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Nom série  Faida  posté le 09/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai plaisir à retrouver le scénariste de « Braquages et Bras Cassés » car cet album m’avait beaucoup plu par sa construction originale et son implantation régionale. Deux qualités que je retrouve partiellement dans cette nouvelle série.

Implantation régionale puisque l’album a pour personnages principaux une famille d’origine Italienne dont certains membres sont venus s’installer en Belgique du temps des charbonnages. Voilà qui parle au Liégeois que je suis.

Construction originale puisque le récit oscille entre roman graphique, road-movie et drame familiale… Bon, d’accord, c’est moins original que « Braquages et Bras Cassés » mais c’est quand même plaisant à suivre, et le suspense est même mieux dosé, je trouve. La narration est vive, les personnages sont bien typés et à la fin de ce premier tome les zones d’ombre sont nombreuses.

Côté dessin, ce n’est plus le père de Benjamin Fischer qui s’y colle mais son oncle. J’avoue ne pas spécialement aimer ce trait que je trouve peu fin (je pense qu’il y gagnerait à être réduit). Ce n’est en tous les cas pas pour lui que je me suis plongé dans cette lecture. Mais une fois dans le récit, je n’ai plus spécialement fait gaffe au dessin. C’est la preuve qu’il apporte le nécessaire. Par ailleurs, je pense que les fans de Walthéry et de son "école" devraient apprécier.

Au final, j’ai plutôt bien aimé cette entrée en matière. Le retour aux sources de la petite mama acariâtre est amusant et le personnage d’Anna ne demande qu’à grandir en découvrant les mystères de famille dans lesquels ont poussé ses racines.

Nom série  Rose  posté le 09/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La force de cette nouvelle série réside à mes yeux dans son mystère. Un mystère qui se développe sur plusieurs axes et qui tient donc le lecteur en haleine. Nous avons en effet, d’une part, une héroïne qui dispose de la capacité de sortir de son corps (à la manière d’un voyage astral), ce qui est bien utile lorsqu’on se retrouve au cœur d’une intrigue policière, d’autre part un bâtiment touché par une étrange malédiction et dans lequel sont coincés trois fantômes, ailleurs encore, des meurtres liés entre eux par des tableaux et enfin une mère dont l’absence semble être à l’origine du (ou des) problème(s).

Le récit ne cesse donc de rebondir. Ce premier tome se lit vite et les surprises foisonnent. Chaque élément pris séparément n’est pas très original mais l’ensemble est bien foutu et intrigant. La gageure va être de parvenir à harmoniser cet ensemble afin que le lecteur n’ait pas le sentiment d’une certaine forme d’inutilité pour certains des aspects du récit.

Côté dessin, je trouve que ce trait manque de netteté, de tranchant. Il n’est pas désagréable pour autant et son aspect un peu flou convient bien à cet univers de mystère et de fantômes. Disons que je ne me serais pas arrêté sur l’album pour son dessin mais que celui-ci est tout sauf un frein à la lecture.

Je suis curieux de lire la suite.

Nom série  Happy Project  posté le 08/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sans être aussi enthousiaste que Gaston, j’ai un grand plaisir à reconnaître que cette série est fichtrement efficace.

L’histoire se construit avant tout autour des relations entre les personnages, du coup l’absence de décors dans le dessin ne se fait pas spécialement ressentir. Les différents physiques ont beau être proches, l’auteur parvient à bien singulariser les faciès de telle sorte que les confusions sont rares. Voici déjà deux écueils propres aux mangas évités. Pour le reste, le trait est soigné et typiquement manga. J’ai déjà vu mieux mais aussi souvent plus brouillon, Hirokazu Ochiai se classe donc dans la bonne moyenne.

Mais revenons au scénario. Si l’idée de départ n’est pas mauvaise quoique peu réaliste, le point fort de la série réside bien plus dans la manière dont l’auteur parvient à faire évoluer et interagir ses personnages. J’ai vite été pris par ces jeux d’influence, on s’attend à quelque chose de très prévisible… et puis on s’en éloigne, pour y revenir et s’en éloigner encore et y revenir. Comme la série est courte, la lassitude n’a pas le temps de s’installer.

Petite remarque : la série se compose en fait de deux histoires. La première couvre les trois premiers tomes et le premier chapitre du quatrième tome. La deuxième histoire, qui n’a pas de rapport direct avec la première même si elle a le même cadre du Happy Project (une réunion de jeunes de 18 ans organisée par l’état afin de favoriser les mariages), compose la majeure partie du quatrième tome. Les deux histoires sont agréables à suivre, on n’a donc pas le sentiment que ce quatrième tome soit un bouche-trou.

Plaisant.

Nom série  Motorcity  posté le 08/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Pour parvenir à nous offrir un cadre original dans cette collection dédiée à l’iconographie de l’Amérique des années ’50, Sylvain Runberg a recours à une astuce bien agréable. Du coup, nous nous retrouvons en Suède pour un polar à la fois étonnant et classique.

L’univers, pour peu que l’on soit habitué aux récits policiers scandinaves, est assez prévisible. Le petit bled paumé, le secret de famille, les barjots du coin, la flic qui revient sur les lieux de son enfance : cela ressemble de plus en plus à un cahier des charges inévitable dès que l’on s’attaque au genre. Reste que l’on s’attendait à se retrouver en Amérique durant les années ’50 et que ce n’est donc pas le cas. L’intrigue, elle, se construit sur deux axes. C’est bien fait et Sylvain Runberg sait maintenir l’attention de ses lecteurs… mais c’est sans réelle surprise.

Le dessin de Philippe Berthet reste égal à lui-même et convient parfaitement à cette collection. Je pense que l’artiste a pris son pied avec toutes ces carrosseries américaines à reproduire, ces personnages féminins séduisants et ces gueules masculines bien torchées. Son style en ligne claire est une garantie de lisibilité et Berthet parvient toujours à insuffler le dynamisme nécessaire à ce type de trait qui peut faussement paraître figé au départ.

Au final, Motorcity n’est certainement pas un mauvais album et il ravira à coup sûr les lecteurs peu habitués à la trame des polars nordiques. Pour les autres, je crains que la résolution de l’enquête soit sans surprise, ce qui gâche quelque peu le plaisir de lecture.

Je ne déconseille pas l'achat mais ne considère pas non plus qu'il s'agit là d'une priorité.

Nom série  Jolly Jumper ne répond plus  posté le 08/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai beaucoup aimé cette vision très personnelle de Lucky Luke, de son univers et de ses principes fondamentaux. Bouzard parvient à la fois à nous faire rire du personnage et à nous faire ressentir toute l’affection qu’il éprouve pour ce dernier.

Contrairement à l’album signé par Matthieu Bonhomme (« L'Homme qui tua Lucky Luke »), Bouzard ne cherche pas à produire un nouvel album de l’homme qui tire plus vite que son ombre mais nous offre sa vision du personnage (requalifié de l’homme qui a eu l’idée de tirer sur son ombre pour la circonstance). Lucky Luke y apparait naïf voire profondément neuneu. Le point de départ du récit démontre de l’impertinence du propos : Jolly Jumper ne répond plus quand Lucky Luke lui parle… Fondamentalement, vous avez déjà vu un cheval répondre, vous ? Voilà ! Le ton est donné.

Ici, l’humour passe avant tout par des dialogues souvent absurdes qui jouent avec les tics de la série (Jack Dalton, c’est le moyen petit ou le moyen grand ?) mais le scénario n’est pas en reste et nous permet de retrouver une bonne partie des personnages qui ont fait la série. L’histoire tient la route même si elle n’est que prétexte à une revisite très libre de l’univers du héros.

J’ai éclaté de rire sur certains dialogues (« je vais l’emmener en vacances à Arcachon ! »), apprécié la manière dont l’auteur glisse plus d’un titre mythique de la série dans ceux-ci, je me suis amusé de voir Lucky Luke chercher à renouveler sa garde-robe. Le dessin épuré et expressif nous éloigne, lui aussi, de la série d’origine, ce que certains puristes risquent de ne pas du tout apprécier. Surtout n’espérez pas trouver ici un nouvel album de Lucky Luke mais bien un hommage parodique à ce dernier.

Je ne regrette en tous les cas pas mon achat mais si je devais émettre une critique, ce serait que la fin du récit tombe un peu à plat. J’ai fini ma lecture sur une note moyenne alors que dans son ensemble l’album m’a offert ce que j’espérais.

Nom série  I hate fairyland  posté le 03/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Jouissive ! Voilà sans doute le terme qui caractérise le mieux cette nouvelle série, profondément décalée et excessive en tout (mais vachement bien maîtrisée, mine de rien, dans le développement de son scénario). L’idée de départ est amusante et très bien exploitée dans ce premier tome. La folie furieuse de notre héroïne anime on ne peut mieux ce monde merveilleux et les oppositions de caractère offrent matière à de nombreux gags.

Se dégagent rapidement quatre personnages :

- tout d’abord Gertrude, idiote enfant gâtée devenue adulte aigrie, violente et extrême ;
- son guide, ensuite, luciole flegmatique, peu motivé mais qui essaie tout de même de contenir les excès de sa protégée ;
- la reine, on ne peut plus exaspérée par Gertrude, et qui cherche une solution pour débarrasser le Pays Merveilleux de cette horreur de la nature humaine ;
- Happy, tendre enfant émerveillée par cet univers qu’elle découvre avec ses grands yeux emplis d’étoiles (mais qui ne s’en laisse pas compter pour autant).

Les interactions entre ces différents personnages nourrissent le récit pour le relancer sans cesse. Voici le premier ressort comique.

Deuxième ressort : l’univers même dans lequel se déroule cette histoire. Un monde merveilleux, un univers de conte de fée d’apparence classique mais traité avec le plus grand irrespect par Skottie Young. Le trait cartoonesque de l’auteur joue en plein pour rendre cet univers totalement parodique. Les poétiques petites étoiles qui se font dégommer, les soldats champignons réduits à des « têtes de gland », l’ensemble de cet univers est altéré par la trublion démente incarnée par Gertrude.

Troisième ressort comique : le langage fleuri de l’héroïne, dont les jurons sont autocensurés au travers d’expressions en rapport avec la nourriture (je vous laisse deviner ce qui se cache derrière un « sucreur de frites » pour exemple).

A la longue, ce type de concept risque de s’épuiser mais dans le cas présent, ce premier tome tient largement la distance. Je suis on ne peut plus partant pour en reprendre un second mais j’espère que Skottie Young aura l’intelligence de s’arrêter à temps. Quoiqu’il en soit, si vous êtes à la recherche d’un récit humoristique décalé qui taille à la hache mal aiguisée l’univers kawaï des contes de fées, je vous suggère furieusement de faire une halte par ici.

Nom série  Moi, jardinier citadin  posté le 28/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Il me parait assez clair que ces deux albums s’adressent à un lectorat intéressé de prime abord par le jardinage. Si vous n’en avez rien à battre des légumes qui poussent au rythme des saisons, passez votre chemin, il n’y a rien à voir.

Maintenant qu’un premier tri est fait, je vous dirai que cette lecture ne m’a pas déplu mais qu’elle ne me sera pas utile. J’ai aimé plusieurs aspects du récit, comme la découverte du milieu du jardinage par un novice enthousiaste ou le parallèle dressé entre l’évolution du jardin et l’état de la compagne du héros (elle est enceinte). Cela donne un récit sincère et agréable à lire.

Du point de vue technique (parce que je pense que la personne qui lit ce genre de récit espère collecter quelques tuyaux de jardinerie au passage), je suis un peu resté sur ma faim. Logiquement, je m’empresse de le dire. La situation d’un jardin coréen n’est pas vraiment comparable à celle d’un jardin ardennais. Les plantes cultivées ne sont pas les mêmes. Seule la passion et le plaisir de transmettre un savoir sont identiques.

Au niveau du dessin, autant les aquarelles du jardin sont belles, autant le style caricatural utilisé pour dessiner les personnages ne les met pas en valeur. Entre la petite vieille qui a la morve qui lui coule constamment du nez et le petit gros qui pète à chaque fois qu’il doit faire un effort, les personnages sont gratinés. L’humour scato n’étant pas spécialement ma tasse de thé, je dois bien avouer que ces passages moqueurs ne sont pas mes préférés.

Il reste cet enthousiasme et cette vision réaliste de la culture potagère réalisée par des amateurs. Plaisant.

Nom série  Héritages  posté le 28/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
J’ai trouvé cette histoire peu convaincante.

Déjà, je trouve le dessin peu engageant. Ce n’est pas mauvais mais ça m’a donné une impression de flou, le sentiment que tout cela manquait de précision.

Ensuite, au niveau du scénario proprement dit, je trouve que c’est une bonne idée de parler de sorcières à notre époque mais on tombe ici dans des lieux communs avec des personnages passe-partout.

Et puis, il y a ces dialogues. Mous et qui semblent souvent s’égarer sur l’accessoire plutôt que de parler de l’essentiel. Je pense que l’on peut ne lire qu’une phrase sur cinq et ne rien rater de vital dans ce récit. Dans pareil cas de figure, il faut pour me séduire une qualité de plume très élevée. Je veux bien que l’on soit bavard, mais alors, si c’est pour ne rien dire, il faut me le dire avec style ! Et ici, c’est loin d’être le cas.

Et puis, il y a ces fautes grossières qui me laissent à penser que le livre n’a pas fait l’objet de l’attention à laquelle on est en droit de s’attendre de la part d’un éditeur comme Dupuis. Ce genre de scorie laissée derrière soi me laisse toujours penser que même l’éditeur ne croyait pas trop en son produit.

Nom série  Carla  posté le 27/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Ce petit recueil de nouvelles fleure bon les années ’80 avec un goût de new-wave dépressive prononcé. Un fil conducteur relie ces différentes nouvelles puisque nous suivons Carla dans sa tournée de taxi-girl.

Chaque client croisé est un cas bizarre et la mort rode sur toutes ces histoires. La narration en voix off est importante tandis que les dialogues sonnent d’une manière un peu artificielle, la faute à une écriture trop littéraire pour être honnête. Mais ces différents récits sont bien tournés, parfois classiques (comme cette histoire d’apparition qui ouvre l’album), parfois moins (la petite fille et le vieux monsieur qui animent le deuxième chapitre), parfois très sombre, parfois onirique, et parfois un peu tout ça à la fois. Ce n’est pas déplaisant à lire mais très daté.

Côté dessin, le style de Baudoin a un certain charme et si une ligne directrice émerge clairement, chaque nouvelle dispose de son propre traitement graphique. J’ai beaucoup aimé l’usage parcimonieux de la couleur (dans une seule nouvelle et avec un véritable sens narratif). Pour le reste, j’ai parfois eu le sentiment de voir un Comès qui aurait embrassé Munch –période Le Cri-, un Pratt qui se serait assombri ou encore José Muñoz. Que des grands noms, donc et pour la première fois j’ai compris l’engouement suscité par Baudoin (sans en devenir fan pour autant).

Un objet de curiosité, sans doute pas essentiel mais intéressant à lire si vous aimez les nouvelles sombres, étranges et froides. A n'acheter que si vous le trouvez à un bon prix. Sinon, je pense qu'un emprunt en bibliothèque suffit.

Nom série  les Royaumes Carnivores  posté le 23/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Après « Le Règne », voici une deuxième série qui met à l’honneur des animaux ayant évolué pour se rapprocher d’un modèle « humain », entendez par là qu’ils sont devenus bipèdes et que leur vie en société a fortement été modifiée. De plus, toutes ces races animales semblent avoir adopté un langage commun (oui, d’accord, là, pour le coup, ils semblent quand même être nettement moins cons que les humains). Mais ici s’arrêtent les comparaisons.

Or donc, il était une fois… quelques animaux de la savane africaine qui se seraient organisés en une société fortement hiérarchisée. Au sommet de la pyramide, les lions bien entendu. Notre entrée dans cet univers se fait grâce à une gazelle de Thompson, soit par le bas de l’échelle et nous nous retrouvons donc devant un grand classique (littérature, cinéma, sport, etc…) : le gars à qui on ne donnait aucune chance et qui, à force de courage, de volonté et grâce à sa noblesse d’âme, parvient à contrecarrer tous les pronostics. Dans le cas présent, son objectif va être de renverser l’ordre établi et donc les lions.

Ce genre de récit n’a de sens que s’il trouve écho dans notre société actuelle, car dans le cas contraire le lecteur, faute d’empathie, n’en aura que faire des états d’âme de la gazelle. Donc ici le lion symbolise le pouvoir bête et méchant mais aussi l’homme dans ce qu’il a de plus immonde. J’ai apprécié son rapport à la nourriture (à l’instar des humains, le lion s’est mis à gaspiller la nourriture au nom d’une gastronomie écologiquement absurde) et son évolution physique (des lions ventripotents, c’est plutôt bien vu). La gazelle, elle, symbolise les valeurs les plus nobles de l’homme : le courage, l’acceptation de la différence, le respect d’autrui. Un vrai saint, en somme, image d’autant plus pertinente qu’en matière de combat, la gazelle de Thomson, c’est quand même pas ça (elle serait plutôt du genre à rendre des points à la chèvre de monsieur Seguin, si vous voyez ce que je veux dire). Entre ces deux extrêmes, les autres races animales offrent des alliés (inattendus ou pas) aux uns et aux autres, en fonction des valeurs qu’ils défendent. Le résultat est donc basique mais pas plus con que d’autres récits construits sur cette opposition entre le bien fragile et le mal tout puissant (je vous épargne les exemples).

Au niveau de l’ambiance, nous nous retrouvons face à un manga qui se prend au sérieux. Le ton est plutôt dramatique et les occasions de rire sont rares (et pas vraiment volontaires, en fait faut même carrément avoir l’esprit pervers pour rire en voyant un bébé gazelle se faire bouffer le bassin par une lionne, je me demande encore ce qui m’a pris et m’excuse auprès de la maman gazelle). L’accent est surtout mis sur l’emphase, le grandiloquent… et les combats.

Parce que ça, des combats, il y en a ! Et pas qu’un peu ! Et même qu’ils s’étalent sur des chapitres entiers ! Et que si ce manga avait été en couleur, la pile de cartouches rouges vides aurait grandi dans des proportions inquiétantes à côté de l’imprimante. Heureusement, ces combats ne sont pas mal dessinés. Bien sûr on est dans l’esthétique chorégraphique emphatique asiatique mais, au moins, le séquençage est assez clair et logique. Donc, chez moi, ça passe. C’est pas ce que je préfère mais ça passe.

Au terme de ce premier tome, je peux dire que le contrat est rempli. L’évolution physique des animaux est presque crédible (pour qui dispose d’une bonne part de fantaisie), la structure et les rapports de force entre les différentes races sont assez bien vus, les péripéties ne manquent pas et les personnages importants se démarquent bien (là, on en est à une gazelle, une hyène, un lion, un léopard et un zèbre et j’attends avec impatience l’apparition du phacochère et du marabout, voire de la girafe si celle-ci devait se tenir sur ses pattes postérieures (ça pourrait être rigolo)).

A réserver aux fans de manga mais, dans le genre, c’est bien fait et original (même si la recette de base est très classique).

Nom série  Ninie Rezergoude  posté le 22/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Empruntés, lus, rendus. Les deux tomes qui composent cette histoire ne m’auront pas marqué, c’est le moins que l’on puisse dire. A titre personnel, j’ai trouvé le scénario mal fagoté et le dessin assez approximatif. Le côté décalé et second degré est sans doute ce qui m’a le plus plu.

Pour le reste, ça se laisse lire. Je suis déjà tombé sur des récits que je ne parvenais pas à terminer. Ici, ce n’est pas le cas… mais ce n’est quand même pas une bande dessinée que j’aurais envie de relire. A n’emprunter que si vous ne trouvez vraiment rien d’autre dans votre bibliothèque.

Nom série  Les Enfants de la Résistance  posté le 29/04/2015 (dernière MAJ le 22/02/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cette série du binôme Dugomier-Ers (déjà auteur des Les Démons d'Alexia et de Hell School) a une indéniable dimension pédagogique. Et un rapide coup d’œil sur le cahier situé à la fin des albums suffira à vous en convaincre.

Les auteurs ont donc décidé de nous (et quand je dis « nous », je pense plus particulièrement aux jeunes adolescents) parler de la vie quotidienne sous l’occupation allemande. Pour ce faire, ils nous proposent un trio central très classique (deux garçons, une fille, tous trois âgés de 12,13 ans au début de l’histoire) auquel le jeune lecteur s’identifiera sans problème. L’usage d’un faux journal intime et de la narration à la première personne accentue directement l’empathie ressentie pour ces personnages (c’est classique mais ça marche à tous les coups, pourquoi s’en priver ?)

L’histoire en elle-même n’est pas des plus originales et la série souffrira, je pense, de la comparaison avec « La Guerre des Lulus ». Mais comparaison n’est pas raison. Cette nouvelle création se démarque de la très bonne série susnommée dans le sens où elle cherche véritablement à instruire le lecteur. Et si le fil narratif se présente sous une forme très classique de récit d’aventure, la conception du scénario permet aux auteurs de parler de multiples sujets sur un ton plus professoral, plus didactique.

Et, honnêtement, un divertissement qui rend moins con, je trouve toujours ça bon à prendre. Et comme dès le début, le propos se veut nuancé (il y a du bon et du mauvais partout, chez l’occupé comme chez l’occupant, et pas toujours là où l’on croit le voir de prime abord), la série interpelle et incite à réflexion. De plus, après trois tomes, l'équilibre entre volonté d'instruire et souhait de distraire a été trouvé. Nous sommes maintenant très proches des personnages et leurs aventures ne sont plus du tout forcées (ce qui pouvait encore paraître être le cas dans le premier tome, comme si les auteurs voulaient tellement parler de certains aspects de la France sous l'occupation qu'ils forçaient leur scénario à aller dans la bonne direction). le troisième tome, à ce titre, offre vraiment un excellent récit d'aventure même sans tenir compte de sa dimension historique.

Enfin, il y a le dessin de Benoit Ers. Ce franco-belge bien typé garantit un plaisir de lecture, une facilité d’accès, l’expressivité et le dynamisme nécessaires pour convaincre un jeune lecteur (et les autres aussi, moi le premier) à jeter un œil aux planches… avant de ne plus pouvoir interrompre sa lecture. Cette opposition entre un dessin très frais et des propos plus sombres est devenue une des marques de fabrique des réalisations du duo. Nul doute que cette série ne fera pas exception à la règle.

Dans le genre, ce récit se révèle donc très bien. Il risque juste de souffrir de la comparaison avec les autres récits mettant des enfants en situation de guerre. Le petit plus apporté par son aspect éducatif prononcé en fera peut-être, lui, un bon support dans un cadre scolaire.

Nom série  Momo  posté le 22/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Si j’ai un reproche à faire à ce premier tome, c’est l’extrême lenteur de son début. Momo raconte le quotidien d’une gamine de 5 ans hébergée chez sa grand-mère tandis que son père est parti travailler en mer. Avec ce genre de thématique, on se doute bien que l’aventure ne va pas être trépidante mais le moins que l’on puisse écrire, c’est que les auteurs ont plaisir à prendre leur temps. Pour exemple, nous avons droit à une scène avec un poissonnier qui s’étale sur un grand nombre de pages avec un séquençage extrêmement découpé (on ne rate rien des actions et réactions des deux personnages). Là, j’ai vraiment craint de m’ennuyer.

Et puis… et puis, au fil des rencontres, la petite Momo et son caractère de cochon (il faut bien l’avouer) parvient à m’intriguer. Mais surtout, le récit se décentre, donnant de plus en plus d’importance à des personnages d’abord juste entrecroisés. Le poissonnier et le sans-abri, la bande de jeunes enfants, les relations entre Momo et une adolescente un peu rebelle, les jeunes glandeurs du village.

Tous ces personnages sont fondamentalement gentils. Il y a bien des problèmes relationnels entre eux mais ceux-ci résultent le plus souvent d’un manque de communication. Tout ça pour dire que Momo s’adresse avant tout aux jeunes lecteurs. En cela, le dessin très épuré de Rony Hotin (au passage, chapeau pour la couverture de ce premier tome que je trouve superbe de simplicité et d’expressivité) aide à la fluidité de la lecture. Des grandes cases très aérées, un trait rond et simple, des couleurs franches, voilà qui devrait séduire le public ciblé.

La série devrait se développer sous forme de diptyques et ce premier tome se termine sur une note dramatique qui donne envie de lire la suite.

A titre personnel, le personnage de Momo m’énerve un peu, je dois l’avouer (mais son profil est assez réaliste même si la gamine fait montre d’un sacré bagout et de beaucoup d’imagination), et je me suis beaucoup plus attaché aux personnages qui l’entourent qu’à elle-même. Mais pour ces derniers, j’ai bien envie de lire la suite de ces aventures.

Enfin, au terme de l’album les auteurs nous offrent quelques pages d’un journal intime. J’ai trouvé ce passage totalement réussi car intrigant. En effet, les auteurs ne donnent pas la parole à l’un des personnages les plus mis en avant dans ce premier tome mais, au contraire, à un adolescent a priori totalement effacé. Le découvrir sous un autre angle et découvrir sa propre vision de l’histoire et de son quotidien enrichit le récit. C’est une manière intelligente de faire sentir aux lecteurs que tous les personnages sont importants, que tous ressentent des émotions, que chacun voit un événement au travers de son propre regard, qui sera différent de celui de son voisin mais pas faussé pour la cause.

Franchement, autant j’ai eu du mal à rentrer dans le récit, autant j’en suis sorti sur un sentiment positif. Je lirai le deuxième tome avec grand plaisir et vous invite à découvrir ce récit certes peu original mais bien mené et peut-être bien plus riche qu’il ne le laisse paraître.

Nom série  Hypnos  posté le 22/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avant toutes autres considérations, je trouve agréable de retrouver cette structure d’une histoire complète par tome, structure qui offre le double avantage de ne pas frustrer le lecteur acheteur en cas d’abandon de la série tout en lui permettant de s’arrêter en cours de route si l’évolution de celle-ci ne devait plus le convaincre, et de donner la possibilité aux auteurs de développer leurs personnages au fil des tomes.

Les inconvénients de cette structure, car il y en a, sont souvent des premiers tomes soit trop riches, soit aux développements trop rapides. Il n’est en effet pas évident de faire tenir une histoire complète, de présenter des personnages, de développer une enquête policière et de laisser entrevoir des possibilités futures en un nombre restreint de pages. Et ce premier tome souffre un peu de ces maux… mais un peu seulement.

Le rythme élevé du récit nous permet de découvrir Camille et son passé. En quelques pages, elle va perdre son emploi, sombrer dans le banditisme, s’évader d’un asile, intégrer une … Non, je n’en dirai pas plus mais c’est un fait que les péripéties ne manquent pas et que l’usage d’ellipses est fréquent. Cela ne m’a pas dérangé car, si facilités scénaristiques il y a, l’ensemble tient bien la route pourvu que l’on ne cherche rien d’autre qu’un récit d’aventure divertissant s’appuyant sur un personnage central attachant et intéressant.

Le dessin de Futaki est assez sombre et on ne peut pas dire que le visage de Camille soit d’une grande finesse (j’aurais apprécié un peu plus de charme de ce point de vue). Ceci dit, le trait est dynamique et expressif et les décors sont soignés. Les cadrages très cinématographiques (sans tomber dans le spectaculaire inutile) accentuent encore ce sentiment de se trouver devant un bon petit film d’action.

Enfin, il y a l’époque et le cadre historique, plutôt bien employé dans ce premier tome et qui offre encore pas mal de possibilités pour les suivants. Les années 20, l’émancipation féminine (ou du moins les revendications de celles-ci et le statut des femmes de l’époque), Clémenceau, les mouvements anarchistes : voici quelques thèmes et quelques figures rencontrés dans « L’Apprentie ». Quant aux facultés d’hypnotiseuse de Camille, si elles sont déjà mises à contribution dans ce premier tome, elles méritent d’être exploitées d’une manière moins « banale » dans les prochains tomes. Et c’est là tout l’avantage d’avoir une série car Camille ne demande qu’à grandir (elle n’est qu’une novice en matière d’hypnotisme, il est donc plus que probable que son don va évoluer au fil des tomes).

Même si elle mérite d’encore grandir, je trouve cette série prometteuse et je me réjouis déjà de lire la suite. Pas mal du tout, en somme.

Nom série  Un bruit étrange et beau  posté le 20/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
A titre personnel, je n’ai pas été emballé par ce scénario. Pourtant, ça démarre plutôt bien avec ce personnage de moine qui a fait vœu de silence (en plus de tous les vœux habituels de sa secte, chasteté, pauvreté, vétusté, etc…) et se retrouve balancé dans le monde réel suite à une succession à laquelle il ne peut se dérober. Bon, certes c’est peu crédible (il pouvait renoncer à cette succession ou donner procuration à quelqu’un pour le représenter auprès du notaire) mais cela donne un bon point de départ.

Et puis, l’histoire suit son petit bonhomme de chemin… et je me suis ennuyé ferme. Notre bon moine retrouve des membres de sa famille, assez pittoresques mais pas inoubliables, touche son héritage, croise une jeune et jolie femme qui va lui faire comprendre que le voeu de chasteté, ce n'est pas un bon plan (elle aurait été sympa mais moche que c'eut sans doute été plus facile), renonce à quelques un de ses vœux au passage et rentre bien sagement au bercail. J’ai franchement eu du mal à croire au personnage, à la facilité avec laquelle il s’octroie finalement une parenthèse dans ce qui semblait être le sens profond de sa vie. Qu’il change de vie, je veux bien, qu’il se comporte comme un gamin qui remarque que les surveillants sont trop loin pour le voir… ben, pour un moine, je trouve que ça manque vachement de maturité. Surtout qu'il est censé être convaincu que tous ses faits et gestes sont observés et jugés par son dieu.

Le découpage est aussi minimaliste que le scénario. Pas mauvais en soi mais ces grandes cases fort dépouillées et aux teintes monochromes sont très vite parcourues même si le trait de Zep y est souvent très agréable.

Lu une fois et très certainement oublié d’ici peu. Entre le « pas mal » pour le côté zen et serein du scénario et le « bof » qui reflète mon empathie pour des personnages auxquels je ne me suis absolument pas attaché (je ne peux même pas dire que je les déteste, non. Je les trouve juste sans intérêt).

Nom série  Valérian  posté le 14/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Valérian, à mes yeux, c’est la preuve même que donner du temps à une série est parfois nécessaire si l’on veut obtenir une œuvre résolument novatrice.

Car il ne faut pas se leurrer, les deux premiers tomes sont plus que moyens. Construits sur le principe du voyage dans le temps (sans quitter notre bonne vieille terre), dessinés avec un enthousiasme maladroit (mais communicatif), ces deux albums ne laissent en rien présager ce qui va suivre. Ce n’est qu’au fil des tomes que la série va développer des thèmes qui la différencieront de toutes les séries de science-fiction de l’époque. Il ne faut pas oublier que nous sommes alors à la fin des années ’60. Le héros de science-fiction de l’époque, c’est un grand castard qui maîtrise une technologie futuriste de pointe. Ses rencontres avec d’autres civilisations se résument à des bourres pifs face aux représentants de civilisations perfides barbares et/ou primitives.

Valérian va balayer tout ça, avec un personnage principal à l’opposé du héros traditionnel, un agent spatio-temporel touchant de maladresse, un charmeur parfois suffisant qui ne serait rien sans sa compagne d’aventure, la troublante Laureline. Les civilisations qu’ils vont croiser ne sont pas primaires ni construites sur un modèle unique. La nature même des formes de vie est diversifiée et démontre d’une véritable quête de fantaisie, d’une réelle volonté de sortir des lieux communs.

Grâce à ces aventures, Christin ne va pas seulement renouveler le style en divertissant ses lecteurs. Il va leur permettre de réfléchir à la société dans laquelle ils vivent. Je demeure convaincu à ce jour que Valérian a été une des étincelles qui, chez les jeunes lecteurs de l’époque, a éveillé leur conscience politique. Mais sans faire montre de démagogie ! Simplement, insidieusement serais-je tenté de dire, en montrant différentes formes de société, en parlant sans avoir l’air d’y toucher de féminisme, de racisme, de la société des loisirs, de vie en communauté. Et cela sans jamais oublier le caractère distrayant de la bande dessinée ! Car Valérian, ça reste avant toutes choses, des albums amusants, prenants, vivants !

Le dessin de Mezières va, à l’image de la série, suivre une courbe ascendante. Son découpage audacieux n’est pas toujours logique (le nombre de fois où j’ai lu certaines cases dans le désordre !!!) mais permet de composer des planches très visuelles, très immersives. Le trait, lui, va s’affiner au fil des planches. La grande force de l’artiste restera cependant dans sa facilité à enrichir son univers grâce à des personnages et à des décors originaux, différents, intrigants.

La série est actuellement rééditée sous forme d’intégrale en surfant sur la vague de curiosité suscitée par l’adaptation que veut en faire Luc Besson. Je ne suis pas convaincu qu’un jeune lecteur y trouvera son compte, l’époque n’est plus la même, et je dois bien avouer craindre un peu ce film, mais cette intégrale, soignée et enrichie d’entretiens avec les auteurs (et avec Luc Besson), est une belle occasion d’acquérir la série complète à moindre frais. Et relire ces albums permet de constater combien cette série a influencé les auteurs de sf d’aujourd’hui (« Orbital » et « Le Cycle de Cyann » sont pour moi deux exemples de séries où l’influence de Valérian est manifeste).

Nom série  Blueberry  posté le 12/08/2010 (dernière MAJ le 14/02/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Culte ! Ni plus ni moins. Et ce même si les derniers tomes n’offrent plus la même consistance.

Avec Blueberry, Jean-Michel Charlier signe peut-être ses meilleurs scénarios. La série, qui se divise en multiples cycles plus ou moins courts, offre des histoires mouvementées, riches en rebondissements et au suspense très classique. La série a fixé une série de règles qui pourraient la rendre stéréotypée pour un nouveau lecteur. Ce serait oublier la date à laquelle Blueberry est apparu.

Charlier parvient à trouver un style à mi-chemin entre le western américain et le western italien. Il parvient à conserver un souffle épique, un style empli de panache tout en offrant des personnages loin d’être parfaits, une vision du far-west plus proche de la réalité mais sans détruire le mythe.

Le dessin de Giraud est excellent et étonnamment précis pour l’époque. Les planches sont soignées, riches en détails et pourtant toujours lisibles.

Chaque tome offre sa dose de matière. Lire un Blueberry ne se fait pas en 15 secondes, mais cette lecture me passionne tellement que, et d’une je ne vois pas le temps passer, et de deux je ne peux m’arrêter avant d’avoir fini le cycle entier (quitte à récupérer en lieu et place de spaghetti al dente une masse informe au fond d’une casserole dont la moitié de l’eau s’est évaporée).

Le seul reproche que je fais à la série, c’est qu’elle est responsable de ma confusion entre Joseph Gillain et Jean Giraud. Longtemps, j’ai cru que ces deux auteurs n’étaient qu’une et même personne. En effet, Jijé signe la première couverture, ainsi que plusieurs planches dans les premiers tomes, le reste est souvent signé Gir. Hors, Jijé = JG, soit les initiales de … Jean Giraud. Les styles des deux auteurs étant proches l’un de l’autre, la confusion était totale dans mon esprit et il me faudra des années pour enfin parvenir à différencier ces deux géants de la bande dessinée.

Cela n’enlève cependant rien à la qualité de cet immense classique de la bande dessinée, dont plus d’une série s’inspirera par la suite (Comanche en tête).

Et comme la série bénéficie actuellement d'une nouvelle édition en intégrale, je vous invite chaleureusement à y jeter un oeil très attentif ! Cette intégrale est, en effet, extrêmement bien foutue et apporte un réel plus aux lecteurs. On y retrouve, pèle-mêle, des planches de présentation parues dans le journal Pilote à l'époque, des interviews des auteurs, des anecdotes sur l'élaboration de certains scénarios, des comparaisons de découpages entre les planches parues dans le journal et celles de l'édition en album. L'amateur que je suis se régale !

Nom série  Escobar - El Patron  posté le 14/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bien que certains faits d’arme antérieurs soient évoqués, cet album se concentre sur les deux dernières années de la vie de Pablo Escobar, celles qui l’ont vu tenter d’échapper à l’extradition et à la mort depuis sa prison dorée, un véritable hôtel de luxe.

D’un point de vue historique, l’album est très instructif mais aucunement didactique. Les auteurs ont réussi à construire un récit vif et tendu sur base de faits réels, s’éloignant ainsi des classiques biographies pour nous offrir un thriller efficace (même si on en connait la fin dès le début, réalité historique oblige).

Le dessin est un peu étrange au premier regard. Il peut sembler maladroit car son auteur déforme souvent les perspectives mais ce style lui donne une identité propre. Très lisible, il ne constitue en aucun cas un frein à la lecture mais risque de rebuter certains du fait de son apparent manque de rigueur.

Le résultat, c’est à mes yeux un bon album de bande dessinée. Si les sujets historiques du XXème siècle vous intéressent ou si les criminels d’envergure vous fascinent, je vous en conseille la lecture. Dans le cas contraire, je pense que l’album, bien que de qualité, ne vous convaincra que moyennement tant nous sommes là dans de la pure évocation historique.

Je ne conseille pas l'achat au lecteur lambda mais l'album mérite un regard attentif de la part des amateurs du genre.

Nom série  Star Fuckers  posté le 14/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Depuis quelques temps, je porte une attention certaine aux nouvelles sorties de l’éditeur Kennes. Non que celles-ci soient toujours des chefs-d’œuvre mais, en peu de temps, cet éditeur a réussi à se constituer un catalogue de qualité avec des albums accessibles à un large public, qu’il soit jeune (« Ninn », « La Vie compliquée de Léa Olivier ») ou moins jeune (« The Long and Winding Road », « Greenwich Village »).

Et voilà qu’ils se lancent dans l’aventure du polar coquin. « Oui, bon, pourquoi pas ? » me dis-je, même si j’ai rarement déniché des récits totalement convaincants à mes yeux dans cette catégorie. Par ailleurs, le nom du duo de scénaristes avait de quoi rassurer (et étonner, aussi). Gihef et Alcante ne sont pas des inconnus et s’ils se lancent dans cette aventure, c’est qu’ils sont sûrs de leur coup.

Et bien j’ai fameusement déchanté. Précédée d’élogieuses références à des séries télé telles que Nip Tuck ou Californication, cette nouvelle série s’est avérée être d’une fadeur ennuyante. Le gros frein, pour le lecteur que je suis, s’est situé au niveau de l’humour. En fait, je n’ai trouvé aucune séquence amusante. Soit trop prévisible, soit bêtement vulgaire, parfois les deux, l’humour déployé dans ce premier tome rate constamment sa cible (si, du moins, j’étais la cible en question). Par ailleurs, l’enquête policière, si elle est construite avec un certain savoir-faire et s’appuie sur de vieux échos people (Hugh Grant et ses petits problèmes d’image égratignée par son attrait pour les prostituées semble être à la base de l’idée de départ), n’est quand même pas des plus passionnantes. Jamais on ne craint pour la vie de notre héroïne, jamais on ne doute du happy end final. « Et les scènes de cul ? » me direz-vous (à juste titre). Et bien il sera plus souvent question de nichons que de croupion et tout cela nous est proposé avec parcimonie et légèreté. Bon ! Pour le coup, je préfère cette approche à du sexe trivial et sans justification… sauf que même en restant soft, c’est souvent gratuit et forcé.

Reste le dessin. Passé cette couverture racoleuse, le contenu est agréable à l’œil. Dylan Teague, un dessinateur anglais doté d’un talent certain, s’emploie à arrondir les angles (principalement au niveau de la poitrine et du fessier de ces dames). Son trait semi-réaliste est expressif mais un peu figé à mon goût. Le résultat est agréable à l’œil mais ne justifie pas à lui seul l’achat de l’album.

Résultat : un album à réserver aux 16 ans et plus mais qui rate son objectif par manque de tension et du fait d’un humour trop prévisible, trop facile. Pas assez décalé, surtout, selon moi.

Nom série  Tu sais ce qu'on raconte...  posté le 08/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tu sais ce qu’on raconte …

C’est ça, le charme d’Angoulême, cette possibilité offerte de dénicher un album auquel je n’aurai pas même jeté un regard s’il n’avait été mis en avant par un petit éditeur sur son stand. Bon ! Le petit éditeur en question n’en est pas à son coup d’essai et j’ai déjà pu vérifier par ailleurs que Warum avait une ligne éditoriale apte à me séduire.

Donc, voilà, Warum, Casanave (dont j’aime le trait frais, dépouillé et expressif), un titre en forme d’invitation (de quoi titiller ma curiosité), la possibilité de faire dédicacer l’album par les deux auteurs : tout était réuni pour que je me saisisse dudit objet.

Il m’aura fallu 4 cases pour être totalement convaincu. 4 cases, pas une de plus et peut-être bien une de moins après réflexion ! 4 cases et je ne savais plus abandonner ma lecture ! Car la force de cet album réside dans sa construction narrative. Pensez ! Un secret de village dont on ne verra JAMAIS le principal protagoniste, à se demander s’il était bien là ! Un secret partagé par tous, chacun ayant sa propre vision des choses. Une narration qui ne cesse de rebondir d’un endroit à un autre sans jamais perdre son fil conducteur. Le résultat est extrêmement prenant, garde sa cohérence tout en m’offrant un récit raconté d’une manière totalement novatrice à mes yeux. Ce n’est absolument pas prise de tête, au contraire, c’est d’une simplicité enfantine… mais proche du génie ! De lecteur, je deviens voyeur, me délectant des bribes des secrets qui s’échappent de conversations de village. Qui croire, que prendre pour argent comptant, que remettre en doute ? Gilles Rochier réussit le tour de force de créer un récit inattendu en partant d’un fait divers quelconque.

A force, le procédé aurait pu lasser mais ce récit a juste la bonne longueur et les cases épurées de Daniel Casanave (tout comme sa colorisation monochrome) aident au rythme de lecture en aérant le récit, en le centrant sur la narration tout en occupant l’espace.

Une très belle surprise. Un objet de curiosité qui prouve qu’il y a encore moyen de faire preuve d’originalité dans le monde de la bande dessinée tout en restant accessible au plus grand nombre. Je recommande vivement ! Lisez-le, c’est le minimum.

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