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... a posté 2382 avis et 595 séries (Note moyenne: 2.96)

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Nom série  Péché mortel  posté le 17/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai beaucoup aimé le premier tome, qui était visionnaire quelque part. Les auteurs partent en effet des inquiétudes nées de l’apparition du Sida pour nous montrer les dérives que pourraient engendrer cette crainte si elle était récupérée par des religions ou des partis nationalistes. Le tout est enrobé dans une fiction mouvementée, pas toujours très crédible, mais tellement rythmée et bien portée par des personnages touchants que c’est toujours à l’heure actuelle, un tome que j’aime lire. Et puis la fin m’avait spécialement marqué.

Les trois tomes suivants, conçus et parus bien plus tard, n’ont pas la force de ce premier tome. C’est une suite qui se construit comme une intrigue d’espionnage. Un personnage a trahi et le tout sera de trouver, sur base de flash-backs, qui est ce traitre. De suite, l’univers a perdu de son intérêt car tout avait déjà été (très bien) dit de ce point de vue dans le premier tome. Les personnages restent touchants mais cette rallonge garde un goût d’artifice.

J’aurais préféré partir sur une autre histoire plutôt que de voir le tome 1 inutilement prolongé.

Le dessin de Béhé, j’aime beaucoup. Il est estampillé « années ‘80 », c’est clair mais je lui trouve une force dans son dynamisme et une lisibilité excellente dans l’ensemble que peu de dessins de l’époque possédaient. Ce trait est facile à lire et traduit parfaitement les émotions des personnages.

Je conseille vivement le premier tome (mon conseil d'achat ne porte que sur celui-ci), mais je pense que vous pouvez oublier la suite.

Nom série  Les Brumes de Sapa  posté le 17/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai trouvé ce récit touchant de sincérité. Il traduit bien un des mal êtres de l’homme (au sens large) sans toutefois chercher à nous donner une quelconque leçon de vie.

Le fait que Lolita Séchan raconte elle-même cette histoire qui est la sienne est pour beaucoup dans mon appréciation. S’il s’était agi d’un auteur quelconque racontant l’histoire d’une pauvre petite fille riche trouvant un sens à sa vie en allant à la rencontre de personnes défavorisées, je pense qu’il y aurait eu bien moins de chances que j’apprécie ma lecture. Ici, l’auteure se raconte elle-même… et reste toujours dans le doute. C’est en cela que cet album m’a interpellé. Voici quelqu’un qui, d’un point de vue matériel, financier, affectif, a une vie des plus confortables et qui se rend compte que, dans ces conditions, sa vie ne la mène nulle part. Elle ne sait où aller. A l’échelle de nos sociétés, elle est encore jeune (22 ans), elle a le temps… mais elle ne sait quand même pas où elle va.

C’est cette interrogation sur la marche à suivre pour « accomplir sa vie » qui m’a intéressé. Et Lolita Séchan fait montre d’objectivité et de sensibilité dans la retranscription de ses sentiments. Après, l’histoire d’amitié qu’elle va lier avec Lo Thi Gom permet d’abord d’en apprendre plus sur une minorité rejetée mais aussi, bien entendu, de faire des comparaisons entre les privilégiés financiers du monde occidental et les peuples déshérités des régions défavorisées du globe. Les interrogations et les priorités ne sont bien entendu pas les mêmes (c’est ce qui permettra à Lolita Séchan d’avancer dans sa vie) mais, quelque part, je m’en fous un peu car pour moi, l’intérêt profond de l’album était ailleurs. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. J’ai été heureux de voir que la situation du peuple Moï évolue dans le bon sens au Vietnam, là n’est pas la question, mais ce n’est pas le plus important à mes yeux dans cet album.

L’important, il est traduit par une réflexion de Lo Thi Gom que j’ai beaucoup aimée, vers la fin du livre. Elle parle des rêves qui la nourrissaient… et qui n’ont cessé de grandir au fur et à mesure qu’elle réussissait à les accomplir, la rendant, d’une manière assez contradictoire, toujours plus insatisfaite. C’est, pour moi, là un doigt exactement posé à l’endroit où la vie fait mal : notre incapacité à nous satisfaire de ce que nous avons. Notre moteur d’évolution et notre fléau. Sans avoir l’air d’y toucher, c’est cette contradiction humaine que Lolita Séchan met en avant dans l’ensemble de ce récit (jusque dans ses rencontres avec son père).

Un bel album introspectif qui, au-delà de l’histoire d’amitié quelle raconte, nous parle de l’être humain dans sa complexité et son incapacité à trouver le bonheur.

Nom série  On Mars  posté le 17/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A titre personnel, je reste un peu sur ma faim concernant ce premier tome. Non qu’il soit mauvais mais à aucun moment il ne m’a surpris. D’accord, il s’agit avant tout d’une mise en place du récit et seul l’avenir nous dira si l’histoire que veulent nous raconter Sylvain Runberg et Grun sort vraiment du rang ou non, mais honnêtement, qu’avons-nous d’original jusqu’à présent ?

L’héroïne ? Un représentant des forces de l’ordre et du gouvernement déchu pour avoir déplu à un haut placé, je pense avoir déjà vu ça ailleurs…

La colonisation de nouvelles terres par des criminels condamnés ? Les Australiens, entre autres, vous en parleront mieux que moi.

La colonisation d’une planète autre que la terre ? C’est la base même de beaucoup de récits de science-fiction.

Un complot mené par un leader sectaire et des personnages haut placés ? Là aussi, sérieux goût de déjà-vu.

Oui mais le tout ensemble ? Me direz-vous. Ben, le tout ensemble, c’est bien, ça se lit avec plaisir… mais je n’ai été surpris à aucun moment. Jamais encore je ne me suis dit « wouaouw, bien vu ! » et c’est ce qui me manque jusqu’à présent.

Par contre, pour le dessin de Grun, là, chapeau ! C’est très agréable à lire, beau, dynamique, expressif. Du très bon dessin de bande dessinée. Si j’étais taquin, je pourrais dire que là aussi, quelque part, ce style ne fait pas montre d’originalité mais je m’en fous ! Ce n’est pas ce que je demande à un dessin de bd. Tant qu’il est adéquat pour porter l’histoire, agréable à lire autant qu’à regarder, ça me convient. Et dans le cas présent, il est plus qu’agréable.

Actuellement, je reste bloqué à 3/5 mais je lirai la suite… en espérant que Sylvain Runberg me sorte de mes points de repère habituels.

Nom série  Zapping Generation  posté le 15/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Génération Zapping est la suite directe des « Zappeurs », et rien ne change vraiment entre ces deux séries. On retrouve les mêmes personnages et l’évolution des techniques de communication (au sens de plus en plus large) est toujours le prétexte à des gags en une planche.

Pour les deux premiers tomes, Serge Ernst est épaulé au scénario par Jean-Louis Janssens. Le problème, c’est que l’humour de Jean-Louis Janssens n’est pas celui que je préfère. Que ce soit pour « Planet Ranger » ou « Beauté Fatale », pour prendre deux exemples au hasard, je trouve que son humour est facile, déjà-vu et ses découpages manquent souvent de rythme, chose essentiellement dans le domaine du gag en une planche. Génération Zapping ne fait pas exception à la règle et les deux premiers tomes de la série sont ceux que j’ai le moins appréciés, mais les suivants ne m’ont pas fait beaucoup plus rire pour la cause.

Je trouve tout de même que Jean-Luc Garréra et, surtout, Laurent Noblet s’en sortent mieux. Non que leurs gags soient hilarants mais ils ont au moins le mérite de mettre (parfois) le doigt sur des points sensibles des dérives de l’évolution des moyens de communication. A défaut de faire rire les jeunes lecteurs, ces gags les amèneront peut-être à un peu réfléchir. Tout n’est donc pas perdu.

Au niveau du dessin, je trouve que Serge Ernst a un style à lui, un peu cubique comme ça mais bien lisible et expressif. Ҫa changeait du style humoristique classique de Spirou à ses débuts et ça garde quelque chose d’original aujourd’hui. Donc moi je suis assez preneur et, à mes yeux, la faiblesse de la série ne vient pas du dessin.

Trop faible pour que j’en conseille la lecture même si un jeune lecteur y trouvera peut-être son compte… mais même pour eux, les technologies évoluent tellement rapidement que les sujets de ces gags vont très vite être dépassés (quand ce n’est pas déjà le cas).

Nom série  Qui ne dit mot  posté le 15/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je me méfie toujours quand un personnage public s’improvise scénariste de bandes dessinées. Qu’il vienne d’un milieu artistique ou non, qu’il ait du talent ou non, le résultat de son travail est rarement conforme à mes attentes. Bernard Werber (son médiocre « Exit » me reste en travers de la gorge), Frédéric Beigbeder (« Rester Normal » était quand même une belle petite bouse), Laurent Gerra (une reprise de Lucky Luke qui fut satisfaisante le temps… d’un tome, la suite malheureusement m’a nettement moins convaincu), Daniel Pennac (lui aussi très moyen sur Lucky Luke) et tant d’autres s’y sont cassé les dents.

Stéphane De Groodt, a priori, j’aime bien. Sa carrière on ne peut plus hétéroclite interpelle. Ancien pilote automobile (deux fois troisième du Belgian Procar à sa grande époque, et plusieurs championnats disputés en diverses formules l’ont amené à courir aussi bien en Corée qu’en Allemagne ou en France) repéré par les journalistes parce qu’il « passait bien » lors de ses interviews, il reçoit rapidement quelques appels du pied de la télévision. Son humour, sa tête étrange, son sens de la formule, son timbre de voix deviennent rapidement des atouts et il commence petitement par tourner des pubs, intervient dans des shows télévisés belges, en clair il apparaît de plus en plus à la télévision. Mais pour pouvoir vivre de ce métier, il faut passer par Paris,… et là je pense que vous connaissez la suite (paske bon, je suis pas payé pour vous faire sa bio, non plus).

Le voir scénariser un album de bd ne me surprend donc pas spécialement. Le voir réussir l’exercice… c’est autre chose. Mais il s’en sort bien, le bougre ! Même si le mérite en revient peut-être autant sinon plus encore à Grégory Panaccione dont le trait expressif parvient parfaitement à transmettre le décalage humoristique du scénario de De Groodt. Un scénario construit comme une suite de séquences incohérentes qui débute à la manière d’un roman graphique vaguement humoristique puis non plonge dans l’absurde pour finalement nous tirer la tête de l’eau à l’heure où le drame atteint son paroxysme (mais, rassurez-vous, tout finit bien). L’ensemble n’est pas hilarant mais intrigue (beaucoup) et amuse (parfois… (mais ces fois-là, ça amuse beaucoup)) et se lit tellement vite que l’on n’a pas vraiment le temps de penser que l’on aurait peut-être envie de lire autre chose avant d’avoir tourné la dernière page (et compris le fin mot non-dit de l’histoire). Ce scénario est donc tout sauf idiot, même si parfois absurde. Son découpage n’évite pas certaines longueurs. Mais ces longueurs sont bien meublées par Panaccione qui use alors de son trait très « cartoon » pour apporter un humour visuel qui nous distrait du vide temporaire du scénario.

Au final, ça marche plutôt bien. Ce n’est pas un chef d’œuvre mais ce récit a le double mérite d’être original et d’user de l’absurde d’une manière très adéquate. Même si, longtemps, on ne sait pas où on va, on ne ferme pas ce livre avec le sentiment de ne pas avoir tout capté. A posteriori, tout s’éclaire, et c’est peut-être bien ça, le plus drôle dans cet album. Je vous invite à le lire si vous en avez l’occasion, et à l’acheter si vous aimez les récits sympathiques et décalés.

Nom série  Jules B : l'histoire d'un Juste  posté le 14/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Hormis pour les jeunes lecteurs qui ne savent pas ce que c’est qu’un juste selon la définition juive, je ne vois pas trop où se situe l’intérêt de cet album. Non qu’il soit mal fait, mais il est tellement prévisible dans ses péripéties et caricatural dans ses personnages que la plupart des lecteurs auront vite fait le tour du propos.

Au niveau du dessin, le trait d’Armelle Modéré est agréable et bien adapté à un jeune public. C’est très lisible et expressif au niveau des visages. L’auteure a opté pour des personnages animaliers, ce qui, vu le thème abordé, va directement entrainer des comparaisons avec Maus. La plus grande différence à mes yeux est que Maus s’adressait aux adultes et que Jules B. s’adresse aux enfants.

A titre personnel, je le réserverais donc pour une lecture dans un cadre scolaire, avec d’autres supports (les classiques « Un sac de bille » ou « le journal d’Anne Franck » ont fait leurs preuves) pour nuancer le propos ici volontairement simple. Sinon, vraiment, j’ai trouvé ce récit trop basique.

Nom série  Relation Cheap  posté le 14/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Je m’attendais à tomber sur quelque chose d’amusant et sans prise de tête. J’avais à moitié raison.

Relation cheap relate les discussions virtuelles entre les deux auteurs. Ils y parlent de boulot et de cul. La structure permet de caser d’anciens travaux qu’ils ont réalisés sans trop devoir se creuser pour les plaquer au cœur de ces discussions. Le point positif, c’est que ça permet de se faire une idée du genre d’univers dans lequel se plaisent Elosterv et Davy Mourier. Le point négatif ? Ben… s’ils étaient franchement bien, ces récits auraient eu une existence propre ailleurs que dans cet album.

Pour le reste, j’ai trouvé que ces discussions tournaient rapidement en rond. Le seul moment qui a réussi à éveiller mon attention est le passage durant lequel les deux auteurs se rencontrent « en vrai »… et ne parviennent pas à communiquer. Comme s’il était plus facile pour eux de parler cachés derrière un écran que de dire les choses en vis-à-vis. C’est très certainement révélateur sur notre époque et il y avait sans doute un truc à creuser à ce niveau, mais ici les auteurs passent rapidement à autre chose.

Pour tout dire, je n’ai jamais ri (sauf dans la présentation des auteurs) et je ne retiens pas grand-chose d’une lecture qui ne date que d’hier. Pour moi, on peut directement passer à autre chose.

Nom série  Robny Clochard  posté le 14/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bon ben, personnellement, je n’ai pas été spécialement emballé… sauf sur un point : Boix est un putain de bon dessinateur !!! Son noir et blanc a de la gueule et reste toujours très lisible. C’est fouillé et élégant et la construction des planches fait régulièrement montre d’inventivité.

Non, là où le bât blesse pour moi, c’est au niveau de l’histoire. De courtes histoires qui, juxtaposées, composent en fait un seul et long récit. On y suit un clochard-par-choix et le moyen de tenir le lecteur en haleine vient du fait que l’on ne sait pas directement pourquoi ce personnage, qui semble cultivé, a fait ce choix de devenir un vagabond crasseux et sans ambitions autres que de vivre au jour le jour. Chaque court récit nous en apprend donc un peu plus sur le personnage… ou nous redit exactement la même chose comme dans les histoires « Revivre le passé » et « Retour en Angleterre », où l’auteur pousse le vice jusqu’à réutiliser les mêmes dessins pour illustrer les mêmes propos. Chaque petite histoire a par ailleurs son propre intérêt puisqu’il relate un récit de type policier noir (non pas Eddie Murphy, mais le GENRE policier noir avec un ton dramatique un peu surfait, du sexe et du sang). Ça fleure bon les années ’70 avec un premier récit datant de 1976 et un dernier de 1982 et c’est très symptomatique de la bande dessinée pour adultes de l’époque (la bd, pas l’adulte). On retrouve un peu la même manière de raconter une histoire que celle que l’on avait dans Alack Sinner, par exemple.

Comme dit précédemment, à titre personnel, je ne peux pas dire que j’ai été emballé mais si vous aimez la bd policière noire des années '70, c’est clair que cet album peut être une bonne pioche. Visuellement, il tient très bien la route et les récits ne sont pas mauvais. Pour moi, le personnage central manque de charisme, la morale de l’histoire est très naïve et la juxtaposition des multiples récits montre que cette série était prioritairement destinée à une publication en magazines. Et c'est la raison pour laquelle je reste sur cette impression de bof.

Nom série  Betty Boob  posté le 14/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Virevoltant, étonnant, amusant, touchant, séduisant, généreux, audacieux, talentueux, original. Je ne sais quel superlatif utiliser pour qualifier cet album tant tous ceux qui précèdent peuvent lui convenir sans totalement le cerner.

Différent ?

Oui, clairement ! Car les auteures partent d’un thème que l’on imaginerait bien plus vite traité à la manière d’un roman graphique réaliste avec des larmes, des vérités, des phylactères grands comme le monde et remplis des réflexions des acteurs, des petites notes scientifiques… mais le traitent à la manière d’un film muet de la belle époque, burlesque, sur-joué bien comme il faut, tendre et drôle à la fois.

Et ça marche incroyablement bien ! Pourquoi ? Tout d’abord pour une question de rythme. Comme je disais, cet album est virevoltant et le dessin de Julie Rocheleau explose de dynamisme et d’émotion. Ce trait, graphique et séduisant, envoûte le regard du lecteur. A titre personnel, j’ai été happé, hypnotisé, fasciné.

Mais cette fascination n’aurait été que temporaire si le récit en lui-même n’avait tenu la route. Et là encore le découpage est excellent. L’exercice délicat de la narration muette est parfaitement maîtrisé. Le message passe, les sentiments se partagent, les scènes burlesques gardent une rare élégance.

Oui, mais le fond ? Me direz-vous. Ce récit nous parle du cancer du sein et de son impact sur l’image de la femme. Comment il est ressenti, accepté dans notre société, tellement basée sur le paraître. Un sujet sérieux s’il en est. Et très bien traité dans cette comédie burlesque, en fait. Cette approche différente, inattendue, dédramatise le sujet mais force le lecteur à réfléchir sur son propre regard, sa propre vision de la féminité et son acceptation de la différence.

Donc voilà ! Cet album n’a l’air de rien, là, comme ça, et le lecteur distrait pourrait même croire qu’il s’agit d’une biographie imaginaire de Betty Boop. Il passerait alors à côté d’une petite perle burlesque et touchante, intelligente et vive, drôle et belle.

Bon ! J’arrête là avec mes superlatifs. Lisez-le et puis c’est tout. On en reparlera après si vous voulez.

Nom série  La Révolte des terres  posté le 07/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Derrière le pseudonyme de Koza se cache Maximilien Le Roy, auteur engagé d’albums aux accents politiques marqués. Et cette Révolte des Terres, ou du moins le cadre de cette histoire ne surprendra pas les lecteurs fans de cet auteur. On retrouve de fait une thématique historique forte dont le fond vibre avec l’actualité.

Cependant il ne s’agit pas d’un documentaire mais bien d’une fiction qui se nourrit d’un événement historique marquant. Et c’est peut-être là que le bât blesse… un peu. En cause, mon manque d’empathie pour les personnages centraux. Non qu’ils soient inintéressants ou que la manière dont le thème de la trahison et du rejet soit mal traité (bien au contraire), mais les différents personnages sont enfermés dans un modèle trop vite identifié. On sait de suite qui est gentil, qui est une tête de mule et s’il faudra attendre la fin de l’album pour découvrir qui est responsable de la pire des trahisons de cette histoire, ce point n’est finalement qu’anecdotique au niveau du récit.

Autre problème, le dessin de Marion Mousse. Alors, oui, ça a de la gueule et cette peinture en dégradés de noir, gris et blanc convient on ne peut mieux au sujet. Les décors sont bien restitués mais (car il y a un mais) les personnages sont souvent difficiles à distinguer. Ce genre de détail, fréquent dans la bande dessinée, me gêne toujours énormément. Devoir me concentrer sur les personnages pour savoir qui parle à quel moment, en remontant en arrière pour voir si le nez d’untel correspond bien avec celui que j’ai sous le mien à l’instant où je lis ne fait que ralentir ma lecture et me sortir du récit. Alors oui, Marion Mousse est bourrée de talent mais, pour moi, la première chose à faire lorsque l’on doit illustrer ce genre de récit, c’est vraiment typer les rôles principaux de sorte à ce qu’on ne puisse pas les confondre entre eux, et ça, elle ne l’a pas fait (ou du moins pas pleinement réussi).

Je conseille toutefois la lecture de cet album, ne fusse que pour son fond historique. La manière dont sont traités les thèmes de l’engagement personnel et de la trahison vaut aussi un coup d’œil. Pour l’achat, je demeure plus réservé.

Nom série  Ernesto  posté le 07/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avis assez neutre sur cet album. Non qu’il m’ait déplu… mais il n’a jamais réellement réussi à m’enthousiasmer. Or, pas de bol, ces derniers temps sont sortis quelques albums que j’ai vraiment bien aimé, et celui-ci tombe donc un peu dans l’oubli.

Ses faiblesses : un manque d’empathie ressentie par moi pour ces personnages. Trop vieux, trop en décalage avec mes propres préoccupations, leurs discussions politiques m’ont vraiment peu passionné. La fin a aussi été source de déception pour moi, car j’en suis arrivé à me demander si tout cela méritait vraiment qu’on en parle. Dernier détail : ma difficulté à géo-localiser ce road-movie. Si je peux voir d’où part le héros, impossible pour moi de vous dire s’il arrive à un moment ou à un autre en Espagne, qui est pourtant l’objectif de son périple.

Points forts :
- Un dessin agréable à l’œil et frais ;
- Un véhicule original qui suscite directement la sympathie ;
- Des dialogues qui sonnent juste.

En définitive, cet album se retrouve un peu noyé dans les sorties de cette rentrée (je vous laisse méditer sur ces 5 derniers mots), soigné et réalisé avec beaucoup de cœur mais auquel il manque l’un ou l’autre moment fort pour parvenir à m’émouvoir. Mais sans doute, cette thématique parlera bien plus aux uns qu’aux autres et si vos grands-parents ont fui l’Espagne de Franco, ce récit risque d’éveiller chez eux un intérêt bien plus grand que chez moi.

Nom série  Superman : American alien  posté le 06/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai trouvé cet album très original dans son approche du mythe de Superman.

De fait, il ne s’agit pas ici d’une histoire de super-héros mais plutôt de nous raconter comment un être doté de pouvoirs surnaturels va apprendre à les utiliser et, surtout, va décider de la manière la plus opportune d’en user.

Le récit se découpe en de multiples chapitres qui, s’ils racontent chacun une histoire distincte, respectent un ordre chronologique bien défini. Chaque récit marque un instant critique dans l’évolution de Clark Kent, depuis son enfance jusqu’à l’âge adulte. Ces récits, en fonction des circonstances, peuvent être très légers ou beaucoup plus dramatiques et les changements de dessinateurs sont, pour une fois, un réel plus pour l’album. Chacun apporte une ambiance différente en accord avec le récit illustré. L’évolution du personnage est intéressante à suivre, avec des éléments amusants (son costume, par exemple) ou touchants (ses liens d’amitié/amour avec Loïs Lane), voire étonnants (les origines de sa relation avec Batman ou avec Lex Luthor).

J’ai également apprécié les quelques clins d’œil que j’ai captés. Je suis certainement passé à côté de la moitié, n’étant pas un expert de Superman, ce qui me laisse penser qu’un réel aficionado retirera encore plus de plaisir de sa lecture que moi-même (ce qui n’est pas peu dire).

Je ne peux que conseiller cet album… à tout le monde finalement. Je crois en effet qu’il peut plaire autant aux fans de Superman qu’aux lecteurs qui ne sont pas trop sensibles aux super-héros. Cette approche originale permet en tous les cas de renouveler le genre pour nous offrir quelque chose de différent. Et d’intéressant.

Nom série  Ma vie dans les bois  posté le 04/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
J’ai beaucoup aimé ce manga… et les raisons de cette appréciation m’ont posé question. Pourquoi, en effet, me suis-je passionné pour ce récit d’un mangaka qui s’en va construire sa maison au milieu des bois ?

Les réponses à cette question sont multiples et parfois franchement étonnantes.

La plus étonnante de toutes à mes yeux, c’est le dessin. Pourquoi celui-ci m’a t’il fait penser au regretté Michel Plessix (oui, je sais, quand on regarde la couverture, c’est encore plus étonnant) ? J’ai d’abord pensé à la calligraphie employée (ce qui n’était pas idiot)… mais il n’y a pas que ça. La manière de dessiner la forêt et ses arbres, mais aussi les visages des personnages a un petit quelque chose de Plessix (période Julien Boisvert ou, mieux encore, La Déesse aux Yeux de Jade). Ce trait m’a beaucoup plu, même lorsqu’il se fait plus caricatural. Il est expressif et dynamique, ce qui convient parfaitement au thème, mais aussi détaillé et différent du style employé dans la majorité des mangas actuels (pour lesquels on pourrait véritablement interchanger les auteurs sans que personne n’y remarque quoique ce soit).

Ensuite vient le thème en lui-même. Il y a dans celui-ci un léger parfum du mythe de l’île déserte. Depuis l’île mystérieuse (véritable livre de chevet durant ma jeune adolescence,) j’ai toujours été fasciné par les récits dans lesquels des humains parviennent à construire quelque chose à la seule force de leurs mains, de leur courage, de leur ingéniosité et de leur obstination. Et d’autant plus fasciné lorsque les techniques employées nous sont livrées sans pour autant que l’intrigue en souffre. J’ai retrouvé un peu de cet esprit dans cet album, qui nous explique très clairement et dans le détail mais sans que cela ne devienne trop technique comment construire une maison en rondins au cœur d’une forêt pour un budget réduit. Franchement, ça donne envie de se lancer dans l’aventure.

Et puis, il y a le ton employé et la personnalité de Shin Morimura. Obstiné et positif, le mangaka fait montre d’humilité et d’humour mais parvient à donner vie à ce qui ressemblait pourtant à une douce utopie. Ce retour à la nature et aux travaux manuels a certes un franc côté bobo (je ne sais pas s’ils emploient ce qualificatif au Japon mais dans l’esprit on en est proche) mais un bobo réaliste, un rêveur pragmatique. Les questionnements du personnage sont une des composantes essentielles du récit… et donc de mon appréciation.

L’humour est également bien présent, et comme souvent dans les mangas en relation directe avec la scatologie. En temps normal, je peux trouver ça très vite gonflant mais ici, ça passe plutôt bien (mention spéciale pour la soupe aux champignons… et vous n’avez qu’à lire l’album pour comprendre).

Alors, je ne crois pas qu’il faudra en faire 10 tomes. Trois ou quatre suffiront amplement, selon moi. Quoiqu’il en soit, ce premier tome (qui pourrait se lire comme un one-shot à la limite) m’a très agréablement surpris. C’est une lecture que je recommande à toutes les personnes qui ont envie de changement dans leur vie mais qui n’osent pas se lancer à l’aventure. Cet album prouve que, sous certaines conditions et pourvu que l’on fasse montre de courage et d’obstination, c’est possible.

Nom série  Shelton et Felter  posté le 04/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
On pourra reprocher à cette série son classicisme. De fait nous nous retrouvons devant un récit de type policier utilisant à titre de héros deux personnages antinomiques (l’un grand et costaud, l’autre petit et futé) et se déroulant durant la période de la prohibition aux USA. Si cela ne vous donne pas comme un goût de déjà-vu dans la bouche, c’est que vous n’avez vraiment pas lu beaucoup de récits policiers dans votre existence.

On pourrait encore ajouter à cela que l’album se conclut sur la traditionnelle séquence des révélations dans laquelle le coupable se voit démasqué face aux subtiles conclusions de nos héros et appréhendé par la police.

Donc voilà, rien de neuf a priori… mais que c’est bon !

Premier atout : une enquête policière complexe juste ce qu’il faut pour captiver un large public. Nous avons droit aux fausses pistes, aux déductions futées (que l’on peut plus ou moins anticiper selon que l’on est plus ou moins expérimenté ou habitué de ce type d’univers), aux raisonnements logiques et à une conclusion bien amenée. Jacques Lamontagne illustre très bien son récit, nous montrant quand et comment chaque personnage va découvrir tel ou tel élément, tout en restant très fluide dans sa narration.

Deuxième atout : l’anecdote dramatique et véridique qui sert de support à cette intrigue. Un tsunami meurtrier de mélasse, voilà qui n’est pas courant.

Troisième atout : le dessin de Jacques Lamontagne. Un trait net et rond, bien mis en valeur par une coloration soignée. L’ensemble est bien lisible, détaillé, expressif, dynamique, vraiment très agréable à suivre. J’ai pris autant de plaisir à m’attarder sur certaines cases qu’à reprendre un rythme plus soutenu de lecture (que la netteté et la précision du dessin permettaient) lorsque la conclusion approchait.

Quatrième atout : le ton. Humoristique grâce aux caractères opposés des personnages mais pas bêtifiant. L’enquête est très bien construite et ne prend pas les lecteurs pour des simplets, c’est clair, mais le ton léger et humoristique garantit une lecture avant tout divertissante.

Bien foutu, donc. Classique mais bien foutu. J’espère que les enquêtes suivantes resteront de cette qualité (je prie pour me tromper mais il s'agira d'une vraie gageure à mes yeux). Pour les personnages, je ne m’inquiète pas trop, cette formule a déjà fait ses preuves.

A suivre (de très près).

Nom série  Extases  posté le 04/09/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Bravo !
Bravo et chapeau.

Parce que ce n’est pas du tout évident de réussir un album pareil. De le réussir en faisant montre de sincérité, d’honnêteté, en développant des propos intelligents, en se débarrassant des freins subconscients nés d’années d’éducation religieuse. Se livrer aux yeux de tous sur un sujet aussi tabou que la sexualité demeure à notre époque un véritable exploit, une sorte de coming-out de la normalité. Parce que, merde ! Avoir des rapports sexuels est quelque chose de normal. Eprouver du plaisir pendant ces rapports l’est tout autant. Et à partir du moment où les partenaires sont des adultes consentant (désirant, comme il le dit peut-être encore plus justement), je ne vois pas ce qui devrait absolument être tu là-dedans sous peine de rejet par la société.

Ce livre est salvateur dans le sens où il remet le sexe à sa juste place. Car depuis que l’homme parvient à dissocier plaisir sexuel et procréation, des pressions sociales se sont faites jour (via principalement les religions monothéistes qui hurlent à tout va « croissez et multipliez » comme si la surpopulation mondiale pouvait rendre un quelconque être suprême heureux… Bon, à l’époque où l’être humain est apparu, je veux bien qu’en multipliant les enfants, on multipliait les chances de survie de l’espèce, mais là, maintenant, faudrait peut-être arrêter les conneries, non ?) pour nous dire que le sexe, c’est mal ou pire encore, c’est sale.

Alors que le sexe, c’est quoi ? C’est du plaisir, du fun, un instant de partage dans lequel les partenaires peuvent dévoiler des facettes de leur personnalité qu’ils préfèrent garder pour un cercle d’intimes. Bon, d’accord, pour le coup, Jean-Louis Tripp les dévoile à tout le monde. Mais il le fait avec tellement d’humour et de franchise que ce qui est exposé dans cet album n’a, à mes yeux, rien de choquant. Et pourtant, il aime expérimenter, le bougre !

Et puis, il y a son dessin. Ce style semi-réaliste qui se fait caricatural dès que le besoin se fait sentir convient parfaitement au propos. Il ne bêtifie pas les corps mais ne les glorifie pas non plus. Les plastiques sont simplement humaines dans les passages réalistes et se font sujet d’amusement lorsque l’auteur illustre un fantasme ou un complexe. Ces pages accueillent le noir et blanc avec bonheur tant l’étalage de chair aurait pu déboucher sur une orgie écœurante de teintes roses. Cette sobriété des couleurs fait donc office de contre-point à l’exubérance des propos et du trait.

J’ai vraiment beaucoup aimé. Je me suis retrouvé dans plusieurs passages, j’ai apprécié la franchise d’autres, j’ai ri par moments, ressenti une agréable excitation à d’autres instants, j’ai aimé l’intelligence de certains propos. Et comble de tout, je n’ai jamais trouvé que cet album faisait montre d’un exhibitionnisme malsain. Ce récit est situé à l’opposé de la pornographie banalisée actuelle car plutôt que de simplement montrer des corps, il parle avant tout de sentiments et de sensations, d'amour et de partage,... de respect surtout. Jean-Louis Tripp a beau y dessiner plus de sexes en érection dans un seul chapitre qu’il n’y en a dans l’ensemble des albums de Manara, c’est avant tout à notre cerveau qu’il s’adresse. Et ça, ça fait du bien.

Donc chapeau pour ces Extases (très beau titre, au passage) qui dédramatisent le désir et qui remet en avant cette évidence : entre adultes désirant, le sexe représente un vaste champ d’expérimentation.

Et les plus tordus d’entre nous ne manqueront pas de faire le lien entre Jean-Louis et la petite Marie du Magasin général : deux personnages qui vont s’affranchir des pressions sociales pour vivre leur sexualité comme ils l’entendent tout en respectant les autres (oui, je sais, c’est tordu mais plus j’y pense, plus je trouve que le personnage de Marie ressemble finalement beaucoup à son créateur, Jean-Louis Tripp).

Culte ? Oui, culte car dans ce registre, je pense que cet album va rapidement servir de référence et, qui sait (on peut toujours rêver), être le point de départ d’une nouvelle révolution sexuelle et sociétale. C’est la raison pour laquelle j’espère que beaucoup de jeunes lecteurs auront l’occasion de lire cette série tant il me semble évident que découvrir la sexualité via Extases est beaucoup plus sain, amusant et constructif qu’en surfant sur les sites pornos qui pullulent sur le web ou en allant servir d'enfant de cœur au curé du village.

Nom série  Clifton  posté le 21/01/2009 (dernière MAJ le 29/08/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Bon ! On va essayer de faire ça bien. Parce que ce n’est pas évident de parler de cette série sans différencier les différentes époques, sans tenir compte du contexte, sans avoir un chat sur les genoux, une tasse de thé et des scones à portée de main et Pink Floyd en fond sonore.

Alors oui, cet avis est totalement partial. Pour la bonne et simple raison que le colonel Harold Wilberforce Clifton a une grande part de responsabilité dans le fait qu’aujourd’hui la bande dessinée constitue une passion chez moi, au point de consumer une bonne part de mon temps libre et de mon portefeuille. Depuis Alias Lord X (tome 4 de la série telle que connue aujourd’hui mais qui avait bénéficié d’une édition préalable dans la collection des albums brochés estampillés « les meilleurs récits du journal de Tintin ») et cette évasion réussie à coup de « God save the Queen » et de chaussures à ventouses, cette série occupe une place de choix dans mon cœur. Nostalgie ? Bien évidemment et je ne peux que me réjouir du retour au classicisme opéré par Zidrou et Turk qui ont décidé de replonger le personnage au cœur des années ’60, période qui lui sied le mieux, à mon humble (mais ferme) avis.

Mais je m'égare… Reprenons les choses dans l’ordre, si vous le voulez bien.

1ère époque : Raymond Macherot

Or donc, tout commença par une froide journée de juillet ‘59 (souviens-toi, Barbara, il pleuvait sans cesse ce jour-là) lorsque Raymond Macherot, inspiré par la félicité et le brouillard environnant croqua en deux coups de crayon un grand dadais affublé d’une casquette, d’une veste en tweed et d’un parapluie, arborant fièrement une moustache à faire pâlir Thomas Magnum de jalousie et un flegme sans égal. Bon, d’accord, ce n’était peut-être pas en juillet mais qu’importe. Ce qui compte, c’est de savoir que le personnage a été créé par Raymond Macherot alors que les folles sixties s’annonçaient seulement. En d’autres termes, à sa naissance, Clifton était un personnage presque moderne. Presque, car Raymond Macherot l’avait doté d’un caractère passé et de gadgets d’avant-garde (et ma foi fort farfelus). Les aventures tenaient alors de l’espionnage ou de l’enquête policière classique avec une dimension fantastique plus ou moins marquée en fonction des circonstances (ce qui n’a finalement jamais changé), une sorte de Chapeau melon et bottes de cuir mais sans chapeau melon ni bottes de cuir. Les récits étaient courts (nous n’étions pas encore dans un format de 46 pages) et servaient de bouche-trou dans le journal de Tintin.

Honnêtement, ces récits sont loin d’être des indispensables. Tout au plus, le lecteur âgé se plaira à y retrouver le parfum enivrant des bandes dessinées d’antan. Le jeune lecteur, lui, trouvera surtout que ça sent la salle de bain de vieux. On oublie, sauf si on est atteint de collectionnite aigüe, auquel cas le tome 1 de l’intégrale parue au Lombard est à ma connaissance la plus sûre manière d’acquérir les récits de cette époque (il y a bien eu des parutions en album de çà de là mais ça ne doit pas être évident de les retrouver de nos jours).

Après ce pittoresque préambule, passons aux choses sérieuses…

2ème époque : Turk & De Groot

De « Ce cher Wilkinson » à « Kidnapping », le duo composé de Turk et De Groot (par ailleurs créateurs de « Léonard ») va construire la légende de Clifton. « Ce cher Wilkinson » est encore fort influencé par Raymond Macherot (avec une dimension fantastique marquée) et l’on sent que les auteurs ne se sont pas encore pleinement emparés du personnage. « Le voleur qui rit » marque déjà une évolution mais la révolution s’opérera avec « 7 jours pour mourir », un récit drôle et rythmé aux références multiples (les Pig Floyds nous poussent la chansonnette avec un chat en guise de choriste, et les puristes comprendront directement l’allusion à Pink Floyd et à mademoiselle Nobs – pour les autres, un petit pèlerinage par You Tube ne vous sera pas inutile, bande de mécréants). Les aventures du colonel Clifton vont alors connaître un paroxysme qui durera le temps de 7 albums (avec, à titre personnel, une préférence pour les albums suivants : « 7 jours pour mourir », « Alias Lord X », « Sir Jason » et « Week-end à tuer ». Quatre albums auxquels j’accorderais un 5/5 dans mon classement subjectif des œuvres « jeunesse » qui ont marqué mon enfance). Toute cette période est pour moi une période culte. Les joutes verbales et les bons mots foisonnent, la dérision est partout tandis que les intrigues tiennent souvent la route. Les rôles secondaires sont essentiels à la réussite de la série et il n’est pas possible de parler de Clifton sans évoquer miss Partridge, John Haig ou le lieutenant Strawberry. Cette petite cours qui entoure le colonel Clifton favorise les dialogues vifs, les gags récurrents et les situations absurdes. Clifton sans miss Partridge, c’est comme du porridge sans œufs brouillés.

Cette belle période correspond à ma propre enfance et il est certain que c’est cette synchronisation qui a rendu la série si chère à mon cœur. En vieillissant, en entrant de plain-pied dans l’adolescence, j’ai commencé à chercher autre chose que ce que Clifton pouvait m’offrir. Il n’empêche, le changement d’auteurs va marquer la fin d’une époque.

3ème époque : Bédu & De Groot

Exit Turk, bienvenue à Bédu. Il me faudra un temps pour accepter ce changement de dessinateur. Pourtant, le style de Bédu n’est pas sans rappeler celui de Turk. Les personnages deviennent cependant plus trapus. Leurs mouvements sont moins fluides, leurs mimiques sonnent moins justes. Bédu est un très bon dessinateur mais après tant d’années passées avec le Clifton de Turk, je vais avoir du mal à accepter ce changement. D’autant plus de mal que si je considère « La Mémoire brisée » comme un bon album, les trois autres (« Passé composé », « Dernière séance » et « Matoutou Falaise ») sont clairement un cran en dessous, selon moi. Autre élément marquant de cette période, le fait que Clifton va progressivement sortir de la sienne (de période). Exit, les sixties et seventies, un album comme « Matoutou falaise » sonne clairement années ’80, une décennie bien moins intéressante (tant au niveau historique que culturel). Je perds mes repères et, progressivement, je lâche l’affaire.

4ème époque : Bédu

Pourtant « Le Clan Mc Grégor » n’est pas un mauvais album. Il souffre juste selon moi de ce modernisme, de ce jeunisme imposé au personnage. Le rôle central joué par la jeune sœur d’Iris est symptomatique de cette volonté de rajeunir le public de Clifton. Mais « Mortelle saison » et « Le Baiser du Cobra », eux, ne me séduiront absolument plus. En cause, principalement, cette cure de jouvence. Ce n’est plus le Clifton que j’aime, ce flegmatique et ronchon détective se voit affublé d’un statut d’athlétique agent secret qui ne lui sied pas. Je me rappelle alors avec nostalgie d’ « Alias Lord X » (on y revient) lorsqu’il suait sang et eau à faire des pompes sous la surveillance d’un ancien para. C’était celui-là, le Clifton que j’aimais. Pas un surhomme mais un détective inspiré, un homme juste… et doté d’un caractère bougon.

5ème époque : Rodrigue & De Groot

On oublie « Les Lutins diaboliques », recueil de courts récits issus de diverses époques dont l’intérêt est plus qu’aléatoire pour parler de ce qui, à mes yeux, constitue la plus mauvaise période de la série. Clifton n’y est plus que l’ombre de lui-même. La cure de jeunisme ne lui convient absolument pas. Les anciens lecteurs n’y trouvent pas leur compte tandis que les jeunes n’accrochent que moyennement à ce personnage d’un autre temps. C’est un peu comme si on avait voulu faire jouer au club des 5 un remake de Game of Thrones. Clifton n’est plus dans son époque, il n’est plus à sa place. A la limite, il devient presque un personnage secondaire de ses propres aventures. « Jade » et « Lune Noire » offrent des récits plus modernes mais tellement creux ! « Elémentaire, mon cher Clifton » est un peu plus original mais reste bien en deçà des débuts de la série. Michel Rodrigue (dont le trait est vraiment proche de celui de Turk) continuera l’aventure seul le temps d’un album sans grand intérêt à nouveau (« Balade irlandaise »). L’intrigue est extrêmement prévisible tandis que l’humour tombe le plus souvent à plat. Avec cet album j’ai réellement pensé que Clifton était mort et enterré. Trop démodé, trop « déjà-vu », ce genre de détective ne pouvait plus plaire qu’à de vieux cons nostalgiques… Et je me demande dans quelle mesure les éditions du Lombard n’ont pas suivi le même cheminement dans leurs cogitations.

6ème époque : Zidrou et Turk

Car depuis deux albums, la série connait un renouveau. Enfin, renouveau… Il serait plus juste de parler d’un retour aux sources. Tout d’abord, la série salue le retour de Turk aux crayons. Le trait est devenu un peu moins fin qu’à la grande époque mais l’artiste possède toujours cet art de la caricature expressive. C’est celui qui, pour moi, a le mieux fait parler le visage de Clifton. Le retrouver au dessin est donc un réel plaisir.

Mais que vient faire Zidrou dans cette aventure ? C’est vraiment la question que je me suis posé dans un premier temps. Le gars multiplie les scénarios et j’avais peur qu’il ne consacre à Clifton trop peu de temps que pour le faire renaître. Après deux tomes, je me mets à croire au miracle. Tout d’abord, les auteurs ont eu l’intelligence de replacer Clifton dans l’Angleterre des années ’60. En jouant sur la corde de la nostalgie, les auteurs ont ainsi la possibilité d’exploiter une période des plus intéressantes pour le personnage mais aussi de séduire le public des débuts, les gamins boutonneux des années ’70 devenus vieux cons des années 2010 (et je sais de quoi je parle ! J’en fais partie).

Par ailleurs, les scénarios font montre d’une originalité que l’on n’avait plus vue depuis longtemps dans les pérégrinations du détective. « Les Gauchers contrariés » pèche encore un peu au niveau des dialogues. Mais les réparties fusent comme au bon vieux temps dans le tout frais, tout beau, tout propre « Just married » Un album digne de la grande époque avec des personnages secondaires solides, des références à la caricature de culture anglaise telle que nous aimons la véhiculer de ce côté de la Manche, de l’action et de l’humour. Il y a encore des axes d’amélioration tangibles (à commencer par un adversaire un peu moins irritant) mais je pense que les deux auteurs sont sur la bonne voie.

En tous les cas, je suis vraiment reparti pour un tour (en MG). Long live, sir Harold Wilberforce Clifton, puisse ce héron mélomane m’accompagner dans mon lent retour à la sénilité. Comme quoi, c’est avec les vieilles casseroles que l’on réussit le mieux les vieilles recettes.

Voilà, voilà, voilà… Pour moi la série est culte mais l’inégalité des périodes et son échelonnement dans le temps font que certains albums figurent dans mon panthéon tandis que d’autres ne sortiront sans doute plus jamais de la bibliothèque (sinon pour caler un meuble). Objectivement, ma note devrait être de 3/5 pour l’ensemble de la série mais voilà, je suis tout sauf objectif quand on me parle de Clifton.

Na !

Nom série  La Vallée du Diable  posté le 29/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est en fait la suite directe du « Sentier des Reines » mais, rassurez-vous si vous ne l’avez pas lu, il peut se lire comme un one-shot.

Le cadre de la Nouvelle-Calédonie à l’époque de sa colonisation est dépaysant. Le contexte historique sert de toile de fond à un grand drame romanesque. On ne peut pas parler de modernisme, non, nous sommes plutôt dans le même état d’esprit que des films comme Out of Africa ou La Leçon de Piano. Je parle bien d’état d’esprit, ne croyez pas retrouver dans cet album d’autres rapports avec les films susnommés. Mais on sent directement que l’histoire va tourner au drame, que l’entêtement des personnages va les mener droit dans le mur, que l’amour ne triomphera pas nécessairement.

Le scénario est donc assez prévisible mais diantrement efficace. Les personnages ont des caractères forts qui les poussent à des actions extrêmes et à des réactions épidermiques. C’est chaud, violent parfois mais toujours humainement compréhensible.

Le dessin d’Anthony Pastor, très fin, est réellement superbe dans son genre. La finesse du trait alliée à une colorisation qui fait ressentir la chaleur du sol, le temps qui passe, la fraîcheur des nuits nous immerge dans le théâtre du drame. J’ai par exemple particulièrement aimé l’ombre des nuages qui se reflète sur des collines arides. C’est le genre de détail dont, je pense, tout le monde se fout mais qui, dans mon chef, me donne vraiment ce sentiment d’y être, de ressentir le vent, de comprendre le climat.

En résumé : un récit très classique qui peut se lire comme un one-shot mais ravira également les lecteurs du Sentier des Reines porté par des personnages forts et un dessin d’une grande élégance.

Nom série  Saga Valta  posté le 12/06/2012 (dernière MAJ le 28/08/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec Saga Valta, j’ai exactement obtenu ce que j’attendais : une saga nordique avec de fiers guerriers, de séduisantes tentatrices, de cruels ennemis et des décors exotiques.

En ces périodes de disette où les déceptions s’accumulent, je trouve que c’est plus que bien ! Alors, d’accord, il n’y a pas de grosse surprise au rendez-vous mais faut avouer que c’est très bien foutu.

Le maître atout, selon moi, vient du dessin de Mohamed Aouamri. J’adore son style qui allie une grande lisibilité (grâce notamment à des personnages bien typés) et des décors détaillés. Son trait convient parfaitement à ce type d’univers. C’est élégant, très dynamique, habilement découpé avec les éléments essentiels toujours bien mis à l’avant-plan, une mise en page soignée et des personnages séduisants.

Honnêtement, rien qu’en regardant les couvertures, j’avais déjà envie de me plonger dans cette saga. Et lorsque le contenu se révèle fidèle aux couvertures, je ne peux qu’être séduit.

Au niveau du scénario, Dufaux nous livre un récit de qualité. Comme je disais plus haut, il n’y a pas grand-chose de franchement original. Le lecteur retrouvera un peu le même type d’univers que celui exploré dans la « Complainte des landes perdues » mais dans une ambiance un peu plus noire (l’influence de « Game of Thrones » ?) Sa narration en voix off est, je trouve, parfois un peu lourde mais donne un ton sinon unique du moins différent à la série, et l’action est au rendez-vous. Pas le temps de s’ennuyer entre les différents retournements de situation.

Donc voilà : si vous cherchez un récit d’heroïc fantasy classique, sombre et très bien dessiné, faites un crochet par cette Saga Valta. La série n’est pas trop longue (3 tomes) et propose une fin plaisante et susceptible de nous offrir une suite (ou, à tout le moins une autre saga dans le même univers). C’est à essayer (au minimum).

Nom série  Les Reflets changeants  posté le 28/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Cet album est un pur roman graphique. L’auteure nous propose de cheminer un bref instant avec trois personnages aux profils bien différents. Il y a d’abord la jeune Elsa, 22 ans, complexée et en quête du grand amour. Vient ensuite Jean, qui a renoncé à ses rêves pour rester proche de sa fille et de son ex-épouse. Enfin, nos pas emprunterons ceux d’Emile, 80 ans, souffrant d’acouphènes et ne se sentant plus vraiment utile à quoi que ce soit.

Ces trois personnages vont se croiser, se parler, s’aimer, se livrer. Leurs destins n’ont rien d’exceptionnels. On pourrait presque les qualifier de banals et c’est le reproche que je ferai à ce récit. Il lui manque un moment fort, un événement poignant pour le lecteur (même si ce moment existe pour l’auteure puisque l’un des trois destins, le plus tragique, est en partie autobiographique).

Mais si je n’ai pas été spécialement ému par ces trois destins, j’ai néanmoins fort apprécié les talents de narratrice de l’auteure. Elle est en effet parvenue à capter mon attention tout le long du récit. Les dialogues sonnent de manière naturelle, les personnages ont cette part d’humanité qui fait que l’on s’attache à eux, malgré ou plutôt grâce à leurs défauts, le découpage en chapitres est bien équilibré, tout comme les passages entre les différents personnages.

Le dessin est imprécis par moments mais cette ligne est très claire et dépouillée, ce qui assure une lisibilité parfaite. Les personnages sont bien typés, évitant ainsi tout risque de confusion. La colorisation tranchée accentue encore la lisibilité de l’ensemble.

Pour une première œuvre, c’est très prometteur. Un peu dans la lignée d’une Vanyda. Pour ma part, j’attends encore un peu plus d’émotion pour totalement succomber mais je ne dissuaderai certainement pas les amateurs de romans graphiques de jeter un œil sur ce bel album.

Nom série  Y5/P5  posté le 24/08/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Y5/P5 est un court récit muet qui n’a d’autre prétention, je pense, que de donner le sourire. Le lecteur est invité à suivre l’histoire d’amour que vont tisser deux voisins d’immeuble (la fenêtre de l’un donnant sur la fenêtre de l’autre).

Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est vite expédié. L’homme n’est guère futé, la femme ne l’est pas beaucoup plus mais, au moins, prend les choses en main (dans tous les sens du terme).

Le trait d’Emmanuel Moynot est sans pitié, nous livrant des corps gras ou anguleux, les os saillent, les bites se dressent tandis que les seins pendent. La scène de sexe n’est pas démonstrative mais bien réaliste d’un quotidien morne.

Honnêtement, j’ai trouvé ça plaisant, sorte de petit délire d’un auteur doué pour la narration muette. En peu de pages, il parvient à bien nous décrire ses deux héros du quotidien et la chute finale, à défaut d’être hilarante, est sympathique.

A n’acheter que si vous le trouvez à très bon prix, à emprunter dans le cas contraire pour la bonne et simple raison que cela se lit très vite. Et à ne pas laisser entre les mains de vos enfants si vous ne voulez pas leur donner un cours d’éducation sexuelle dans l’immédiat (personnellement, je ne vois rien de réellement choquant mais la tolérance de l’un n’est pas celle de l’autre, dans ce domaine).

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