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Nom série  DesSeins  posté le 22/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n'aurais sans doute jamais lu ce petit album si je n'avais attendu en bibli que la Bd que je convoitais se libère, mais finalement j'en sors ni déçu mais ni ravi non plus.
Il s'agit de petites tranches de vie quotidienne, d'une sorte d'analyse comportementale et sociétale sur le corps humain, et principalement les seins des femmes qui sont en vedette ici, un des atouts majeurs de la féminité, et auquel je suis moi-même très attaché.

Cette lecture m'a donc dans un premier temps amusé, et puis très vite, on glisse au travers de ces 7 portraits de femmes, dans une gravité ironique. En effet, ces mini-récits sont tour à tour ironiques, touchants, émouvants, pathétiques... et appellent une certaine interrogation, tout en développant une sensualité inévitable. Peut-être qu'on ne regardera plus les poitrines des femmes de la même façon, je ne sais pas... L'ensemble m'a paru donc intéressant, même si tous les récits ne sont pas de qualité égale, celui qui m'a semblé le plus réussi est celui de la grosse femme qui finit en prison. Mais comme je le soupçonnais, ce genre de Bd n'est pas du type que je recherche et que j'aime, je suis content de l'avoir lue mais pour moi ce n'est pas essentiel, et je ne me vois pas l'acheter ; de même que le dessin de Pont, comme je l'avais dit sur Où le regard ne porte pas..., je le trouve sympa mais pas exceptionnel, et même à la limite un peu moins soigné que sur cette dernière.

Nom série  Star Fuckers  posté le 20/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Un début de série qui emmène le lecteur dans l'envers du décor hollywodien, sur les traces d'une jolie héroïne (tout le monde est beau de toute façon là-bas) et d'un ancien paparazzi. Le contexte est intéressant, il y a matière à décrire ce milieu de paillettes et d'artifices, mais si le scénario à trame policière se défend, et récupère au passage des affaires célèbres qui ont alimenté les potins hollywoodiens, ainsi que des références à des séries comme Californication, le fond reste moyen, j'ai l'impression que les auteurs n'exploitent qu'à demi le sujet qui était pourtant riche.

Moins intéressant à première vue que Mister Hollywood qui traite un peu du même sujet, l'érotisme en moins, cet album demande confirmation avec une suite qui devra être plus subtile. Sinon, les scènes érotiques ne sont pas trop racoleuses, on nage entre les clubs de strip-tease, les séances privées et les lap dances, c'est un peu inévitable dans un tel lieu, l'érotisme y est soft, c'est joli à regarder et bien dessiné, mais ça ne va pas chercher bien loin. Le dessin de cet auteur anglais appuie sans aucun doute le propos et apporte un plus indéniable, je l'ai trouvé beaucoup plus fin et soigné que sur Le Casse - Diamond, plus policé, léchant les contours féminins avec un savoir-faire évident, c'est très séduisant.
J'attendrai donc la suite pour être définitivement fixé.

Nom série  Les Dalton (EP éditions)  posté le 18/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'avais oublié que les Dalton avaient d'abord été du côté de la loi, sans doute trop conditionné par leurs exploits fantaisistes dans Lucky Luke ; pourtant dans cette même série, Morris alors seul aux commandes, avaient conté le destin de ces bandits dans l'album Hors-la-loi, qui était assez proche, mais il les avait tué car jugés trop violents pour le public du journal Spirou à l'époque. Un épisode de Histoire du Far West fit également une bonne approche de cette histoire, je l'ai relu avant d'écrire cet avis.

Avec cet album, les auteurs racontent la destinée de ces frères avec peu d'aspect romancé, j'ai relu aussi mon Histoire du Far West de Jean-Louis Rieupeyrout, sur le chapitre qui les concerne, et tout y est pratiquement conforme. Rien ne prédestinait ces 4 frères à devenir ce qu'ils sont devenus car nés de bons parents fermiers du Kansas ; le dénommé Frank porta l'étoile de marshall et fut vraiment abattu par des contrebandiers d'alcool, ce qui poussa ses 3 frères restants, Bob, Emmett et Grattan dit Grat de l'imiter dans cette honorable fonction. Mais tout changea parce qu'ils comprirent qu'ils ne gagneraient rien à être honnête, et à servir leurs concitoyens qui les payaient mal, sans doute aussi parce que l'entourage de cowboys qu'ils fréquentaient les corrompit.

On perçoit dans ce premier tome la gestation de ce qu'ils deviendront, en supposant que le germe de leur destin fatal puisse résider dans le fait qu'ils aient toujours voulu égaler voire même dépasser le gang des frères James et Younger. En tout cas, le gang Dalton fut le mieux organisé et le plus hardi, c'est pourquoi il ne fut jamais laissé en répit par le zèle des marshalls et des détectives de Pinkerton, l'approche est donc montrée ici sous un angle méticuleux et conforme à la réalité. D'autant plus qu'en BD, l'histoire de ces rebelles a été beaucoup moins contée que celle des James, comme au cinéma d'ailleurs, 4 ou 5 films réalisés dans les années 40 et 50 mais restés à l'état de série B confidentielle, je me souviens seulement d'un excellent TV-film dans les années 80 qui centrait son intrigue sur le raid meurtrier de Coffeyville, mais je n'ai pas souvenir d'un autre film de valeur.

Le dessin n'est pas dans mes préférences, mais on s'y fait, il est expressif et type bien l'univers westernien, avec quelques beaux décors et paysages. J'attend la suite avec intérêt.

Nom série  Bonneval Pacha  posté le 15/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Depuis longtemps je voulais lire cette histoire car ce personnage a eu une existence rocambolesque et singulière, et j'en avais retenu cet aspect étonnant lors de ma visite de son château familial, à Coussac-Bonneval, petit village (classé dans les Plus Beaux Villages de France) paisible au coeur d'une nature verdoyante du Limousin, situé au sud de Limoges. Le château de Bonneval d'allure martiale et médiévale, à peine adouci par quelques éléments XVIIème et XVIIIème, et par ailleurs remarquablement meublé, conte en détail le destin de ce personnage, qui est le plus célèbre de la famille, Claude-Alexandre de Bonneval, marin à 10 ans, colonel à 26 ans, qui devint général des armées impériales en Autriche, puis qui se rendit en Turquie, se fit musulman et devint pacha de Roumélie. Casanova a relaté dans ses Mémoires la visite qu'il lui rendit à Constantinople, en révélant qu'il dissimulait derrière les dorures de sa bibliothèque, des bouteilles de vin français.

Le souvenir pittoresque de ce glorieux aventurier confère donc à la visite du château de Bonneval un charme particulier, et comme l'ami Mac Arthur a l'air de rester sceptique devant la vie si aventureuse de Bonneval Pacha, je puis lui assurer que rien ou si peu n'est inventé, tellement le personnage fut perçu comme étrange voire excentrique, même de son temps. Comme c'est raconté par son descendant, j'imagine qu'il n'en a pas trop rajouté.
Narrativement, c'est correct, c'est bien raconté et assez passionnant, avec des péripéties nombreuses et des images de batailles.

Mais si cette partie, relatant ce que j'ai pu apercevoir lors de ma visite du château, me convenait par son ton semblable à de nombreuses autres Bd historiques et d'aventure, je repoussais l'échéance de la lecture à cause du dessin que j'avais aperçu en feuilletant le tome 1. Je n'aime pas du tout ce style, on dirait des dessins d'enfant, avec des disproportions évidentes, des grosses têtes sur de petits corps, et une allure très naïve, bref c'est pas joli et ça ne correspond pas à ce genre de récit qui aurait eu besoin d'un dessin réaliste beaucoup plus costaud et soigné.

Je n'ai lu que le tome 1, et aucune autre médiathèque ne possède les 2 autres tomes, je ne sais donc pas si je les lirai, mais je n'en ai guère envie, même si je le regrette car l'histoire de ce Bonneval pacha reste intéressante.

Nom série  L'Adoption  posté le 14/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
D'ordinaire, je ne suis pas très client de ce genre de récit parce que je prévois presque toujours ce qui va se passer, la teneur de l'histoire et le côté pathos qui peut en découler. Et pas manqué, comme le dit un posteur précédent, c'est très prévisible, avec des situations convenues, attendues et parfois même cliché, mais c'est un récit doux-amer, qui apporte une petite réflexion et de l'émotion, c'est joliment fait, avec des personnages attachants, spécialement le couple de petits vieux qui gardent la petite Qinaya, Gabriel étant un portrait parfaitement campé de grand père méfiant, raisonneur, questionneur et en même temps attendrissant.

La Bd est en plus soutenue par un très joli dessin au trait fin et doux qui est une sorte d'étrange crayonné colorié, ce qui donne beaucoup de caractère. Le seul détail que je reprocherais, c'est que les auteurs insistent surtout sur certains personnages (le couple qui adopte, les parents qui gardent la petite et les 2 copains de Gabriel), d'autres sont laissés de côté, on les voit au début mais on ne sait rien d'eux, et Brigitte n'est pas encore tellement définie.
Je m'attendais donc à sombrer dans un récit de type sentimental et affectif tout gentil et propret comme l'appelle ce genre d'histoire, quand tout se brise par ce final plutôt étonnant et soudain ; on comprend évidemment que c'est un pont pour un second tome, car en lui-même, ce récit aurait pu se conclure gentiment en one-shot ; mais là, ça prend un virage radical et peu commun dans ce type de récit. Donc attendons.

Nom série  Colt Frontier  posté le 14/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Dans mon avis sur Naugatuck 1757, je disais ne pas aimer le style graphique de Toppi, mais voyant que c'était un environnement de western, j'ai lu cet album finalement avec intérêt mais uniquement au niveau scénaristique, car je supporte mal ce dessin , ce noir & blanc avec ces hachures particulières, ces fonds blancs, ces décors vides qui pourtant exaltent les grands espaces... bref je trouve pas ce dessin joli ni esthétique, et spécialement quand c'est du western, genre qui m'est cher. Même la couleur chez Toppi n'est pas belle, c'est fadasse et délavé comme on le voit sur le troisième récit de cet album. Finalement, à défaut, je préfère encore le noir & blanc.

Par rapport à d'autres recueils comportant des récits courts, que ce soit chez Toppi, Serpieri ou d'autres auteurs, il y a presque toujours un résultat inégal ; or ici, j'ai trouvé une qualité dans les 6 récits proposés, qui tournent presque tous autour de l'or, la fièvre de l'or qui dans ces années sauvages de l'Ouest américain et canadien, rendait les prospecteurs fous.
Le 1er récit possède un ton désenchanté, le second propose une belle leçon de justice pour un arnaqueur d'Indiens, le 3ème est astucieux, le 4ème est noble et humaniste ; seuls les 2 derniers m'ont paru les moins intéressants, mais dans l'ensemble, c'est du bon niveau, avec la morale comme thème au centre de chacun d'entre eux.
Un bon album, mais que je ne souhaite pas acheter.

Nom série  Sinclair  posté le 14/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
L'éditeur Paquet proposait en 2014 une nouvelle série dans sa collection Calandre qui compte notamment Chapman, mais à la différence de Chapman qui suivait le parcours d'un véritable personnage du monde des circuits, "Sinclair" s'intéresse à un pilote fictif. L'argument présente 2 possibilités : soit on s'en fout et on passe son chemin parce qu'il n'y a rien de réel à quoi s'accrocher ; soit on marche et on rentre dans ce récit qui ne s'appuie sur aucun fait connu ou réel. J'avoue que je suis resté un peu hésitant, ne sachant trop comment prendre cette histoire qui n'est guère passionnante, il faut bien l'avouer.

Le monde automobile vu ici n'est plus celui de Michel Vaillant certes, c'est beaucoup plus introspectif, c'est ça qui est un peu rasoir, car le scénario ne laisse que peu de place à la course automobile, c'est quand même ce qu'un lecteur passionné de bagnoles et de courses demande à voir... Le potentiel était en plus intéressant car le jeune Phil débarque en Australie où on lui confie le volant d'une mythique R8 Gordini.
Le contexte d'époque années 60 est bien respecté, les voitures sont bien dessinées et conformes, la mécanique qui va avec aussi, et on y voit même l'opéra de Sidney en construction. Le dessin est fin et de qualité pour reproduire cet environnement automobile.

Malheureusement, je n'ai pas été vraiment captivé par ce récit, ça s'englue un peu dans une intrigue personnelle concernant le jeune héros, où le passé relatif à son père pilote, et le présent sont étroitement liés ; son parcours est plutôt une épreuve initiatique, une quête identitaire qui lui sera révélée par l'analogie avec l'histoire de son père. En plus, j'ai relevé une erreur : les auteurs disent que Phil Asher, le père de Sinclair, a eu son accident en 1958, et plus loin sur son lit d'hopital, Sinclair évoque l'année 1938...ça jette la confusion, je trouve que ce n'est pas très clair.

Voici donc un premier album avec une fin ouverte, qui peut se lire comme un one-shot, car depuis 2014, il n'y a pas eu de suite, et je ne sais pas si Paquet en proposera une à ce récit qui semble prometteur, mais dont les auteurs doivent absolument se ressaisir pour entrer pleinement dans le monde de la course proprement dit. Note réelle : 2,5/5.

Nom série  Une Balle dans la tête  posté le 11/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Voici l'exemple d'une Bd où je sors déçu mais pas du point de vue du sujet ou de l'ennui, plutôt du point de vue du traitement. Déjà, je suis d'emblée rebuté par ces minuscules lettrages qui n'aident pas à une bonne lecture et me fatiguent la vue, si bien que je sautais quelques passages textuels , ça m'emmerdait parce que j'avais peur de ne plus rien capter ou de laisser échapper un truc important, et pourtant le sujet m'intéressait. Mais apparemment, j'ai pas perdu grand chose et j'ai pu saisir le gros du scénario. Voici un sujet que j'ai trouvé totalement foiré par une astuce scénaristique à la Corbeyran, c'est typique de son style, il peut parfois plonger dans un délire incroyable, et là je trouve que mélanger le fantastique par le biais d' Angus qui possède des pouvoirs, avec un sujet aussi grave que cette guerre civile irlandaise, est d'une aberration sans nom, c'est incongru et ça n'a rien à faire dans ce type de récit.

Ce genre d'histoire avec l'IRA et tout ce qui tourne autour, ça a été peu vu en BD, c'était donc une occasion pour Corbeyran d'échafauder quelque chose d'un peu plus solide. Le début laissait augurer un récit riche et dramatique, bien cerné, avec une grosse tension psychologique, et j'aimais bien le mode de narration par Angus. Mais cette incursion mystique et spirituelle dans tout ceci m'a largué complètement, même si les allusions au Bloody Sunday sont évidemment inévitables.

Le dessin est puissant et assez appliqué sur les visages en gros plan dans le tome 1, il est compartimenté par ambiances délimitées par des couleurs qui correspondent à des atmosphères particulières, comme celles des flashbacks, c'est pas mal pour traiter de cet affrontement entre troupes britanniques et l'IRA, ça permet une identification, mais c'est dommage que certaines colorisations soient sombres. De plus, le dessin change dans le tome 2, je le trouve moins fignolé, plus vague sur certains décors ; quant aux lettrages, ils ont un peu grossi, mais c'est limite.
Un diptyque gâché par un ajout de fantastique inutile et qui n'apporte rien.

Nom série  Le Temps des Cendres  posté le 11/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ce qui me gêne un peu dans cette série, c'est le fait d'hésiter le cul entre 2 chaises ; en effet, on ne sait pas très bien si c'est une parodie ou une aventure sérieuse de fantasy, elle oscille sans cesse entre les deux et on ne sait jamais sur quel pied danser. Ce qui me fait penser à la parodie, c'est dès le début, cette sorte de jeu de rugby, plutôt insolite à incorporer dans de la fantasy, et aussi le poème récité d'après Rudyard Kipling, parodié par "Tu seras un gnome mon fils"... j'avoue que c'est un clin d'oeil amusant, mais honnêtement, je le trouve quand même incongru ici.

Sinon, c'est une histoire assez banale, sans grande consistance, remplie de trolls, de gnomes, de jeunets, de créatures et d'une faune étrange qu'on rencontre habituellement dans les récits du même genre ; ces créatures et ces décors sont incroyablement bien mis en valeur par le dessin, avec quelques pleine-pages spectaculaires, avec aussi un humour cependant bien moins appuyé que dans Krän... mais j'ai trouvé l'ensemble un peu décousu, mal fagoté, pas assez fascinant ni tellement passionnant.

Le dessin chargé et un peu fouillis, est plus agréable et me convient beaucoup plus que sur Ganarah, série que Meddour a pourtant dessinée bien après ; j'aime ce style et je trouve que ça convient pour de la fantasy. Mais il manque quelque chose à cet univers pas assez élaboré pour vraiment m'intéresser, certaines informations restent vagues ou inexistantes, et en plus c'est inachevé, donc n'en parlons plus...

Nom série  L'Or des Fous  posté le 10/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Après des Bd sur les Aztèques, il était normal qu'il y en ait sur les Incas, autre peuple d'Amérique que les Espagnols ont pillé sans vergogne, je désespérais d'ailleurs de voir une Bd aborder ce sujet, c'est chose faite, mon voeu est exaucé et je suis satisfait par l'ensemble, même si j'émet quelques réserves. C'est du beau travail, avec comme principal défaut une narration qui m'a semblé un peu rapide, mais au final, c'est peut-être pas plus mal que de faire trainer une narration qui parfois s'englue dans des circonvolutions aberrantes, ce qui a souvent pour effet de multiplier des albums et faire dépenser de l'argent aux lecteurs. Ici, un triptyque c'est la bonne formule, encore que le sujet vaste et foisonnant, pouvait appeler un album de plus.

Tout est vu comme la conquête du Mexique où les conquistadores ont anéanti l'empire aztèque et l'empire maya, c'est à dire que ces répugnants personnages étaient tout simplement en quête de richesses et d'or comme toujours, et cette conquête du Pérou s'est faite elle aussi dans le sang, au prix de nombreux combats farouches, de massacres et d'asservissement.
L'or des Incas a aussi excité la convoitise des autres nations, et on sait que les Anglais de John Drake n'en manquaient pas une pour piller à leur tour les galions chargés de richesses des Espagnols, ces 2 pays étant en guerre au XVIème siècle ; les Français aussi ont eu leur part dans ces conflits.

M'étant toujours intéressé aux civilisations précolombiennes, j'étais bien renseigné au départ sur la civilisation Inca, et je n'ai rien appris dans cette Bd que je ne savais déjà, mais je peux dire que tout est relaté de façon conforme : la quête de l'or, les dissensions entre Pizarro et Almagro, la rançon faramineuse qui fut promise par l'Inca en remplissant son cachot d'or jusqu'au plafond... tout ceci est vrai, j'ai même une illustration dans un bouquin qui montre le cachot rempli d'or. La série se décompose en 3 parties assez distinctes : le tome 1 est consacré à la conquête du Pérou, le tome 2 s'intéresse à la rivalité entre Almagro et Pizarro, qui continue un peu dans le tome 3... montrant aussi que l'après conquête est souvent faite d'amères décisions et de trahisons ; c'est encore le cas ici, où après la mise à mort d'Almagro, Pizarro connut également une fin tragique puisqu'il fut tué par le fils de son rival.

Le défaut annexe de cette série est l'absence de dates et de noms, car je conçois que pour des gens comme moi passionnés de cette civilisation, ce fut une lecture plus facile, mais pour des néophytes, ça manque sérieusement. On ne cite jamais le nom de Pizarro alors que celui d'Almagro revient sans cesse, et on ne cite jamais le nom de l'Inca qui fut capturé par traitrise et enfermé dans ce fameux cachot : il s'agit de Atahualpa qui avait usurpé le trône de son frère Huascar ; il sera étranglé malgré le fait qu'il s'était converti à la religion catholique. Si beaucoup de choses sont montrées, il manque quand même des événements comme celui-ci et quelques autres qui auraient pu mieux étoffer cette série.

Malgré ces réserves, je reste satisfait , de plus le dessin me convient parfaitement, c'est un trait classique, costaud, bien appuyé, avec un soin dans les décors et les costumes, et les riches parures incas, ça semble bien documenté sur la culture inca ; il y a de belles images de tempêtes et de batailles, accentuées par de grandes cases et des pleine-pages.
Bref, une série qui manquait sur cette période historique mais qui aurait pu être encore mieux grâce à quelques détails supplémentaires et un 4ème album.

Nom série  OSS 117  posté le 20/04/2016 (dernière MAJ le 09/03/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai toujours considéré OSS 117 comme le James Bond français (bien qu'il soit Américain et bosse pour la CIA, mais il est d'origine française), et surtout parce que ses aventures sont écrites par un Français, Jean Bruce, qui ont été habilement poursuivies par sa famille (son épouse Josette Bruce, puis ses enfants). Aussi, je suis content de retrouver Hubert Bonisseur de la Bath, un personnage au nom étrange qui avait enchanté ma jeunesse par son délicieux cocktail d'action, d'humour, d'exotisme et d'érotisme suave ; le même parfum insouciant rempli de belles filles et de bagarres que chez 007 que j'ai découvert un peu plus tard, d'abord au ciné puis par les romans de Ian Fleming.

Mais surtout, ce que je suis content de voir, c'est que les auteurs de cette Bd ont adopté le parti de camper un OSS 117 sérieux, léger et ironique, à l'humour bondien, tel qu'il était dans les romans de Bruce et tel qu'on le voyait dans les films des années 60, et non comme un agent maladroit et grotesque vu dans les pitoyables parodies d'Hanazavicius avec Dujardin, qui ont carrément dénaturé le personnage.

Le scénario n'a évidemment rien de surprenant et de transcendant, dans ce domaine tout a été dit ou fait, mais peut-être que des gars comme Desberg ou Van Hamme auraient su renouveler tout ça tout en conservant les acquis, quand on voit des bandes comme Wayne Shelton ou Le Rédempteur qui sont des séries presque héritées de l'ambiance OSS 117. D'autant plus que James Bond, contrairement à son succès cinématographique, n'a jamais été gâté en BD, il y avait donc un truc à saisir...

Le dessin lisse et fin colle parfaitement à ce genre de bande, c'est une Bd à ne pas prendre au sérieux, qui ne renouvelle rien et n'innove pas, elle fait juste revivre agréablement un personnage qui fut mythique en son temps, et n'est destinée qu'à la détente, sans aucune autre prétention.

ADDITIF
Un petit ajout rapide : j'ai eu l'occasion de lire le tome 2 en bibli sans en avoir l'intention au départ, et finalement je ne me suis pas ennuyé, j'ai même trouvé ce tome un peu plus réussi que le premier, moins conventionnel, et surtout beaucoup plus bondien. Le dessinateur a changé, mais la ligne graphique n'est pas brisée, les 2 styles sont très proches, c'est assez léché avec un trait soigné. Comme je le disais, c'est parfait pour se distraire.

Nom série  Les Thanatonautes  posté le 09/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 3/5 (Pas mal)
A lire le résumé en 4ème de couverture, ça ne m'engageait pas trop à me plonger dans ce récit, la mort n'étant pas un sujet ludique, et de plus j'ai encore des souvenirs récents désagréables à ce propos. Mais par curiosité, je me suis lancé quand même dans cette lecture, sans trop de conviction... C'est un peu déstabilisant parce que ça explore comme il est dit en dos d'album, "le plus grand mystère de la condition humaine", c'est à dire que les héros de ce récit s'aventurent dans une zone d'où personne n'a l'habitude de revenir.

Le sujet est très bizarre et il est traité de façon un peu mystique, ça rentre tout à fait dans une sorte de délire comme seul Corbeyran est capable d'en créer. Je n'ai pas lu le roman de Bernard Werber, je ne sais donc s'il l'a adapté scrupuleusement, mais la vision de ce qu'il y a après la mort pour Werber, est plutôt étonnante, ça doit être en partie le fruit de son imagination, mais d'après ce qu'il dit en préface, c'est aussi basé sur des expériences scientifiques, comme on le voit ici, car c'est bien une expérience scientifique traitée sérieusement, et à ce titre, le tome 1 est parfaitement mené et passionnant. Mais au bout d'un moment, ça devient complètement folklorique ; au départ, c'était un peu comme un pays à découvrir, une sorte de no man's land et de terra incognita, mais après ça part dans un délire spacio-temporel ou je ne sais quoi, j'ai laché le fil avec cette histoire de paradis et d'anges...
Sans compter que le trou de 18 ans où Pinson et Razorbak ne sont plus en contact, avant de se retrouver pour monter ce labo expérimental, ne m'a pas paru crédible ; quand on est ami comme ils le sont, on ne se perd pas de vue pendant 18 ans.

L'expérience scientifique se transforme ensuite en show business, cette idée me gêne un peu, et le final est carrément imaginé, on ne peut pas savoir ce qu'il y a de l'autre côté de la mort.
Ceci dit, j'ai quand même préféré cette vision à Expérience mort qui s'en approche, et le dessin est très agréable, avec une bonne mise en page. Mais c'est un récit qui n'est pas inoubliable.

Nom série  A la recherche de Peter Pan  posté le 07/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Depuis le temps que j'entendais parler de cette Bd, j'ai enfin cédé le pas, mais je m'attendais honnêtement à quelque chose de bien plus transcendant.
Cosey délaisse l'Asie spirituelle de Jonathan pour sa Suisse natale dans ce premier récit indépendant en 1984 et 85, proposé en 2 tomes de la collection Histoires & Légendes du Lombard (j'ai lu l'édition Signé en 1 volume). A la suite de ce succès, Cosey poursuivra ce type de récit chez Dupuis dans la collection Aire Libre, et j'en ai découvert quelques-uns...

C'est un récit contemplatif au ton poétique, exalté par le dessin de Cosey qui a toujours contribué à ce sentiment depuis Jonathan, et même dans presque toutes ses Bd indépendantes comme Saigon-hanoi, Le Voyage en Italie ou Joyeux Noël, May !... En même temps, c'est une sorte de documentaire sur le Valais, ses habitants, ses villages, ses coutumes...

Cosey offre de belles images de montagne et de solitude neigeuse, traduisant la splendeur des paysages helvétiques ; ses cases sont baignées de lumière, mais en même temps, j'ai un peu l'impression que ça ne joue que sur cet aspect graphique pour plaire au lecteur, parce que le récit en lui-même ne m'a pas véritablement touché. Certes, c'est une jolie histoire, aux accents très littéraires, avec un personnage attachant, mais elle n'est pas plus extraordinaire que certains autres récits indépendants de l'auteur, il n'y a pas de quoi en faire un exceptionnel chef-d'oeuvre, et quand je vois encore cette flopée d'avis positifs (contre 4 négatifs), je trouve que cette Bd est très surcotée ; personnellement, j'ai préféré Saigon-hanoi du même Cosey, mieux construit, plus introspectif...

En plus, j'ai relevé un détail qui ne me semble pas crédible : lorsque l'avalanche détruit le village, le héros s'en sort alors qu'il est sur le haut du glacier ; je m'étonne qu'un Suisse comme Cosey qui doit connaitre la montagne, puisse créer une telle situation.
Bon sinon, j'aime le contemplatif, mais avec certaines limites, c'est un bon album sans plus.

Nom série  Blanche-Neige (Tabou)  posté le 05/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 4/5 (Franchement bien)
Cette relecture des contes de Grimm fait suite à Cendrillon - Tabou paru en 2012 et 2013 et qui est je crois devenu un best-seller de la BD érotique, hissant par la même occasion le nom de Trif comme un des meilleurs auteurs du genre. Cette fois, il récidive avec l'histoire de Blanche-Neige, à laquelle se greffe celle de Raiponce, prouvant à merveille que les adaptations de conte réputées souvent difficiles, peuvent être une réussite, on en a la preuve ici, et c'est pas triste croyez-moi !

Finies les pures jeunes filles, finis les princes trop charmants et les nains bien sages, tout est déboulonné de sa réputation bien proprette, celle qu'on a tous eu d'après les films de Disney ; déjà, les contes avaient pris un sérieux coup dans la tronche avec la série de films Shrek, mais là, l'auteur verse carrément dans la provoc érotique, mêlant le sensuel au fantastique avec brio. Les personnages sont détournés en fonction de leur rôle : Blanche-Neige et Raiponce entretiennent une liaison charnelle et sont très accordées pour des séances saphiques, la reine est une salope narcissique et perverse qui utilise les hommes comme des jouets avant de les jeter, c'est une vraie femme fatale qui tombera dans le piège du prince qui lui se révèle être un obsédé sexuel pas galant du tout... restent les nains qui sont de petits êtres lubriques avec des sexes turgescents, surtout Simplet. Cette bande m'a rappelé les Bd italiennes que je lisais pendant mon service militaire en 1978, "Contes Féerotiques" et autres "Contes Satyriques" qui détournaient de façon beaucoup plus libidineuse les contes de Grimm, tout était basé sur le corps des femmes opulentes, c'était fait pour exciter les jeunes adultes et les ados que nous étions alors.

J'ai un peu hésité pour classer cette Bd dans une catégorie, mais le ton est plus érotique que pornographique, d'où son classement en "érotique" plutôt qu'en "strictement pour adultes". C'est un érotisme certes assez audacieux, mais si on y regarde de plus près, Trif ne surexploite pas les corps de rêve de ses héroïnes, pas plus qu'il ne dessine des scènes de sexe gratuites ; les séquences salaces se comptent sur les doigts de la main, mais elles sont quand même intenses, et c'est plus l'ambiance érotique qui suscite l'excitation. L'intérêt se porte aussi sur les dialogues et le scénario, agrémenté d'humour, aussi évidemment sur le dessin policé et soigné, où Trif réussit une mise en page agréable et de belles ornementations décoratives avec les cheveux de Raiponce.

Voici donc encore une jolie réussite de l'éditeur Tabou, un conte pour les grands entièrement revisité, auquel je n'ai pas peur d'y mettre les 4 étoiles, ce qui est assez rare pour une Bd de ce type.

Nom série  Milo  posté le 02/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Voila la science-fiction que j'aime dans ce genre que pourtant je n'aime pas ! Suis-je clair ? ben oui quoi, je crois l'avoir souvent dit dans ces colonnes, je n'aime pas la SF quand c'est du galactique à outrance, de l'intersidéral à foison avec fusées, vaisseaux, planètes, extraterrestres et pistolasers... mais quand c'est du futur proche comme ici, ça me va très bien. L'aspect est purement policier, mais le contexte est futuriste (on est en 2030) avec juste ce qu'il faut de moderniste pour typer l'époque, donc ça rentre bien dans la catégorie science-fiction.

Il y a plein de petits détails qui composent un background plausible (technologie, véhicules, armes, appareils et quelques décors) imbriqué dans un décor encore familier, identifiable et connu de notre temps. Le scénario est bien élaboré, l'intrigue bien conduite, avec des éléments assez classiques et suffisamment bétonnés par quelques scènes d'action et du suspense pour captiver l'attention du lecteur ; c'est une histoire de double identité où se mêle une histoire de drogue un peu plus corsée qui constituent finalement un récit complexe où plusieurs sous-intrigues se rejoignent. Le démarrage est très bon, et le rythme ne faiblit jamais, de même que les personnages sont bien dans leurs rôles.

En dépit de menus défauts (2 pages de décor amazonien mais qui s'expliquent plus loin, sauf que je vois pas l'utilité de les placer si tôt dans la narration ; de même que Cinil apparait dans le tome 1 plutôt châtain, et dans le tome 2 carrément brun foncé), je sors pleinement satisfait de cette lecture, soutenue par un dessin solide, nerveux, un peu chargé et appuyé, j'aime ce style costaud. Un bon triptyque.

Nom série  Rimbaud, l'explorateur maudit  posté le 02/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Bah, je ne savais vraiment pas quoi mettre comme note, j'ai hésité pour finalement ramener à 2/5 parce que sans m'être véritablement ennuyé, je n'ai rien trouvé de vraiment excitant ou passionnant dans ce récit qui suit le parcours d'Arthur Rimbaud dans la seconde partie de sa courte existence, celle où il se livre à plusieurs activités plus ou moins légales en Abyssinie entre 1886 et 1891. Sorte de faux explorateur, de voyageur errant, il sera négociant, surveillant de chantier et même trafiquant d'armes pour le Négus... les dernières années de sa vie que l'on suit dans cet album auraient pu constituer quelque chose d'attrayant si ce n'avait été Rimbaud, si ça s'était contenté d'être un récit exotique ordinaire, mais je sais pas, partant de ce postulat, il y a quelque chose qui coince quelque part, c'est une fuite en avant, une longue errance désespérée dans cette Ethiopie encore en formation et en partie inexplorée ; à cette époque, Rimbaud a cessé d'écrire des poèmes, il est à la recherche de lui-même... tout ceci est bien dramatique et morose, et s'achève misérablement dans un hôpital marseillais, dans les bras de sa soeur Isabelle.

En plus, la narration est un peu pénible ; bon ça commence par la fin, mais ce n'est pas ça le pire, c'est surtout que ça change de lieux sans cesse, et d'époque, la continuité n'est pas très claire, le récit est basé sur des faits réels, mais avec des enjolivements, et surtout c'est la fin de ce récit qui est étrange avec ce personnage imaginaire. Tout ceci ne m'a donc pas tellement attiré, en dépit d'un dessin clair et agréable aux belles images de désert et de paysages lointains.

Nom série  Rio  posté le 01/03/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
J'ai découvert ces 2 albums un peu par hasard, et j'ai tout de suite été séduit. C'est une sorte de thriller social assez dense qui n'évite pas certaines facilités et quelques clichés mais qui sait en jouer et ne s'enlise pas dedans. On assiste à la dure école de la rue avec un réalisme assez poussé autour des favelas de Rio de Janeiro, ses gosses de rue, ses policiers corrompus et assassins, ses foyers ou orphelinats, bref une misère bien décrite avec une plongée dans la délinquance et la spirale de la violence.

Le Brésil, et plus particulièrement la ville de Rio possède 2 aspects bien distincts : un côté luxueux symbolisé par les plages de rêve de Copacabana et Ipanema, avec la vision du pain de sucre fermant la célèbre baie, et son envers misérable où des êtres humains vivent comme des rats dans des logis insalubres qui s'entassent. Tout ceci est bien montré grâce à une documentation visiblement solide.

Il y a une nette différence entre les 2 albums : le tome 1 est axé sur les gosses de rue, alors que le tome 2 marque une nette rupture, puisque plus axé sur les mêmes personnages de Nina et de Rubeus devenus jeunes adultes, ça permet d'aborder les personnages sous un angle différent avec leur environnement et ses problématiques en pointant les liens entre ONG, politiques, flics et gangs des favelas, de même que la violence est plus présente. L'évolution de Rubeus n'est cependant pas terrible je trouve, car au lieu d'oublier son passé douloureux comme le fait sa soeur qui s'accommode de sa nouvelle vie, il se fourre dans les emmerdes et crache sur ce que peuvent lui offrir ses nouveaux parents américains. Enfin bon ce n'est qu'un détail.

L'ensemble se révèle passionnant, et l'un des grands atouts de cette Bd est incontestablement le dessin qui est broussailleux, bien que détaillé, c'est très efficace et j'aime ce style un peu rugueux. Une bonne Bd, au réalisme brutal et actuel.

Nom série  Le Protocole Pélican  posté le 28/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Non
Note Note: 2/5 (Bof, sans plus)
Ce genre de Bd possède un potentiel qui aurait pu être démentiel, mais au final, je m'en suis lassé par manque de renouvellement. Et pourtant le tome 1 est bien planté, le décor est flippant, l'ambiance carcérale bien rendue, le tout est assez prenant, et le cliffhanger de fin donne envie de connaitre la suite, bref c'est un bon démarrage, même si le sujet laisse pensif et jette une sorte de malaise, car ce genre d'expérience sur des gens ordinaires puisés à travers le monde, ça a déjà été vu au cinéma, on peut y associer le film Cube qui lançait un sujet de type approchant, plutôt étrange et mystérieux.

Et puis le tome 2 démarre moins bien, le début est plus ennuyeux, ça rentre dans des dialogues abscons qui noient l'attention du lecteur, et qui se prétendent scientifiques et très érudit, je déteste ce genre de procédé où la plupart du temps, on se sent largué. La seconde partie de l'album repart dans une sorte de trip hallucinatoire avec une ambiance de paranoïa, mais il y a quelque chose qui ne vient pas, j'ai l'impression qu'il manque un composant pour que ça soit vraiment passionnant. De plus les personnages sont nombreux, les 12 capturés et parqués en cellules sont ramenés à l'anonymat sous des numéros de série, et entre les "unités", les "compagnons" et les "confidents", il n'est guère aisé de s'y retrouver, de tous les identifier et de les mémoriser si on décroche un peu...

Ce que je prévoyais dès ce tome 2, arrive avec ce tome 3 : l'intrigue tourne en rond, le rythme est trop lent, ça n'avance pas, on n'en sait guère plus sur cette expérience qui reste nébuleuse, et d'autre part, cette idée d'introduire le Dr Kresse parmi les cobayes "unités", n'est pas très intéressante, ça n'apporte pas grand chose, si bien que j'en ai déjà marre et qu'après cet album, je n'ai plus envie de lire le tome 4, j'arrête là.
C'est une réflexion poussée sur la manipulation et une forme d'embrigadement, mais ce qui pouvait être intéressant au départ, n'évolue pas assez et stagne, en devenant un peu répétitif... si j'ai l'opportunité de lire ce tome 4 plus tard, je le ferai peut-être, mais rien n'est moins sûr.
Quant au dessin de Ponzio, j'aime bien, j'avais déjà apprécié son travail sur Expérience mort, je trouve que ce style photographique colle bien à cette ambiance étrange, et peut-être plus que sur ses autres séries, on ne sait pas trop où se situe la part de photo retouchée à l'ordi et la part de dessin, tant les 2 techniques se fondent ensemble.

Autre chose : le classement en policier/thriller est totalement inapproprié, je crois que ça serait plus indiqué de le mettre en inclassable.

Nom série  Charles de Gaulle  posté le 27/02/2017 Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Je n'ai pu lire que le tome 1, la bibliothèque de Bordeaux centre n'ayant pas le second, et les autres médiathèques n'en possédant aucun, donc je me résigne, et si je parviens à le lire , je remonterai cet avis.
Ce premier tome est intéressant dans la mesure où il explore la facette la moins connue du grand homme que deviendra De Gaulle, enfin moi je ne la connaissais pas, n'étant pas un admirateur béat du personnage. Sa jeunesse de combattant de 14-18 où il fut prisonnier est bien évoquée, et on s'aperçoit qu'il a passé pratiquement toute la guerre en captivité, émaillée de plusieurs tentatives d'évasion... je ne savais pas du tout cet aspect de sa vie.

Tout ceci est bien décrit, jusqu'à son mariage avec Yvonne en 1921, et c'est doublement intéressant pour comprendre le bonhomme, parce qu'il est certain que cette captivité allemande a forgé le caractère et la pensée de De Gaulle, préparant ainsi celui qui deviendra le "Grand Charles" de 1940 qui dira "non" à l'Allemagne encore une fois. Cette gestation psychologique est perçue par le lecteur, et cet épisode de sa vie apparait comme essentiel.

J'aime bien le dessin, il est très agréable et lumineux, clair, précis et soigné ; je n'avais lu de Claude Plumail qu'une seule série, Le Sortilege des Rhûnes, et je constate que son trait a bien évolué, il est beaucoup plus maitrisé, plus fluide.
Si le reste de ce biopic est du même tonneau que ce tome 1, ça sera une vraie réussite.

Nom série  Louis XIV  posté le 18/11/2015 (dernière MAJ le 25/02/2017) Modifier cet avis Achat conseillé ? Oui
Note Note: 3/5 (Pas mal)
Glénat et Fayard livrent un diptyque qui s'annonce royal c'est le cas de le dire ; on peut affirmer que c'est une nouvelle réussite de cette collection "Ils ont fait l'Histoire".
Symbole de l'absolutisme royal, Louis XIV incarne un type de royauté que je n'aime pas, et je n'aime pas ce roi, et malgré ça, il est celui qui perdure dans l'esprit des gens, surtout à l'étranger, et surtout aussi à travers le faste de Versailles. Mais il est intéressant de lire cette Bd, d'abord pour voir comment s'est faite l'approche d'un règne de 54 ans (le plus long de l'Histoire de France), et ensuite pour le plaisir de voir dessinés tous ces événements qu'on a plus ou moins tous appris à l'école. Je n'y ai rien appris, sachant à peu près tout sur ce roi, malgré mon désintérêt pour lui, mais les lecteurs qui n'en connaissent pas assez, pourront s'instruire agréablement.

On a de Louis XIV une image de roi léger, frivole et bâtisseur, ne pensant qu'aux fêtes et à la chasse, mais les scénaristes ont pris le parti de montrer tous les visages de Louis : roi chef de guerre ("j'ai trop aimé la guerre" dira-t-il sur son lit de mort au tout jeune Louis XV), roi préoccupé par la protection des frontières (il charge Vauban de fortifier la façade Atlantique, et encourage la Marine Royale grâce à l'effort de Colbert à Rochefort), roi soucieux de l'économie du pays (la manufacture des Gobelins), roi protecteur des arts (encourageant Molière, chargeant Le Vau, Le Brun et Le Nôtre d'aménager Versailles...), et roi soucieux de concurrencer l'Angleterre et la Hollande dans le commerce maritime. Tous ces visages sont montrés ici, accouplés à certaines grandes dates du règne (la mort de Mazarin, la fête de Vaux qui vaudra la jalousie de Louis envers Fouquet, l'arrestation de Fouquet par D'Artagnan, la mort de ce dernier au siège de Maastricht, la victoire de Rocroi...). Mais l'épisode le plus douloureux pour Louis et qui restera toute sa vie un traumatisme, est celui de la Fronde en 1649, où à l'âge de 10 ans, il est obligé de quitter le Louvre pour se réfugier avec la reine-mère au château de Saint-Germain-en-Laye ; l'épisode est bien évoqué par les scénaristes en flashbacks bien marqués par des bulles de couleurs différentes.

Le siècle de Louis XIV sera tellement marquant qu'on l'appellera le Grand Siècle, il s'y passera beaucoup de choses, il ne fallait donc pas moins de 2 volumes pour décrire tout ça de façon parfois un peu didactique mais jamais ennuyeuse. Ce premier album retrace les étapes de la construction de ce pouvoir politique et militaire, auxquels s'ajoutent les arts donnant ainsi à ce temps un dynamisme rayonnant. Dans une alternance de séquences sur la vie privée et publique de Louis XIV, tous les grands acteurs de ce siècle défilent (Colbert, Louvois, Turenne, Vauban, Molière...), c'est le triomphe de la monarchie-spectacle où tout est réglé et mis en scène, car la vie de cour s'appuie sur un cérémonial protocolaire pompeux et grandiose, le plus souvent publique (repas, lever et coucher du roi, accouchements). Le duc de Saint-Simon ne disait-il pas qu'avec un bon almanach et une horloge, on savait exactement ce que faisait le roi, en quelque endroit que l'on se trouvât en Europe, tant sa vie était réglée comme du papier à musique. L'étiquette était stricte, et on comprend que Louis XIV a voulu Versailles non seulement pour marquer son prestige, mais aussi et surtout pour y attirer les courtisans et la noblesse hors de Paris et avoir ainsi toujours un oeil sur eux (toujours le souvenir pénible de la Fronde).

Le tome 2 est assez différent, il aborde d'autres grandes étapes du règne, mais c'est surtout perçu comme une succession d'événements, un peu comme si les auteurs n'ayant pas la place de tout y mettre, se pressaient en empilant tous ces faits : l'affaire des poisons avec la Voisin, la mort de la reine en 1683 (avec la phrase véridique du roi "Voici le seul chagrin qu'elle m'ait donné"), le remariage discret de Louis avec Mme de Maintenon, la révocation de l'Edit de Nantes (et l'épisode des "dragonnades"), l'héritage de la couronne d'Espagne qui entraine l'une des décisions les plus difficiles à prendre pour Louis et qui provoquera la guerre de Succession d'Espagne (au passage, on n'oublie pas le mot apocryphe "Il n'y a plus de Pyrénées"), le grand hiver de 1709... tout ceci jusqu'à la mort du roi, comme mise en scène, avec encore des mots historiques plus ou moins avérés, dont l'apostrophe au tout jeune petit Dauphin et futur Louis XV, âgé de 5 ans ("Mon enfant, vous allez être un grand roi..."). Il est intéressant aussi d'évoquer les maladies du roi, dont sa fameuse opération d'une fistule pleinement réussie, de même que l'on suit les deuils nombreux qui assombrissent sa fin de règne, et les inévitables guerres coûteuses, le tout enchevêtré dans la construction de Versailles qui occupe les 6 ou 8 premières pages de l'album.

Le dessin du Brésilien Renato Guedes est classique et fluide, plus réussi sur les décors monumentaux de châteaux (Louvre, Fontainebleau, Vaux, St-Germain, Versailles... bien reproduits), même si les visages des célébrités sont reconnaissables. Ce dessinateur qui vient du comics de super-héros s'est bien adapté au format européen et à une mise en page classique et moderne. Les 2 dossiers de fin d' albums fournissent de bons renseignements complémentaires et un making of sur la façon d'aborder un règne qui a profondément marqué l'Histoire de France et notre imaginaire national ; mais je crois qu'il aurait été préférable comme pour les tomes dédiés à Napoléon dans cette collection, de consacrer 3 tomes au lieu de 2, le personnage le méritait, car la narration paraît un peu hâtée dans le tome 2... ceci dit, c'est du bel ouvrage.

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