteur, je pense sincèrement qu’il aurait pu mieux faire (même si j’ai bien conscience qu’égaler Goscinny relève de l’utopie).

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