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Nom série  Blueberry  posté le 12/08/2010 (dernière MAJ le 14/02/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 5/5 (Culte !)
Culte ! Ni plus ni moins. Et ce même si les derniers tomes n’offrent plus la même consistance.

Avec Blueberry, Jean-Michel Charlier signe peut-être ses meilleurs scénarios. La série, qui se divise en multiples cycles plus ou moins courts, offre des histoires mouvementées, riches en rebondissements et au suspense très classique. La série a fixé une série de règles qui pourraient la rendre stéréotypée pour un nouveau lecteur. Ce serait oublier la date à laquelle Blueberry est apparu.

Charlier parvient à trouver un style à mi-chemin entre le western américain et le western italien. Il parvient à conserver un souffle épique, un style empli de panache tout en offrant des personnages loin d’être parfaits, une vision du far-west plus proche de la réalité mais sans détruire le mythe.

Le dessin de Giraud est excellent et étonnamment précis pour l’époque. Les planches sont soignées, riches en détails et pourtant toujours lisibles.

Chaque tome offre sa dose de matière. Lire un Blueberry ne se fait pas en 15 secondes, mais cette lecture me passionne tellement que, et d’une je ne vois pas le temps passer, et de deux je ne peux m’arrêter avant d’avoir fini le cycle entier (quitte à récupérer en lieu et place de spaghetti al dente une masse informe au fond d’une casserole dont la moitié de l’eau s’est évaporée).

Le seul reproche que je fais à la série, c’est qu’elle est responsable de ma confusion entre Joseph Gillain et Jean Giraud. Longtemps, j’ai cru que ces deux auteurs n’étaient qu’une et même personne. En effet, Jijé signe la première couverture, ainsi que plusieurs planches dans les premiers tomes, le reste est souvent signé Gir. Hors, Jijé = JG, soit les initiales de … Jean Giraud. Les styles des deux auteurs étant proches l’un de l’autre, la confusion était totale dans mon esprit et il me faudra des années pour enfin parvenir à différencier ces deux géants de la bande dessinée.

Cela n’enlève cependant rien à la qualité de cet immense classique de la bande dessinée, dont plus d’une série s’inspirera par la suite (Comanche en tête).

Et comme la série bénéficie actuellement d'une nouvelle édition en intégrale, je vous invite chaleureusement à y jeter un oeil très attentif ! Cette intégrale est, en effet, extrêmement bien foutue et apporte un réel plus aux lecteurs. On y retrouve, pèle-mêle, des planches de présentation parues dans le journal Pilote à l'époque, des interviews des auteurs, des anecdotes sur l'élaboration de certains scénarios, des comparaisons de découpages entre les planches parues dans le journal et celles de l'édition en album. L'amateur que je suis se régale !

Nom série  Escobar - El Patron  posté le 14/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Bien que certains faits d’arme antérieurs soient évoqués, cet album se concentre sur les deux dernières années de la vie de Pablo Escobar, celles qui l’ont vu tenter d’échapper à l’extradition et à la mort depuis sa prison dorée, un véritable hôtel de luxe.

D’un point de vue historique, l’album est très instructif mais aucunement didactique. Les auteurs ont réussi à construire un récit vif et tendu sur base de faits réels, s’éloignant ainsi des classiques biographies pour nous offrir un thriller efficace (même si on en connait la fin dès le début, réalité historique oblige).

Le dessin est un peu étrange au premier regard. Il peut sembler maladroit car son auteur déforme souvent les perspectives mais ce style lui donne une identité propre. Très lisible, il ne constitue en aucun cas un frein à la lecture mais risque de rebuter certains du fait de son apparent manque de rigueur.

Le résultat, c’est à mes yeux un bon album de bande dessinée. Si les sujets historiques du XXème siècle vous intéressent ou si les criminels d’envergure vous fascinent, je vous en conseille la lecture. Dans le cas contraire, je pense que l’album, bien que de qualité, ne vous convaincra que moyennement tant nous sommes là dans de la pure évocation historique.

Je ne conseille pas l'achat au lecteur lambda mais l'album mérite un regard attentif de la part des amateurs du genre.

Nom série  Star Fuckers  posté le 14/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Depuis quelques temps, je porte une attention certaine aux nouvelles sorties de l’éditeur Kennes. Non que celles-ci soient toujours des chefs-d’œuvre mais, en peu de temps, cet éditeur a réussi à se constituer un catalogue de qualité avec des albums accessibles à un large public, qu’il soit jeune (« Ninn », « La Vie compliquée de Léa Olivier ») ou moins jeune (« The Long and Winding Road », « Greenwich Village »).

Et voilà qu’ils se lancent dans l’aventure du polar coquin. « Oui, bon, pourquoi pas ? » me dis-je, même si j’ai rarement déniché des récits totalement convaincants à mes yeux dans cette catégorie. Par ailleurs, le nom du duo de scénaristes avait de quoi rassurer (et étonner, aussi). Gihef et Alcante ne sont pas des inconnus et s’ils se lancent dans cette aventure, c’est qu’ils sont sûrs de leur coup.

Et bien j’ai fameusement déchanté. Précédée d’élogieuses références à des séries télé telles que Nip Tuck ou Californication, cette nouvelle série s’est avérée être d’une fadeur ennuyante. Le gros frein, pour le lecteur que je suis, s’est situé au niveau de l’humour. En fait, je n’ai trouvé aucune séquence amusante. Soit trop prévisible, soit bêtement vulgaire, parfois les deux, l’humour déployé dans ce premier tome rate constamment sa cible (si, du moins, j’étais la cible en question). Par ailleurs, l’enquête policière, si elle est construite avec un certain savoir-faire et s’appuie sur de vieux échos people (Hugh Grant et ses petits problèmes d’image égratignée par son attrait pour les prostituées semble être à la base de l’idée de départ), n’est quand même pas des plus passionnantes. Jamais on ne craint pour la vie de notre héroïne, jamais on ne doute du happy end final. « Et les scènes de cul ? » me direz-vous (à juste titre). Et bien il sera plus souvent question de nichons que de croupion et tout cela nous est proposé avec parcimonie et légèreté. Bon ! Pour le coup, je préfère cette approche à du sexe trivial et sans justification… sauf que même en restant soft, c’est souvent gratuit et forcé.

Reste le dessin. Passé cette couverture racoleuse, le contenu est agréable à l’œil. Dylan Teague, un dessinateur anglais doté d’un talent certain, s’emploie à arrondir les angles (principalement au niveau de la poitrine et du fessier de ces dames). Son trait semi-réaliste est expressif mais un peu figé à mon goût. Le résultat est agréable à l’œil mais ne justifie pas à lui seul l’achat de l’album.

Résultat : un album à réserver aux 16 ans et plus mais qui rate son objectif par manque de tension et du fait d’un humour trop prévisible, trop facile. Pas assez décalé, surtout, selon moi.

Nom série  Tu sais ce qu'on raconte...  posté le 08/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Tu sais ce qu’on raconte …

C’est ça, le charme d’Angoulême, cette possibilité offerte de dénicher un album auquel je n’aurai pas même jeté un regard s’il n’avait été mis en avant par un petit éditeur sur son stand. Bon ! Le petit éditeur en question n’en est pas à son coup d’essai et j’ai déjà pu vérifier par ailleurs que Warum avait une ligne éditoriale apte à me séduire.

Donc, voilà, Warum, Casanave (dont j’aime le trait frais, dépouillé et expressif), un titre en forme d’invitation (de quoi titiller ma curiosité), la possibilité de faire dédicacer l’album par les deux auteurs : tout était réuni pour que je me saisisse dudit objet.

Il m’aura fallu 4 cases pour être totalement convaincu. 4 cases, pas une de plus et peut-être bien une de moins après réflexion ! 4 cases et je ne savais plus abandonner ma lecture ! Car la force de cet album réside dans sa construction narrative. Pensez ! Un secret de village dont on ne verra JAMAIS le principal protagoniste, à se demander s’il était bien là ! Un secret partagé par tous, chacun ayant sa propre vision des choses. Une narration qui ne cesse de rebondir d’un endroit à un autre sans jamais perdre son fil conducteur. Le résultat est extrêmement prenant, garde sa cohérence tout en m’offrant un récit raconté d’une manière totalement novatrice à mes yeux. Ce n’est absolument pas prise de tête, au contraire, c’est d’une simplicité enfantine… mais proche du génie ! De lecteur, je deviens voyeur, me délectant des bribes des secrets qui s’échappent de conversations de village. Qui croire, que prendre pour argent comptant, que remettre en doute ? Gilles Rochier réussit le tour de force de créer un récit inattendu en partant d’un fait divers quelconque.

A force, le procédé aurait pu lasser mais ce récit a juste la bonne longueur et les cases épurées de Daniel Casanave (tout comme sa colorisation monochrome) aident au rythme de lecture en aérant le récit, en le centrant sur la narration tout en occupant l’espace.

Une très belle surprise. Un objet de curiosité qui prouve qu’il y a encore moyen de faire preuve d’originalité dans le monde de la bande dessinée tout en restant accessible au plus grand nombre. Je recommande vivement ! Lisez-le, c’est le minimum.

Nom série  The Long and Winding Road  posté le 06/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Sur une idée assez classique, Christopher et Ruben Pellejero construisent un récit drôle et touchant.

Il n'y a pourtant rien de réellement original. Le fils qui, suite à la mort de son père, part en pèlerinage forcé (il doit verser les cendres de son père sur l'île de Wight) me semble être une histoire que j'ai lue par ailleurs. La bande de vieux potes rebelles et rock'n'roll, c'est le genre de seconds rôles qui marche toujours... mais est-ce vraiment novateur ? Le road-movie en vieux minibus vw me semble là aussi classique jusque dans le choix du véhicule.

Oui mais voilà ! Ce récit est parfaitement maîtrisé. Le rythme est là. Le personnage central, en pleine crise de la quarantaine, évolue au fil des pages. Et là, petite originalité, plutôt que de se rapprocher de sa famille, il va au contraire redéfinir ses priorités. Les seconds rôles sont excellents et apportent beaucoup d'humour dans ce récit. Les rencontres sont nombreuses et souvent intéressantes.

Le dessin en a-plats de Ruben Pellejero, j'en suis fan. Ce style dépouillé a une indéniable personnalité, reste toujours lisible et expressif et fait constamment ressortir l'élément principal de chaque case.

La bande son est elle aussi à mon goût, ce qui ne gâche rien. Et le choix des titres (qui ouvrent chaque chapitre) s'avère souvent judicieux et toujours en accord avec le récit.

En définitive, ce récit m'a apporté ce que j'en attendais. C'est un vrai road-movie, peut-être pas le plus original que j'aie lu mais redoutablement efficace. Le genre de récit que j'ai plaisir à lire, à relire, à regarder et à "écouter". Franchement bien, donc !

Nom série  Bob Morane Renaissance  posté le 03/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Le duo Brunschwig - Ducoudray revisite le mythe de Bob Morane et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'ils ne font pas les choses à moitié ! D'intrépide héros, fin stratège, athlète accompli, Bob Morane ne garde que les qualités du coeur et du corps. Profondément naïf, il va en effet être manipulé tout au long de ce diptyque, au point d'apparaître comme le grand perdant de ce premier cycle.

Je peux parfaitement comprendre que cette revisite ait déplu aux fans de la première heure. A titre personnel, c'est tout le contraire. Les scénaristes gardent l'univers teinté d'une anticipation qui flirte avec la science-fiction mais si le héros reste très boy-scout, le happy end n'est plus assuré et les ennemis ne se trouvent plus spécialement là où on le pensait. Et oui, il ne suffit plus de porter un nom chinois pour être le méchant de l'histoire !

En deux tomes, les auteurs ont donc réussi à faire table rase d'une bonne part du passé. Tout peut donc être reconstruit avec un Bob Morane en pleine maturation et un Bill Ballantine dont le rôle ne peut que grandir.

Reste à voir si le changement de scénariste(s) ne va pas marquer un retour en arrière (ce qui semble être le souhait d'Henri Vernes). Ce serait dommage car les nouvelles bases posées ici offrent des possibilités intéressantes, avec un discours moins convenu et des personnages moins parfaits.

Le dessin, lui, ne m'a pas subjugué mais il convient bien à ce type de bande dessinée. Très grand public, il ne déroutera pas les anciens lecteurs sans rebuter les nouveaux.

Jusqu'à présent, le travail accompli me plait bien. Je ne déconseillerai donc certainement pas l'achat de ces deux tomes, ne fusse que pour montrer à Henri Vernes que certains lecteurs sont demandeurs de changement... mais j'ai une petite appréhension pour la suite.

Wait and see...

Nom série  La Tristesse de l'éléphant  posté le 03/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La Tristesse de l'éléphant est un bel album.

Cette love story d'une gentillesse extrême touchera certainement les jeunes lecteurs. Les anciens, eux, risquent de trouver ici un goût de déjà-lu assez prononcé mais la simplicité et la douceur qui s'en dégagent ne peuvent laisser totalement indifférent.

A titre personnel, ce qui m'aura le plus plu dans cet album, c'est le trait de Nina Jacqmin et le choix aussi audacieux que judicieux qu'elle fait de la couleur. Le trait d'abord, rond et riche, soigné, dont semble se dégager une âme d'enfant, m'a séduit par son caractère atypique. On le croirait sorti d'un livre illustré destiné aux plus jeunes mais il dispose du dynamisme nécessaire à la bande dessinée, souvent grâce à des cadrages bien pensés et à des compositions de planches harmonieuses. L'usage de la couleur, ensuite, avec cette dominance de gris dans lequel viennent s'inviter comme autant d'éclairs de bonheur des couleurs primaires. Rouges et bleus éclatent comme des bulles d'oxygène, les planches s'illuminent alors en parfait harmonie avec cet univers du cirque.

Un bel album, donc. A titre personnel, j'aurais apprécié un peu plus d'originalité au niveau du scénario mais je ne regrette certainement pas mon achat. Je relirai encore souvent cette histoire et ouvrirai encore plus souvent ce livre pour admirer le doux trait de Nina Jacqmin.

Nom série  La Femme aux cartes postales  posté le 03/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Le charme de cet album réside en de multiples petites attentions qui, en définitive, parviennent à lui donner une dimension supérieure à la seule qualité de son pitch de départ, assez classique.

Tout d'abord, il y a le trait de Jean-Paul Eid. Un simple coup d'oeil à la couverture permet d'en cerner les principales qualités : une parfaite lisibilité, une agréable rondeur, un sens certain de la composition et du découpage. Vraiment très agréable à regarder, ce genre de trait est pour moi une véritable invitation à la lecture.

Le cadre et l'époque sont les deux sources suivantes de mon enthousiasme. Sans être un expert, j'aime le jazz et les auteurs ont le mérite de me le présenter dans un autre contexte que celui dans lequel on me le montre d'ordinaire puisque nous sommes à Montréal et non aux USA. La fin des années 50 marque, quant à elle, un tournant dans l'histoire de la musique et nous assisterons à l'émergence de nouveaux courants tandis que le jazz, qui vient seulement d'atteindre son apogée, entame déjà son lent déclin. Nostalgie et dépaysement sont donc au rendez-vous, et j'ai aimé cette ambiance.

Vient ensuite la structure du récit. Un récit qui va se développer sur deux époques et qui recèle d'un vrai mystère pour sa période moderne. cet événement intrigant est un réel moteur pour la lecture.

Viennent s'ajouter au tableau ces cartes postales. Cela n'a l'air de rien mais ce simple petit élément apporte une certaine originalité à la narration. C'est... charmant. Naïf et charmant, et, du coup, je suis charmé.

Et puis, il y a le langage. Les expressions québécoises fusent sans que les dialogues en souffrent. Tout reste constamment compréhensible et délicieusement exotique. C'est à mes yeux un pur régal, à l'image d'un filet de sirop d'érable sur une crêpe maison (avec une boule de glace à la vanille en prime).

Et comme si tout cela ne suffisait pas, les auteurs ont poussé le souci du détail jusqu'à nous donner la possibilité, à nous lecteur, d'entendre deux morceaux de jazz (à l'origine totalement imaginaires) via un lien internet. Ces morceaux, qui se trouvent au coeur même du récit, puisqu'il y est à un moment question de l'enregistrement d'un 45T, prennent vie ! Une manière agréable de donner de la matière à une illusion, un souci du détail qui a le don de finir de me convaincre.

Alors oui, le triangle amoureux n'est pas ce qu'il y a de plus original et certains rebondissements sont difficilement crédibles (mais pas trop farfelus non plus), il n'empêche que, grâce au soin accordé en profondeur à cet album, celui-ci est devenu une des petites perles de ma bibliothèque qu'il me plaira d'exhiber à mes amis.

Vivement conseillé pour les amateurs de jazz, des années 50 et d'albums peaufinés jusque dans les moindres détails.

Nom série  Frnck  posté le 02/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Avec Frnck, les éditions Dupuis renouent avec le genre de série qui a marqué toute une génération de lecteurs.

Le héros, jeune adolescent ultra-dynamique et gaffeur, possède un charisme certain et plaira à un large public. Les jeunes s'y identifieront sans problème tandis que les anciens retrouveront en lui le charme d'un Spirou au meilleur de sa forme.

Le récit est extrêmement bien rythmé. Le scénario est certes classique (le jeune orphelin qui découvre que ses parents ne sont peut-être pas morts et qui, par un concours de circonstances, se retrouve plongé dans un monde étrange, ici la préhistoire, ce n'est pas une réelle nouveauté en matière de point de départ) mais bien fichu et rapidement prenant.

L'humour est omniprésent et fait souvent mouche. Le caractère gaffeur de Franck, le langage à décoder des hommes préhistoriques, les rebondissements originaux, tout est conçu pour faire sourire, voire rire.

Et enfin, il y a le dessin de Brice Cossu, bien dans la lignée des grands de la maison d'édition. C'est clair, net, dynamique et expressif. En regardant la couverture, en feuilletant l'album, on sait qui l'a publié. C'est du Spirou, et du bon !

Cela faisait longtemps que je n'avais pas croisé un nouveau héros aussi charismatique, aussi classique et aussi dynamique chez Dupuis. Son arrivée comble un vide sans sentir le réchauffé. Je suis enthousiaste, content, joyeux comme le gamin que j'étais lorsqu'il recevait un gros recueil des magazines de Spirou pour ses vacances d'été.

Une bouffée d'air frais qu'il est bon de se prendre dans les naseaux. J'en redemande !!!!

Nom série  Les Nouvelles de la jungle (de Calais)  posté le 01/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Mention "Franchement bien" pour cet album car je trouve que c'est une grande preuve de talent de réussir un album aussi instructif et amusant sur un sujet autant matraqué par les médias et aussi déprimant !

Pourtant tout n'est pas parfait et le début du récit, directement adapté d'un blog, souffre un peu de son manque de structure. Des recoupements seront nécessaires pour enfin obtenir une idée d'ensemble et cela ne viendra qu'au fil de la lecture mais, a contrario, l'avantage de cette structure est qu'elle nous permet de pénétrer la jungle de Calais avec le même regard que les auteures.

Au fil des planches, ce sont autant d'instantanés qui nous exposent le quotidien de la jungle. Un quotidien sinistre, déprimant, effrayant parfois, absurde souvent mais qui, grâce au trait caricatural de Lisa Mandel et à l'humour des deux auteures, nous est asséné d'une manière telle qu'il est difficile d'abandonner notre lecture en cours de route.

En définitive, j'ai appris beaucoup de choses que j'ignorais, j'ai souvent souri, parfois ri, j'ai apprécié le fait que les auteures donnent la parole à tous les acteurs présents sur le terrain et si je ne vois pas de solution à terme (on ne fait que déplacer le problème d'un lieu à un autre), j'ai maintenant une vision plus complète du problème.

A lire ! Vraiment ! Ne fusse que pour l'humanité qui se dégage de ces planches.

Nom série  Le Règne  posté le 01/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Mon gros problème avec ce premier tome, c'est son pitch de base : un univers post-apocalyptique a priori intéressant (il prend en compte des dérèglements climatiques engendrés par les activités humaines) mais qui use ensuite de raccourcis à mes yeux faciles. Je m'explique : les hommes semblent avoir disparu de la surface de la terre, laissant ainsi la place à d'autres races animales qui ont à leur tour évolué. Et c'est là que ça coince chez moi car cette évolution est identique pour un grand nombre de ces races et toutes se retrouvent grosso modo avec un corps humanisé (position de type "erectus", membres postérieurs qui s'allongent, mamelles qui remontent sur la poitrine pour ressembler comme deux gouttes d'eau aux seins humains, pouces opposables). Une explication qui se résume à la simple évolution naturelle ne tient pas la route. Et si vous ajoutez à cela que tous ces animaux ont acquis en un temps somme toute réduit (des vues des ruines de la tour Eiffel nous sont offertes, preuve que ces dérèglements climatiques ne datent pas de milliers d'années) un langage commun, vous comprendrez peut-être un peu mieux mon ressenti.

Mais voilà, une fois passé ce gros écueil (qui ne gênera sans doute pas d'autres lecteurs), je ne peux que m'incliner devant le talent de Sylvain Runberg et d'Olivier Boiscommun (talent que je n'ai jamais contesté, ces deux auteurs ayant déjà produit bien des oeuvres dont je suis fan) : Le Règne nous offre un récit rythmé, superbement illustré (la colorisation, en particulier, est splendide), qui évite le piège du manichéisme tout en reposant sur des bases classiques (le trio de héros, qui m'a étrangement fait penser au trio formé par Buck Danny -le leader fin stratège-, Tumbler -le second sérieux et efficace- et Sonny Tuckson -l'élément comique et décalé-, en est un bon exemple).

Ce premier tome est donc agréable à lire et visuellement séduisant. Mon esprit critique, mon côté chichiteux m'empêche cependant d'y voir une oeuvre majeure voire novatrice mais juste un bon divertissement destiné à un public ayant gardé une certaine naïveté.

Nom série  Le Jour où...  posté le 16/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Raaaaaaaaaaaaaahh, ce scénario fait vraiment trop catalogue publicitaire pour bobo en quête existentielle à deux francs six sous. De jolies phrases pompées à gauche ou à droite, de ces phrases que l’on retrouve souvent sur Facebook ou sur une carte Primark, nous incitent à croire en nous et en l’humanité, à prendre le temps de vivre, à profiter de l’ombre jetée sur notre rétine humide par le gai vol de la coccinelle. De petites histoires en forme de paraboles nous incitent à réfléchir sur notre perception du monde… à l’image d’un épisode de « la petite maison dans la prairie ». Le tout est, joliment (et je le dis sans moquerie aucune), relié dans un récit léger et zen.

Sur le principe, j’ai rien contre. Et ça fait clairement du bien d’avoir devant soi un récit positif empli d’espérance en soi et en l’humanité. De plus, le dessin est sympa et contribue à ce sentiment de légèreté par sa simplicité et son expressivité. D’ailleurs, j’ai lu l’album jusqu’à son terme en un temps des plus réduits.

Mais voilà, essayer de faire passer comme message qu’il faut savoir prendre le temps de vivre, qu’il faut croire en soi, que le monde est un cadeau qui s’offre à nous, en s’appuyant sur des personnages qui semblent avoir les couilles cousues d’or fin, c’est très délicat quand le lecteur est naturellement cynique… ce qui est mon cas.

Notre héroïne va croiser quelques personnages bien dans leur peau. Le premier tient une épicerie perdue en pleine campagne. En deux jours, il aura en tout et pour tout deux clients… dont une ne lui achètera rien. On pourrait donc penser qu’il vit chichement. Que nenni mes amis, le gars possède une villa gigantesque avec au moins trois chambres d’amis et une piscine bien carrée, bien chlorée. De suite, je pense que, effectivement, si je vivais dans un lieu reposant en exerçant un boulot reposant, sans avoir de soucis quant à des horaires à respecter tout en profitant d’un confort matériel bien au-dessus de la moyenne européenne, j’aurais de plus grandes facilités à être zen.

Les autres personnages croisés, qui serviront de modèles à notre jeune héroïne, sont du même acabit. Une écrivain à succès, un chef d’entreprise fortuné qui décide de tout lâcher pour aller marcher, les personnages évoqueront même le destin d’un ancien trader devenu berger. On ne m’enlèvera pas de l’idée que, primo, c’est plus facile de trouver la sérénité quand on vit dans un confort matériel que rien ne semble pouvoir mettre en danger, et secundo, que le destin des personnages présentés n'est pas vraiment semblable à celui de la majorité des vivants de ma génération.

Non ! Sérieusement, pour me faire croire en la beauté de la vie, faut pas me présenter des personnages à qui tout réussit.

Nom série  Le Reste du Monde  posté le 16/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Chauzy nous livre sa vision du monde post-apocalyptique tel que souvent exploré dans les récits de genre. Et si sa vision n’a rien de révolutionnaire, il n’empêche que son diptyque m’aura fait passer un agréable moment de lecture.

Tout d’abord, il y a l’aspect visuel du récit. Et là, clairement, certaines planches fichent le tournis tant elles ont une gueule infernale ! Notamment la scène du déluge orageux en pleine montagne. La composition et les couleurs choisies m’ont immergé dans cette nature fascinante et effrayante à la fois. Mais si ces scènes grandioses existent, elles ne composent pas la majeure partie de l’album, l’accent étant souvent mis sur les relations entre les personnages. Là aussi, Chauzy livre un beau travail même si moins spectaculaire. Les personnages sont bien typés, expressifs, vivants. Les compositions sont bien pensées, toujours lisibles, bien équilibrées. Le découpage ne casse jamais le rythme du récit. Du point de vue visuel, je pense que nous sommes face à une très grande bande dessinée.

Du point de vue du scénario, je trouve que cet album est un peu en-deçà du niveau que son aspect visuel laissait espérer. Non que ce soit mauvais, loin de là même, mais ce scénario n’offre pas grand-chose d’original à mes yeux. Le destin de cette mère de famille et de ses enfants est prenant mais pas poignant. On s’attache aux personnages sans qu’ils ne nous deviennent proches. Pourtant, les rebondissements ne manquent pas et le travail sur la psychologie de certains personnages est très intéressant. En conséquence, le scénario tient la route, la progression narrative est bien maîtrisée mais il manque ce choc qui fait basculer le lecteur de son statut de lecteur à celui de témoin complice.

En résumé, voici un très beau diptyque, avec un dessin parfois tout simplement grandiose et un scénario certes classique mais qui, dans le genre post-apocalyptique, fait mieux que simplement tenir la route.

Mieux que « pas mal » mais « franchement bien » est peut-être un peu excessif. Bien, tout simplement bien. A lire et à posséder.

Nom série  Red Angels  posté le 13/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Sans le trouver excessivement original, j’ai bien aimé ce récit traitant du quotidien de trois prostituées dans la Chine des années 80.

L’auteur nous décrit trois parcours marqués par la drogue, la violence, la perte des illusions, le sida, la mafia. Ce n’est donc pas particulièrement joyeux… mais la manière dont tout cela nous est raconté ne rend pas ce récit déprimant pour autant. C’est une réalité certes cruelle qui nous est décrite mais dans laquelle crépite encore une étincelle d’humanité. Et c’est cette étincelle qui fait toute la différence.

La narration est agréable avec en voix off le propriétaire du bâtiment dans lequel professent nos trois héroïnes. Grace à l’annonce faite a priori, un petit suspense est créé puisque nous savons dès le début que l’histoire va mal se terminer pour l’une des trois, et plutôt bien pour une autre, mais sans savoir de qui il va s’agir. Le découpage est bon et si le dessin peut surprendre de prime abord, je l’ai bien apprécié sur la longueur. Il est singulier mais possède un charme esthétique difficile à définir. Je pense même que beaucoup ne l’aimeront pas.

La dimension érotique du récit est totalement mise de côté. Si vous pensiez vous rincer l’œil, c’est loupé : cet album est, de ce point de vue, extrêmement pudique.

Finalement, le fait que ce récit se déroule en Chine n’a que peu d’intérêt puisque le quotidien d’une prostituée chinoise ressemble furieusement au quotidien d’une prostituée occidentale (du moins, à ce que j’en imagine du peu que ce que j’en sais). Il n’empêche que, par son humanité, sa structure et son rythme, cet album m’a bien plu. Pas mal du tout, en somme.

Nom série  Rebels  posté le 13/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Rebels est à mes yeux une œuvre avant tout politique et je pense que le lecteur qui ne voudrait y voir que le récit d’aventures de jeunes fermiers dans l’Amérique naissante passerait totalement à côté de la volonté de l’auteur, et risquerait même de trouver l’ensemble plat et peu intéressant.

A titre personnel, et sous cet éclairage (à ce propos, la préface de l’auteur est des plus judicieuses), j’ai bien aimé cet album. Un album qui dénonce finalement les USA d’aujourd’hui (ou du moins certains aspects de sa politique extérieure) tout en glorifiant les héros anonymes qui lui ont permis de naître autrefois. Un album patriotique mais pas complaisant, voilà qui est rare, ambigu et par conséquent intéressant.

L’album n’est pas parfait à mes yeux pour autant. J’aurais aimé avoir une meilleure vue d’ensemble sur l’aspect historique, par exemple. Par ailleurs, les derniers récits sont plus décousus puisque nous quittons le personnage central qui nous occupe sur la majeure partie de l’album pour nous intéresser à quelques autres personnages. C’est regrettable car, a contrario, les récits qui se concentrent sur le rôle des femmes durant ce conflit, et leur reconnaissance, m’ont beaucoup plu sur leur fond. Mais ces chapitres sont trop peu développés et donnent à la fin de l’album un côté « fourre-tout » que je n’apprécie pas. Si Brian Wood avait réussi à intégrer tous ces personnages dans une seule fresque historique, je pense que Rebels aurait pu devenir un très grand album.

Au niveau du dessin, rien à dire. Le découpage est bon, le style est lisible et efficace. C’est du bel ouvrage pourvu que le lecteur ne cherche pas les petits détails, le fignolage en profondeur mais préfère se concentrer sur la dynamique du récit.

Pas mal, donc. Certainement intéressant à lire si l’on prend conscience de sa dimension politique mais peut-être décevant par son côté inabouti. J’aurais aimé que Brian Woods fasse montre de plus d’ambition et ne se contente pas de ces quelques courts récits pour nous offrir une fresque globale d’une autre ampleur. Je ne déconseille cependant pas l’achat car l’album a suffisamment de qualité pour séduire un large public.

Nom série  Puzzle (Thilliez)  posté le 13/01/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n’ai pas lu le roman et ne sais donc pas si le début de celui-ci est identique à celui de la bande dessinée. Quoiqu’il en soit, ce début –tel que présenté dans la bande dessinée- a constitué un très gros problème pour moi parce qu’il me donne directement toutes les clés pour comprendre et, plus grave encore, prévoir la suite du récit.

C’est peut-être moi qui ai l’esprit tordu mais, alors que j’ai lu l’album d’une traite (preuve que ce récit est plutôt prenant) chaque révélation me semblait tellement évidente que j’en suis finalement sorti avec un sentiment de manque, d’inabouti, de morosité. Le gros clash final (qui m’a fortement rappelé « Shutter Island ») est tellement balisé dès les premières pages que je suis finalement déçu.

Mais déçu par l’intrigue, pas par le cheminement emprunté par le personnage central de ce récit, qui fondamentalement réalise une auto-psychanalyse étonnante. Il est amusant de retrouver en cours de récit tous les indices jetés sur les quelques premières planches. A ce titre, puzzle porte bien le sien (de titre) puisque nous démarrons avec la plupart des pièces de celui-ci mais qu’il nous faut encore les assembler. Je regrette vraiment d’avoir trop rapidement eu une vision d’ensemble qui corresponde de très près aux conclusions de l’album.

Côté dessin, ce style est efficace parce que facilement lisible et direct. Il ne s’encombre pas de détails, accentue les expressions des personnages et caractérise bien chacun d’entre eux (ce qui est toujours important dans un récit aux personnages multiples). C’est typiquement le style de dessin qui se met au service d’un scénario et l’amateur de planches léchées et fignolées ne trouvera sans doute pas son compte ici.

Donc voilà, pas mal mais je pense que le roman peut apporter plus… s’il n’en dit pas autant dès le début.

Nom série  Crimson Wolf  posté le 14/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Avis partagé sur ce manga.

D’une part, je regrette d’être à nouveau tombé sur une série qui met en avant des scènes de combat aussi violentes que confuses. J’ai trouvé ces combats tirés en longueur, peu clairs et absolument pas passionnants. Ҫa, c’est vraiment le point faible de la série à mes yeux… Enfin, ça et la conclusion finale à laquelle j’avoue n’avoir pas compris grand-chose.

Mais il y a aussi du positif dans cette série. Et le principal vecteur d’enthousiasme pour moi est la découverte d’une forme de pensée asiatique. Le folklore, les mythes qui nourrissent ce récit sont fort éloignés de ce à quoi j’ai l’habitude de me frotter. Rien que l’emploi de chaperons rouges bien différents de notre vision de la chose a de quoi déconcerter. La notion d’équilibre des forces est constamment remise en avant et, même si je n’y connais pas grand-chose et que le yin et le yang sont des notions chinoises en non japonaises à la base, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver dans ce manga un exemple de l’application au quotidien de cette manière de penser et d’appréhender le monde. Non que ce récit soit philosophique ou intellectuel (on est dans le manga de divertissement tout de même assez bourrin) mais il se dégage de la manière dont ce récit a été pensé un exotisme que j’ai trouvé des plus agréables.

Par ailleurs, les personnages sont très caricaturaux mais plutôt sympathiques.

Au final, j’ai lu les quatre tomes avec un certain enthousiasme… mais un enthousiasme déclinant quand même au fil des tomes, la faute à ces combats ennuyeux et peu clairs, principalement.

Nom série  Luisa, Ici et là  posté le 14/12/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J’ai trouvé ici un récit plutôt bien maîtrisé dans sa dimension fantastique (bien mieux en tous les cas à mes yeux que dans « L'Apocalypse selon Magda », signé par la même dessinatrice) qui permet de proposer un réel récit du quotidien sous un angle original.

Le récit est très vivant, les dialogues sont naturels, le trait est extrêmement lisible. Le résultat est que cet album se lit vite et bien, sans ennui même lors des passages plus poussifs (il y en a de temps à autres sur ces 272 pages).

Le destin de Luisa parlera à plus d’une trentenaire. Je me suis vite attaché au personnage même si (voire parce que) son caractère lui donne des côtés irritants. Le profil du personnage est réussi car proche de nous. Il faut donc aimer le genre « roman graphique du quotidien » pour être conquis par ce récit.

Sans crier au génie, j’ai donc plutôt bien aimé cet album bien dans la lignée des romans graphiques de qualité de l’éditeur.

Nom série  Vincent  posté le 23/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
La grande originalité de cet album réside dans le fait qu’il ne s’agit pas d’une biographie mais bien d’un récit d’aventure mâtiné d’une intrigue à caractère policier dans lequel Saint Vincent de Paul joue un rôle central.

Cette manière de procéder permet aux auteurs de resituer le personnage dans son époque sans devoir recourir à la traditionnelle énumération de faits. L’amateur de biographies classiques sera peut-être déçu, le fan de romans historiques sera peut-être emballé, au contraire.

A titre personnel, je me situe entre ces deux extrêmes. J’ai aimé la reconstitution du Paris de l’époque. Ce récit m’a également permis d’en apprendre un peu plus sur Saint Vincent de Paul sans m’assommer de données chiffrées froides et impersonnelles. Par contre, si l’intrigue n’est pas mal tournée, je ne peux pas non plus dire qu’elle m’a tourneboulé les sens. Elle suit son petit bonhomme de chemin, tranquillement, nous permettant d’admirer le cadre, certes, mais sans réelle émotion pour ces personnages.

Le dessin de Martin Jamar est agréable à l’œil. Il m’est apparu moins fin que sur d’autres travaux mais ne fait que suivre la voie déjà ouverte avec Double Masque. La reconstitution historique est toujours aussi soignée et la lisibilité demeure excellente.

Au final, Vincent est un bon album. Il déroutera peut-être certains lecteurs qui s’attendaient à découvrir là une biographie classique, mais il vaut la peine qu’on y jette un œil plus qu’attentif, surtout pour la reconstitution du Paris de 1643 et de son climat.

Nom série  Aujourd'hui, demain, hier  posté le 09/11/2016 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 1/5 (Vraiment pas aimé !)
J’ai essayé, ré-essayé et essayé encore… Je n’y suis pas parvenu. Pourtant je sens bien que cet album possède quelque chose non seulement de différent et d’unique (ça, cela me semble évident) mais aussi d’intéressant et de poétique. Seulement voilà, impossible pour moi de rentrer dans l’univers de Roman Muradov. Je capte bien de ci de là certaines intentions (là une histoire se construit à l’envers et la lire en sens inverse permet de mieux la saisir, ici la répétition de paroles factuelles crée un sentiment étrange de déconnection avec la réalité, ailleurs la perte d’innocence donne lieu à une quête étrange dans un univers fantasmagorique) mais je reste en dehors.

Pourtant cet album, qui regroupe plusieurs histoires courtes, n’est pas sans intérêt ne fusse que dans les différents styles graphiques employés, souvent osés et parfois difficilement lisibles et pourtant élégants. C’est étrange, vraiment étrange, différent.

Cet album m’aura finalement fait le même effet que certains écrits de Ionesco : je sens bien qu’il y a quelque chose mais je passe systématiquement à côté. Je peux comprendre qu’un lecteur trouve ça résolument et définitivement culte mais, à titre personnel, je suis resté à l’extérieur, trop occupé à essayer de déchiffrer les intentions de l’auteur (sans y parvenir, en plus) pour vraiment apprécier l’album.

En guise d'introduction, le traducteur de Muradov prévient le lecteur que l'artiste est quasi impossible à traduire, notamment du fait des jeux de mots nombreux qu'il dissémine dans ses histoires. C'est bien possible... Je ne sais pas si c'est la cause de mon rejet mais il s'agit certainement d'une des raisons de mon incapacité à rentrer dans cet univers.

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