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Nom série  La Saga d'Atlas et Axis  posté le 24/08/2011 (dernière MAJ le 14/02/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Assez étonnant ce récit...

Nous sommes dans une transposition de l'époque et des contrées viking, mais avec des animaux parlants. Le point de départ est simple, puisque deux jeunes chiens, animés par la colère et la haine, décident, contre vents et marées, de venger leur famille. Bien sûr rien ne sera simple, et leur amitié sera mise à mal. Le récit est linéaire, mais pas forcément simpliste, puisque les deux amis feront une terrible méprise, qui risque de leur coûter cher... Une lecture aisée pour les pré-adolescents, qui y trouveront leur comptant d'aventures, et même un soupçon de romance avec quelques petits gags récurrents. Le deuxième tome se joue sur un tempo différent ; nos deux cabots vont vivre tout un paquet d'aventures, rencontrer d'autres peuplades (à ce titre, la créature tout particulière qu'ils vont ramener chez Miel est graphiquement ratée, à mon avis), et finalement se retrouver embarqués (dans tous els sens du terme) dans une drôle d'aventure... Pau a cette présence d'esprit de lâcher des éléments qu'il peut reprendre plus tard dans le récit, et cela permet de le nourrir quasiment en permanence.

Le point fort, mis en avant par l'éditeur, est un graphisme léché, qui rappelle un peu le style natif disneyen, un peu cartoonesque et franchement dynamique donc. Les décors sont parfois effacés au profit des personnages, mais l'efficacité est bel et bien présente.

Une série vraiment sympa, avec de nombreuses possibilités narratives, et des éléments de récit, humanistes, qui me rappellent un peu Le Monde de Titus.

Nom série  Les Mondes de Thorgal - La jeunesse de Thorgal  posté le 13/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
On retrouve le duo qui oeuvre sur Les Mondes de Thorgal - Louve, avec un bonheur inégal. Mais il semblerait que Yann soit plus inspiré par la jeunesse de Thorgal que par celle de sa fille... En effet j'ai retrouvé dans cette série le souffle épique et l'esprit si particulier qui régnaient sur le Thorgal de la grande époque. Mieux que ça, j'y ai retrouvé des résonances, d'autant plus que j'ai récemment lu un roman adapté de ces albums sur la jeunesse du héros.

D'entrée de jeu nous n'avons pas une histoire par tome, mais bel et bien une intrigue complexe, qui va courir sur deux ou trois tomes, comprenant une interaction forte avec la série-mère (une certaine magicienne apparaissant furtivement)... Et c'est là que Yann réussit son défi : apposer sa patte avec de nouvelles histoires, mais aussi les intercaler de façon habile dans la trame générale des aventures de Thorgal.

C'est réellement prenant, même si au départ j'étais peu convaincu d'une histoire avec des baleines. Le travail graphique de Roman Surzhenko y est pour beaucoup, lui qui se rapproche de plus en plus de celui de Rosinski, qui signe la couverture. Cette fois-ci Graza n'assure pas les couleurs, sans doute très occupée par les autres séries du même univers, mais Surzhenko se débrouille très bien. Il y a encore des raideurs dans ses loups, mais à part ça, peu de remarques, c'est de la belle ouvrage.

La suite, vite.

Nom série  Silver Spoon  posté le 13/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Jolie découverte que voilà... Et pourtant le sujet ne m'intéressait a priori pas des masses ; un lycéen un peu intello qui débarque dans un lycée agricole aussi bien par défaut que par dépit...

La surprise fut bonne, puisque l'auteure a pris le parti de nous raconter ça de façon assez drôle, sans toutefois verser dans la caricature, comme c'est parfois le cas dans le manga... Ici l'humour est distillé de façon assez fine, même si ça reste bon enfant, comme quand le personnage découvre que les oeufs de poule sortent par leur trou de balle... Le monde agricole est montré de façon assez réaliste, en évitant l'angélisme et la caricature ; je pense que nombre de lecteurs vont apprendre quelques petites choses, comme la répartition des porcelets au moment de la tétée...

Le dessin ne propose rien de particulier, il a l'avantage d'être très lisible, et la mise en scène est fluide. C'est très agréable à la lecture. Le petit point faible pourrait être les personnages, qui, hormis Guyô, manquent pas mal d'épaisseur, on a un peu de mal à s'attacher à eux.

Sympathique, donc.

Nom série  The Grocery  posté le 01/11/2011 (dernière MAJ le 12/02/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Chez Ankama on prépare l'après-Mutafukaz, ou alors on essaie de trouver une seconde locomotive éditoriale (en-dehors de l'univers Dofus, bien sûr, qui est à part).

C'est ce qu'on pourrait dire en découvrant les visuels très branchés Do the right thing qui accompagnent la sortie du premier opus de cette nouvelle série. Surtout, surtout, ne vous fiez pas à l'aspect faussement enfantin des dessins, au côté kawaii que peuvent avoir des animaux (difficilement déterminables, d'ailleurs) humanisés. Si le style graphique fait un peu penser à celui de Phicil sur Georges Frog, la comparaison s'arrête là, même si le souci de l'aspect social est lui aussi présent.

Car "The Grocery" comporte vraiment une dimension sociale, mais dans ce qu'elle a de plus cru, de plus virulent, même si je pense que le scénariste peut aller plus loin (peut-être dans la suite ?). Ainsi cet album comporte-t-il son content de gunfights, avec assaut d'un poste de police et ratiboisage en règle d'un video-club et de tout ce qui l'entoure. Ca charcle bien, le langage n'est pas en reste, visiblement Ducoudray s'est bien lâché, en essayant de respecter l'esprit des corner boys des centre-villes américains.

Le centre de cet univers est une bande de petits dealers, des gars pas forcément mauvais, un groupe dans lequel se greffe le fils d'un épicier, très cultivé et en manque d'amitié. Les relations entre les personnages me semblent sonner à peu près juste, même si je trouve que ça manque de personnages féminins (mis à part la philanthrope qui doit cacher quelque chose de pas catholique). Il ne faut pas oublier non plus cet ex-marine, qui comme tant d'anciens combattants, se retrouve sans le sou en rentrant d'Irak, qui n'a plus rien à attendre de sa hiérarchie mais serait probablement prêt à faire une grosse connerie pour celui ou celle qui l'aidera un peu.

Le second tome continue sur la même lancée, la violence est omniprésente, les personnages s'affirment ou se dévoilent, et je suis vraiment accroché. Par contre je n'ai pas trop compris l'histoire de Marnie Adams, j'ai l'impression d'avoir manqué un petit épisode... Le récit est complexe, on a plusieurs fils narratifs, à voir comment tout ça va se dénouer...

Rien n'est tout blanc ou tout noir, même l'espèce de monstre qui sort de la ligne verte avec une réputation d'immortel peut se montrer... disons poli.

Ma note reste à 3/5, mais le coup de coeur me semble vraiment justifié au regard de l'intérêt grandissant de la série. A voir pour la suite...

Nom série  Les Epées de verre  posté le 12/08/2009 (dernière MAJ le 11/02/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tout d'abord, une belle découverte graphique. Laura Zuccheri devrait faire une belle carrière avec ce dessin magnifique. C'est bien simple, je ne lui trouve aucun défaut. C'est vrai, je suis particulièrement sensible aux dessinateurs réalistes de ce niveau, mais elle entre directement dans mon top 5 personnel, du moins au niveau graphique. Ici elle met de très belle manière en images l'histoire imaginée par Sylviane Corgiat, avec des couleurs et un découpage remarquables.

Le second tome, qui s'est fait attendre, confirme les promesses du premier. La scénariste développe un peu plus son histoire, en intégrant de nouveaux personnages et en nous montrant des créatures un peu étranges. Et toujours avec l'appui du dessin fabuleux de Laura Zuccheri, à la fois extrêmement lisible, clair et réaliste. dans les deux premiers tomes, c'est une faune qui apparaissait, ici elle montre qu'elle sait aussi faire de l'architecture de haut niveau... Le tome 3, avant-dernier si la série parvient à son terme, marque une étape importante dans le récit, puisque certaines choses vont être détruites, et d'autres reconstruites.

Une histoire de fantasy classique, mais qui réussit, en évitant la plupart des gros écueils du genre, à tenir le lecteur en éveil, grâce à des personnages bien campés, et à une narration bien rythmée, passant sans cesse du présent au passé.

Une belle série, sans aucun doute.

Nom série  Motherfucker  posté le 10/06/2012 (dernière MAJ le 11/02/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Sylvain Ricard, pour son nouveau diptyque, nous emmène au coeur des Black Panthers, ce mouvement américain dévoué à la cause des afro-américains dans les années 1960. Au travers de l'histoire de Vermont Washington, militant au sein de ce parti, qui se retrouve au carrefour de nombreuses tendances, avec les sympathisants, les farouches opposants (au sein même de la communauté noire), la frange blanche parfois proche des idées et des actions du KKK...

Le premier tome pose les différents personnages, comme des figures archétypales (ce qui n'est pas négatif), et multiplie les scènes symboliques qui les caractérisent. Ricard pose bien ses pions, avec des chapitres cadencés par les dix points revendiqués par les Black Panthers. Le second nous montre que les Black Panthers, malgré les déprédations dont ils ont pu être victimes, ont fait le choix de ne pas verser dans l'excès de violence, de rendre coup pour coup, de conquérir leur véritable place de citoyens par des voies légales. Le prix à payer sera lourd...

Une rigueur formelle bien complétée par le dessin de Guillaume Martinez (Le Monde de Lucie) , dont le trait réaliste est diablement efficace sur les gros plans, un peu moins sur des personnages en pied, mais dont la mise en scène serrée convient bien à l'atmosphère un poil angoissante du récit. On se doute que ça va mal finir...

C'est un diptyque lourd, triste, sérieux, qui ne laisse aucune place au doute quant aux opinions des différents protagonistes. Un récit pour ne pas oublier que si un homme de couleur a pu accéder à la Maison-Blanche dans nos années 2000, c'est aussi parce que 40 ans auparavant, de nombreux compatriotes n'ont pas baissé les bras.

Nom série  Urban  posté le 02/10/2011 (dernière MAJ le 10/02/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La série Urban Games devait tenir à coeur à Luc Brunschwig pour vouloir la reprendre malgré les 12 années passées et l'abandon du dessinateur initial.

La perle rare se nomme donc Roberto Ricci, qui avait fait forte impression dans Les Ames d'Hélios il y a quelques années. Là encore il frappe fort, dans un style, mais surtout des ambiances différentes. Les influences graphiques et narratives sont évidentes, et nul n'est besoin ici de les réitérer. Cependant je suis bluffé par la capacité du dessinateur de passer d'une ambiance intimiste à une scène d'action, par sa mise en scène très inventive ou encore ses couleurs pastel superbes. Bref, de la (très) belle ouvrage.

Côté scénario, je ne connais pas la série originale de Brunschwig aux Humanos, mais j'imagine qu'il a dû "épaissir" sa trame, retravailler son récit pour le rendre plus logique, et le résultat est de suite très prenant. Le background, même s'il est proche de récits de SF classiques, me semble tout de même très cohérent. L'intrigue, éclatée sur deux fils narratifs voisins amène dès ce premier tome son lot de situations très intéressantes.

Le deuxième tome apporte son lot d'éléments aussi troublants que surprenants. En effet le récit va prendre une direction franchement inattendue, les personnages secondaires vont voir leur background s'épaissir, et j'avoue que les dernières planches m'ont vraiment excité, la coupure m'a laissé sur ma faim. On ne sait pas encore si le récit va rester sur Zachary Buzz, ou s'il va nous emmener dans des sphères plus élevées... Intrigant.

Difficile d'en dire plus pour l'heure, mais comme d'habitude avec Luc Brunschwig, on tient un très bon début de série. La suite, vite.

Nom série  La Vie secrète  posté le 10/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai été cueilli à froid par le premier volet de ce diptyque. Je l'ai trouvé bavard, décousu, bancal narrativement parlant.

Certes, on sent bien l'intention de l'auteur ; nous narrer une sorte de renaissance, d'éveil à tout un tas de choses pour trois générations d'hommes. Mais d'entrée de jeu il se prend les pieds dans le tapis, et même si c'est plus clair et délayé dans le second volet, le mal est fait. Du coup je n'ai pas pu vraiment me passionner pour les aventures initiatiques de Grégoire.

Sur le plan graphique c'est vraiment chouette, ce côté crayonnés poussés passe vraiment bien, même si ce n'est pas la tasse de thé de tout le monde.

Au final, c'est pas mal, sans plus.

Nom série  Frères d'armes  posté le 09/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Très intéressant ce "recueil", même si fondamentalement je n'ai pas appris grand-chose. L'Inde est un pays immense, traversé par des langues, des traditions parfois très différentes, et déchiré par le choc entre les religions.

Depuis longtemps hindous et musulmans s'affrontent dans des conflits larvés, mais avec un nombre de victimes conséquent... Les deux récits présentés ici se passent dans deux régions très différentes de l'Inde, toutes deux en proie à ces conflits.

Le premier se joue sur un tempo assez lent, lénifiant, même si le sujet est fort. Le graphisme réaliste joue beaucoup sur le noir et blanc, les ombres, l'absence de visage pour appuyer le propos. Le deuxième nous montre comment le fondamentalisme religieux peut complètement aliéner et gangréner un esprit. C'est celui des deux que j'ai préféré, même si le dessin est moins réussi, moins maîtrisé.

Au final, une lecture intéressante, mais pas passionnante.

Nom série  Surcouf (12bis)  posté le 01/03/2012 (dernière MAJ le 08/02/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Arnaud Delalande commence à se faire un nom dans la BD historique ; après les très réussis (mais trop méconnus) Codex Sinaïticus et Le Dernier Cathare, voilà qu'il s'attaque à une belle figure de l'histoire maritime française, Robert Surcouf, corsaire des années 1790 à 1820. Avec l'aide d'Erick Surcouf, descendant de l'illustre capitaine, lui-même aventurier et chercheur de trésors engloutis, il nous livre sa version de l'histoire.

Sans concession, le jeune Robert est présenté comme un adolescent très tôt attiré par la mer, les grands espaces, l'aventure... Prêt à tout pour partir, il s'embarque même sur des négriers. Mais attention hein, quand le navire menace de s'échouer après une tempête, il délivre le bois d'ébène ! Son courage, sa valeur et sa loyauté lui valent de devenir à 22 ans seulement capitaine de son propre navire, destiné à faire la course, c'est à dire à attaquer les navires ennemis de la France ou transportant des biens appartenant à ce même ennemi, qui se trouvait alors être l'Angleterre.

Le premier tome nous présente les jeunes années de la future terreur des mers, ainsi que celui qui se fait raconter son histoire, un mystérieux journaliste du Times... Le deuxième nous amène sur les pas du corsaire, qui réussit à déjouer nombre de pièges tendus par les Anglais, ou à mener des campagnes victorieuses. En contrepoint, le récit du fameux journaliste, ce qui donne un point de vue extérieur puis intérieur.

C'est enlevé, il se passe plein de choses nous montrant l'ascension fulgurante, c'est raconté de façon visiblement assez fidèle à l'histoire véritable (pour peu que les témoignages d'époque soient dignes de foi).

Si je suis plutôt fan du trait de Guy Michel sur Le Sang du Dragon, l'écart qualitatif est ici assez grand, du moins sur le premier tome. Les planches ne me semblent pas cleanées, ça manque de netteté par moments, même si certaines cases sont franchement chouettes. Je ne sais pas quelle est la part de Steven Cabrol, son assistant, dans les planches, mais un peu plus de maîtrise serait la bienvenue. Un défaut qui m'a sauté aux yeux est l'absence de cou sur certains personnages. C'est franchement dérangeant. Dans le deuxième tome ce défaut est bien corrigé, et je note un certain progrès, notamment sur les designs de navires.

En résumé, une nouvelle série historique plutôt intéressante et bien construite, malheureusement un peu desservie par son dessin inégal.

Nom série  Iris Zéro  posté le 02/02/2012 (dernière MAJ le 08/02/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Très vite l'intrigue de ce manga tourne autour de deux axes : la faculté de Koyuki à déceler les mensonges, et l'envie de Tôru de passer le plus inaperçu possible...

C'est un peu léger pour un manga (du sous-genre light novel) où le point de départ est fantastique. En effet les iris des adolescents leur donnent des facultés de vue originales, du moins est-ce la possibilité entrevue à la lecture du pitch... Cela bouge un peu plus par la suite, avec la conjonction de plusieurs iris. Et Torû se retrouve la proie d'un ostracisme encore plus accentué dans le tome 3. Le récit un peu relancé trouve son apogée dans le tome 4, où la bande d'adolescents dénoue l'affaire du "chasseur d'iris". Un tome assez émouvant, où les positionnements de tous sont établis. J'avoue, je redoute la suite... Je pense que la série pourrait s'arrêter là.

Le tome 5 a confirmé certains de mes soupçons. Les iris sont très peu utilisés, les intrigues tournent autour des amourettes des adolescents. Ce n'est pas très intéressant ; heureusement la fin du tome, avec l'arrivée d'un nouveau personnage, laisse présager de nouvelles aventures, l'interaction entre les 6 personnages principaux étant plus ou moins épuisée...

Le dessin de Hotaru est sympathique, dans une veine shônen/shôjô classique, mais ne vous attendez pas à du fan service, malgré la poitrine conséquente de l'une des collégiennes, les auteurs rejettent totalement cette option dans les (nombreux) bonus.

Nom série  Bunny  posté le 07/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voici une bande dessinée un peu étrange, qui oscille entre anticipation, aventure et roman graphique.

Dans une atmosphère difficile à décrire, Mio essaie de sortir de l'île-prison où son père lui a proposé de l'envoyer... On est clairement dans une société contemporaine, mais ce type d'expérience ne se trouve -à ma connaissance du moins- que dans les livres ou les films. Ca tombe bien, on est dans un livre. Du coup on est assez intrigué, les personnages que rencontre la jeune femme sont énigmatiques, et le premier tome se conclut sur plusieurs cliffhangers.

Le dessinateur est un débutant, qui se situe dans une veine mêlant manga et franco-belge. Il a une bonne technique, mais encore quelques tics de débutant, qui commencent déjà à se corriger dès le premier tome. La colorisation informatique par contre est plutôt froide, elle me semble écraser le trait ou l'affadir, il y aura sans doute des choses à rectifier pour la suite, que je lirai avec plaisir et curiosité.

Nom série  Le Service  posté le 06/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le Service, c'est une sorte d'agence gouvernementale secrète qui doit lutter contre les ennemis intérieurs. Terroristes et ennemis politiques sont donc la cible de Galland, qui travaille pour ce Service.

Le sujet est intéressant, d'autant plus que les personnages fictifs ressemblent, sinon physiquement, du moins dans leur histoire, à des figures politiques réelles. D'abord dans le sillage de la guerre d'Algerie, puis dans les hautes sphères du pouvoir, les auteurs explorent cette arrière-cuisine de la République. C'est plutôt intéressant, même si je trouve la narration trop dense, notamment dans le tome 2.

J'aime bien le dessin d'Alain Paillou, mais je trouve ici qu'il est un peu "lisse", qu'il manque un peu de chaleur, de saleté... Bref, quelque chose qui lui apporte de l'authenticité.

Nom série  Liverfool  posté le 05/02/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Tiens, voilà une histoire plutôt intéressante...

En effet on parle assez peu des débuts des Beatles, et encore moins de celui qui les a aidés à se lancer, un gars qui ouvrit un jour une petite boîte à Liverpool... De leurs débuts sans bassiste à la mort de Stuart Sutcliffe, membre de la première heure du groupe, de leurs tournées en combi VW à leur résidence à Hambourg, le livre donne à voir, avec beaucoup d'humour, ce qu'ont pu être les prémices d'une légende du rock.

En effet, ce qui prédomine à la lecture, c'est un humour assez potache qui, s'il égratigne un peu l'image immaculée des Fab Four, n'en reste pas moins pétrie de respect, Gihef étant un grand fan. Le dessin de Damien Vanders peut surprendre ; semi-réaliste à tendance "polar" (le noir et blanc, ou plutôt les niveaux de gris, pouvant donner cette impression) n'est pas exempt de discrets passages dans la caricature, et ceci aux moments adéquats.

Du coup on se retrouve avec un album qui est indéniablement sympathique, débridé, mais aussi assez intéressant quant aux pratiques managériales dans le milieu du rock des années 1960.

Nom série  Furari  posté le 27/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Par esprit de complétion de l'oeuvre de Taniguchi, j'ai ouvert cet album, malgré les a priori négatifs.

J'ai presque eu l'impression de perdre mon temps. En effet rarement un de ses album aura été aussi vide. On pourrait rapprocher celui-ci de L'Homme qui marche, même si le personnage principal a une lubie, le fait de compter ses pas, qui l'amène à pas mal se promener. On le suit, mais du coup c'est assez nettement ennuyeux, le côté contemplatif est atténué par des discussions parfois sans intérêt. Bien sûr, certaines rencontres (avec un poète, ou... une libellule) sont sympathiques, mais ça ne suffit pas pour avoir de l'empathie pour le récit.

Graphiquement c'est assez joli, mais un cran en-dessous d'autres oeuvres du même auteur.

Un Taniguchi mineur. Peut-être même son récit le plus faible.

Nom série  Bao Battle  posté le 26/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bao Battle est une série destinée à la jeunesse, qui nous emmène dans une sorte de Préhistoire fantasmée, où des créatures étranges croisent des animaux humanisés.

Le dessin est sympa, très simple mais plutôt expressif, avec des décors nombreux et variés. Ohm ne lésine pas sur ses efforts.

Côté scénario c'est également dense, à la limite je pense de ce que pourraient supporter des gamins. Pour ma part j'ai assez vite décroché, dans le deuxième tome, sentant que cette lecture ne m'apportait pas grand chose. Je reconnais cependant l'inventivité de l'ensemble.

Nom série  Prophecy  posté le 29/06/2012 (dernière MAJ le 24/01/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Ca sent bon l'excellent thriller ça...

Dans cette nouvelle série spécialement créée pour la France, Tetsuya Tsutsui, déjà remarqué pour Reset, Manhole et Duds Hunt nous emmène au coeur des nouveaux media, des réseaux sociaux qui sont les armes d'aujourd'hui. Dans une société où les inégalités se creusent, les mécontents et les exclus ont trouvé un nouveau terrain pour cracher leur haine et agir, c'est Internet.

Le scénario nous emmène, assez classiquement, dans les pas de la brigade anti-cybercriminalité, un groupe de flics malins (mais pas surhumains dans leur façon de procéder), et face à eux, un homme au visage masqué par un journal (d'où son surnom de Paperboy) qui déclame des sentences sur les réseaux sociaux ou les sites de partage de videos, sentences suivies de faits. Paperboy se pose comme défenseur des exclus, des opprimés, des laissés-pour-compte de la société japonaise. Un Robin des bois des temps modernes, qui a tout compris aux nouvelles technologies de l'information et de la communication, et qui s'en sert habilement. Et bien sûr, ses partisans grossissent rapidement.

Tsutsui densifie son récit en nous mettant du côté de Paperboy, nous expliquant pourquoi il se met à rendre la justice. Dès lors le personnage acquiert une certaine sympathie pour le lecteur. Il nous montre aussi quelques conséquences d'un phénomène d'internet : les fans débiles, le copycats plus crétins que dangereux... Alors que la popularité du paperboy semble encore augmenter, la cohésion des personnes qui se cachent derrière semble s'effriter... Tsutsui remet donc vite en question les acquis de son intrigue, c'est une bonne chose.

C'est dense, mais cela se lit très facilement. Prévoyez tout de même plus d'une heure de lecture pour chaque tome.

Sur le plan graphique Tsutsui a un trait fin, racé, qui s'est éloigné des canons du manga pour quelque chose de plus épuré. J'ai un peu de mal avec les visages de certains de ses personnages, que je trouve un peu... effacés, mais pour le reste, rien à dire, l'auteur maîtrise son sujet avec une mise en place et des cadrages impeccables.

Un manga très intéressant sur un phénomène de société.

Nom série  Lulu  posté le 22/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bon, clairement, ce n'est pas une BD pour moi, malgré ses qualités.

Lulu est une jeune femme, romantique, terriblement, qui cherche l'amour dans sa ville de Paris, et ne tombe que sur des tocards. Heureusement que la crapaud Albert est là pour la soutenir.. ou pas. A destination des jeunes femmes qui sont peu ou prou dans la même situation, cette Bd se décline donc en gags, le plus souvent d'une planche, parfois sur un seul dessin en double page, ou Lulu Inthesky (Laetitia Lamblin pour l'Etat-civil) fait preuve de réelles qualités de mise en scène, mais aussi d'épure dans ses scènes, se concentrant sur les personnages. Graphiquement je ne suis pas forcément fan, je trouve ça un peu léger, mais pour ce style de BD, c'est assez expressif et cela suffit.

Pas pour moi, mais il y aura certainement des amatrices.

Nom série  Thermae Romae  posté le 15/03/2012 (dernière MAJ le 22/01/2013) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
La mangaka Mari Yamazaki, qui a vécu en Europe, a deux passions : la Rome antique et les bains. Un beau jour elle décide de concilier ses passions avec son métier d'auteur, et cela donne Thermae Romae. Lequel remporte le Grand prix du manga et le prix culturel Osamu Tezuka en 2010.

Nous sommes donc dans les pas de Lucius Modestus, architecte romain spécialisés dans les bains thermaux, qui lorsqu'il se laisse submerger par un bain chaud, est catapulté dans le Japon des années 2000, "le pays des visages plats". Choc culturel, mais Lucius en ramène plein d'idées pour améliorer le principe des bains thermaux de son époque.

C'est vraiment très sympathique.

Lucius est bien sûr une personne humaniste, humble, même si son vernis culturel l'empêche de saisir toutes les subtilités du Japon moderne. Tout autre que lui aurait probablement perdu la raison... Le manga nous permet d'en apprendre plus sur les deux sociétés, très éloignées de nos canons européens du XXIème siècle. Et Mari Yamazaki n'oublie pas que derrière l'architecte visionnaire se cache un homme, qui a ses propres problèmes du quotidien (avec sa femme notamment).

Le dessin de Mari Yamazaki n'est pas forcément maîtrisé partout -les jeunes Japonais sont par exemple bien moins travaillés que Lucius, avec son physique de statue gréco-romaine. Il y a toutefois une belle maîtrise de la mise en scène, une bonne gestion des moments comiques, et le suspense est ménagé... Le second tome nous montre d'autres aspects, d'autres idées -souvent inattendues- qui entourent les piscines ou les bains. Il y a des petits interludes où Mari Yamazaki raconte sa passion pour les bains publics, et la façon dont cette tradition est différenciée en Orient et en Occident.

L'autre dimension qui à mon avis rajoute de l'intérêt au manga, est la description de la société romaine ; par ses incursions, toutes involontaires, Lucius découvre des pans de cette culture, avec ses yeux de Romain de l'époque classique. C'est vraiment intéressant, et le troisième tome nous emmène plus loin, dans les coulisses d'une crise politique envers l'empereur Hadrien.

Mais, alors qu'on eût pu craindre une certaine répétition dans les histoires, entraînant la lassitude du lecteur, Mari Yamazaki fait prendre au tome 4 un virage à la fois surprenant et intrigant à son histoire. Exit en effet les aller-retour entre les deux époques et les deux lieux, place à une histoire beaucoup plus longue, qui s'étale d'ailleurs sur deux tomes, au cours desquels Lucius va vivre l'un des moments les plus importants de sa vie, tandis que la Rome qu'il a quittée va aussi basculer dans autre chose avec la fin prochaine d'Hadrien. Il y a des moments un peu too much avec la jument et le côté chevaleresque du Romain, mais ce segment relance l'intérêt de la série avant qu'il ne soit émoussé. Bien vu de la part de l'auteure et de son éditeur... Vivement la suite.

Une chouette découverte. Une série rafraîchissante et intéressante.

Nom série  Hurlements en coulisses  posté le 16/01/2013 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le milieu musical n'est pas vraiment ma tasse de thé, je vais rarement en concert, mais j'avoue que j'étais curieux de savoir comment ça se passe en coulisses.

Emmanuel Moynot, auteur bordelais, accompagne donc un groupe de sa région en tournée sur toute la France ou presque, partageant leur quotidien pour nous livrer un témoignage où la sincérité semble très présente. Compositeur et chanteur lui-même, il sortira de son rôle de "simple" observateur pour participer plus activement à la vie du groupe, jusqu'à chanter sur scène avec lui, ou lui proposer ses propres textes.

Là encore, à l'instar de Un printemps à Tchernobyl (chez le même éditeur), au-delà de l'intérêt "pur" du documentaire, ce qui lui donne véritablement un caractère d'authenticité et une touche d'humanité, c'est que le narrateur devienne acteur. Moynot s'embarque avec ces musicos, en devient presque un membre à part entière, se retrouve à parler de choses parfois intimes avec eux (sans rentrer dans les détails, ce n'est pas forcément le lieu), fait part également de ses soucis concernant un projet qui traîne car soumis au bon vouloir d'ayant-droits (Pierre Goldman, la vie d'un autre).

La narration est en adéquation avec l'humeur ; lorsqu'elle est maussade, que les concerts "moyens" s'enchaînent, Moynot ne s'appesantit pas dessus, mais nous parle au contraire de la vie dans le "bus-tour", les aléas des correspondances... Dans cette logique, c'est le concert de Luxey, près de Bordeaux, qui est le plus largement représenté ; on sent que tous, musiciens et dessinateur, estiment que c'est leur meilleur sur la tournée en question, malgré des dates prestigieuses, comme les Francofolies ou les Eurockéennes.

Sur la plan graphique Moynot choisit de livrer des croquis plutôt que des dessins, afin, sans doute, de garder l'énergie initiale du dessin jeté sur le papier. Il y a peu d'encrage, peu de couleurs, sauf lorsqu'ils reproduit des instantanés (à partir de photos ?) de concerts.

A noter que la fin de l'album propose un code promo permettant de télécharger gratuitement 3 titres des Hurlements d'Léo. Bonne idée.

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