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Nom série  Le Cycle de Cyann  posté le 02/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
J’ai voulu attendre la parution du dernier tome de la série pour l’aviser. Il faut dire qu’il clôt une bien belle aventure, mais aussi qu’il répond aux questions que je me suis posées régulièrement après chaque album depuis le début du « Cycle » (il y a de cela bien longtemps maintenant !) : que va-t-il arriver à Cyann ? Combien d’années vais-je attendre le prochain tome ? Et chez quel éditeur paraîtra l’album suivant ?

Bon autant le dire tout de suite, je suis un grand admirateur de l’œuvre de Bourgeon, qui prend le temps de produire des chefs d’œuvre, et dont j’ai retrouvé toutes les qualités chez « Cyann ». Ne connaissant pas trop l’œuvre de Lacroix, je ne sais ce qu’il a pu apporter au travail en commun au niveau du scénario.
Mais je le dis aussi d’entrée, j’ai été à la fois bluffé, scotché et enthousiasmé dès le départ par cette série. Il faut dire que le premier album est absolument génial, s’imposant – du haut de ses 115 pages – comme un chef d’œuvre absolu ! Ce sont d’ailleurs les deux imposants premiers tomes, parus chez Casterman à l’époque, qui sont des pépites.

Les deux suivants, publiés par Vent d’Ouest, reviennent à une pagination plus traditionnelle (près de 70 pages chacun quand même !). J’estime qu’Aïeïa d’Aldaal, est vraiment très bon, et se hisse quasiment au niveau des extraordinaires épisodes précédents, mais j’ai été un peu déçu par « Les couleurs de Marcade ».

Le cinquième tome, paru chez 12bis, est lui aussi un ton en dessous du début en fanfare – même si sa lecture n’est pas désagréable. Mais moins de détails dans les planches, un dessin semblant moins fouillé, et une intrigue un peu moins dynamique.

Le dernier tome, paru récemment chez Delcourt (qui vient de récupérer toutes les séries de Bourgeon) est meilleur que les deux précédents, et clôt très bien cette saga incroyable : on a des réponses convaincantes aux interrogations levées par les voyages – temporels et intersidéraux – de Cyann (dont la personnalité a beaucoup évolué depuis le premier tome). Et on retrouve des décors franchement superbes !

Comme souvent dans ses séries, Bourgeon met en avant des héroïnes à la fois très belles et délurées (voir Isa dans Les Passagers du vent), affichant plus ou moins une bisexualité et une liberté, une recherche du plaisir assumées envers et contre tous. Avec Cyann, il faut dire qu’on est servi, et que ses formes et ses désirs (et ceux qu’elle inspire) insufflent une forte dose d’érotisme qui n’est pas pour me déplaire. Et Cyann est probablement l’une des plus belles héroïnes (dans tous les sens du terme !) de la Bande Dessinée.

Et comme toujours aussi, Bourgeon fait un énorme travail de préparation, pour rendre cohérent et crédible son travail. C’est visible dans chaque album (et le tome introductif place d’entrée la barre très haut !), mais c’est confirmé avec l’album hors cycle qui a suivi les deux premiers chez Casterman, « La clé des confins », véritable encyclopédie de l’univers du cycle, dans laquelle les auteurs ont glissé un peu d’humour… Et ce – relativement – petit album est à lire absolument ! On y voit développées et expliquées la faune, la flore, l’histoire de cet univers artificiel mais qu’on est dès lors prêt à « comprendre.

Au final, près de vingt ans après avoir découvert Cyann, je ne peux que remercier les auteurs et les féliciter pour ce superbe résultat. Malgré certaines légères baisses de niveau au cœur du cycle, qui m’ont fait hésiter à mettre les cinq étoiles, je le fais quand même pour la série dans sa globalité, qui est vraiment un immanquable du genre, et qui a produit certains des plus beaux albums de Science-Fiction. Le plaisir jamais démenti à chaque relecture me confirme dans ce choix !

Nom série  Emmanuelle's last flight  posté le 01/11/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J’avais plutôt apprécié ceux des albums de Mahler publiés chez l’Association que j’avais lus auparavant, et c’est ici ma première déception concernant cet auteur.

Je m’attendais à une revisite plus ironique, caustique de ce film – qui a mal vieilli malgré ou à cause du relatif scandale qui l’avait propulsé au rang de phénomène de société (ce qui est risible si on le regarde aujourd’hui).

Je n’ai pas accroché à l’histoire, pas emballante. Et du coup le dessin de Mahler (d’habitude encore plus minimaliste) ne passe pas non plus. Dans cette histoire, il a mieux réussi le fauteuil en rotin qu’Emmanuelle…

Nom série  Toxic  posté le 20/04/2013 (dernière MAJ le 31/10/2014) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Quand j’ai croisé Toxic à sa sortie en librairie, j’ai été scotché par la couverture, très belle, intrigante avec cet œuf très Tintinesque. A l’époque, j’avais aussi été arrêté par le prix, hélas.

Puis, tenant à en savoir plus sur cet album, et alors que je ne connaissais absolument pas l’œuvre de Charles Burns, je me suis décidé à l’acheter. Et bien m’en a pris, car j’ai découvert un univers original, prenant : j’ai été captivé ! Et pour le deuxième tome, affichant les mêmes promesses, je n’ai pas hésité et l’ai acheté dès sa sortie !

Pour revenir sur mes premières impressions, il faut dire qu’il n’y a pas que les couvertures qui soient belles, ce sont les albums entiers, en tant qu’objets qui sont beaux, merci Cornélius !
Les références à Tintin sont multiples (telle rue proche du "Crabe aux pinces d’or", la houppe portée parfois par le personnage principal, le magazine Nitnit (sic), le dessin, parfois, et, bien sûr ces œufs rappelant les champignons de "L’étoile mystérieuse"). Mais plus que de références, je parlerai plus de clins d’œil, car rien, mais alors rien dans cette histoire ne m’a semblé être une réelle référence à Tintin, on en est très éloigné !

Résumer l’intrigue est ici chose malaisée, cela me semble impossible. Je peux juste dire que j’ai eu du mal à entrer dans l’histoire. Mais, une fois "embarqué", loin des quais, impossible de faire demi-tour, c’est le grand large qui nous aspire ! Au risque il est vrai de n'être qu'"embedded", comme le sont de plus en plus souvent nos sources d'information lors des conflits: mais lorsque on ne recherche que le plaisir, et qu'il est au rendez-vous, peu importe la vérité. "Le merveilleux contre le mystère" disait André Breton, on est ici clairement du côté du merveilleux, même s'il est noir et violent.

C’est une histoire à plusieurs niveaux, où l’on a l’impression de naviguer dans le cerveau du personnage principal ou de l’auteur – n’y a-t-il pas là quelque chose d’autobiographique ? Une introspection, une visite des rêves du héros, de ses espoirs, de son passé…

Souvent je ne sais pas vraiment où Charles Burns veux amener son lecteur, mais ce dont je suis sûr, c’est que je suis prêt à y aller, et que j’attends avec impatience la suite ! Ne serais-ce que pour avoir – ou pas ? la réponse à quelques questions, en particulier concernant cette ruche, qui garde encore son mystère, même après le deuxième album éponyme.

Après lecture du troisième et dernier tome, "Calavera", je garde le même enthousiasme pour cette série originale et dérangeante !
Burns alterne une nouvelle fois rêves - ou cauchemars - et réalité, et le dessin, toujours très "ligne claire" est vraiment réussi. Burns a encore glissé quelques hommages plus ou moins discrets à l'univers de Tintin ( en particulier un passage sur un fleuve en cru rappelant une planche du Lotus Bleu je crois).

Que dire après cet ultime album ?
D'abord qu'il laisse en suspens un certain nombre de questions. Mais pas de frustration, le rêve planant ne s'estompe pas, c'est vraiment une histoire captivante, une aventure dans laquelle je vous recommande d'embarquer !

Ensuite, c'est sans doute l'œuvre la plus aboutie de Burns (même si je n'ai pas tout lu de lui !), par laquelle vous pouvez commencer pour découvrir son univers.

Et encore merci à Cornélius pour avoir publié cette trilogie - et l'avoir fait dans une si belle édition !

Nom série  La Douane  posté le 31/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’apprécie vraiment beaucoup le travail de Thomas Ott, et je retrouve ici les qualités déjà repérées dans d’autres albums.

Graphiquement d’abord. Son style facilement reconnaissable de carte à gratter donne un dessin très expressif, toujours en Noir et Blanc, même si le noir domine franchement, comme toujours chez lui !

En effet, comme dans chacun de ses albums, le propos est noir, avec une touche d’humour qui relève le tout. Une vision pas forcément optimiste de la société, c’est sûr, mais cette Patte de Mouche se laisse lire.

Un univers à découvrir dans les autres productions de l’auteur.

Nom série  Le Pays des trois sourires  posté le 30/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Trondheim a réussi avec cet album le petit tour de force de réaliser une histoire cohérente en accumulant une série de 100 strips (chacun de trois ou quatre cases).

Le dessin des personnages est minimaliste, les décors sont quasiment absents, mais ça passe bien ici, car ce n’est pas le plus important.

Chaque strip est conclu par un gag, plus ou moins drôle il faut le dire. Mais l’ensemble est plutôt une réussite je trouve. Pas de gros fou rire, mais j’ai très souvent souri aux dialogues généralement cons, voire débiles ou faux jeton des protagonistes lors de leur quête de Dieu, censée régler la situation dramatique où se trouve un village, frappé par des tremblements de terre.

Un bon cru de Trondheim.

Nom série  Azimut  posté le 29/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Eh bien, voilà une série qui m’a tout de suite attiré ! D’abord parce que j’apprécie le travail de Lupano au scénario (c’est dingue le nombre d’excellentes séries qu’il a produites, et dans des univers très différents !) et d’Andreae au dessin. Ensuite j’avais trouvé très bonne et pleine de questions en suspens la couverture du premier tome.

Après lecture des deux premiers tomes parus, je vais faire part d’un enthousiasme légèrement tempéré.
D’abord l’intrigue est azimutée (désolé pour ce jeu de mots vaseux, aussi vaseux que certains qui peuplent les dialogues !), on perd le Nord comme les protagonistes de l’histoire, cela part dans tous les sens, dans un univers steam punk rétro et vernien (très « Machines de l’île » nantaises je trouve). Dessin et colorisation sont au niveau de ce délire qui m’a accroché dès le départ (et même dès la lecture des extraits de l’Encyclopédie des Chronoptères du début).

C’est foutraque, mais le premier tome rempli son rôle de présentation des personnages. Pour ce qui en est de l’histoire, plus on avance et plus on se pose des questions, mais j’avais vraiment envie de poursuivre l’aventure avec les auteurs !

Le deuxième tome est dans la lignée du premier, avec le même univers original, des dialogues ponctués de jeux de mots (pas toujours réussis, mais bon...), et une Manie de plus en plus bombasse froide. Le passage chez le baron est très Tim Burton avec son Noir tranché.

Par contre, j’ai un peu moins accroché au passage dans le désert à la fin. Et j’aurais peut-être apprécié que Lupano commence à nous donner les clés de l’énigme.

Enfin bon, pour l’instant, j’arrondis ma note d’ensemble de 3,5/5 à 4, en attendant impatiemment la suite.

Nom série  Steve Lumour, l'art de la winne  posté le 28/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Fabcaro est un auteur intéressant, qui use de différents styles humoristiques, selon les éditeurs qui le publient. Grosso modo, on est plus sur de l’humour con chez les éditeurs « main stream », et un humour plus désuet (j’allais dire plus discret – même s’il n’est pas moins efficace) chez les autres (La Cafetière par exemple).

Ici on est chez Le Lombard, donc c’est de l’humour con, qui exalte la nullité d’un anti héros malgré lui, Steve Lumour.

Steve Lumour est donc un gros naze – mais vraiment un super naze de compétition ! Il rêve de réussite sociale (il pète vraiment beaucoup plus haut que son cul), se pense très drôle, et même carrément humoriste. Il cherche à aller jusqu’au bout de son rêve, il a de la suite dans les idées (même s’il a très peu d’idées). Il est toujours sûr et fier de lui, avec une bonne tête de vainqueur : il est donc beauf, inculte, misogyne, prétentieux. Alors c’est sûr, Steve Lumour est un abruti de première, qui vérifie cette citation des « Tonton flingueurs » : « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît ».

C’est plutôt drôle, même si j’aurais personnellement apprécié que cela soit encore plus méchant et con.

Nom série  Machins Trucs  posté le 25/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Etienne Lécroart a publié déjà pas mal de recueils de dessins. Ceux qui constituent cet album ont déjà paru dans divers magazines (Spirou, Psikopat, Phosphore, Le Point, etc...).

Un dessin par page, avec de courts dialogues ou commentaires en dessous de chaque dessin, Lécroart détourne ici un certain nombre de situations ordinaires. Suffisamment pour faire sourire (parfois, mais pas assez à mon goût rire), avec un humour absurde, gentiment second degré, parfois poétique. Les publications qui ont accueilli ces dessins étant très grand public, cela reste assez soft comme humour.

Je suis fan du travail de Lécroart, et ne regrette pas mon achat. Mais ce ne sera peut-être pas le cas de tous (à feuilleter avant de vous faire une avis).

C'est sûr que je préfère son travail oubapien, souvent très réussi et plus ambitieux, mais Lécroart est un auteur à suivre !

Nom série  Le Pouvoir des innocents  posté le 25/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bon, le moins que l’on puisse dire, c’est que Luc Brunschwig a su bâtir un scénario assez captivant, avec moult rebondissements, le tout entrecoupé de longs flash-back éclairant la personnalité torturée (sic) du personnage principal, le sergent Logan.
Et ça démarre sur les chapeaux de roue, de manière très violente. Une violence qui semble gratuite (et qui s’espacera un tout petit peu ensuite, tout en devenant moins « gratuite »).
On a donc là un bon thriller, genre blockbuster américain, qui sait maintenir en haleine le lecteur.

Ceci étant dit, ce n’est pas pour moi le chef d’œuvre ultime que beaucoup y ont vu, et ce pour plusieurs raisons.
D’abord le dessin. Il est bon, mais les couleurs sont datées je trouve, un peu trop criardes parfois.

Pour ce qui est de l’histoire, elle est bien faite et menée, certes, mais parfois un peu trop caricaturale (si les discours des deux grands partis américains se distinguent un peu, la réalité les rapproche dans les faits beaucoup plus que ne le fait Brunschwig, qui les oppose ici de manière trop manichéenne). Le personnage de Jessica (visuellement fortement inspiré de la Jessica Fletcher de la série Arabesque, non ?) me paraît outrancièrement gentil, sans défaut, plein de bons sentiments : c’est trop pour moi !
Enfin, sans trop spoiler la fin de l’histoire, je n’ai pas du tout trouvé crédible le plan des « 508 » mené par Steven Providence.

Ces quelques remarques (ainsi que la trop grande longueur de certains flash-back je trouve) m’empêchent de monter à quatre étoiles. Cela dit, cela reste un bon thriller à lire – et pourquoi pas à acheter.
A noter la dernière page qui, en faisant un gros plan sur un indice laissé par Logan, laisse la porte ouverte à une éventuelle suite.

Nom série  L'Eternaute  posté le 24/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est de la Science-Fiction « à l’ancienne », ce qui est normal vu que la série a été créée dans les années 1950. Intéressante pour l’époque, elle pâtit quand même de pas mal de lourdeurs et de naïveté. Mais je suis resté indulgent en accordant tout de même trois étoiles.

Pour l’achat, je ne vais pas le conseiller, et pour plusieurs raisons. D’abord, même si on en a en partie pour son argent (les trois tomes font environ 120 pages chacun !), chaque volume étant vendu à 20 euros cela fait quand même une somme, que la qualité réelle de l’ensemble ne justifie pas forcément.

Les albums sont en Noir et Blanc. Le dessin est bon je trouve. Malheureusement certaines planches sont de mauvaise qualité (l’éditeur explique d’ailleurs dans une préface au premier tome pourquoi il a dû réutiliser des planches de diverses éditions anciennes, de qualité inégale).

C’est surtout l’histoire elle-même, en tout cas son traitement qui a mal vieilli. C’est long, trop long et dilué je trouve. Ceci étant aggravé par un côté verbeux très accentué (commentaires hors phylactère très nombreux commentant l’action, dialogues imposants). J’y ai retrouvé ce qui me gêne dans les séries du Journal de Tintin de la même époque (celles de Martin ou de Jacobs par exemple). C’est inutilement lourd et ralentit l’action. Quelques invraisemblances et une bonne dose de « naïveté » alourdissent encore l’ensemble.

Pour le reste, c’est de la SF classique, avec invasion d’extra-terrestres belliqueux disposant d’armes terrifiantes. L’originalité étant qu’ils débarquent en Argentine (auteurs oblige).

Bref, une petite moyenne, malgré des qualités. Je n’ai pas vu la dernière et récente réédition, chez Rackham je crois.
Note réelle 2,5/5.

Nom série  Portrait inconnu de John Hume Ross  posté le 22/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je suis à priori toujours intéressé par les albums de Philippe Squarzoni, car ils sont intéressants ! Et parce qu’il a des préoccupations qui sont souvent proches des miennes.

Je reste toutefois sur une impression mitigée après la lecture de cet opuscule publié chez une petite maison d’édition parisienne.

En effet, si le dessin est bon – comme toujours, je n’ai ici pas trop accroché à l’esthétique d’ensemble (pointillés qui font un peu fanzines).

Pour ce qui est du sujet, je ne vais pas en dire grand-chose, puisque révéler l’identité du personnage principal ôte une partie de la surprise finale – même si les connaisseurs du bonhomme lèveront le voile très tôt dans leur lecture.

Une curiosité dans l’œuvre de Squarzoni, qui est plutôt à réserver aux curieux et aux fans de l’auteur donc.

Nom série  Portrait inédit de Arthur Cravan  posté le 10/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Arthur Cravan est une figure quasi mythique de l’avant-garde du début du XXème siècle, et il a été proche et admiré des participants du mouvement Dada, puis une des figures ancestrales des surréalistes. La lecture de la revue qu’il diffusait, « Maintenant », est toujours réjouissante. Sa vie même, réelle ou « mythique », est tout un poème. Sa fin, mystérieuse, en a fait l’égal de Vaché ou Rigaut, deux autres « suicidés de la société », pour reprendre l’expression d’Antonin Artaud.

Le petit opuscule de Philippe Squarzoni est un rappel des quelques hauts faits de la vie du neveu d’Oscar Wilde, poète boxeur absolument inclassable. Personnage plus qu'atypique, mais bien réel, contrairement à ce qu'écrit le précédent posteur.

Alors qu’en dire ? D’abord qu’on est à la limite de la bande dessinée, car mises à part quelques bulles, le texte est généralement en dessous et en appui d’un dessin dans chacune de la quinzaine de pages de l’album.

Ensuite, j’espérais un hommage moins retenu, plus proche de la personnalité déroutante de Cravan (cette réflexion ne vaut peut-être que pour ceux qui comme moi connaissent bien Cravan et son « œuvre »).

Mais je conseille tout de même lecture et achat de ce petit album. Parce que j’aime généralement ce que fait Philippe Squarzoni, et parce que tout ce qui peut répandre la force évanescente d’Arthur Cravan doit être propagé !

Nom série  Les Fils de la racaille  posté le 08/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C’est le deuxième album de Marc Vlieger que je lis après L'Echangeur, et je dois dire qu’il confirme les qualités et les défauts de l’auteur.

Parmi les qualités, un dessin plutôt réussi, qui permet de transcender les paysages de banlieue, un peu coupés du monde qui forment le décor de ses créations. Avec là aussi un quartier comme séparé du reste de la ville et du monde (par des infrastructures, mais aussi par une histoire particulière).

Autre qualité, Marc Vlieger sait brosser le portrait de ses personnages, et créer des personnalités creusées auxquelles on s’attache facilement. C’est le cas ici de Brice, inadapté à une certaine forme de vie sociale – et qui va faire la connaissance d’un autre inadapté (jeune ado au cœur d’un terrible secret). Brice est aussi une sorte de hobo qui ne sait se fixer quelque part, et qui apporte une sorte de poésie au milieu de cet univers de béton (la violence de certaines relations entre les protagonistes est ici à l’unisson de l’univers froid des constructions – du pont, des entrepôts). Vlieger réintroduit la vie là où elle semblait vouloir disparaitre.

J’ai parlé de défauts aussi, et c’est ce qui m’empêche d’aller au-delà des trois étoiles. Ces défauts concernent essentiellement le scénario. Plus que certaines invraisemblances, c’est surtout le manque de rythme, cette sorte d’ « aventure molle » qui fait alors ressortir de manière peut-être outrancière le positivisme forcené de Brice (même si on évite quand même la mièvrerie !).

Nom série  Goggles  posté le 07/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je dois dire que je ne suis pas forcément un gros amateur de mangas, et ne suis donc à priori pas très attiré par son esthétique. Mais bon, le dessin est quand même plutôt bon, assez proche de ce que je connais de Taniguchi (même si ce style graphique me laisse un peu froid, il est moins éloigné de l’esthétique européenne que la production manga « classique »).

Les histoires qui composent cet album se laissent lire, sans que je puisse y trouver matière à m’enthousiasmer. C’est du sympa, sans plus.

Du bon roman graphique en manga, mais c’est juste que je ne suis pas amateur de ce genre de production. D’où ma non recommandation d’achat : vous pouvez vous laisser tenter si le genre vous rebute moins…

Nom série  Le Sursis  posté le 06/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
L’histoire en elle-même n’est pas forcément très originale. En effet, on nous décrit la vie d’un village de l’Aveyron durant les deux dernières années de l’occupation allemande. C’est plutôt bien fait – genre « un village français » ou d’autres téléfilms du service public.

Si je vais au-delà des trois étoiles, c’est que Gibrat a réussi à éviter l’écueil de la banalité, mais surtout celui de la mièvrerie, qui guettait parfois.

Ce n’est pas un récit de guerre, ni un album traitant de la résistance ou de la collaboration en tant que telles. Même si bien sûr tout cela fait plus que décor à la trame de l’histoire.

Les deux albums sont centrés sur Julien, son enfermement – à la fois relatif (il n’est pas vraiment dans SA tombe et sort régulièrement de sa cachette – ce sont ces nombreuses sorties toujours sans réelles anicroches qui me semblent être le seul côté « trop facile » de l’ensemble) et réel (il n’a plus d’existence légale, et ne doit pas chercher à en avoir une). C’est aussi son histoire d’amour avec Cécile qui innerve l’histoire, ainsi que l’entrée – j’allais dire à reculons, en tout cas sur la pointe des pieds de Julien dans la mouvance de la résistance. Gibrat n’a pas cherché à faire de son personnage un héros ou un couard, il n’est ni pétainiste ni gaulliste (même s’il est clairement contre les Nazis et les collaborateurs), il cherche juste à vivre, et en cela il est plutôt représentatif de la majorité des Français de l’époque, et donc crédible.

Si l’extraction du monde de Julien – alors qu’il en est au cœur, près de la place centrale du village ! semble atténuer le bruit des canons, Gibrat apporte quelques coups de rappel, qui font monter la tension (passage plus que brutal d’une colonne allemande, guerre ouverte entre Miliciens et résistants vers la fin du diptyque).

Mais ce qui fait la réussite de ces deux albums, c’est sans conteste le dessin de Gibrat, vraiment excellent ! Que ce soit pour les décors ou les personnages, rien à redire. En particulier pour croquer Cécile, que l’on est tenté de regarder avec les mêmes yeux et la même lunette que Julien, car elle est vraiment belle !

Nom série  Chroniques du proche étranger en Tchétchénie  posté le 05/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album, au travers de la mission humanitaire d'un médecin français, secondé par son chauffeur tchétchène, nous présente un conflit qui a parfois fait la une de l'actualité, mais qui a été vite éclipsé, par d'autres conflits, mais aussi parce qu'après le 11 septembre 2001, les Tchétchènes combattant pour leur indépendance sont devenus des terroristes, Poutine réussissant ce beau tour de passe passe comme d'autres avant lui (voir ce qui se passe entre Palestiniens et Israéliens).

L'action se passe en 2000, après le début de la seconde guerre tchétchène, et les auteurs ne nous cachent pas grand chose de l'horreur vécue par les habitants de Grozny.

Hélas, si les intentions sont louables, j'ai été un peu déçu par cet album. En effet, il n'est pas à la hauteur du travail de Kubert dans Fax de Sarajevo, ou des très bons documentaires de Sacco, sur les Palestiniens ou sur Gorazde par exemple.
En effet, si le dessin est bon, je n'ai pas trop accroché, et j'ai en plus trouvé certaines planches difficiles à suivre, la faute à un découpage "déconstruit" (même si l'on cherchait à donner l'effet plus ou moins symbolique d'une explosion). Les traits de certains visages étaient aussi parfois difficiles à reconnaître.

Autre petit problème, si les auteurs nous font part de leur empathie pour les victimes des atrocités russes, ils jouent trop sur l'émotion, et leur parti-pris (défendable au demeurant pour une cause par ailleurs singulièrement oubliée) dessert leur démonstration. Sacco aussi est parfois en difficulté dans ce domaine, mais je trouve qu'il s'en sort mieux. Mais bon, je chipote peut-être trop, c'est quand même une lecture intéressante, dans tous les sens du terme.

A noter qu'en fin d'album on trouve une foule d'informations. Une chronologie simple mais édifiante (sur les origines lointaines du conflit avec les Russes et sur les guerres les opposant après l'éclatement de l'URSS), mais aussi et surtout une liste de sources (reportages, livres, sites internet) quasi exhaustive. Il faudrait juste la remettre à jour (elle date de la publication de l'album en 2007) si vous vous intéressez au sujet.

Bref, un album plein de défauts, mais aussi de qualités. Et qui a surtout le mérite de rappeler à ses lecteurs l'existence de conflits vite oubliés par les médias. Du moins tant qu'ils ne rentrent pas dans les catégories "vendables" du moment. A noter que les auteurs semblaient annoncer la publication d'un autre ouvrage sur un autre conflit du Caucase, mais celui-ci n'a semble-t-il pas paru.
A lire donc.

Nom série  Polygamer  posté le 03/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Sur la quatrième de couverture il est écrit "par des gamers, pour des gamers". Bon, ben en fait je ne suis pas "gamer". Et donc, un certain nombre d'allusions à des jeux sûrement très connus des initiés m'ont échappé. Idem pour les néologismes et autres sigles - même si les auteurs s'arrêtent parfois pour en expliquer le sens.

Le dessin est moyen je trouve. Très classique pour ce genre d'album d'humour. L'humour développé ne m'a pas souvent convaincu. Je n'ai jamais rigolé, et n'ai souri que quatre ou cinq fois, ce qui fait peu quand même pour un album qui mise tout sur l'humour. En fait, c'est presque la somme de conneries sur la quatrième de couverture qui m'a le plus amusé, puisqu'on y trouve pastichées et caricaturées tout un tas d'infos habituellement placées là par les auteurs ou éditeurs.

A réserver aux fameux "gamers", qui en plus ne doivent pas être trop difficiles au niveau de leurs zygomatiques.

Nom série  Château de sable  posté le 02/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Eh bien, que ce soit seul à la baguette (comme les albums que j’ai précédemment lus de lui) ou seulement au dessin comme dans cet album, voilà la confirmation que Frederik Peeters participe à des projets de grande qualité.

Le dessin, en Noir et Blanc, est très bon, et parfaitement adapté à l’ambiance à la fois mystérieuse et angoissante dans laquelle baigne l’histoire.

Pas ou peu d’action, un huis-clos (une petite plage isolée), et des personnages dont on ne sait pas grand-chose, mais qui tous, une fois « entrés en scène », se retrouvent piégés dans cette bulle temporelle qui les questionne autant qu’elle intrigue le lecteur. Unité de lieu donc, unité de temps aussi, mais un temps en décalage par rapport à la réalité « de l’extérieur ».

On est dans du fantastique sans esbroufe, qui s’inscrit dans un réel bien ancré dans la normalité, mais qui modifie juste un paramètre, pour que la douzaine de personnages ici réunis sentent vaciller sous eux le socle de cette normalité. Tous n’ont pas la force de l’assumer.

Au final, un album assez vite lu, mais une très bonne publication de l’éditeur Atrabile, dont la lecture et l’achat sont franchement recommandés !

*** SPOILER***
On pourrait chipoter en disant que Pierre Oscar Levy nous laisse avec nos questions et ne donne pas les clefs de l’énigme (qui tire sur le gamin venu à la rencontre des « piégés », qu’en est-il finalement de cette accélération du temps ?). Cette fin ouverte ne me gêne pas. En effet, cela laisse l’imagination du lecteur au pouvoir, et évite tout risque de dilution de l’intrigue.
***FIN SPOILER***

Nom série  La Mort Blanche  posté le 01/10/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avec le centenaire du début de la grande boucherie de 14-18 ressortent à la surface des bibliothèques et des librairies tout un tas de publications plus ou moins oubliées sur cette guerre. C’est ainsi que j’ai découvert cet album – dont je n’avais absolument jamais entendu parler, paru chez un éditeur inconnu de moi, « Les Cartoonistes Dangereux ».

Il possède des qualités. A commencer par le sujet. L’action se déroule sur le front opposant Italiens et Austro-hongrois. Qui plus est pour des combats en haute montagne, et en plein hiver (la mort blanche qui donne son titre à l’album est l’avalanche meurtrière).

Le moins qu’on puisse dire est que c’est violent – mais c’est obligé vu le sujet, et que les auteurs ont choisi de montrer l’absurdité des combats (entre d’anciens « frères » des terres irrédentes, pour des objectifs inutiles et aussi vite perdus que douloureusement gagnés), et surtout l’horreur de cette guerre. L’horreur de la guerre en générale, en fait. Dans un style graphique très différent de Tardi, on retrouve la même approche finalement. Même si l’histoire est finalement assez peu originale, l’intrigue se laisse suivre.

C’est pourtant à l’arrache que j’accorde la moyenne et les trois étoiles. En effet, si le dessin possède d’indéniables qualités, il souffre parfois d’un manque de précision, de netteté, au point que j’ai plusieurs fois dû bien réfléchir pour comprendre qui étaient les protagonistes représentés.
Mais surtout, et c’est généralement rédhibitoire pour moi lorsque je lis quelque chose, c’est bourré de fautes d’orthographes ! Et visiblement pas que des coquilles (le mot baïonnette jamais correctement écrit, quasiment aucun bon accord du participe passé et j’en passe). Celui qui s’est chargé de la traduction (les auteurs semblent être Anglais) a franchement bâclé et gâché le travail.

Des qualités donc, un point de vue intéressant, mais une réalisation poussive et une édition désastreuse. C’est dommage.
(J’ai vu il y a quelques temps dans une librairie une réédition, publiée chez Delcourt je crois, et j’espère que cela a permis de corriger les trop nombreuses fautes – ce qui serait la moindre des choses, et permettrait alors peut-être de conseiller l’achat. Mais je n’ai pas eu le temps de feuilleter l’album pour vérifier tout ça).

Nom série  Le F.I.S.T. (Fonds Interministériel pour la Sauvegarde des Traditions)  posté le 30/09/2014 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Chez d’autres éditeurs plus confidentiels, Terreur Graphique est habitué à produire de bons albums, mais généralement sacrément trash. Alors lorsqu’on voit le titre de la série, on pouvait s’attendre à quelque chose de plus rentre dedans. Mais Fluide Glacial s’adresse à un public plus large – même si pas forcément prude, et ça reste donc dans les limites classiques de la grosse déconne des albums Fluide.

Fist fait partie des trois albums qui inaugurent la nouvelle collection Trafik. J’ai déjà lu – et apprécié Les Caniveaux de la gloire, mais si j’ai bien aimé le ton de cet album, je l’ai trouvé quand même un peu en dessous des Caniveaux.

L’album rassemble une série d’histoires courtes (d’une à cinq pages) dans lesquelles une poignée d’abrutis, au look et aux idées « Quatrième République », sortes de conseillers ministériels à la noix, tentent de régler sous la direction du fort en gueule, beauf et raciste Raoul Dumontier, un certain nombre de problèmes, en liaison ou pas avec les dirigeants de l’Etat. Bien évidemment, ces gros nazes qui pètent plus haut que leur cul ne relèvent pas trop le niveau de la France...

C’est de l’humour con, parfois absurde, avec un certain nombre de références à l’actualité récente et à certains personnages politiques (Montebourg par exemple).

J’ai souvent souri, rigolé quelques fois, mais ça reste quand même un chouia décevant je trouve. A feuilleter avant d’acheter.

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