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Nom série  JLA (DC Anthologie)  posté le 25/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Note : 2.5/5

A chaque fois que je croise un récit de la JLA et autres gros cross-over entre super-héros célèbres, je ne peux m'empêcher de vouloir les acheter ou au moins les lire. Et pourtant je suis presque toujours déçu.
En fait, je crois que j'ai deux buts quand je lis de telles aventures. La première, c'est évidemment l'espoir de tomber sur un vraiment bon scénario qui serait du coup amplifié par la puissance et la célébrité de ces héros. La seconde, c'est ma quête de connaissances sur l'histoire et les nombreux développements des univers DC et Marvel. Et ces épisodes scénarisés par Grant Morrison ayant été publiés à la fin des années 90, il s'agissait d'une époque que je connaissais mal où avaient eu lieu de nombreux bouleversements dans l'univers DC. Ma curiosité me poussait donc à en apprendre davantage.

Il faut savoir que la Justice League of America a vu défiler de nombreux membres différents. Grant Morrison a décidé de revenir aux plus célèbres et plus puissants d'entre eux, avec évidemment Superman à leur tête.
C'est également à cette époque, en 1997 et 1998, que suite aux évènements de JLA : Extinction, Superman avait temporairement perdu ses pouvoirs et que des manipulations des New Gods lui avaient transmis de nouveaux pouvoirs étranges, le transformant en Mars 1997 en Superman Bleu, un nouveau Superman à la peau bleue, avec un nouveau costume et logo, et des pouvoirs liés à l'énergie et l'électricité. Cet épisode de la carrière de Superman ne dura qu'un an, cloturé par les épisodes du duo Superman Bleu/Superman Rouge, mais cela explique l'apparition de ce superman étrange et différent à partir de la moitié du premier tome de cette anthologie DC de Panini.
De même, ces épisodes montrent plus ou moins la suite de l'intégration du nouveau Green Lantern suite au départ de Hal Jordan, les débuts du jeune remplaçant de Green Arrow, la semi-intégration de The Atom dans la JLA, la... mort de Wonder Woman, et Grant Morrison en profite aussi pour alerter les lecteurs d'un futur danger, l'arrivée de Maggedon, qu'il mettre pour de bon en scène dans un arc ultérieur (World War III).
Bref, les idées et les changements fusaient en ce temps-là dans les publications DC au point d'y perdre tous les néophytes qui n'avaient pas les moyens de lire tout ou presque des nombreuse parutions parallèles de l'époque.

Et la confusion, c'est bien ce que j'ai ressenti à la lecture des 2 albums Panini composant l'arc de Grant Morrison. La confusion engendrée par une abondance d'informations assenées sans explication et sans transition. En effet, qui comprendra l'arrivée brutale du Superman Bleu au milieu du premier album alors qu'il était normal dans le chapitre précédent s'il ne sait pas ce qu'il s'est passé dans la série mère Superman. Qui comprendra au milieu du second tome que juste après avoir annoncé la dissolution de la JLA, la revoilà au complet additionnée de nouveaux membres dont une nouvelle Wonder Woman sortie d'on ne sait où. Et ainsi de suite, avec une multitude de courts passages, de clins d'oeil ou de faits à admettre faisant référence à des histoires passées, des récits s'étant déroulés dans d'autres séries, ou des évènements à venir annoncés presque comme une pré-publication dans l'un ou l'autre des dialogues ou des évènements de ces récits de la JLA...
Parfois j'ai eu l'impression de ne pas lire une histoire mais plutôt une suite d'extraits, de sketches se déroulant à toute vitesse, sans transition, avec des sauts parfois incompréhensibles. Je pense notamment à une page dans le tome 2 où Huntress et Zariel partent sécuriser une zone et où la page suivante on apprend que Zauriel a été transporté on ne sait comment dans les Limbes par le méchant. J'ai vraiment eu le sentiment qu'il m'avait manqué quelques pages entre ces deux moments.
Et que dire de la menace terrible qu'on nous annonce arriver de tous les côtés de l'univers au début du tome 2, que Martian Manhunter va même rencontrer aux confins de l'espace... pour oublier le traumatisme manifeste engendré par cette rencontre dès le chapitre suivant. Plus personne ou presque ne parlera de ce danger cosmique de tout l'album : on s'en fout, les super-héros ne sont pas stupides, ils savent bien que ce n'est qu'une mise en bouche pour le futur grand arc narratif que les auteurs leur ont concocté pour quelques futurs chapitres...

Outre ces défauts probablement inhérents à la structure des publications DC de l'époque qui devient presque impossible à transposer de manière intelligible en album cartonné, je considère cette série comme du gros divertissement qui tâche, du grand spectacle facile où le scénariste imagine à chaque nouvelle histoire un nouveau super-méchant ou super-danger sorti d'on ne sait où.
Prometheus est bien la caricature du genre : on apprend en un court prologue que c'est le fils de deux criminels tués par la police et dont il veut venger la mort, et qu'après avoir étudié très fort et fait un pélerinage d'un an au Tibet il revient avec des pouvoirs plus puissants que toute la JLA réunie, et des connaissances stratégiques et martiales encore plus grandes que celles de Batman, pouf, comme ça. Ca vaut le coup le Tibet, hein !
Il y a aussi ce trop long passage confus où on nous assène sans explication que si Superman détruit un cristal en possession de Lex Luthor (car il s'agit de l'objet le plus puissant de toute la Création sinon ce n'est pas drôle), eh bien Dark Seid débarquera et dominera la Terre. Pourquoi ? Aucune idée mais c'est comme ça. Ca n'a aucun rapport, si ? Je ne sais pas... Mais ouf, les membres de la JLA vont sauver la situation juste à temps, c'est l'essentiel, non ?

Pourtant il y a de bons moments. J'ai par exemple bien apprécié la confrontation entre la JLA et la Ligue d'Injustice quand ils se retrouvent tous dans la base de cette dernière. Mais ces moments effectivement divertissants sont gâchés par tout le cadre bancal et artificiel des aventures dont on sent qu'elles sont là pour épater le lecteur et lui faire acheter les tomes suivants voire si possible les publications parallèles s'il veut vraiment "profiter" de tous ces enchainements de péripéties faciles et de retournements de situations bidons.
Bref, si vous voulez lire de bons récits de super-héros, autant éviter ces albums là qui sont très dispensables.

Nom série  George Sprott  posté le 24/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dans Wimbledon Green, Seth dressait de manière originale le portrait d'un personnage fictif, par le biais d'interviews de proches, de documents, de flash-back et d'histoires courtes, le tout non sans un certain humour. Pour George Sprott, il reprend le même concept de narration multiple et d'agrégation de données. Mais l'objectif cette fois n'est plus ni sociologique ni humoristique mais plutôt émotionnel et humain. Il s'agit en effet de donner corps à la vie fictive d'un homme, à la complexité de son esprit, à la façon dont sa vie s'est déroulée et au temps qui passe.

Cet homme, c'est Georges Sprott, personnage imaginaire né dans l'Ontario à la fin du 19e siècle et mort en 1975. Après quelques quelques années de petits boulots, il effectue de son propre chef plusieurs expéditions dans le Grand Nord Canadien dont il revient chargé de souvenirs et de films muets. Dès lors, du début des années 50 jusqu'à sa mort, il va être rendu plus ou moins célèbre par les conférences hebdomadaires qu'il donnera sur le sujet mais aussi et surtout par l'émission sur la télévision locale qu'il animera pendant une vingtaine d'années.
L'auteur le présente comme un homme complexe et secret. Malgré tous les témoignages le concernant, on dirait que personne ne le connaissait vraiment, ni ne le comprenait. Entre ceux qui lui reprochent son égocentrisme et son côté irresponsable et ceux qui au contraire l'admirent pour son sens de l'aventure et la facilité qu'il a à les faire partager à ceux qui l'écoutent, toutes ces descriptions semblent tourner autour d'un sujet sans que jamais une vérité unique ne puisse se faire jour.

La forme de cet objet en bande dessinée est belle. Au contraire de Wimbledon Green qui était certes aussi une belle édition mais toute petite, ici c'est un très grand format cartonné que s'offrent Seth et les éditions Delcourt. Le papier est épais et glacé. Les planches sont plutôt classes dans la ligne assez claire et la bichromie qu'utilise l'auteur. La mise en page donne un côté rétro à l'ensemble. Et les chapitres sont régulièrement espacés par de grands dessins en double page de décors polaires ou des photos de maquettes en carton réalisées par l'auteur des bâtiments principaux du récit.

L'ensemble se lit très bien et il se forme lentement dans l'esprit du lecteur une image mentale de la personnalité et de l'histoire de ce fameux George Sprott, le rendant à la fois humain et mystérieux.
Je suis resté cependant un peu circonspect en fin d'album. Je me demandais où l'auteur voulait en venir. Jouer sur la biographie d'un homme, sa relation au temps qui passe, la nostalgie, les remords et les regrets avant la mort, ce n'est pas une thématique très originale en matière de littérature, de cinéma ou même de BD. La narration est ici certes particulière et agréablement menée mais là non plus, ce n'est pas quelque chose de complètement nouveau dans le genre. Et comme finalement, je n'ai pas été tellement touché par l'âme de cet homme et le souvenir qu'il laisse, aussi humain et imparfait soit-il, je ne peux pas dire que cette lecture va vraiment me marquer.

Peut-être ai-je loupé quelque chose ceci dit, puisque notamment je n'ai pas tout à fait saisi les raisons exactes des légers tourments qui semblaient emplir les pensées de l'homme sur la fin de sa vie. J'imagine que cela a trait à son mariage bancal et à la fille qu'il a laissée dans le Grand Nord mais rien ne vient confirmer que quelque chose a traversé le blindage apparent d'égocentrisme du personnage donc je reste dans l'expectative.

Nom série  Odin  posté le 23/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'apprécie les oeuvres qui mettent à plat des récits immémoriaux tels que les fables mythologiques et autres légendes aux mille versions. Cela permet à la fois de les vulgariser, de les remettre au goût du jour pour un public plus large, de leur assigner des images aussi belles que possible et de leur rendre hommage par le biais d'une adaptation personnelle de la part de leurs auteurs.
Pour le cas de la mythologie nordique, je la connaissais certes relativement bien, dans les grandes lignes et dans la plupart de ses nombreux détails, mais j'ai apprécié de pouvoir découvrir les origines de ses personnages et de son univers, puis de voir retracés dans un certain ordre chronologique les moments clés que j'avais tendance à mélanger.

Et puis cela fait plaisir de voir une nouvelle mise en image de cet univers légendaire.
J'apprécie notamment la forme que Seure-Le Bihan donne ici à ses Géants (même si je reste toujours subjugué par les Géants tels qu'ils sont représentés dans Siegfried). Le personnage de Loki, notamment, est fort réussi. J'aime aussi la représentation physique des Nornes.
Pour le reste, le graphisme fait la force de cet album. Ce sont de belles grandes planches peintes en couleurs directes. Je dois pourtant avouer que ce n'est pas trop le style de dessin que j'apprécie. Je trouve notamment qu'il manque de profondeur et certains choix de couleurs sont un peu kitsch à mon goût.

Quant au récit, je l'ai apprécié sans vraiment le savourer. J'ai le sentiment qu'il élude un peu trop de points, reste superficiel et un peu trop rapide. Il va même jusqu'à résumer de manière incorrecte certains faits, comme de désigner Frigg comme étant la mère de Thor et Tyr alors que, bien qu'Odin soit effectivement leur père, ils ne partagent pas le même sang maternel que Baldr.
Certaines questions que l'on peut se poser quand on découvre la mythologie nordique par le biais de cette BD restent aussi sans réponse et peuvent frustrer le lecteur qui aura l'impression que l'auteur cherche à les embrouiller. Par exemple, qu'est-ce qui différencie un Ase d'un géant s'ils en sont les descendants ? D'où viennent les autres Ases s'ils ne sont ni les fils de Burr ni leurs descendants ? Comment se fait-il qu'Odin ait créé Yggdrasil et les neuf mondes qui l'occupent mais que certains de ces mondes semblent avoir existé et être peuplés avant même l'existence d'Odin ? Ces questions n'ont évidemment pas de réponse car une mythologie aussi ancienne et diversifiée dans ses sources n'est pas carrée et logique de bout en bout, mais j'ai ressenti comme une tentative d'éluder ces points dans ma lecture, et j'imagine qu'un lecteur néophyte, lui, pourrait s'y trouver un peu perdu ou se sentir floué par les vérités assénées sans explications.
Autre point similaire, j'ai trouvé un peu dommage qu'aucune explication ne soit donnée concernant le tourment de Loki et la vengeance d'Odin, hormis concernant le cas de ses fils. On aperçoit pourtant bien la forme du serpent au-dessus de lui mais qui comprendra ce qui goutte sur son front sur les cases suivantes s'il ne connait pas déjà la légende ?

Bref, j'ai un sentiment mitigé quoique globalement positif sur cette adaptation de la mythologie nordique. La vulgarisation est intéressante et bien menée malgré quelques raccourcis et légères incohérences. Et puis, même si ce n'est pas vraiment ma tasse de thé, le dessin est beau. C'est donc un album qui vaut l'achat, même en attendant la suite.

Nom série  Vanilla Star  posté le 22/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Vanilla Star est une histoire romantique dans un cadre gay.
Le héros, Takeshi, tombe par hasard sur une vidéo porno dont l'acteur principal lui tape dans l'oeil. Il met alors tout en oeuvre pour en apprendre plus sur lui et finalement le rencontrer. Or il se trouve que ce dernier, Yûto, outre le tournage ses films pour adultes, se prostitue également. Malgré tout, Takeshi va s'accrocher à lui et tenter de le comprendre pour, si possible, le sortir de cette vie sordide.

Malgré le réalisme un peu glauque et les nombreuses scènes de cul, l'ambiance de ce yaoi est relativement à l'eau de rose. C'est une histoire d'amour un peu facile à la base, le coup de foudre immédiat et réciproque surtout par le biais d'une vidéo porno parait tout de même assez artificiel. De même, la prostitution n'y est pas décrite comme franchement effrayante, ni contraignante. Globalement, pour un peu, on pourrait penser que notre bel et jeune prostitué de protagoniste est un peu embêté de gagner sa vie comme ça, son copain se fait d'ailleurs un peu de soucis, mais bon, rien de bien grave... Hum... Bon, passons...
Hormis ces points, le déroulement de l'intrigue sentimentale est assez crédible et on la suit sans déplaisir. Seuls les dialogues sont parfois un peu pénibles, la traduction ayant visiblement du mal à passer et certains échanges se révélant manquer de clarté.

A noter que cette histoire principale n'occupe que les deux tiers de l'album. Elle est suivie d'une sorte d'épilogue de dix pages où cette fois Yû devient le narrateur.
Puis le reste de l'album est occupé par une autre histoire courte, complètement indépendante, mettant en scène également un amour compliqué entre deux jeunes hommes. Cette dernière n'a rien de marquante.

Bref, cet album contient deux histoires d'amour homosexuelles réalistes quoiqu'assez enjolivées sur la forme et la conclusion. De jeunes éphèbes aux relations sexuelles et sentimentales compliquées mais où tout est bien qui finit bien, sans doute de quoi attiser l'envie des amateurs et amatrices de ce genre de lecture, mais rien de vraiment transcendant.

Nom série  Transat  posté le 22/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Jusqu'à la moitié de cet album, j'ai cru que j'allais beaucoup accrocher.
J'avais déjà été charmé par la couverture. J'avais d'ailleurs mis un certain temps avant de comprendre ce qu'elle représentait. Et de manière générale, j'apprécie le trait dynamique, vivant et personnel d'Aude Picault.
Puis le sujet me parlait bien. Etant un asocial, amoureux de la mer, de la solitude et des grands espaces, je m'y suis bien retrouvé.

Le premier tiers de l'album raconte la façon dont Aude a commencé à saturer de sa petite vie urbaine de graphiste et de célibataire, de plus en plus désireuse de tout plaquer et de partir loin, notamment vers ces vacances en Bretagne puis sur un voilier qu'elle s'est organisée. C'est ainsi qu'on la retrouve totalement seule pendant une semaine sur une île bretonne quasi déserte, occupée à simplement écrire et regarder le temps passer. Puis s'entame son voyage un peu compliqué vers le Cap-Vert et le bateau sur lequel elle va traverser l'Atlantique. L'occasion de nous faire découvrir la vie de passionnés de la mer, de marins, d'hommes et de femmes qui vivent "autrement", de ports en ports et loin de la vie de la métropole.

Et quand enfin la transatlantique s'entame, je me suis dit : "Ça y est ! Ça commence pour de bon !". Et effectivement, les dessins en double planche de paysages marins, de vagues, de ciels, etc... m'ont touché.
Malheureusement, alors que je croyais que le récit allait désormais s'attarder sur cette belle traversée, en compter d'éventuelles péripéties ou anecdotes, j'ai été déçu de voir qu'elle était expédiée en quelques pages, pour ensuite s'attarder pendant tout le dernier tiers de l'album sur le séjour au mouillage d'un port des Antilles où Aude attend la fin de ses vacances en savourant sa tranquillité, discutant avec des marins et philosophant un peu sur la vie en général.
Et là, bof... Je me suis ennuyé, le discours de l'auteure ne m'a pas parlé et toute l'émotion de l'attente du voyage et de la traversée en elle-même s'est complètement échappée.
Jusqu'à une fin d'album qui m'a complètement indifféré...

Franchement dommage. L'aspect autobiographique parfois inintéressant et les envolées philosophiques peu enthousiasmantes ont gâché l'intérêt de ce récit à mes yeux. Peut-être aurait-il fallu davantage romancer cette histoire et moins traîner en longueurs quand il n'y a plus la beauté de la mer sauvage à admirer...

Nom série  Double Fond  posté le 21/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce comics un peu underground américain montre une bande de paumés assez originaux.
Le premier d'entre eux est un prestidigitateur loser qui sombre dans l'alcool suite à la mort accidentelle, quoique peut-être un suicide, de son frère. La seconde est son ex-petite amie qui l'a quitté suite à sa déchéance mais qui perd pied dans sa vie professionnelle et sentimentale car elle continue à l'aimer. Le troisième est un vieil homme, lui aussi ancien prestidigitateur et maître du premier, qui perd un peu la boule mais use de ses dons d'évasion pour échapper à la maison de retraite où il est enfermé. A ces trois-là viennent s'ajouter un père divorcé sans le sou et sa fille qu'il trimbale au gré des vagabondages et des arnaques pour gagner de quoi manger et tenir jusqu'au lendemain.
Comme on s'en doute, les évènements vont amener ces cinq là à se rencontrer, à passer quelques temps ensemble et voir si la vie leur apportera un nouveau destin.

Le ton de ce récit est assez morose, tout autant que l'état d'esprit troublé et désespéré des personnages. Pour autant, ils ne se laissent pas vraiment aller et décident de s'aider comme ils peuvent les uns les autres. Ce n'est donc pas un récit vraiment noir même s'il n'est guère heureux. Il se laisse lire avec un certain intérêt.
Je suis juste déçu par la fin car j'ai bien du mal à comprendre la décision qu'y prend l'un des protagonistes : pourquoi se sacrifier comme il le fait ? Cela parait inutile à mes yeux, ou alors le récit explique mal la nécessité de son choix. Du coup, j'ai l'impression d'une conclusion un peu artificiel qui gâche l'intérêt que le reste du récit apportait par sa légère originalité.
Je ne pense donc pas que cette lecture marquera vraiment ma mémoire.

Nom série  Bürocratika  posté le 20/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dès les premières pages, j'ai eu le sentiment d'être en terrain connu. Un univers dystopique où la bureaucratie et l'inhumanité sont reines, nous sommes dans le même domaine qu'un Kafka ou qu'un film comme Brazil. Décor et ambiance rappellent également Julius Corentin Acquefacques, dont le premier tome est paru à peu près à la même période que Bürocratika.

Mais nous ne sommes pas ici dans le concept ou dans la mise en garde contre un avenir implacable et effrayant. Il s'agit plutôt de tourner en ridicule ce monde administratif imaginaire et de jouer la carte d'un humour décalé.
L'album se compose d'histoires courtes indépendantes, des sketchs de quelques pages mettant en scène différents protagonistes, tous aussi bien intégrés dans les rouages de cette bureaucratie triomphante. L'auteur se moque du système depuis l'intérieur du système en montrant le ridicule de certaines situations, des comportements et des dialogues.
Les dialogues, justement, Beb Deum met l'accent dessus en les travaillant au mot près. Tout est dans l'emphase, l'abondance de termes aussi formatés qu'abscons. Cela donne quelques textes vraiment drôles, même si au long d'un album entier, le schéma répété devient un peu lassant.
Le graphisme, pour sa part, est très personnel. Gris et froid comme le sujet du récit, il se fait caricatural pour les visages aux expressions exacerbées, tout aussi décalées et outrées d'ailleurs que l'humour de l'auteur.

J'ai lu cet album avec le sourire, appréciant les bons mots des dialogues et les nombreuses touches d'humour. Cette lecture ne m'a cependant pas tellement marqué car il y a une certaine impression de déjà-vu pour qui a déjà vu ou lu des oeuvres similaires au film Brazil et autres ouvrages de Marc-Antoine Mathieu.

Nom série  Hayate - The Combat Butler  posté le 18/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sur un postulat un peu bidon, Hayate est un shonen mettant en scène un jeune homme très débrouillard qui devient majordome au service d'une jeune fille immensément riche. Commence alors une suite de péripéties mouvementées, mettant en scène aussi bien de la romance que de l'humour et des combats. Un melting-pot assez sympathique même si pas très novateur dans le genre.

Même si le délire de cette autre série allait plus loin, je trouve que le type d'humour et d'aventures romantiques d'Hayate rappelle un peu celui de Ranma 1/2. On y trouve cette même folie, ces personnages tous un peu timbrés, des mélanges étonnants d'animaux qui parlent, de robots ridicules ou encore de combats au sabre. Un melting-pot foufou dédié à l'humour tout en ménageant une bonne place à la romance.
La différence majeure tient dans le personnage principal, Hayate, qui, au contraire de Ranma, et malgré sa pauvreté et sa malchance, joue le rôle du gendre parfait, doué en tout, très costaud, gentil, dévoué et sans aucune arrière-pensée. Il en devient presque agaçant tant il parait soumis mais cela fait partie de son caractère et accentue l'humour de ceux qui l'entourent et lui donnent des rôles de souffre-douleur dont il se sort le plus souvent étonnamment bien.

J'ai mis un temps à me laisser séduire par le scénario. La moitié du premier tome est en effet consacrée à une mise en place un peu laborieuse, en tout cas confuse. Le coup des parents qui refilent leur dette à leur enfant qui se retrouve poursuivi par des yakuzas, Urasawa l'avait déjà utilisé dans Happy! et je n'avais déjà pas aimé cette ficelle que je trouve trop facile. Heureusement, elle est relativement vite évacuée par l'intrigue. Et à partir du second tome, le rythme du récit commence à bien se poser, les personnages à devenir attachants et l'intrigue plus prenante et plus drôle à mon goût.
Le graphisme est de bonne qualité malgré des décors trop souvent vides et des visages manquant de personnalité.
L'humour n'est jamais vraiment hilarant à mon goût mais c'est un manga qu'on lit avec le sourire. Le public visé m'a semblé plutôt adolescent qu'adulte mais ça n'en reste pas moins une lecture divertissante pour tous et sans prétention.

Nom série  Eva (Picault)  posté le 18/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Eva est une jeune célibataire, bientôt trentenaire, une bobo parisienne dans toute sa splendeur, adepte de shopping, de sorties en boite entre copines et de plans drague. Son caractère et sa façon de vivre ne sont pas loin d'être ce que je déteste autant chez une femme que chez un homme. Du coup, j'aurais pu détester cette BD mettant en scène ses petites aventures du quotidien.
Mais malgré tous les défauts de son héroïne, Aude Picault réussit à lui donner un côté un peu attachant. Elle la présente certes comme égocentrique et facilement langue de vipère mais aussi comme une femme fragile parce qu'un peu désespérée de la vie qu'elle mène.
Elle scinde ses histoires en récits courts d'une planche avec l'équivalent d'une chute humoristique sans être toujours tout à fait des gags. La situation d'Eva évolue en effet de page en page et c'est finalement une tranche de sa vie que l'on suit avec le sourire.
Je n'ai trouvé ça vraiment drôle mais souvent amusant néanmoins.

Nom série  Yaxin  posté le 17/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
C'est joli, parfois très joli, et même si ce n'est pas le genre de BD que j'achèterais moi-même, je conseille son achat aux amateurs de belles peintures et de douce poésie.

Effectivement, c'est la beauté des planches qui saute aux yeux quand on feuillète cet album. Tout est en couleurs directes, visiblement peintes à l'aquarelle. Les teintes choisies sont superbes mais le trait n'est pas en reste. C'est parfois un peu cucul la praline mais c'est souvent très très beau.

Il n'y a pas vraiment d'histoire. Ce sont plutôt de petits poèmes en images, des moments doux et romantiques d'un univers féérique empli de magie, de beauté et de philosophie.
J'ai néanmoins eu du mal à rentrer dans l'ambiance.
D'abord à cause du texte, trop présent, trop bavard et dont l'objectif avoué dès les premières de "faire de la poésie" m'a un peu refroidi. D'autant plus que la lecture empêche de profiter pleinement du dessin des planches.
Puis il y a ce petit héros, cet enfant faune tout mignon, tout sourire, tout rond. Franchement, c'est le genre de personnage qui me gonfle, le "trop mignon" artificiellement créé pour faire craquer les minettes à l'eau de rose. Mais bon, j'ai su passer outre et finir par apprécier ce dont ce gamin faune est témoin, les beautés qu'il nous permet d'admirer et les enseignements du sage magicien.

Je ne suis pas sûr de vraiment vouloir relire de bout en bout cet album un jour, mais je pense que j'apprécierai d'en piocher des passages par-ci par-là, contempler quelques planches et profiter un peu de la licence poétique et rêveuse de l'ensemble.

Nom série  Grands anciens  posté le 17/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Humpf... Je ne suis pas trop convaincu par le premier tome de cette série...
Pourtant je suis un amateur de Lovecraft et ça me faisait plaisir d'imaginer les Grands Anciens croiser la route du Capitaine Achab.

Mais voilà, j'ai été déçu voire même un peu agacé par la façon dont le récit semble se limiter à une accumulation de clins d'oeil et de références trop appuyées. On en trouve presque à chaque page avec parmi elles, pêle-mêle, l’Île au Trésor, Moby Dick, Jules Verne, Frankenstein et bien sûr Lovecraft (et même, je ne sais si c'est voulu ou non... Ken le Survivant...). Autant il s'agit de bonnes références, autant leur utilisation m'apparait ici abusive, beaucoup trop artificielle. C'est le cas notamment quand on voit le frère Bartholomew réciter dans un dialogue la liste complète des ouvrages maudits imaginés non seulement par Lovecraft mais aussi toute sa bande, ou quand on voit les trop nombreux noms de grands anciens différents formulés dans les imprécations du vieux fou alors que seul Cthulhu semble avoir un rapport avec le récit.

Ce côté artificiel empêche l'ambiance de s'imposer correctement. Il n'est pas non plus suffisamment aidé par le dessin qui, quoique très correct techniquement parlant, présente quelques défauts à mes yeux. Outre son côté globalement statique, j'ai noté en particulier le visage trop figé, presque pénible, du capitaine Achab. Il y a aussi ce passage où un navire est bloqué dans le brouillard mais où l'effet de brume me parait raté car ce n'est que par les dialogues que j'ai constaté qu'elle était là. Une grosse erreur est d'ailleurs présente dans ce même passage puisque le capitaine demande à un homme de lui donner l'état de la poupe et que c'est très clairement à la proue que se trouve celui qui répond.

Tout cela ne m'a donc pas vraiment permis d'être captivé par l'intrigue pour le moment. J'attends de voir la suite mais je n'ai guère d'espoir car ce n'est pas l'originalité qui étouffe le scénario pour ce que j'en ai vu.

Nom série  Trick Power Battle  posté le 17/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
Yeah ! Cette BD est pour vous les Kids ! Et si vous mourez un jour, que ce soit après un pop shove-it ou un 360 flip ! Yo !
Hu hu... J'aime l'accroche de cette BD...

A part ça, il apparaît qu'il s'agit là d'une série purement commerciale, voire publicitaire. Après quelques recherches (j'y connais rien en skate), j'ai appris que les Trick Power étaient une marque de jouets importée d'Italie qui profite d'une certaine mode des skates chez "les kids et les ados" en proposant des mini skates avec lesquelles faire des figures avec les doigts.

Le dessin est tellement typé animation que j'ai cru qu'il s'agissait de l'adaptation d'un dessin animé de la télé. Visiblement, ce n'est pas le cas. Sans doute que la marque Giochi Preziosi qui vend ces jouets n'avait pas ou pas encore le budget et s'est rabattu sur la BD pour son plan marketing.
Les décors sont réduits au minimum mais aussi corrects que ceux des médiocres bandes dessinées Disney d'origine italienne qui parsèment régulièrement le journal de Mickey. Les personnages, eux, sont dans un style rappelant fortement celui de Jamie Hewlett (Gorillaz). Ca pourrait ne pas être laid si ces derniers ne donnaient pas en permanence l'impression de prendre la pose, sourcils toujours froncés comme s'ils étaient en plein combat. Leur comportement parait tellement artificiel qu'on a bien du mal à entrer dans une quelconque histoire.
La narration graphique n'est pas mieux tant elle accumule les enchaînements abrupts et les changements de rythme.

L'histoire, pour sa part, est complètement stéréotypée.
Ça commence avec les gentils poursuivis par les méchants qui trouvent refuge dans une boutique mystérieuse où un vieil homme aux allures de sorcier mandarin va leur transmettre les fameux Trick Power magiques. Combien de fois a-t-on déjà vu une telle entame ? Gremlins, l'Histoire sans Fin ou encore récemment la BD Sam Catch... Heureusement, les auteurs admettent le cliché puisqu'avec ironie, ils surnomment eux-mêmes le vieux sorcier monsieur Miyaghi (Karate Kid).
Puis le récit tourne à l'histoire de fantômes, avec des quais médiévaux et un vieux galion de pirates qu'on trouve on ne sait comment dans cette ville en principe moderne mais que personne n'avait visiblement visité avant les héros de la série. La magie fait amplement son entrée en jeu tandis que les méchants s'emparent d'une pierre qui leur donne des pouvoirs destructeurs. Explosions, fuites, combats, gentils héros qui s'en sortent, et basta pour le scénario.
A ce stade-là, ce n'est plus une intrigue, c'est une suite d'images déjà vues et d'illustrations de gamins en tenue cool enchaînant d'improbables figures de skates.

Le genre de BD qu'on imaginerait offerte en cadeau bonus quand on achète une boite d'un jouet de type Action Man. Difficile donc d'imaginer qu'il puisse venir à l'idée de payer pour "lire" ça...

Nom série  Le Labo  posté le 17/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le Labo, ce sont des reportages en bande dessinée parus dans le journal de Spirou dans lesquels Jean-Yves Duhoo nous décrit ses visites dans de véritables centres de recherche un peu partout en France. A raison de 4 pages par laboratoire et de 10 laboratoires pour un album, il présente les lieux, sa rencontre avec un ou plusieurs des chercheurs et la description que ces derniers lui font de leurs travaux et de leurs outils. L'auteur en profite pour nous retranscrire ce qu'il a appris sur tel ou tel sujet scientifique parfois très avancé.

Les thèmes abordés sont aussi variés que les types de laboratoires visités : cela va de l'étude des animaux marins à la Station Biologique de Roscoff, jusqu'à l'astrophysique à l'observatoire du Pic du Midi, en passant par les travaux sur les couches minces chez Thales, eux-mêmes situés non loin du synchrotron Soleil.
Le dessin est simple mais suffisamment détaillé pour bien représenter les lieux et le matériel utilisé. Les explications scientifiques sont plutôt bien vulgarisées même si elles restent superficielles et paraissent légèrement absconses quand le sujet abordé se complique. Il y aussi une petite part d'humour même si je dois dire que j'y ai peu été réceptif.

La visite de chacun de ces laboratoires est certes intéressante mais elle n'a jamais su vraiment me captiver. Les reportages en question m'ont paru soit trop succincts, soit peu palpitants. Cela ressemble un peu trop à une suite de brefs aperçus sur des sujets de recherche et des lieux, comme une sorte de catalogue qui ne rentrerait pas dans les détails et donc a du mal à captiver outre mesure son lecteur. Il manque à mes yeux une accentuation soit vers davantage d'explications scientifiques pour instruire un lecteur un peu plus adulte, soit vers davantage d'humour pour apprendre en s'amusant. A titre de comparaison, je trouve les cours du Professeur Moustache de la blogueuse Marion Montaigne nettement plus drôles et instructifs à la fois puisqu'il s'agit de récits didactiques tout aussi courts mais aussi scientifiquement corrects que complètement délirants au niveau de la narration.

J'ai cependant beaucoup apprécié dans cet album la douzaine de pages finales décrivant de manière concise et complète, avec textes et photos à l'appui, les détails des dix laboratoires visités par Jean-Yves Duhoo. Cela permet d'obtenir plus d'explications sur leurs recherches, leurs origines, le nombre de chercheurs et donne la possibilité de se renseigner plus précisément sur l'un ou l'autre d'entre eux.

Le Labo est le genre de bande dessinée documentaire dont je conseillerais l'achat pour les CDI ou les bibliothèques. Elle est instructive, variée et plutôt bien vulgarisée pour un lectorat adolescent ou adulte néophyte.

Nom série  Paul à Québec  posté le 16/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Jusqu'à présent, je n'ai jamais trop accroché aux albums de la série des Paul de Michel Rabagliati. Je les trouve sympas, intéressants, parfois un peu touchants, mais je n'en fais pas une passion. C'est comme de lire un blog, une sensation légère de voyeurisme, de découvrir la vie d'un autre (même s'il est ici fictif) et la comparer à la sienne, mais je n'ai pour autant jamais trouvé ça indispensable.
Avec cet album primé à Angoulême, je fondais un peu plus d'espoir mais, même si lui aussi je l'ai trouvé bien, je n'ai pas non plus été vraiment transporté.

Pour en avoir entendu un peu parler auparavant, dès l'entame de l'ouvrage je savais de quoi il allait être question. Contrairement à l'album précédent, Paul à la pêche, celui-ci est structuré du début à la fin sur un unique sujet : la mort d'un proche.
Cela commence par la mise en situation, la description du bonheur actuel de ce personnage, quelques ans avant sa maladie. Puis l'auteur approfondit un peu plus la description de sa personnalité, profitant d'une conversation entre Paul et lui pour raconter une partie de son passé et de son enfance difficile. Puis viennent la maladie, la faiblesse, le transfert dans une maison de soins palliatifs et la longue veillée auprès du mourant jusqu'à la conclusion fatale. Tout cela est raconté avec justesse et sincérité. Pas de pathos, un peu d'humour et de bonne humeur par-ci par-là, mais tout reste réaliste et plein d'empathie.
Pour autant, à part quelques passages précis et notamment les toutes dernières pages, je n'ai guère été touché. Du moins, pas plus que pour n'importe quel autre récit abordant un sujet aussi émotionnellement sensible que celui-là. Il est très facile de m'arracher des larmes et des émotions sur des sujets tels que la famille, la mort et plus encore quand on parle d'enfants. Abordant un sujet similaire, cet album avait donc le potentiel de m'émouvoir bien davantage. Mais là non, je suis resté assez neutre, ni transporté ni vraiment ennuyé.
Ca n'en reste pas moins une lecture de bon niveau.

Nom série  Les Crocs d'ébène  posté le 15/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ancien fan de "Livres dont vous êtes le héros" (LDVELH) , je ne peux pas résister à la lecture d'une BD interactive sur le même principe. Celle-ci en est une dans la pure veine du genre, complètement inspirée par ces livres qui faisaient fureur dans la jeunesse des années 80. Mais hélas, elle n'est franchement pas terrible, tant sur le plan de la BD que de la lecture ludique...

L'aspect kistchissime saute aux yeux dès la couverture. Les couleurs sont très moches, enlaidissant un dessin qui, de son côté, est correct sans plus.
Le personnage principal est un pur américain, soldat des forces spéciales durant la guerre du Vietnam, le héros parfait des films d'action US de l'époque. Et le voilà plongé dans un univers heroic-fantasy tout ce qu'il y a de plus cliché, avec sa foule de noms fictifs biscornus, ses monstres, ses esclavagistes, ses dangereux sorciers, sa belle reine qui tombe dans les bras du héros, et... et bien sûr celui-ci est l'élu qui va sauver ce monde d'un terrible danger !

Bon, pourquoi pas, du moment que c'est bien raconté ?... Mais ça ne l'est pas du tout.
D'abord, au niveau de la trame de livre dont vous êtes le héros, nous sommes dans le cadre de ce qu'on appelle un "one true path", c'est-à-dire que très vite on réalise qu'il n'y a presque aucun choix : à quelques exceptions et minuscules détours près, soit vous prenez la bonne décision, soit vous mourez. C'en est régulièrement très frustrant car ce sont de vrais coups de hasard ; soit vous tournez à droite et vous trouvez le trésor, soit vous tournez à gauche et vous mourez. Que choisissez-vous ? C'est d'autant plus agaçant que ces morts sont le plus souvent absurdes, abruptes et absolument pas prévisibles avant de faire le choix.
Ce qui ajoute à la pénibilité de l'ensemble, ce sont aussi les sauts d'un bout à l'autre de l'album. Autant en LDVELH, quand à chaque chapitre vous avez une petite somme de texte à lire, cela passe, mais quand dans cette BD vous devez tourner 50 pages pour voir une case muette qui vous renvoie ensuite 40 pages en arrière vers une nouvelle case muette et ainsi de suite, la lecture est vraiment lourdingue.
A noter également un passage ludique complètement raté où il vous faut avoir repéré de nombreux chapitres auparavant un nombre à peine déchiffrable dans le dessin d'une case au hasard du récit pour le réutiliser plus tard à un moment clé sans quoi vous êtes assurés de mourir. J'ai dû parcourir tout l'album pour découvrir quel était ce nombre dans le chapitre où il devait me mener, puis ensuite seulement le chercher difficilement dans l'image où on était sensé l'avoir repéré et comprendre la logique qui aurait pu m'amener à penser à ce nombre au moment voulu... Mal foutu et très frustrant au niveau du jeu.

Par contre, le cheminement unique du scénario permet une lecture relativement longue et dense. En effet, comme il y a très peu de réelles options possibles, le scénariste a pris ses aises pour développer un scénario certes basique mais structuré en plusieurs grands épisodes finalement bien variées : d'abord une courte introduction au Vietnam puis l'arrivée dans le désert du monde fantasy et sa traversée, puis une enquête contre un dangereux sorcier dans la capitale de ce monde, puis un peu de politique-assassinat, puis la recherche d'un allié magicien, puis la route vers la confrontation finale.
Malgré le côté pénible de la lecture-jeu, une intrigue très superficielle et l'abondance de clichés, on en a donc pour son argent en terme de quantité de lecture et de variété des péripéties.
Et puis il y a aussi une petite part d'humour disséminée par-ci par-là (notamment un problème face à un puissant sorcier réglé à coup de grenades qui m'a assez amusé) et un peu d'érotisme qui font que la lecture n'est pas si désagréable.

Mais c'est quand même très loin d'une bonne BD et très loin d'être une bonne histoire dont vous êtes le héros.

Nom série  Iron Man - La guerre des Armures  posté le 11/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Finalement, sans prendre en compte les films récents, je ne connaissais Iron Man que par le biais d'histoires mettant en scène les Vengeurs. Je n'avais jamais fait davantage que feuilleter des histoires de lui en solo. Cet album fut donc pour moi l'occasion de découvrir pour de bon un récit complet emblématique des récits typiques de ce super-héros, au même titre que le Diable en bouteille.

Le dessin m'est apparu agréablement désuet, à même de réveiller la nostalgie des lecteurs de comics de l'époque. On reconnait vraiment le style des années 80. Plutôt maîtrisé, son côté rétro, plus ou moins guindé et figé, n'est quand même pas à même de plaire à tout le monde. La colorisation aussi est bien typique de l'époque avec des aplats tout propres mais sans grande vitalité.

Le scénario tient la route mais je dois dire que je ne l'ai pas trouvé tellement palpitant. Dès les premières pages, l'intrigue est dévoilée : Tony Stark, par le biais d'Iron Man, va s'attaquer successivement à de nombreux combattants, des super-vilains mais aussi quelques représentants de la Loi, pour détruire les circuits de sa création qui ont été intégrés à son insu dans leur armures. Du coup, cette vendetta personnelle va attirer sur lui la désapprobation de la population, des autres super-héros, du gouvernement et du SHIELD et Tony Stark va devoir faire avec. Puis viendra vers la fin un grand méchant sorti un peu du chapeau et un combat final sans grande surprise.
Même si cela se lit bien, j'ai trouvé que le récit manquait de rythme et de percussion. Je n'ai jamais été vraiment passionné par cette lecture qui n'a pas su me surprendre. Une planche du premier chapitre m'a laissé espérer une confrontation entre Iron Man et Fatalis mais elle n'aura jamais lieu et les guerriers en armure auxquels Stark s'oppose n'avaient pas vraiment de saveur à mes yeux.

Instructif sur le personnage de Stark, cette histoire se lit comme un divertissement acceptable mais je ne suis pas vraiment tombé sous son charme. Il y a mieux en matière de récits de super-héros.

Nom série  La Peur du rouge  posté le 09/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Une fois de plus, la collection Shampooing de Delcourt édite en album le contenu d'un blog BD. Dans ces cas-là, il est d'ordinaire difficile de conseiller l'achat d'une lecture disponible gratuitement sur le net. Pourtant celle-ci se démarque par un contenu relativement fort sur le plan émotionnel.

Ce récit est dans la lignée de l'album Pattes d'éph & col roulé qui regroupaient plusieurs histoires mettant en scène les péripéties du jeune adolescent qu'était Fred Neidhart. On y retrouve le même héros autobiographique et son entourage aux faciès animaliers.
L'intrigue se déroule dans le cadre par un voyage scolaire à Berlin. Le jeune Neidhart va y découvrir les "horreurs" du communisme contre lequel sa famille de droite l'a largement mis en garde. Cela commence donc comme une petite balade touristique intéressante agrémentée de discussions graveleuses et de conneries d'adolescents, le tout dans une ambiance fin 70s début 80s.
Mais cet aspect de l'album n'est qu'une façade, une mise en place, pour une seconde partie de récit nettement plus... déstabilisante. En effet, le jeune Neidhart va profiter de son séjour pour partir un peu à l'aventure seul dans les rues Berlinoises, à la recherche d'une idole adolescente. Il va alors lui arriver une expérience d'autant plus traumatisante pour un enfant de 13 ans qu'on ne sait estimer s'il s'agit d'une histoire vraie ou si l'auteur joue la carte de la fiction ou de l'exagération. Qu'il s'agisse d'une mise à nu en forme de témoignage au réalisme cru ou d'une dénonciation de faits imaginaires mais qui auraient pu arriver à n'importe qui, c'est en tout cas très dérangeant.

Le tout est mis en image de fort belle manière, avec un trait animalier de plus en plus maîtrisé et des cadrages qui ajoutent à la force de la narration.
La dureté du passage clé du récit est en outre compensée par un humour discret mais bien présent, une sorte de cynisme qu'on espère salvateur si l'histoire est vraie. La conclusion en forme de boutade caustique lors de l'élection de Mitterrand en 1981 est bien représentative de cet état d'esprit semi ironique.
Bref, c'est une bonne lecture, à mi-chemin entre balade touristique, nostalgie d'une époque révolue et révélation d'une douleur intime.

Nom série  Le Recul du Fusil  posté le 08/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série aborde la période historique ayant précédé la seconde guerre mondiale, et plus spécifiquement le sujet de la guerre civile espagnole. Celle-ci est cependant vue, pour commencer en tout cas, par un oeil extérieur et distant, celui d'un jeune provençal monté à Paris pour ses études et qui ne fait, au départ, qu'en entendre parler par le biais de l'actualité et des fréquentations communistes de son meilleur ami.

C'est toute la vie parisienne de 1936 qui est abordée dans le premier tome de cette bande dessinée. Fernand côtoiera en effet aussi bien les classes populaires et les militants communistes que la bourgeoisie. Il vivra aussi bien une romance sans espoir avec sa belle voisine de la haute société que des coucheries avec des prostituées des bas quartiers ou encore une courte aventure essentiellement pécuniaire avec une belle artiste plus intéressée par l'argent que par l'amour. Il connaîtra aussi bien l'amitié avec des gens dont il ne se sentait aucunement proche au départ que les engueulades avec ses anciens amis. Et il finira par être à la fois confronté à une milice fasciste et à devoir, bien contre son gré, rendre des comptes à la justice.
voilà donc un premier tome très dense, un peu dispersé, à tel point qu'on en est parfois à se demander où l'auteur veut en venir avant que les choses ne se précisent à la toute fin de l'album et que le véritable thème de la série se dévoile. C'est en tout cas un intéressant tour d'horizon historique, social et un peu romantique, qui redonne vie d'agréable manière au Paris des années 30.
Le dessin lui aussi est agréable, souple et vivant. La lecture coule sans accroc.

Il est juste regrettable que le scénario manque un peu d'accroche à force de s'égailler en nombreuses sous-intrigues. Du coup, on suit ce récit comme un divertissement instructif mais qui ne marque pas vraiment la mémoire ni par son originalité ni par son émotion.
Attendons la suite...

Nom série  Princesse Suplex  posté le 06/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J'ai peu de choses à dire sur cet album tant sa lecture me fut rapide et tant elle n'a pas su me toucher.
Il met en scène avec sincérité des filles visiblement sympas qui s'échappent de leur morne quotidien par une activité physique que vous aurez rapidement devinée au vu du titre et de la couverture, activité durant laquelle elles jouent un rôle qui la transforme, les fait devenir une autre, avec une autre vie.
OK... Soit...
Seulement, j'ai envie de dire "et après ?". J'y vois l'introduction d'un récit, pas un récit en lui-même. Je reste complètement sur ma faim et, comme dit plus haut, cela ne suffit pas pour me toucher, me divertir ou m'intéresser.

Nom série  Mon petit nombril  posté le 06/09/2010 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est une adaptation papier d'un blog BD. Celui-ci a la particularité, s'il en est, d'avoir un auteur québécois. Ses récits sont donc largement empreints de cette ambiance canadienne, avec son argot particulier et ses décors souvent enneigés. Un agréable dépaysement pour un lecteur français tel que moi.

Mais Pascal Colpron raconte avant tout son quotidien familial et surtout sa vie de père d'une petite fille. Car comme il se définit, il est papa à plein temps, à s'extasier devant les premiers babillements de son bébé, devant les "gros calins" de sa fille, et il partage le tout avec sa femme qui est, elle aussi, l'amour de sa vie. Tout cela est attachant et mignon.
Cela parle d'autant plus à un lecteur comme moi que l'auteur se présente également par le biais de son métier, dessinateur notamment dans le domaine de l'animation, et fan de BD, rencontrant par-ci par-là d'autres auteurs canadiens. Voilà qui donnera une petite fille éduquée dans une ambiance de super-héros et autres Wolverine.

Le dessin est le point fort de cet album. Le trait de Pascal Colpron est vraiment sympathique, souple et maîtrisé. Autant dans les premières pages, on y sent la patte de l'animation, autant il gagne en aisance au fil du temps pour se rapprocher à mes yeux d'un style comme celui de George Bess.

Les histoires courtes, longues d'une ou deux planches en moyenne et dotées le plus souvent d'un gag final, sont sincères et attachantes mais elles se révèlent un peu trop anecdotiques, sans grande surprise. La narration est bonne mais le style n'est pas des plus originaux. L'humour y est certes présent mais j'ai fait rarement plus qu'en sourire.
Du coup, malgré les quelques inédits que contient l'album, son achat n'a rien d'indispensable à mon goût.

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