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Nom série  Evaristo  posté le 10/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Trouvé ces 2 albums pour 5 euros chez un petit bouquiniste à Angoulême, je ne connaissais pas du tout, mais je connaissais l'auteur, Francisco Solano Lopez, l'un des meilleurs dessinateurs argentins de l'après-guerre, qui a dessiné L'Eternaute et Ernie Pike après ou avant Pratt, et des récits érotiques dans la magazine espagnol Kiss Comix, enfin bref, une pointure du crayon dans son pays, mais peu connu en Europe, la seule bande ayant vraiment été réalisée pour le marché européen étant justement ce "Evaristo" en 1983, repris par Dargaud en 1985 et 86.

Chaque album contient 4 récits courts de 8 à 15 planches, avec une ambiance de polar noir mais à la sauce sud-américaine imitant le ton US, c'est un mélange assez curieux et plaisant, mais la narration est complètement foutraque, décousue, incohérente... ça passe d'une action à l'autre sans transition, les cases sont comme une sorte de puzzle, on ne comprend vraiment pas grand chose dans ces histoires, je ne sais pas comment Sampayo qui a pourtant signé "Alak Sinner" avec Munoz, a pu pondre de tels scénarios, c'est quasiment incompréhensible, si bien que le plaisir potentiel que j'avais au départ s'est vite estompé, et je le regrette...

Je le regrette évidemment pour le dessin que j'aime beaucoup, j'adore ce trait épais en noir & blanc rehaussé de fines hachures et de pointillés qui donnent une atmosphère unique de polar hors-normes à cette Bd, avec des gueules de criminels incroyables, et ce personnage de commissaire Evaristo à la silhouette corpulente de boxeur qui a l'air redouté dans le milieu du crime argentin... même si sa psychologie n'est pas assez creusée. Un beau regret !

Nom série  Gibier de potence  posté le 09/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai enfin réussi à trouver ces albums à Angoulême, je savais qu'un jour j'y arriverais, après avoir repéré cette série depuis longtemps sur BDT.
Le résultat n'est pas aussi enthousiasmant que j'aurais cru, mais je ne me suis pas ennuyé, c'est ce qui compte. En fait, le sujet n'est pas neuf, c'est surtout ça qui m'a un peu "freiné" on va dire, surtout que comme je crois l'avoir dit dans d'autres avis, la guerre de Sécession n'est pas la période que je préfère en western. Cette guerre a pas mal servi en western, il est difficile de faire du neuf avec, et ce genre d'histoire a déjà été abordé dans la saga Blueberry, surtout lors du cycle consacré au "Trésor Sudiste".

Là-dessus, les auteurs embrayent sur le Bon la Brute et le Truand, en reprenant de ci, de là, quelques détails vus dans ce film de Sergio Leone qui semble les inspirer aussi pour les scènes violentes. Mais le petit défaut, c'est que la série ressemble plus à une suite de rebondissements, de péripéties et de fusillades sanglantes, il n'y a pas de vrai scénario construit comme pouvait le faire Charlier dans Blueberry... désolé si j'en reviens toujours à cette Bd, mais elle est tellement incontournable, et sert tellement de référence, c'est pour ça qu'elle reste imbattable d'ailleurs.

Sinon, faut pas non plus faire le difficile et jouer le vieux blasé, il y a quand même de bons trucs dans tout ça, je reconnais que la série est sympa et très divertissante, les personnages sont intéressants, la frontière entre bons et méchants est faible, chacun a des défauts, et les auteurs n'hésitent pas à en tuer sans qu'on s'y attende. Sans compter le dessin qui m'a bien plu, j'aime ce trait épais aux contours pas toujours fignolés ou pas très précis, ça donne un certain style, j'aime aussi les ambiances données par les différents types de colorisations (ambiance de rochers, ambiance nocturne, ambiance du fort, ambiance de la mine etc...), en tout cas, c'est un dessin dynamique qui s'inscrit dans la ligne graphique des séries développées par Duval.

Au final, un western distrayant, pas un must, mais pas une daube non plus, loin de là...

Nom série  Kennedy  posté le 08/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
En lisant ce genre de biographie, je m'aperçois que je connaissais plus mal les figures contemporaines que les figures historiques des siècles passés. Mais ce n'est pas trop grave parce que je considère le recul encore peu suffisant pour juger de l'action d'un politique contemporain (c'est à dire entre les années d'après-guerre et aujourd'hui) ou de toute autre personnalité, mais de toute façon, je suis un peu au courant comme tout le monde, par les journaux et certains docs télévisés.

C'est pourquoi apprendre par le biais de la bande dessinée m'est beaucoup moins rébarbatif sur ces sujets, bien que la figure de Kennedy soit quand même sacrément intéressante. On apprend plein de trucs grâce à cet album, des anecdotes méconnues aux grands événements politiques du mandat de JFK, les auteur dressant un bon portrait sans céder à l'adoration béate du mythe. Le plus original est la formule choisie pour raconter les grandes lignes de la vie politique et privée de JFK, puisque l'album est construit en flashbacks successifs, et c'est vu à travers une interview par un journaliste de son frère Robert Kennedy, alors ministre de la justice, peu de temps avant son propre assassinat en 1968.

C'est donc un étonnant résumé de toute la carrière de JFK et l'histoire de sa famille, qui semble ne rien oublier d'important. Parmi ces grandes lignes, on trouve le discours d'investiture (avec la fameuse phrase "Ne demandez pas ce que le pays peut pour vous, mais demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays"), le combat pour les droits civiques, avec l'évocation du pasteur Martin Luther King ("Je fais un rêve..."), la crise de Cuba avec les fameuses rampes de missiles installées par Moscou, et la baie des cochons, la guerre froide et le rapprochement avec Khrouchtchev, l'assassinat à Dallas en 1963 etc... Tout ceci rafraîchit la mémoire sur des événements pourtant récents mais qui ne me passionnaient pas comme ceux du Moyen Age ou de la Renaissance, car moi ce qui m'intéresse, c'est de comprendre le présent par l'Histoire ancienne.

Le dessin est très aléatoire, il est tantôt très réussi dans les ressemblances sur les visages connus, tantôt pas du tout, mais je pense que l'exercice n'est pas si facile que ça, encore que je ne sais pas si Damour était le dessinateur adéquat pour ce genre de Bd ; mais bon, attention, ce n'est pas laid ou carrément raté non plus, c'est juste que ce dessin fait bizarre par endroits.
Un bon album d'histoire contemporaine qui permet de comprendre l'action d'un homme.

Nom série  Kia Ora  posté le 07/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai emprunté cette série à ma médiathèque sans savoir à quoi m'attendre ; en feuilletant le tome 1, j'ai trouvé le dessin sympa et ça m'a suffi, je me suis dit "on verra bien"...
A la lecture, j'ai ensuite découvert la culture maori que je connaissais un peu par des docs vus sur la Chaîne Histoire ou ailleurs, et puis j'avais vu le film coup de poing "L'Ame des guerriers" qui montrait le désespoir de ce peuple autochtone dans la vie moderne et les ravages qu'elle lui causait. Dans cette Bd, c'est moins violent, on suit un petit groupe d'hommes et de femmes (et la fillette Nyree) arrachés à leur terre de Nouvelle-Zélande pour aller en Europe faire connaître leur culture. Dans un premier temps, c'est intéressant d'approfondir un peu les connaissances sur les Maoris dans la société européenne des années 20 ou 30, et ce tome 1 est très prometteur.

C'est ensuite que l'idée de départ s'estompe et devient moins passionnante, même si par endroits, c'est touchant et qu'il y a de l'émotion, l'ensemble est attachant, mais on ressent un certain malaise en voyant ces gens exhibés comme des bêtes curieuses dans un parc d'attractions londonien puis dans le jardin d'acclimatation à Paris. Mais le pire reste à venir, avec le tome 3, on est carrément dans "Freaks", ce célèbre film de Tod Browning qui suivait une troupe de "monstres" de foire au sein d'un cirque. On peut voir cette partie comme un message de tolérance qui part d'un bon sentiment, mais je crois que le premier propos qui était de suivre cette troupe de Maoris répandant leur culture tribale était déjà suffisante, il ne fallait pas y mêler cet élément qui charge un peu trop le sujet et tire parfois vers le pathos.

Quoi qu'il en soit, la Bd reste intéressante à lire, mais je ne voudrais pas la posséder ; s'il n'y avait eu que le tome 1, j'aurais sans doute noté 4/5, mais les 2 autres albums me font changer d'avis. D'autant plus que le dessin qui est relativement joli et mignon dans le tome 1, a tendance à se relâcher ensuite, surtout dans le tome 3, c'est un trait limite caricatural, avec des visages pas terribles, un manque de détails, des décors simplifiés, des fonds de cases uniformes, bref c'est beaucoup moins soigné.

Au final, un récit humaniste qui n'est pas sans défauts, qui mérite d'être lu mais pas acheté.

Nom série  La Porte au Ciel  posté le 05/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette histoire en forme de faux thriller psychologique et intimiste nimbé de mystère, n'a rien de bien original et d'attirant au premier abord, les fugues de jeunes gens étant hélas assez banales à notre époque. En plus, je suis content de n'avoir pas eu à attendre 6 ans entre les 2 albums, c'eut été un peu long... Mais l'écriture de Makyo est remarquable, imprimant une atmosphère spéciale, avec un décor rural de toute beauté, même s'il est triste, mais ça accentue encore plus l'aspect mélancolique qui se détache de cette histoire.

C'est un récit sensible, captant des portraits très justes de 3 adolescentes ne connaissant pas le bonheur dans leur foyer, et à l'ensemble bien échafaudé, bien senti, avec des dialogues très actuels qui typent parfaitement le caractère de ces 3 filles, ainsi on n'a pas l'impression de lire quelque chose d'un peu artificiel qu'on rencontre parfois en BD lorsqu'il s'agit de jeunes gens de cet âge, c'est souvent difficile pour un scénariste adulte de faire parler des ados qui ont un langage bien à eux, surtout quand il s'agit de filles, et là je trouve que Makyo a réussi des portraits très crédibles. Le personnage du peintre est également attachant.

Si la Bd n'avait pas eu un dessin d'une telle beauté, je ne sais pas si je m'y serais intéressé, je connaissais le style de Sicomoro, il est ici très différent de celui de ses débuts sur Marc Jourdan qui à l'époque était déjà précis mais au trait fin ; j'avais aussi admiré sa maîtrise exceptionnelle du noir & blanc sur Rio Grande, et son dessin est également différent de celui vu sur Lumière froide qui visait un style hyperréaliste s'accordant au sujet de cette Bd. Ici, il est devenu carrément sublime, plus appuyé et toujours aussi précis, magnifiant les paysages hivernaux d'une belle nature géographiquement non précisée (peut-être en Bretagne puisqu'on parle de coutume celtique), avec de très belles images de sous-bois à l'aspect mélancolique. Je trouve cependant curieux qu'il s'obstine à dessiner des nez rouges, ces filles ne sont pas des saoûlines, c'est bizarre...

Quoi qu'il en soit, la Bd m'a sans aucun doute encore plus captivé grâce au dessin, je regrette seulement qu'à la fin le coupable ne soit pas puni, l'explication m'ayant peu convaincu, et j'avoue n'avoir pas trop compris la signification de la dernière page, 2 raisons qui m'empêchent de hausser ma note.

Nom série  Saint-Barthélémy  posté le 03/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Boisserie et Stalner se retrouvent après La Croix de Cazenac pour un sujet très fort, sur les guerres de Religion, mais au contraire de Les Chemins de Malefosse qui brassait une période plus étalée, ils centrent leur récit sur cette Saint-Barthélémy qui a ravagé les rues de Paris en aout 1572, pour l'un des plus effroyables massacres de cette période en France. La Bd aborde aussi le sujet de façon beaucoup plus construite que ce que j'ai pu lire dans la série Vécu de chez Glénat intitulée Le Chevalier, la Mort et le Diable qui bien qu'intéressante, n'était pas sans quelques défauts narratifs, mais elle vise surtout le grand début de ce massacre religieux entre papistes et huguenots, et aussi ce qui m'a intéressé, c'est que les auteurs évoquent les vrais débuts de ce conflit sanglant avec le massacre de Wassy par les Guise, ainsi que la bataille de Jarnac où Condé trouva la mort.

On sent toute la haine exacerbée par les 2 factions, et on comprend que la Saint-Barthélémy est le massacre emblématique de cette sombre période, avec une Catherine de Médicis plus dure et plus déterminée que dans d'autres Bd sur le sujet, on sent sa volonté à annihiler le parti huguenot.
Quelques épisodes célèbres sont montrés, comme l'attentat contre Coligny qui le blessa à l'épaule, puis sa mort atroce cette fameuse nuit de la Saint-Barthélémy, également les paroles choc du faible Charles IX entièrement sous le contrôle de sa mère, "Tuez-les tous pour qu'il n'en reste pas un pour me le reprocher"... de même qu'on assiste à cette vague de violence frénétique, une véritable boucherie dans les rues de Paris comme au Louvre, à peu près semblable à ce que l'on voit dans le film "la Reine Margot" en 1993 ; je ne serais pas étonné d'apprendre que Stalner s'en est inspiré pour certaines scènes.

Pour éviter le côté trop didactique de ce sujet horrible mais passionnant pour l'amateur d'Histoire que je suis, les auteurs content ce récit à travers un jeune hobereau provincial, Elie de Sauveterre, qui recherche son jeune frère et sa soeur enlevés tous deux par les papistes ; son combat se mêle à celui de la Saint-Barthélémy, et je subodore que pour lui, la quête n'est pas finie, donc rendez-vous au tome 2 qui promet d'être captivant. Quand en plus, c'est dessiné par Stalner dont j'aime beaucoup le style graphique, ayant suivi toutes ses séries, je ne peux que me réjouir. Il se surpasse littéralement ici, où son dessin d'une finesse et d'une précision impeccables, magnifie aussi bien les décors, les édifices, les costumes, les petits détails que les visages des personnages, bref un vrai régal graphique et narratif.

Nom série  Thésée et le Minotaure  posté le 01/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La collection s'enrichit d'un autre volume consacré à l'un des plus grands héros grecs, à l'égal de Héraklès, de Jason, de Persée, d'Ulysse ou d'Achille... il a accompli plusieurs exploits en étant considéré comme une sorte de continuateur d'Héraklès, il participera même à l'expédition des Argonautes, comme on le voit dans Jason et la Toison d'or, le personnage apparait donc dans 2 récits de cette collection.

Clotilde Bruneau rempile après les précédents opus, et conte d'abord l'enfance et la jeunesse de Thésée, puis son périple entre Trézène et Athènes où il débarrasse la région de plusieurs monstres qui sont pour lui autant d'épreuves initiatiques, et dont l'épisode le plus connu est celui lié au brigand Procuste, dont le nom est passé dans la langue et connu sous l'expression "lit de Procuste" ; ce sinistre individu accueillait les voyageurs égarés ou fatigués dans sa demeure et les obligeait à s'allonger sur un lit, grand pour les petits dont il étirait les membres, petit pour les grands dont il coupait les pieds. Thésée le tua en lui faisant subir le même sort... cet épisode est bien montré.
Mais son exploit le plus célèbre et le plus valeureux reste celui attaché au Minotaure.

La narration est ici beaucoup plus condensée du fait qu'il n'y a qu'un album. La scénariste n'omet pas les éléments connus de la légende : l'arrivée en Crète, le coup de foudre d'Ariane pour Thésée, le fil d'Ariane, le labyrinthe et le combat avec le Minotaure, la fuite puis l'abandon d'Ariane dans l'île de Naxos, le retour à Athènes, la mort d'Egée, le mariage de Thésée avec Phèdre, sa relation avec son fils Hippolyte... tout ceci est assez rapidement traité, on a donc peu de temps pour s'attacher vraiment aux personnages. On peut le regretter, mais l'histoire même si on a l'impression que c'est expédié, reste captivante, embellie par le dessin.

En effet, le dessin de Mauro De Luca, qui s'est déjà distingué par sa Bd Carthage, est de toute beauté, il est en plus très proche de celui d'Alexandre Jubran sur Jason et la Toison d'or, car il faut dans cette collection que les héros soient identifiables lorsqu'ils sont appelés à reparaitre, de même que les Olympiens. Le dessin est soigné, détaillé, le personnage de Thésée magnifié, et la scène avec le Minotaure est grandiose. J'avais vu ce personnage dans d'autres Bd pas toujours bien représenté, mais là le rendu est conforme à ce que j'ai pu voir sur de vieilles gravures ou des tableaux pompiers du XIXème siècle.

Un album qui pêche un peu par sa narration trop rapide, mais qui séduit par sa partie graphique sur une légende fabuleuse, l'achat n'est quand même pas regretté.

Nom série  Jason et la Toison d'or  posté le 01/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
"Jason et la Toison d'or" est le 4ème volume de cette collection la Sagesse des Mythes, dirigée par l'ancien ministre de l'Education, Luc Ferry, et le premier d'un triptyque qui s'attaque à l'un des plus grands héros de la Mythologie grecque : Jason.
J'ai très tôt été fasciné par cette légende, surtout après avoir vu le fabuleux film britannique "Jason et les Argonautes" qui illustrait de façon féerique ces aventures merveilleuses, autant dire qu'en lisant cette Bd, je me régalais d'avance, et mon attente n'est pas déçue, je suis vraiment conquis rien que par ce premier tome.

Comme pour les autres albums de la collection, aucune liberté n'est prise avec la légende, les auteurs remontent loin dans l'histoire mythologique avec l'épisode d'Athamas et d'Ino, que j'avais complètement oublié et que j'ai révisé en lisant mon dictionnaire de la Mythologie, l'intrigue suit donc les récits connus, la narration est linéaire de façon à être bien comprise par les lecteurs peu connaisseurs de la Mythologie grecque. Cette histoire de Jason étant assez fournie de par les nombreux périls que les Argonautes rencontreront durant cette expédition, il était difficile de la condenser, aussi la scénariste Clotilde Bruneau va à l'essentiel tout en offrant un ensemble cohérent en 3 albums ; ce premier tome conte la genèse de Jason, son enfance, son éducation avec Chiron puis sa confrontation avec Pélias lorsqu'il revient à Iolcos avec une seule sandale (l'oracle avait averti Pélias qu'il devrait se méfier d'un étranger à sa cour avec une seule sandale). Puis c'est le rassemblement des grands héros grecs, les futurs Argonautes, et la construction du bateau l'Argo.

Comme la partie textuelle, la partie graphique ne verse pas dans l'intrigue fantaisiste, le dessin est vraiment superbe, j'aime ce genre de graphisme pour illustrer de tels sujets, les décors sont fidèlement reconstitués, les visages des héros grecs sont parfaitement typés de façon à ce que le lecteur puisse les identifier facilement. Est-ce que leur psychologie sera développée plus en détail dans les tomes suivants ? on verra, pour l'instant, c'est correct.

Je ne vais pas anticiper ces tomes, mais d'après ce que je sais, l'expédition des Argonautes comprend plusieurs listes de participants ayant répondu à l'appel de Jason, elles reflètent le désir des cités grecques de rehausser les mérites de leurs propres héros. On y trouve donc selon ces variantes, le musicien Orphée, Zélès et Calaïs (les fils ailés de Borée) qui poursuivront les Harpyes, Pélée le père d'Achille, Télamon, Méléagre, Atalante (la seule femme de l'expédition) célèbre pour ses dons de chasseresse et de guerrière, les jumeaux Castor et Pollux, Lyncée (qui avait une vue supranormale), Augias, Thésée et Héraklès... sans oublier Argos qui a construit le navire Argo.

Il faut savoir que le récit le plus complet de cette légende a été rapporté par Apollonius de Rhodes. Pour l'instant, au vu de sa partie narrative et de sa partie graphique, c'est un superbe début qui met bien l'eau à la bouche, et il sera dur d'attendre la suite.

Nom série  Akron le Guerrier  posté le 31/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai eu cet album à 5 euros à Angoulême, et heureusement parce que je me suis un peu ennuyé à cette lecture, n'ayant pas trouvé ce que j'attendais d'une telle Bd ; et arrivé sur BDT, j'apprend qu'elle est abandonnée après ce premier tome, c'est dommage car une suite aurait sans aucun doute renforcé l'argument de cette histoire et m'aurait peut-être incité à la juger moins sévèrement. Mais c'est du Soleil, donc ça ne m'étonne pas non plus, c'est incroyable le nombre de séries avortées qu'ils ont pu bousiller avec cette sale manie... Argument qui en vérité ne m'a pas convaincu. Pourquoi ? tout simplement parce que c'est nébuleux !

Certes les bases d'un royaume imaginaire, Adzen, sont posées correctement, le background encore insuffisant est tout de même intéressant d'après ce qu'on en voit, les codes de la fantasy sont visibles et bien en place, à part que 2 personnages importants (qui auraient pu grimper en puissance dans la suite) sont tués dès ce tome 1, c'est assez inhabituel, et que le destin d'Akron même s'il n'est pas compromis, ne sera jamais connu. D'autre part les personnages sont encore assez peu développés, donc on n'a pas le temps de s'attacher à l'un ou l'autre.

C'est nébuleux dans le sens où les auteurs ne sont pas clairs, c'est à dire qu'ils lancent des directions qui restent floues : le discours du roi, son recours à cette gamine sorcière, ses relations avec ces 3 mercenaires, le combat d'Akron avec cette espèce de démon-renard blanc... tout ceci est mal expliqué, tout comme cette bataille d'ailleurs, on ne sait pas bien pourquoi elle est déclenchée et pourquoi elle nécessite tous ces morts, sans compter qu'il y a des scènes dont je ne vois pas l'utilité, comme cette algarade avec ce poissonnier suivie d'une autre avec un marchand de bestioles, ça prend 2 pages et ça ne sert à rien ; 2 pages qui auraient pu servir à autre chose de plus construit. On ne sait donc pas très bien quelle est la direction à suivre pour cette Bd, alors qu'il y avait de bons éléments de départ, ce qui fait que au final, je ne regrette pas trop cette série arrêtée, même si je sens que ça aurait pu être pas mal, d'où ma note relativement généreuse.

Le regret peut-être, c'est aussi pour le dessin que j'aime particulièrement, chatoyant, fluide et très agréable à l'oeil ; j'avais bien aimé ce dessin sur la série Questor, et là dès le début d'album, il y a un soin dans les décors, et cette grande case montre une civilisation inspirée dirait-on de l'art byzantin, de même que la séquence de bataille est bien posée, et ne fait pas fouillis. Sans doute que le dessinateur s'est lancé dans Questor suite à l'arrêt de cette série qui aurait mérité de continuer.

Nom série  L'Homme qui croyait à la Californie  posté le 31/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un peu surpris de voir cet album contenant 4 récits courts plutôt qu'un long récit de 44 planches, mais passé ce bref étonnement, j'ai plutôt bien apprécié l'ensemble de ces histoires ; ces 4 récits sont centrés sur des Blancs, c'est assez inhabituel de la part de Derib, lui qui a une telle connaissance du monde indien, ce n'est pas l'environnement qu'il préfère, mais après tout il avait déjà dessiné Go West (avec Greg au scénario), mais surtout ici, c'est qu'il n'est pas son propre scénariste, Godard étant l'auteur de ces 4 récits qui furent diffusés dans le journal Tintin en 1981.

Mon préféré est "L'homme qui attendait" qui est pour moi le plus émouvant et qui témoigne d'un certain désenchantement dans l'Ouest d'une certaine époque, et ensuite "L'homme qui croyait à la Californie" qui donne son titre à l'album, un autre récit un peu désenchanté et triste, avec ce personnage de Jed Walker à la gueule de John Wayne, tout un symbole... les 2 autres récits m'ont moins séduit. Mais le ton de cet album est plus nostalgique, mélancolique, les auteurs n'exaltent pas les grandes étapes de l'Ouest, c'est un Ouest sur le déclin, on voit que Derib est peut-être moins à l'aise qu'avec le monde indien, mais ça donne en même temps une image plus positive des Blancs.

Graphiquement, c'est du Derib du plus haut niveau, avec un dessin épais et chargé, semblable à celui atteint dans Buddy Longway à partir du tome 10 "le Démon blanc", un dessin magnifique et réaliste, mais je reconnais que c'est un style qui peut ne pas plaire.
Au final, un album assez étrange, c'est du western qui s'inscrit dans la vague crépusculaire.

Nom série  Jeanne d'Arc  posté le 30/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Cette relecture de l'histoire de Jeanne d'Arc telle que nous la connaissons présente une certaine audace, car elle aborde sous un angle atypique le destin de la célèbre Pucelle d'Orléans par le biais de la sorcellerie. Valérie Mangin n'en est pas à ses débuts pour étonner le lecteur en détournant des sujets, comme elle l'a fait dans d'autres Bd, et cette idée pouvait être intéressante à développer, pourquoi pas ? On ne pourra sans doute jamais expliquer pourquoi Dieu a choisi une petite bergère lorraine pour sauver le royaume de France de l'Anglais plutôt qu'un vrai seigneur de guerre sachant se battre... mais ça remettrait en question bien des choses à propos du procès de Jeanne qui fut brûlée sur l'accusation de sorcière, et justement, Mangin joue sur cette idée qui peut évidemment paraître sacrilège et antinomique aux yeux de la chrétienté, mais intéressante à explorer.

Le récit s'imbrique bien dans la grande Histoire et les événements réels, on y voit notamment le Bal des Ardents (qui conforta la folie de Charles VI) et la réception de Jeanne à Chinon où elle révèle en secret au Dauphin ce que nul ne pouvait savoir à son sujet ; on a jamais su ce que Jeanne avait pu dire à Charles lors de cet entretien secret car personne n'en fut témoin, et ce qu'elle dit ici me convient, c'est plausible. Par contre le rendu autour des scènes de sorcellerie, le prétendu saphisme de Jeanne (qu'elle oublie lorsqu'elle voit Gilles de Rais), certaines scènes inutiles et certains autres détails ne m'ont pas tellement interpellé ni convaincu, j'ai trouvé cette sorte de deal avec le diable, à savoir connaître une année de gloire et en remerciement offrir sa vie sur un bûcher, assez moyen, j'aurais préféré un éclairage différent. C'est dommage parce que j'aime bien le dessin, il se prête parfaitement à cette époque traitée et reproduit bien les lieux connus, de même que les personnages sont réalistes. Un mythe revisité un peu gâché.

Nom série  Sex story - La Première Histoire de la Sexualité en BD  posté le 30/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce gros album de 200 pages traite du sexe au fil des âges, comment il était perçu à différentes époques, ou plutôt comment étaient perçues les pratiques et déviances liées au sexe, depuis la Préhistoire jusqu'à notre époque moderne. L'ouvrage a la double fonction d'être instructif et amusant, c'est de la vulgarisation historique et sociale sur l'histoire de la sexualité humaine à travers les siècles, un beau travail d'étude qui se lit assez longuement car parcourir tout ceci en totalité finit par être fastidieux et épuisant.

Le sexe est lié à l'amour, et les auteurs en parlent également en relatant ses différentes interprétations, notamment le mariage sans amour dans la société romaine, les femmes devant être avant tout des épouses et des reproductrices, pratique qui se retrouve aussi dans la société européenne au XVIIIème, d'où le libertinage chez les nobles, et la recrudescence des bordels et maisons de plaisirs. L'accent est mis aussi sur l'asservissement de la femme longtemps considérée comme inférieure, sur sa condition de soumission à l'homme dans la société, qui remonte très loin et qui n'a été enrayée que relativement récemment, à peu près après la Seconde guerre mondiale.

L'ouvrage n'a pas la prétention d'être juste à 100%, il oublie d'ailleurs quelques périodes de l'Histoire universelle, et je doute que tout y soit exact ; j'ai à ce sujet relevé 2 erreurs : Jules César n'était pas un empereur, et Rudolph Valentino n'a pas affolé les femmes des années 30, mais des années 20 (il est mort en 1926). Mais certaines dates, certains faits et certains personnages sont justes et réels, l'ensemble est fait avant tout pour distraire. Sa grande originalité est justement de présenter ce côté didactique par le biais de l'humour, sous une forme légère et dénuée de vulgarité, à travers de multiples saynètes et d'anecdotes amusantes. On apprend par exemple que Ramsès II se masturbait dans le Nil pour y apporter la fécondité, des précisions sur l'onanisme, la ceinture de chasteté inventée plutôt à la Renaissance et non au Moyen Age, que les couloirs de Versailles servaient d'infâmes pissotières, ou encore que la reine Victoria était une sacrée chaudasse (mais ça je le savais, je l'avais lu ailleurs)... bref des usages souvent fantaisistes ou étonnants à propos de l'amour et du sexe. De même que la perception de l'homosexualité sera très différente selon les âges et les civilisations (en Grèce antique, c'était plutôt de la pédérastie).

Tout ceci est illustré par un dessin simple et dépouillé, pas toujours joli, mais expressif qui vise à faire sourire par des situations ou des expressions anachroniques. Au final, un album intéressant, original et ludique.

Nom série  Les Bêtes de Black City  posté le 29/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bon dommage, je me réjouissais de lire une Bd érotique situant son action dans un cadre western, mais c'est raté pour moi, et j'ai bien fait de ne pas l'acheter, j'ai pu la lire pratiquement sur le stand Tabou à Angoulême quand j'attendais Trif pour une dédicace (celui-ci étant parti se restaurer)... Qu'est-ce qui ne va pas ?

Ben tout simplement le dessin, je n'aime pas ce dessin et puis voila, je le trouve laid et informe, à plus forte raison pour une Bd érotique. Les couleurs sont ternes et mornes, bref j'ai pas accroché à ce graphisme. Sinon question histoire, ça réutilise un des plus vieux thèmes du western, la vengeance, et ça fonctionne bien puisque les 3 prostituées d'un bordel sordide d'une petite ville de l'Ouest, exercent une vengeance implacable et extrêmement violente sur leurs tourmenteurs, dont le chef est devenu un notable ; elles sont même bien plus féroces que leurs bourreaux, et le bain de sang n'est pas évité.

On voit donc un excellent scénario servir des scènes de cul dont certaines très hard, mais aussi des pulsions malsaines, le tout s'intègre bien ensemble, sexe et sang font bon ménage de façon plus appuyée que dans d'autres Bd, car du sexe en contexte western, ça n'est pas nouveau, il y en avait déjà dans Wanted (Rocca/Girod), et même dans un ancien pocket italien que je lisais dans mes jeunes années, du nom de " Saga " (en italien "Vartan") où on voyait souvent des Indiennes à poil se faire molester. Mais tout ceci n'avait rien de comparable à ce qu'on voit dans cet album. En plus, il y a une bonne approche d'un Far West sordide avec des personnages crades, pouilleux et rebuts de l'humanité... Donc voila, dommage que ce scénario habile soit illustré par un dessin aussi moche auquel je n'ai pas adhéré, du coup ,je n'ai pas lu la suite, et après Trif est enfin arrivé pour me faire un joli dessin de Blanche-Neige.

Nom série  Nagarya  posté le 28/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le nom de Riverstone (ou quelque soit l'un de ses nombreux pseudos) résonne aux oreilles de l'amateur de BD érotique, car on sait qu'avec lui, on aura un résultat graphique exceptionnel. C'est le cas dans cette Bd que j'ai réussi à trouver à Angoulême dans les bacs à 5 euros d'un des bouquinistes belges, eh oui, j'ai cru rêver , car trouver un album de ce calibre à cet endroit, c'est très rare.

Comme toujours, la partie graphique est absolument renversante, Riverstone excelle dans un dessin hyperréaliste peaufiné et soigné à la peinture à l'huile, transcendant un sujet inspiré d'un thème biblique où une nouvelle Eve évolue dans une jungle idéalisée auprès de 3 hommes et découvre une peuplade sauvage ; tout le monde y est nu bien sûr, c'est un retour à la nature primitive de l'homme, mais étrangement, ça copule beaucoup moins qu'on n'aurait cru, même les hommes ont des sexes à peu près normaux et pas ultra membrés comme c'est le cas dans les autres Bd de Riverstone comme Judith et Holopherne ou Thamara & Juda... Les femmes y sont toujours sculpturales, avec des poitrines fières et puissantes, contrastant avec des visages d'ingénues ou de jeunes vierges.

La dimension fantastique et le surréalisme se mêlent, mais ça ne donne qu'un résultat décevant au niveau du scénario, c'est le gros point faible de cette bande qui aurait pu être fabuleuse ; Riverstone ne sait pas construire une histoire linéaire, il se perd en dialogues inintelligibles, qui n'ont vraiment aucun sens, et totalement décalés par rapport aux images. De fait, l'histoire perd 60% de son potentiel, même l'épisode des sauvageonnes est mal exploité, et les 3 hommes accompagnant l'héroïne Anny Wellington, sont très en retrait, ressemblant à des crétins incolores et loin des mâles dominateurs vus dans les autres Bd de l'auteur. Bref, l'oeil se régale mais l'esprit n'est pas satisfait.

Nom série  Entre terre & mer  posté le 25/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Encore une série qui prend pour décor la Bretagne et qui décrit la rudesse de l'existence sur ces terres dans les années 20 ; c'est assez proche de la série Les Chasseurs d'écume, sauf que là, l'attention se porte surtout sur un personnage, Pierre qui loue ses bras à une ferme dirigée par une femme de marin dont l'homme est en mer à la pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve. Ce qui est intéressant, c'est le portrait de ces femmes, les auteurs mettent l'accent sur leur exemplarité à gérer seules ferme, terre et tâches domestiques en l'absence de leurs hommes. C'est un univers dur, âpre, où la mort, le fardeau de la vie, la solitude et l'absence sont constamment présents dans un cadre de vie magnifique mais d'une grande rudesse.

Une romance s'installe peu à peu entre Pierre et une lavandière qui elle aussi attend son homme, on s'attend alors à un cliché éculé, mais cet écueil est bien évité, car les auteurs ont gratté l'intrigue pour en enlever le superflu et ne garder que l'essentiel, le récit s'en trouve renforcé en évitant des passages à l'eau de rose qui auraient pu être ennuyeux et très communs, d'où une certaine sécheresse, un côté carré et un peu austère dans cette relation. A l'image de la région (ici la Côte d'Emeraude aux alentours de Saint-Malo), c'est un récit épuré et grave, voire âpre, j'aime cette ambiance.

Au niveau du dessin, j'aime moins, l'ensemble est un peu cassant, sec et peu attrayant, avec des décors superbes et très Bretons, mais avec des visages assez peu réussis, voire laids surtout sur les hommes ; ça donne un style néanmoins à la bande qui accentue sa bretonnitude, et je finis par l'accepter plus ou moins. Au final, une belle épopée, mélancolique et pleine d'amertume, faut adhérer, c'est peut-être pas si facile...

Nom série  Edward John Trelawnay  posté le 23/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette époque imaginaire calquée sur un mode de vie anglais du XIXème siècle dans l'armée coloniale, est une riche idée, même si l'ensemble reste très classique dans le fond, en reprenant les travers du colonialisme britannique : la compagnie de l'Indus qui rappelle la Compagnie des Indes (au lobby puissant), le Bengala, Bombaye, l'ennemi héréditaire qui s'incarne dans les Francs censés être les Français... tout ceci n'est qu'une habile transposition et ni plus ni moins qu'une histoire de pirates des airs en vaisseaux volants, ou plutôt de corsaires puisque De Ruyter travaille pour les Francs.

Le tout s'agence joliment avec une flopée de péripéties et d'ingrédients propres aux récits d'aventure, avec notamment un méchant vachard (même s'il n'est pas subtil), une belle héroïne fougueuse, des héros chevaleresques et des peuples disparates et bigarrés qui composent un univers imaginaire pittoresque, en dépit de stéréotypes inévitables. Mais la lecture reste très agréable, et c'est ce qui compte. Seule la fin tragique est peu conforme à ce type d'aventure, et peut décevoir.

Le dessin d'Herenguel n'est pas trop mal, même s'il est encore peu fignolé, pas stabilisé, avec certains visages pas toujours jolis, des détails peu soignés ; il faut attendre Krän pour qu'il atteigne une vraie maturité, mais on sent que son style perce doucement, et d'ailleurs, son dessin s'améliore un peu dans le tome 2.

Nom série  Avel  posté le 23/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Cette Bd ne m'a absolument pas enthousiasmé, je dirais même que je me suis fait chier royalement. Apparemment, ça fonctionne en 2 diptyques. C'est une suite d'actions décousues qui n'ont pas de rapport entre elles, sans queue ni tête et parfaitement stupides ; comme celle où Avel roue de coups monsieur Berg, franchement, quel intérêt ? ou encore celle où cet aveugle et ce gamin qui saccagent cette librairie après avoir tué le libraire... ça n'a aucun sens, et je déteste voir ce genre de scènes purement gratuites, qui ne mènent à rien et qui ne servent même pas l'intrigue.

On se demande donc dans quel délire est encore tombé Dufaux. Et puis on doit patienter car en fait, tout ceci se recoupe ensuite et se complète pour se raccorder au début très lent et qui vous ferait presque envoyer valser l'album tellement c'est chiant. Mais ça n'explique pas ces scènes complètement absurdes et sans utilité.
La narration est un peu livresque, on se croirait dans un roman, ce côté là n'est pas déplaisant, encore que je le trouve inadapté à ce type de récit qui pose des questions mais n'y répond qu'à moitié, et où règne l'invraisemblance la plus totale.

Le second diptyque est presque aussi inintéressant, c'est une histoire de mafia russe et de complot à ce que j'ai cru comprendre, le récit est un peu mieux structuré, plus linéaire, plus cohérent, une histoire d'espionnage classique, un peu à la John Le Carré. Mais ça reste tortueux, et les personnages ne sont pas du tout attirants. Quant au dessin, il est clean, avec des décors géométriques et parsemés, mais l'ensemble reste inégal.
Au final, une vraie déception, d'un désintérêt total.

Nom série  La Grande Aventure du Journal Tintin  posté le 22/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
A l'occasion des 70 ans de la création du journal Tintin et des éditions du Lombard (qui sont nées dans le giron de ce journal grâce à l'élan d'un entrepreneur audacieux, Raymond Leblanc, et d'un auteur génial, Hergé), cet ouvrage exceptionnel rend un hommage superbe à sa glorieuse histoire à travers 777 pages de rédactionnel et surtout de BD.
Je ne pensais pas qu'on pouvait poster ce genre de compilation sur BDT, et je trouve que c'est une bonne idée, j'avais repéré ce pavé dès sa sortie fin aout-début septembre, et comme j'ai de bons amis, on m'a entendu discrètement en faire les louanges ; résultat, c'est mon cadeau d'anniversaire qu'on vient de m'offrir en ce début janvier, je ne vous dis pas la joie que j'ai eue en le recevant, car je m'étais plaint de son prix un peu onéreux pour moi... bref ce souhait est exaucé, et j'en suis ravi.

Ce qui est formidable pour moi, c'est qu'il me replonge dans de belles années d'insouciance et d'enfance heureuse car j'ai grandi avec le journal Tintin, c'était ma bible, je n'en manquais pas un numéro entre 1966-67, époque où je fus à peu près en âge de lire toutes ces Bd mythiques qui m'ont bercé, et les années 1980-81 où j'ai délaissé le journal. Mon père achetait le journal dès 1964, je les ai découvert après lorsque je fus plus grand, mais je me souviens avec certitude avoir vraiment découvert le journal en 1967 avec l'arrivée de Martin Milan. On rentrait dans une période très riche, probablement la plus riche de l'hebdo qui voyait l'arrivée de Olivier Rameau, Bruno Brazil, Bernard Prince (sous la forme qu'on lui connait car il avait débuté seul), Robin Dubois, ou encore Comanche (qui avec Blueberry sévissant dans Pilote, a sans aucun doute conditionné ma passion pour le western).

Les générations actuelles comme les trentenaires ne peuvent s'imaginer ce que pouvait être une telle époque où la bande dessinée n'était pas naturelle comme elle l'est aujourd'hui, mais surtout qu'elle était absolument dépendante de journaux comme Tintin, Spirou ou Pilote, c'est une époque qui fut certes un peu rigide pour des auteurs se sentant à l'étroit à l'intérieur d'une structure éditoriale, mais grisante et bénéfique car en même temps, se retrouver à l'intérieur d'un journal comme Tintin, était pour un auteur une garantie de succès et de pérennité ; en plus, les auteurs avait une très grande liberté, malgré Hergé qui s'investissait et contrôlait beaucoup d'étapes. Ce qu'avait voulu Raymond Leblanc, c'est d'offrir à une époque où la BD n'était encore destinée qu'à un public d'enfants et d'ados, un journal avec des récits historiques, de l'humour et de l'aventure, sans être mièvre ou naïf. La disparition du journal Tintin en 1988 a marqué une vraie rupture pour Le Lombard qui s'appuyait sur la force de cet organe.

Ce gros recueil rassemble donc un générique exceptionnel, avec les auteurs qui ont fait la réputation de ce journal, comme Tibet, Cuvelier, Aidans, Reding, Graton, Vance, Franquin (fâché avec Spirou), Hermann, Dany, Rosinski et bien d'autres, en présentant des récits courts qui pour certains n'avaient jamais été publiés en albums. A côté des classiques, c'est bien de (re)découvrir des héros oubliés comme Flamme d'Argent, Harald le Viking, Le Chevalier blanc, Strapontin, Rataplan, Cobalt ou Les Panthères... c'est bien aussi de voir l'évolution graphique des auteurs comme sur la première apparition d' Alix ou celle de Ric Hochet... qui se sont ensuite bien amélioré. Les dernières années du journal permettent de voir aussi de nouveaux héros qui n'ont eu parfois qu'une maigre chance, parce que le coeur n'y était plus, parce que l'époque avait changé et que l'argent et la politique éditoriale avaient pris le pas sur la création, je pense à des séries comme "Papilio", Niky, "Gilles Roux et Marie Meuse" ou Ali Beber... Mais le journal a vu aussi paraitre dans ses dernières années des séries qui ont fait du chemin, comme Thorgal, Lou Smog, Brelan de Dames, Bruce J. Hawker, Aria, Hans, Vasco, Lester Cockney, Adler, Capitaine Sabre, Rork ou Neige...

J'aurais pu mettre les 5 étoiles, mais 2 éléments m'en empêchent : dans la rétrospective qui marche par paire d'années, je trouve les introductions vraiment trop succinctes, une telle richesse dans ce journal aurait mérité plus de texte. Ensuite, les fausses présentations des héros dans des cartouches oranges ne me plaisent pas, au lieu de présenter le personnage ou la série, il s'agit d'un texte imaginaire qui n'apporte rien, j'ai trouvé ces parties vraiment stupides, alors que des lecteurs d'aujourd'hui auraient pu avoir en quelques lignes une présentation du héros avec sa date de création, ses auteurs, ses caractéristiques etc...
Je regrette aussi pour certains héros que leurs premiers récits ne soient pas sélectionnés, au détriment de récits plus récents, ça aurait permis de voir les graphismes à leur début, comme c'est le cas pour Alix, il aurait été intéressant de montrer les premiers récits de Chick Bill où les personnages avaient des têtes d'animaux, ou encore la première apparition de Robin Dubois où le dessin assuré par De Groot (et non Turk comme ensuite) était beaucoup plus carré et épais.

Mis à part ces quelques réserves, je suis pleinement satisfait de ce cadeau, c'est un bel ouvrage qui s'adresse surtout aux nostalgiques comme moi qui ont bien connu ce journal, mais aussi pourquoi pas, aux curieux désireux de découvrir comment c'était avant.

Nom série  Les Enfants du Capitaine Grant, de Jules Verne  posté le 20/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J'ai eu l'occasion de lire l'album en intégrale prêté par mon pote de la Fnac, c'est un gros volume, un bel objet en grand format qui se lit assez longuement à cause de la partie texte qui est abondante et qui freine un peu la lecture, mais le sujet est suffisamment captivant pour donner du courage à lire ce récit. Je ne sais pas si c'est une adaptation du roman de Jules Verne fidèle, ne l'ayant pas lu, je n'ai pas non plus vu le film en live des studios Disney réalisé en 1962 avec Maurice Chevalier, mais j'en ai l'impression devant la somme de péripéties vécues par les personnages.

Sinon, la première chose qui m'a frappé, c'est évidemment le dessin d'un auteur que je ne connaissais pas et que je trouve absolument superbe ; un dessin soigné, précis, d'une finesse incroyable, bourré de détails à tel point que ça allonge encore le temps de lecture car on prend plaisir à scruter chaque case. La luminosité des couleurs est magnifique, tout comme les ciels et les images en grandes cases, quoique par endroits, ce dessin apparaît un peu sombre. Même les cartouches de hors-texte, les têtes de chapitres, les parties en sépia, les cartes... tout est beau. Le choix de donner des physiques animaliers m'a paru original, et d'ailleurs chaque tête d'animaux est parfaitement proportionnée, surtout en gros plan, notamment sur les physiques de loup, de renard, de chat, de chien ou d'ours... qui sont très expressifs, et un peu comme dans Blacksad, bien choisis en fonction des caractères.

Même en grand format, ces dessins paraissent assez petits, il y a un manque de place évident car les cases sont souvent très chargées, et comme je l'ai dit, c'est très bavard, le texte tend parfois à réduire la partie graphique ; c'est aussi sans doute dû au fait que le texte de Verne me semble avoir été reproduit à la lettre, parce que la narration est typique des romanciers du XIXème siècle, on retrouve ce style aussi chez Dumas, Gautier, Dickens, Walter Scott ou Melville... C'est de la grande aventure à la Jules Verne, au ton rocambolesque, avec un détail qui m'a fait sourire : le nombre de fois où les personnages échappent à un sort funeste est impressionnant, ils ont une chance de cocu, mais c'est un truc qu'on accepte tant l'ensemble est captivant. J'en ressors conquis.

Nom série  Flash Anthologie  posté le 18/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je continue mon petit tour d'horizon des anthologies DC qui m'ont toutes paru jusqu'ici très documentées au niveau éditorial et refléter l'évolution idéologique et graphique de chaque super-héros.
Dans le cas présent, il s'agit de Flash, personnage dont je n'ai jamais été très fan, mais je lisais ses aventures dans les publications Artima-Aredit au cours des années 70 et 80. Publié pour ses 75 ans, cet ouvrage de 400 pages propose 20 récits éclectiques sur les différentes identités de Flash, car s'il est un super-héros qui a changé de tête, c'est bien lui. En quoi cette anthologie se démarque-t-elle de l'album Flash - La Légende déjà proposé chez Urban ? Eh bien justement, le plus c'est le rédactionnel qui est à la hauteur, et dans lequel on en saura un peu plus sur un héros DC finalement moins connu en France que Batman ou Superman. Et aussi les différents personnages qui se sont succédés derrière le masque du justicier en rouge, de Jay Garrick à Bart Allen, en passant par les 2 principaux : Barry Allen et Wally West.

On voit donc l'origine du fabuleux pouvoir de ce personnage, ce qui lui a donné cette vitesse si véloce, ainsi qu'une galerie alléchante de super-vilains hauts en couleur, le tout dessiné par les plus grands auteurs (je ne vais pas me répéter, ayant à peu près tout dit dans mon avis sur Flash - La Légende). Un panorama parfaitement représentatif de ce personnage qui comme les autres anthologies de ses confrères, se révèle instructive et plaisante. Un bel ouvrage.

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